Pétronin Sophie (otage au Mali)

  • Mali : Un dirigeant de l'Etat islamique au Sahel arrêté par les forces françaises

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    Des combats ont opposé mardi 15 juin des soldats nigériens et français, qui menaient une opération conjointe de reconnaissance, à des jihadistes du groupe État islamique du grand Sahara (EIGS).

    Un soldat nigérien a été tué, un autre blessé, et deux soldats français de la force Barkhane ont également été blessés dans cette opération, selon les précisions apportées mercredi 16 juin par l’état-major français. Ces combats ont eu lieu à In Arabane, près de Ménaka, au Mali, dans la zone des Trois frontières. Une zone où plusieurs actions ont été menées ces derniers jours, qui ont conduit à l’arrestation de plusieurs cadres du groupe État islamique.

    Le déploiement conjoint de Barkhane et des forces nigériennes est « toujours en cours ». L’armée française donne peu de détails, mais évoque « une dizaine » de terroristes tués ou capturés et annonce l’arrestation, vendredi 11 juin près de Ménaka, d’« un cadre du groupe État islamique au Grand Sahara » (EIGS,  Dadi Ould Chouaïb, plus connu sous le nom d’Abou Dadar ou Abou Dardar. Ancien membre du Mujao, groupe jihadiste qui avait occupé le nord du Mali en 2012 avec Ansar Dine et Aqmi, il avait depuis rallié le groupe État islamique avec plusieurs cadres du Mujao.

    Dadi Ould Chouaïb, alias Abou Dardar, "l'un des cadres de l'EIGS", est "suspecté d'avoir mutilé trois hommes le 2 mai dernier lors du marché hebdomadaire de Tin Hama" (Nord), a indiqué l'état-major français dans un communiqué, précisant que le jihadiste s'était rendu sans résistance et qu'il portait "une arme automatique, une lunette de vision nocturne, un gilet de combat, un téléphone et une radio".

    L'arrestation a eu lieu le 11 juin dans la matinée dans la zone "des trois frontières", aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, une des zones principales d'action des groupes jihadistes installés au Sahel, notamment de l'EIGS. Il y avait été repéré par un hélicoptère au cours d'une opération conjointe de Barkhane et des forces armées nigériennes. 

    Arrêté une première fois en 2014, il avait été remis aux autorités maliennes. Mais il avait fait partie des quelque 200 jihadistes élargis en octobre 2020 en échange de quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin, au terme de négociations auxquelles Paris avait revendiqué n'avoir pas été associée.

    Le 2 mai, des hommes armés avaient rassemblé la foule lors du marché hebdomadaire de Tin Hama, et lui avaient présenté trois hommes qualifiés de voleurs, auxquels ils avaient coupé la main droite et le pied gauche, selon des informations recueillies auprès d'interlocuteurs locaux s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Ces hommes armés étaient présumés appartenir à l'EIGS, avait indiqué la Mission de l'Onu (Minusma).

    Plusieurs sources font également état de l’arrestation de trois autres responsables de l’EIGS, dont Rhissa Al Sahraoui, lui aussi ancien pilier du Mujao, que plusieurs chercheurs et militaires locaux décrivent comme un haut responsable du groupe État islamique, proche du chef de l’organisation dans la zone, Abou Walid Al Sahraoui.

    L’armée française n’a pas souhaité confirmer cette arrestation, ni préciser si les personnes arrêtées étaient toujours interrogées par la force Barkhane ou si elles avaient été déjà remises aux autorités maliennes.

    "Décapiter les organisations islamistes"
    Selon une source sécuritaire, depuis sa libération en octobre, "il était cadi (juge islamique) dans la zone de ansongo-ménaka. Je le qualifierais de commandant de second rang, important au niveau local", a-t-elle estimé, soulignant par ailleurs à la fois sa longue absence du terrain et son retour de courte durée qui relativise son poids dans l'organisation.

    Son interpellation n'en est pas moins bienvenue pour la France, dont le président avait promis en février, lors d'un sommet avec les chefs d'Etats de la région, "une action renforcée" pour "essayer d'aller décapiter ces organisations", dont "la plus haute hiérarchie continue à nourrir un agenda jihadiste". Paris a donc depuis adopté une stratégie visant prioritairement les chefs.

    Barkhane vient à cet égard de revendiquer l'élimination d'un cadre du groupe el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), adversaire de l'EIGS dans la zone. Baye Ag Bakabo était responsable du rapt et de la mort de deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés à Kidal (nord du Mali) le 2 novembre 2013.

    L'opération Barkhane est désormais officiellement promise à une fin prochaine. Elle sera remplacée par un dispositif international plus léger d'appui et d'accompagnement au combat des troupes des pays de la région, au prix d'une montée en puissance espérée des Européens et d'un investissement majeur des Etats concernés.

    La France souhaite ne plus tenter de sécuriser des zones où les Etats n'arrivent pas à garder pied, pour se concentrer sur la lutte ciblée contre les jihadistes et l'appui des forces locales. Une réorientation qui intervient alors que l'élection présidentielle de 2022 se rapproche en France, où cet engagement militaire suscite des interrogations croissantes, notamment au regard des 50 soldats tués au combat depuis 2013.

    Mais cette stratégie fait craindre que certaines zones du Sahel, notamment le nord du Mali, ne passent complètement entre les mains des groupes jihadistes tant les Etats locaux semblent dans l'incapacité de restaurer leur autorité dans ces vastes bandes désertiques et extrêmement pauvres.

  • (11/10) Mali : L'otage suisse a été tuée - L'information donnée par l'otage française libérée

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    Une Suissesse enlevée il y a quatre ans au Mali a été tuée par ses ravisseurs, ont rapporté samedi des médias suisses.

    Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) l’a annoncé ce vendredi soir. Les responsables sont apparemment membres d’un groupe issu d’Al-Qaïda, précise le site suisse "Le matin".

    Les autorités françaises ont informé la Suisse vendredi après-midi que l’otage suisse détenue au Mali était décédée, écrit le DFAE. Elle aurait été tuée par les ravisseurs de l’organisation terroriste (JNIM) il y a environ un mois, indique la même source.

    La victime est une missionnaire de Bâle enlevée il y a quatre ans. Active depuis des années comme missionnaire à Tombouctou, elle avait été enlevée en 2016, pour la deuxième fois. Elle avait, en effet avait été kidnappée une première fois en 2012, rapporte Le matin.

    Les circonstances exactes de l’assassinat ne sont pas encore claires. Les autorités françaises ont été informées de cette exécution par l’intermédiaire de l’otage française libérée jeudi, Sophie Pétronin, précise le même média.

    La Suisse met tout en œuvre pour connaître les circonstances exactes de cette exécution ainsi que le lieu où se trouve le corps de la victime, écrit le DFAE. La Suisse fera tout son possible pour le rapatrier, poursuit Le matin précisant que l'annonce de la mort de l'otage suisse survient alors que Sophie Pétronin est arrivée vendredi en France, après sa libération jeudi au Mali.

    Sophie Pétronin a été libérée en même temps que deux Italiens, dont un prêtre, et une importante figure de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé.

  • Mali : L’otage française Sophie Pétronin libérée contre la libération d'une centaine de membres d'al-Qaïda

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    L’otage française Sophie Pétronin, détenue par des terroristes au Mali depuis 2016, a été libérée, a annoncé mardi soir sa famille à la presse française.

    Elle était la dernière otage française au monde.

    « On peut sereinement dire ce soir qu'elle est libre » selon son neveu Lionel Granouillac, qui s’exprimait ce mardi soir à l’antenne de BFMTV.

    Mme Pétronin a été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao (nord du Mali), où elle dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance. Elle est supposée avoir été retenue, avec Soumaïla Cissé, ancien ministre, candidat à la présidentielle et chef de l'opposition au Mali, par des groupes islamistes armés liés à el-Qaëda. 

    Le neveu de Sophie Pétronin, indique par ailleurs que le fils de cette dernière « est sur place à Bamako » mais qu'il est pour l'instant sans nouvelle.

    Plus d'une centaine de jihadistes ont été libérés de prison au Mali depuis ce week-end pour obtenir la libération des otages.

    Silence de l'Elysée sur le sort de Sophie Pétronin
    Le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal a décliné mercredi tout commentaire sur l'éventuelle prochaine libération de Sophie Pétronin, la dernière otage française dans le monde. "Je me garderai d'avoir tout propos dans ce contexte, dans des heures et des jours qui peuvent être parfois cruciaux (...) Je ne veux pas interférer dans cette situation", a expliqué M. Attal lors du compte rendu du Conseil des ministres.

    Depuis les premiers espoirs de libération lundi, les autorités françaises demeurent silencieuses sur la situation de la septuagénaire enlevée fin 2016 au Mali.

    Gabriel Attal a invoqué des raisons de prudence : "C'est un sujet, comme toutes les questions d'otages, extrêmement sensible et pour lequel, souvent, beaucoup de choses doivent se jouer dans la plus grande discrétion."