Pachinian Nikol (1er ministre)

  • Arménie/Azerbaidjan : Un soldat azerbaïdjanais tué dans un échange de tirs avec les forces arméniennes

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    Un soldat azerbaïdjanais a été tué et trois soldats arméniens blessés vendredi 23 juillet 2021 dans un nouvel incident entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie depuis la fin de la guerre qui les a opposés l'année dernière dans le Nagorny-Karabakh, selon des bilans officiels.

    Ce nouveau conflit, qui a éclaté en septembre 2020, faisant plus de 6.500 morts, s'est terminé six semaines plus tard par un cessez-le-feu parrainé par Moscou et la cession par l'Arménie de territoires qu'elle contrôlait depuis le début des années 1990 dans cette région disputée. Ces derniers mois, les deux pays ont signalé des échanges de tirs le long de leur frontière commune, faisant craindre une résurgence du conflit.

    "Le 23 juillet, à approximativement 16h00, les forces armées arméniennes ont ouvert le feu sur des positions de l'armée azerbaïdjanaise dans la région de Kelbajar à la frontière arméno-azerbaïdjanaise", a déclaré le ministère de la Défense à Bakou dans un communiqué. "Un militaire azerbaïdjanais a été tué par un tireur d'élite ennemi", a ajouté le ministère.

    L'Arménie a de son côté accusé les soldats azerbaïdjanais d'avoir été à l'origine de l'incident par la voix de son ministre de la Défense, selon lequel "trois militaires arméniens ont été blessés dans des tirs intenses".

    Plusieurs fois depuis le mois de mai, les tensions ont failli à nouveau dégénérer, l'Arménie accusant notamment les forces azerbaïdjanaises d'avoir franchi la frontière afin de "faire le siège" d'un lac à cheval sur les deux pays.

    "Ceci est la terre de nos ancêtres, nous sommes sur nos terres", a martelé jeudi le président de l'Azerbaïdjan Ilham Aliev sur la chaîne de télévision AzTV, parlant de territoires que l'Arménie considère comme rattachés à sa région de Syunik. Ilham Aliev s'était dit le 20 mai prêt à des pourparlers de paix avec Erevan. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian avait annoncé le même jour qu'un accord avec Bakou était en préparation concernant la délimitation et démarcation de leur frontière commune, sous l'égide de la Russie.

    Peuplée majoritairement d'Arméniens, la région montagneuse du Nagorny-Karabakh, soutenue par Erevan, avait fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant une guerre dans les années 1990 qui a causé la mort de 30.000 personnes et fait des centaines de milliers de réfugiés.

  • Arménie : Un soldat arménien tué dans un échange de tirs avec l'Azerbaïdjan, selon Erevan

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    Un soldat arménien a été tué mercredi dans un échange de tirs avec les forces azerbaïdjanaises qui ont "également subi des pertes", a annoncé le ministère arménien de la Défense. Il s'agit du dernier incident en date entre les deux pays rivaux du Caucase après une guerre au Nagorny Karabakh l'année dernière.

    Selon le ministère arménien de la Défense, le soldat est mort à la frontière entre les deux pays. Le ministère a accusé l'Azerbaïdjan d'avoir ouvert le feu sur les forces arméniennes, les obligeant à riposter. "Le côté azerbaïdjanais a également subi des pertes", a ajouté le ministère. Bakou a rétorqué que les forces arméniennes avaient ouvert le feu près du Nakhitchevan, exclave azerbaïdjanaise dans le Sud-Ouest de l'Arménie, blessant l'un de ses soldats. La semaine dernière, l'Arménie et l'Azerbaïdjan s'étaient également accusés mutuellement d'avoir ouvert le feu, faisant chacun état d'un soldat blessé, dans le district oriental de Guégarkounik frontalier de celui de Kalbajar, que les forces azerbaïdjanaises avaient repris à l'automne après quasiment trois décennies sous contrôle arménien.

    L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont livrés une courte guerre, faisant 6.000 morts, à l'automne 2020 pour l'enclave du Nagorny Karabakh qui avait déjà fait l'objet d'une guerre sanglante dans les années 1990. Le conflit de l'automne s'est soldé par la défaite de l'Arménie, contrainte de céder plusieurs régions formant un glacis autour de l'enclave séparatiste. Malgré la signature d'un cessez-le-feu et le déploiement de soldats de maintien de la paix russes, les tensions restent fortes entre les deux ex-républiques soviétiques. Elles avaient failli dégénérer en mai, l'Arménie ayant accusé son voisin d'avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de terres au bord du Lac Sev, que se partagent les deux pays. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev s'est dit le 20 mai prêt à des pourparlers de paix avec l'Arménie. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé le même jour qu'un accord avec l'Azerbaïdjan était en préparation, sous l'égide de la Russie, concernant la délimitation et démarcation de leur frontière.

  • Arménie : Six soldats arméniens capturés par l'Azerbaïdjan à la frontière des deux pays

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    Six soldats arméniens ont été capturés dans la nuit de mercredi à jeudi par les forces azerbaïdjanaises à la frontière entre les deux pays, qui se sont affrontés à l'automne dernier pour la région du Nagorny Karabakh.
    Le conflit, qui a fait 6.000 morts en seulement six semaines, s'est achevé par la défaite de l'Arménie, contrainte de céder à l'Azerbaïdjan des territoires qu'elle contrôlait depuis trois décennies et qui formaient un glacis sécuritaire autour du Nagorny Karabakh.

    Ces dernières semaines, des tensions ont failli dégénérer entre les deux rivaux du Caucase, Erevan accusant les forces azerbaïdjanaises de tenter de prendre le contrôle de nouveaux territoires. Selon l'armée arménienne, six de ses soldats qui effectuaient des "travaux de génie" dans le district de Guégarkounik, proche de la frontière avec l'Azerbaïdjan, "ont été encerclés et capturés" par les troupes de Bakou tôt jeudi matin.

    Lors d'une réunion gouvernementale, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a affirmé que les soldats "effectuaient des travaux d'aménagement de la frontière", notamment en installant des panneaux d'avertissement près des mines alors que la région a la réputation d'être l'une des plus minées au monde.

    Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a confirmé avoir fait prisonniers six militaires arméniens mais affirmé qu'il s'agissait d'un "groupe de reconnaissance et de sabotage", qui a tenté vers 03H00 (mercredi 23H00 GMT) de "s'introduire sur notre territoire" avant d'être capturé.

    Selon le communiqué, les soldats tentaient de poser des mines sur une route de ravitaillement menant vers les positions azerbaïdjanaises.

    Le district de Guégarkounik, dans l'est de l'Arménie, est frontalier de celui de Kalbajar, que les forces azerbaïdjanaises ont repris cet automne après quasiment trois décennies sous contrôle arménien. Kalbajar et d'autres districts formaient le glacis sécuritaire qui entoure le Nagorny Karabakh et que Bakou a récupérés après la guerre de l'automne dernier. Le Nagorny Karabakh, région azerbaïdjanaise à majorité arménienne, est resté en majeure partie sous le contrôle d'Erevan.

    Conflits frontaliers
    Bakou précise qu'"une concentration de plusieurs unités d'équipement militaire ennemi, dont des chars", étaient observés dans le secteur jeudi matin.

    Mardi, un soldat arménien avait déjà été tué dans un accrochage avec les troupes de Bakou. Les deux pays s'accusent mutuellement depuis cet automne de nombreuses provocations, chacun niant avec véhémence les affirmations de son ennemi.

    Le 13 mai, l'Arménie a accusé les forces azerbaïdjanaises d'avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de territoires au bord du lac Sev que se partagent les deux pays. Ce petit lac est situé en haute montagne, en lisière d'un territoire que l'Azerbaïdjan a reconquis l'automne dernier.

    Washington s'était inquiété et Paris avait réclamé un "retrait immédiat des troupes azerbaïdjanaises du territoire arménien"

    L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont livrés une brève guerre ayant fait 6.000 morts à l'automne 2020, le conflit se soldant par une défaite arménienne. Les forces azerbaïdjanaises ont pu depuis être redéployées dans les territoires frontaliers reconquis, entraînant des tensions. Celles-ci persistent malgré le cessez-le-feu signé sous l'égide de Moscou et le déploiement de soldats de la paix russes, et la crainte d'un nouvel embrasement inquiète Moscou comme les pays occidentaux.

    Le conflit du Karabakh entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie déstabilise le Caucase depuis plus de trente ans. Erevan avait remporté au début des années 1990 une première guerre. Sous pression de l'opposition depuis la défaite de l'automne, Nikol Pachinian est quant à lui en campagne électorale après avoir dû convoquer des législatives anticipées en juin.

  • Arménie/Azerbaïdjan : L'armée russe renforce ses positions dans le sud de l'Arménie

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    L'armée russe s'est déployée sur deux nouveaux sites dans le sud de l'Arménie, près de la frontière avec l'Azerbaïdjan, afin de fournir une "garantie de sécurité supplémentaire" à Erevan, a déclaré lundi le Premier ministre arménien par intérim, Nikol Pachinian, cité par les agences de presse russes.

    Alliée de l'Arménie, la Russie dispose déjà d'une base militaire - la 102e - dans le nord-ouest de l'ancienne république soviétique, où elle a en outre déployé 2.000 militaires chargés du maintien de la paix à la suite de la guerre qui a opposé pendant six semaines, entre septembre et novembre dernier, l'Azerbaïdjan aux forces séparatistes arméniennes de l'enclave azerbaïdjanaise du Haut-Karabakh. 

    "La 102e base militaire russe a établi deux places fortes dans la région de Siounik", a déclaré Nikol Pachinian devant le Parlement d'Erevan, des propos rapportés par l'agence Interfax. "C'est une garantie de sécurité additionnelle non seulement pour le Siounik mais pour l'Arménie", a ajouté le chef du gouvernement par intérim, confronté à une fronde de l'armée depuis le conflit de l'automne dernier, qui s'est soldé par d'importants gains territoriaux en faveur de l'Azerbaïdjan. Le Siounik est une région située entre l'Azerbaïdjan à l'est, l'enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan à l'ouest et l'Iran au sud.

    Nikol Pachinian a démissionné de ses fonctions le mois dernier et expédie les affaires courantes avant des élections législatives fixées au 20 juin.

     

  • Azerbaïdjan : Erdogan veut que la "lutte" contre l'Arménie continue

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    Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Bakou pour célébrer la "glorieuse" victoire de l'Azerbaïdjan au Nagorny Karabakh, a clamé jeudi que la "lutte" de son allié contre l'Arménie devait se poursuivre. Son accueil en grande pompe dans ce pays du Caucase musulman et turcophone intervient un mois après la défaite militaire arménienne, qui a dû céder à l'Azerbaïdjan dans le cadre d'un accord de cessation des hostilités d'importants territoires du Nagorny Karabakh même et autour de cette enclave.

    L'armée azerbaïdjanaise a fait défiler des  missiles et des véhicules blindés, principalement de fabricants russes. Parmi les autres armes exposées lors du défilé figuraient des véhicules aériens sans pilote de production azerbaïdjanaise, turque et israélienne. 

    L'armée de l'air azerbaïdjanaise a pris part à la parade.

    La république autoproclamée du Nagorny Karabakh, peuplée aujourd'hui quasi exclusivement d'Arméniens, continue d'exister, affaiblie et amoindrie, sans que son statut soit réglé par l'accord négocié sous égide de Moscou. Des soldats russes de maintien de la paix ont été déployés au Nagorny Karabakh.

    S'adressant devant les soldats azerbaïdjanais rassemblés à Bakou, M. Erdogan a assuré que "le fait que l'Azerbaïdjan a sauvé ses terres de l'occupation ne signifie pas que la lutte est terminée". "La lutte dans les sphères politiques et militaires va se poursuivre désormais sur de nombreux autres fronts", a-t-il clamé. Appelant les dirigeants arméniens à "revenir à la raison" après leur défaite dans cette guerre de six semaines menée à l'automne, il a assuré que la reconquête de nombreux territoires par l'Azerbaïdjan "sera le début d'une nouvelle ère".

    L'Arménie "doit voir qu'elle n'obtiendra aucun résultat avec les encouragements des impérialistes occidentaux", a encore tonné M. Erdogan, dont le pays est membre de l'OTAN, accusant par ailleurs Erevan de s'être livré à des crimes de guerre au Nagorny Karabakh et de n'y avoir apporté que "massacres, destructions et larmes".

    L'ONG Amnesty International a, elle, appelé jeudi à des enquêtes indépendantes pour identifier les auteurs de crimes de guerre commis par les forces azerbaïdjanaises ou arméniennes afin de les "traduire en justice".

    Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a de son côté salué le soutien sans faille d'Ankara lors du conflit, qui a "donné confiance au peuple azerbaïdjanais". "L'Arménie n'a pas été en mesure de nous concurrencer tant sur le plan économique que sur le plan militaire", s'est-il félicité.

    Précieux soutien turc
    Les deux hommes ont assisté à un grand défilé militaire à Bakou, les soldats et M. Aliev s'affichant sans masques bien que la guerre ait aggravé l'épidémie de coronavirus en Azerbaïdjan.

    M. Erdogan devait encore s'entretenir en tête-à-tête avec Ilham Aliev pour évoquer le renforcement des liens entre les deux "pays frères" et sur le "droit légitime de l'Azerbaïdjan" de reprendre le Nagorny Karabakh.

    La récente victoire de son allié azerbaïdjanais, armé par la Turquie, permet à Ankara de renforcer son poids géopolitique dans le Caucase, pré-carré russe. Et "l'Azerbaïdjan n'aurait pas été capable d'obtenir un succès militaire au Karabakh sans le soutien politique ouvert de la Turquie", a souligné auprès de l'AFP l'analyste Elhan Shahinoglu du centre de réflexion Atlas basé à Bakou. Selon lui, sans le soutien d'Erdogan, la Russie, puissance régionale et alliée de l'Arménie, serait parvenue à mettre la pression sur Bakou et à faire cesser les combats, comme ce fut le cas lors d'autres affrontements ces dernières années.

    Pertes des deux côtés pendant le conflit 
    Il y a quelques jours, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé que 2 783 militaires azerbaïdjanais avaient été tués pendant les hostilités au Haut-Karabakh (appelées à Bakou "guerre patriotique"). Plus d'une centaine de militaires sont portés disparus. Il y a 1 245 blessés dans les hôpitaux.

    En Arménie, le ministère de la Santé, le ministère de la Défense et l'opposition citent des chiffres différents sur le nombre de soldats tués. Le ministère de la Santé a donné le chiffre d'environ 2 300 décès, le ministère de la Défense parle de 1 300 décès et l'opposition affirme qu'environ 4 800 personnes sont décédées.

    "Une nation, deux Etats"
    Cette défaite humiliante pour une Arménie qui avait vaincu les forces de Bakou lors d'une première guerre dans les années 1990, a provoqué la fureur à Erevan, où l'opposition milite et manifeste quasiment chaque jour pour la démission du Premier ministre Nikol Pachinian.

    Durant la guerre des derniers mois, l'Arménie a accusé la Turquie d'être impliquée directement dans les combats, ce qu'Ankara dément. Plusieurs pays dont la France ont également dénoncé l'envoi sur le front aux côtés des forces azerbaïdjanaises de combattants pro-turcs venus de Syrie.

    Généralement symbolisée par le slogan "Une nation, deux Etats", l'alliance entre la Turquie et l'Azerbaïdjan a été forgée lorsque Bakou a obtenu son indépendance de l'URSS en 1991 et s'est encore renforcée sous la présidence de M. Erdogan.

    Cette coopération politique, économique et militaire a notamment vu la Turquie aider l'Azerbaïdjan à entraîner et équiper son armée et à faciliter ses exportations d'hydrocarbures vers l'Europe, en contournant la Russie.

  • Arménie : Démission du ministre des Affaires étrangères

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    Le ministre arménien des Affaires étrangères, Zohrab Mnatsakanian (photo), a démissionné lundi, nouveau signe de la crise politique ouverte en Arménie par le cessez-le-feu conclu dans le territoire du Haut-Karabakh.

    Zohrab Mnatsakanian, dont le départ a été annoncé par la porte-parole de son ministère, était en fonction depuis mai 2018.

    Le gouvernement de Nikol Pachinian est confronté à un mouvement populaire de contestation en Arménie depuis qu'il a signé un accord de cessez-le-feu ayant mis fin à six semaines de combat dans le Haut-Karabakh, enclave à la population majoritairement arménienne située en Azerbaïdjan. Cet accord, signé le 10 novembre, permet notamment à l'Azerbaïdjan de conserver ses gains territoriaux aux dépens des séparatistes arméniens du Haut-Karabakh.

    Des centaines de manifestants se sont de nouveau rassemblés lundi dans le centre d'Erevan, sur la place de la Liberté.

  • Nagorny-Karabakh : un accord de fin des hostilités entre Arménie et Azerbaïdjan signifie la capitulation de l'Arménie

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    Quelques heures après la destruction d'un hélicoptère russe par un missile sol-air azerbaïdjanais, Moscou a sifflé la fin de la partie.

    L'Azerbaïdjan et l'Arménie ont signé sous l'injonction de la Russie un accord de fin des hostilités dans le conflit du Nagorny Karabakh. Cet accord consacre la victoire militaire azerbaïdjanaise après six semaines de combats meurtriers.

    L'accord a été signé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ainsi que le président russe Vladimir Poutine.

    Près de 2.000 soldats russes vont être déployés dans les heures ou jours à venir le long des lignes de front et le long du corridor de Lachin, les belligérants étant appelés à ne plus faire mouvement et à rester sur les positions qu'ils occupaient lundi 9 novembre à 21H00 GMT, heure d'entrée en vigueur du cessez-le-feu, consacrant des gains de territoires importants de l'Azerbaïdjan.

    Sur sa page Facebook, le Premier ministre arménien a écrit que la signature de l'accord avait été "incroyablement douloureuse", mais que la décision s'imposait "après une analyse en profondeur de la situation militaire".

    Le président azerbaïdjanais a lui proclamé à la télévision la "capitulation" de son ennemi, même s'il ne reconquiert pas tout le Nagorny Karabakh. "J'avais dit qu'on chasserait (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l'avons fait", a-t-il martelé.

    Selon M. Aliev, l'Azerbaïdjan reprend le contrôle de districts autour du Nagorny Karabakh, sorte de glacis de sécurité constitué par les Arméniens autour de la république autoproclamée depuis 30 ans. Bakou a aussi conquis des territoires de la province séparatiste à proprement parler. Les terres encore sous contrôle arménien le restent, et un corridor les reliera à l'Arménie, selon M. Poutine.

    Manifestations de colère en Arménie
    L'annonce de l'accord a entraîné des manifestations de colère en Arménie. Peu après l'annonce de l'accord, une foule de milliers de manifestants en colère s'est rassemblée dans la nuit aux abords du siège du gouvernement arménien aux cris de "traîtres" et "démission" à l'adresse de M. Pachinian.. Des centaines d'entre eux ont pénétré dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux, notamment une salle de conseil des ministres, selon un journaliste de l'AFP présent sur place. Le siège du Parlement a subi le même sort.

    Le président du Parlement a même été sorti de sa voiture et lynché par la foule. Blessé, il a dû être hospitalisé.

    Une défaite militaire au Nagorny Karabakh a de quoi menacer l'avenir du Premier ministre, porté au pouvoir par une révolte populaire en 2018. Avant même l'annonce de l'accord, 17 partis d'opposition avaient réclamé sa démission. L'intéressé a lui démenti des rumeurs de fuite du pays: "Je suis en Arménie et continue de faire mon travail", a-t-il dit sur Facebook.

    Déploiement de l'armée russe
    Les premiers avions Iliouchine 76, transportant les forces russes ont décollé de Russie, pour se rendre au Karabakh, selon le ministère russe de la Défense.

    Le président russe a souhaité que cet accord puisse mener "à la création des conditions nécessaires pour un règlement durable" du conflit.

    Peuplé aujourd'hui quasi-exclusivement d'Arméniens à la suite de la guerre des années 1990, le Nagorny Karabakh était rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique mais est considéré par les deux pays comme une partie intégrante de leurs histoires et héritages respectifs.

    La prise de la ville de Choucha a signifié la défaite des forces arméniennes du Haut Karabakh
    L'accord de fin des hostilités intervient après que les forces azerbaïdjanaises ont annoncé dimanche la prise de Choucha, ville stratégique est située à 15 kilomètre de la capitale séparatiste Stepanakert et sur l'artère vitale reliant la république autoproclamée à son parrain arménien. La chute de cette localité était considérée comme un tournant de la guerre. Lundi, l'Arménie disait que les combats s'y poursuivaient encore.

    Le conflit a fait au moins 1.300 morts depuis le 27 septembre, selon des bilans très partiels. Il pourrait en réalité y avoir des milliers de morts de chaque côté.

    Depuis des semaines, la Russie et d'autres puissances tentaient d'obtenir un cessez-le-feu, mais trois tentatives ont échoué. La Russie est la puissance régionale dans le Caucase du Sud. Elle est une alliée militaire de l'Arménie mais a aussi de bonnes relations avec l'Azerbaïdjan, deux ex-républiques d'URSS.

    L'Azerbaïdjan a lui le soutien de l'autre puissance de la région, la Turquie qui a notamment été accusée d'envoyer des mercenaires pro-turcs de Syrie se battre en soutien à Bakou. Si Moscou et Ankara sont rivaux, les présidents Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan entretiennent néanmoins une relation pragmatique.