PALESTINIENS

  • L'Autorité palestinienne détient des partisans de Dahlan soupçonnés de faciliter le dialogue entre Israël et les EAU

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    Lundi 21 septembre, les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne ont arrêté sept partisans du chef de l'opposition Muhammad Dahlan (photo ci-dessus), soupçonné de soutenir l'accord de normalisation entre les Émirats arabes unis et Israël, a rapporté Reuters , citant Imad Mohsen, qui représente la faction Dahlan dans le mouvement Fatah.

    Parmi les détenus, Haytam al-Halabi et Salim Abu Safia sont des partisans influents de Dahlan. Ils ont été arrêtés dans le village de Halabi (près de Naplouse).

    Selon Mohsen, nous parlons d'actions «à motivation politique» des services spéciaux de l'administration de l'AP sous la direction de Mahmoud Abbas.

    Le ministère des Affaires intérieures de l'Autorité palestinienne a refusé de commenter ces informations.

    Notez que Muhammad Dahlan a critiqué à plusieurs reprises publiquement les régimes arabes, qui ont exprimé leur volonté de dialogue avec Israël avant le règlement du conflit israélo-palestinien. Cependant, il s'est abstenu de critiquer les autorités des Émirats arabes unis ou de Bahreïn après avoir eu connaissance de la normalisation des relations entre ces pays et Israël.

    Muhammad Dahlan. Référence rapide
    Muhammad Dahlan, 59 ans, originaire de Khan Younis (sud de la bande de Gaza), est considéré comme l'un des opposants politiques les plus sérieux de Mahmoud Abbas au Fatah, bien qu'il ait été contraint de vivre en dehors de l'Autorité palestinienne pendant de nombreuses années.

    En 1981, il a été l'un des fondateurs du mouvement de jeunesse extrémiste "Shabiba" (avec Marouane Barghouti), a étudié la gestion à l'Université islamique de Gaza; parle arabe et hébreu.

    En 1981, il a été arrêté par les services spéciaux israéliens, condamné à 5 ans de prison; en 1988, il a été exilé en Jordanie, puis - alors en Tunisie - il a rejoint l'Organisation de libération de la Palestine et le Fatah, a été l'un des coordinateurs de l'OLP pour l'organisation de "l'intifada"; est retourné dans la bande de Gaza en 1994 (après la signature des accords d'Oslo).

    En janvier 1994, il a participé à une réunion secrète entre des représentants de la direction palestinienne et des services spéciaux israéliens à Rome sur l'organisation de la lutte contre les organisations terroristes; en 2000, il était l'un des coordonnateurs du processus de négociation à Camp David. À l'automne 2000, il a soutenu l'Intifada d'Al-Aqsa.

    Selon les services de renseignement israéliens, il a été impliqué dans l'organisation d'une attaque terroriste contre un bus scolaire dans la bande de Gaza en novembre 2000. Il a lui-même nié à plusieurs reprises son implication dans cette attaque terroriste.

    Il a occupé le grade de colonel de la police et a dirigé le service de sécurité préventive dans la bande de Gaza (1997-2002). Il a été démis de ses fonctions par décret personnel d'Arafat.

    Plus tard, en avril 2003, sur l'insistance de Mahmoud Abbas, il a été nommé au poste de ministre de la Sécurité. En août 2003, il a démissionné.

    Trois mois après la mort d'Arafat, en février 2005, il a prêté serment en tant que ministre des Affaires civiles. En mars de la même année, il a été nommé coordinateur du processus de désengagement d'Israël dans la bande de Gaza.

    En 2006, il a été élu député de Khan Younis, mais le Hamas vainqueur n'a offert aucun poste gouvernemental à Dahlan.

    En 2007, après la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza, Dahlan a été contraint de quitter le secteur et de s'installer à Ramallah. Les dirigeants du Fatah l'ont accusé d'avoir «livré Gaza» au Hamas.

    Sous la pression des États-Unis, Abbas a été contraint d'inclure Dahlan à la direction du parti Fatah. A l'époque, Dahlan était considéré comme un successeur convenable d'Abbas).

    Mais en 2011, les services secrets de l'Autorité palestinienne ont accusé Dahlan d'implication dans le meurtre d'Arafat, il a été expulsé des rangs du Fatah et une enquête a commencé. La culpabilité de Dahlan n'a pas été prouvée, mais de nouvelles accusations ont été portées contre lui - de diffamation et de corruption. Dahlan réside actuellement en dehors de l'Autorité palestinienne, principalement aux Emirats Arabes Unis.

    Après que Dahlan ait quitté l'Autorité palestinienne, de nombreux documents négatifs ont été publiés à son sujet dans les médias palestiniens. Il était représenté comme un fonctionnaire corrompu, un espion israélien et un complice des terroristes.

    En octobre 2018, le site d'information Buzzfeed écrivait qu'un vétéran de la Légion étrangère française, le citoyen israélien Abraham Golan, également titulaire d'un passeport américain, et Muhammad Dahlan s'étaient associés pour créer une unité spéciale privée au service des Émirats arabes unis. Golan et Dahlan auraient formé une équipe de 12 vétérans des forces spéciales de divers pays, y compris des natifs des Bérets verts et SEAL américains et de la Légion étrangère. L'équipe, qui a reçu 1,5 million de dollars par mois plus des primes pour avoir accompli des missions, a été chargée de mener une série d'assassinats au Yémen.

    En novembre 2018, le journal turc Yeni Safak a affirmé que Dahlan était l'un des organisateurs de l'assassinat du chef de l'opposition saoudienne Jamal Khashoggi à Istanbul. De plus, cette publication qualifiait Muhammad Dahlan de «principal tueur au service de l'héritier du trône des Émirats arabes unis». En novembre 2019, les autorités turques ont inclus Dahlan dans la liste «rouge» des terroristes, contenant les noms des criminels les plus recherchés qui constituent une menace pour la sécurité nationale de la Turquie. Muhammad Dahlan est accusé par Ankara d'appartenir au «groupe terroriste Fethullah» (FETO), qui, selon les autorités, est responsable du putsch de 2016.

    À l'étranger, Dahlan a critiqué le principe de «deux États pour deux peuples», il a proposé de créer un seul État israélo-palestinien.

  • L'Autorité Palestinienne (AP) démissionne de la présidence de la Ligue arabe

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    riyad al-Maliki.jpgLe ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki (photo), a déclaré que l'AP renonçait à la présidence de la Ligue arabe. La raison en est le refus de la Ligue arabe de condamner le traité de normalisation des relations d'Israël avec les Émirats arabes unis et Bahreïn.

    Le 9 septembre, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue, lors d'une vidéoconférence, ont réaffirmé leur engagement à l'égard de l'Initiative de paix arabe de 2002 visant à établir un État palestinien à l'intérieur des frontières de 1967, avec la capitale à Jérusalem-Est.

    Après trois heures de discussion, ils ont rejeté une demande de la partie palestinienne de condamner le traité de normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis.

    La chaîne de télévision libanaise Al-Mayadin a rapporté qu'au cours de la discussion, les Palestiniens étaient pratiquement isolés. Les États arabes du golfe Persique, l'Égypte, la Jordanie, le Maroc et le Soudan se sont opposés à la résolution qu'ils ont proposée.

    Selon la chaîne, le secrétaire général de l'OLP Saib Arikat a informé l'Égypte, la Jordanie et l'Arabie saoudite que l'adoption d'une résolution en faveur de la normalisation entraînerait le retrait des Palestiniens de la Ligue. Le résultat de cette menace a été un communiqué neutre adopté par la Ligue arabe.

    Al-Mayadin a noté qu'outre les Palestiniens, seuls la Somalie et le Yémen se sont opposés à la résolution proposée par les EAU. Le Liban, l'Irak, l'Algérie et la Tunisie ont adopté une position neutre sur la question du soutien à la normalisation avec Israël.

    Le 15 septembre, le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Muhammad al-Shtaye, a appelé le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à reconsidérer ses relations avec la Ligue arabe. La ligue est devenue un symbole d'échec, a-t-il dit, en ignorant ses propres décisions.

  • Jordanie : "Septembre noir" - Il y a un demi-siècle

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    Extrait du livre "Beyrouth, l'enfer des espions"

    Septembre 1970 : Le roi Hussein de Jordanie affronte les fedayins
    Les pays du champ de bataille craignent le pire. L’inquiétude s’empare des gouvernements égyptien, jordanien, libanais et même de certains membres du gouvernement syrien.

    On a vu comment, le 23 juillet 1970, le président égyptien Nasser avait fait fi des menaces palestiniennes et accepté officiellement les principes du plan Rogers. Il est suivi, le 26 juillet, par le roi Hussein de Jordanie.

    Les Palestiniens prennent l’accord du roi Hussein comme une déclaration de guerre : « Nous sommes prêts à transformer la Palestine, le Liban, la Jordanie en un immense enfer, ainsi que tout autre pays qui tenterait d’engager la révolution palestinienne par des obligations découlant d’une solution pacifique », menaçait Georges Habache, le leader du FPLP.

    Il y a déjà quelque temps que le roi Hussein, se sentant menacé par les organisations de la résistance palestinienne, craint pour son régime et sa vie. Les fedayins de l’OLP paradent dans son pays, armés jusqu’aux dents. Ils bénéficient de vastes complicités à l’intérieur de son royaume comme à l’extérieur. Les dirigeants palestiniens ne se privent pas pour affirmer à qui veut les entendre que les jours du régime hachémite sont comptés. Mais il règne déjà une grande confusion entre les différents mouvements palestiniens. Nombre d’entre eux ont été créés par divers régimes arabes, souvent en concurrence les uns envers les autres. Ils cherchent à entrer en compétition avec le Fatah par des actions irresponsables et un discours encore plus « révolutionnaire » et encore plus intransigeant que celui des organisations rivales. « La floraison de slogans gauchistes – tel celui qui invitait les masses à donner tout le pouvoir à la résistance – la distribution de portraits de Lénine dans les rues d’Amman et jusqu’à l’intérieur même des mosquées, les appels en faveur de la révolution et de l’instauration d’un régime socialiste relevaient d’une criminelle inconscience. Les extrémistes confondaient à l’envi le combat pour la libération nationale, que le Fatah prônait exclusivement, et la lutte des classes. » (Abou Iyad, Palestinien sans patrie – Entretiens avec Éric Rouleau, Fayolle, Paris, 1978

    Cet état d’anarchie donne au GID, les services de sécurité jordaniens, les moyens de discréditer les fedayins. Ils organisent, par exemple, en septembre 1968, l’enlèvement d’un officier de la garde royale jordanienne. Le kidnapping est revendiqué par une organisation inconnue. Le roi exige la libération de l’officier et menace de faire bombarder les camps. Les dirigeants palestiniens, Yasser Arafat en tête, se précipitent au palais pour dire au roi qu’ils n’ont rien à voir avec cet incident. Le roi accepte leurs explications et ordonne la levée du blocus des camps. Les services de renseignement palestiniens dirigés par Abou Iyad découvriront quelque temps plus tard que l’organisation responsable de l’enlèvement avait été créée, financée et armée par les services de sécurité jor-daniens. Les provocations se poursuivent pendant de longs mois. Le roi et ses services de sécurité préparent l’opinion publique et son armée à la nécessité d’une confrontation avec les fedayins. La tension est maintenue intentionnellement à l’aide d’agents provocateurs et de groupements de résistance inconnus jusqu’alors. En juin 1970, par exemple, un certain Aboul Raed, membre du FPLP du Dr Georges Habache, s’en prend en termes obscènes au roi, sa mère et sa femme. Le Premier ministre jordanien, Abdel Moneim el-Rifaï, convoque à son bureau le chef des services de renseignement du Fatah, Abou Iyad. Il lui montre une lettre du roi exigeant la fermeture de toutes les permanences du FPLP. Il menace d’envoyer l’armée les fermer si son ordre n’est pas exécuté dans les quarante-huit heures. Aboul Raed sera démasqué un peu plus tard comme étant un agent des services secrets égyptiens.

    Les Palestiniens sont persuadés que le roi Hussein n’osera pas s’attaquer à eux. Les fedayins étant éparpillés à travers le royaume, un affrontement ne manquerait pas de provoquer un grand nombre de victimes civiles et des destructions considérables. Beaucoup de dirigeants palestiniens pensent en outre que l’armée jordanienne, composée pour un tiers de soldats d’origine palestinienne, n’obéirait pas à un ordre de tirer sur les résistants palestiniens.

    Le pouvoir jordanien utilise un stratagème pour creuser le fossé entre les militaires jordaniens et les fedayins. Des permissions sont accordées aux soldats jordaniens qui ont participé à de sanglants accrochages avec les fedayins. Ceux-ci, de retour dans leur foyer, sont confrontés à l’hostilité des Palestiniens. Ils sont malmenés, humiliés et parfois même enlevés. Il est compréhensible que de retour dans leurs casernes, leur désir d’en découdre n’a fait que croître. Quant aux soldats d’origine palestinienne, on leur explique que tous ces membres d’organisations gauchistes ne sont que des athées, des communistes, des ennemis de Dieu.

    Le roi Hussein se rend à Alexandrie, en Égypte, deux semaines après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu mettant fin à une interminable guerre d’usure entre les armées égyptiennes et israéliennes. Hussein est reçu chaleureusement par le président Nasser. Les autorités jordaniennes font courir le bruit que Nasser a donné au roi son feu vert pour écraser la résistance palestinienne en Jordanie. Yasser Arafat se précipite à Alexandrie à la tête d’une délégation palestinienne. Nasser est outré par les attaques dont il est l’objet dans la presse palestinienne depuis qu’il a approuvé la résolution 242 de l’ONU et signé un cessez-le-feu. Il fait attendre les Palestiniens pendant trois heures. « Je me suis promené dans mon jardin pendant une heure pour pouvoir maîtriser ma colère avant de vous recevoir », leur déclare-t-il avant de débuter la réunion1. Il accepte quand même de dialoguer avec les dirigeants palestiniens. Il leur explique qu’il y a peu de chance, à son avis, qu’Israël respecte ses engagements et restitue l’intégralité des territoires occupés. Il souhaite en outre « piéger » les États-Unis qui, pour la première fois depuis la guerre de 1967, se sont engagés à obtenir l’évacuation des territoires occupés par Israël. ((Abou Iyad, Palestinien sans patrie – Entretiens avec Éric Rouleau, Fayolle, Paris, 1978)

    Il pose une question aux dirigeants palestiniens : combien de temps vous faudra-t-il pour détruire l’État sioniste? Devant l’absence de réponse de Yasser Arafat, il lui explique qu’il vaut mieux accepter un mini-État en Cisjordanie et à Gaza plutôt que de poursuivre inlassablement une lutte stérile. Mais il y a une question qui brûle les lèvres de Yasser Arafat : est-il vrai que le président Nasser a poussé le roi Hussein à frapper les Palestiniens ? Gamal Abdel Nasser affirme avoir dit le contraire : « Je l’ai mis en garde par deux fois, une fois en tête-à- tête et une fois en présence de mon Premier ministre. »

    Le FPLP de Georges Habache donnera finalement l’occasion au roi d’attaquer les organisations palestiniennes. Le FPLP détourne quatre avions de ligne vers la Jordanie le 9 septembre 1970 et les dynamite le lendemain. Georges Habache est curieusement absent du Moyen-Orient au moment des faits. Il se trouve en visite officielle en Corée du Nord. C’est en fait le Dr Wadid Haddad, son adjoint, qui a organisé l’opération. On sait que Wadid Haddad collaborait étroitement avec le KGB.

    L’affaire des avions est pour le roi Hussein de Jordanie une aubaine pour affirmer son autorité dans le royaume et rétablir l’ordre. Il sent que l’opinion mondiale est exaspérée par les exactions de certains fedayins. Tous les pays arabes ont condamné le détournement. Même l’Irak, qui est pourtant favorable à la résistance, condamne l’acte terroriste et adresse un ultimatum au Fatah exigeant l’arrestation des pirates de l’air. L’attitude du gouvernement irakien est d’autant plus incompréhensible que, quelques mois plus tôt, trois membres influents du régime de Bagdad avaient incité la résistance palestinienne à s’emparer du pouvoir en Jordanie : « Organisez un coup d’État et les unités irakiennes stationnées en Jordanie vous prêteront main-forte pour renverser la monarchie et établir un pouvoir populaire. » (Abou Iyad, Palestinien sans patrie – Entretiens avec Éric Rouleau, Fayolle, Paris, 1978)

    Les autorités soviétiques affirment également être hostiles à ce genre d’actions. Cela prouve que les organisations du Front du refus qu’elles ont elles-mêmes armées et organisées sont devenues incontrôlables. Cette perte de contrôle apparaîtra au grand jour quand un avion de ligne russe sera détourné à son tour.

    Yasser Arafat sent le danger et veut désamorcer la crise en suspendant le FPLP du Comité central de l’OLP.

    Peine perdue. Le roi Hussein sait qu’il a les mains libres pour mettre un terme à tous ces actes de terrorisme injustifiables. La résistance palestinienne est acculée au combat. Elle pense encore venir rapidement à bout des Bédouins de Hussein. Elle croit pouvoir compter sur l’aide de l’armée syrienne et sur celle des unités de l’armée irakienne présentes en Jordanie. Mais l’armée irakienne reste l’arme au pied et l’armée syrienne doit faire demi-tour, un certain général Hafez el-Assad ayant refusé d’offrir une couverture aérienne aux unités syriennes. Les Palestiniens reçoivent un autre coup de poignard dans le dos de la part des Syriens. L’Algérie avait envoyé des lots d’armements à la résistance. Mais ceux-ci restèrent bloqués pendant des semaines dans le port de Lattaquié.

    Le premier round s’achève sur un accord de cessez-le-feu signé au Caire entre Yasser Arafat et le roi Hussein sous l’égide de Gamal Abdel Nasser. L’accord est signé le 27 septembre 1970. Nasser devait décéder le lendemain. Mais les combats reprennent presque aussitôt. Il

    y a en effet une clause qui est inacceptable pour le roi Hussein : l’OLP y est désignée comme la seule représentante du peuple palestinien.

    Le roi nomme Wasfi Tall au poste de Premier ministre, le 28 octobre 1970. Wasfi Tall est un homme brutal, mais extrêmement habile. Il manœuvre pendant de longs mois pour réduire l’influence des organisations de la résistance. Il exige leur départ de toutes les localités jordaniennes. Il exige la restitution des armes de la résistance. Il fait proclamer que tout homme surpris avec une arme sera exécuté. Les services de sécurité jordaniens se mettent à fouiller les maisons, découvrant facilement les caches d’armes grâce aux complicités dont ils disposent au sein de la population palestinienne. Les services de sécurité palestiniens résistent comme ils peuvent, arrêtant un grand nombre d’agents jordaniens dans leurs rangs. Les personnes arrêtées s’étaient souvent fait connaître pour leurs opinions extrémistes et jusqu’au-boutistes.

    Le dernier acte de la présence palestinienne en Jordanie s’achève brutalement entre le 13 et le 17 juillet 1971 dans les forêts et les collines boisées de Jerash et Ajloun. 700 fedayins perdent la vie au cours des combats avec l’armée jordanienne. 2 000 autres sont capturés et livrés aux autorités de Damas. Une centaine d’autres parviennent à fuir vers la Syrie ou... vers Israël qui leur donne le droit d’asile ! La résistance palestinienne a été anéantie en Jordanie. Les responsables de l’OLP donnent aussitôt des ordres pour que les bases soient renforcées au Liban. La frontière du Liban avec Israël reste la seule ligne de front pour la poursuite de la "guerre de libération".

     

    Œil pour œil, dent pour dent : 1971-1972 : l’organisation terroriste « Septembre noir »
    Le 15 septembre 1971, l’ambassadeur de Jordanie à Londres est légèrement blessé au cours d’une attaque à l’arme automatique. L’attentat est revendiqué par une organisation jusqu’ici inconnue : « Septembre noir ». Les services secrets du monde entier veulent savoir qui se cache derrière ce nom. On découvre que les membres de « Septembre noir » appartiennent au Fatah, mais qu’ils contestent sa direction politique qu’ils jugent « embourgeoisée et déficiente ». « Septembre noir » a vu le jour au lendemain de la liquidation de la résistance en Jordanie. Les éléments les plus extrémistes du Fatah rendaient les leaders « historiques » de la résistance responsables de l’écrasement des fedayins par l’armée du roi Hussein. Ils reprochent à ces leaders leur refus de s’emparer du pouvoir à Amman, à une époque où ils auraient pu le faire. Ils les accusent de collaboration avec les régimes réactionnaires de Jordanie et d’Arabie saoudite, qu’ils considèrent « inféodés aux États-Unis ». Les Américains sont pour eux « le grand Satan » dont l’objectif unique est de renforcer l’expansion de l’État hébreu dans la région. Après avoir menacé de rallier le FPLP du Dr Georges Habache, jugé plus radical, les jeunes contestataires du Fatah, dont la plupart n’ont jamais connu la Palestine, décident de créer une formation indépendante et de vivre dans la clandestinité la plus absolue. On ne connaît ni chef ni direction collégiale à la nouvelle organisation. Les soupçons du Mossad se portent très vite sur Abou Iyad et Abou Daoud, deux cofondateurs du Fatah. Ils accusent également Abou Hassan Salameh d’être derrière le mouvement terroriste. Mais pour ce qui concerne Salameh, les accusations du Mossad ne sont pas dénuées d’arrière-pensées, celui-ci étant très proche de Yasser Arafat. Les structures de « Septembre noir » sont floues et se limitent à quelques groupes de militants disséminés à travers les pays arabes et dans d’autres pays. Leur but est d’organiser des attentats spectaculaires contre des objectifs israéliens, civils ou militaires. Ils cherchent à porter atteinte à la sécurité de l’État hébreu et à démontrer sa vulnérabilité. Ils critiquent les actions « propres » des fedayins du Fatah qui se font tuer « pour l’honneur et le prestige » en franchissant la frontière israélienne.

    28 novembre 1971. Le premier ministre jordanien gravit les marches de l’hôtel Sheraton au Caire entouré de ses collaborateurs et de ses gardes du corps. Wasfi Tall est venu au Caire pour participer au Conseil de Défense de la Ligue arabe. Deux commandos de deux membres chacun sont à l’affut dans et autour de l’hôtel. Ils appartiennent à l’organisation « Septembre noir ». Les membres du premier commando s’approchent de Wasfi Tall et sortent leurs armes. Ils tirent, atteignant mortellement le Premier ministre jordanien. Ce sera le premier règlement de comptes de « Septembre noir ». Les terroristes voulaient venger les 10 000 fedayins tués au cours des combats de 1970 et 1971 en Jordanie. Un deuxième attentat prend pour cible Zeid Rifaï, un proche conseiller du roi Hussein. Celui-ci échappe miraculeusement à la mort.

    Il reste des centaines de détenus palestiniens dans les geôles jordaniennes. « Septembre noir » cherche les moyens d’obtenir leur libération. Les membres de cette organisation préparent un plan de grande envergure. Il ne s’agit ni plus ni moins que de capturer l’ambassadeur américain à Amman, ainsi que le plus grand nombre de ses collaborateurs. On n’aurait plus alors qu’à échanger l’ambassadeur contre les détenus palestiniens. On a confié un autre objectif à un second groupe en cas d’échec du premier commando. Il s’agit de capturer la présidence du Conseil jordanien et de prendre les membres du gouvernement en otage. Le commandement de l’ensemble de l’opération est confié à Abou Daoud. Abou Daoud avait dirigé les combats d’Amman en septembre 1970 et il s’y était distingué. L’opération sera un échec. Les services secrets jordaniens ont retourné un membre du groupe, un certain Moustapha qui résidait à Amman. Moustapha, qui affiche des opinions jusqu’au-boutistes, infiltre le FPLP de Georges Habache. Ce retournement permet aux services de sécurité jordaniens de capturer l’ensemble du commando. Abou Ihab, l’un des chefs de « Septembre noir », n’a plus qu’une idée en tête : capturer Moustapha. Il lui envoie un message dans lequel il indique son intention de monter une seconde opération pour obtenir la libération d’Abou Daoud. Il lui demande de venir le rencontrer dans une capitale arabe pour discuter du nouveau projet. Moustapha montre la lettre d’Abou Ihab au chef des services de renseignement jordaniens, El-Nazil Rachid, ainsi qu’au frère du roi, l’émir Hassan, responsable de la sécurité du royaume et Adnan Abou Audeh, ministre de l’information. Les responsables jordaniens ne s’imaginent pas que les Palestiniens ont déjà repéré Moustapha comme étant une taupe au sein de l’organisation. Ils lui ordonnent de se rendre au rendez-vous pour connaître le nouveau projet. Il est facile aux fedayins de « Septembre noir » de capturer Moustapha à son arrivée sur le lieu de rendez-vous. Moustapha sera « interrogé » pendant de longs mois avant d’être exécuté. Il livrera de précieux renseignements sur le nom des agents des services jordaniens au sein des organisations de la résistance palestinienne. Ceux-ci seront éliminés les uns après les autres.

    Mais Abou Daoud et son groupe sont toujours détenus dans les geôles jordaniennes. « Septembre noir » monte une nouvelle opération pour obtenir leur libération. Huit terroristes investissent le 1er mars 1972 l’ambassade d’Arabie saoudite à Khartoum, au Soudan. Une quarantaine de diplomates assistent à une réception. Ils en retiennent cinq en otage : les ambassadeurs d’Arabie saoudite et des États-Unis, les chargés d’affaires américain, belge et jordanien. Ils exigent en échange des otages la libération d’Abou Daoud et de son commando. Les otages n’ont pas été choisis au hasard. L’un des chargés d’affaires américains a été en poste à Amman en 1970 et il a une lourde responsabilité dans l’élimination de la résistance palestinienne en Jordanie. C’est son dernier jour à Khartoum. Il doit quitter le Soudan le 2 mars. La réception est donnée en son honneur. Le chargé d’affaires belge est connu pour ses sentiments pro-israéliens.

     

    Les négociations débutent entre les preneurs d’otages et les autorités jordaniennes, mais le roi Hussein refuse toute concession. Les terroristes exigent alors que les autorités soudanaises mettent un avion à leur disposition. Ils veulent se rendre à Washington avec leurs otages pour négocier avec les autorités américaines. Le président Nixon refuse et demande au président soudanais d’utiliser la force pour mettre un terme à la prise d’otages. L’assaut contre l’ambassade saoudienne est lancé dans la soirée du 2 mars. Les fedayins de « Septembre noir » mettent aussitôt leurs menaces à exécution et tuent trois otages : l’ambassadeur et le chargé d’affaires américains ainsi que le chargé d’affaires belge. Les preneurs d’otages se rendent le 4 mars aux autorités soudanaises après de laborieuses négociations. Le roi ratifiait la peine de mort contre Abou Daoud et les membres du commando quelques heures plus tard. Mais il dut céder sous la pression de plusieurs chefs d’État arabes dont les présidents Sadate et Boumediene ainsi que l’émir du Koweït. Le roi commuera les peines de mort en détention à vie, avant de gracier les condamnés en octobre 1973. Abou Daoud sera arrêté en 1977 à Paris. Les autorités françaises l’accusaient d’être le responsable du massacre des Jeux olympiques de Munich. Cette arrestation révélera les divergences qui régnaient à l’époque au sein des services spéciaux français, un état de fait qui avait déjà été mis en lumière par l’affaire Ben Barka. Il y avait en fait des agents et même des réseaux qui coopéraient avec certains pays arabes et d’autres qui travaillaient avec le Mossad, au risque de discréditer la politique moyen-orientale du président Giscard d’Estaing.

    Mais revenons à l’ambassade de Khartoum. La suite sera racontée par Henry Kissinger lui-même dans son livre Years of Upheaval. Kissinger avait remarqué que les terroristes palestiniens avaient cherché à rencontrer les autorités américaines. Cela n’était pas acceptable tant que des otages restaient aux mains des terroristes. Mais six semaines après l’attaque de l’ambassade d’Arabie saoudite, le 3 novembre 1973, une réunion secrète a lieu entre Vernon Walters, le vice-directeur de la CIA, et Yasser Arafat. Les deux hommes devaient conclure un pacte de non-agression entre les États-Unis et l’OLP. Devenu patron du Mossad, un an plus tard, Yitzhak Hofi découvre que la CIA rencontrait très régulièrement des représentants de l’OLP, et pas des moindres, puisqu’il s’agissait d’Abou Hassan Salameh. Ce dernier a été désigné par Yasser Arafat pour poursuivre le dialogue avec la CIA. Or, Salameh est considéré par les Israéliens comme l’un des instigateurs de la tuerie de Munich dont nous parlerons un peu plus loin. William Buckley, qui deviendra le responsable de la CIA au Liban et qui sera enlevé et tué par le Jihad islamique, déclarera à propos d’Abou Hassan Salameh : « Salameh a joué un grand rôle pour rallier les cœurs et les cerveaux américains à la cause de l’OLP. Il était charismatique, persuasif. Il savait quand il fallait parler et quand il valait mieux écouter. Sur le strict plan du renseignement, c’était un super-informateur1. »

    Le roi ordonne au GID, les services de renseignement jordaniens, de rendre coup pour coup. Une série d’attentats à l’explosif détruit plusieurs journaux de Beyrouth favorables à la résistance palestinienne. Les services secrets libanais comme ceux de l’OLP soupçonnent immédiatement les Jordaniens d’être à l’origine de ces actions. Ils arrêtent un terroriste qui confirme avoir été enrôlé par les services secrets jordaniens. Les hommes de la Sûreté générale libanaise lui demandent de maintenir ses relations avec les Jordaniens comme si de rien n’était. Un passeur devait remettre au terroriste arrêté par les Libanais une valise bourrée d’explosifs. Ils l’arrêtent au moment où celui-ci s’apprête à remettre la valise. Il s’agissait de l’assistant de l’attaché militaire jordanien à Beyrouth, le lieutenant Hisham Youssouf. Le lieutenant Youssouf, qui bénéficie de l’immunité diplomatique, est expulsé du Liban. L’expulsion du lieutenant Youssouf ne met pas un terme aux actions des services secrets jordaniens pour autant. Une charge explosive fait sauter un véhicule le 31 mars 1973. Les Jordaniens se sont en fait trompés de cible. La voiture était de la même marque et de la même couleur que celle de Ziad el-Hilou. El-Hilou faisait partie du commando de quatre hommes qui avaient assassiné le Premier ministre jordanien, Wasfi Tall, en novembre 1971. Les services secrets libanais arrêtent, peu de temps après, un Jordanien, Ali Hussein el-Taher. Ils l’accusent d’avoir transmis à un pays étranger des informations sensibles sur les organisations terroristes implantées au Liban.

  • Frontlive-Chrono du mercredi 13 mai 2020

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    Irak : Nouvelle opération de sécurité contre l’Etat islamique, au sud-ouest de Kirkouk

    La Cellule des médias de sécurité du « Joint Operations Command » en Irak a déclaré qu’aujourd’hui, mercredi 13 mai, les forces militaires et de sécurité ont lancé une opération de sécurité pour traquer les membres de l’Etat islamique dans les zones du gouvernorat de Kirkouk (250 km au nord de Bagdad). Une déclaration de la Cellule…Abonnés


    Niger : Au moins 75 « terroristes de Boko Haram » ont été tués au cours de deux opérations

    Le Niger a affirmé mercredi qu’au moins 75 « terroristes de Boko Haram » ont été tués lundi 11 mai au cours de deux opérations militaires dans le sud-est du pays et en territoire nigérian, un bilan qui n’a pas pu être vérifié de source indépendante. Un « groupe » de 25 « terroristes » a été tué au sud de…Abonnés


    Cisjordanie : Un adolescent palestinien tué par l’armée israélienne

    Un adolescent palestinien a été tué mercredi 13 mai par l’armée israélienne dans des heurts dans le sud de la Cisjordanie, a indiqué le ministère palestinien de la Santé, peu de temps après l’arrivée en Israël du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo pour une visite éclair. Zaïd Qaysia, 15 ans, a été tué par un…Abonnés

  • June 5, 1967 – the six-day war was won by Mossad and Aman (military intelligence)

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    (Excerpt from “Enfer des Espions” – New world 2010 edition – Jean René Belliard)
    A historical reminder to think about
    …Yuri Andropov, the new boss of the KGB is a strong and ambitious man. He took over the management of the agency in 1967. Andropov was an ambassador for the USSR. in Hungary at the time of the Budapest uprising against the communist regime. It is haunted by the idea that any communist regime could collapse like a house of cards. The secret police must therefore be constantly on the lookout for the grain. Andropov will lead the KGB. with an iron hand.
    The Soviets have a vested interest in putting fuel on the fire in the Middle East. They believe that a conflict between Israel and the Arab states can only inflame the hatred of Jews among Arabs and consequently the hatred of those who support the Hebrew state: the United States and Western countries. They are increasing arms deliveries to Arab countries. They also put their intelligence networks at the service of their allies. Thus the Soviet government informed the Egyptian and Syrian governments that an Israeli attack could take place on 17 May 1967.
    It is believed that this information was far-reaching and led both parties to war.
    On May 15, the Israeli national holiday, the Tel Aviv government decides to organize a military parade in the Jewish area of Jerusalem. This military parade is for the Arabs only the camouflage of an offensive device. On 17 May, Egyptian and Syrian troops went on full alert. On the 18th, the Egyptian government demands the withdrawal of the United Nations Emergency Force (U.N.E.F.) from Gaza and Sinai. Mr. Thant, Secretary-General of the United Nations, was forced to follow Egypt’s request on 19 May.
    On May 22, President Nasser announced the mining of the Strait of Tiran, the closure of the Gulf of Aqaba to Israeli ships, as well as to foreign ships carrying strategic equipment to Israel. At the same time, 6 Egyptian divisions were heading towards the Israeli border.
    On 31 May, King Hussein signed a mutual defence agreement with President Nasser between their two countries.
    For the Israeli government, each of these events constitutes a casus belli. The Tel Aviv government is asking the United States to honour the commitments made by Eisenhower in 1957, which guarantee free access for ships bound for Eilat. But the Johnson administration is bogged down in the Vietnam conflict and can send nothing but an international fleet to clear the Tiran Strait.
    Israeli spies contributed to the victory
    On 5 June 1967, at dawn, the Israeli army attacked. Tsahal, the Israeli army, wins the victory in less than three hours. His air force destroyed most of Egypt’s air forces on the ground. The action was facilitated by the fact that “there was at least one Katsa or Mossad informant in all Egyptian air bases and headquarters. There were no less than three at the High Command Headquarters in Cairo – three staff officers returned.” (Secret History of Mossad” – Gordon Thomas – Editions Nouveau Monde. Page 64)
    Israeli secret agents had discovered that between “7:30 a.m. and 8 a.m., the radar surveillance units reached their maximum vulnerability level.” (idem – page 65) As for the pilots, most did not show up at the hangars until around 8 a.m.”. At that time, the ground teams had already started to take the aircraft out of the hangars to refuel and arm them. For about 15 minutes, the tarmac was crowded with tankers and ammunition vehicles.” (idem – page 66)
    Israeli aircraft strike at 0801 hours. In a few minutes the Israeli jets ensured total control of the air. Arab armies without air cover will suffer the biggest defeat in their history.
    A defeat with far-reaching consequences for the Arabs
    In six days, Egyptians, Syrians and Jordanians lost more than 30,000 men, 430 aircraft, 500 pieces of artillery, 800 tanks, 10,000 trucks and other transport vehicles, a submarine, several other naval units, as well as a Sol-Air SA2 missile base, found abandoned in the Sinai desert. Material losses will amount to approximately EUR 1.5 billion. On the Israeli side, 676 people were reported dead, 40 planes and 100 tanks destroyed.
    The disaster is tragic for the Arab populations. Not only are hundreds of thousands of Palestinian refugees seeing the hope of seeing the houses from which they were driven in 1948 disappearing, but their ranks are still being swelled by 208,000 “displaced”. 115,000 people, already refugees, have returned to the exodus. The number of Palestinian refugees, scattered throughout the various Arab countries, now reaches 1,300,000 people. 1,061,400 Arabs have just come under Israeli control: 600,000 in the West Bank, 66,000 in the old city of Jerusalem, 356,000 in Gaza, 33,000 in the Sinai desert and 6400, mostly Druze, in the Golan.
    A democratic problem for Israel
    The Israelis have won such a crushing victory that it becomes impossible for them to understand the urgency of making peace with the Arabs. They prefer to cling to their territorial conquests. And not just any of them: they conquered most of the land of Israel which was the objective of the Zionist movement: they now control the old city of Jerusalem, Jericho, Hebron, Nablus and all those cities of the West Bank which are at the heart of the biblical land.
    It is clear that the Israelis will not give up their conquests any time soon. As proof, the answer of Moshe Dayan, the Minister of Defence of the Israeli government to a question on a possible peace negotiation with King Hussein of Jordan: If he wants to speak, “he knows my telephone number”, implied, it is certainly not we who will actively seek to make peace!
    But by clinging to all its conquests, Israel will find itself faced with a dilemma: How to remain a democratic state? As a result of his military victory, one million Palestinians, with a fertility rate higher than the Jews, came to swell the population of the Hebrew state. If Israel wants to remain a Jewish state, it can only do so by oppressing the legitimate aspirations of these Palestinians. There are three possible alternatives for Israel:
    to be a Jewish state living in the whole land of Israel, but not democratic,
    or
    a democratic state throughout the land of Israel, but not Jewish,
    or even
    a Jewish and democratic state but not in the whole land of Israel.
    There is something else: the Palestinian identity. Until 6 June 1967, there was no Palestinian people as such. There was the Palestinian refugee problem in a number of Arab countries. There were West Jordanian subjects of King Hussein of Jordan and there were inhabitants of Gaza Egyptian subjects. The inhabitants of the West Bank and Gaza did not feel Palestinian but Jordanian or Egyptian. The conquest of the territories of the West Bank and Gaza will at the same time create a Palestinian problem within the very limits of the great Israel that the Israelis dream of creating.

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    Jean René Belliard
    Groupe Ptolémée : +33757910350 
  • 5 Juin 1967 – la guerre des six jours a été gagnée par le Mossad et Aman (renseignements militaires)

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    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais)

    (Extrait de « Enfer des Espions » – Nouveau monde édition 2010 – Jean René Belliard)

    Un rappel historique à méditer
    …Youri Andropov, le nouveau patron du KGB est un homme à poigne et ambitieux. Il a pris la direction de l’agence en 1967. Andropov a été ambassadeur de l’U.R.S.S. en Hongrie au moment du soulèvement de Budapest contre le régime communiste. Il est hanté par l’idée qu’un régime communiste, quel qu’il soit,  puisse s’écrouler comme un château de cartes. Il faut donc que la police secrète veille au grain en permanence. Andropov dirigera le K.G.B. d’une main de fer.
    Les Soviétiques ont tout intérêt à mettre de l’huile sur le feu au Proche-Orient. Ils pensent qu’un conflit entre Israël et les Etats arabes ne pourra qu’enflammer la haine des Juifs parmi les Arabes et en conséquence la haine de ceux qui soutiennent l’Etat hébreu : les Etats-Unis et les pays occidentaux.  Ils multiplient les livraisons d’armes aux pays arabes. Ils mettent également leurs réseaux de renseignement au service de leurs alliés. C’est ainsi que le gouvernement soviétique informera les gouvernements égyptiens et syriens qu’une attaque israélienne pourrait avoir lieu le 17 mai 1967.
    On pense que cette information a été lourde de conséquences et a conduit les deux partis sur la voie de la guerre.
    Le 15 mai, jour de la fête nationale israélienne, le gouvernement de Tel Aviv, décide d’organiser une parade militaire dans la zone juive de Jérusalem. Cette parade militaire n’est pour les Arabes que le camouflage d’un dispositif offensif. Le 17 mai, les troupes égyptiennes et syriennes se mettent en état d’alerte maximale. Le 18, le gouvernement égyptien exige le retrait de la force d’urgence des Nations Unies (F.U.N.U.) de Gaza et du Sinaï. Mr. Thant, secrétaire général des Nations Unies, est contraint de faire suite à la demande égyptienne le 19 mai.
    Le président Nasser annonce, le 22 mai, le minage du détroit de Tiran, la fermeture du golfe d’Aqaba aux navires israéliens, ainsi qu’aux navires étrangers qui transportent du matériel stratégique vers Israël. Au même moment, 6 divisions égyptiennes se dirigent vers la frontière israélienne.
    Le 31 mai, le roi Hussein signe avec le président Nasser un accord de défense mutuelle entre leurs deux pays.
    Pour le gouvernement israélien, chacun de ces évènements constitue un casus belli. Le gouvernement de Tel Aviv demande aux Etats-Unis d’honorer les engagements pris en 1957 par Eisenhower et qui garantissent un libre accès des navires à destination d’Eilat. Mais l’administration Johnson est embourbée dans le conflit vietnamien et ne peut envoyer rien d’autre qu’une flottille internationale pour déminer le détroit de Tiran.
    Les espions israéliens ont contribué à la victoire
    Le 5 juin 1967, à l’aube, l’armée Israélienne passe à l’attaque. Tsahal, l’armée israélienne, remporte la victoire en moins de trois heures. Son aviation détruit au sol la plus grande partie des forces aériennes égyptiennes. L’action a été facilitée par le fait « qu’il se trouvait au moins un Katsa ou un informateur du Mossad dans toutes les bases aériennes et dans tous les quartiers généraux égyptiens. On n’en comptait pas moins de trois au QG du haut commandement au Caire – trois officiers d’État-major retournés.»  (Histoire secrète du Mossad » – Gordon Thomas – Editions Nouveau Monde. Page 64)
    Les agents secrets israéliens avaient découvert qu’entre « 7H30 et 8H du matin, les unités de surveillance radar atteignaient leur niveau de vulnérabilité maximale.» (idem – page 65) Quant aux pilotes, la plupart ne se présentaient aux hangars que vers les 8 heures du matin. « A ce moment-là, les équipes au sol avaient déjà entrepris de sortir les appareils des hangars pour les ravitailler et les armer. Pendant un quart d’heure environ, le tarmac était encombré de camions-citernes et de véhicules transporteurs de munitions. » (idem – page 66)
    Les avions israéliens frappent à 8 heures 01. En quelques minutes les jets israéliens se sont assurés la maîtrise totale de l’air. Les armées arabes privées de couverture aérienne vont subir la défaite la plus cuisante de leur histoire.
    Une défaite lourde de conséquences à long terme pour les Arabes
    En six jours, Égyptiens, Syriens et Jordaniens perdent plus de 30 000 hommes, 430 avions, 500 pièces d’artillerie, 800 chars, 10 000 camions et autres véhicules de transport, un sous-marin, plusieurs autres unités navales, ainsi qu’une base de missiles Sol-Air SA2, trouvée abandonnée dans le désert du Sinaï. Les pertes en matériel représenteront un montant d’environ 1,5 milliards d’euros. Du côté israélien, on annonce  676 morts, 40 avions et 100 chars détruits.
    Le désastre est tragique pour les populations arabes. Non seulement, des centaines de milliers de réfugiés palestiniens voient s’éloigner l’espoir de revoir les maisons dont ils avaient été chassés en 1948, mais leurs rangs se trouvent encore grossis de 208 000 autres « déplacés ». 115 000 personnes, déjà réfugiées, ont repris le chemin de l’exode. Le nombre de réfugiés palestiniens, disséminés dans les différents pays arabes, atteint  désormais 1 300 000 personnes. 1 061 400 Arabes viennent de passer sous contrôle israélien : 600 000 en Cisjordanie, 66 000 dans la vieille ville de Jérusalem, 356 000 à Gaza, 33 000 dans le désert du Sinaï et 6400, en majorité des Druzes,  dans le Golan.
    Un problème démocratique pour Israël
    Les Israéliens ont remporté une victoire si écrasante qu’il leur devient impossible de comprendre l’urgence de faire la paix avec les Arabes. Ils préfèrent s’accrocher à leurs conquêtes territoriales. Et pas n’importe lesquelles : ils ont conquis la plus grande partie de la terre d’Israël qui était l’objectif du mouvement sioniste : ils contrôlent maintenant la vieille ville de Jérusalem, Jéricho, Hébron, Naplouse et toutes ces villes de Cisjordanie qui sont au cœur de la terre biblique.
    Il est clair que les Israéliens ne vont pas renoncer de si tôt à leurs conquêtes. Pour preuve,  la réponse de Moshe Dayan, le ministre de la Défense du gouvernement israélien à une question sur une possible négociation de paix avec le roi Hussein de Jordanie : S’il veut parler, « il connaît mon numéro de téléphone », sous-entendu, ce n’est sûrement pas nous qui allons rechercher activement à faire la paix !
    Mais en s’accrochant à l’ensemble de ses conquêtes, Israël va se trouver devant un dilemme : Comment faire pour rester un Etat démocratique ? Conséquence de sa victoire militaire : un million de Palestiniens, avec un taux de fertilité supérieur aux Juifs, est venu grossir la population de l’Etat hébreu. Si Israël veut rester un Etat juif, il ne pourra le faire qu’en opprimant les aspirations légitimes de ces Palestiniens. Il y a trois alternatives possibles pour Israël :
    – être Etat juif vivant sur l’ensemble de la terre d’Israël, mais non démocratique,
    ou
    – un Etat démocratique sur l’ensemble de la terre d’Israël, mais non juif,
    ou bien encore
    – un Etat juif et démocratique mais pas sur l’ensemble de la terre d’Israël.
    Il y a autre chose : l’identité palestinienne. Il n’y avait pas, jusqu’au 6 juin 1967, de peuple palestinien à proprement parler. Il y avait le problème des réfugiés palestiniens dans un certain nombre de pays arabes. Il y avait des Cis-jordaniens sujets du roi Hussein de Jordanie et il y avait des habitants de Gaza sujets égyptiens. Les habitants de Cisjordanie et de Gaza ne se sentaient pas palestiniens mais jordaniens ou égyptiens. La conquête des territoires de Cisjordanie et Gaza va créer du même coup un problème palestinien à l’intérieur même des limites du grand Israël que les Israéliens rêvent de créer.

     

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    Jean René Belliard
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