Mutaibija (province de Salaheddine)

  • Irak : Attaque de l'Etat islamique dans la province de Salaheddine - victimes dans l'armée

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    Deux soldats irakiens ont été tués dans la province de Salaheddine et 4 autres près de Hit, dans la province sunnite d'al-anbar à la suite d'une attaque perpétrée par l'Etat islamique à l'aube du mercredi 21 juillet. Quatre autres avaient été tués le 19 juillet dans le secteur de Hit, province d'al-Anbar. Ces incidents interviennent à un moment où les forces de sécurité irakiennes craignent une augmentation des attaques de l'organisation islamiste, coïncidant avec les célébrations de l'Aïd al-Adha.

    En ce qui concerne le dernier incident, dans la province de Salaheddine, la nouvelle a été rapportée par le quotidien al-Araby al-Jadeed. L'attaque a été menée contre le quartier général de l'armée irakienne situé à Mutaibija, à l'est de Salaheddine, une région au nord de Bagdad. Selon le journal, des éléments de l'Etat islamique ont pris d'assaut la base à l'aube, provoquant des affrontements qui ont fait des victimes parmi les troupes irakiennes. Les djihadistes ont réussi à s'échapper avant l'arrivée de renforts, qui ont par la suite mené des opérations de patrouille dans les zones environnantes de l'attaque, à la recherche de membres de l'État islamique.

    L'attaque fait suite à l'attentat contre un marché à Bagdad, dans la banlieue à majorité chiite de Sadr City, faisant environ 35 morts et 60 blessés, dont des femmes et des enfants. 

    Dans ce contexte, un responsable du commandement des opérations conjointes a rapporté que des informations obtenues par les services de renseignement ont révélé que l'État islamique se prépare à intensifier ses opérations lors de la célébration musulmane de l'Aïd al-Adha, à Bagdad e dans d'autres régions. Selon la source, l'attaque de Sadr City pourrait n'être que la première d'une série d'attaques "isolées" visant à déstabiliser la sécurité du pays. Les forces de sécurité, pour leur part, ont élaboré des plans pour empêcher et contrecarrer les opérations de l'organisation.

    La fin présumée de l'État islamique remonte au 9 décembre 2017, lorsque, après trois ans de violents combats, le gouvernement irakien a annoncé la victoire sur Daech. Cependant, déjà en 2020, il y avait une réémergence croissante de l'organisation et au cours des six premiers mois de 2021, les attaques n'ont pas cessé. Les forces irakiennes tentent de contrer la menace des jihadistes, mais on craint qu'au cours des mois précédant les élections législatives, prévues le 10 octobre, l'Irak ne connaisse une nouvelle vague de violence. Ces derniers pourraient concerner principalement les provinces de Ninive, Diyala, Kirkouk, Salaheddine et Anbar.

    Selon un rapport du Centre international de lutte contre le terrorisme (ICCT) à La Haye, en 2020, les attaques de l'Etat islamique se sont intensifiées en particulier dans la zone entre Kirkouk, Salaheddine et Diyala, au nord de Bagdad, connue sous le nom de Triangle de la mort. En particulier, selon l'ICCT, l'activité de l'organisation terroriste s'est accélérée depuis février 2020, atteignant des niveaux similaires à ceux qui ont précédé son invasion de la ville de Mossoul en 2014. Dans le même temps, selon l'ICCT, l'Etat islamique est sur le point de passer d'une phase de reconstruction à une autre phase caractérisée par des « attaques audacieuses et de guérilla ». 

    Les forces irakiennes font tout pour lutter contre la menace terroriste. Parmi les derniers résultats obtenus, le 19 juillet, le  Service national de sécurité irakien (INSS) a annoncé l'arrestation du soi-disant « émir de Bagdad », considéré comme l'un des principaux dirigeants de l'État islamique dans la capitale. L'INSS a diffusé une vidéo de l'arrestation et des aveux présumés de l'accusé, qui est devenu membre d'un groupe terroriste connu sous le nom d'« Ansar al-Sunna » en 2008, avant de rejoindre l'Etat islamique en 2011. L'homme avait occupé plusieurs postes au sein de l'organisation et avait également été un « émir » de Raqqa, la « capitale syrienne » de l'Etat islamique. Il a avoué qu'il prévoyait de mener plusieurs attentats à Bagdad.

    L'indice mondial du terrorisme 2020  place l'Irak en deuxième position, après l'Afghanistan, parmi les 163 pays les plus touchés par la menace terroriste, bien que dans le pays, en 2019, une diminution de 46% du nombre de victimes du terrorisme ait été enregistrée.

    Dans ce contexte, selon les « Country Reports on Terrorism 2019”, l'Irak représente un membre clé de la coalition internationale anti-Daech et participe à tous les différents groupes de travail qui lui sont liés, y compris les combattants terroristes étrangers, le groupe financier contre l'Etat islamique, la stabilisation et les communications. Malgré cela, l'État islamique continue de représenter une menace sérieuse. L'Etat islamique vise toujours à rétablir le "califat", en mobilisant le soutien des populations sunnites de Ninive, Kirkouk, Diyala, Salaheddine et Anbar, notamment dans les zones encore disputées entre le gouvernement régional du Kurdistan et le gouvernement fédéral, où il n'est pas clair qui devrait s'occuper de la sécurité de la région, provoquant encore plus de chaos et de fragilité.