PAKISTAN

  • Pakistan : tentative avortée d'attentat suicide contre les services anti-terroristes à Lahore

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    Les forces de sécurité pakistanaises ont tué un kamikaze avant qu'il ne puisse faire exploser sa veste suicide. Selon des sources de sécurité locales, la cible était le bureau des services de l'anti-terrorisme (CTD) sur Burki Road, à Lahore.

    L'agresseur avait tenté d'entrer dans les locaux de la direction anti-terroriste et ouvert le feu sur les membres du personnel de sécurité au moment où ceux-ci tentaient de l'interpeller. L'agresseur a été tué au cours de l'échange de tirs.

    La police affirme avoir retrouvé une veste suicide et deux grenades à main en possession du terroriste. Léquipe de déminage (BDS) a désarmé la veste suicide et le corps de l'agresseur évacué.

    Un porte-parole de la BDS a déclaré que les terroristes n'avaient pas encore été identifiés et que l'affaire faisait l'objet d'une enquête. "Le réseau sera bientôt retrouvé".

    Depuis, la sécurité des bâtiments, bureaux et lieux publics importants a été renforcée et des membres du service d'ordre fouillent les personnes suspectes, les véhicules aux vitres teintées, les plaques d'immatriculation vertes illégales et les véhicules aux phares bleus.

  • Pakistan : Décès du fondateur du parti islamiste radical Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP)

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    Le fondateur d'un puissant parti islamiste pakistanais, dont le message pourrait avoir influencé l'auteur de l'attaque contre les anciens locaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris en septembre, est décédé jeudi 19 novembre, a-t-on appris de source officielle.

    Khadim Hussain Rizvi (photo), 54 ans, le fondateur en 2015 et dirigeant du parti Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP), un mouvement islamiste extrémiste, est décédé dans un hôpital de Lahore (est), après avoir "souffert de fièvre", a annoncé à l'AFP un porte-parole du TLP, Pir Ijaz Ashrafi. Les causes de la mort de ce religieux radical, dont les obsèques auront lieu samedi à Lahore, n'ont pas été dévoilées. Zaheer Hassan Mahmoud, le ressortissant pakistanais accusé d'avoir grièvement blessé au hachoir deux personnes dans les anciens locaux de Charlie Hebdo, "regardait abondamment" ces derniers temps les vidéos du TLP, selon la justice française.

    En début de semaine, le TLP, dont la lutte contre le blasphème est la principale arme politique, avait mobilisé plusieurs milliers de personnes aux portes d'Islamabad pour protester contre les déclarations du président français, Emmanuel Macron, défendant le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression. Le TLP avait aussi participé en septembre à des manifestations réunissant des milliers de personnes dans plusieurs villes du Pakistan contre Charlie Hebdo et la France, après la republication des caricatures du prophète Mahomet.

    Le ministre pakistanais des Affaires religieuses, Noor-ul-Haq Qadri, a déploré dans un communiqué la mort d'un "grand dignitaire religieux", et le Premier ministre Imran Khan a présenté ses condoléances à sa famille sur Twitter. Charismatique et capable d'attirer de larges foules, Rizvi, paralysé depuis un accident de voiture en 2009, était très connu au Pakistan et en particulier au Pendjab, la province la plus peuplée.

    Le TLP a démarré comme un mouvement demandant la libération de Mumtaz Qadri. Ce garde du corps avait assassiné en 2011 l'homme qu'il était censé protéger, le gouverneur du Pendjab Salman Taseer, parce que celui-ci avait appelé à réformer la loi très controversée sur le blasphème. Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

    Le TLP avait été à la manoeuvre derrière les manifestations violentes dans tout le Pakistan après l'acquittement fin octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour des accusations de blasphème qu'elle a toujours niées. Un an auparavant, des manifestations anti-blasphème à l'appel du TLP avaient paralysé Islamabad pendant plusieurs semaines. Les manifestants ne s'étaient dispersés, après de violents affrontements, qu'à la suite de la signature d'un accord controversé avec l'armée.

  • Pakistan : Les forces de sécurité abattent le N°2 de l '"Armée de la justice" (Jeich al-Adel)

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    La télévision iranienne, citant des médias pakistanais, a déclaré aujourd'hui, mercredi, que les gardes-frontières pakistanais avaient tué le N°2 de l'organisation «Armée de la justice».

    La télévision a ajouté qu'Omar Shahoozhi, surnommé "Mullah Omar" avait été tué avec ses deux fils, lors d'une opération de sécurité dans la zone "Turbat" de la ville frontalière de "Mahawarah" à la frontière de l'Iran, dans l'état occidental du Baloutchistan, dans l'ouest du Pakistan.

    Les forces pakistanaises a encerclé la zone et mené une opération de ratissage à la recherche d'autres membres de l'organisation.

    L'Iran et les États-Unis placent l'organisation «Army of Justice» sur la liste des groupes terroristes.

    L'Iran a tenu l'organisation responsable d'un certain nombre d'attaques terroristes, y compris le bombardement d'un bus transportant des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne (CGRI), en mars 2019, tuant 27 membres et en blessant 13 autres. L'organisation a également capturé les familles de cinq gardes-frontières en 2013 et 12 autres en 2018 pour les amener sur le territoire pakistanais. L'organisation est également responsable de l'attaque d'un hélicoptère dans la ville de Sarawan, et de l'attaque d'un poste des gardiens de la révolution dans la ville de Nik Shahr dans la région du Sistan et du Baloutchistan dans le sud-est de l'Iran.

    L'Iran avait arrêté Abdul-Malik Rigi, fondateur du groupe d'opposition armé «Soldats de Dieu», en 2010, qui a ensuite changé son nom pour prendre celui de «Armée de la justice». Rigi a été exécuté depuis.

    L'opération pakistanaise au cours de laquelle Omar Shahuzhi, le N°2 du groupe «Armée de la justice» a été tué, intervient une semaine après la visite du ministre iranien des Affaires étrangères Muhammad Javad Zarif au Pakistan, au cours de laquelle il a rencontré le Premier ministre pakistanais Imran Khan, son ministre des Affaires étrangères Mahmoud Shah Qureshi et le commandant de l'armée pakistanaise, le général Qamar Javed.

    Lien permanent Catégories : IRAN, Jeich al-Adl, PAKISTAN 0 commentaire
  • Pakistan : Fin des manifestations contre la France

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    Le parti islamiste pakistanais Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP) a mis fin mardi à 48 heures de manifestations contre la France qui avaient mené au blocage partiel d'Islamabad, après avoir obtenu la libération de militants arrêtés dans des affrontements avec la police. Quelque 5.000 manifestants s'étaient rassemblés dimanche à Rawalpindi, ville-garnison accolée à la capitale. Les autorités avaient mis en place un barrage routier pour les empêcher d'accéder à Islamabad, et interrompu les services de téléphonie mobile pour empêcher la coordination entre les organisateurs.

    Lundi et dans la nuit de mardi, quelques centaines de manifestants étaient restés aux abords du barrage. Mais le parti islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), qui avait appelé à la manifestation, a annoncé qu'il y mettait fin après des discussions dans la nuit avec le gouvernement. "Il a été demandé aux travailleurs de quitter l'endroit et de se disperser dans le calme", a déclaré Pir Ijaz Ashrafi, un porte-parole du TLP.

    Ce parti, déjà à l'origine de violentes manifestations en novembre 2018 contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, a affirmé que les autorités avaient accepté sa demande d'expulser l'ambassadeur de France et d'imposer un boycott officiel des produits français.

    Mais un haut responsable gouvernemental, sous couvert d'anonymat, a indiqué à l'AFP que le Pakistan n'avait "aucune intention de rompre ses relations diplomatiques avec quelque pays que ce soit". Il a ajouté que la situation avait été gérée "comme il se devait" pour obtenir le départ des manifestants. Le gouvernement a annoncé, dans un communiqué, la libération de tous les manifestants arrêtés ces trois derniers jours.

    Le Pakistan a connu ces dernières semaines plusieurs petites manifestations contre la France après des déclarations du président français, Emmanuel Macron, défendant le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression, dans la foulée d'un attentat islamiste le 16 octobre en France contre l'enseignant Samuel Paty, décapité pour avoir montré en cours d'éducation civique des caricatures du prophète Mahomet.

    Des manifestants ont également protesté contre ces propos dans d'autres pays majoritairement musulmans comme le Bangladesh. Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, a accusé Emmanuel Macron d'"attaquer l'islam". L'ambassadeur de France au Pakistan a été convoqué, le gouvernement pakistanais dénonçant la "campagne islamophobe systématique sous couvert de la liberté d'expression" du président français.

    L'islam dans son interprétation stricte interdit toute représentation de Mahomet. Le blasphème est une question incendiaire au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

  • Pakistan : Violentes manifestations anti-françaises à Islamabad

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    Lundi 16 novembre, les autorités pakistanaises ont fermé une route principale vers la capitale, Islamabad, pour le deuxième jour consécutif, en raison de violentes manifestations anti-françaises organisées par un parti islamiste. Les manifestants réclament l'expulsion de l'ambassadeur français et la rupture des relations diplomatiques avec le France.

    Le rassemblement s'est poursuivi dans la ville voisine de Rawalpindi. Environ cinq mille personnes ont fait face de dimanche à un millier de membres des forces de l'ordre qui avaient dressé un barrage routier pour empêcher les manifestants d'entrer dans la capitale.

    Cela a provoqué des retards importants pour les passagers empruntant des itinéraires alternatifs pour entrer dans la ville.

    Les services de téléphonie mobile ont été remis en route lundi après-midi, après avoir été suspendus pendant plus de 24 heures pour empêcher les organisateurs du rassemblement de se coordonner.

    Le Pakistan a connu de petites manifestations sporadiques au cours des dernières semaines en réponse aux récentes déclarations du président français Emmanuel Macron sur l'islam radical.

    La crise a éclaté après que Macron ait réitéré son engagement à protéger les principes de liberté, au nom desquels les caricatures du prophète Mahomet, pouvaient être publiés. Le président français a réitéré cet engagement lors d'une cérémonie en l'honneur du professeur Samuel Patty, décapité le 16 octobre par un militant islamiste tchétchène parce qu'il avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves lors d'un cours sur la liberté d'expression.

    Le président Macron a déclaré que le professeur, Patty, "a été tué parce que les islamistes veulent prendre possession de notre avenir et savent qu'ils n'obtiendront pas ce qu'ils veulent en présence de héros sûrs d'eux comme lui".

    Les déclarations de Macron ont déclenché une vague de protestations dans un certain nombre de pays islamiques et une campagne de boycott des produits français a été lancée au Qatar, au Koweït et dans d'autres pays du Golfe.

    Le Pakistan a déposé une plainte contre la France, l'accusant de mener "une campagne systématique contre l'islam" .

    Le Premier ministre Imran Khan a accusé le président français d'attaquer la foi islamique et a exhorté les pays musulmans à travailler ensemble pour faire face à ce qu'il a appelé la répression croissante en Europe contre les musulmans.

    Le blasphème est une question très sensible au Pakistan, où toute personne accusée, d'insulter l'islam ou des personnalités islamiques pourrait être condamnée à mort.

    Les groupes de défense des droits de l'homme ont exhorté le pays à réformer sa législation sur le blasphème car elle est souvent utilisée pour régler des comptes personnels.

    Les rassemblements de dimanche ont été organisés par l'islamiste radicalisé Khadim Hussain Razavi, leader du groupe islamiste «Tehreek-e-Labaik Pakistan», qui a déjà auparavant organisé des manifestations massives et parfois violentes contre les personnes accusées d'insulter l'islam.

    Le groupe s'était soulevé dans la plupart des régions du Pakistan en 2018, paralysant le pays et organisant des émeutes après que la Cour suprême ait acquitté Asia Bibi, une chrétienne accusée de blasphème

    Vidéo des manifestations :
    Deuxième jour - Lundi 16 novembre

  • Pakistan : Le retour de Syrie des combattants de la brigade chiite Zainabiyoun - un risque sécuritaire

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    L'Iran a profité des guerres en Irak, en Syrie et au Yémen pour accroître son influence dans ces pays à forte population chiite. Les Iraniens ont joué un rôle prédominant dans l'évolution des conflits en Irak, en Syrie et au Yémen, notamment en envoyant de nombreux mercenaires chiites.

    L'Iran s'est directement impliqué dans la guerre civile syrienne à un moment où les forces fidèles à Bachar al-Assad étaient en train de s'effondrer. Il est d'abord intervenu sous prétexte de protéger des sites considérés comme sacrés dans le chiisme. Mais, après avoir subi de lourdes pertes et face aux critiques acerbes de nombreux pays arabes , Téhéran est plutôt intervenu par le biais de nombreux groupes de mercenaires chiites organisés et armés par le Corps des gardiens de la révolution iranienne (CGRI) et les forces spéciales al-Qods.

    Ces groupes comprennent la Brigade Fatemiyoun, réputée pour avoir un grand nombre de combattants recrutés parmi les chiites afghans, et la Brigade Zainabiyoun, désignée comme force de frappe, dont l'effectif est estimé entre deux et cinq mille membres de la communauté chiite pakistanaise.

    Les Gardiens de la révolution ont invité le Hezbollah libanais pour la première fois en Syrie en 2012. Plus tard, une quinzaine de groupes, dont des chiites afghans et pakistanais, ont été armés et envoyés sur le champ de bataille. Ces groupes ont eu un fort impact sur l'évolution de la guerre civile syrienne et la survie du régime d'Assad.

    Depuis quelque temps, le besoin de ces groupes armés diminue progressivement, le véritable problème étant maintenant de savoir quel sera leur avenir. L'un de ces groupes de mercenaires recrutés organisés par les Gardiens de la révolution iraniens, la Brigade Zainabiyoun, est particulièrement préoccupant à cet égard, car les membres de ce groupe armé, avec une grande expérience de combat, sont susceptibles de constituer une menace pour la sécurité nationale du Pakistan dans l'avenir.

    Pakistan et problèmes sectaires
    Le conflit chiite-sunnite au Pakistan prend un tour dangereux, chaque année, au mois de Muharram [le premier mois du calendrier lunaire islamique qui commémore le massacre de Karbala en l'an 680. Cette flambée est généralement le résultat soit d'attaques dans des zones à forte population chiite, soit de commentaires provocateurs ou de déclarations faites par des religieux chiites.

    Lors du dernier Muharram, un religieux chiite utilisant un langage provocateur et insultant dans une émission télévisée sur les trois premiers califes du prophète Mahomet (les trois qui ont précédé Ali, le premier imam chiite) a une fois de plus fait monter la tension au Pakistan. Une série de bagarres entre groupes chiites et sunnites du pays a accompagné la diffusion de séquences vidéo et de commentaires religieux provocateurs sur les réseaux sociaux.

    Quand on observe le grand nombre de précédents dans le passé, cette friction constante entre chiites et sunnites soulève la question de savoir si un conflit sectaire pourrait survenir au Pakistan, un conflit suffisamment grand pour mettre en danger sa sécurité intérieure et déclencher l'instabilité dans le pays. Ce fanatisme religieux et ces incidents sectaires au Pakistan remontent à la Révolution iranienne de 1979. Juste après la révolution, les chiites de la ville pakistanaise de Bakkar ont créé un mouvement pour mettre en œuvre l'interprétation chiite de la loi islamique.

    Le chef de ce mouvement était Arif Hussain al-Hussaini, un étudiant du leader de la révolution iranienne, l'ayatollah Khomeiny. Soutenu par l'Iran. Al-Hussaini a tenté de créer une sphère d'influence en capitalisant sur les réseaux auxquels il était affilié au Pakistan ainsi que sur les circonstances favorables et l'atmosphère idéologique générale engendrée par la révolution iranienne.

    Dans les madrasah pakistanaises, al-Hussaini diffusait une propagande en faveur de la révolution iranienne et incitait leurs jeunes à se rendre en Iran pour recevoir toutes sortes d’éducation. Al-Hussaini essayait également de diriger les efforts pour importer l'idéologie révolutionnaire de l'Iran au Pakistan. Ses efforts ont pris une dimension différente avec la création de la Brigade Zainabiyoun.

    Les années de propagande menée par le réseau al-Hussaini ont porté leurs fruits, et l'Iran a commencé à recruter très facilement des militants pakistanais pour la brigade Zainabiyoun, qui a été utilisée par l'Iran dans la guerre civile syrienne.

    La montée en puissance des organisations chiites pakistanaises n'est pas surprenante. Dans un pays où environ 80 à 85% des Pakistanais sont sunnites, qui adhèrent à diverses écoles de pensée islamiques sunnites (Deobandis, Barelvis, Soufis et Salafis / Wahhabites), les organisations chiites soutenues par l'Iran exercent une influence significative.

    Le Pakistan a été le théâtre de violences sectaires entre sunnites et chiites; Depuis 1986, date à laquelle les premiers incidents entre les deux communautés se sont produits, on a enregistré près de trois mille attaques sectaires depuis cette date. Elles ont coûté la vie à environ 10 000 personnes.

    La Brigade Zainabiyoun
    La brigade Zainabiyoun, qui a subi de nombreuses pertes dans les attaques de drones armés menées par les forces turques dans la province syrienne d'Edleb, est composée de chiites pakistanais. Elle est basée principalement autour d'Alep et de Damas. .

    La Brigade Zainabiyoun a été créée en 2014 à la suite d'une attaque de missiles par les milices salafistes sur le sanctuaire chiite de Sayyida Zaynab à Damas en 2012. Téhéran affirme que les miliciens chiites pakistanais ont été envoyés en Syrie pour protéger le sanctuaire de Sayyida Zaynab contre les attaques des rebelles sunnites syriens.

    Le groupe, qui tire son nom de Zaynab, la fille du cousin du prophète Mahomet et gendre Ali. Les membres de ce groupe sont beaucoup plus éduqués que les autres organisations soutenues par l'Iran. La majorité d'entre eux sont des étudiants pakistanais venus en Iran pour poursuivre leurs études ou des «pèlerins» venus accomplir des rituels chiites.

    L'Université internationale Al-Mustafa, située dans la ville de Qom en Iran, est l'un des centres de recrutement les plus importants où de nombreux étudiants pakistanais rejoignent les rangs de la brigade Zainabiyoun.

    Bien qu'on estime les effectifs du groupe entre deux et cinq mille militants, les responsables des services de renseignement pakistanais affirment que le nombre réel de combattants pakistanais pourrait être beaucoup plus élevé. La majorité des membres de la brigade Zainabiyoun viennent du Parachinar à dominance chiite dans le district de Kurram de la zone tribale sous administration fédérale (FATA), où le contrôle du gouvernement pakistanais est faible. Les recruteurs des combattants pakistanais en Syrie sont les Gardiens de la révolution islamique d'Iran (CGRI) et la Force al-Qods qui soutiennent le régime syrien.

    Les principaux outils de l'Iran: pauvreté et idéologie
    Au regard des études, la pauvreté et les motivations idéologiques semblent être les principales raisons pour les Pakistanais de s'engager dans la brigade Zainabiyoun . L'Iran fait miroiter des emplois et des revenus à la population chiite pakistanaise pauvre qui s'est réfugiée dans ce pays, il utilise également la foi en tant qu'outil d'exploitation sectaire-idéologique.

    La propagande chiite faite par l'Iran pour recruter des combattants dans la brigade Zaynabiyyoun a des répercussions au Pakistan. En mettant l'accent sur les sanctuaires chiites ciblés et désacralisés par l'Etat islamique, en particulier dans la guerre civile syrienne, l'Iran suscite également la haine contre les groupes sunnites combattant aux côtés de l'opposition en Syrie et persuade les Chiites de prendre les armes au nom de la protection de leur communauté

    Les jeunes chiites sont généralement plus sensibles à l'idéologie chiite, ce qui facilite l'activité des propagandistes de Téhéran pour recruter des volontaires pour les milices chiites. La promesse que ceux qui meurent pendant la guerre seront considérés comme des martyrs et enterrés dans la ville sainte iranienne de Qom est également utilisée comme un outil idéologique.

    Un autre atout de l’Iran est sa capacité à transformer la pauvreté en opportunité. Les pauvres parmi les chiites qui se sont réfugiés en Iran se voient offrir la citoyenneté, des emplois et un revenu stable pour eux-mêmes et leurs familles, et se sentent donc obligés d'accepter de se battre aux conditions qu'impose l'Iran. Sinon, ils risquent la déportation vers le Pakistan. Les combattants pakistanais se voient offrir un salaire mensuel moyen d'environ 120 000 roupies (700 à 750 dollars) en échange de leur engagement dans la milice Zaynabiyyoun. Ils se voient même promettre des vacances de 15 jours après trois mois.

    Toutes sortes de formations et tous les besoins essentiels sont organisés et satisfaits par la Force al-Qods, uité d'élite des Gardiens de la Révolution.

    Conséquences de la création de la brigade Zainabiyoun, des attaques anti-chiites ont commencé à se produire au Pakistan. A la fin de 2015, plus de 20 personnes ont perdu la vie et d'autres blessées par une explosion qui a eu lieu dans le centre de Parachinar, où la communauté chiite du district de Kurram de la zone tribale sous administration fédérale constitue la majorité.

    Lashkar-e-Jhangvi, un groupe anti-chiite violent, a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Ali Abu Sufyan, le porte-parole du groupe, a déclaré que le but de l'attaque était «de se venger des crimes commis par l'Iran et Assad contre les musulmans syriens» et a ajouté qu'il avait averti le peuple de Parachinar d'arrêter d'aller en Iran pour rejoindre les rangs d’Assad et aussi cesser d’y envoyer des militants.

    Après cette première attaque, de nombreuses autres ont eu lieu dans des villes à population majoritairement chiite, sans compter les affrontements, qui ont lieu chaque année au mois de Muharram, dans tout le pays.

    Les groupes militants et la sécurité nationale du Pakistan
    La dynamique en Syrie a changé ces derniers temps et le besoin de groupes de combattants chiites étrangers a également diminué. Cette situation crée des incertitudes sur le sort de la Brigade Zainabiyoun et sur l'avenir que lui réserve l'Iran. Les services de renseignement pakistanais ont noté un nombre élevé de combattants rentrés de Syrie au Pakistan.

    Le principal problème vient de l'incapacité du Pakistan à mettre en place les mesures nécessaires jusqu'à présent. La question de savoir ce qui se passera lorsque ces militants reviendront au Pakistan est une question qui perturbe les experts en sécurité pakistanais. Le Pakistan pourra-t-îl faire face au retour de militants aguerris formés par les gardiens de la révolution islamique d'Iran et la force al-Qods et devenus des pions de l'Iran dans le pays ?

    Hormis les problèmes de sécurité qu'ils pourraient causer au Pakistan à l'avenir, la présence du groupe est déjà devenue une pomme de discorde au Pakistan. Parmi les dangers que ces militants pourraient poser; on trouve principalement l'influence idéologique que ces personnes pourraient avoir sur les jeunes. Ces militants, une fois revenus au Pakistan, constitueront un réseau d'influence de l'Iran dans la région.

    Le deuxième danger est que ces militants seront en mesure de rouvrir les plaies sectaires sensibles du Pakistan quand on leur en donnera l'ordre et de déclencher l'instabilité dans la région. De cette manière, Téhéran pourrait s'immiscer dans les affaires intérieures du Pakistan chaque fois qu'il le jugera nécessaire et continuer le jeu par procuration dans la région.

    Islamabad se comporte de manière très négligente à cet égard. Les autorités pakistanaises n'ont ni interdit les groupes et organisations appelant les jeunes Pakistanais à rejoindre la brigade Zainabiyoun, ni développé une politique stricte concernant l'utilisation du Pakistan par Téhéran comme une sorte de terre de recrutement de militants.

    Bien qu'il soit de notoriété publique que l'Iran recrute des militants au Pakistan, la réticence de l'administration d'Islamabad à réagir officiellement à la situation inquiète les experts en sécurité. Cette attitude du Pakistan s'explique par un certain nombre de considérations. La première est le fait que le Pakistan est depuis longtemps confronté à une crise économique et financière. Le Pakistan, qui se range normalement du côté de l'Arabie saoudite principalement pour des raisons économiques, se sent acculé en raison de la détérioration récente des relations avec Riyad.

    Cci explique sans doute pourquoi, Islamabad tient à éviter de nuire à ses relations avec l'Iran, notamment en prenant des mesures contre la Brigade Zaynabiyoun. La seconde est qu'Islamabad détesterait voir l'Iran se rapprocher de l'Inde au cas où il provoquerait une détérioration de ses relations avec Téhéran.

    Mais le temps passe et Islamabad n'a toujours pas pris de mesures pour faire face à la menace, ce qui risque d'augmenter encore les tensions sectaires dont le pays est coutumier.

    Selon les experts pakistanais de la sécurité, il est clair que l'Iran a un rôle indéniable dans les événements qui se déroulent au Pakistan. On peut citer le cas de Kulbhushan Yadav, qui serait un soldat de la marine indienne et un espion des renseignements indiens capturé à la frontière entre le Pakistan et l'Iran, ou encore le cas de la fuite en Iran d'Uzayr Baluj (ressortissant pakistanais et iranien, qui a assassiné de nombreuses personnes et est également impliqué dans de nombreux crimes organisés).

    En outre, on peut noter que la Brigade Zainabiyoun n’a jamais été sérieusement critiquée dans les médias pakistanais. Puisqu'aucune critique officielle de la Brigade Zainabiyoun n'est venue du gouvernement à ce jour, les médias pakistanais évitent également d'aborder la question. Pourtant, si les citoyens d'un pays, qui est vulnérable aux conflits sectaires, sont chargés par un autre pays de se battre en son nom, les médias ont la responsabilité de maintenir cette question à l'ordre du jour et d'enquêter sur elle dans le souci de la sécurité.

    De plus, c'est un fait que l'Iran n'a pas pleinement utilisé son influence au Pakistan dans les conflits sectaires jusqu'à aujourd'hui. Cependant, avec le retrait des forces américaines d'Afghanistan, il est prévisible que l'Iran jouira d'une influence qui pourrait menacer les équilibres régionaux. Une confirmation de cette situation alarmante est apportée par le fait, qu'après le meurtre de Qassem Suleimani, Ismail Qaani a été nommé nouveau commandant de la Force al-Qods, une division principalement responsable des opérations militaires extérieures.

    Avant de devenir le chef de la force al-Qods, Qaani a été étroitement impliqué dans le recrutement de militants du Pakistan et d'Afghanistan, ainsi que dans leur transport en Iran et leur entraînement. Le fait que Ghani dispose de larges réseaux dans la région et la connaisse très bien est un problème qui inquiète les experts en sécurité, car beaucoup trouvent très probable que l'Iran n'hésitera pas à utiliser les militants formés et expérimentés de la Brigade de Zainabiyoun dans l'éventualité d'un conflit sectaire au Pakistan.

  • Pakistan : Manifestation anti-Française houleuse

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    Quelque 2.000 islamistes ont manifesté vendredi contre la France à Islamabad, où la marche s'est terminée dans la violence, des protestataires ayant lancé des pierres contre la police, qui a riposté par des jets de gaz lacrymogène, a constaté l'AFP.

    Des groupes religieux, étudiants et autres petits commerçants, se sont dirigés vers l'ambassade de France en hurlant "expulsez le chien français" ou encore "décapitez le blasphèmateur".

    Les protestataires ont poussé des conteneurs qui avaient été déposés par les autorités pour bloquer les rues menant à l'enclave diplomatique, mais ils ont été empêchés d'atteindre la représentation française par d'autre barricades.

    Certains ont jeté des pierres contre les forces de l'ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes.

    "Comment osent-ils manquer de respect à notre prophète ? En tant que musulman, je suis prêt à sacrifier ma tête pour l'honneur du prophète. Un musulman peut sacrifier sa tête et peut aussi couper la tête du blasphémateur", a lancé un commerçant de 34 ans.

    Un autre manifestant a appelé à "expulser l'impur ambassadeur français du pays des purs".

    Environ 10 000 personnes ont défilé à Karachi (Sud), la plus grande ville du Pakistan, après la prière du vendredi. La procession devait initialement marquer l'anniversaire du prophète, mais elle était chargée d'une forte colère anti-française.

    A Lahore (Est), environ 3 000 personnes ont participé à une manifestation organisée par le parti religieux Tehreek-e-Labbaik, qui a fait de la lutte contre le blasphème son principal cheval de bataille.

    Le blasphème est une question incendiaire au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

    Le Premier ministre Imran Khan a accusé Emmanuel Macron d'"attaquer l'Islam", après que le président français Emmanuel Macron a défendu la liberté de caricaturer lors de l'hommage à un enseignant tué pour avoir montré des caricatures de Mahomet.

    De petites manifestations ont également eu lieu dans l'Afghanistan voisin. Le plus grand rassemblement s'est tenu à Herat, la capitale de l'Ouest, où des milliers de personnes ont crié "Mort à la France ! Mort à Macron !".