Parc de Kouré

  • Niger : L'Etat islamique revendique l'assassinat des six humanitaires français et de leurs deux accompagnateurs nigériens

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    L'Etat islamique (EI) a revendiqué jeudi l'assassinat au Niger de huit personnes, dont six humanitaires français et deux Nigériens.

    L'organe de propagande d'EI, Al-Naba, a consacré une page à l'attaque dans son numéro daté de jeudi, diffusant deux photos mais ne donnant que peu de détails sur l'événement lui-même. La publication, authentifiée par de multiples sources, dont l'organe américain SITE spécialisé dans la surveillance des groupes jihadistes, évoque une "attaque éclair" dans la région de Kouré ayant abouti à la mort, selon les mots de l'Etat islamique, de six "Croisés" français et deux "apostats" nigériens.

    Les humanitaires français, deux hommes et quatre femmes, avaient été assassinés avec leur chauffeur et leur guide nigériens par des hommes armés à moto le 9 août, alors qu'ils visitaient la réserve de girafes de Kouré à 60 km au sud-est de la capitale Niamey où ils étaient basés.

    Une enquête en France a été confiée à des magistrats spécialisés pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste". Une source judiciaire avait indiqué le 12 août que, selon les premiers éléments de l'enquête, l'attaque paraissait "avoir été préméditée" avec pour objectif de "cibler des Occidentaux". Quelques jours plus tard, le ministre nigérien de l'Intérieur, Alkache Alhada, avait annoncé qu'un suspect avait été arrêté sans préciser son identité ni de quelconques liens avec tel ou tel groupe.

    Selon un expert consulté par l'AFP, et qui a requis l'anonymat, le texte d'Al-Naba ne permet en aucun cas de conclure si l'opération a été minutieusement préparée ou si le sort des huit victimes s'est décidé au moment de leur rencontre avec les hommes armés. Impossible aussi, ajoutait-il, de déterminer si la revendication est ou non purement opportuniste, ni si les meurtriers avaient fait allégeance à l'EI avant ou après le 9 août.

    Attaques jihadistes récurrentes
    Âgées de 25 à 31 ans, les six victimes françaises avaient été envoyées par l'ONG Acted au Niger, où elles venaient notamment en aide aux populations déplacées.

    "La France toute entière porte le deuil de vos enfants", avait déclaré quelques jours plus tard le Premier ministre français, lors d'une cérémonie d'hommage devant leurs cercueils alignés à l'aéroport d'Orly, près de Paris. Ces jeunes "n'étaient pas des soldats, n'étaient pas armés" et "étaient venus au Niger pour y faire le bien", avait-il déploré. Ils "y ont rencontré le mal".

    Après l'attaque, le gouvernement nigérien avait fermé la réserve tandis que la France plaçait le site en "zone rouge", tout comme le reste du pays, exceptée la capitale. Ce pays sahélien très pauvre est en proie à des attaques jihadistes récurrentes qui ont fait des centaines de morts. Avec le Mali et le Burkina Faso voisin, il est au coeur d'une immense zone écumée par des groupes jihadistes se revendiquant de l'Etat islamique ou de son rival el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), et où sont déployés quelque 5.100 soldats français de la force antiterroriste Barkhane.

    Ces derniers mois, l'armée française et celles des pays africains du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) ont multiplié les offensives, en particulier dans la zone dite des "trois frontières" entre Mali, Niger et Burkina Faso. Elles ont notamment revendiqué la mort de l'émir d'el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), l'Algérien Abdelmalek Droukdal, en juin. Mais des voix s'élèvent pour souligner combien la situation sécuritaire demeure extrêmement dégradée, sur fond de déliquescence des Etats centraux, incapables de reconquérir politiquement les territoires contrôlés sur le plan militaire.

  • Niger : huit personnes, dont six touristes français, tuées par des hommes armés

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    Huit personnes, dont six Français et deux Nigériens, ont été tuées dimanche 9 août par des hommes armés venus à moto dans la zone de Kouré, au Niger, un endroit qui abrite les derniers troupeaux de girafes d’Afrique de l’Ouest, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source officielle.
    L'incident a eu lieu près de Kebbi, Sokoto, Zaria et Katsina, où des enlèvements ont déjà eu lieu et où on a noté la présence de bases d'Ansarullah.
    Il y a huit morts : deux Nigériens, dont le président de l'association des guides des girafes de Kouré, Kadri Abdou, et son chauffeur, les six autres sont des humanitaires Français, qui faisaient du tourisme dans la région de Kouré qui n'était pas considérée comme une zone rouge, c'est-à-dire formellement déconseillée. Les Français décédés comprennent deux membres d'une ONG française, accompagnés de membres de leurs familles. Les victimes françaises sont deux hommes et quatre femmes âgés entre 25 et 50 ans. Ils s'étaient levés pour visiter le parc animalier au lever du jour, un moment de la journée où on a plus de chances de voir des girafes. 
    L'attaque a eu lieu "vers 11H30, au moment où les touristes quittaient le parc animalier situé à 6 km à l'est de Kouré" et à une heure de route de Niamey sur la RN1, une route très fréquentée entre Niamey et le Nigeria.
    Il semble que les terroristes aient écouté la radio de bord utilisée par le guide pour communiquer et ainsi repéré exactement où il se trouvait. Le véhicule appartenait à l'ONG française Acted, une ONG qui travaille pour les personnes vulnérables dans le monde.  Un chargeur de fusil vide a été retrouvé sur les lieux à l'endroit où des balles ont été tirées, selon la même source.
    «La plupart des victimes ont été abattues et une femme qui avait réussi à fuir a été rattrapée et est morte la gorge tranchée.  «Nous ne connaissons pas l'identité des assaillants, mais ils sont sortis du sous-bois à moto au moment où le véhicule des touristes français arrivait. 
    Destination touristique
    Il s'agit de la première attaque contre les touristes occidentaux dans cette région depuis qu'elle est devenue une destination touristique il y a une vingtaine d'années, lorsqu'un petit troupeau de girafes tchadiennes, ailleurs éteintes, y avait trouvé une oasis de paix, fuyant braconniers et prédateurs.Ee_SYhkX0AEakUL.jpegPoint de rencontre
    La région de Tillabéri est une grande zone instable. Elle est située dans la «zone des trois frontières» entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali, qui est devenue un point de rencontre pour les djihadistes sahéliens, dont l'État islamique au Grand Sahara (EIGS). Les motos sont interdites jour et nuit depuis janvier dans le but d'empêcher les djihadistes de se déplacer.

    Attaque terroriste de Kouré : un coup dur pour le tourisme et les populations locales
    Guidegirafe.jpgL’assassinat des huit personnes dont deux nigériens et six touristes français constitue un coup dur pour la population locale. Jusque-là relativement épargnée par les attaques terroristes. La zone qui abrite les dernières girafes d’Afrique de l’ouest est très prisée par les visiteurs nigériens et étrangers, ce qui a fait développer un tourisme de niche, une des principales activités génératrices de revenus pour les habitants des villages environnants.

    Les girafes de Kourré
    Les girafes de la zone de Kouré, une réserve naturelle située à une heure de route au sud-est de Niamey, constituent une véritable attraction touristique au Niger. Ces dernières années, avec l’amplification des menaces sécuritaires au Sahel et dans le Bassin du Lac Tchad qui n’ont pas épargné le pays, c’est même l’un des endroits les plus fréquentés par les visiteurs qui séjournent dans la capitale car pour l’essentiel, le reste du pays est placé en « Zone rouge » avec interdiction formelle de voyager surtout pour les expatriés en raison des risques d’attaques terroristes et d’enlèvements.
    Bien que située pas très loin de certaines zones à risques, notamment le Parc du W ainsi que celui de Pendjari au Bénin, là où des groupes terroristes se sont déjà manifestés, la réserve naturelle de Kouré a été jusque-là relativement épargnée par l’insécurité ambiante qui a poussé le gouvernement a placé la Région de Tillabéri, frontalière avec le Burkina et le Mali dans la zone dite des trois frontières, en état d’urgence avec couvre-feu et interdiction de circulation des motos. La réserve était devenue presque un îlot de sécurité et bien que le risque zéro n’existe pas, des nigériens, des touristes et des expatriés continuaient à affluer pour quelques moments de détente, surtout les weekends, afin d’admirer les beaux paysages et surtout avoir la chance de faire quelques selfies avec les gracieuses et majestueuses girafes, les dernières en liberté en Afrique de l’ouest. D’autant que située pas très loin de Niamey et de la principale route du pays (la RN1), la réserve naturelle est bien sécurisée avec la présence de plusieurs postes de sécurité, situés pas très loin et même au sein du parc. C’est pourquoi d’ailleurs, elle est classée dans la Zone Orange de la carte des risques du Quai d’Orsay, c'est-à-dire déconseillée de s’y rendre mais pas interdite.

    Une attaque chargée de symboles et de messages
    Il a fallu ce jour du dimanche 9 Août pour que tout bascule avec cette attaque terroriste qui va négativement impacter le pays, surtout les populations locales et pendant longtemps. Au fil des ans, en effet, la réserve naturelle était devenue un véritable pôle touristique autour duquel s'étaient développées plusieurs activités qui font vivre les populations de Kouré, la localité qui a donné son nom à la réserve, ainsi que les villages environnants. Des guides aux travailleurs pour les ONG de protection des animaux qui se sont installées, c’est un coup dur pour le secteur touristique du pays en général et pour l’économie locale en particulier. A tout point de vue, c’est l’un des objectifs visés par les assaillants. En s’aventurant jusqu’à Kouré pour commettre ce que le président Issoufou Mahamadou a qualifié « d’attaque lâche et barbare », à quelques kilomètres de Niamey, les terroristes ont également démontré qu’ils sont toujours capables de frapper partout dans le pays malgré le déploiement massif des FDS et des forces étrangères alliées comme les soldats de la force française Barkhane. C’est d’ailleurs de la même manière qu’ils ont procédé dans le Parc du W et celui de Pendjari au Bénin, avec les conséquences que l’on sait aujourd’hui…