parti de la Justice et du Développement (AKP)

  • Turquie : Erdogan s'en prend à Moscou et menace une nouvelle opération en Syrie

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    Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a menacé de lancer une nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie si les groupes kurdes ne se retirent pas des zones frontalières de la Turquie.

    Erdogan a prononcé ces menaces le 28 octobre , lors d'un discours au Parlement, lors d'une réunion de son Parti de la justice et du développement. Le chef de l'Etat a tout d'abord condamné le rôle de la Russie sur le théâtre syrien et les opérations qu'elle a menées, avec une référence particulière à l'attaque du 26 octobre , au cours de laquelle plus de 78 rebelles appartenant à des groupes armés pro-turcs ont perdu la vie, dans la province d'Edleb, au nord-ouest de la Syrie. Selon Erdogan, Moscou ne veut pas d'une «paix durable» et le fait qu'elle ait frappé un centre de formation de l'Armée Nationale Syrienne à Edleb est une indication de son manque de soutien à la paix et à la stabilité dans la région.

    Se référant alors aux groupes kurdes, à nouveau définis comme des «terroristes», Erdogan a déclaré que la Turquie a le droit d'agir dans le cas où ils ne seraient pas écartés des frontières syro-turques comme promis précédemment. Ankara, en particulier, "est capable de nettoyer toute la Syrie des organisations terroristes si nécessaire", et tous ceux qui ne combattent pas Daech doivent cesser ce qu'on peut appeler une "comédie" . Selon le président turc, il y a des pays qui justifient leur présence en Syrie dans le cadre de la lutte contre l'État islamique, mais, en réalité, c'est un simple prétexte. La Turquie, a déclaré Erdogan, est le seul pays qui s'engage à contrer l'organisation terroriste. Last but not least, selon le chef de l'Etat turc, «l'entité» que Washington tente d'établir le long de la frontière irako-syrienne est un signe avant-coureur de nouveaux conflits, de douleurs et de tragédies. Dans ce contexte, a-t-il souligné, c'est le peuple syrien qui paie de son sang "le prix des jeux stratégiques du régime et des organisations terroristes qui viennent de l'extérieur de la région".

    Le 5 mars 2020, le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue turc, Erdogan, avaient convenu d'une trêve dans la région d'Edleb. Le but était d'éviter un bain de sang et de favoriser le retour des personnes déplacées. Un autre point de l'accord prévoyait l'organisation d'opérations de patrouilles conjointes entre Moscou et Ankara, à effectuer principalement sur l'autoroute M4, à environ 30 km de la frontière sud de la Turquie.

    De son côté, la Turquie, qui soutient des groupes rebelles syriens, a établit une soixantaine de postes militaires dans le nord de la Syrie, répartis dans les provinces d'Edle, d'Alep, de Hama et de Lattaquié. Quinze postes ont été établis dans des zones qui sont tombées sous le contrôle des forces fidèles au président syrien, Bashar al-Assad. C'est pourquoi le président turc Erdogan a, à plusieurs reprises, exhorté l'armée syrienne à reculer et à abandonner les zones qu'elle a occupées depuis avril 2019, menaçant une intervention de ses forces.

    Dans le même temps, Erdogan s'oppose à la présence de groupes kurdes, avec une référence particulière aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dans une vaste zone qui s'étend sur 480 km de l'Euphrate à la frontière avec l'Irak. Pour cette raison, Ankara a mené plusieurs opérations dans la région du nord de la Syrie. Le but était d'expulser ces groupes de cette région. La dernière, "Source of Paix", remonte au 9 octobre 2019 et a commencé un jour après le retrait des troupes américaines de la région. Les combats ont duré jusqu'au 22 octobre de la même année, date à laquelle Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine sont parvenus à un accord à Sotchi, dans le sud de la Russie. Les deux parties ont convenu de la nécessité de repousser les forces kurdes de la "zone de sécurité" à la frontière entre la Syrie et la Turquie, sur une profondeur d'environ 30 km et une longueur de 120 km.

    Les Forces Démocratiques Syriennes sont une alliance multi-ethnique et multi-religieuse, composée de Kurdes, d'Arabes, de Turkmènes, d'Arméniens et de Tchétchènes. La principale branche armée, ainsi que la force prépondérante, est représentée par les Unités de protection du peuple kurde (YPG). Depuis leur formation le 10 octobre 2015, les FDS ont joué un rôle fondamental dans la lutte contre l'État islamique en Syrie, contribuant à la libération progressive des bastions occupés par les jihadistes. Leurs opérations étaient principalement soutenues par la coalitions internationale dirigée par les États-Unis, qui fournit des armes et une couverture aérienne.

  • Turquie : Ankara réagit vivement à une caricature d'Erdogan dans Charlie Hebdo

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    La Turquie a vivement réagi mardi à une caricature de son président Recep Tayyip Erdogan à paraître en Une mercredi dans Charlie Hebdo, accusant l'hebdomadaire satirique français de "racisme culturel".

    "Nous condamnons cet effort tout à fait méprisable de la part de cette publication pour répandre son racisme culturel et sa haine", a déclaré le principal conseiller pour la presse du président turc, Fahrettin Altun, sur Twitter. Il a présenté cette publication comme le résultat du "programme anti-musulman du président français Macron". La caricature, diffusée en ligne mardi soir, montre M. Erdogan, en T-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d'une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues.

    Une polémique très vive oppose depuis des semaines le président Emmanuel Macron et son homologue turc, ce dernier étant allé jusqu'à mettre en doute "la santé mentale" du président français à propos de ses prises de position sur l'islamisme radical et la liberté d'expression.

    Charlie Hebdo avait publié des caricatures du prophète Mahomet en 2006 -- comme d'autres journaux européens -- pour défendre la liberté de la presse après que leur publication par un quotidien danois avait provoqué la colère de nombreux musulmans. L'hebdomadaire avait été victime en 2015 d'un attentat jihadiste qui avait fait 12 morts dont des journalistes et caricaturistes du journal.

    Erdogan qualifie de "vauriens" les dessinateurs de Charlie Hebdo
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué mercredi une caricature de lui publiée par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, la qualifiant d'"attaque ignoble" commise par des "vauriens".

    "Je n'ai pas regardé cette caricature (...) Il est inutile de dire quoi que ce soit au sujet de ces vauriens", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara. "Ma colère n'est pas due à l'attaque ignoble contre ma personne, mais aux insultes contre le prophète" Mahomet, a-t-il ajouté.

    Pour Erdogan, certains pays veulent "relancer les croisades"
    Les pays occidentaux qui attaquent l'islam veulent "relancer les croisades", a déclaré mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan alors que la tension reste vive entre son pays et la France. Dans un discours devant des élus de son parti, l'AKP, au Parlement, le chef de l'Etat turc a estimé que les attaques contre le prophète étaient "une affaire d'honneur pour nous". 

    Ankara lancera des actions judiciaires et diplomatiques
    La Turquie a annoncé mercredi qu'elle allait prendre des mesures "judiciaires et diplomatiques" après la publication par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo d'une caricature du président Recep Tayyip Erdogan.

    "Les actions judiciaires et diplomatiques nécessaires seront entreprises contre ladite caricature", a déclaré la direction de la communication de la présidence turque dans un communiqué en français.

    Peu après cette déclaration, le parquet d'Ankara a annoncé l'ouverture d'une enquête contre les dirigeants de Charlie Hebdo.

    Le tweet d'un responsable turc contre Charlie Hebdo signalé à la justice française
    Le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme (Dilcrah) en France a annoncé mercredi à l'AFP avoir saisi la justice pour le tweet d'un responsable turc qualifiant l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dont la dernière une se moque du président Recep Tayyip Erdogan, de "bâtards".

    Dans un tweet publié mardi soir, le ministre délégué turc à la Culture, Serdam Can, écrit en français: "@Charlie_Hebdo_ Vous êtes des bâtards.. Vous êtes des fils des chiennes..."

    "Il y a quelque chose d'indécent dans le contexte actuel marqué et par le procès des attentats de Charlie Hebdo (qui a débuté en septembre) et par la tragédie de l'assassinat de Samuel Paty (le 16 octobre) à mettre de l'huile sur le feu en menaçant la rédaction de Charlie", a expliqué Frédéric Potier à l'AFP.

    Le journal satirique a publié mardi soir sur les réseaux sociaux la une de son édition de mercredi, sur laquelle s'étale une caricature de M. Erdogan en slip, bière à la main, qui soulève la robe d'une femme voilée en s'écriant: "Ouuuh ! Le prophète !"

    Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT a par ailleurs directement interpellé le réseau social américain Twitter.

    Le message "nauséabond de ce haut dignitaire turc est-il conforme à vos conditions d'utilisation ? La @DILCRAH saisira la justice de son côté. Nous ne céderons rien à ces tentatives d'intimidation. #toujoursCharlie", a-t-il tweeté. "Cela pose la question de la responsabilité des réseaux sociaux", a-t-il précisé à l'AFP, "puisque là, ces insultes sont diffusées sur Twitter, qui dans ses propres règles d'utilisation prohibe le harcèlement et les comportements manifestement illicites. J'appelle aimablement et fermement Twitter à faire respecter ses propres règles".

  • France/Turquie : "Une volonté de déstabilisation" venant de Turquie, dénonce un ministre français

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    Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes a dénoncé dimanche "une volonté de déstabilisation" de la part du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui "se présente en protecteur des musulmans de façon complètement instrumentalisée".

    Interrogé dans l'émission radio Forum Radio J, Clément Beaune a appelé à cesser d'être "naïfs" à l'égard de la Turquie comme "on l'a été en Europe ces 15 dernières années". Selon lui, "ce n'est pas un hasard s'il n'y a pas eu de condamnation officielle" d'Ankara après l'attentat "immonde" contre un professeur de collège près de Paris, le 16 octobre, pris pour cible pour avoir montré des caricatures de Mahomet. M. Erdogan cherche, a estimé M. Beaune, à "instrumentaliser un événement dramatique pour dire : +la France se bat contre les Musulmans+, pour confondre Islam et islamisme". En Europe, "on a cru que le parti AKP de M. Erdogan c'était une forme d'islamisme politique modéré. L'islamisme politique à visage humain, ça n'existe pas", a ajouté M. Beaune.

    Face à des "insultes" proférées par le président turc à l'adresse d'Emmanuel Macron, M. Beaune a souligné qu'il fallait réagir "avec fermeté", comme cela a été fait avec le rappel "pour consultation" de l'ambassadeur de France en Turquie, "un geste rare" dont il faut "mesurer la solennité et la gravité". "Nous sommes une démocratie, un Etat de droit, nous ne réagirons pas par l'insulte et la calomnie mais par la fermeté la plus grande", a ajouté le secrétaire d'Etat, et ancien conseiller du président Macron aux questions européennes.

    Pour M. Beaune, les déclarations "agressives" de M. Erdogan ne sont pas surprenantes outre mesure. "La Turquie mène une stratégie politique, offensive, agressive, provocatrice tous azimuts", a poursuivi M. Beaune, en citant les tensions avec la Grèce en Méditerranée orientale, "son soutien" à l'Azerbaïdjan dans le conflit du Nagorny Karabakh, "son influence" en Bosnie, sa stratégie en Syrie et en Libye. Il a dénoncé "une influence turque délétère" que l'on "voit aussi dans nos sociétés, par des associations, des réseaux sociaux". Selon lui, M. Erdogan cherche à "entretenir une ambiguïté destructrice, en confondant la lutte contre l'islamisme que nous menons sans relâche et une lutte supposée qui n'existe pas contre l'Islam et les musulmans".

    En réaction aux appels au boycott de produits français dans certains pays arabes (Qatar, Koweït, Jordanie) et aux photos de M. Macron brûlées samedi à Gaza, M. Beaune a souligné qu'il faut voir si cela vient de "gouvernements organisés ou si ce sont des appels associatifs ciblés". "Cela ne doit que conforter notre détermination à continuer, nous ne renoncerons pas" à publier les caricatures de Mahomet et à défendre la liberté d'expression, a-t-il dit. "C'est notre modèle, c'est un combat culturel" face à des "projets d'intimidation contre l'émancipation, contre les Lumières".

  • Turquie : Arrestation de six membres de Daech qui projetaient d'attaquer la marche du CHP

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    Turquie : Arrestation de six membres de Daech qui projetaient d'attaquer la marche du CHP   
    Six membres présumés de Daech, suspectés de planifier une attaque contre le convoi de la «marche» organisée par le principal parti d'opposition en Turquie, le Parti Républicain du Peuple (CHP), ont été arrêtés à Kayseri (Centre) et à Kocaeli (Nord-ouest).
    D'après les informations obtenues auprès des forces de sécurité, les six individus, proches de Daech, ont été interpellées mercredi.
    Les éléments de la brigade de l'antiterrorisme de Kayseri ont repéré un individu, membre de Daech, qui s'apprêtait à rejoindre la marche du CHP au niveau de Kocaeli, avec un minibus loué, conformément aux instructions qu'il aurait reçu de l'organisation jihadiste.
    Les équipes de police ont organisé une filature et suivi l'individu en question jusqu'à Kocaeli avant de l'appréhender.
    Un projet de véhicule bélier contre le cortège de l'opposition turque
    Il planifiait de foncer avec son véhicule dans le cortège des marcheurs, ont ajouté les mêmes sources. Une tactique qui pourrait être répétée sous d'autres cieux !
    Cinq autres individus, suspectés d'agir en collaboration avec le terroriste présumé, ont été arrêtés à .Kayseri
    Le préfet de Kayseri, Suleyman Kamci, a déclaré que le minibus loué par le terroriste avait été décoré d'un drapeau du Parti de la Justice et du Développement (AK Parti - au pouvoir) afin de perpétrer un attentat provocateur.

    Jean René Belliard

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  • Turquie : Tentative avortée de coup d'Etat en Turquie - 16 juillet 2016

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    Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 16 juillet  2016
    Extrait de la newsletter publiée le 16 juillet par Jean René Belliard hier  sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
    Pour s’abonner, écrire à : ptolemee@belliard74.com

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  • Rien ne va plus entre les Kurdes - 21 mai 2016

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    Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 21 mai   2016
    Extrait de la newsletter publiée par Jean René Belliard le vendredi 20 mai sur les évènements du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et du Sahel. La totalité de la newsletter est accessible contre abonnement.
    Pour s’abonner, écrire à :ptolemee@belliard74.com

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