Namroush Saleh

  • Libye: les consultations se poursuivent, mais des "désaccords" éclatent

    Imprimer

    Les 75 représentants libyens, membres du Forum de dialogue politique, continuent de se consulter pour déterminer qui dirigera le pays dans la phase de transition. Cependant, les controverses et les désaccords ne manquent pas.

    Le cycle de négociations a commencé le 1er février et devrait durer jusqu'au 5 février. La réunion a lieu à Genève, sous les auspices des Nations Unies, et devrait conduire à la nomination d'un nouveau chef du Conseil présidentiel et d'un nouveau Premier ministre, en remplacement de celui qui occupe actuellement les deux bureaux, Fayez al-Sarraj . Cependant, comme le rapporte le journal al-Arabiya , il existe des "différends juridiques" impliquant certains candidats, dont le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, l'actuel ministre de l'Intérieur du Gouvernement d'accord national (GNA), Fathi Bashagha, et le ministre de la Défense, Salah al-Din al-Namroush, accusés par certains d'avoir violé certaines règles et réglementations.

    Comme l'explique le journal, parmi les 45 personnes qui ont présenté leur candidature au poste de Premier ministre ou parmi les dirigeants du Conseil présidentiel, 11 candidats occupent actuellement des postes politiques, judiciaires et militaires élevés et 5 candidats ont la double nationalité. À la lumière de cela, certains membres du Forum ont déclenché un débat, invoquant l'article 177 du règlement intérieur de la Chambre des représentants libyenne, qui établit qu'un membre de la Chambre, toujours en fonction, ne peut pas se porter candidat au poste de premier ministre ou de ministre. En outre, ceux qui possèdent la double nationalité, en vertu de la loi libyenne, ne peuvent pas occuper des postes  souverains, tout comme ceux qui travaillent dans l'armée ou dans la magistrature ne peuvent pas postuler à des postes similaires,

    À la lumière de cela, certains représentants du Forum ont demandé l'exclusion des candidats qui enfreignent ces règles, comme établi avec la feuille de route esquissée à Tunis. Cependant, certains juristes ont souligné que la candidature des personnalités dont l'exclusion est demandée, dont Saleh, al-Nimroush et Bashagha, s'inscrit dans le cadre d'un accord politique, qui n'est pas soumis aux règles précitées. Celles-ci, a-t-on précisé, s'appliquent en cas de candidature aux élections générales, tandis que les organes qui devraient être constitués avant le 5 février sont temporaires, en attendant ceux qui seront démocratiquement élus le 24 décembre 2021. En tout cas, il est demandé que les personnalités considérées responsables de "l'effusion de sang" provoquée par la crise libyenne soient exclues.

    De son côté, Aguila Saleh a déclaré, à l'ouverture du cycle, qu'il s'engagera à respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et ce qui a été établi au cours des forums internationaux et du Forum de dialogue politique. Pour le président de la chambre de Tobrouk, les priorités sont l'unification des institutions et la réconciliation nationale. 

    L'Envoyée spéciale intérimaire de l'ONU, Stephanie Williams, a souligné à quel point les 75 représentants libyens ont beaucoup de travail à faire, mais en même temps ils ont une belle opportunité à saisir, ce qui pourrait permettre à la Libye d'avoir un gouvernement unitaire. Le but ultime est de mettre fin à la crise persistante qui caractérise le pays d'Afrique du Nord depuis le 15 février 2011, date du début de la révolution et de la guerre civile. L'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, et le gouvernement de Tripoli (GNA), dirigé par le Premier ministre al-Sarraj, se sont affrontés sur les fronts de combat. L'accord de cessez-le-feu a été signé le 23 octobre 2020, lors d'une réunion du Comité militaire mixte 5 + 5, formé par des représentants des deux camps en guerre. Bien que des progrès aient été accomplis sur la voie politique, nous attendons le retrait des forces étrangères et des mercenaires, principalement turcs et russes, comme prévu par l'accord du 23 octobre.

  • Libye: annonce des candidats à la direction de l'exécutif de transition

    Imprimer

    La Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL ) a annoncé le 30 janvier qu'un comité d'examen composé de trois membres du Forum de dialogue politique libyen avait approuvé une liste de candidats pour diriger le gouvernement de transition qui conduirait la Libye aux élections prévues le 24 décembre 2021. Le Forum de dialogue politique libyen en Suisse se réunira donc du 1er au 5 février pour voter sur les candidats proposés.

    La MANUL a publié deux listes, la première contenant les 24 candidats au Conseil présidentiel et la seconde avec les 21 noms pour le poste de Premier ministre. Toutes les personnes indiquées se sont engagées à respecter la voie indiquée par le Forum de dialogue politique libyen pour amener le pays aux élections et, dans le cas où elles seraient choisies, à soumettre une déclaration des biens meubles et immeubles détenus en Libye et à l'étranger, y compris celles des conjoints et des enfants. Les candidats se sont alors engagés à ne pas se présenter aux élections à la fin de la période de transition.   

    Parmi les personnes nommées pour siéger au conseil présidentiel du nouvel exécutif figurent le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, et le ministre de la Défense du gouvernement d'accord national (GNA) de Tripoli, Saleh Namroush. Les candidats au poste de Premier ministre comprennent le ministre de l'Intérieur du GNA, Fathi Bashagha, et le vice-premier ministre du GNA, Ahmed Maiteeg.

     Le vote aura lieu en Suisse du 1er au 5 février prochain lors d'une réunion interactive au cours de laquelle la MANUL invitera les candidats à s'adresser aux 75 membres du Forum de dialogue politique pour présenter la manière dont ils entendent mettre en œuvre la voie tracée vers les élections et répondre aux les questions auxquelles ils seront soumis. L'exécutif qui résultera de ces votes sera composé du Conseil présidentiel, lui-même composé d'un président et de deux vice-présidents, et des bureaux du Premier ministre.

    Comme le rapporte Al-Arabiya , malgré les progrès réalisés par les dialogues promus par l'ONU, plusieurs personnalités libyennes ont exprimé des craintes que la compétition créée au niveau politique ne conduise à de nouveaux affrontements sur le terrain. 

    En ce moment, en Libye, il y a un cessez-le-feu convenu le 23 octobre dernier par les délégations libyennes de l'Armée nationale libyenne (ANL) et du GNA de Tripoli, réunies à Genève dans le cadre du Comité militaire mixte 5 + 5. Suite à cet accord, plusieurs initiatives ont été organisées pour parvenir à une solution politique au conflit et aux divisions en Libye, y compris la formation du Forum de dialogue politique qui rassemble les différentes composantes de la population libyenne sous l'égide de l'ONU.

    La Libye est le théâtre d'une longue guerre civile qui a débuté le 15 février 2011 qui a été suivie, en octobre de la même année, par la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi. Depuis cet événement, le pays n'a jamais réussi à réaliser une transition démocratique et, pour le moment, il voit, au niveau politique, la présence de deux administrations rivales, celle de la Chambre des représentants de Tobrouk (HoR), dirigée par Aguila Saleh, et que du GNA, dirigé par Fayez Al-Sarraj, et, sur le plan militaire, la confrontation des milices liées au GNA et l'Armée Nationale Libyenne (ANL), qui relève du général Khalifa Haftar.

    Le GNA d'al-Sarraj est le gouvernement officiellement reconnu par l'ONU en Libye, il est né le 17 décembre 2015 avec les accords de Skhirat, signé au Maroc puis expiré le 17 décembre 2017. Il est formellement soutenu par la Turquie, le Qatar et l'Italie. Les forces de l'ANL sont plutôt proches du gouvernement de Tobrouk qui contrôle l'est de la Libye et est dirigé par Aguila Saleh, et, au niveau international, elles sont soutenues par l'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, la Russie et, d'une façon plus discrète, par la France..