Nazarbayev Nursultan (président)

  • Kazakhstan : Après les émeutes, la répression

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    Dernier bilan des émeutes : 164 personnes tuées
    Les émeutes qui ont secoué le Kazakhstan cette semaine ont fait au moins 225 morts, dont 19 membres des forces de l'ordre, et 2600 blessés, dont 67 dans un état grave, selon un dernier bilan publié le 15 janvier 2022. Le ministère de la santé kazakh a donné une répartition du nombre des morts par région pour 142 personnes : à Almaty - 103 morts ont été rapportés à Almaty, dont deux enfants ; 21 morts dans la région de Kyzylorda ; 10 morts dans la région de Zhambyl et 8 morts dans la région d'Almaty.  

    La répression bat son plein au Kazakhstan, où les autorités ont annoncé dimanche avoir arrêté près de 6.000 personnes en lien avec les émeutes meurtrières qui ont secoué cette semaine le Kazakhstan.

    Au total, 5.800 personnes, "dont un nombre conséquent de ressortissants étrangers", ont été interpellées dans le cadre de 125 enquêtes distinctes, a indiqué la présidence du Kazakhstan dans un communiqué, sans donner plus de précision. "La situation est stabilisée dans toutes les régions du pays", même si les forces de sécurité mènent encore des opérations de "nettoyage", a ajouté la même source, à l'issue d'une réunion de crise avec le président Kassym-Jomart Tokaïev.

    Le Kazakhstan, un pays d'environ 19 millions d'habitants riche en hydrocarbures, a été ébranlé cette semaine par des émeutes sans précédent depuis son indépendance en 1989, qui ont fait des dizaines de morts. La contestation a débuté en province dimanche 2 janvier 2022 après l'augmentation des prix du gaz, avant de gagner des grandes villes, notamment la capitale économique Almaty, où des émeutes ont éclaté, la police tirant à balles réelles sur les manifestants.

    Selon le ministère kazakh de l'Intérieur cité dimanche par les médias locaux, le préjudice matériel causé par les violences a été initialement évalué à environ 175 millions d'euros. Plus de 100 commerces et banques ont été pillés et plus de 400 véhicules détruits, selon la même source.

    Le Kazakhstan avait annoncé samedi l'arrestation de l'ex-directeur des services de renseignement, Karim Massimov, première personnalité majeure interpellée, pour des soupçons de "haute trahison". 

    Refusant tout dialogue avec les manifestants, le président Tokaïev avait autorisé vendredi ses forces à "tirer pour tuer".

    Un calme relatif semblait être revenu à Almaty depuis quelques jours, les policiers tirant parfois des coups de feu en l'air pour empêcher les habitants d'approcher de la place centrale de la ville, a constaté samedi un correspondant de l'AFP.

    Des magasins rouvrent 
    Signe d'un timide retour à la normale, une trentaine de supermarchés ont rouvert leurs portes à Almaty dimanche, ont rapporté les médias, alors que la population s'inquiète de pénuries. De longues files d'attente de véhicules se sont notamment formées ces derniers jours devant les stations-service, a constaté un journaliste de l'AFP. Mais Almaty portait toujours les stigmates de ces jours de violence, avec des façades d'immeubles noircies par les flammes et des carcasses de voitures brûlées jonchant les rues.
    L'aéroport d'Almaty, qui devait rouvrir lundi, restera finalement fermé "jusqu'à ce que la situation se stabilise", ont déclaré dimanche les autorités.

    Outre la hausse du coût de la vie, la figure de l'ex-président Nazarbaïev, qui a régné d'une main de fer sur le Kazakhstan de 1989 à 2019, était au centre de la colère des manifestants. Son porte-parole, Aïdos Oukibaï, a une nouvelle fois nié dimanche que M. Nazarbaïev ait quitté le pays, assurant qu'il soutenait M. Tokaïev. Sur fond de rumeur de lutte de pouvoir, il a aussi affirmé que M. Nazarbaïev avait cédé de son propre chef la direction du conseil de sécurité nationale à M. Tokaïev, qui avait brusquement annoncé cette semaine qu'il en prenait les rênes.

    Tensions russo-américaines 
    Les autorités ont affirmé que 26 "criminels armés" avaient été tués et plus d'un millier de manifestants blessés, les forces de l'ordre faisant état, selon un nouveau bilan dimanche, de 16 tués et plus de 1.300 blessés dans leurs rangs. Ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

    La crise au Kazakhstan a aussi donné lieu à des tensions entre la Russie et les Etats-Unis, dans un contexte de crispations croissantes entre ces deux puissances. Moscou a déployé des troupes dans le pays d'Asie centrale dans le cadre d'un contingent multinational de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), à l'appel de M. Tokaïev. Les Etats-Unis ont estimé qu'il serait "très difficile" pour le Kazakhstan d'obtenir le départ des militaires russes, une critique que Moscou a qualifiée samedi de "grossière".

    Alors que des représentants américains et russes doivent se réunir à partir de dimanche soir à Genève pour parler de l'Ukraine et de l'Europe, Moscou a exclu toute discussion avec Washington sur le Kazakhstan. "Cette question ne les regarde en rien", a balayé dimanche le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

  • Kazakhstan : De graves émeutes menacent la sécurité de ce pays central

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    Le Kazakhstan pourrait apparaître comme lointain pour la majorité des Européens, mais il ne faut pas oublier qu'il est utilisé comme plaque tournante par les narco-trafiquants, les migrants et de nombreux jihadistes à partir, notamment de l'Afghanistan vers la Russie et l'Europe.  A tel point que des sociétés comme Thalès (France), mais aussi d'Israël, de Russie et de Turquie avaient été approchées pour proposer une mise à niveau d'équipements destinés à la lutte contre ces trafics. Une situation chaotique dans ce pays pourrait avoir des conséquences sur la sécurité de la Russie et des pays de l'Union européenne.

    Dans la ville d'Almaty, dans l'ouest du Kazakhstan, de violents affrontements se sont poursuivis le 5 janvier entre des manifestants et des policiers, qui ont utilisé des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de citoyens. Ces derniers, armés de bâtons et de barres métalliques, ont pris d'assaut et occupé le bâtiment du gouvernement régional, l'Akimat, malgré l'entrée en vigueur de l'état d'urgence et du couvre-feu.

    Le site d'information kazakh zakon.kz  a publié une vidéo montrant des centaines de manifestants tentant d'accéder au siège du gouvernement. Les citoyens sont descendus dans la rue pour condamner le doublement du prix du gaz de pétrole liquéfié (GPL), un carburant largement utilisé pour alimenter les véhicules dans le pays en raison de son coût économique. L' agence de presse russe TASS , citant des correspondants sur place, a révélé que les manifestants avaient pénétré dans le bâtiment et mis le feu au premier étage du bâtiment.  

    Le bilan des affrontements serait d'environ 190 personnes, 137 officiers et 53 civils. Cela a été confirmé mercredi 5 janvier 2022 par le service de presse du ministère de la Santé publique d'Almaty. 150 ont été soignés sur place dans des ambulances, tandis que 40 autres étaient transportées d'urgence à l'hôpital. Sept personnes ont été grièvement blessées et sont hospitalisées en soins intensifs, dont quatre policiers. Selon les données préliminaires du ministère kazakh de l'Intérieur, environ 200 manifestants ont été arrêtés. Les bâtiments de la ville ont également été endommagés. TASS a signalé qu'environ 300 structures ont été endommagées, dont 120 magasins, 100 immeubles et 80 restaurants et bars. En outre, zakon.kz a signalé que 33 véhicules ont été pris d'assaut, dont 16 véhicules des forces de l'ordre, 7 ambulances, deux camions de pompiers, 7 camions et un camion-citerne. 

    L'aéroport est bouclé par les forces de sécurité et isolé, et il ne semble pas que les manifestants aient réussi à y pénétrer. 

    Dans la matinée du 5 janvier, le président du pays, Qasym-Zhomart Toqaev, a accepté la démission du gouvernement, dirigé par le Premier ministre Asqar Mamin. C'était l'une des principales revendications des manifestants, après que l'exécutif ait annoncé le doublement du prix du GPL. Il a été aussitôt remplacé par le vice-Premier ministre, Alikhan Smailov, a titre intérim. Il collaborera avec les membres actuels du gouvernement, qui continueront à exercer leurs fonctions jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet, indique la page Web présidentielle. .

    Le 4 janvier, Toqaev avait décrété l'état d'urgence dans les régions occidentales d'Almaty et de Mangystau. La mesure sera en vigueur jusqu'au 19 janvier et a été adoptée après que les manifestations aient commencé à prendre une tournure violente dans la nuit du 4 au 5 janvier. Dans les deux régions, un couvre-feu nocturne sera en vigueur, de 23 heures à 7 heures du matin, accompagné de restrictions de circulation à l'intérieur et à l'extérieur des centres urbains et d'une interdiction de rassemblements. Les manifestations ont commencé le 2 janvier, dans la région sud-ouest de Mangystau, notamment dans la ville d'Aktau et dans celle pétrolière de Zhanaozen. C'est la même région où,  en décembre 2011, la police avait ouvert le feu sur les manifestants, tuant au moins 16 personnes. L'étincelle qui a déclenché les troubles a été l'annonce du doublement du prix du GPL à 120 tenge (0,27 $). C'est une matière première vitale pour les Kazakhs. L'annonce de l'augmentation du pris du GPL à 120 tenge avait été annoncée dans les derniers jours de décembre 2021, pour une entrée en vigueur le 1er janvier. 

    Le 4 janvier, les manifestations se sont étendues à Almaty, dans le sud-est du pays, où la police est intervenue avec des véhicules blindés pour disperser plus de 5 000 manifestants. Ce même 4 janvier, d'autres villes enregistraient également une forte mobilisation populaire, comme Uralsk, au nord-ouest, Aqtöbe, à l'ouest - où les manifestants occupaient la place centrale et l'administration de la ville- mais aussi dans les villes méridionales de Taraz, Shymkent et Kyzylorda. Enfin, au Nord-Est, on signale des manifestations à Karaganda et même Nur-Sultan. Une manifestation de masse a également lieu devant le bureau du maire de Kostanay. A Petropavlovsk et Pavlodar, la police a jusqu'ici réussi à retenir les manifestants.

    13H27 : La résidence du président du Kazakhstan à Alma-Ata  incendiée
    À Alma-Ata, le bâtiment de l'ancienne résidence du président du Kazakhstan a été incendié. Cela a été rapporté par l' agence Interfax en référence au service d'incendie. Auparavant, on avait appris les incendies dans le bâtiment de l'administration municipale, du bureau du procureur et du siège du parti au pouvoir.
    Le palais présidentiel est situé à côté de l'administration d'Almaty. Les manifestants, qui ont pris d'assaut la mairie, ont tenté d'occuper la résidence du chef de l'Etat. Ils ont également réussi à détourner un véhicule spécial appartenant à la police.

    14H27 : Internet est coupé dans le pays 
    Des coupures Internet  ont été enregistrées sur tout le territoire du Kazakhstan, indique l' agence RIA Novosti en référence à l'organisation NetBlocks, qui analyse l'activité du réseau mondial.
    La fermeture d'Internet vise à empêcher les manifestants de coordonner leurs activités. Le 4 janvier, il y a eu des interruptions dans les communications mobiles sans que cela puisse empêcher les manifestations de l'opposition.

    16H24 : Le président du Kazakhstan, Kassym-Zhomart Tokayev, remplace le premier ministre à la tête du Conseil de sécurité du pays
    Le président du Kazakhstan a déclaré qu'à partir du 5 janvier, il dirigeait le Conseil de sécurité du pays, auparavant piloté par Noursoultan Nazarbayev. Il a également déclaré que lors des affrontements entre la police et les manifestants, il y avait eu des morts et des blessés.

    "Des foules de bandits battent et se moquent des militaires, les emmènent nus dans les rues, maltraitent les femmes, braquent des magasins. La situation menace la sécurité de tous les habitants d'Almaty. Et cela ne peut être toléré", cite Interfax.

    Tokayev a démenti les rumeurs de fuite du Kazakhstan, affirmant qu'il resterait dans la capitale et publierait bientôt un plan de réforme politique. Dans le même temps, le président a averti que les autorités agiraient durement contre les participants aux émeutes.

  • Turquie : Renforcement de l'influence turque dans les pays d'Asie centrale

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    La Turquie et l'Ouzbékistan signent un accord de coopération militaire
    Le 27 octobre, les ministres de la défense de Turquie et d'Ouzbékistan ont signé un accord militaire et ont souligné leur volonté de coopérer davantage dans les domaines militaire, de la défense et de la sécurité.

    Après avoir visité le Pakistan et le Kazakhstan ces derniers jours, le ministre de la défense Hulusi Akar est arrivé en Ouzbékistan et a rencontré son homologue Bakhodir Kurbanov dans la capitale Tachkent.

    "Nous faisons des efforts pour améliorer les relations dans tous les domaines. Cela inclut les relations commerciales, économiques, sociales, politiques et, bien sûr, militaires. Nous avons fait des progrès significatifs", a déclaré M. Akar.

    Kurbanov a pour sa part déclaré : "Il est important pour nous de faire progresser la coopération en matière militaire, de défense et de sécurité."

    Les deux ministres de la défense ont signé un accord de coopération militaire.

    Akar a également rencontré le conseiller à la sécurité nationale de l'Ouzbékistan, Viktor Mahmudov, lors de sa visite et a déclaré la nécessité de poursuivre la coopération dans le domaine de la formation militaire et de l'industrie de la défense.

    Kazakhstan
    En ce qui concerne le Kazakhstan, Hulusi Akar a été accueilli par le ministre de la défense du Kazakhstan, Nurlan Yermekbayev, lors d'une cérémonie militaire avant une réunion bilatérale dans la capitale Nur-Sultan.

    Décrivant le pays d'Asie centrale comme une "patrie" turque, Akar a remercié les responsables kazakhs pour leur hospitalité.

    "Je crois que les relations existantes en matière de formation militaire, de coopération et d'industrie de la défense continueront à se développer, ce qui sera très bénéfique pour nos pays et nos forces armées", a-t-il déclaré.

    Akar a ajouté qu'un accord de partenariat stratégique pour 2019 entre les deux pays a contribué à établir une importante feuille de route pour les relations.

    M. Yermekbayev a salué Hulusi Akar avec l'expression "Bienvenue dans la patrie depuis la mère patrie".

    "En tant qu'États frères amis, nous devons développer davantage nos relations", a déclaré M. Yermekbayev.

    Après la réunion, Hulusi Akar a déclaré qu'ils avaient discuté de la manière dont les relations entre les deux pays et leurs forces armées pouvaient se renforcer.

    De plus, Hulusi Akar a rencontré Beibut Atamkulov, le ministre de l'industrie et du développement des infrastructures du Kazakhstan.

    "L'amitié entre les présidents turc et kazakh est connue. Nous devons avancer sur la voie qu'ils ont tracée et faire le travail nécessaire pour nos pays, nos forces armées et nos nations", a déclaré M. Akar.

    Le Premier ministre du Kazakhstan, Askar Mamin, lors d'une réunion avec le général turc, a noté le haut niveau de coopération entre les deux pays. Au cours des années d'indépendance, la Turquie a investi plus de 3,7 milliards de dollars au Kazakhstan et figure parmi les dix premiers pays - partenaires commerciaux de Nur-Sultan.

    Fin 2019, les échanges commerciaux entre les deux pays dépassaient les 3 milliards de dollars. Le Kazakhstan discute de plus en plus de la question d'une coopération plus étroite et même d'une quasi-union avec la Turquie.

    Aucun accord n'a été signé, et ce parce qu'il l'a déjà été en 2018.

    Suite aux discussions, le département militaire kazakh a abordé les questions liées à la mise en œuvre des accords conclus précédemment. En particulier, l'accord de coopération militaire qui a été signé en septembre 2018 lors de la visite officielle à Ankara du premier président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev.

    Selon le général Akar, les parties ont convenu de la nécessité d'étendre la coopération militaro-technique entre le Kazakhstan et la Turquie.