Politique turque en Libye

  • Libye : la présence d'Ankara et de Moscou se poursuit, l'ANL appelle Washington

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    Alors que le gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de Gouvernement d'accord national (GNA), a observé l'arrivée de 5 avions russes, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté que 10 000 islamistes radicaux auraient été envoyés de Turquie en Libye. Pendant ce temps, l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, a envoyé un message à Washington pour demander une intervention "internationale".
    Selon les rapports du GNA, gouvernement dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, les 5 avions russes sont arrivés le 1er août à la ville côtière de Syrte et à la base de Jufra et, selon le porte-parole de la salle de commandement en charge du front, le brigadier Abdul Hadi Dara, les avions transportaient des mercenaires, des armes et des munitions pour les forces du général Haftar. En outre, a-t-il ajouté, deux avions en provenance de Syrie ont atterri à l'aéroport de Benghazi le 1er août et le 31 juillet, deux vols russes sont arrivés à l'aéroport d'Al-Abraq, dans le district de Derna.
    Déjà en avril dernier, des sources avaient rapporté que Moscou avait envoyé environ 300 combattants de Quneitra, dans le sud de la Syrie, sur les fronts de bataille libyens après un entraînement dans un camp près de Homs. Un rapport du ministère américain de la défense du 16 juillet parle cependant de 800 à 2 500 hommes. Selon les rapports, le régime syrien de Damas et la Russie ont décidé d'envoyer entre 300 et 400 anciens rebelles du gouvernorat syrien de Quneitra, en leur accordant une somme mensuelle de 1 000 dollars. Dans le même temps, la participation russe au conflit libyen est également attestée par la présence de mercenaires appartenant à une société privée, la société Wagner, bien que le Kremlin ait souligné à plusieurs reprises qu'il n'était pas directement responsable.
    Pour sa part, Ankara a également formé des combattants dans ses propres camps en Syrie, avant de les envoyer sur les fronts de bataille libyens pour combattre aux côtés des forces de Tripoli. Ce sont des militants issus des brigades Sultan Murad, un groupe rebelle armé actif dans la guerre civile syrienne, soutenu par la Turquie et aligné sur l'opposition syrienne, Suleyman Shah et al-Mutassim, une faction affiliée à l'Armée syrienne libre, une force rebelle qui vise à renverser le président syrien, Bachar al-Assad. Ankara, selon l'OSDH, garantit à ces mercenaires des passeports turcs, des incitations et un salaire mensuel d'environ 2 000 dollars. Selon les derniers chiffres de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), le nombre de ces militants aurait atteint 17 000.
    Le journal al-Arabiya du 2 août ajoute, sur la base des derniers chiffres fournis par l'OSDH, qu'environ 10 000 "extrémistes", dont 2 500 citoyens tunisiens, sont arrivés en Libye. La question des islamistes radicaux, envoyés par la Turquie, a également été soulevée dans le rapport publié par le ministère américain de la défense. La crainte actuelle, explique al-Arabiya, est qu'en plus du conflit qui perdure, la Libye pourrait devenir un bastion des groupes terroristes vaincus ces dernières années en Syrie et en Irak. De là, les militants extrémistes auraient alors la possibilité de mettre en œuvre leurs plans dans la région du Sahel, dans le Sahara, ainsi qu'en Afrique de l'Ouest et en Europe.
    Pendant ce temps, le GNA et l'ANL, assistés par leurs alliés respectifs, continuent d'alimenter un climat de tension en Libye. Comme l'ont également signalé les Nations unies, le danger est que la crise conduise à un "conflit régional".
    Selon des sources d'al-Arabiya, l'armée de Haftar a envoyé un message à Washington, appelant à une action internationale et, en particulier, au contrôle des voies de communication terrestres et maritimes, pour s'assurer que les forces de Tripoli ne reçoivent pas d'armes et de combattants supplémentaires de l'allié turc. En parallèle, l'ANL a souligné son opposition à toute négociation avec Ankara. Cette décision a été prise après que le général Khalifa Haftar, le général en chef de l'Armée de libération nationale (ALN), ait souligné, dans la soirée du 1er août, la détermination de ses forces à contrer "l'invasion turque".

     

  • Syrie : le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham a arrêté un commandant d'un groupe terroriste qui refusait de combattre en Libye

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    Le groupe jihadiste Hay'at Tahrir al-Sham (HTS) a arrêté un haut commandant de Horas al-Din, affilié à Al-Qaïda, parce qu'il avait refusé de partir en Libye, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) le 29 juillet.
    Selon l'OSDH, le commandant, Fadel al-Libi, a été arrêté avec cinq terroristes étrangers par les forces de sécurité de HTS.
    HTS aurait voulu que Fadel al-Libi, un citoyen libyen, retourne en Libye et se batte pour le Gouvernement d'Accord National (GNA), soutenu par la Turquie. Ankara avait décidé qu'il devait retourner en Libye pour combattre.
    "Ils ont refusé de quitter la Syrie et de se rendre en Libye malgré les ordres de la Turquie à ce sujet", peut-on lire dans le rapport de l'OSDH.
    La Turquie a déployé depuis l'année dernière de nombreux rebelles syriens en Libye, et parmi eux des jihadistes étrangers.

  • Libye : les Etats-Unis affirment que la Russie a envoyé des équipements militaires sur les lignes de front libyennes

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    La Russie semble envoyer de nombreux équipements militaires à ses mercenaires en Libye, y compris à Syrte, en violation d'un embargo sur les armes, a déclaré l'armée américaine vendredi (24 juillet).
    Africom a déclaré qu'il y avait de plus en plus de preuves à partir d'images satellites que des avions-cargos militaires, y compris des IL-6, partent de Moscou pour apporter des équipements aux mercenaires du groupe russe Wagner, selon Reuters.
    Les deux parties ont mobilisé des forces autour de Syrte où toute nouvelle escalade majeure pourrait entraîner les principales puissances régionales dans le conflit libyen.
    Le gouvernement d'accord national (GNA), basé à Tripoli et reconnu internationalement, est soutenu par la Turquie. Les forces de l'Armée nationale libyenne (ALN) de Khalifa Haftar, basées à l'Est, sont soutenues par la Russie, les Émirats arabes unis et l'Égypte.
    "Le type et le volume des équipements démontrent une intention de maintenir des capacités d'action offensive de combat", a déclaré le Africom dans un communiqué publié sur son site web.
    La Russie et l'ANL ont tous deux démenti les déclarations des militaires américains selon lesquelles Moscou aurait envoyé des avions de chasse pour soutenir les forces Wagner sur place.
    Au début de l'année, le GNA, lourdement appuyé par la Turquie, a repoussé l'ANL de la plupart des territoires qu'elle détenait dans le nord-ouest de la Libye, y compris à Tripoli, détruisant plusieurs systèmes de défense aérienne russes.
    Cependant, l'ANL a cessé de battre en retraite dans la ville côtière centrale de Syrte, qu'elle avait prise au GNA en janvier, et la ligne de front s'y est stabilisée.

  • Libye : l'Egypte prête à envoyer ses soldats

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    Le Parlement égyptien a approuvé à l'unanimité, lundi 20 juillet, la disposition autorisant le déploiement de troupes en dehors des frontières nationales. Ce vote intervient après que le président, Abdel Fattah al-Sissi, ait menacé de prendre des mesures militaires contre les forces du Gouvernement d'Accord national (GNA) de Tripoli, soutenu par la Turquie.
    "Le Parlement a approuvé à l'unanimité le déploiement des forces armées égyptiennes dans des missions de combat en dehors des frontières nationales pour défendre la sécurité de notre pays contre les milices armées et les éléments terroristes étrangers", a déclaré l'organe législatif du Caire dans une note. Le déploiement des troupes aura lieu sur le "front occidental", une référence claire à la frontière avec la Libye. Selon le journal Al-Jazeera, cette initiative risque d'entraîner une confrontation directe entre l'Égypte et la Turquie.
    La chef de la mission de soutien des Nations unies en Libye, Stephanie Williams, peu avant l'annonce égyptienne, avait appelé toutes les parties impliquées dans le conflit à un cessez-le-feu immédiat "pour épargner les 125 000 habitants libyens en danger et mettre fin aux violations flagrantes de l'embargo sur les armes". Les commentaires du représentant de l'ONU sont arrivés immédiatement après la rencontre avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a proposé de lancer une initiative de paix avec la médiation de l'Algérie et de la Tunisie.
    Dans l'intervalle, la Turquie, lors d'une réunion trilatérale à Ankara le lundi 20 juillet entre les ministres libyen, turc et maltais, a appelé à une cessation "immédiate" du soutien au général Khalifa Haftar, chef de l'Armée Nationale Libyenne (ANL) et a exhorté les parties à accroître la coopération régionale afin de contribuer à la stabilité et à la paix en Méditerranée. "Il est essentiel que toute aide et tout soutien apportés au coup d'État de Haftar, qui entrave la paix, la tranquillité, la sécurité et l'intégrité territoriale de la Libye, prennent fin immédiatement", a déclaré le ministre turc de la défense, Hulusi Akar, à la fin de la conférence. "Les partisans de Haftar devraient cesser de soutenir un projet irréaliste et erroné", a déclaré le ministre de l'Intérieur du gouvernement de Tripoli, Fathi Bashaga.
    Depuis le 6 juin, l'Égypte appelle l'armée du gouvernement de Tripoli et son allié turc à mettre fin aux combats, exhortant les parties impliquées dans le conflit à retirer les forces étrangères de Libye. Plusieurs pays arabes et européens, comme la France, ont salué l'initiative égyptienne, mais la Turquie et les forces de Tripoli elles-mêmes ont ignoré la soi-disant "Initiative du Caire". Cela a conduit le président égyptien al-Sissi, le 20 juin, à ordonner à ses forces aériennes de se préparer à une éventuelle opération militaire à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Égypte. Pour le GNA, de telles déclarations devaient être considérées comme une "déclaration de guerre".
    Le dimanche 19 juillet, le quotidien égyptien Al-Ahram a rapporté que le vote au Parlement visait à donner à al-Sissi le pouvoir d'"intervenir militairement en Libye pour aider à défendre son voisin occidental contre l'agression turque". Le 13 juillet déjà, le Parlement de Tobrouk (HoR), la seule autorité élue du pays, avait accordé à l'Égypte l'autorisation d'entrer en Libye en cas de menace imminente pour la sécurité libyenne et égyptienne. Le 15 juillet, l'armée du GNA a révélé avoir découvert une cargaison de fournitures militaires en provenance d'Égypte et à destination de la ville de Tobrouk. Enfin, le 16 juillet, al-Sissi a organisé une réunion au Caire avec plus de 50 anciens de tribus libyennes et des dignitaires affiliés à l'ANL pour exposer les futures actions de l'armée égyptienne en soutien aux forces de Haftar. A cette occasion, le président a déclaré qu'il n'hésiterait pas face aux menaces permanentes qui pèsent sur la sécurité intérieure et nord-africaine et s'est dit prêt à armer les tribus libyennes de manière à permettre la mise en place d'une "armée nationale capable de faire face aux forces tripolitaines".

     

  • Libye : guerre aérienne dans le ciel libyen

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    Les moyens utilisés pour mener l'attaque aérienne, menée entre les 4 et 5 juillet, contre la base aérienne d'al-Watiya, contrôlée par les forces de Tripoli et la Turquie, pourraient révéler l'implication militaire active en Libye de pays comme la France ou l'Egypte.
    Selon des rapports publiés par l'Arab Weekly, certaines sources affirment que les avions de guerre qui ont frappé la base aérienne d'Al-Watiya, située dans l'ouest de la Libye, étaient des Rafale. Les pays qui possèdent ce type d'avion et qui sont à portée de la base attaquée sont la France et l'Egypte. Les sources ont également qualifié l'offensive de "réponse rapide" à la visite du ministre turc de la défense, Hulusi Akar, à Tripoli le 3 juillet.
    La présence turque en Libye est une source de préoccupation pour le Caire et Paris, qui ont fortement critiqué Ankara pour son rôle dans le conflit libyen. L'Égypte a menacé d'intervenir militairement si les milices de Tripoli, soutenues par la Turquie, tentaient d'avancer vers Syrte. Le 20 juin, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sisi, a déclaré que le Caire avait le droit, en vertu de la Charte des Nations unies, d'entreprendre une action militaire en Libye pour protéger ses frontières. Pour sa part, Paris a qualifié d'"inacceptables" les agissements des Turcs, soulignant qu'il ne permettrait pas que cela continue.
    Les tensions entre la France et la Turquie se sont accrues suite à l'incident du 10 juin dernier, lorsqu'un navire de guerre turc a empêché l'un des navires de la mission européenne chargée de faire respecter l'embargo sur les armes imposé en Libye, l'opération Irini, d'inspecter un cargo suspect au large des côtes libyennes. Paris a considéré la conduite turque comme un acte hostile selon les règles d'engagement de l'OTAN. D'autre part, Ankara a nié avoir causé des problèmes à la frégate française. De son côté, le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé, le 18 juin dernier, que l'Alliance allait lancer les enquêtes nécessaires pour établir les faits.
    Arab Weekly explique que la récente attaque aérienne contre Al-Watiya prouvait que les "lignes rouges" dans l'espace aérien étaient différentes de celles qui valent au sol. Bien que la France ou l'Égypte ne soient pas intervenues militairement avec leurs troupes au sol, cela n'exclut pas qu'elles aient pu mener des attaques aériennes. En fait, les chasseurs et les drones positionnés sur la base d'Al-Watiya constituent une menace directe pour les unités de l'Armée Nationale Libyenne, commandée par le maréchal Khalifa Haftar et déployées à Syrte, sur la base militaire de Jufra et dans l'est libyen. Les sites de renseignement égyptiens ont publié des photos non datées de batteries de missiles et de radars Hawk, qui selon eux faisaient partie des cibles touchées lors de l'attaque du 4 et 5 juillet. Bien que les médias turcs et qataris aient nié qu'il y ait eu des victimes lors de l'attaque, une source libyenne a rapporté que les raids avaient causé la mort d'un nombre indéterminé de soldats turcs.
    La base d'al-Watiya
    La base d'al-Watiya, définie comme stratégique pour son emplacement, était considérée comme l'un des plus grands bastions de l'Armée nationale libyenne (LNA) et de son général, Khalifa Haftar, dans l'ouest de la Libye. Les forces de Tripoli, appuyées par la Turquie, ont pu prendre le contrôle de cette base le 18 mai et s'y installer.

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    Le lendemain de l'attaque du 4 juillet, le gouvernement de Tripoli a accusé "une force aérienne étrangère" d'être responsable du bombardement de la base, sans donner plus de détails sur l'identité des avions ou des cibles touchées. Ibrahim al-Darsi, membre du Parlement de Tobrouk (HoR), a déclaré que "les attaques aériennes ont été lancées par des forces que nous connaissons" et a ajouté que l'assaut était "un message clair et constituait une gifle forte et douloureuse au visage du président turc Recep Tayyip Erdogan et de ses affidés en Libye, en particulier le gouvernement de milices dirigé par Fayez al-Sarraj".
    Dans un entretien téléphonique avec Arab Weekly, al-Darsi a déclaré que les raids "confirment que l'arène libyenne n'est pas vide, mais qu'elle comprend des forces qui ont la capacité de frapper fort n'importe où, n'importe quand. Selon le député, le moment choisi pour les attaques est un avertissement direct à Erdogan et lui rappelle que les "lignes rouges" ne doivent pas être franchies, comme une éventuelle attaque contre la ville de Syrte et la base de Jufra. Le 3 juillet, le ministre turc de la défense Akar, s'adressant aux soldats turcs en Libye, a déclaré que le rêve de Haftar de contrôler toute la Libye n'avait pas été réalisé, grâce aux efforts des troupes turques, qui ont changé l'équilibre des forces et éliminé cette menace. Le même jour, Le maréchal Haftar lui répondait le même jour que ses forces restaient fermes. L'attaque du 4 juillet était finalement une confirmation des intentions de l'Armée Nationale Libyenne et de ses alliés de lutter jusqu'au départ complet des forces turques de Libye

     

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