Nazary Ali Maisam porte-parole du FNR)

  • Afghanistan : Derniers développements (mis à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Echange de tirs à l'aéroport de Kaboul : 1 mort
    Un garde afghan a été tué lors d'un échange de tirs tôt lundi matin 23 août 2021 à l'aéroport de Kaboul, entraînant l'intervention des forces allemandes et américaines, a annoncé l'armée allemande.
    "Ce matin à 04H13, il y a eu un échange de coups de feu entre des gardes afghans et des assaillants non identifiés à la porte Nord de l'aéroport de Kaboul. Un garde afghan a été tué et trois autres blessés", a indiqué l'armée allemande sur son compte Twitter.
    Des soldats allemands et américains ont pris part à "des échanges de tirs ultérieurs", a ajouté l'armée allemande en précisant qu'aucun soldat allemand n'avait été blessé.

    Toujours le chaos autour de l'aéroport de Kaboul
    Depuis leur entrée dans Kaboul le 15 août, les islamistes tentent de convaincre la population qu'ils ont changé, affirmant que leur politique sera moins brutale que lorsqu'ils étaient à la tête du pays de 1996 à 2001. Mais cela n'endigue pas le flot de ceux qui ne croient pas en leurs promesses et veulent partir. "L'Amérique, avec toute sa puissance et ses équipements (...), a échoué à ramener l'ordre à l'aéroport. Il y a la paix et le calme dans tout le pays, mais il n'y a que le chaos à l'aéroport de Kaboul (...) Cela doit cesser le plus tôt possible", a déclaré dimanche un haut responsable taliban, Amir Khan Mutaqi.

    Sept Afghans sont morts dans cette gigantesque cohue à l'aéroport, a annoncé dimanche le ministère britannique de la Défense, sans dire s'il parlait d'un seul incident ou de plusieurs, ni quand cela avait eu lieu.

    Un journaliste, faisant partie d'un groupe d'employés de presse et d'universitaires qui a eu la chance d'accéder à l'aéroport dimanche, a décrit des scènes d'Afghans totalement désespérés s'accrochant à leur bus au moment où ils y pénétraient. "Ils nous montraient leurs passeports et criaient: +Emmenez-nous avec vous, s'il vous plaît emmenez-nous avec vous", a raconté ce journaliste à l'AFP.

    Espérant toujours un miracle, des familles demeurent massées entre les barbelés qui entourent le périmètre séparant les talibans des troupes américaines, et l'accès à l'aéroport reste très difficile.

    Face à cette situation, les dirigeants du G7 vont tenir une réunion virtuelle mardi, a annoncé le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont le pays assure actuellement la présidence du groupe. "Il est vital que la communauté internationale travaille ensemble pour assurer des évacuations sûres, prévenir une crise humanitaire et aider le peuple afghan à protéger les progrès (réalisés) les vingt dernières années", a-t-il ajouté.

    Le président américain Joe Biden a déclaré dimanche toujours espérer que les opérations d'évacuations puissent être terminées avant le 31 août, la date fixée par son gouvernement pour le retrait complet des troupes américaines en Afghanistan. "Nous espérons que nous ne devrons pas prolonger", a déclaré le président américain, tout en laissant la porte ouverte à une extension. "Il y aura des discussions, je pense."

    Washington a réquisitionné les avions de plusieurs compagnies aériennes privées afin d'aider à l'évacuation. Ces avions ne décolleront pas de l'aéroport de Kaboul mais aideront à transporter les personnes ayant été évacuées vers des pays tiers, comme le Qatar ou les Emirats arabes unis.

    Washington prévoit d'évacuer entre 10.000 et 15.000 de ses ressortissants, et de 50.000 à 60.000 Afghans et leurs familles, selon l'administration Biden. Mais un nombre considérable d'autres personnes tentent de fuir. "Il veulent évacuer 60.000 personnes d'ici la fin du mois. C'est mathématiquement impossible", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

    Vladimir Poutine tire la sonnette d'alarme sur la présence de combattants déguisés en réfugiés
    Depuis le 14 août, environ 25.100 personnes ont été évacuées d'Afghanistan à bord d'avions militaires américains et de pays alliés, selon la Maison Blanche.

    Dimanche 22 août, le président russe Vladimir Poutine a appelé à empêcher un afflux de réfugiés en provenance d'Afghanistan parmi lesquels pourraient se cacher des "combattants déguisés".

    "Nos partenaires occidentaux demandent avec insistance d'accueillir les réfugiés dans les pays d'Asie centrale jusqu'à ce qu'ils aient un visa pour les Etats-Unis ou pour d'autres pays", a déclaré M. Poutine. "Mais qui peut être (caché) parmi ces réfugiés, comment peut-on le savoir?", a-t-il souligné, en estimant que "des centaines, voire des centaines de milliers ou peut-être des millions" de personnes pourraient vouloir fuir le pays.

    Les talibans annoncent une offensive contre la vallée du Panjshir
    Une poche de résistance s'est formée dans la vallée du Panjshir, au nord-est de Kaboul, longtemps connue comme un bastion anti-talibans. Ce Front national de résistance (FNR) est notamment emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda.

    Après l'échec de négociations, les talibans ont annoncé dimanche 22 août 2021 le lancement d'une offensive d'envergure contre la vallée du Panjshir.
    "Des centaines de moudjahidines de l'Emirat islamique se dirigent vers l'Etat du Panjshir pour le contrôler, après que des responsables locaux aient refusé de le remettre de façon pacifique", ont indiqué les talibans sur leur compte Twitter en arabe. 
    L'offensive des talibans contre la vallée du Panjshir est dirigée par Qari Fasihud Din HafizuAllah. Lundi 23 août, ils ont annoncé avoirencerclé les combattants du Front National de Résistance dans le Panjshir, tout en ajoutant vouloir négocier plutôt que de combattre.E9coAxCXMAAXhvn.jpeg

    L'entrée principale de la vallée du Panjshir est une gorge étroite qui rend son invasion extrêmement difficile par des forces extérieures, à la merci des tirs de combattants positionnés sur les hauteurs alentours.

    Des rapports émanant de plusieurs sources, non confirmés, mais rapportés par la BBC , prétendent qu'une colonne de talibans serait tombée dans une embuscade tendue par les combattants anti-talibans du Jabal al-Siraj, avant d'entrer dans la région du Panjshir. Selon ces rapports,  plus de 300 talibans auraient été tués. En outre, les combattants du Front National de Résistance (anti-talibans) auraient fait sauter le pont Doshakh à Salang nord, coupant la route d'approvisionnement des talibans et piégeant plusieurs centaines de talibans.
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    Les talibans affirment avoir nettoyé les districts de Banu, Pol-e-Hesar et Deh Salah de la province de Baghlan. Parallèlement, des sources locales ont indiqué que de violents combats avaient lieu entre les talibans et les combattants du groupe dans les districts de Deh Salah et Banu. Au cours des combats, le chef taliban du district de Banu a été tué avec 3 autres combattants.
    Les affrontements se poursuivent dans différentes parties d'Andarab.
    Une information en date du 23 août fait état d'une embuscade dans la région de Fajr au cours de laquelle une cinquantaine de talibans ont été tués et 20 autres faits prisonniers. Le Front National de Résistance (FNR) a eu un mort 1 et six blessés.

    Un porte-parole du FNR, Ali Maisam Nazary, a déclaré à l'AFP que le Front se préparait à "un conflit de longue durée" avec les talibans. Selon lui, des milliers d'Afghans ont rejoint la vallée du Panjshir pour combattre le nouveau régime.
    Des photos prises par l'AFP lors d'exercices d'entraînement montrent des véhicules blindés rouler à travers la vallée. "Les talibans ne dureront pas s'ils continuent ainsi. Nous sommes prêts à défendre l'Afghanistan et nous mettons en garde contre un bain de sang", a déclaré dimanche M. Massoud à la chaîne Al-Arabiya. Vidéo de combattants du FNR dans la région du Panjshir.

    Le "Lion du Panjshir"
    En 1997 Ahmed Shah Massoud, légendaire chef de guerre surnommé "Le lion du Panjshir", avait fait sauter le tunnel de Salang, construit lors de l'invasion soviétique de l'Afghanistan (1979-1989), fermant ainsi la porte d'entrée de la vallée par le sud. Malgré de nombreuses tentatives, les talibans n'étaient jamais parvenus à s'emparer du Panjshir.

    Les talibans envisagent de remplacer Kaboul par Kandahar comme capitale d'Afghanistan
    Dans une interview exclusive avec Al-Jazeera, Abdul Qahar Balkhi, membre de la commission culturelle des talibans, a déclaré que "des consultations sont en cours pour former un gouvernement et ce sera certainement un système global". Il a déclaré que le changement de la capitale de Kaboul à Kandahar est également un sujet de discussion.
    L'une des raisons pour lesquelles les talibans envisagent de changer de capitale est que la plupart des Kaboulis parlent une langue appartenant au groupe iranien de la famille des langues indo-européennes. Les Pachtounes sont minoritaires à Kaboul  et ceux de Kaboul sont de langue persane. Alors que Kandahar est une ville pachtoune. 
    La question du transfert de la capitale pourrait également révéler des dissensions entre les pachtounes Kandahari à l'égard des talibans pachtounes de Haqqani qui ont pris le pouvoir à Kaboul. les Haqqanis jouent un rôle dominant à la fois militairement et politiquement à Kaboul. Or, les relations étroites idéologiques, opérationnelles et même familiales des Haqqani avec al-Qaïda sont bien connues.
    Ajoutons que l'ONU a identifié la présence de hauts dirigeants d'al-Qaïda et de centaines de djihadistes armés, notamment dans la région d'Af-Pak.

    L"ambassade du Pakistan à Kaboul investie par les talibans
    Des sources locales confirment que l'ambassade du Pakistan à Kaboul a été investie par les talibans, lundi 23 août 2021. Les talibans ont averti le personnel de ne pas délivrer de visas pour les Afghans essayant de fuir le pays. (Source Suhaib Zuberi)