Politique de la Russie en Libye

  • Russie : Un "Africom russe" pour rivaliser avec l'Africom américain

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    Alors que le paysage libyen reste caractérisé par l'instabilité, certaines sources suggèrent que la Russie vise à étendre sa sphère d'influence à l'ensemble du continent africain, en créant une force qui pourrait concurrencer le commandement africain de l'armée américaine (AFRICOM).
    La révélation a été faite par le journal al-Arab du 5 août, à un moment où les forces positionnées sur les fronts de bataille libyens semblent attendre de nouveaux renforts et des ordres pour lancer la bataille de la ville occidentale de Syrte et celle de la base de Joufra.
    Dans ce contexte, Moscou a été accusée à plusieurs reprises, principalement par les États-Unis, d'envoyer des armes et des munitions pour soutenir l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, ainsi que des mercenaires appartenant à la société militaire privée Wagner.
    Déjà en 2015, selon les diplomates occidentaux, Moscou avait déjà établi une base en Egypte occidentale pour fournir un soutien technique et réparer plus facilement les équipements. En 2018, des conseillers militaires ont été envoyés pour soutenir les forces de l'armée du Haftar à Benghazi. Cependant, selon les informations d'al-Arab, se basant un rapport allemand, le rôle de la Russie dépasserait les frontières libyennes. L'objectif du pays serait notamment de créer des bases militaires dans le reste de l'Afrique et, selon les experts militaires, cela pourrait conduire à la formation d'un "Africom russe" capable de rivaliser avec les forces américaines déjà présentes sur le continent.
    À cet égard, le rapport allemand indique que la Russie a obtenu des permis pour établir des bases militaires dans six pays africains, dont l'Égypte et le Soudan, ce qui montre la volonté de Moscou de protéger son rôle en Libye. La Russie, en particulier, créerait ainsi une "ceinture de bases" qui la préserverait de toute offensive, car attaquer un pays avec une telle présence serait risqué pour quiconque. Une telle stratégie, souligne le journal, est la même que celle employée en Syrie et démontre la validité de l'idée de la Turquie, selon laquelle la présence russe en Libye vise, en réalité, à obtenir davantage de concessions de Damas.
    Selon un rapport secret du ministère allemand des affaires étrangères, la Russie a conclu des accords de coopération militaire avec 21 pays africains depuis 2015, dont l'Égypte, la République centrafricaine, l'Érythrée, Madagascar, le Mozambique et le Soudan. Avant cette année-là, Moscou entretenait des relations similaires avec seulement quatre États sur le continent africain. Dans ce cadre, la Russie a ensuite secrètement et parfois formellement formé les forces de ces pays, dont 180 soldats en République centrafricaine et une vingtaine de soldats par an au Mali. En parallèle, le Nigeria a signé un accord pour l'achat de 12 hélicoptères militaires, tandis que le Cameroun, l'Afrique du Sud et l'Erythrée font partie des pays qui ont exprimé le souhait d'acheter des avions, des chars et des armes lourdes à la Russie.
    En outre, la République centrafricaine, en proie à des années de guerre civile, a signé un accord de coopération militaire avec la Russie, en vertu duquel des conseillers militaires russes seront officiellement présents dans la capitale pour former leurs unités de sécurité à faire face aux menaces des groupes armés et des extrémistes. Cependant, selon certains analystes, l'objectif de Moscou est non seulement d'agir militairement de manière directe, mais aussi de renforcer sa présence économique, à un moment où l'Afrique est devenue un terrain de jeu vital pour plusieurs pays tels que la Chine, la Turquie, l'Iran, les États-Unis et la France.
    Pour sa part, Washington, par le biais du commandement de l'AFRICOM, n'a pas caché son inquiétude quant au rôle croissant de Moscou en Libye, ce qui laisse supposer que ce qui s'est passé en Syrie se reproduira également dans ce pays d'Afrique du Nord. C'est la raison pour laquelle les forces américaines ont étroitement surveillé les mouvements de la compagnie Wagner et ont signalé l'envoi d'avions russes à la base de Joufra, dont des MiG-29 et des Su-24. Enfin, le 25 juillet, Washington a déclaré que, grâce aux images satellites, il était possible de constater la présence d'équipements de défense aérienne russes en Libye, dont le SA-22, qui est exploité par le groupe Wagner ou des forces affiliées. Pour les États-Unis, le type et la taille de ces armements montrent l'intention de développer des "capacités de combat offensif". La Russie, cependant, a toujours nié les déclarations de l'armée américaine.
    Face à ce scénario, comme le souligne al-Arab, le conflit libyen mettra à l'épreuve l'efficacité des stratégies des grandes puissances, en particulier les États-Unis et la Russie, et l'issue du conflit entraînera un renforcement ou une limitation de l'expansion russe en Afrique.

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  • Libye : la présence d'Ankara et de Moscou se poursuit, l'ANL appelle Washington

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    Alors que le gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de Gouvernement d'accord national (GNA), a observé l'arrivée de 5 avions russes, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté que 10 000 islamistes radicaux auraient été envoyés de Turquie en Libye. Pendant ce temps, l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, a envoyé un message à Washington pour demander une intervention "internationale".
    Selon les rapports du GNA, gouvernement dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, les 5 avions russes sont arrivés le 1er août à la ville côtière de Syrte et à la base de Jufra et, selon le porte-parole de la salle de commandement en charge du front, le brigadier Abdul Hadi Dara, les avions transportaient des mercenaires, des armes et des munitions pour les forces du général Haftar. En outre, a-t-il ajouté, deux avions en provenance de Syrie ont atterri à l'aéroport de Benghazi le 1er août et le 31 juillet, deux vols russes sont arrivés à l'aéroport d'Al-Abraq, dans le district de Derna.
    Déjà en avril dernier, des sources avaient rapporté que Moscou avait envoyé environ 300 combattants de Quneitra, dans le sud de la Syrie, sur les fronts de bataille libyens après un entraînement dans un camp près de Homs. Un rapport du ministère américain de la défense du 16 juillet parle cependant de 800 à 2 500 hommes. Selon les rapports, le régime syrien de Damas et la Russie ont décidé d'envoyer entre 300 et 400 anciens rebelles du gouvernorat syrien de Quneitra, en leur accordant une somme mensuelle de 1 000 dollars. Dans le même temps, la participation russe au conflit libyen est également attestée par la présence de mercenaires appartenant à une société privée, la société Wagner, bien que le Kremlin ait souligné à plusieurs reprises qu'il n'était pas directement responsable.
    Pour sa part, Ankara a également formé des combattants dans ses propres camps en Syrie, avant de les envoyer sur les fronts de bataille libyens pour combattre aux côtés des forces de Tripoli. Ce sont des militants issus des brigades Sultan Murad, un groupe rebelle armé actif dans la guerre civile syrienne, soutenu par la Turquie et aligné sur l'opposition syrienne, Suleyman Shah et al-Mutassim, une faction affiliée à l'Armée syrienne libre, une force rebelle qui vise à renverser le président syrien, Bachar al-Assad. Ankara, selon l'OSDH, garantit à ces mercenaires des passeports turcs, des incitations et un salaire mensuel d'environ 2 000 dollars. Selon les derniers chiffres de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), le nombre de ces militants aurait atteint 17 000.
    Le journal al-Arabiya du 2 août ajoute, sur la base des derniers chiffres fournis par l'OSDH, qu'environ 10 000 "extrémistes", dont 2 500 citoyens tunisiens, sont arrivés en Libye. La question des islamistes radicaux, envoyés par la Turquie, a également été soulevée dans le rapport publié par le ministère américain de la défense. La crainte actuelle, explique al-Arabiya, est qu'en plus du conflit qui perdure, la Libye pourrait devenir un bastion des groupes terroristes vaincus ces dernières années en Syrie et en Irak. De là, les militants extrémistes auraient alors la possibilité de mettre en œuvre leurs plans dans la région du Sahel, dans le Sahara, ainsi qu'en Afrique de l'Ouest et en Europe.
    Pendant ce temps, le GNA et l'ANL, assistés par leurs alliés respectifs, continuent d'alimenter un climat de tension en Libye. Comme l'ont également signalé les Nations unies, le danger est que la crise conduise à un "conflit régional".
    Selon des sources d'al-Arabiya, l'armée de Haftar a envoyé un message à Washington, appelant à une action internationale et, en particulier, au contrôle des voies de communication terrestres et maritimes, pour s'assurer que les forces de Tripoli ne reçoivent pas d'armes et de combattants supplémentaires de l'allié turc. En parallèle, l'ANL a souligné son opposition à toute négociation avec Ankara. Cette décision a été prise après que le général Khalifa Haftar, le général en chef de l'Armée de libération nationale (ALN), ait souligné, dans la soirée du 1er août, la détermination de ses forces à contrer "l'invasion turque".

     

  • Libye : les Etats-Unis affirment que la Russie a envoyé des équipements militaires sur les lignes de front libyennes

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    La Russie semble envoyer de nombreux équipements militaires à ses mercenaires en Libye, y compris à Syrte, en violation d'un embargo sur les armes, a déclaré l'armée américaine vendredi (24 juillet).
    Africom a déclaré qu'il y avait de plus en plus de preuves à partir d'images satellites que des avions-cargos militaires, y compris des IL-6, partent de Moscou pour apporter des équipements aux mercenaires du groupe russe Wagner, selon Reuters.
    Les deux parties ont mobilisé des forces autour de Syrte où toute nouvelle escalade majeure pourrait entraîner les principales puissances régionales dans le conflit libyen.
    Le gouvernement d'accord national (GNA), basé à Tripoli et reconnu internationalement, est soutenu par la Turquie. Les forces de l'Armée nationale libyenne (ALN) de Khalifa Haftar, basées à l'Est, sont soutenues par la Russie, les Émirats arabes unis et l'Égypte.
    "Le type et le volume des équipements démontrent une intention de maintenir des capacités d'action offensive de combat", a déclaré le Africom dans un communiqué publié sur son site web.
    La Russie et l'ANL ont tous deux démenti les déclarations des militaires américains selon lesquelles Moscou aurait envoyé des avions de chasse pour soutenir les forces Wagner sur place.
    Au début de l'année, le GNA, lourdement appuyé par la Turquie, a repoussé l'ANL de la plupart des territoires qu'elle détenait dans le nord-ouest de la Libye, y compris à Tripoli, détruisant plusieurs systèmes de défense aérienne russes.
    Cependant, l'ANL a cessé de battre en retraite dans la ville côtière centrale de Syrte, qu'elle avait prise au GNA en janvier, et la ligne de front s'y est stabilisée.

  • Frontlive-Chrono du mardi 14 janvier 2020 - Blog spécialisé sur les évènements du Moyen Orient, Afrique du nord et Sahel

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