OLP

  • L'Autorité Palestinienne (AP) démissionne de la présidence de la Ligue arabe

    Imprimer

    riyad al-Maliki.jpgLe ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki (photo), a déclaré que l'AP renonçait à la présidence de la Ligue arabe. La raison en est le refus de la Ligue arabe de condamner le traité de normalisation des relations d'Israël avec les Émirats arabes unis et Bahreïn.

    Le 9 septembre, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue, lors d'une vidéoconférence, ont réaffirmé leur engagement à l'égard de l'Initiative de paix arabe de 2002 visant à établir un État palestinien à l'intérieur des frontières de 1967, avec la capitale à Jérusalem-Est.

    Après trois heures de discussion, ils ont rejeté une demande de la partie palestinienne de condamner le traité de normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis.

    La chaîne de télévision libanaise Al-Mayadin a rapporté qu'au cours de la discussion, les Palestiniens étaient pratiquement isolés. Les États arabes du golfe Persique, l'Égypte, la Jordanie, le Maroc et le Soudan se sont opposés à la résolution qu'ils ont proposée.

    Selon la chaîne, le secrétaire général de l'OLP Saib Arikat a informé l'Égypte, la Jordanie et l'Arabie saoudite que l'adoption d'une résolution en faveur de la normalisation entraînerait le retrait des Palestiniens de la Ligue. Le résultat de cette menace a été un communiqué neutre adopté par la Ligue arabe.

    Al-Mayadin a noté qu'outre les Palestiniens, seuls la Somalie et le Yémen se sont opposés à la résolution proposée par les EAU. Le Liban, l'Irak, l'Algérie et la Tunisie ont adopté une position neutre sur la question du soutien à la normalisation avec Israël.

    Le 15 septembre, le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Muhammad al-Shtaye, a appelé le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à reconsidérer ses relations avec la Ligue arabe. La ligue est devenue un symbole d'échec, a-t-il dit, en ignorant ses propres décisions.

  • Jordanie : "Septembre noir" - Il y a un demi-siècle

    Imprimer

    Extrait du livre "Beyrouth, l'enfer des espions"

    Septembre 1970 : Le roi Hussein de Jordanie affronte les fedayins
    Les pays du champ de bataille craignent le pire. L’inquiétude s’empare des gouvernements égyptien, jordanien, libanais et même de certains membres du gouvernement syrien.

    On a vu comment, le 23 juillet 1970, le président égyptien Nasser avait fait fi des menaces palestiniennes et accepté officiellement les principes du plan Rogers. Il est suivi, le 26 juillet, par le roi Hussein de Jordanie.

    Les Palestiniens prennent l’accord du roi Hussein comme une déclaration de guerre : « Nous sommes prêts à transformer la Palestine, le Liban, la Jordanie en un immense enfer, ainsi que tout autre pays qui tenterait d’engager la révolution palestinienne par des obligations découlant d’une solution pacifique », menaçait Georges Habache, le leader du FPLP.

    Il y a déjà quelque temps que le roi Hussein, se sentant menacé par les organisations de la résistance palestinienne, craint pour son régime et sa vie. Les fedayins de l’OLP paradent dans son pays, armés jusqu’aux dents. Ils bénéficient de vastes complicités à l’intérieur de son royaume comme à l’extérieur. Les dirigeants palestiniens ne se privent pas pour affirmer à qui veut les entendre que les jours du régime hachémite sont comptés. Mais il règne déjà une grande confusion entre les différents mouvements palestiniens. Nombre d’entre eux ont été créés par divers régimes arabes, souvent en concurrence les uns envers les autres. Ils cherchent à entrer en compétition avec le Fatah par des actions irresponsables et un discours encore plus « révolutionnaire » et encore plus intransigeant que celui des organisations rivales. « La floraison de slogans gauchistes – tel celui qui invitait les masses à donner tout le pouvoir à la résistance – la distribution de portraits de Lénine dans les rues d’Amman et jusqu’à l’intérieur même des mosquées, les appels en faveur de la révolution et de l’instauration d’un régime socialiste relevaient d’une criminelle inconscience. Les extrémistes confondaient à l’envi le combat pour la libération nationale, que le Fatah prônait exclusivement, et la lutte des classes. » (Abou Iyad, Palestinien sans patrie – Entretiens avec Éric Rouleau, Fayolle, Paris, 1978

    Cet état d’anarchie donne au GID, les services de sécurité jordaniens, les moyens de discréditer les fedayins. Ils organisent, par exemple, en septembre 1968, l’enlèvement d’un officier de la garde royale jordanienne. Le kidnapping est revendiqué par une organisation inconnue. Le roi exige la libération de l’officier et menace de faire bombarder les camps. Les dirigeants palestiniens, Yasser Arafat en tête, se précipitent au palais pour dire au roi qu’ils n’ont rien à voir avec cet incident. Le roi accepte leurs explications et ordonne la levée du blocus des camps. Les services de renseignement palestiniens dirigés par Abou Iyad découvriront quelque temps plus tard que l’organisation responsable de l’enlèvement avait été créée, financée et armée par les services de sécurité jor-daniens. Les provocations se poursuivent pendant de longs mois. Le roi et ses services de sécurité préparent l’opinion publique et son armée à la nécessité d’une confrontation avec les fedayins. La tension est maintenue intentionnellement à l’aide d’agents provocateurs et de groupements de résistance inconnus jusqu’alors. En juin 1970, par exemple, un certain Aboul Raed, membre du FPLP du Dr Georges Habache, s’en prend en termes obscènes au roi, sa mère et sa femme. Le Premier ministre jordanien, Abdel Moneim el-Rifaï, convoque à son bureau le chef des services de renseignement du Fatah, Abou Iyad. Il lui montre une lettre du roi exigeant la fermeture de toutes les permanences du FPLP. Il menace d’envoyer l’armée les fermer si son ordre n’est pas exécuté dans les quarante-huit heures. Aboul Raed sera démasqué un peu plus tard comme étant un agent des services secrets égyptiens.

    Les Palestiniens sont persuadés que le roi Hussein n’osera pas s’attaquer à eux. Les fedayins étant éparpillés à travers le royaume, un affrontement ne manquerait pas de provoquer un grand nombre de victimes civiles et des destructions considérables. Beaucoup de dirigeants palestiniens pensent en outre que l’armée jordanienne, composée pour un tiers de soldats d’origine palestinienne, n’obéirait pas à un ordre de tirer sur les résistants palestiniens.

    Le pouvoir jordanien utilise un stratagème pour creuser le fossé entre les militaires jordaniens et les fedayins. Des permissions sont accordées aux soldats jordaniens qui ont participé à de sanglants accrochages avec les fedayins. Ceux-ci, de retour dans leur foyer, sont confrontés à l’hostilité des Palestiniens. Ils sont malmenés, humiliés et parfois même enlevés. Il est compréhensible que de retour dans leurs casernes, leur désir d’en découdre n’a fait que croître. Quant aux soldats d’origine palestinienne, on leur explique que tous ces membres d’organisations gauchistes ne sont que des athées, des communistes, des ennemis de Dieu.

    Le roi Hussein se rend à Alexandrie, en Égypte, deux semaines après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu mettant fin à une interminable guerre d’usure entre les armées égyptiennes et israéliennes. Hussein est reçu chaleureusement par le président Nasser. Les autorités jordaniennes font courir le bruit que Nasser a donné au roi son feu vert pour écraser la résistance palestinienne en Jordanie. Yasser Arafat se précipite à Alexandrie à la tête d’une délégation palestinienne. Nasser est outré par les attaques dont il est l’objet dans la presse palestinienne depuis qu’il a approuvé la résolution 242 de l’ONU et signé un cessez-le-feu. Il fait attendre les Palestiniens pendant trois heures. « Je me suis promené dans mon jardin pendant une heure pour pouvoir maîtriser ma colère avant de vous recevoir », leur déclare-t-il avant de débuter la réunion1. Il accepte quand même de dialoguer avec les dirigeants palestiniens. Il leur explique qu’il y a peu de chance, à son avis, qu’Israël respecte ses engagements et restitue l’intégralité des territoires occupés. Il souhaite en outre « piéger » les États-Unis qui, pour la première fois depuis la guerre de 1967, se sont engagés à obtenir l’évacuation des territoires occupés par Israël. ((Abou Iyad, Palestinien sans patrie – Entretiens avec Éric Rouleau, Fayolle, Paris, 1978)

    Il pose une question aux dirigeants palestiniens : combien de temps vous faudra-t-il pour détruire l’État sioniste? Devant l’absence de réponse de Yasser Arafat, il lui explique qu’il vaut mieux accepter un mini-État en Cisjordanie et à Gaza plutôt que de poursuivre inlassablement une lutte stérile. Mais il y a une question qui brûle les lèvres de Yasser Arafat : est-il vrai que le président Nasser a poussé le roi Hussein à frapper les Palestiniens ? Gamal Abdel Nasser affirme avoir dit le contraire : « Je l’ai mis en garde par deux fois, une fois en tête-à- tête et une fois en présence de mon Premier ministre. »

    Le FPLP de Georges Habache donnera finalement l’occasion au roi d’attaquer les organisations palestiniennes. Le FPLP détourne quatre avions de ligne vers la Jordanie le 9 septembre 1970 et les dynamite le lendemain. Georges Habache est curieusement absent du Moyen-Orient au moment des faits. Il se trouve en visite officielle en Corée du Nord. C’est en fait le Dr Wadid Haddad, son adjoint, qui a organisé l’opération. On sait que Wadid Haddad collaborait étroitement avec le KGB.

    L’affaire des avions est pour le roi Hussein de Jordanie une aubaine pour affirmer son autorité dans le royaume et rétablir l’ordre. Il sent que l’opinion mondiale est exaspérée par les exactions de certains fedayins. Tous les pays arabes ont condamné le détournement. Même l’Irak, qui est pourtant favorable à la résistance, condamne l’acte terroriste et adresse un ultimatum au Fatah exigeant l’arrestation des pirates de l’air. L’attitude du gouvernement irakien est d’autant plus incompréhensible que, quelques mois plus tôt, trois membres influents du régime de Bagdad avaient incité la résistance palestinienne à s’emparer du pouvoir en Jordanie : « Organisez un coup d’État et les unités irakiennes stationnées en Jordanie vous prêteront main-forte pour renverser la monarchie et établir un pouvoir populaire. » (Abou Iyad, Palestinien sans patrie – Entretiens avec Éric Rouleau, Fayolle, Paris, 1978)

    Les autorités soviétiques affirment également être hostiles à ce genre d’actions. Cela prouve que les organisations du Front du refus qu’elles ont elles-mêmes armées et organisées sont devenues incontrôlables. Cette perte de contrôle apparaîtra au grand jour quand un avion de ligne russe sera détourné à son tour.

    Yasser Arafat sent le danger et veut désamorcer la crise en suspendant le FPLP du Comité central de l’OLP.

    Peine perdue. Le roi Hussein sait qu’il a les mains libres pour mettre un terme à tous ces actes de terrorisme injustifiables. La résistance palestinienne est acculée au combat. Elle pense encore venir rapidement à bout des Bédouins de Hussein. Elle croit pouvoir compter sur l’aide de l’armée syrienne et sur celle des unités de l’armée irakienne présentes en Jordanie. Mais l’armée irakienne reste l’arme au pied et l’armée syrienne doit faire demi-tour, un certain général Hafez el-Assad ayant refusé d’offrir une couverture aérienne aux unités syriennes. Les Palestiniens reçoivent un autre coup de poignard dans le dos de la part des Syriens. L’Algérie avait envoyé des lots d’armements à la résistance. Mais ceux-ci restèrent bloqués pendant des semaines dans le port de Lattaquié.

    Le premier round s’achève sur un accord de cessez-le-feu signé au Caire entre Yasser Arafat et le roi Hussein sous l’égide de Gamal Abdel Nasser. L’accord est signé le 27 septembre 1970. Nasser devait décéder le lendemain. Mais les combats reprennent presque aussitôt. Il

    y a en effet une clause qui est inacceptable pour le roi Hussein : l’OLP y est désignée comme la seule représentante du peuple palestinien.

    Le roi nomme Wasfi Tall au poste de Premier ministre, le 28 octobre 1970. Wasfi Tall est un homme brutal, mais extrêmement habile. Il manœuvre pendant de longs mois pour réduire l’influence des organisations de la résistance. Il exige leur départ de toutes les localités jordaniennes. Il exige la restitution des armes de la résistance. Il fait proclamer que tout homme surpris avec une arme sera exécuté. Les services de sécurité jordaniens se mettent à fouiller les maisons, découvrant facilement les caches d’armes grâce aux complicités dont ils disposent au sein de la population palestinienne. Les services de sécurité palestiniens résistent comme ils peuvent, arrêtant un grand nombre d’agents jordaniens dans leurs rangs. Les personnes arrêtées s’étaient souvent fait connaître pour leurs opinions extrémistes et jusqu’au-boutistes.

    Le dernier acte de la présence palestinienne en Jordanie s’achève brutalement entre le 13 et le 17 juillet 1971 dans les forêts et les collines boisées de Jerash et Ajloun. 700 fedayins perdent la vie au cours des combats avec l’armée jordanienne. 2 000 autres sont capturés et livrés aux autorités de Damas. Une centaine d’autres parviennent à fuir vers la Syrie ou... vers Israël qui leur donne le droit d’asile ! La résistance palestinienne a été anéantie en Jordanie. Les responsables de l’OLP donnent aussitôt des ordres pour que les bases soient renforcées au Liban. La frontière du Liban avec Israël reste la seule ligne de front pour la poursuite de la "guerre de libération".

     

    Œil pour œil, dent pour dent : 1971-1972 : l’organisation terroriste « Septembre noir »
    Le 15 septembre 1971, l’ambassadeur de Jordanie à Londres est légèrement blessé au cours d’une attaque à l’arme automatique. L’attentat est revendiqué par une organisation jusqu’ici inconnue : « Septembre noir ». Les services secrets du monde entier veulent savoir qui se cache derrière ce nom. On découvre que les membres de « Septembre noir » appartiennent au Fatah, mais qu’ils contestent sa direction politique qu’ils jugent « embourgeoisée et déficiente ». « Septembre noir » a vu le jour au lendemain de la liquidation de la résistance en Jordanie. Les éléments les plus extrémistes du Fatah rendaient les leaders « historiques » de la résistance responsables de l’écrasement des fedayins par l’armée du roi Hussein. Ils reprochent à ces leaders leur refus de s’emparer du pouvoir à Amman, à une époque où ils auraient pu le faire. Ils les accusent de collaboration avec les régimes réactionnaires de Jordanie et d’Arabie saoudite, qu’ils considèrent « inféodés aux États-Unis ». Les Américains sont pour eux « le grand Satan » dont l’objectif unique est de renforcer l’expansion de l’État hébreu dans la région. Après avoir menacé de rallier le FPLP du Dr Georges Habache, jugé plus radical, les jeunes contestataires du Fatah, dont la plupart n’ont jamais connu la Palestine, décident de créer une formation indépendante et de vivre dans la clandestinité la plus absolue. On ne connaît ni chef ni direction collégiale à la nouvelle organisation. Les soupçons du Mossad se portent très vite sur Abou Iyad et Abou Daoud, deux cofondateurs du Fatah. Ils accusent également Abou Hassan Salameh d’être derrière le mouvement terroriste. Mais pour ce qui concerne Salameh, les accusations du Mossad ne sont pas dénuées d’arrière-pensées, celui-ci étant très proche de Yasser Arafat. Les structures de « Septembre noir » sont floues et se limitent à quelques groupes de militants disséminés à travers les pays arabes et dans d’autres pays. Leur but est d’organiser des attentats spectaculaires contre des objectifs israéliens, civils ou militaires. Ils cherchent à porter atteinte à la sécurité de l’État hébreu et à démontrer sa vulnérabilité. Ils critiquent les actions « propres » des fedayins du Fatah qui se font tuer « pour l’honneur et le prestige » en franchissant la frontière israélienne.

    28 novembre 1971. Le premier ministre jordanien gravit les marches de l’hôtel Sheraton au Caire entouré de ses collaborateurs et de ses gardes du corps. Wasfi Tall est venu au Caire pour participer au Conseil de Défense de la Ligue arabe. Deux commandos de deux membres chacun sont à l’affut dans et autour de l’hôtel. Ils appartiennent à l’organisation « Septembre noir ». Les membres du premier commando s’approchent de Wasfi Tall et sortent leurs armes. Ils tirent, atteignant mortellement le Premier ministre jordanien. Ce sera le premier règlement de comptes de « Septembre noir ». Les terroristes voulaient venger les 10 000 fedayins tués au cours des combats de 1970 et 1971 en Jordanie. Un deuxième attentat prend pour cible Zeid Rifaï, un proche conseiller du roi Hussein. Celui-ci échappe miraculeusement à la mort.

    Il reste des centaines de détenus palestiniens dans les geôles jordaniennes. « Septembre noir » cherche les moyens d’obtenir leur libération. Les membres de cette organisation préparent un plan de grande envergure. Il ne s’agit ni plus ni moins que de capturer l’ambassadeur américain à Amman, ainsi que le plus grand nombre de ses collaborateurs. On n’aurait plus alors qu’à échanger l’ambassadeur contre les détenus palestiniens. On a confié un autre objectif à un second groupe en cas d’échec du premier commando. Il s’agit de capturer la présidence du Conseil jordanien et de prendre les membres du gouvernement en otage. Le commandement de l’ensemble de l’opération est confié à Abou Daoud. Abou Daoud avait dirigé les combats d’Amman en septembre 1970 et il s’y était distingué. L’opération sera un échec. Les services secrets jordaniens ont retourné un membre du groupe, un certain Moustapha qui résidait à Amman. Moustapha, qui affiche des opinions jusqu’au-boutistes, infiltre le FPLP de Georges Habache. Ce retournement permet aux services de sécurité jordaniens de capturer l’ensemble du commando. Abou Ihab, l’un des chefs de « Septembre noir », n’a plus qu’une idée en tête : capturer Moustapha. Il lui envoie un message dans lequel il indique son intention de monter une seconde opération pour obtenir la libération d’Abou Daoud. Il lui demande de venir le rencontrer dans une capitale arabe pour discuter du nouveau projet. Moustapha montre la lettre d’Abou Ihab au chef des services de renseignement jordaniens, El-Nazil Rachid, ainsi qu’au frère du roi, l’émir Hassan, responsable de la sécurité du royaume et Adnan Abou Audeh, ministre de l’information. Les responsables jordaniens ne s’imaginent pas que les Palestiniens ont déjà repéré Moustapha comme étant une taupe au sein de l’organisation. Ils lui ordonnent de se rendre au rendez-vous pour connaître le nouveau projet. Il est facile aux fedayins de « Septembre noir » de capturer Moustapha à son arrivée sur le lieu de rendez-vous. Moustapha sera « interrogé » pendant de longs mois avant d’être exécuté. Il livrera de précieux renseignements sur le nom des agents des services jordaniens au sein des organisations de la résistance palestinienne. Ceux-ci seront éliminés les uns après les autres.

    Mais Abou Daoud et son groupe sont toujours détenus dans les geôles jordaniennes. « Septembre noir » monte une nouvelle opération pour obtenir leur libération. Huit terroristes investissent le 1er mars 1972 l’ambassade d’Arabie saoudite à Khartoum, au Soudan. Une quarantaine de diplomates assistent à une réception. Ils en retiennent cinq en otage : les ambassadeurs d’Arabie saoudite et des États-Unis, les chargés d’affaires américain, belge et jordanien. Ils exigent en échange des otages la libération d’Abou Daoud et de son commando. Les otages n’ont pas été choisis au hasard. L’un des chargés d’affaires américains a été en poste à Amman en 1970 et il a une lourde responsabilité dans l’élimination de la résistance palestinienne en Jordanie. C’est son dernier jour à Khartoum. Il doit quitter le Soudan le 2 mars. La réception est donnée en son honneur. Le chargé d’affaires belge est connu pour ses sentiments pro-israéliens.

     

    Les négociations débutent entre les preneurs d’otages et les autorités jordaniennes, mais le roi Hussein refuse toute concession. Les terroristes exigent alors que les autorités soudanaises mettent un avion à leur disposition. Ils veulent se rendre à Washington avec leurs otages pour négocier avec les autorités américaines. Le président Nixon refuse et demande au président soudanais d’utiliser la force pour mettre un terme à la prise d’otages. L’assaut contre l’ambassade saoudienne est lancé dans la soirée du 2 mars. Les fedayins de « Septembre noir » mettent aussitôt leurs menaces à exécution et tuent trois otages : l’ambassadeur et le chargé d’affaires américains ainsi que le chargé d’affaires belge. Les preneurs d’otages se rendent le 4 mars aux autorités soudanaises après de laborieuses négociations. Le roi ratifiait la peine de mort contre Abou Daoud et les membres du commando quelques heures plus tard. Mais il dut céder sous la pression de plusieurs chefs d’État arabes dont les présidents Sadate et Boumediene ainsi que l’émir du Koweït. Le roi commuera les peines de mort en détention à vie, avant de gracier les condamnés en octobre 1973. Abou Daoud sera arrêté en 1977 à Paris. Les autorités françaises l’accusaient d’être le responsable du massacre des Jeux olympiques de Munich. Cette arrestation révélera les divergences qui régnaient à l’époque au sein des services spéciaux français, un état de fait qui avait déjà été mis en lumière par l’affaire Ben Barka. Il y avait en fait des agents et même des réseaux qui coopéraient avec certains pays arabes et d’autres qui travaillaient avec le Mossad, au risque de discréditer la politique moyen-orientale du président Giscard d’Estaing.

    Mais revenons à l’ambassade de Khartoum. La suite sera racontée par Henry Kissinger lui-même dans son livre Years of Upheaval. Kissinger avait remarqué que les terroristes palestiniens avaient cherché à rencontrer les autorités américaines. Cela n’était pas acceptable tant que des otages restaient aux mains des terroristes. Mais six semaines après l’attaque de l’ambassade d’Arabie saoudite, le 3 novembre 1973, une réunion secrète a lieu entre Vernon Walters, le vice-directeur de la CIA, et Yasser Arafat. Les deux hommes devaient conclure un pacte de non-agression entre les États-Unis et l’OLP. Devenu patron du Mossad, un an plus tard, Yitzhak Hofi découvre que la CIA rencontrait très régulièrement des représentants de l’OLP, et pas des moindres, puisqu’il s’agissait d’Abou Hassan Salameh. Ce dernier a été désigné par Yasser Arafat pour poursuivre le dialogue avec la CIA. Or, Salameh est considéré par les Israéliens comme l’un des instigateurs de la tuerie de Munich dont nous parlerons un peu plus loin. William Buckley, qui deviendra le responsable de la CIA au Liban et qui sera enlevé et tué par le Jihad islamique, déclarera à propos d’Abou Hassan Salameh : « Salameh a joué un grand rôle pour rallier les cœurs et les cerveaux américains à la cause de l’OLP. Il était charismatique, persuasif. Il savait quand il fallait parler et quand il valait mieux écouter. Sur le strict plan du renseignement, c’était un super-informateur1. »

    Le roi ordonne au GID, les services de renseignement jordaniens, de rendre coup pour coup. Une série d’attentats à l’explosif détruit plusieurs journaux de Beyrouth favorables à la résistance palestinienne. Les services secrets libanais comme ceux de l’OLP soupçonnent immédiatement les Jordaniens d’être à l’origine de ces actions. Ils arrêtent un terroriste qui confirme avoir été enrôlé par les services secrets jordaniens. Les hommes de la Sûreté générale libanaise lui demandent de maintenir ses relations avec les Jordaniens comme si de rien n’était. Un passeur devait remettre au terroriste arrêté par les Libanais une valise bourrée d’explosifs. Ils l’arrêtent au moment où celui-ci s’apprête à remettre la valise. Il s’agissait de l’assistant de l’attaché militaire jordanien à Beyrouth, le lieutenant Hisham Youssouf. Le lieutenant Youssouf, qui bénéficie de l’immunité diplomatique, est expulsé du Liban. L’expulsion du lieutenant Youssouf ne met pas un terme aux actions des services secrets jordaniens pour autant. Une charge explosive fait sauter un véhicule le 31 mars 1973. Les Jordaniens se sont en fait trompés de cible. La voiture était de la même marque et de la même couleur que celle de Ziad el-Hilou. El-Hilou faisait partie du commando de quatre hommes qui avaient assassiné le Premier ministre jordanien, Wasfi Tall, en novembre 1971. Les services secrets libanais arrêtent, peu de temps après, un Jordanien, Ali Hussein el-Taher. Ils l’accusent d’avoir transmis à un pays étranger des informations sensibles sur les organisations terroristes implantées au Liban.

  • Le conseil central palestinien appelle l’OLP à suspendre la reconnaissance d’Israël

    Imprimer

    Le conseil central palestinien appelle l’OLP à suspendre la reconnaissance d’Israël

    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais) ruРусский (Russe)

    Le conseil central palestinien a appelé lundi l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) à suspendre la reconnaissance de l’Etat d’Israël, en réponse à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.
    Dans un vote intervenu à Ramallah en Cisjordanie occupée, le conseil central de l’OLP a « chargé le comité exécutif de l’OLP  de suspendre la reconnaissance d’Israël jusqu’à ce que ce dernier reconnaisse l’Etat de Palestine dans ses frontières de 1967, annule l’annexion de Jérusalem-Est et cesse ses activités de colonisation« , selon un communiqué.
    Ce vote a recueilli 74 voix pour, 2 contre et 12 abstentions, a constaté un journaliste de l’AFP.
    OLP
    L’OLP est l’organisation internationalement reconnue comme la représentante de tous les Palestiniens et son comité exécutif est la seule instance habilitée à prendre les décisions engageant les Palestiniens dans le cadre du processus de négociation avec Israël.
    En 2015, un vote du conseil central de l’OLP sur la suspension de la coordination sécuritaire avec Israël n’avait pas été suivi d’effet.
    Le conseil central de l’OLP avait été convoqué à titre extraordinaire pour répondre à la décision du président Trump sur Jérusalem, annoncée le 6 décembre. Depuis cette date, 17 Palestiniens et un Israélien ont été tués dans des violences.
    Mahmooud Abbas avait donné le ton dimanche 14 janvier 2018
    Dimanche, le président palestinien Mahmoud Abbas avait donné le ton de la réunion du conseil central de l’OLP, qui s’est déroulée sur deux jours.
    « L’affaire du siècle s’est transformée en claque du siècle« , avait tonné M. Abbas, en référence à la volonté proclamée de M. Trump de présider à « l’accord (diplomatique) ultime » entre Israéliens et Palestiniens.
    Les Palestiniens rejetteront le plan que Washington est censé présenter à une échéance encore indéfinie et toutes les options sont sur la table, avait-il proclamé.
    Les Palestiniens ont gelé les contacts avec l’administration Trump. Le vice-président américain Mike Pence se rendra à Jérusalem la semaine prochaine, mais ne devrait rencontrer aucun dirigeant palestinien.

  • Le conseil central palestinien appelle l’OLP à suspendre la reconnaissance d’Israël

    Imprimer

    Le conseil central palestinien appelle l’OLP à suspendre la reconnaissance d’Israël

    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais) ruРусский (Russe)

    Le conseil central palestinien a appelé lundi l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) à suspendre la reconnaissance de l’Etat d’Israël, en réponse à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.
    Dans un vote intervenu à Ramallah en Cisjordanie occupée, le conseil central de l’OLP a « chargé le comité exécutif de l’OLP  de suspendre la reconnaissance d’Israël jusqu’à ce que ce dernier reconnaisse l’Etat de Palestine dans ses frontières de 1967, annule l’annexion de Jérusalem-Est et cesse ses activités de colonisation« , selon un communiqué.
    Ce vote a recueilli 74 voix pour, 2 contre et 12 abstentions, a constaté un journaliste de l’AFP.
    OLP
    L’OLP est l’organisation internationalement reconnue comme la représentante de tous les Palestiniens et son comité exécutif est la seule instance habilitée à prendre les décisions engageant les Palestiniens dans le cadre du processus de négociation avec Israël.
    En 2015, un vote du conseil central de l’OLP sur la suspension de la coordination sécuritaire avec Israël n’avait pas été suivi d’effet.
    Le conseil central de l’OLP avait été convoqué à titre extraordinaire pour répondre à la décision du président Trump sur Jérusalem, annoncée le 6 décembre. Depuis cette date, 17 Palestiniens et un Israélien ont été tués dans des violences.
    Mahmooud Abbas avait donné le ton dimanche 14 janvier 2018
    Dimanche, le président palestinien Mahmoud Abbas avait donné le ton de la réunion du conseil central de l’OLP, qui s’est déroulée sur deux jours.
    « L’affaire du siècle s’est transformée en claque du siècle« , avait tonné M. Abbas, en référence à la volonté proclamée de M. Trump de présider à « l’accord (diplomatique) ultime » entre Israéliens et Palestiniens.
    Les Palestiniens rejetteront le plan que Washington est censé présenter à une échéance encore indéfinie et toutes les options sont sur la table, avait-il proclamé.
    Les Palestiniens ont gelé les contacts avec l’administration Trump. Le vice-président américain Mike Pence se rendra à Jérusalem la semaine prochaine, mais ne devrait rencontrer aucun dirigeant palestinien.

  • Au lendemain de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu pr Donald Trump

    Imprimer
    Israël-Cisjordanie-Gaza 
    Trump
    Les principaux extraits de l'annonce du président américain sur Jérusalem
    Donald Trump pendant son annonce
        
    Voici les principaux points de l'allocution du président américain Donald Trump, mercredi 6 décembre, confirmant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël. 
    "Les vieux défis nécessitent une nouvelle approche", a prévenu le président américain avant de faire cette annonce historique: "Il est temps d'officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël". 
    "Ce n'est rien de moins qu'une reconnaissance de la réalité", a-t-il ajouté. 
    "Après plus de deux décennies de dérogations" à une loi américaine de 1995 imposant le déplacement de l'ambassade, "nous ne sommes pas plus près d'un accord de paix entre Israël et les Palestiniens", a-t-il argumenté, en référence à une loi américaine de 1995 imposant le déplacement de l'ambassade. 
    Une clause permet cependant aux présidents de repousser son application pour six mois. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama l'ont systématiquement actionnée. 
    "Ce serait une folie de penser que répéter la même formule permettrait maintenant de produire un résultat meilleur ou différent", a-t-il martelé, alors qu'il devait cependant lui aussi signer la dérogation, la nouvelle ambassade n'étant pas encore construite.
    Déménagement de l'ambassade
    "J'ordonne au département d'État de préparer le départ de l'ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem", a annoncé le président républicain debout à son pupitre, devant un portrait du premier président américain George Washington. 
    "Cela va lancer un processus de recrutement d'architectes, d'ingénieurs et d'urbanistes pour que la nouvelle ambassade, lorsqu'elle sera finie, soit un magnifique hommage à la paix", a-t-il développé en évoquant sa construction dans la ville sainte.
    Il a également indiqué qu'il enverrait le vice-président Mike Pence dans la région dans les jours à venir. 
    Capitale du peule juif
    "Il y a 70 ans les Etats-Unis, sous le président Truman, ont reconnu l'Etat d'Israël. Depuis, Israël a établi sa capitale dans la ville de Jérusalem - la capitale choisie par le peuple juif dans les temps anciens. De nos jours, Jérusalem est le siège du gouvernement israélien moderne. C'est le siège du Parlement israélien, la Knesset, et de la Cour suprême israélienne", a expliqué le président américain. 
    "Jérusalem est aujourd'hui, et doit le rester, un endroit où les Juifs vont prier au mur des Lamentations, où les chrétiens suivent le Chemin de croix, et où les musulmans vont prier à la mosquée al-Aqsa", sur l'esplanade des Mosquées, a-t-il ajouté.
    "J'ai jugé que l'heure était venue de reconnaître officiellement Jérusalem comme étant la capitale d'Israël. (...) Alors que les présidents précédents avaient fait cette promesse de campagne, ils ont échoué à l'honorer. Aujourd'hui, je l'honore", a-t-il également dit. 
     Solution à deux Etats
    "Les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties", a-t-il ajouté. "J'ai l'intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord", a martelé le milliardaire républicain. Il a notamment assuré que, si les deux parties se mettaient d'accord sur cette question, les Etats-Unis soutiendraient une "solution à deux Etats". 
    Le président américain a également assuré que les Etats-Unis soutenaient une "solution à deux Etats", si les deux parties "se mettaient d'accord" sur cette question. 
    "En attendant, j'appelle toutes les parties à maintenir le statu quo sur les lieux sacrés de Jérusalem, dont le mont du Temple, aussi connu comme Haram Al-Sharif", une autre appellation donnée à l'esplanade des Mosquées, a-t-il conclu.   
    Il a également appelé les différentes parties au calme "Aujourd'hui nous appelons au calme, à la modération, et à ce que les voix de la tolérance l'emportent sur les pourvoyeurs de haine". 
    Donald Trump présente la loi signée pour le déplacement de l'ambassade U.S. à Jérusalem 

    Vidéo de l'annonce faite par le président américain sur Jérusalem : 
    Cliquer sur ce lien pour voir la vidéo 
       
    Jerusalem 
    Les réactions à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat juif
    Les réactions n'ont pas tardé. Plusieurs pays, comme les Philippines, la Tchéquie et la Hongrie ont annoncé qu'ils allaient suivre l'exemple des Etats-Unis et déplacer leur ambassade à Jérusalem, répondant ainsi à l'appel du premier ministre israélien de suivre l'exemple des Etats-Unis en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël et en y transférant leurs ambassades. Aucun pays n'a pour l'instant son ambassade en Israël à Jérusalem. 
    Le premier ministre israélien salue un "jour historique" après l'annonce de Trump sur Jérusalem
    "Ceci est un jour historique", a dit M. Netanyahu. Jérusalem "est la capitale du peuple juif depuis 3.000 ans, c'est la capitale d'Israël depuis presque 70 ans".
    "Le peuple juif et l'Etat juif seront à jamais reconnaissants", a-t-il dit dans un enregistrement vidéo diffusé immédiatement après la déclaration de M. Trump.
    Cette décision "est un important pas vers la paix", a ajouté le Premier ministre.
    M. Netanyahu a aussi affirmé que la décision du président américain ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem, affirmant l'engagement israélien à maintenir le "statu quo".
    "Je veux aussi qu'il soit bien clair: il n'y aura aucun changement d'aucune sorte au statu quo sur les lieux saints", a-t-il assuré. "Israël veillera à toujours faire respecter la liberté de culte des juifs, des chrétiens et des musulmans".  
    M. Netanyahu tentait ainsi de dissiper les inquiétudes, notamment des musulmans, de voir Israël exercer son contrôle sur les lieux saints à la faveur de l'annonce de M. Trump.
    Jérusalem abrite des lieux sacrés pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, dont le troisième lieu saint de l'islam, l'esplanade des Mosquées.
     "Je partage l'engagement du président Trump d'oeuvrer à la paix entre Israël et tous ses voisins, y compris les Palestiniens", a-t-il dit.  
    Réaction très négative de  l'Autorité Palestinienne
    Le président palestinien Mahmoud Abbas a réagi en affirmant que les Etats-Unis ne pouvaient plus jouer leur rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens, après l'annonce par le président Donald Trump de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.
    "Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu'ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu'ils ont joué au cours des dernières décennies", a dit M. Abbas à la télévision palestinienne.
    Selon lui, l'annonce de M. Trump "ne changera rien à la situation de la ville de Jérusalem, la capitale éternelle de l'Etat de Palestine".
    Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël en 1967, comme la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.
    La communauté internationale n'a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale "éternelle et indivisible".
    Le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis plus de trois ans et la question de Jérusalem est l'une des principales pierres d'achoppement.
    De son côté, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a déclaré que M. Trump avait "détruit" la solution dite à deux Etats en annonçant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.
    "Malheureusement, le président Trump vient tout juste de détruire la perspective de deux Etats", palestinien et israélien, a-t-il dit à des journalistes. M. Trump a aussi "disqualifié les Etats-Unis d'Amérique de tout rôle dans un quelconque processus de paix".
    La décision de Donald Trump "ouvre les portes de l'enfer", affirme le Hamas 
    Dans la bande de Gaza, le mouvement islamiste palestinien Hamas, considéré par Israël et les Etats-Unis comme une organisation "terroriste", a affirmé que la décision de M. Trump ouvrait "les portes de l'enfer pour les intérêts américains dans la région".
    Ismaïl Radouane, un haut responsable du Hamas s'exprimant devant des journalistes, a appelé les pays arabes et musulmans à "couper les liens économiques et politiques" avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.    
    Le Jihad islamique décrète la fin des "accords d'Oslo" 
    L'Attaché de presse du « Jihad islamique » dans la bande de Gaza, Shahad Daoud, a exhorté l'ONU à annuler les accords d'Oslo et tous les accords qui régissaient jusqu'à présent les relations entre Israël et l'Autorité palestinienne.   
    La décision US aura des "répercussions catastrophiques", prévient le Hezbollah
    Le bloc parlementaire du Hezbollah a mis en garde jeudi contre des "répercussions catastrophiques" après la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président Donald Trump.
    "La décision américaine aura des répercussions catastrophiques qui menaceront la stabilité et la sécurité", a mis en garde le bloc, à l'issue de sa réunion hebdomadaire.
    Al-Akhbar, quotidien libanais proche du Hezbollah, avait donné le ton dès jeudi matin en titrant "Mort à l'Amérique".  
    "Aujourd'hui en Palestine, il y a une résistance capable, autonome, qui possède des milliers de roquettes qui peuvent frapper Tel Aviv", avertit le journal. 
    Nasrallah, le chef du Hezbollah, dénonce une "nouvelle déclaration Balfour"
    Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a dénoncé jeudi 7 décembre la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président Donald Trump, estimant qu'il s'agit d'une seconde "nouvelle déclaration Balfour".
    "Nous sommes en présence d'une nouvelle déclaration Balfour, alors que nous avons commémoré le centenaire de la déclaration en question, il y a moins d'un an", a dénoncé le leader chiite, lors d'un discours télévisé retransmis en direct.
    La déclaration Balfour avait préfiguré la création de l'État d'Israël. Pour les Palestiniens, cette déclaration a porté en germe la nakba (catastrophe) que représente pour eux la proclamation de l'État hébreu en 1948, marquée par la fuite ou l'expulsion de 750 000 d'entre eux et suivie par 70 ans de conflit israélo-palestinien.
    "Une fois que nous aurons réalisé les dangers des répercussions de la décision (de Trump), nous allons agir et ne pas écouter les voix qui diront que ce qui s'est passé est insignifiant", a affirmé le chef du Hezbollah. Pour lui, les Etats-Unis "ne respectent ni les lois internationales, ni les conventions, ni les textes qu'ils ont eux-mêmes signés. Ils font fi de ce que les Etats arabes, européens, la Russie, le Canada, ou les autres pays leur disent." "Il n'y a plus d'obstacles devant le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu", a-t-il regretté.
    Sans Jérusalem, il n'y a plus de cause palestinienne, avertit Hassan Nasrallah :
    "Jérusalem est au cœur de la cause palestinienne. Si on exclut Jérusalem de cette cause, il n'en restera plus rien", a prévenu le leader chiite. "Aujourd'hui, Trump dit à la nation arabe : +Il n'y a plus de cause palestinienne+. Il dit qu'il n'y a que des individus palestiniens à qui il faut trouver un lieu de résidence", a dénoncé le chef du Hezbollah. "Quelle est la place de Jérusalem pour les Américains dans le processus de paix ? Aujourd'hui, ils ont rayé Jérusalem de l'équation", a-t-il ajouté.  
    Pour Nasrallah, la déclaration de Trump représente une insulte contre les musulmans et les chrétiens du monde.
    "La plupart des Etats refusent la décision de Trump. (...) Ils estiment qu'elle est une insulte à plus d'un milliard de musulmans de par le monde et à des centaines de millions de chrétiens. Ces derniers estiment que leur ville sacrée a été bradée, au profit d'un Etat sioniste artificiel, hypothéquant ainsi leur histoire et leur passé". "Nous sommes en présence d'un Etat (américain) qui ne respecte pas les lois internationales, mais qui fait la guerre à des peuples en les accusant de violer le droit international. Nous sommes en présence d'une administration américaine qui ne respecte pas ses engagements", a également dénoncé Hassan Nasrallah.
     
    Intifada 
    Le Hamas appelle à une nouvelle intifada
    Le mouvement islamiste Hamas a appelé jeudi 7 décembre à un nouveau soulèvement populaire palestinien après la décision du président américain.
    "On ne peut faire face à la politique sioniste soutenue par les Etats-Unis qu'en lançant une nouvelle intifada", a déclaré le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, dans un discours prononcé depuis la bande de Gaza.
    Incidents à la frontière entre Israël et Gaza : 2 Palestiniens blessés
    Deux Palestiniens ont été blessés, jeudi 7 décembre, dont l'un grièvement, lors d'affrontements entre des dizaines de jeunes palestiniens et l'armée israélienne, aux frontières de la Bande de Gaza.
    Achraf al-Qodra, porte-parole du ministère palestinien de la Santé, a déclaré, dans un communiqué qu'un jeune Palestinien avait été gravement blessé au ventre.
    Il a également relevé qu'un deuxième palestinien avait été atteint de blessures moyennement graves au niveau du pied, par les balles réelles tirées par l'armée israélienne contre les manifestants, à l'est de la ville de Khan Younes dans le sud de la Bande de Gaza.
    Des accrochages se sont déclenchés aux frontières est de la ville de Khan Younès, lors d'une manifestation contre la décision du président américain Donald Trump relative à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et le transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv vers Jérusalem.
    Les différents acteurs et factions palestiniens avaient appelé, mercredi 6 décembre, dans un communiqué conjoint, à manifester massivement dans les différentes villes de la Cisjordanie, contre la décision américaine.
    "Jour de la colère" à Jérusalem, Ramallah, Hébron, Bethléhem et de nombreuses autres localités palestiniennes  
    (De notre correspondant en Israël, Nathan R.)
    Jeudi 7 décembre, des manifestations ont eu lieu à Hébron, à Jérusalem, à Naplouse et dans d'autres localités de l'Autorité palestinienne (AP).
    Des sources palestiniennes rapportent que les affrontements avec les forces de sécurité israéliennes ont fait plus d'une centaine de victimes. 
    Plusieurs centaines de jeunes Palestiniens se sont rassemblés près de la porte de Naplouse à Jérusalem. Ils ont lancé des pierres et des bouteilles d'eau sur les soldats et la policiers israéliens et ont scandé des slogans anti-israéliens et anti-américains. Le service de presse de la police a signalé l'interpellation de trois personnes.
    À 17h00, la station de radio "Kan Bet" a rapporté que la situation près de la vieille ville était sous contrôle. 
    Des affrontements avec des soldats israéliens ont eu lieu à Shuaffat. Les forces de sécurité ont été forcées d'utiliser des moyens spéciaux pour disperser les manifestations.
    Selon des sources palestiniennes, un enfant de cinq ans a été blessé à la tête par une balle en caoutchouc. 
    Sur la place Shahid à Naplouse, un rassemblement a eu lieu, au cours duquel le gouverneur de la ville Akram Rajub a pris la parole pour demander à la population de
    protéger Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa. 
    Selon Safa, à Hébron, les militaires ont utilisé des balles en caoutchouc, des grenades paralysantes et du gaz lacrymogène contre les manifestants qui leur jetaient des pierres.
    Plusieurs manifestants ont du recevoir une assistance médicale dans le cadre d'un «empoisonnement au gaz lacrymogène», ou des abrasions diverses obtenues lors d'une bagarre avec des gardes-frontières et des soldats. 
    Des affrontements entre militaires et Palestiniens ont également eu lieu dans la région d'Hébron, dans le district de Bab-az-Zavia. 
    À Ramallah, les participants à la marche de protestation ont condamné l'Égypte et l'Arabie saoudite, qui, à leur avis, ne défendaient pas suffisamment les intérêts du peuple palestinien face à la Maison-Blanche. Lors du rassemblement on a même entendu des slogans selon lesquels "la déclaration de Trump sur Jérusalem" était le résultat de "la collusion des Américains avec les responsables arabes."
    Près du village d'Al Bira, les Palestiniens ont brûlé des pneus, jeté des pierres sur les voitures et bloqué les routes. 
    Pour faire face à l'extension des émeutes dans les localités palestiniennes, les Forces de Défense Israéliennes (FDI) ont décidé, jeudi 7 décembre, d'augmenter leurs effectifs de plusieurs bataillons Cisjordanie. De plus, le nombre de policiers et de gardes-frontières à Jérusalem a été fortement renforcé à la veille de la prière du vendredi sur l'esplanade des Mosquées.
    Fermeture du checkpoint israélien Gilboa
    (De notre correspondant en Israël, Nathan R.)
    Le service de presse du ministère de la Défense a signalé que, en raison des émeutes qui ont éclaté dans la zone du poste de contrôle de Gilboa, l'activité du point de contrôle a été suspendue. 
    La décision de rouvrir le poste de contrôle sera prise par les forces de sécurité, en fonction de la situation. 
    Selon le ministère de la Défense, plusieurs dizaines d'Arabes ont jeté des pierres sur les militaires assurant le travail du checkpoint.  
    Témoin de la tension ambiante, les habitants d'Ashdod et Ashkelon inquiétés par le passage du mur du son d'un avion militaire  
    (De notre correspondant en Israël, Nathan R.
    Jeudi 7 décembre, les habitants d'Ashdod et d'Ashkelon ont rapporté un bruit similaire à une explosion alors que les sirènes d'alarme pour prévenir des attaques de missiles n'avaient pas retenti.   Le service de presse de Tsahal a indiqué que l'armée n'avait pas d'informations sur des incidents sécuritaires dans la région.
    La police n'a pas noté d'incidents dans le sud d'Israël non plus. 
    Il pourrait en fait s'agir du passage du mur du son par un avion militaire, mais compte-tenu de la tension ambiante qui règne dans le pays, les nerfs sont à fleur de peau.  
    Les sirènes d'alarme "Tzeva Adom" retentissent pour de bon près de la frontière avec Gaza
    Entre 18H13 et 18H14 les sirènes d'alarme "Enfer de Tzeva" ont retenti dans les colonies situées près de la frontière de la bande de Gaza pour mettre en garde contre un éventuel bombardement de missiles ou de mortiers. 
    L'alarme a retenti sur le territoire des conseils locaux Hof Ashkelon et Shaar HaNegev. 
    Les résidents locaux ont indiqué avoir entendu une ou deux explosions sans pouvoir préciser si les explosions ont eu lieu dans la bande de Gaza ou le territoire israélien. Le service de presse de Tsahal a confirmé avoir enregistré le lancement de deux missiles depuis le territoire de Gaza en direction d'Israël. Les soldats et la police  passaient en début de soirée le territoire au peigne fin à la recherche de l'endroit où ont pu tomber les missiles. 
     
    puissancesregionales 
    Les puissances régionales vont en profiter pour se poser en champion de la lutte pour la libération de la Palestine
    Turquie 
    Pour la Turquie, "la décision de Donald Trump est irresponsable".  
    "Nous condamnons la déclaration irresponsable de l'administration américaine (...) cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l'ONU", a réagi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu sur Twitter.
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi 7 décembre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par son homologue américain, estimant que cette décision plongeait la région "dans un cercle de feu".
    "Prendre une telle décision met le monde, et spécialement la région, dans un cercle de feu", a déclaré M. Erdogan à la presse à Ankara avant de s'envoler pour la Grèce où il doit effectuer une visite officielle.
    "Ô Trump, que fais-tu ? Quelle est cette approche ? Les responsables politiques doivent œuvrer pour la réconciliation et non pas pour le chaos", a-t-il ajouté.
    M. Erdogan avait averti mercredi que lareconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington "ferait le jeu des groupes terroristes".
    "J'adresse d'ici un appel au monde entier: gardez-vous de prendre toute mesure qui viserait à modifier le statut juridique" de Jérusalem, avait aussi déclaré M. Erdogan à l'issue d'un entretien à Ankara avec le roi Abdallah II de Jordanie.
    "Personne n'a le droit de jouer avec le destin de milliards de personnes pour satisfaire ses envies personnelles", avait mis en garde le dirigeant turc, affirmant que Jérusalem était"la prunelle des yeux de tous les musulmans".
    La présidence turque avait annoncé plus tôt que M. Erdogan avait invité les dirigeants des pays musulmans pour un sommet à Istanbul le 13 décembre axé sur la question de Jérusalem. Le sommet doit réunir des dirigeants des 57 pays membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) dont la Turquie est la présidente en exercice.
    Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères a averti que la décision américaine aurait "des conséquences négatives sur la paix et la stabilité de la région" et risquait de "détruire complètement les bases pour la paix".
    "Nous appelons l'administration américaine a reconsidérer sa décision erronée, qui pourrait aboutir à des résultats très négatifs", a-t-il ajouté.
    A noter que la Turquie et Israël avaient normalisé leurs relations en 2016, après une crise diplomatique déclenchée en 2010 par un raid israélien contre un navire d'une ONG en direction de la bande de Gaza, qui avait fait dix morts parmi les activistes turcs.
    Les deux parties ont intensifié leur coopération depuis, notamment dans le domaine de l'énergie, mais M. Erdogan, défenseur de la cause palestinienne, a continué à critiquer régulièrement la politique israélienne.
    Pakistan
    Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a exprimé sa "forte opposition et condamnation" de la décision de Donald Trump concernant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu.
    "Le Pakistan partage la condamnation  internationale et est profondément inquiet des implications de cette décision sur la paix et la sécurité internationale, particulièrement au Moyen orient. Le Pakistan demande au Conseil de Sécurité de l'ONU de prendre conscience de cette situation et de prendre les mesures conformes à la Charte des Nations Unies."   
    Iran :
    L'Iran a condamné la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.
    Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué une "provocation et une décision insensée de la part des Etats-Unis (...) qui va provoquer une nouvelle Intifada et pousser à des comportements plus radicaux et à davantage de colère et de violence".
    La décision de M. Trump est une "violation claire des résolutions internationales", a-t-il ajouté en estimant que Jérusalem était "une partie intégrante de la Palestine".
    "L'Iran condamne cette démarche avec force et exhorte la communauté internationale, les pays influents et en particulier les pays musulmans à empêcher l'application de cette décision des Etats-Unis, qui ne bénéficie qu'au régime sioniste, afin de préserver la stabilité de la région", a poursuivi le ministère.
    Egypte
    Le ministère égyptien des Affaires étrangères a condamné la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme la capitale d'Israël et le déplacement de son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. 
    Dans une déclaration publiée peu de temps après le discours du président américain à Washington, le ministère égyptien des Affaires étrangères a déclaré que de telles décisions unilatérales violaient les résolutions internationales. 
    "L'Egypte est extrêmement préoccupée par l'impact éventuel de la décision de Trump sur la stabilité de la région", a ajouté le ministère, ajoutant que la décision américaine enflamme le monde arabe et musulman considérant le statut spirituel, culturel et historique de Jérusalem. 
    La déclaration indique que la décision de Trump ne changera pas le statut légal de Jérusalem en tant que ville occupée, se référant à un certain nombre de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU concernant cette question, notamment la résolution No.242 / 1967 exigeant qu'Israël se retire des territoires occupés.
    en 1967, y compris Jérusalem. 
    Le ministère a également fait référence à la résolution n ° 478/1980 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui rejette la décision du gouvernement israélien d'annexer Jérusalem et de déclarer la ville comme capitale officielle. 
    La déclaration mentionne également la résolution No.2334 / 2016, qui stipule que le Conseil ne reconnaît pas les changements apportés aux frontières d'Israël après 1967, autres que ceux convenus par les deux parties à travers des négociations. 
    La déclaration indique que la décision des Etats-Unis aura un impact "hautement négatif" sur le processus de paix israélo-palestinien, étant donné que le statut de Jérusalem est une question à traiter dans les dernières étapes du processus de paix, avec son destin à
    être déterminé par les parties concernées. 
    Le ministère a également mis en garde contre le danger que représente le mouvement de Trump pour les efforts actuels visant à reprendre les pourparlers de paix entre les Israéliens et les Palestiniens afin de créer un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale. 
    Arabie saoudite
    La position de l'Arabie saoudite est la plus délicate. Riyad n'a rien pu faire moins que de regretter la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. Le Palais royai la juge "injustifiée et irresponsable" dans un communiqué du cité par les médias d'Etat.
    "Le royaume exprime de profonds regrets après la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. Il a déjà mis en garde contre les graves conséquences que peut avoir cette décision injustifiée et irresponsable", a souligné le communiqué.
    Le roi Salmane d'Arabie saoudite avait déjà mis en garde mercredi 6 décembre contre les conséquences d'une telle décision parlant d'un "pas dangereux" susceptible de provoquer la colère des musulmans à travers le monde.
    Avant l'annonce du président américain, les relations entre l'Arabie saoudite et les Etats-Unis s'étaient nettement réchauffées depuis l'élection de M. Trump qui a effectué son premier déplacement à l'étranger à Riyad en mai dernier. En dépit des relations traditionnellement solides entre les pays, Riyad voyait d'un mauvais œil la politique moyen-orientale de l'ancien président Barack Obama perçue comme favorable à l'Iran, le rival chiite de l'Arabie saoudite. Israël et l'Arabie saoudite n'ont pas de relations diplomatiques.
     
    PaysMusulmans 
    Condamnation des autres pays musulmans
    Le sultanat d'Oman
    Le Sultanat d'Oman a réagi à la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem en tant que capitale d'Israël. Le ministère des Affaires étrangères a publié la déclaration suivante :
    Le Sultanat exprime son profond regret devant la décision du président américain Donald Trump à propos de Jérusalem et souligne qu'une telle décision est inutile et que ces questions devraient être laissées aux parties palestiniennes et israéliennes pour négocier dans le cadre des négociations sur le statut final.
    "Le Sultanat appelle la communauté internationale à respecter les dispositions du droit international et à ne prendre aucune décision ou mesure contraire aux résolutions de la légitimité internationale, notamment la résolution 242 du Conseil de sécurité, qui affirme que les territoires occupés par Israël après juin 5, 1967 sont des territoires occupés. " 
    Malaisie
    Le Premier ministre malaisien Najib Razak a appelé jeudi 7 décembre les musulmans du monde entier à s'opposer à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.
    "J'appelle tous les musulmans du monde à faire entendre leur voix, à dire clairement que nous nous opposons fortement à toute reconnaissance de Jérusalem comme étant la capitale de toute éternité d'Israël", a-t-il dit au lendemain de l'annonce de Donald Trump.
    Irak  
    L'Irak demande aux USA de faire marche arrière sur Jérusalem.
    Le gouvernement irakien a demandé jeudi 7 décembre aux Etats-Unis de revenir sur leur décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël.
    "Nous mettons en garde contre les dangereuses répercussions de cette décision sur la stabilité de la région et du monde", déclare le gouvernement irakien dans un communiqué.
    "L'administration américaine doit revenir sur sa décision pour stopper toute escalade dangereuse susceptible d'alimenter l'extrémisme et de créer les conditions favorables au terrorisme", ajoute-t-il.
    Menaces des miliciens chiites irakiens contre les soldats US en Irak et de la CIA contre les milices iraniennes et pro-iraniennes 
    (De notre correspondant en Irak
    Les miliciens chiites irakiens promettent de se venger sur les soldats américains présents en Irak.
    La milice chiite pro-iranienne Harakat Al-Hezbollah alNujaba a déclaré qu'elle considérait comme légitime de mener une opération contre les soldats américains en Irak.
    La milice est forte d'environ 10.000 combattants.  
    « L'imbécile de Trump a déclaré Jérusalem capitale de l'entité sioniste. Cela nous donnera la motivation pour effacer l'entité sioniste de la face du Moyen-Orient, » a déclaré le chef de la milice, Akram al-Kaabi. 
    Quelques jours avant la déclaration de Donald Trump, le directeur de la CIA Mike Pompeo avait émis un avertissement aux dirigeants iraniens, et en particulier au commandant de la division « Al-Qods » , l'unité d'élite du Corps des gardiens de la révolution islamique (DGRI), le général Qassem Soleimani. 
    « Nous lui avons dit que nous considérerons l'Iran responsable des attentats contre des intérêts américains en Irak par les forces iraniennes et pro-iraniennes. Nous voulons que tout soit clair. »,  a dit le chef de la CIA. 
    Emirats Arabes Unis 
    Les Emirats arabes unis ont également exprimé leur désaccord par la voix de leur ministère des Affaires étrangères.
    "Le ministère a exprimé sa vive préoccupation concernant les répercussions de cette décision sur la stabilité de la région car elle attise l'émotion des peuples arabes et musulmans compte tenu du statut de Jérusalem dans l'esprit des Arabes et des musulmans", ajoute le communiqué.
    Algérie
    L'Algérie a condamné "avec force" la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président Donald Trump mercredi, selon l'agence d'Etat algérienne APS, citant un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.
    Cette "grave décision (...) constitue une violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité (de l'ONU) et de la légalité internationale", indique le ministère des Affaires étrangères.
    "C'est avec une très grande préoccupation que l'Algérie a pris connaissance de la décision de l'administration américaine de reconnaître El-Qods Echarif (Jérusalem la bénie) comme capitale d'Israël", poursuit-il dans son communiqué.
     
    peureux 
    Les pays qui réprouvent par crainte des conséquences sécuritaires ou commerciales   
    La décision de Donald Trump s'est attirée la réprobation, voire la condamnation, d'un grand nombre de pays, dont de nombreux membres de l'Union européenne. Les raisons invoquées sont les plus diverses mais la plupart de ces pays sont apeurés par les risques de déflagration au sein de la communauté musulmane, très importante dans chacun d'eux et aussi par crainte des conséquences sur le plan des relations commerciales avec les riches pays pétroliers.  
    Sur le plan diplomatique, les chancelleries vont devoir faire preuve de prouesses diplomatiques pour se sortir du bras de fer qui va désormais se jouer entre Israël qui choisira ses amis selon qu'ils déplacent leur ambassade ou non et les pays musulmans qui feront exactement de même mais dans l'autre sens. 
    Huit pays demandent une réunion d'urgence du Conseil de sécurité
    Huit pays, dont quatre européens, deux sud-américains et deux africains, ont demandé mercredi 6 décembre une réunion d'urgence du Conseil de sécurité après la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël, selon des diplomates.
    "Les missions de Bolivie, d'Egypte, de France, d'Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d'Uruguay demandent à la présidence" japonaise du Conseil de sécurité "d'organiser une réunion d'urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine", indique un communiqué de la mission suédoise. Le Conseil de sécurité compte 15 membres.   
     
    manifestations 
    Premières manifestations à travers le monde 
    Turquie
    Des centaines de personnes ont manifesté mercredi 6 décembre, bruyamment mais pacifiquement, devant le consulat américain à Istanbul contre la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.
    Environ 1.500 personnes se sont rassemblées près du Bosphore, à l'extérieur de l'enceinte diplomatique américaine très protégée. La police a bouclé la zone à l'aide de barricades, a indiqué un correspondant de l'AFP.
    Le slogan "Palestine libre" a été peint au mur du consulat et des manifestants ont jeté des bouteilles en plastique vers le bâtiment. Un bout de papier avec une représentation du drapeau d'Israël a également été brûlé.
    Agitant des drapeaux palestiniens et allumant des fusées éclairantes, les manifestants ont scandé "Américains assassins, partez du Moyen-Orient", "à bas l'Amérique!" et ont exhorté le groupe palestinien Hamas à "frapper Israël".
    Un regroupement similaire a eu lieu devant l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, la capitale turque, où les manifestants ont brandi des photos du président turc Recep Tayyip Erdogan.
    Maroc
    L'ambassade américaine à Rabat a appelé ses ressortissants au Maroc à la vigilance après la décision de Trump relative à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et au transfert de son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem.
    Un communiqué de l'ambassade, publié sur son site électronique, souligne que « la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d'Israël et la décision de transfert de son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, pourrait aboutir à des protestations susceptibles de passer à la violence ».
    L'ambassade américaine a appelé ses ressortissants, dans ce contexte, à la nécessité d'être vigilants et de préserver leur sécurité en suivant les instructions des autorités locales ».
    Elle les a également appelés à éviter de se rendre aux zones où ont lieu des manifestations et de s'approcher des rassemblements de protestation.
    Liban
    Une journée de grève a été observée dans les camps palestiniens d'Aïn el-Héloué et de Miyé-Miyé, au Liban-sud en signe de protestation contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la ville de Jérusalem comme capitale d'Israël, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).  Les institutions et les écoles du camp ont fermé leurs portes.
    Manifestations également en Tunisie 
    Des milliers de personnes ont manifesté jeudi 7 décembre en Tunisie contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, et les parlementaires ont appelé à une mobilisation nationale vendredi.
    Dans le centre de Tunis, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, à l'appel de partis de gauche et groupes islamistes, aux cris de "Nous sommes tous Palestiniens", et "Trump soit maudit".
    Entre 100 et 200 manifestants, qui avaient tenté de se diriger vers l'ambassade américaine, en ont été empêchés par la police, selon un journaliste de l'AFP sur place. Plusieurs dizaines de minibus de police étaient déployés et toutes les routes alentours coupées.
    A Sfax (centre-est), deuxième ville de Tunisie, environ un millier de manifestants sont descendus dans la rue. "Avec notre âme, avec notre sang, nous nous sacrifions pour la Palestine", ont-ils scandé.
    Au Parlement, les députés ont voté un texte demandant aux "pouvoirs arabes et musulmans d'assumer leur responsabilité historique afin que la décision (américaine) ne soit pas mise à exécution".
    Ils ont appelé "tout le peuple à participer largement à la manifestation nationale" vendredi en Tunisie.
    La puissante centrale syndicale UGTT et le parti islamiste Ennahda, qui fait partie de la coalition gouvernementale, ont appelé à participer à cette manifestation.
    Les taxis ont prévu d'arborer un signe de solidarité tandis que le syndicat des journalistes a décidé de relancer "l'initiative de boycott des produits américains et sionistes".
    et en Jordanie 
    En Jordanie, des centaines de manifestants ont brûlé des photos du président Donald Trump et le drapeau américain près de l'ambassade des Etats-Unis à Amman. "Pas d'ambassade américaine sur le sol jordanien", ont-ils crié en scandant également "Mort à Israël". Des protestations sont également prévues vendredi dans le royaume après la prière musulmane hebdomadaire.

     

  • Liban : Camp palestinien d'Aïn el-Héloué : Alternance de combats et de cessez-le-feu

    Imprimer
    Camp palestinien d'Aïn el-Héloué : Alternance de combats et de cessez-le-feu 
    Un calme précaire régnait mercredi 23 août en début d'après-midi dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn el-Héloué, à la lisière de Saïda, après un énième cessez-le-feu entré en vigueur à midi, à l'issue de sept jours de combats quasi-ininterrompus. Toutefois, des tirs sporadiques et des jets de grenades étaient toujours signalés.
    Mercredi matin, d'intenses affrontements s'étaient déroulés dans la rue Fouqani, au niveau de Ras el-Ahmar et Safsaf. Peu avant midi, les combats se sont intensifiés, et plusieurs habitations situées dans le secteur de Tiri étaient en proie aux flammes en raison des tirs de roquettes.
    Cinq personnes ont été blessées mercredi à l'intérieur du camp, dont deux combattants du Fateh. Non loin de là, deux membres du service de la Sécurité de l'Etat libanais ont été blessés par des balles perdues devant le Sérail de Saïda.
    Depuis le début des affrontements, deux personnes ont été tuées, et plus d'une dizaine d'autres ont été blessées.
    Durant la nuit, la tension était palpable, après une journée de combats entre groupuscules islamistes et force conjointe de sécurité (composée notamment du Fateh). Des tirs de roquettes, des lancers de grenades, des rafales d'armes automatiques se faisaient entendre dans la rue Fouqani.
    Un cessez-le-feu négocié entre le Fatah et le Hamas 
    Le dernier cessez-le-feu est le résultat d'une réunion entre le Hamas et le Fateh à l'ambassade de Palestine à Beyrouth. Une autre réunion s'est tenue à midi au siège de la force conjointe à l'intérieur du camp, afin d'assurer l'arrêt des hostilités. L'accord prévoit le début du cessez-le-feu, mercredi à midi, puis le déploiement total de la force conjointe de sécurité dans le secteur de Tiri et le recours à des éléments armés du Fateh en cas de besoin.
    Dans l'après-midi, des membres de la force conjointe ont débuté leur déploiement dans le quartier de Tiré, à l'intérieur du camp. Ces forces sécuriseront d'abord les zones de Safsaf et du marché aux légumes.
    Le Fatah ne cèdera pas de terrain aux Islamistes
    Selon des informations rapportées par l'agence al-Markaziya, le Fateh a reçu le feu vert de son commandement à Ramallah de poursuivre les combats à Aïn el-Héloué, et cela pour contrer les jihadistes qui gagnent, petit à petit, du terrain. Des miliciens du Fateh venus d'autres camps du Liban se sont joints à ceux de Aïn el-Héloué pour les aider dans leur bataille.
    Les responsables sécuritaires libanais veulent l'anéantissement des jihadistes dans le camp 
    Une source palestinienne a souligné à al-Markaziya que « le Fateh a mis en place une salle d'opérations militaire pour gérer les combats d'une façon plus efficace jusqu'à ce que les groupes fondamentalistes du camp soient anéantis ». « Les responsables sécuritaires libanais sont intransigeants, ils veulent que le camp de Aïn el-Héloué finisse avec les jihadistes », ajoute-t-on de même source. 
    150 jihadistes se battent contre le Fatah 
    Plus de 150 fondamentalistes se battent actuellement contre la branche armée de l'OLP à Aïn el-Héloué. Ils appartiennent à diverses factions fondamentalistes du camp et n'adhèrent pas - contrairement au Hamas et à Osbat al-Ansar - au comité conjoint chargé de la sécurité à Aïn el-Héloué. On compte parmi ces fondamentalistes de nombreux hors-la-loi libanais comme Abed Foda et Chadi Maoulaoui qui ont pris part aux combats à Tripoli opposant les habitants de Bab el-Tebbané à ceux de Jabal Mohsen.  
    Les deux leaders islamistes, Bilal Arkoub et Bilal Badr 
    Les deux leaders islamistes Bilal Arkoub et Bilal Badr restent, eux, recherchés par les forces palestiniennes.
    Bilal Badr est un militant palestinien recherché qui avait déjà affronté en avril les forces de sécurité locales, et les combats avaient fait neuf morts. Il est suspecté de "terrorisme" et d'appartenir à un groupe armé, selon un responsable de sécurité libanais. Il refuse de se rendre aux forces de sécurité palestiniennes pour être remis aux autorités libanaises.
    La force conjointe de sécurité - qui rassemble les principales factions palestiniennes, dont le Fateh et le Hamas - cherche depuis des mois à limiter l'influence du groupe Badr.
    Le Camp d'Aïn el-Héloué 
    Le camp d'Aïn el-Héloué, où vivent 61.000 Palestiniens, dont 6.000 venus de Syrie, abrite différents groupes armés et il est régulièrement le théâtre d'affrontements entre les principales organisations et des groupuscules extrémistes qui s'y sont implantés au fil des années.
    Mesures anti-jihadistes dans le camp de Beddaoui (Liban nord)
    Le comité chargé de la sécurité du camp palestinien de Beddaoui a demandé aux habitants de ne pas louer des maisons, des appartements ou des chambres à de nouveaux venus avant de déposer une demande et de recevoir l'accord du comité. Cette mesure a été prise pour préserver la stabilité du camp et éviter d'éventuels débordements sécuritaires. 
     
    Jean René Belliard

     

  • Yahya Sinouar, Un tenant de la ligne dure élu chef du Hamas à Gaza

    Imprimer

    Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 14 février 2017
    Extrait de la 574ème newsletter envoyée aux abonnés le 10 février 2017.
    Pour s’abonner, écrire à : ptolemee@belliard74.com

    Lire la suite