Pachinian Nikol (1er ministre)

  • Azerbaïdjan : Erdogan veut que la "lutte" contre l'Arménie continue

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    Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Bakou pour célébrer la "glorieuse" victoire de l'Azerbaïdjan au Nagorny Karabakh, a clamé jeudi que la "lutte" de son allié contre l'Arménie devait se poursuivre. Son accueil en grande pompe dans ce pays du Caucase musulman et turcophone intervient un mois après la défaite militaire arménienne, qui a dû céder à l'Azerbaïdjan dans le cadre d'un accord de cessation des hostilités d'importants territoires du Nagorny Karabakh même et autour de cette enclave.

    L'armée azerbaïdjanaise a fait défiler des  missiles et des véhicules blindés, principalement de fabricants russes. Parmi les autres armes exposées lors du défilé figuraient des véhicules aériens sans pilote de production azerbaïdjanaise, turque et israélienne. 

    L'armée de l'air azerbaïdjanaise a pris part à la parade.

    La république autoproclamée du Nagorny Karabakh, peuplée aujourd'hui quasi exclusivement d'Arméniens, continue d'exister, affaiblie et amoindrie, sans que son statut soit réglé par l'accord négocié sous égide de Moscou. Des soldats russes de maintien de la paix ont été déployés au Nagorny Karabakh.

    S'adressant devant les soldats azerbaïdjanais rassemblés à Bakou, M. Erdogan a assuré que "le fait que l'Azerbaïdjan a sauvé ses terres de l'occupation ne signifie pas que la lutte est terminée". "La lutte dans les sphères politiques et militaires va se poursuivre désormais sur de nombreux autres fronts", a-t-il clamé. Appelant les dirigeants arméniens à "revenir à la raison" après leur défaite dans cette guerre de six semaines menée à l'automne, il a assuré que la reconquête de nombreux territoires par l'Azerbaïdjan "sera le début d'une nouvelle ère".

    L'Arménie "doit voir qu'elle n'obtiendra aucun résultat avec les encouragements des impérialistes occidentaux", a encore tonné M. Erdogan, dont le pays est membre de l'OTAN, accusant par ailleurs Erevan de s'être livré à des crimes de guerre au Nagorny Karabakh et de n'y avoir apporté que "massacres, destructions et larmes".

    L'ONG Amnesty International a, elle, appelé jeudi à des enquêtes indépendantes pour identifier les auteurs de crimes de guerre commis par les forces azerbaïdjanaises ou arméniennes afin de les "traduire en justice".

    Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a de son côté salué le soutien sans faille d'Ankara lors du conflit, qui a "donné confiance au peuple azerbaïdjanais". "L'Arménie n'a pas été en mesure de nous concurrencer tant sur le plan économique que sur le plan militaire", s'est-il félicité.

    Précieux soutien turc
    Les deux hommes ont assisté à un grand défilé militaire à Bakou, les soldats et M. Aliev s'affichant sans masques bien que la guerre ait aggravé l'épidémie de coronavirus en Azerbaïdjan.

    M. Erdogan devait encore s'entretenir en tête-à-tête avec Ilham Aliev pour évoquer le renforcement des liens entre les deux "pays frères" et sur le "droit légitime de l'Azerbaïdjan" de reprendre le Nagorny Karabakh.

    La récente victoire de son allié azerbaïdjanais, armé par la Turquie, permet à Ankara de renforcer son poids géopolitique dans le Caucase, pré-carré russe. Et "l'Azerbaïdjan n'aurait pas été capable d'obtenir un succès militaire au Karabakh sans le soutien politique ouvert de la Turquie", a souligné auprès de l'AFP l'analyste Elhan Shahinoglu du centre de réflexion Atlas basé à Bakou. Selon lui, sans le soutien d'Erdogan, la Russie, puissance régionale et alliée de l'Arménie, serait parvenue à mettre la pression sur Bakou et à faire cesser les combats, comme ce fut le cas lors d'autres affrontements ces dernières années.

    Pertes des deux côtés pendant le conflit 
    Il y a quelques jours, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé que 2 783 militaires azerbaïdjanais avaient été tués pendant les hostilités au Haut-Karabakh (appelées à Bakou "guerre patriotique"). Plus d'une centaine de militaires sont portés disparus. Il y a 1 245 blessés dans les hôpitaux.

    En Arménie, le ministère de la Santé, le ministère de la Défense et l'opposition citent des chiffres différents sur le nombre de soldats tués. Le ministère de la Santé a donné le chiffre d'environ 2 300 décès, le ministère de la Défense parle de 1 300 décès et l'opposition affirme qu'environ 4 800 personnes sont décédées.

    "Une nation, deux Etats"
    Cette défaite humiliante pour une Arménie qui avait vaincu les forces de Bakou lors d'une première guerre dans les années 1990, a provoqué la fureur à Erevan, où l'opposition milite et manifeste quasiment chaque jour pour la démission du Premier ministre Nikol Pachinian.

    Durant la guerre des derniers mois, l'Arménie a accusé la Turquie d'être impliquée directement dans les combats, ce qu'Ankara dément. Plusieurs pays dont la France ont également dénoncé l'envoi sur le front aux côtés des forces azerbaïdjanaises de combattants pro-turcs venus de Syrie.

    Généralement symbolisée par le slogan "Une nation, deux Etats", l'alliance entre la Turquie et l'Azerbaïdjan a été forgée lorsque Bakou a obtenu son indépendance de l'URSS en 1991 et s'est encore renforcée sous la présidence de M. Erdogan.

    Cette coopération politique, économique et militaire a notamment vu la Turquie aider l'Azerbaïdjan à entraîner et équiper son armée et à faciliter ses exportations d'hydrocarbures vers l'Europe, en contournant la Russie.

  • Arménie : Démission du ministre des Affaires étrangères

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    Le ministre arménien des Affaires étrangères, Zohrab Mnatsakanian (photo), a démissionné lundi, nouveau signe de la crise politique ouverte en Arménie par le cessez-le-feu conclu dans le territoire du Haut-Karabakh.

    Zohrab Mnatsakanian, dont le départ a été annoncé par la porte-parole de son ministère, était en fonction depuis mai 2018.

    Le gouvernement de Nikol Pachinian est confronté à un mouvement populaire de contestation en Arménie depuis qu'il a signé un accord de cessez-le-feu ayant mis fin à six semaines de combat dans le Haut-Karabakh, enclave à la population majoritairement arménienne située en Azerbaïdjan. Cet accord, signé le 10 novembre, permet notamment à l'Azerbaïdjan de conserver ses gains territoriaux aux dépens des séparatistes arméniens du Haut-Karabakh.

    Des centaines de manifestants se sont de nouveau rassemblés lundi dans le centre d'Erevan, sur la place de la Liberté.

  • Nagorny-Karabakh : un accord de fin des hostilités entre Arménie et Azerbaïdjan signifie la capitulation de l'Arménie

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    Quelques heures après la destruction d'un hélicoptère russe par un missile sol-air azerbaïdjanais, Moscou a sifflé la fin de la partie.

    L'Azerbaïdjan et l'Arménie ont signé sous l'injonction de la Russie un accord de fin des hostilités dans le conflit du Nagorny Karabakh. Cet accord consacre la victoire militaire azerbaïdjanaise après six semaines de combats meurtriers.

    L'accord a été signé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ainsi que le président russe Vladimir Poutine.

    Près de 2.000 soldats russes vont être déployés dans les heures ou jours à venir le long des lignes de front et le long du corridor de Lachin, les belligérants étant appelés à ne plus faire mouvement et à rester sur les positions qu'ils occupaient lundi 9 novembre à 21H00 GMT, heure d'entrée en vigueur du cessez-le-feu, consacrant des gains de territoires importants de l'Azerbaïdjan.

    Sur sa page Facebook, le Premier ministre arménien a écrit que la signature de l'accord avait été "incroyablement douloureuse", mais que la décision s'imposait "après une analyse en profondeur de la situation militaire".

    Le président azerbaïdjanais a lui proclamé à la télévision la "capitulation" de son ennemi, même s'il ne reconquiert pas tout le Nagorny Karabakh. "J'avais dit qu'on chasserait (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l'avons fait", a-t-il martelé.

    Selon M. Aliev, l'Azerbaïdjan reprend le contrôle de districts autour du Nagorny Karabakh, sorte de glacis de sécurité constitué par les Arméniens autour de la république autoproclamée depuis 30 ans. Bakou a aussi conquis des territoires de la province séparatiste à proprement parler. Les terres encore sous contrôle arménien le restent, et un corridor les reliera à l'Arménie, selon M. Poutine.

    Manifestations de colère en Arménie
    L'annonce de l'accord a entraîné des manifestations de colère en Arménie. Peu après l'annonce de l'accord, une foule de milliers de manifestants en colère s'est rassemblée dans la nuit aux abords du siège du gouvernement arménien aux cris de "traîtres" et "démission" à l'adresse de M. Pachinian.. Des centaines d'entre eux ont pénétré dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux, notamment une salle de conseil des ministres, selon un journaliste de l'AFP présent sur place. Le siège du Parlement a subi le même sort.

    Le président du Parlement a même été sorti de sa voiture et lynché par la foule. Blessé, il a dû être hospitalisé.

    Une défaite militaire au Nagorny Karabakh a de quoi menacer l'avenir du Premier ministre, porté au pouvoir par une révolte populaire en 2018. Avant même l'annonce de l'accord, 17 partis d'opposition avaient réclamé sa démission. L'intéressé a lui démenti des rumeurs de fuite du pays: "Je suis en Arménie et continue de faire mon travail", a-t-il dit sur Facebook.

    Déploiement de l'armée russe
    Les premiers avions Iliouchine 76, transportant les forces russes ont décollé de Russie, pour se rendre au Karabakh, selon le ministère russe de la Défense.

    Le président russe a souhaité que cet accord puisse mener "à la création des conditions nécessaires pour un règlement durable" du conflit.

    Peuplé aujourd'hui quasi-exclusivement d'Arméniens à la suite de la guerre des années 1990, le Nagorny Karabakh était rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique mais est considéré par les deux pays comme une partie intégrante de leurs histoires et héritages respectifs.

    La prise de la ville de Choucha a signifié la défaite des forces arméniennes du Haut Karabakh
    L'accord de fin des hostilités intervient après que les forces azerbaïdjanaises ont annoncé dimanche la prise de Choucha, ville stratégique est située à 15 kilomètre de la capitale séparatiste Stepanakert et sur l'artère vitale reliant la république autoproclamée à son parrain arménien. La chute de cette localité était considérée comme un tournant de la guerre. Lundi, l'Arménie disait que les combats s'y poursuivaient encore.

    Le conflit a fait au moins 1.300 morts depuis le 27 septembre, selon des bilans très partiels. Il pourrait en réalité y avoir des milliers de morts de chaque côté.

    Depuis des semaines, la Russie et d'autres puissances tentaient d'obtenir un cessez-le-feu, mais trois tentatives ont échoué. La Russie est la puissance régionale dans le Caucase du Sud. Elle est une alliée militaire de l'Arménie mais a aussi de bonnes relations avec l'Azerbaïdjan, deux ex-républiques d'URSS.

    L'Azerbaïdjan a lui le soutien de l'autre puissance de la région, la Turquie qui a notamment été accusée d'envoyer des mercenaires pro-turcs de Syrie se battre en soutien à Bakou. Si Moscou et Ankara sont rivaux, les présidents Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan entretiennent néanmoins une relation pragmatique.

  • Nagorny-Karabakh : Une troisième tentative de cessez-le-feu vole en éclat

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    Une troisième tentative de mettre fin aux combats entre armée azerbaïdjanaise et forces arméniennes au Nagorny-Karabakh a volé en éclat lundi, les deux camps se rejetant la responsabilité de la "violation grossière" d'un cessez-le-feu négocié à Washington.

    Cette "trêve humanitaire" dans les combats qui enflamment cette région montagneuse du Caucase depuis le 27 septembre devait entrer en vigueur lundi 08H00 locales (04H00 GMT), mais les belligérants ont immédiatement rapporté sa violation, comme lors des deux précédentes tentatives ces dernières semaines.

    Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a accusé les forces arméniennes d'avoir bombardé la ville de Terter et des villages avoisinants, ainsi que des positions de l'armée de Bakou, tout en assurant "respecter strictement" pour sa part l'accord. "Cela démontre une fois de plus que l'Arménie ne soutient qu'en paroles le principe d'une trêve humanitaire. En fait, se cachant derrière la trêve, elle tente de regrouper (ses forces) et d'essayer de prendre de nouvelles positions", a affirmé Khikmet Gadjiev, conseiller du président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

    Le ministère de la Défense du Nagorny-Karabakh a dénoncé pour sa part des tirs d'artillerie ennemis sur ses positions en diverses parties du front, tout en disant que les forces sous son contrôle "se conforment strictement aux accords conclus" et que "les accusations de l'ennemi n'ont non rien à voir avec la réalité".

    Les deux camps ont chacun dénoncé une "violation grossière" de la trêve par la partie adverse. Cet accord avait été négocié pendant le weekend à Washington en pleine campagne du président américain Donald Trump pour sa réélection. Celui-ci a promis qu'il allait "résoudre" ce conflit, assurant que cela allait être "facile". Une première trêve entre Erevan et Bakou avait été conclue à Moscou le 10 octobre et une deuxième à Paris le 17 octobre. Elles ont toutes deux très rapidement volé en éclats.

    Impasse diplomatique
    A Stepanakert, la principale ville du Nagorny-Karabakh, la nuit a été calme, selon des journalistes de l'AFP. Mais 10 minutes avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu lundi matin, une explosion a retenti et de la fumée était visible sur une colline avoisinante, et des tirs d'artillerie étaient ensuite audibles au loin à deux reprises.

    La communauté internationale s'est jusqu'à présent révélée incapable de négocier une trêve durable et plus encore une issue pacifique au conflit. L'Arménie comme l'Azerbaïdjan se sont montrés en grande partie inflexibles. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a exclu la semaine dernière toute "solution diplomatique" au conflit, appelant les volontaires à rejoindre le front.

    Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a de son côté qualifié ses adversaires de "chiens" ou de "bêtes sauvages", jugeant que toute négociation devait être précédée d'un retrait des forces arméniennes du Karabakh, territoire que la communauté internationale reconnaît comme faisant partie de l'Azerbaïdjan. L'Azerbaïdjan, fort de ses revenus pétroliers, s'est armé sans compter ces dernières années, notamment auprès de la Russie, de la Turquie et d'Israël. Ankara est par ailleurs accusé d'avoir déployé des forces spéciales et des combattants pro-turcs de Syrie dans le conflit en cours.

    Le président russe Vladimir Poutine, dont le pays fait traditionnellement office d'arbitre dans la région, a déclaré jeudi que le bilan depuis fin septembre s'approchait de 5.000 morts.

    Depuis le 27 septembre, les forces azerbaïdjanaises ont conquis des territoires échappant au contrôle de Bakou depuis les années 1990 et une guerre, dans la foulée de la chute de l'URSS, qui avait fait 30.000 morts et abouti à la sécession de cette région aujourd'hui peuplée quasi-exclusivement d'Arméniens.

    Les médiateurs du Groupe de Minsk et les ministres des deux pays sont convenus de se retrouver jeudi à Genève pour discuter des "mesures nécessaires pour parvenir à une solution pacifique", selon un communiqué distinct.

    F-16 turcs sur la base aérienne de Gabala (Azerbaïdjan)

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  • Nagorny-Karabakh : L'Arménie exclut toute solution diplomatique

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    L'Arménie a exclu mercredi 21 octobre toute "solution diplomatique" au conflit du Nagorny Karabakh avec l'Azerbaïdjan.

    Le Premier ministre Nikol Pachinian s'est adressé sur Facebook aux Arméniens, alors que les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais étaient à Moscou pour des pourparlers séparés avec la puissance régionale russe. Les deux ministres sont également attendus à Washington cette semaine. "Nous devons admettre que la question du Karabakh, en ce moment et pour encore longtemps, ne peut avoir de solution diplomatique", a-t-il dit, après presque quatre semaines de combats qui ont fait près de mille morts selon des bilans partiels.

    "Tout ce avec quoi nous serions d'accord est inacceptable pour l'Azerbaïdjan. Cela montre que cela n'a aucun sens, au moins actuellement, de parler de solution diplomatique", a-t-il renchéri. Il a demandé en conséquence à tous "les dirigeants des villes, des districts, des villages, des partis politiques, des organisations civiles, des cercles des affaires, d'organiser des unités de volontaires" pour combattre au côté des Arméniens du Nagorny Karabakh.

    Les autorités azerbaïdjanaises ne se sont pas montrées plus enclines au dialogue depuis le début des hostilités le 27 septembre, le président Ilham Aliev, galvanisé par des victoires sur le terrain, qualifiant ses adversaires de "chiens" ou de "bêtes sauvages", et jugeant que toute négociation devait être précédée d'un retrait des indépendantistes.

    "La victoire ou la défaite"
    Les forces azerbaïdjanaises ont conquis ces dernières semaines des territoires échappant au contrôle de Bakou depuis les années 1990 et une guerre, dans la foulée de la chute de l'URSS, qui avait fait 30.000 morts et abouti à la sécession de cette région aujourd'hui peuplée quasi-exclusivement d'Arméniens.

    Un conseiller du président Aliev, Hikmet Hajiyev, a réagi aux propos de M. Pachinian en dénonçant un discours "qui provoque une fois encore une escalade". Concernant les efforts diplomatiques en cours, "nous n'attendons aucune percée, en particulier dans le contexte de l'appel du Premier ministre arménien", a-t-il dit lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

    Selon M. Pachinian, la situation sur le front est "assez grave" pour les séparatistes, confrontés en particulier à l'avancée des troupes adverses dans le sud, en direction de l'Arménie et le long de la frontière avec l'Iran. "Il y a la victoire ou la défaite, rien d'autre. Pour gagner, nous devons tous former des unités de volontaires", a-t-il proclamé.

    Il a néanmoins estimé que son adversaire était en train de jeter ses "dernières ressources" dans la bataille, affirmant même que Bakou avait perdu 10.000 hommes, une affirmation invérifiable d'autant que l'Azerbaïdjan ne communique pas ses pertes militaires.

    L'appel de M. Pachinian intervient après l'échec consécutif de deux trêves humanitaires en octobre.

    Morts civils
    Russie, Etats-Unis et France sont les médiateurs historiques dans le conflit au Nagorny Karabakh et sont à la manoeuvre aussi cette fois-ci. Mais depuis le milieu des années 1990, tous les efforts diplomatiques ont échoué.

    Pour l'Azerbaïdjan, la solution passe par la réintégration du Karabakh, aujourd'hui de facto indépendant, à son territoire avec un haut degré d'autonomie. M. Pachinian revendique lui l'indépendance pour cette province, et a menacé de la reconnaître de manière unilatérale.

    La communauté internationale a appelé à maintes reprises à la cessation des hostilités depuis le 27 septembre, dénonçant aussi les bombardements des populations civiles des deux côtés du front, à l'instar de celui samedi de Ganja, en Azerbaïdjan, qui a fait 13 morts.

    Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, Ankara soutenant Bakou. L'Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, fait elle partie d'une alliance militaire avec la Russie.

    L'Azerbaïdjan, fort de ses revenus pétroliers, s'est armé sans compter ces dernières années, notamment auprès de la Russie, de la Turquie et d'Israël. Ankara est par ailleurs accusé d'avoir déployé des combattants pro-turcs de Syrie dans le conflit en cours.

  • Nagrony-Karabakh : Poursuite des combats

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    Dans la matinée du mardi 13 octobre, les forces armées azerbaïdjanaises ont repris les combats dans les directions sud, nord, nord-est et est, en effectuant des tirs de roquettes. Les forces azerbaïdjanaises sont particulièrement actives dans la partie nord-est de la ligne de front.

    L'Azerbaïdjan accuse l'Arménie d'avoir bombardé la région de Tartar dans la matinée du 13 octobre. Le porte-parole du ministère arménien de la défense, Shushan Stepanyan, a nié ces accusations.

    D son côté, l'armée azerbaïdjanaise continue de briser les défenses arméniennes, ce qui fait que tout semblant de cessez-le-feu a disparu.

    Selon les autorités de l'Artsakh (Haut-Karabakh), l'armée de l'air azerbaïdjanaise utilise des avions de chasse Su-25 le long de la frontière avec le soutien aérien des avions de chasse F-16 de l'armée de l'air turque.

    Selon les autorités de l'Artsakh, 51 militaires arméniens ont été tués au cours des dernières 24 heures, ce qui porte à 480 soldats arméniens tués depuis le 27 septembre. L'Azerbaïdjan ne communique pas sur le nombre de ses soldats tués.

    Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a déclaré que le Haut-Karabakh était proche d'une crise humanitaire en raison de l'offensive de l'Azerbaïdjan.

    "En fait, nous sommes très proches d'une crise humanitaire dans la zone du conflit du Haut-Karabakh, pour ne pas dire que nous faisons déjà face à une crise humanitaire", a-t-il déclaré.

    Selon lui, une des solutions peut être la reconnaissance du droit du peuple du Haut-Karabakh à l'autodétermination, jusqu'à la reconnaissance de l'indépendance du Haut-Karabakh.

    M. Pashinyan a rencontré plusieurs ambassadeurs d'Etats étrangers et leur a précisé les points suivants:
    - C'est l'Azerbaïdjan qui a attaqué le Haut-Karabakh.
    - Cette guerre n'aurait jamais commencé si la Turquie n'avait pas montré sa volonté d'y participer pleinement.
    - L'implication de la Turquie et son incitation à la guerre sont également publiques.
    - La Turquie a recruté des mercenaires et des membres de groupes terroristes en Syrie et les a amenés dans la zone de conflit avec ses propres moyens de transport aérien.
    - Cela fait partie de la politique expansionniste de la Turquie, car les Arméniens du Caucase du Sud sont le dernier obstacle sur le chemin de la Turquie vers l'est, le nord, le sud-est.
    - L'objectif politique officiel de l'Azerbaïdjan est l'extermination des Arméniens, au moins dans le Haut-Karabakh.
    - L'Azerbaïdjan ne respecte pas le cessez-le-feu. Le cessez-le-feu devait prendre effet le 10 octobre à 12 heures. Cependant, à 12h05, l'Azerbaïdjan a lancé une attaque sur le territoire du Haut-Karabakh, tentant de s'emparer de la ville de Hadrut. Les combats sont toujours en cours dans la région d'Hadrut.
    - L'Arménie a clairement déclaré son engagement à respecter le cessez-le-feu conformément à la déclaration, nous avons l'intention d'observer le cessez-le-feu. Nous y sommes attachés.
    - Dans cette guerre, le peuple arménien tente de résister au génocide qui se déchaîne contre lui.
    - Nous sommes prêts à être constructifs dans ce processus. Toutefois, nous pensons que la reprise du processus de négociation devrait se faire selon la logique définie dans la déclaration de Moscou.

    La cour suprême d'Israël rejette la demande d'interdiction de vente d'armes à l'Azerbaïdjan
    Entre-temps, la Cour suprême d'Israël a rejeté, dans un contexte de bonne nouvelle pour l'Azerbaïdjan, la demande d'interdiction de la vente d'armes à l'Azerbaïdjan, en raison du manque de preuves de crimes de guerre contre l'Arménie.

    - Vidéo - Côté arménien
    Un drone azéri abattu par un missile anti-aérien de fabrication iranienne tiré par les Arméniens

    Attaque d'un char de l'armée azerbaïdjanaise : 


    - Vidéos - Côté azéri

    Vidéo du village de Suleymanli capturé par les forces azéries dans la région de Jebrail

    Vdiéo des points de ravitaillement mobiles pour les troupes au combat :

  • Arménie et Azerbaïdjan s'accordent sur un cessez-le-feu mais se bombardent intensivement avant son entrée en vigueur

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    L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont accordés samedi sur un cessez-le-feu à partir de midi dans la région séparatiste du Nagorny Karabakh, a annoncé la diplomatie russe après des négociations marathon à Moscou entre les chefs des diplomaties arménienne et azerbaïdjanaise.

    "Un cessez-le-feu est annoncé à partir de 12 heures 00 minutes le 10 octobre 2020 dans des buts humanitaires", a indiqué le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lisant un communiqué à l'issue des pourparlers. On ignorait dans l'immédiat s'il s'agissait de midi à Moscou (09H00 GMT) ou à Stepanakert (08H00 GMT). M. Lavrov a affirmé que le cessez-le-feu permettrait "d'échanger des prisonniers de guerre, d'autres personnes et les corps des tués avec la médiation et en accord avec les critères du Comité de la Croix Rouge".

    L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont également engagés "à des négociations substantielles pour parvenir rapidement à un règlement pacifique" du conflit avec la médiation des co-présidents du groupe de Minsk de l'OSCE, a précisé M. Lavrov. Co-présidé par la Russie, les Etats-Unis et la France, le groupe de Minsk de l'OSCE est depuis le milieu des années 1990 le principal médiateur international dans ce conflit. Les "paramètres spécifiques" de la mise en oeuvre du cessez-le-feu seront convenus ultérieurement, a ajouté Sergueï Lavrov.

    Ces négociations entre les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais, à Moscou, ont duré plus de 10 heures et sont terminées très tard dans la nuit de vendredi à samedi. Il s'agissait du premier espoir sérieux pour mettre fin aux affrontements meurtriers qui opposent depuis le 27 septembre des séparatistes arméniens de la république autoproclamée du Nagorny Karabakh, soutenus par Erevan, et les forces azerbaïdjanaises. Jusqu'à présent, les deux parties étaient restées sourdes aux appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu.

    "Maestro"
    Dans un message sur son compte Facebook, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a évoqué des "négociations marathon" et a qualifié le ministre russe des Affaires étrangères de "maestro".

    Avant le début des pourparlers, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev avait affirmé donner une "dernière chance" à Erevan pour régler pacifiquement le conflit dans cette région montagneuse, revendiquée par les deux pays. "Nous retournerons de toutes façons sur nos terres", avait-il affirmé, lors d'un discours télévisé. Le Premier Ministre arménien Nikol Pachinian s'était dit lui prêt "pour la reprise du processus de paix".

    Les deux camps se bombardent intensivement
    Des missiles azerbaïdjanais se sont abattus sur la capitale du Nagorny Karabakh, Stepanakert, samedi matin, a indiqué un responsable de cette enclave séparatiste, peu de temps avant l'entrée en vigueur d'un cessez-le feu.
    "Il y a quelques minutes, l'Azerbaïdjan a de nouveau frappé des zones civiles de Stepanakert avec des missiles", a déclaré sur Twitter Artak Belgarian, le médiateur de cette république auto-proclamée, précisant qu'il n'y avait pas encore d'informations sur les victimes.

    De son côté, les forces arméniennes du Haut Karabakh ont bombardé intensivement" des zones habitées, selon les autorités d'Azerbaïdjan.

    Kalin Ibrahim.jpgLa Turquie affirme que le cessez-le-feu au Nagorny Karabakh échouera sans le retrait des Arméniens
    Les efforts déployés par la Russie, la France et les États-Unis pour mettre fin à la bataille en cours dans le Haut-Karabakh échoueront si l'Arménie ne se retire pas de la région contestée, a déclaré le 9 octobre le porte-parole présidentiel turc Ibrahim Kalin (photo).

    "S'ils ne font qu'appeler à un cessez-le-feu, s'ils ne travaillent qu'à un cessez-le-feu, ce ne sera rien de plus qu'une répétition de ce qui s'est passé au cours des 30 dernières années", a déclaré M. Kalin, cité par Reuters dans une interview sur Al-Jazira, "Il est presque certain que l'opération échouera si elle ne s'accompagne pas d'un plan détaillé pour mettre fin à l'occupation".

    Kalin a fait ces remarques alors que les ministres des affaires étrangères russe, azerbaïdjanais et arménien, Sergeï Lavrov, Jeyhun Bayramov et Zohrab Mnatsakanyan, se réunissaient à Moscou pour discuter de la situation au Haut-Karabakh.

    La Turquie semble confiante que les discussions à Moscou seront un échec. Dans une déclaration, le ministre de la défense, Hulusi Akar, a déclaré que l'attaque de l'Azerbaïdjan au Haut-Karabakh ne cessera pas tant que l'Arménie ne retirera pas ses forces de la région.

    "Tant que l'occupation ne sera pas terminée, tant que les terroristes et les mercenaires ne seront pas sortis de là, personne ne doit s'attendre à ce que nos frères azéris s'arrêtent", a déclaré M. Akar dans la déclaration.

    La Turquie soutient activement les opérations azerbaïdjanaises dans le Haut-Karabakh. Ankara a déployé plus de 1 000 mercenaires syriens sur les lignes de front de la région. En outre, au moins deux avions de chasse F-16 turcs ont été déployés en Azerbaïdjan.

    Les déclarations de Kalin et Akar indiquent que l'Azerbaïdjan n'est toujours pas prêt à faire des compromis. La bataille du Haut-Karabakh ne devrait pas se terminer de sitôt.