Pompeo Mike (secrétaire d'Etat)

  • Bahreïn : Washington ajoute le groupe chiite bahreïni pro-Iran Saraya al-Moukhtar à sa liste noire 


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    Les Etats-Unis ont ajouté mardi un groupe de Bahreïn "soutenu par l'Iran" à leur liste noire des entités terroristes, l'accusant d'avoir envisagé des attaques contre les militaires américains positionnés dans ce petit royaume arabe du Golfe.
    Le groupe Saraya al-Moukhtar est sanctionné notamment en raison d'informations selon lesquelles il "reçoit un soutien financier et logistique des Gardiens de la révolution islamique d’Iran" (CGRI), l'armée idéologique de Téhéran, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un communiqué. Les Gardiens de la révolution sont eux-mêmes considérés depuis 2019 par Washington comme une "organisation terroriste étrangère".
    "Saraya al-Moukhtar décrit lui-même son objectif comme étant de renverser le gouvernement bahreïni en vue de permettre à l'Iran d'exercer une plus grande influence à Bahreïn", a ajouté le secrétaire d'Etat. "Ce groupe a planifié des attaques contre les militaires américains à Bahreïn et a offert des récompenses en espèces pour l'assassinat de responsables bahreïnis", a-t-il poursuivi.
    La mise à l'index vise à priver l'organisation de ressources, en gelant tous ses avoirs éventuels aux Etats-Unis et en lui bloquant l'accès au système financier américain. Ce groupe chiite est notamment connu sur internet pour ses menaces contre le roi et la dénonciation du traitement réservé à la minorité chiite en Arabie saoudite voisine. Il avait été accusé en 2017 du piratage du compte Twitter du ministre bahreïni des Affaires étrangères, membre de la dynastie sunnite qui règne sur ce petit royaume du Golfe majoritairement chiite.
    L'administration de Donald Trump, qui a mis en oeuvre une campagne de "pression maximale" contre l'Iran, a promis de multiplier les sanctions visant Téhéran et ses alliés régionaux jusqu'à la fin de son mandat, le 20 janvier. Le président démocrate qui prendra ses fonctions ce jour-là à Washington, Joe Biden, s'est lui montré disposé à renouer le dialogue avec les autorités iraniennes.

     

  • Les États-Unis sanctionnent la Turquie pour l’acquisition des S-400 russes

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    Demir Ismaïl.jpgLes États-Unis ont imposé lundi des sanctions à la Direction des industries turques de la défense (SSB), son président et trois employés, pour punir l’acquisition par la Turquie, membre de l’OTAN, du système antimissile russe S-400. Ankara, qui a fait l’acquisition de ce système de défense antiaérienne et antimissile à la mi-2019, assure que cette arme ne représente aucune menace pour les alliés de l’Alliance atlantique. Washington ne partage pas cet avis et a exclu l’année dernière la Turquie d’un programme d’avions de combats F-35. 

    Les sanctions, publiées par le département du Trésor, en vertu de la section 231 de la loi #CAATSA, prévoient d’interdire la délivrance aux États-Unis de toute licence d’exportation à la SSB. Elles prévoient aussi de geler les avoirs du président de l’agence gouvernementale turque, Ismail Denir (photo), et de trois employés de la SSB, qui seront également interdits de séjour aux États-Unis. Les sanctions américaines auront pour effet, outre l'annulation du partenariat americano-turc sur l'avion F-35,  l'annulation de la modernisation du F-16 et tous les grands programmes de défense en partenariat avec l'OTAN. 

    Le secrétaire d’État US Mike Pompeo a déclaré que l’acquisition des S-400 avait nui à la sécurité du personnel et de la technologie de l’armée américaine, et que Washington avait depuis longtemps alerté Ankara de cet état de fait, et ce « au plus haut niveau ». Il a exhorté la Turquie à régler ce problème en coordination avec les États-Unis, ajoutant qu’Ankara était un allié et un partenaire de sécurité important pour les États-Unis. 

    Lundi 14 décembre, lors d’une réunion de son cabinet, le président turc Recep Tayyip Erdogan s’était déclaré choqué que Washington s’apprête à aller au bout de sa menace de sanctions. Il a assuré que ni les sanctions américaines ni les sanctions européennes ne dissuaderaient la Turquie de défendre ses droits.

    Le ministère turc des Affaires étrangères a estimé que les sanctions nuiraient aux relations américano-turques et exhorté les États-Unis à corriger cette « grave erreur », ajoutant que la Turquie prendrait des mesures de rétorsion si nécessaire. À Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a pour sa part dénoncé des sanctions illégitimes prouvant le mépris des États-Unis à l’égard du droit international.

  • Israël : Netanyahu aurait secrètement rencontré Mohammad Ben Salmane (MBS) et Pompeo en Arabie saoudite

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    Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, se serait secrètement entretenu dimanche, en Arabie saoudite, avec le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane (MBS) et le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, rapportent lundi plusieurs sources israéliennes.

    Selon les médias, la réunion a eu lieu le 22 novembre dans la ville de Neom. Le Premier ministre et le chef du Mossad ont décollé d'Israël dans un jet privé enregistré à Saint-Marin. Le vol a décollé de l'aéroport Ben Gourion le 22 novembre à 19h50 et a atterri à Neom à 20h30. À 23 h 50, l'avion a décollé pour son vol de retour et a atterri à l'aéroport Ben Gourion à 00 h 50.

    Cette information a notamment été rapportée par la radio de l'armée israélienne, citée par Reuters. Le quotidien israélien Haaretz, citant des sources anonymes, a lui aussi évoqué une telle réunion, à laquelle aurait également participé le chef du Mossad, Yossi Cohen. Selon le quotidien, l'avion transportant M. Netanyahu d'Israël en Arabie saoudite pouvait être suivi sur plusieurs sites de suivi du trafic aérien.

    Ces derniers mois, deux pays du Golfe, les Emirats arabes unis et Bahreïn, ont normalisé leurs relations avec Israël. L’Arabie saoudite a montré des signes de rapprochement avec Israël, mais affirme exclure, malgré les pressions américaines, la possibilité de nouer des relations avec ce pays avant la conclusion d’un accord de paix israélo-palestinien.

    Neom est un projet de ville futuriste située au Nord-Ouest de l'Arabie saoudite, à proximité de la frontière avec la Jordanie et l'Égypte.

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  • Afghanistan : Au moins huit morts dans l'explosion de 23 roquettes au centre de Kaboul

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    Au moins huit personnes ont été tuées samedi par des roquettes qui se sont abattues sur le centre de Kaboul, près de la Zone verte où se trouvent ambassades et compagnies internationales, ont indiqué des sources gouvernementales.

    "Vers 8h40 ce matin, les terroristes ont tiré 23 roquettes sur la ville de Kaboul. Selon les informations initiales, huit personnes ont été tuées et 31 autres blessées", a déclaré le porte-parole du ministre de l'Interieur Tariq Arian. Le porte-parole de la police de la capitale afghane, Ferdaws Faramarz, a confirmé ces détails et ce bilan.

    2020:11:21 -3.jpegMashal et Shaghayegh, frère et sœur tués par l'une des roquettes. Shaghayegh devait se marier prochainement et Mashaal était récemment rentré de Turquie en Afghanistan:

    L'ambassade iranienne a annoncé sur Twitter que son bâtiment principal avait été endommagé par les fragments de roquette, mais qu'aucun de ses employés n'a été blessé. Des photos sur les réseaux sociaux semblent montrer des dommages sur le mur extérieur d'un vaste complexe médical.

    Les explosions se sont produites dans les districts de PD9, PD10, PD15, PD11, PD16, and PD2, dans des zones densément peuplées, notamment à proximité de la Zone verte centrale et dans un quartier du nord.

    Aucune revendication n'a pour l'heure été émise, mais des responsables du gouvernement afghan ont accusé les talibans. Zabihullah Mujahid, porte-parole des insurgés, a cependant déclaré que l'attaque n'avait "rien à voir" avec le groupe. "Nous ne tirons pas à l'aveugle sur des lieux publics", a-t-il ajouté.

    Ross Wilson, le chargé d'affaires américain à Kaboul, a quant à lui condamné l'attaque sur Twitter. "Les Etats-Unis vont continuer à travailler avec nos partenaires afghans pour éviter ce type d'attaques", a-t-il écrit.
    Des alarmes ont retenti du côté des ambassades et des entreprises dans et autour de la Zone verte, un quartier fortifié qui abrite des dizaines de compagnies internationales et leurs employés.

    Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs déclaré que deux petites explosions de "bombe collante" avaient été signalées plus tôt samedi matin vers 07H15, dont une qui a frappé une voiture de police, tuant un policier et en blessant trois autres dans le 12e district de Kaboul.

    La deuxième explosion s'est produite dans la région de Baladeh à Chehelston, dans le septième district.
    Le porte-parole de la police de Kaboul, Ferdows Faramarz, a déclaré que la deuxième explosion n’avait fait aucune victime.

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    Les tirs de roquettes revendiqués par l'Etat islamique

    L'Etat islamique a revendiqué l’attaque aux roquettes du quartier des ambassades de Kaboul. Vue du Lanceur de roquettes multiples utilisé par les islamistes et revendication de l'Etat islamique : 

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    Retrait américain
    Les attaques surviennent avant les rencontres prévues samedi à Doha, capitale du Qatar, entre le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo et les négociateurs des talibans et du gouvernement afghan, qu'il doit voir séparément. Une vague de violence secoue l'Afghanistan depuis des mois.

    Les talibans se sont engagés à ne pas attaquer les zones urbaines aux termes d'un accord de retrait de l'armée américaine, mais les autorités de Kaboul ont accusé les insurgés ou leurs épigones d'autres attaques récentes dans la capitale.

    Plus tôt dans la semaine, le Pentagone a annoncé le retrait prochain de quelque 2.000 soldats d'Afghanistan, accélérant ainsi le calendrier établi lors d'un accord signé en février à Doha entre Washington et les talibans qui entérinait le retrait complet des troupes à la mi-2021.

    Le président Donald Trump a promis à plusieurs reprises de mettre fin aux "guerres sans fin", y compris en Afghanistan, la plus longue intervention de l'histoire américaine, lancée après les attentats du 11 septembre 2001. Le président élu Joe Biden, sur un rare terrain d'entente avec Donald Trump, souhaite également mettre fin à la guerre en Afghanistan.

    Les négociateurs des talibans et du gouvernement afghan ont lancé des pourparlers de paix à la mi-septembre, au Qatar, mais les progrès ont été lents. Des responsables ont toutefois déclaré à l'AFP vendredi qu'une percée devrait être annoncée dans les prochains jours.

    Les États-Unis avertissent les citoyens américains de quitter l'Afghanistan 
    La situation sécuritaire en Afghanistan est extrêmement instable, et la menace qui pèse sur tous les citoyens américains en Afghanistan reste critique, avertissent les autorités américaines. Les citoyens américains doivent quitter le pays.

    53 attentats-suicides des Talibans au cours des six derniers mois 
    Au cours des six derniers mois, les talibans ont mené 53 attentats-suicides et déclenché 1.250 explosions, qui ont fait 1.210 morts et 2.500 blessés parmi les civils, a déclaré cette semaine le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Tariq Arian.

    Dr Amin.jpegAutre information : Un membre de l'Etat islamique tué par les services de renseignement afghans
    Un homme identifié comme étant le Dr Amin a été tué lors d'un raid des services de renseignement afghans (NDS) à Qarghai, Laghman. La NDS a affirmé qu'il était lié à l'État islamique-Khorasan (ISKP).

  • Ethiopie : Chaque camp revendique des succès militaires au Tigray

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    Le gouvernement éthiopien et les autorités régionales du Tigray ont revendiqué mercredi, chacun de leur côté, d'importantes victoires militaires dans le conflit qui les oppose depuis deux semaines.

    Le 4 novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée fédérale à l'assaut de cette région dissidente du nord de l'Ethiopie après des mois de tensions avec les autorités régionales du Front de libération des Peuples du Tigray (TPLF).

    La réalité de la situation sur le terrain est difficile à évaluer en raison d'un blackout sur les communications dans la région et des restrictions imposées aux déplacements des journalistes. "L'armée gagne sur tous les fronts", a affirmé mercredi Berhanu Jula, le chef de l'armée éthiopienne, à plusieurs médias officiels. "Le plan du TPLF de pousser l'Ethiopie vers une guerre civile et de la désintégrer a échoué et (le TPLF) est actuellement aux abois car il est cerné", a-t-il ajouté.

    Mardi soir, le gouvernement éthiopien affirmait contrôler plusieurs villes de l'Est du Tigray, notamment Mehoni, située à 125 km au sud de la capitale régionale Mekele, vers laquelle son armée était "en train d'avancer". Addis Abeba a accusé le TPLF d'avoir détruit quatre ponts qui mènent à Mekele.

    Le gouvernement, qui affirme contrôler depuis plusieurs jours l'Ouest du Tigray, a indiqué mardi soir avoir pris Shire, une localité du Nord abritant des camps de réfugiés érythréens, et "avancer" vers Aksoum, haut lieu de la religion éthiopienne orthodoxe. De leur côté, les forces tigréennes ont également revendiqué des victoires militaires, sans donner de précisions géographiques.

    "Nous infligeons de lourdes défaites sur tous les fronts à la force qui est venue nous attaquer", a dit le président du Tigray Debretsion Gebremichael dans un communiqué. "J'appelle tous les Tigréens à sortir en masse pour repousser les envahisseurs et pour continuer à infliger de lourdes pertes et défaites à l'ennemi", a-t-il ajouté.

    "Cauchemar"
    L'armée éthiopienne a mené plusieurs séries de frappes aériennes, visant officiellement des objectifs militaires comme des dépôts d'armes et de carburant. Au sol, les combats ont fait plusieurs centaines de morts et poussé plus de 27.000 personnes à fuir vers le Soudan voisin. L'ONU s'est alarmée mardi de la "crise humanitaire à grande échelle" qui se développe à la frontière entre les deux pays, traversée chaque jour selon elle par 4.000 personnes.

    L'ONG Islamic Relief, présente sur place, a qualifié mercredi de "cauchemar" les conditions d'accueil des réfugiés, principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, qui n'ont pour la plupart accès ni "à de la nourriture ni à l'eau courante". "Chaque jour le nombre (de réfugiés) et les besoins augmentent mais la capacité de réponse sur le terrain n'est pas suffisante", dit Elsadig Elnour, directeur de l'ONG au Soudan.

    Au Tigray, la branche éthiopienne de la Croix-Rouge a "transporté des centaines de personnes blessées dans les zones touchées par des combats", indique dans un communiqué le Comité international de la Croix-Rouge.

    Il ajoute que les hôpitaux du Tigray et de l'Amhara, région frontalière située au sud, ont "urgemment besoin" de lits supplémentaires. La communauté internationale s'inquiète également des conséquences sur la stabilité de la Corne de l'Afrique de ce conflit qui menace de s'étendre à travers l'Ethiopie et au-delà.

    Après avoir visé deux aéroports en territoire Amhara, le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l'Erythrée voisine. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo y a vu une tentative des autorités tigréennes de "déstabiliser la région". Le vice-Premier ministre éthiopien Demeke Mekonnen a été reçu par plusieurs chefs d'Etat est-africains - Ouganda, Kenya, Rwanda - qui ont tous appelé au retour rapide de la paix. Un autre responsable éthiopien s'est rendu lundi à Djibouti, qui a offert son aide pour parvenir à une résolution pacifique de la crise.

    Addis Abeba a affirmé mardi entrer dans la phase "finale" de cette opération militaire. Le même jour, le ministre de la Défense, Kenea Yadeta, a déclaré qu'elle se terminerait "probablement dans moins de 10 à 15 jours", dans une interview à la télévision allemande DW.

    Mais selon des sources diplomatiques, il est loin d'être évident que les forces fédérales parviennent à défaire rapidement le TPLF, qui possède d'importants équipements militaires et compterait quelque 250.000 soldats (force paramilitaire et milice) bien entraînés à ces terrains montagneux. Les effectifs de l'armée éthiopienne sont estimés à 150.000 hommes, sans compter les forces spéciales et les milices.

    BREAKING: Shire town has fallen to Ethiopian forces and their allies. Tigrayan forces may have pulled back to the highland areas. Report that Axum has also fallen.

    BREAKING : la ville de Shire, après d'intenses bombardements,  serait tombée aux mains des forces fédérales et de leurs alliés, des forces érythréennes et de l'Etat d'Amhara. Les forces du Tigray semblent s'être retirées dans les régions montagneuses entourant la ville. La ville d'Aksoum serait également tombée.

    A noter que Shire abrite des milliers de réfugiés érythréens.

  • Irak : Sept roquettes visent l'ambassade américaine, la trêve des milices pro-Iraniennes rompue

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    Sept roquettes ont visé mardi soir l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, une attaque qui rompt plus d'un mois de trêve décrétée par les factions irakiennes pro-Iraniennes et a tué une fillette.

    Cette reprise des hostilités est intervenue au moment même où le nouveau ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller, annonçait que les Etats-Unis allaient retirer 500 de leurs soldats en Irak pour n'en laisser que 2.500 dans le pays. Quatre projectiles se sont effectivement abattus dans la Zone verte où se trouve cette chancellerie, tandis que trois autres sont tombées dans des quartiers de Bagdad, tuant une fillette et blessant cinq civils, a précisé l'armée. L'attaque, menée depuis un quartier de l'Est de Bagdad de même source, a aussi eu lieu deux heures après un entretien téléphonique entre le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi et le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

    Les deux hommes ont notamment évoqué, selon le bureau de M. Kazimi, "l'avenir de la coopération entre l'Irak et la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis", déployée en 2014 en Irak pour combattre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

    Explosions et éclairs
    Un porte-parole de cette coalition a confirmé l'attaque de mardi soir à l'AFP, tout en refusant de commenter l'utilisation du système de défense antiroquettes américain C-RAM. Des dizaines de roquettes ont déjà visé la Zone verte de Bagdad où siège cette chancellerie, mais le système C-RAM n'est déclenché que lorsqu'elles menacent directement le complexe de l'ambassade.

    Mardi soir, les machines de tir C-RAM sont entrées en action, ont constaté des journalistes de l'AFP dans le centre de Bagdad où de fortes explosions ont retenti tandis que des éclairs lumineux marbraient le ciel de la capitale irakienne.

    A la mi-octobre, les factions pro-Iran en Irak avaient annoncé qu'elles n'attaqueraient plus l'ambassade américaine à condition que Washington annonce le retrait de toutes ses troupes d'ici la fin de l'année. Cette trêve avait été annoncée sur fond de tensions diplomatiques aiguës à Bagdad. Peu avant, M. Pompeo avait lancé un ultimatum aux dirigeants irakiens: si les tirs de roquettes ne cessaient pas, Washington rappellerait purement et simplement l'ensemble de ses diplomates et soldats du pays.

    Aujourd'hui encore, même après la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle américaine, des experts assurent que l'administration de Donald Trump a rassemblé tous les documents nécessaires pour procéder à une fermeture de l'ambassade à Bagdad.

    "Occupants" américains
    Pour Washington, les près de 90 attaques notamment à la roquette ayant visé depuis un an son ambassade, des bases irakiennes abritant des soldats américains et des convois logistiques de sous-traitants irakiens travaillant pour l'armée américaine, sont le fait principalement des brigades du Hezbollah, la faction irakienne pro-Iran la plus radicale. Plusieurs attaques ont été revendiquées par des groupuscules aux noms inconnus, des faux-nez des groupes pro-Iran, selon les experts.

    A chaque fois, ces groupes disent réclamer le départ des "occupants" américains, s'appuyant sur un vote du Parlement irakien.

    En janvier, 48 heures après l'assassinat dans une attaque américaine du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, les députés chiites irakiens avaient voté l'expulsion des 5.200 militaires américains alors présents sur leur sol.

    Le gouvernement de l'époque avait prétexté ne gérer que les affaires courantes et ne pas pouvoir en conséquence mettre en oeuvre cette mesure immédiatement. Le cabinet de M. Kazimi, nommé en mai, plaide pour donner "trois ans" aux Américains pour quitter le territoire. Ces derniers avaient redéployé leurs troupes en 2014 contre l'EI, après un premier retrait total d'Irak, qu'ils avaient envahi en 2003, au cours de l'année 2011.

  • Ethiopie : Risque d'un conflit qui pourrait prendre une dimension de grande ampleur au carrefour de l'Afrique et du Moyen Orient

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    Moins de 24 heures après avoir envoyé des troupes pour lutter contre le gouvernement local du Tigray, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclaré que l'armée avait réussi à contenir "une attaque des rebelles" dans la région du nord.

    Selon les affirmations du Premier ministre, cela était nécessaire pour arrêter un soulèvement du Front populaire de libération du Tigray (Tigray People's Liberation Front, TPLF) qui faisait craindre une guerre civile.

    Le gouvernement a également placé la région du Tigray, qui borde l'Erythrée, en état d'urgence pour six mois suite à ce qu'il a déclaré être une attaque du TPLF, contre une base de l'armée. Le TPLF contrôle le gouvernement local, suite aux élections.

    "L'armée a non seulement repoussé les attaques, mais a réussi à contrôler des endroits importants et clés", a déclaré le premier ministre, dans un discours prononcé le 4 novembre au soir.

    Le TPLF ne reconnaît pas spécifiquement l'autorité d'Ahmed Abiy, comme il l'a démontré à plusieurs reprises.

    L'attaque du TPLF constitue le dernier défi lancé à Abiy par le parti qui a organisé des élections locales au mépris de l'interdiction du gouvernement fédéral en septembre.
    "Le TPLF a choisi de faire la guerre", a déclaré le premier ministre éthiopien. "La dernière ligne rouge a été franchie avec les attaques de ce matin et le gouvernement fédéral est donc contraint à un affrontement militaire."

    Le diffuseur régional Tigray TV a rapporté que le commandement nord de l'armée éthiopienne, qui avait son quartier général sur la base attaquée, avait fait défection pour rejoindre les rebelles du Tigray, une affirmation que le bureau du premier ministre a démentie.

    Conséquences en Somalie
    La Somalie, qui est un allié du TPLF et de la région du Tigray, a rapporté que les troupes éthiopiennes se retiraient du pays.

    Des centaines de soldats ont quitté leurs bases dans la ville frontalière de Dolow à Gedo, et ont traversé la frontière pour retourner en Ethiopie, afin de participer à l'opération contre le TPLF.

    Des centaines de soldats éthiopiens se sont retirés d'autres bases en Somalie, afin de rentrer chez eux. Cela pourrait potentiellement compliquer la guerre contre le mouvement jihadiste Shabaab, affiliés à Al-Qaida.

    Une déclaration des Nations unies a indiqué que le secrétaire général de l'organisation, Antonio Guterres, a exprimé "l'inquiétude que suscitent les affrontements armés dans la région du Tigray en Ethiopie et appelle à des mesures immédiates pour désamorcer les tensions et assurer une résolution pacifique du conflit".

    Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a déclaré que les États-Unis étaient "profondément préoccupés" par ce nouveau conflit.

    "Nous sommes attristés par les pertes tragiques en vies humaines et nous demandons une action immédiate pour rétablir la paix et apaiser les tensions", a déclaré Pompeo dans un communiqué. "La protection de la sûreté et de la sécurité des civils est essentielle".

    L'International Crisis Group, quant à lui, a déclaré que l'Ethiopie était confrontée à "de graves défis politiques".

    "Cette guerre est le pire résultat possible des tensions qui couvent", a-t-il déclaré.

    Depuis le 4 novembre, l'Éthiopie est au bord d'une guerre, depuis que le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a ordonné aux militaires d'affronter le gouvernement régional du Tigray qu'il accuse d'avoir mené une attaque meurtrière contre une base militaire, déclarant que "la dernière ligne rouge avait été franchie" après des mois de tensions.

    Le Front populaire de libération du Tigray (Tigray People's Liberation Front, TPLF) a, pendant un certain temps, été dominant au sein du gouvernement éthiopien, jusqu'à ce qu'Abiy prenne le pouvoir en 2018 et annonce des réformes politiques radicales qui lui ont valu le prix Nobel en 2019.

    Un rapport de l'Institut américain pour la paix a déclaré que la fragmentation de l'Éthiopie "conduirait probablement à un conflit inter-ethnique et inte-confessionnel de grande ampleur ... et à une crise humanitaire et sécuritaire au carrefour de l'Afrique et du Moyen-Orient. Le conflit pourrait atteindre une échelle qui éclipserait les conflits existants au Sud Soudan, au Soudan, en Somalie et au Yémen". Sans compter que l'Egypte pourrait profiter de l'instabilité pour porter atteinte au Grand barrage de la Renaissance, objet d'un conflit entre les deux pays.