NIGER

  • Al-Qaida : un plan d’expansion vers le Golfe de Guinée

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    Le Bénin et le Togo ont essuyé, à la fin de l'année écoulée, des attaques terroristes depuis leurs frontières communes avec le Burkina Faso, ce qui a constitué la principale menace quant à un éventuel transfert des groupes armés de leurs activités, depuis la région du Sahel, au climat sec, vers les pays du Golfe de Guinée qui ont un climat humide et des forêts denses.

    En effet, deux soldats béninois ont été tués dans une attaque terroriste perpétrée, le 2 décembre 2021, aux frontières avec le Burkina Faso et plusieurs autres ont été blessés.

    Une deuxième attaque a eu lieu dans le département de l’Atacora dans le nord du Bénin. Des éléments armés se sont attaqués à une patrouille militaire à Alibori (Nord), le 1er décembre 2021. Deux éléments armés ont été éliminés selon les médias.

    Ces deux attaques sont les premières du genre lancées contre l’armée du Bénin. Toutefois, des éléments armés avaient en 2019 kidnappé deux touristes français sur le territoire béninois avant de les transférer au Burkina Faso. 

    Le Togo a également annoncé que ses forces armées avaient repoussé, au mois de novembre 2021, une attaque terroriste. Un groupe armé avait tenté de franchir les frontières séparant le Burkina Faso du Bénin.

    C'est la première fois que le Togo annonce un affrontement avec des éléments armés, depuis 2018, lorsque l’armée avait lancé une opération militaire pour interdire l'infiltration d'éléments armés depuis le Burkina Faso vers son territoire.

    Les violents accrochages entre l'armée burkinabè et des groupuscules affiliés à Al-Qaïda ont contraint ces derniers à fuir et à se diriger vers les territoires togolais et béninois.

    Le Golfe de Guinée dans le viseur d’al-Qaida
    Les observateurs qui suivent le développement des activités des groupes terroristes en Afrique constatent que ces groupes ont débuté en Algérie, au cours de la décennie des années 90, mais qu’après après avoir perdu leur bataille face à l'armée algérienne à la fin du siècle dernier, ces groupes ont tenté de s'implanter en Mauritanie et après un deuxième échec, ils ont recouru au Nord du Mali.

    Ces groupes armés ont exploité la faiblesse des armées des Etats de la région du Sahel africain ainsi que les conflits ethniques et tribaux qui ont éclaté dans le nord du Mali, en 2012, pour s’allier au début avec les Touaregs et les Azawad.

    Malgré leur incapacité à maintenir leur domination sur les grandes villes dans le nord du Mali, en raison, entre autres, de l'intervention des forces françaises (Opération Serval) en 2013, il n'en demeure pas moins que les groupes terroristes relevant d'Al-Qaïda sont parvenus à s'étendre au-delà du Fleuve du Niger après leur alliance avec le Front de Libération du Macina (FLM).

    L'alliance de quatre groupes armés au Sahel a abouti à leur extension au Niger, puis vers le Burkina Faso et leurs activités couvre désormais, selon des sources officielles, près de 80% de la superficie du Mali.

    L’émergence du groupe Boko Haram dans le nord du Nigeria, en 2009, et la scission intervenue en 2015 au sein, un groupe ralliant l'Etat islamique, a abouti à l'élargissement des activités des islamistes jusqu’au Lac Tchad, dont les rives sont partagées entre quatre pays, en l’occurrence, le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

    Par la suite, la défaite de l'Etat islamique dans la ville libyenne de Syrte, à la fin de l'année 2016, a généré un renforcement de la présence de cette organisation dans les régions du Sahel et du Lac Tchad, après que les éléments qui étaient déployés en Libye trouvèrent refuge à travers les pays du Sahel et le Lac Tchad.

    Plusieurs personnalités politiques et sécuritaires de premier plan avaient mis en garde sur le fait que les pays du Golfe de Guinée étaient désormais dans le viseur des groupes terroristes pour s'étendre et assurer leur expansion.

    Parmi ces personnalités figure Bernard Emié, patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) française, qui avait déclaré, le 1er février 2021, au cours d'une rare apparition publique, que « l'Organisation d'Al-Qaïda dans la Région du Sahel examine actuellement un projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, en particulier vers la Côte d'Ivoire et le Bénin ».

    Cela explique, partiellement, la création par la France de l'Académie internationale de Lutte contre le terrorisme en Côte d'Ivoire, au mois de juin 2021, ce qui sera de nature à renforcer son influence parmi les pays du Golfe de Guinée, compte tenu de la rude concurrence avec des forces régionales et mondiales dans cette région.

    Le journaliste français Nicolas Beau a écrit dans un article mis en ligne sur le site « Mondafrique » que les groupes terroristes ont affirmé, au cours de l'année écoulée, qu'ils « n'ont pas renoncé à leur plan qui prévoit le transfert de leurs activités du Sahel vers le Golfe de Guinée (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Togo) ».

    Le Bénin et le Togo…Les maillons faibles
    Parmi les principaux pays du Golfe de Guinée, le Bénin et le Togo sont visiblement les maillons faibles.

    En effet, ces deux pays ne disposent pas d'une armée comme celle du Ghana (17éme armée africaine) ou la Côte d'Ivoire (24ème armée africaine). Les armées du Bénin et du Togo ne sont même pas classées dans la liste des 140 armées au monde, qui compte 34 armées africaines, ce qui dénote leur faiblesse.

    A titre d'exemple, l'armée du Bénin compte 11.100 soldats et officiers et dispose seulement de 10 chars chinois et de 47 blindés français, américains et chinois de fabrication ancienne, ainsi qu'un nombre réduit d'avions de transport ou de prospection, dont deux seulement parmi ces appareils sont opérationnels selon des médias français.

    De même, l'armée togolaise compte des effectifs de l’ordre de 11.000 éléments et possède 11 anciens chars soviétiques, dont la majorité sont hors service dans d'autres armés, tels que les T-34, ainsi que 15 engins blindés.

    Par ailleurs, aucun détail n'existe pour savoir si l'armée togolaise dispose d'avions de combat ou pas et quand bien même elle en disposerait, ces appareils sont plutôt destinés au transport et à la prospection et non pas au combat et à l’interception.

    Ainsi, il est possible de décrire les armées béninoise et togolaise comme étant les plus faibles parmi celles des Etats du Golfe de Guinée, ce qui fait d’elles l’un des objectifs faciles à atteindre et éventuellement une cible pour les groupes terroristes.

    Boko Haram…une éventuelle menace
    Si l'organisation d'Al-Qaïda se focalise, dans son projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, sur ses bastions au Burkina Faso pour s'infiltrer vers le Bénin à travers ses frontières nord, l'organisation de Boko Haram s'emploierait à attaquer le Bénin à travers ses frontières de l'est que ce pays partage avec le Nigeria.

    En effet, après avoir perdu la majorité de ses fiefs dans la forêt de Sambisa et au Lac Tchad dans le nord-est du Nigeria, suite à de sanglants affrontements avec l'Etat islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), Boko Haram a déplacé ses activités vers des régions éparpillées, en particulier, dans le centre-nord du Nigeria juxtaposant les frontières avec le Bénin.

    Le Bénin a participé à la Coalition régionale mise sur pied pour combattre Boko Haram dans la région du Lac Tchad, aux côtés du Nigéria, du Tchad, du Niger et du Cameroun et représente le seul pays qui n'est pas riverain du Lac.

    La participation du Bénin à cette Coalition, composée de cinq pays, reflète son inquiétude quant à l'extension des activités des groupes terroristes vers son territoire, d'autant plus que cette menace pèse désormais directement sur le pays.

    De plus, des groupes armés évoluent dans le nord-ouest du Nigeria, près des frontières orientales du Bénin, à l'instar du groupe « Ansaru » proche d'Al-Qaïda et qui s’est allié à des bandes organisées locales dans la région. Ce groupe constitue, à son tour, une menace contre ce petit pays du Golfe de Guinée.

    Quant à l'organisation de l'Etat islamique, elle se déploie davantage dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). L'épicentre de son activité s’oriente davantage vers l'est en direction du Lac Tchad et ne semble pas intéressée, particulièrement, par une expansion vers l'ouest du Nigéria, en direction du Golfe de Guinée.

    La situation dans le Golfe de Guinée laisse entrevoir de multiples dangers, d'autant plus qu'al-Qaïda, l'Etat islamique et Boko Haram ciblent les petites armées et les régions pauvres, tout en maîtrisant le jeu des alliances avec les bandes organisées opérant dans les domaines du trafic en tout genre, du kidnapping et du pillage, voire avec les groupes tribaux marginalisés.

    Cette situation contraint les pays du Golfe de Guinée à se préparer à la prochaine phase, aux niveaux sécuritaire, social et politique et à prendre en considération les expériences des autres pays dans la lutte contre le terrorisme, à l'instar de l'Algérie et de la Mauritanie, pour en tirer les leçons requises, tout en suivant de près les évolutions et autres développements dans les Etats du Sahel et de la Coalition du lac Tchad.

  • Niger : trois gendarmes tués dans l'explosion d'une mine près de la frontière burkinabé

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    Trois gendarmes nigériens ont trouvé la mort dans l'explosion d'une mine, vendredi 7 janvier 2022 dans le sud-ouest du Niger, a annoncé le président nigérien Mohamed Bazoum.

    "J'ai une pensée particulière pour les familles des trois gendarmes morts aujourd'hui, non loin de Torodi suite à l'explosion d'une mine posée sur leur route par des terroristes criminels", a déclaré Bazoum dans un discours diffusé vendredi soir par la télévision d'Etat.

    Selon des médias locaux qui ont rapporté l'incident, l'explosion a eu lieu entre la localité de Torodi et celle de Makalondi, toutes deux situées dans la région de Tillabéri et à quelques dizaines de kilomètres de la frontière du Burkina Faso.

    En décembre dernier, des hommes armés non identifiés avaient attaqué un poste de douanes et un autre de la police basés à Makalondi. Trois militaires et trois civils avaient été tués dans cette attaque.

    Depuis 2017 la région de Tillabéri est confrontée à des attaques armées attribuées aux groupes terroristes opérant dans le nord du Mali. Dans le souci de circonscrire ces attaques, le gouvernement nigérien a instauré un état d'urgence dans toute la région.

  • Niger : Sept morts lors d'une attaque contre un poste frontière avec le Burkina Faso

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    Au moins sept personnes ont été tuées et plusieurs autres blessés, jeudi 23 décembre 2021, dans une double attaque qui a visée, dans la nuit du mercredi au jeudi, le poste de police et le pont bascule de Makalondi, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Niamey, sur la route de Torodi, à la frontière burkinabé (Région de Tillabéri).

    Selon des sources locales, c’est aux environs de 2h du matin que les tirs ont commencé à retentir au niveau du poste de police situé à l’entrée de la ville et au niveau du pont bascule.

    Les combats ont été très violents et ont duré jusqu’aux environs de 4h du matin. Les assaillants ont réussi à se rendre maitres des lieux où ils ont emporté ce qu’ils peuvent et incendié le reste notamment les  véhicules garés sur les lieux.

    Un bilan provisoire non officiel fait état d’au moins sept morts dont deux douaniers, un policier, un gendarme et trois civils. Certaines des victimes ont été calcinées.

    Le poste visé est situé à quelques km de Makalondi, dernière ville importante au Niger avant la frontière burkinabè.

    Cette attaque qui n’est pas la première enregistrée à Makalondi, témoigne de la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans cette zone placée en état d’urgence face à la multiplication des attaques terroristes. Depuis plusieurs jours d’ailleurs, des individus armés, présumés membres de l’Etat Islamique dans le Grand Sahara (EIGS) sont signalés dans plusieurs villages et hameaux de la zone où ils dispensent des prêches ou prélèvent la Zakat. Ils circulent à bord de motos qui sont pourtant interdites dans toute la région de Tillabéri.

    Makalondi est une commune du département de Torodi situé dans le sud-ouest de la région de Tillabéri qui se trouve dans la zone dite des "trois frontières" entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali, devenue un repaire des jihadistes sahéliens, dont l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

    Depuis des années, l'ouest du Niger continue d'être visé régulièrement par les assauts de groupes islamistes, en dépit du déploiement massif des forces nationales anti-jihadistes et de l'état d'urgence en vigueur depuis des années. En novembre 2018, deux gendarmes avaient déjà été tués à Makalondi lors de l'attaque contre leur position par des hommes circulant sur des motos.

    Mercredi, le gouvernorat de Tillabéri avait annoncé la fermeture de nombreuses stations services dans plusieurs départements afin de perturber le ravitaillement en carburant des jihadistes qui opèrent à moto et en tout-terrain.

    Pour tenter de prévenir les déplacements et le ravitaillement de jihadistes, les autorités avaient déjà fermé des marchés et des camps de réfugiés et interdit la circulation des motos. 

    En plus des violences jihadistes, l'Ouest nigérien est frappé par une grave crise alimentaire.

  • Benin : Les récentes attaques signalent une menace djihadiste croissante dans le nord du pays

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    La petite nation ouest-africaine du Bénin a été relativement épargnée par les insurrections djihadistes qui font rage au Nigeria, au Burkina Faso et au Niger voisins. Cependant, les développements récents semblent indiquer une menace croissante pour la sécurité au nord du pays.

    Au cours de la semaine du 14 décembre, des détails ont émergé d'une attaque le long de la frontière entre le Bénin et le Burkina Faso. Il s'agissait du deuxième incident de ce type en l'espace de quelques jours seulement. Des militants islamistes avaient mené une opération similaire, le 3 décembre, qui aurait fait deux morts.

    Le chercheur Caleb Weiss de "Long War Journal" attribue la propagation de l'instabilité dans cette région à la montée de la violence au Burkina Faso voisin, probablement provoquée par le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM) lié à Al-Qaïda. Il est significatif qu'Al-Qaida ait revendiqué sa première attaque officielle au Bénin début décembre.

    Les récentes attaques n'étaient pas totalement inattendues, car il y a eu un certain nombre de signes avant-coureurs au cours des mois qui ont précédé les affrontements. En février, des reportages dans les médias français citaient Bernard Emie , le chef du renseignement français, avertissant que le GSIM étendait ses activités vers le sud en direction du golfe de Guinée, et le Bénin était l'un des pays visé par le groupe djihadiste. Des groupes affiliés à l'État islamique opèrent également à proximité.

    Auparavant, les activités de djihadistes et de bandits au Bénin incluaient l'enlèvement en mai 2019 de deux touristes français et le meurtre de leur guide touristique dans le parc national de la Pendjari, une attaque contre la police des frontières en février 2020 et l'arrestation d'un djihadiste en mars 2021.

    Il a également été rapporté que des djihadistes se déplaçaient entre le Burkina Faso et le Nigeria en transitant par le Bénin. Ces groupes djihadistes suivent certaines routes commerciales, y compris celles qui sont connues pour être utilisées dans le trafic des stupéfiants . Les djihadistes utilisent ces routes pour transiter dans toute l'Afrique de l'Ouest, et il semble que le Bénin soit utilisé comme point de transit.

    Face à la menace djihadiste rampante dans le nord, le Bénin est confronté à des problèmes de capacités militaires et policières limitées et doivent également faire face à divers types d'autres problèmes de sécurité. 

    Par rapport à certains de ses voisins, le Bénin a une petite armée par rapport à la taille de sa population et celle-ci est dans un mauvais état de préparation. Un facteur qui pourrait être un obstacle à la réponse aux activités djihadistes est le manque de capacité de frappe de l'armée de l'air béninoise. Elle dispose actuellement de 14 avions de transport et hélicoptères offrant la possibilité de répondre rapidement à une agression interne, mais toute contre-attaque nécessaire pour repousser une incursion devra très probablement être fournie par un tiers.

    Les tensions le long de la frontière avec le Burkina Faso ne sont pas la seule menace sécuritaire potentielle à laquelle le Bénin est confronté. En mars 2016, le Bénin a annoncé envoyer 150 soldats pour rejoindre la force multinationale avec le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun qui combattent le groupe djihadiste Boko Haram et l'Etat islamique de la  Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) dans la région du bassin du lac Tchad. Les groupes djihadistes de la région du Lac Tchad ont été assez actifs et se sont avérés très meurtriers.

    Le Bénin consacre également une partie de ses ressources limitées à la lutte contre la piraterie au large de ses côtes dans le golfe de Guinée, qui est devenu le premier foyer mondial d'activités maritimes illicites. Le dernier rapport Stable Seas note que le Bénin est l'un des pays les plus proches de la majeure partie des opérations de piraterie régionales et a dû augmenter ses dépenses pour acquérir de nouveaux bateaux pour tenter de faire face à la menace.

    À l'heure actuelle, le Bénin ne fait pas face au niveau de la menace djihadiste observé sur de vastes étendues du bassin voisin du lac Tchad, cependant, il y a des indications claires que des opérations djihadistes s'infiltrent dans le nord du pays. Le Bénin fait face au spectre d'attaques majeures, et peut-être d'une insurrection prolongée si les militants continuent de faire pression sur la région frontalière et si les forces gouvernementales sont incapables d'établir efficacement un tampon de sécurité pour briser cette progression.

  • Niger : L'armée français neutralise un chef de l'Etat islamique dans le Grand Sahara

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    La force française Barkhane, en étroite coordination avec les autorités nigériennes a conduit un raid et neutralisé un chef de l'Etat Islamique dans le Grand Sahara (EIGS), Soumana Boura, qui a pris part à l'assassinat de 6 ressortissants français, de leur guide et de leur chauffeur nigériens dans le parc de  Kouré en août 2020.

    "Hier (lundi 20 décembre 2021), dans la région de Tillabéri (ouest), nous avons neutralisé par frappe aérienne un chef de groupe de l'EIGS, Soumana Boura, un des auteurs de l'assassinat de six ressortissants dans le parc de Kouré le 9 août 2020", qui "avait filmé l'exécution et en avait assuré la médiatisation", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'état-major, le colonel Pascal Ianni.

    Soumana Boura dirigeait un groupe de plusieurs dizaines de combattants dans l'ouest du Niger, selon l'armée française. Il a été éliminé par un tir de drone alors qu'il était seul sur une moto. Une unité française a été envoyée au sol pour fouiller la zone et identifier formellement le jihadiste, a détaillé l'état-major dans un communiqué, en précisant que cette opération avait été menée "en étroite coordination avec les autorités nigériennes".

    Le chef de l'EIGS, Adnan Abou Walid al-Sahraoui, qui avait ordonné cette attaque contre les humanitaires français, a été tué mi-août par les soldats français dans la région "des trois frontières" (Mali, Niger et Burkina Faso).

    Logisticiens, guetteur, donneur d'ordre intermédiaire: onze personnes soupçonnées d'avoir participé à cet assassinat ont par ailleurs été arrêtées au Niger ces derniers mois.

    Dans la matinée du 9 août 2020, le 4X4 de six travailleurs humanitaires des ONG Acted et Impact, accompagnés d'un chauffeur et d'un guide nigériens, avait été attaqué par trois hommes armés sur deux motos, alors qu'ils visitaient la réserve de girafes de Kouré. Installés à Niamey depuis quelques semaines ou quelques mois, les travailleurs humanitaires - quatre femmes et deux hommes âgés de 25 à 31 ans - avaient planifié quelques jours plus tôt cette excursion dans la réserve, située à 60 km au sud-est de Niamey. Une jeune femme avait été égorgée. Les cinq autres humanitaires, leur guide et leur chauffeur, âgés de 50 ans tous les deux, avaient été exécutés par balles. Les trois assaillants avaient ensuite incendié le 4X4 avant de prendre la fuite. L'attaque avait été revendiquée par l'EI un mois plus tard.

    Au terme de près de neuf ans de présence au Sahel, la France a entrepris en juin d'y réorganiser son dispositif militaire en quittant ses trois bases les plus au nord du Mali (Tessalit, Kidal et Tombouctou) pour se recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso, ainsi qu'à Niamey. Ce plan prévoit une réduction des effectifs au Sahel, de 5.000 actuellement, à 2.500-3.000 d'ici 2023.

    Cette nouvelle élimination lundi d'un cadre jihadiste "permet en particulier de lutter contre l'expansion de l'EIGS et de l'empêcher de prendre le contrôle de certaines parties de la région des trois frontières", souligne l'état-major, en rappelant que "les armées françaises restent déterminées à combattre les groupes armés terroristes avec leurs partenaires sahéliens et leurs alliés".

  • Les forces du Burkina Faso et du Niger neutralisent une centaine de terroristes

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    Les forces armées du Burkina Faso et du Niger ont neutralisé une centaine de terroristes lors d'une opération conjointe dénommée "TAANLI 2", ont annoncé les responsables sécuritaires des deux pays, jeudi 9 décembre 2021.

    Les armées des deux pays s'exprimaient dans un communiqué conjoint publié à l'issue d'une cérémonie coprésidée, jeudi, à Ouagadougou au Burkina, par le ministre burkinabè de la Défense et des anciens combattants Aimé Barthélémy Simporé et son homologue nigérien Alkassoum Indattou.

    "L'opération a été planifiée à Kaya au Burkina Faso par les officiers d'état-major des deux pays et conduite sur le terrain par des unités tactiques burkinabè et nigériennes qui ont manœuvré sous la coordination d'un poste de commandement opérationnel conjoint basé à Tillaberi au Niger", a indiqué le communiqué.

    "L'opération s'est déroulée du 25 novembre 2021au 09 décembre 2021", a ajouté la même source, précisant que lors de cette opération plusieurs actions ont été menées, dont des "reconnaissances offensives" et des "frappes coordonnées".

    Le bilan provisoire de l'opération fait état de deux bases terroristes démantelées, d'une centaine de terroristes neutralisés et de plusieurs matériels de guerre récupérés, dont des caisses de munitions, des engins explosifs improvisés et des fûts de carburant.

    Les forces armées burkinabè et nigériennes ont, de leur côté, enregistré quatre morts, tous des soldats burkinabés et treize blessés burkinabés et nigériens, suite à l'explosion d'un engin explosif improvisé.

    Partageant une frontière de plusieurs centaines de kilomètres, le Burkina Faso et le Niger font face ces dernières années à des attaques terroristes attribuées aux groupes opérant dans le nord du Mali.

    En plus des opérations militaires menées par leurs armées, les deux pays font aussi partie de la Force conjointe du G5 regroupant aussi le Mali, la Mauritanie et le Tchad.

  • Niger : Les réseaux de contrebande libyens financent et équipent les extrémistes du Sahel avec des armes sophistiquées, dénonce le président du Niger

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    Le président nigérien Mohamed Bazoum affirme que les groupes terroristes dans la région « méditerranéenne » du Sahel acquièrent à bas prix des armes et des munitions en grande quantité via les réseaux de contrebande libyens.

    Le président Bazoum a ajouté, lors d'un discours au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qu'il y a de sérieuses lacunes dans la lutte contre le trafic d'armes en provenance de Libye au profit des factions extrémistes opérant dans la région du Sahel. Il a qualifié la lutte contre le trafic d'armes dans la région comme « inefficace ».

    Le président nigérien a souligné que les pays du Sahel ont besoin d'un soutien mieux adapté de leurs partenaires, centré sur le renseignement, le soutien aérien et le renforcement des capacités des armées. Il a accusé les partenaires de ne pas faire assez dans la lutte contre le trafic d'armes en provenance de Libye.

    79-214830-arrest-isis-terrorist-in-western-libya_700x400.jpegUn membre de Daech capturé 
    Vendredi 3 décembre 2021, les services de sécurité libyens ont arrêté un membre de l'Etat islamique dans la ville de Sabratha, dans l'ouest du pays. Le service de sécurité intérieure libyen a annoncé l'arrestation de Muhammad al-Tawati (photo ci-contre), né dans la ville de Sabratha, et qui avait rejoint l'Etat islamique fin 2015.

    Dans ses aveux, Al-Tawati a reconnu être en relation avec le chef de l'Etat islamique, Abdullah Dabbashi, qui lui aurait confié des missions secrètes. Dabbashi est responsable d'un certain nombre d'opérations terroristes à l'intérieur de la ville de Sabratha.

    Daech à Sabratha
    L'Etat islamique a été présent dans la ville de Sabratha entre 2014 et 2016, et plusieurs bureaux et centres de formation y ont été établis pour ses nouveaux membres venant de plusieurs pays africains et asiatiques.  Mais la ville s'est soulevée contre la présence de l'organisation et l'a expulsée.

    Des rapports de sécurité antérieurs indiquent que plusieurs dirigeants de l'Etat islamique actifs en Libye, avaient été libérés des prisons de Sabratha en avril 2020 par les milices de la région occidentale. Ils ont été rejoints par les restes de l'organisation fuyant l'est du pays et de la ville de Syrte, ancien bastion de l'Etat islamique. Enfin, un certain nombre d'entre eux ont été libérés de la prison de la "Force Spéciale de Dissuasion" à Tripoli pour participer à la lutte contre l'armée libyenne.