MOZAMBIQUE

  • Mozambique : Des djihadistes décapitent au moins trois villageois

    Imprimer

    Des islamistes ont décapité au moins trois villageois et enlevé plusieurs femmes lors de nouvelles attaques "djihadistes" dans le nord-est du Mozambique, a annoncé mercredi 25 mai 2022 la police.

    Le chef de la police régionale, Vicente Chicote, a déclaré que "des terroristes ont pris d'assaut vendredi des fermes du village d'Oula, dans le district de Macomia, ont décapité trois citoyens et enlevé des femmes", ajoutant : "Ensuite, ils sont allés dans une autre ferme où ils ont décapité d'autres personnes", sans en préciser le nombre.

    Le responsable de la sécurité a déclaré que "des combattants islamiques radicaux ont attaqué dimanche 22 mai le village de Shikomo, où il y a eu un échange de tirs avec des soldats qui étaient stationnés à proximité, et mercredi matin, ils ont incendié un village dans la région de Macomia".

    Selon une organisation non gouvernementale qui collecte des données dans les zones de conflit, au moins six personnes ont été décapitées dans ces nouvelles violences.

    Ces attaques sont les plus meurtrières depuis le début de l'année dans la province à majorité musulmane de Cabo Delgado, dans le nord-est du Mozambique. Cette région frontalière de la Tanzanie est le théâtre d'attaques de groupes islamiques depuis octobre 2017.

    Environ 4 000 personnes ont été tuées, selon l'organisation ACLID, et 820 000 forcées à fuir.

    Pour soutenir les forces armées du pays, le Rwanda et les pays voisins d'Afrique australe ont déployé plus de 3 100 soldats dans cette région depuis juillet dernier.

     

  • Wagner, l’armée secrète de Poutine ?

    Imprimer

    Dans sa dernière livraison publiée le 31 aout 2021, La Chronique d'Amnesty International cite un journal russe basé à Londres, The Bell, selon lequel l'idée de créer Wagner aurait germé en 2012 dans l'esprit de hauts responsables de l'armée et du renseignement russes. Objectif, mettre sur pieds une armée privée « utilisable pour régler des problèmes par la force ».

    Selon une note de l’Institut français des relations internationales (Ifri), publiée en septembre 2020, le groupe Wagner qui est finalement fondé en 2014, a commencé avec 250 hommes.

    Fin 2021, l’ONG Amnesty International estimait que cette « armée privée » avait entre « 2 500 à 5 000 mercenaires » présents, selon plusieurs sources, « depuis 2014 sur les zones de conflit de la planète où la Russie a des intérêts stratégiques ».

    Dans un article publié le 1er mars dernier sur le site Géopolitique, Aude Merlin, chercheuse au Centre d’étude de la vie politique (Cevipol), à l’Université libre de Bruxelles, spécialiste de la Russie et du Caucase, revient sur la composition de Wagner : « Il y aurait eu au départ des vétérans de Tchétchénie et d'Afghanistan. Certaines sources mentionnent d'anciens prisonniers de droit commun. Des jeunes auraient intégré Wagner après une formation d'un mois ».
    Wagner est « un sacré chien de guerre », a affirmé un mercenaire du groupe paramilitaire, interrogé par la Chronique d'Amnesty.

    Evguéni Prigojine, l'homme de l'ombre
    « Concernant les moyens, une part importante du financement semble venir de la société d’Evgueni Prigogine, Internet research agency, connue pour ses "usines à trolls". Wagner aurait un budget de 30 millions de dollars et d’après différentes sources, Wagner bénéficierait d'infrastructures du ministère de la Défense russe », a encore indiqué Aude Merlin.

    L'homme d'affaires russe Evguéni Prigojine avait d’ailleurs salué le putsch de janvier dernier au Burkina Faso comme le signe d'une « nouvelle ère de décolonisation » en Afrique.

    « Tous ces soi-disant coups d'État sont dus au fait que l'Occident essaie de gouverner les États et de supprimer leurs priorités nationales, d'imposer des valeurs étrangères aux Africains, parfois en se moquant clairement d'eux », avait ainsi déclaré Prigojine dans un commentaire publié sur le réseau social russe VK, par sa société, Concord.

    « Il n'est pas surprenant que de nombreux États africains cherchent à se libérer. Cela se produit parce que l'Occident essaie de maintenir la population de ces pays dans un état semi-animal », avait encore assuré le sulfureux homme d'affaires russe.

    Alexandre Ivanov, lui, est connu pour être l'un des représentants des « instructeurs » russes en Centrafrique. Sur les communiqués qu'il publie, il se présente comme étant « le chef de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale». Dans un de ces communiqués, il s'est dit être prêt à « partager l'expérience » des « instructeurs » russes en Centrafrique pour la formation de l'armée du Burkina Faso si les autorités en faisaient la demande.
    Sur le site internet du groupe, pas la moindre trace du mot « Wagner ». On parle, justement, de « la Communauté des officiers pour la sécurité internationale ». Le groupe russe se présente comme un regroupement de « personnes prêtes à donner leur vie dans la lutte pour la justice (...) et n'acceptant pas l'oppression des civils ».

    Présence massive en Afrique
    Plusieurs sources affirment que la Russie est bien présente en Afrique notamment en République Centrafricaine (RCA) et au Mali, par l’intermédiaire du groupe Wagner.

    Début février, le chef du Commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général Stephen Townsend, a affirmé, dans une interview au Washington Post, que le groupe Wagner était bel et bien présent au Mali. Selon Townsend, Bamako verserait dix millions de dollars par mois « pour les services de Wagner ».

    « Je crois qu’ils vont devoir payer en nature sous la forme de ressources naturelles telles que l’or et les pierres précieuses parce que je ne vois pas comment ils vont pouvoir payer dix millions de dollars par mois », a déclaré le chef d’Africom.

    Le Mali a toujours démenti un quelconque contrat avec Wagner. Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, avait affirmé en février dernier, dans une interview à la télévision nationale, que le Mali traite d’Etat à Etat, comprenez avec l'Etat russe.

    Sur le continent africain, c'est en République centrafricaine que Wagner a fait le plus parler de lui ces dernières années. Formation de l'armée mais aussi garde rapprochée du Président Faustin-Archange Touadéra, les mercenaires russes sont omniprésents et sont devenus un acteur politique à part entière dans l'ancienne colonie française en Afrique centrale. Mais certaines parties centrafricaines et un rapport inédit de CNN et The Sentry publié le 14 juin 2021, estiment que Wagner est « une machine à piller et à tuer » surtout en RCA.

    « Comment la République centrafricaine peut-elle se permettre de payer ce groupe ? Des mines de diamant sont utilisées comme compensation financière. Et c’est l’objet de litiges, d’expropriations de terres », s’est interrogé le politologue centrafricain, Philippe Bodo.

    Selon l’enquête de CNN et l'ONG "The Sentry", spécialisée dans la traque de l'argent sale, Wagner est « une armée de mercenaires liée au Kremlin » et qui « se livre à un carnage dans le but de contrôler des mines d’or et de diamants en République centrafricaine et de renforcer l’influence russe en Afrique ».

    Dans cette enquête, John Prendergast, cofondateur de l’ONG The Sentry, a déclaré qu’« en République centrafricaine, le crime organisé transnational s’est emparé des institutions gouvernementales et a pris des communautés entières en otage. Il s’agit véritablement d’une machine à piller et à tuer servant les intérêts du président de la République centrafricaine et de ses alliés étrangers, en particulier l’armée privée connue sous le nom du Groupe Wagner, qui possède des liens avec le Kremlin et qui s’approprie les réserves d’or, de diamants et d’autres minéraux du pays ».
    Selon le site Bloomberg, les premiers 450 mercenaires de Wagner seraient présents depuis 2018 sur le sol centrafricain. A ce jour, ils seraient officiellement de l'ordre de 1 135 selon les autorités centrafricaines.

    Mais en Afrique, c'est en Libye que ces « combattants-fantômes » sont les plus nombreux, plus de 1200 selon les Nations unies. Outre la livraison d'armes, ils participeraient activement aux combats toujours selon l'organisation onusienne.

    Selon un article publié le 18 octobre 2019 par le site Ligne de Défense, Wagner est également présent au Mozambique depuis 2019 pour combattre l'insurrection islamiste.

    Citant des sources militaires, la publication en ligne Carta de Moçambique avait rapporté, en mars 2020, que des mercenaires russes de Wagner avaient aidé l’armée mozambicaine à combattre les militants islamistes qui avaient mené des attaques dans la province de Cabo Delgado, dans le nord du pays où se trouvent de vastes gisements de gaz.

    « Des avions cargo russes Antonov ont également été aperçus en train d'apporter du matériel militaire dans le nord du Mozambique. Les mercenaires seraient des éléments du groupe Wagner, qui est également actif en République centrafricaine », avait relevé Carta de Moçambique.

    Plus officieusement, Wagner serait également présent au Zimbabwe, en Angola, à Madagascar, en Guinée et en Guinée-Bissau.

    En décembre 2021, l'Union européenne a imposé des sanctions au groupe Wagner accusé de commettre des violations des droits de l'homme en République centrafricaine et ailleurs.

    L'UE a déclaré qu'elle ne formerait plus les soldats du gouvernement centrafricain en raison de leurs liens avec Wagner.
    « Nous sommes préoccupés par la présence du groupe Wagner dans 23 pays africains et les liens très étroits de cette société avec la Russie », a déclaré le 30 novembre 2021, Nabila Massrali, Porte-parole du Haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité Josep Borrell.

    « Wagner n’existe pas », affirme Moscou
    Des ONG des droits de l'homme (Amnesty International, la FIDH ou l’association russe Memorial) accusent également Wagner de commettre des tortures, des exécutions ou des viols, contre des civils, dans des zones de conflit.

    Mardi 22 février dernier, la France et les Etats-Unis ont accusé pour la première fois au Conseil de sécurité de l'ONU les « mercenaires » de l'entreprise russe Wagner d'avoir « massacré » et « exécuté » des dizaines de civils en janvier en Centrafrique.

    Paris et Washington soupçonnent Moscou de les manipuler en douce, au bénéfice de la politique étrangère du Président Poutine. Mais le Kremlin dément et nie même les connaître, en affirmant régulièrement ceci : « Ce groupe Wagner n’existe pas » et « les sociétés militaires privées sont interdites en Russie ».

    « Pourtant, la Russie de Poutine cultive bien des liens secrets avec le groupe Wagner. Denis Korotkov, un journaliste d’investigation russe qui enquête sur le groupe Wagner accumule les preuves. Il les tient de plusieurs combattants de ce groupe qui sont entrés en contact avec lui à Saint-Pétersbourg, en 2015. Ils disent avoir combattu en Syrie et dans la guerre civile ukrainienne, au sein d’un bataillon créé par un certain Dimitri Outkine, un lieutenant-colonel du renseignement militaire russe (le GRU) passé au privé », a souligné l’ONG Amnesty International dans le numéro de septembre 2021 de La Chronique.

    Selon cette ONG, « en 2016, photos à l’appui », Korotkov a révélé que « la Russie entraîne une armée privée dans ses casernes » mais le ministère russe de la Défense dément et accuse le média de propager de fausses nouvelles.

    Dans une analyse publiée le 10 décembre 2021 par l’Institut Montaigne, un think tank français, Emmanuel Dreyfus, chercheur sur la Russie à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire, explique que le groupe Wagner « est comme une nébuleuse ou une entité informelle, puisqu’il s’agit d’une structure sans aucune existence légale ».

    Selon ce chercheur, « Wagner n’est pas enregistré comme une société commerciale » donc « l’absence de statut juridique défini de Wagner est avantageuse pour le gouvernement russe puisqu’elle lui permet, lorsque le groupe est mobilisé sur différents terrains, de nier toute responsabilité pour les actions menées ».

    Le chercheur conclut en affirmant qu’« il existe donc des liens logistiques d’ordre militaire évidents et des affinités personnelles entre le groupe Wagner et le gouvernement russe. Cependant, le lien entre les deux entités n’est pas organique et toutes les interventions de Wagner ne sont pas liées à l’Exécutif russe. Elles procèdent parfois de logique davantage lucrative, propre aux intérêts personnels d’Evguéni Prigojine ».

  • Mozambique : les jihadistes perdent du terrain

    Imprimer

    Selon ce qui ressort des interrogatoires de jihadistes capturés par les forces rwandaises au Mozambique, l'insurrection perd en intensité, notamment grâce à l'intervention de l'armée rwandaise. 

    Le Mozambique est touché par un soulèvement djihadiste depuis plus de quatre ans, en particulier  dans la province septentrionale riche en gaz de Cabo Delgado. Depuis fin novembre 2021, les djihadistes ont déplacé leurs attaques vers l'Ouest, à Niassa, tandis que depuis juillet 2021, plus de 3 000 soldats ont été déployés dans les zones touchées, dont initialement 1 000 soldats du Rwanda, et le reste des 16 pays membres du Southern African Development Community (SADC), pour aider l'armée du Mozambique à combattre des djihadistes. Ces derniers ont lancé leur première attaque dans le district de Mecula, dans la province de Niassa, fin novembre 2021.

    Au début du soulèvement islamique, l'administration du président Nyusi a dépensé environ 154 millions de dollars dans des sociétés militaires privées, telles que le groupe russe Wagner, pour soutenir les militaires mozambicains mal entraînés et mal équipés. Malgré cette assistance, l'équipement et la formation n'ont pas réussi à améliorer la situation. Les militants de l'Etat islamique au Mozambique ont continué de se renforcer, prenant des villes telles que la ville portuaire clé de Mocimboa de Praia et menant des attaques sporadiques le long de la frontière avec la Tanzanie.

    Sept mois après l'intervention des forces du Rwanda, qui comptent aujourd'hui environ 2 000 hommes, et de celles des pays de la SADC, les attaques se poursuivent, mais la situation s'est nettement améliorée. Pourtant, malgré les succès militaires, certains observateurs et groupes d'opposition au Mozambique ont exprimé leur inquiétude face à l'intervention du Rwanda . En particulier, ils se sont demandés si Nyusi avait le pouvoir constitutionnel d'inviter des troupes étrangères sans le consentement du Parlement et, en outre, ils ont critiqué le manque de transparence autour de l'accord entre les deux pays, ainsi que les accords de Maputo avec les sociétés militaires privées étrangères.

    Un journaliste travaillant au Centre d'intégrité publique (CIP) du Mozambique, Aldemiro Bande, a expliqué que la principale préoccupation est le secret avec lequel l'accord avec le Rwanda a été traité. « Depuis le début, il n'y a eu aucune transparence dans le déploiement des troupes rwandaises. Le gouvernement du Mozambique n'a pas fourni d'informations au parlement mozambicain et aux contribuables sur la nature, les objectifs, les coûts financiers et politiques de la mission », a précisé Bande.

    Le respect des droits de l'homme par le Rwanda et le traitement qu'il réserve aux opposants politiques sont également préoccupants. 

    Ces inquiétudes ont été aggravées par la suggestion que la mission RDF est indirectement soutenue par la France ou Total Energies , dont le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de plusieurs milliards de dollars a été interrompu en raison du manque de sécurité. Peu de temps avant que le Rwanda n'accepte d'envoyer des troupes, le président français Emmanuel Macron s'était rendu à Kigali pour tenter de rétablir des relations diplomatiques. Lors de la visite, Macron a offert au Rwanda un prêt de 71 millions de dollars pour faire face à la pandémie et d'autres formes de soutien. 

  • Mozambique : Le président  annonce un nouveau train de mesures antiterroristes d'ici la fin de 2022

    Imprimer

    Le président mozambicain Filipe Nyusi a annoncé que, d'ici la fin de l'année, le gouvernement présentera un ensemble de propositions au Parlement local, l'Assemblée de la République (AR), pour une révision des lois structurelles contre le terrorisme et la criminalité connexe.

    Nyusi a expliqué que cette décision visait à assurer une réponse efficace aux défis et menaces croissants. "Ces dernières années, d'importants instruments juridiques ont été approuvés pour renforcer la lutte contre le terrorisme et les crimes connexes et le pays bénéficie de l'avantage d'avoir un cadre aligné sur les instruments fondamentaux du droit international", a déclaré Nyusi.

    Le Mozambique, a ajouté le président, adopte également un ensemble de mesures urgentes et globales qui dissuaderont les groupes criminels et terroristes opérant dans le nord du pays, d'attirer les jeunes dans l'extraction illégale des ressources minérales et de piller les moyens de subsistance des communautés, les plongeant dans la pauvreté.

    Nyusi a souligné que le terrorisme contribue à la destruction des infrastructures sociales et économiques et des biens publics et privés, bouleversant ainsi les niveaux de production. Le président a également souligné que le pouvoir judiciaire n'était pas épargné par les terroristes. "Chaque fois que des jihadistes attaquent un quartier, les tribunaux sont parmi les premières cibles", a déclaré Nyusi, ajoutant que plusieurs magistrats et chanceliers ont dû se réfugier dans des quartiers voisins.

    Nyusi a ensuite exhorté le pouvoir judiciaire à poursuivre la lutte contre les crimes tels que le trafic de drogue, de personnes et d'armes, l'immigration clandestine, le blanchiment d'argent et la corruption qui peuvent contribuer aux activités illégales des organisations politiques clandestines.

    Le président de la Cour suprême, Adelino Muchanga, a déclaré que, depuis la montée du terrorisme en 2017, 306 personnes, principalement des Mozambicains, des Tanzaniens et des Iraniens, ont été jugées devant les tribunaux de Cabo Delgado et de Niassa pour divers crimes, dont 143 condamnés pour des peines de prison allant de six à 40 ans et les 155 autres acquittés faute de preuves suffisantes.

    Depuis plus de quatre ans, des militants djihadistes sont actifs dans la province septentrionale riche en gaz de Cabo Delgado. Ils ont déplacé leurs attaques vers l'ouest vers Niassa depuis fin novembre 2021. 

    A partir de juillet 2021, plus de 3 000 soldats ont été déployés dans les zones touchées depuis le Rwanda et les 15 pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe, pour aider l'armée mozambicaine à pacifier la région. Les jihadistes ont lancé leur premier raid dans le district de Mecula, dans la province de Niassa, fin novembre 2021.

    Selon le dernier rapport sur le terrorisme du département d'État américain, en 2020, le Mozambique a connu une augmentation significative des activités terroristes. L'Etat islamique-Mozambique a mené des centaines d'attaques dans le nord du pays, et au moins deux en Tanzanie voisine. 1 500 personnes sont mortes à cause des terroristes, dont plus de 700 civils. Les attaques ont gagné en fréquence, en complexité et en étendue géographique, menaçant le développement de projets de gaz naturel liquéfié. 

    Le gouvernement de la République du Mozambique a poursuivi ses opérations de sécurité, procédant à de nombreuses arrestations de terroristes présumés. Des rapports indiquent que le gouvernement mozambicain a chargé deux sociétés militaires privées sud-africaines de fournir une formation et un soutien opérationnel et a multiplié les contacts avec des partenaires bilatéraux pour obtenir de l'aide.

    À quelques exceptions près, l'Etat islamique au Mozambique a mené plusieurs attaques chaque semaine dans la province de Cabo Delgado. En 2020, les opérations terroristes ont évolué, y compris des assauts et des attaques complexes sur plusieurs fronts qui ont frappé et détruit les infrastructures publiques, permettant aux militants de prendre le contrôle des routes clés et d'occuper les capitales de districts. Les signalements d'enlèvements et de déplacements forcés ont considérablement augmenté en 2020, en particulier dans les zones côtières. Il y a également eu des rapports, quoique limités et irréguliers, de membres de l'Etat islamique-Mozambique distribuant de la nourriture et de l'argent aux civils.

    La sécurité des frontières pose un défi majeur au Mozambique alors que les terroristes franchissent la frontière avec la Tanzanie, qui sert de point de recrutement et de transit pour les organisations terroristes et criminelles. Des représentants gouvernementaux des deux pays africains ont convoqué des réunions après les attentats de 2020 en Tanzanie qui ont entraîné la mort de citoyens tanzaniens. En novembre 2020, les commandants de police du Mozambique et de la Tanzanie ont signé un protocole d'accord pour mener des opérations antiterroristes conjointes, accroître le partage d'informations et extrader les terroristes présumés. Dans le cadre du protocole d'accord, la Tanzanie a annoncé l'extradition vers le Mozambique de 516 personnes détenues en Tanzanie pour avoir prétendument coopéré ou participé aux attaques de Cabo Delgado.

    Selon un rapport de l'Institut pour la Justice et la Réconciliation (IJR), intitulé « Renforcer la résilience des jeunes face à l'extrémisme au Mozambique”, Les jeunes sont la clé pour tenter de contrer efficacement la crise dans la région de Cabo Delgado. Ces conclusions ont été tirées grâce à la collaboration, en septembre dernier, de l'IJR avec le Centre pour la démocratie et le développement, au Mozambique, qui a conduit à l'organisation de groupes de discussion à Cabo Delgado, auxquels les jeunes ont été invités à partager leurs points de vue et leurs expériences sur l'insurrection. Les jeunes sont particulièrement exposés au risque d'être impliqués dans des activités djihadistes, notamment à la lumière des taux de chômage élevés, d'un système éducatif dysfonctionnel et d'une économie qui offre peu de perspectives d'emploi. Plus précisément, un chômage élevé, dans certains cas, rend les jeunes plus enclins à prendre des mesures radicales pour améliorer leurs conditions précaires.

  • Mozambique : Tesla se tourne vers le Mozambique pour l'approvisionnement en graphite et s'éloigne de la Chine

    Imprimer

    Tesla, la société américaine spécialisée dans la production de voitures électriques dirigée par Elon Musk, s'est tournée vers le Mozambique pour la fourniture d'un composant clé dans les batteries de ses voitures, dans ce que de nombreux analystes considèrent comme "un accord unique en son genre". L'objectif de Tesla est de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine pour le graphite.

    Le 29 décembre, Tesla a signé un accord avec la firme australienne Syrah Resources , qui exploite l'une des plus grandes mines de graphite au monde, située au Mozambique. Il s'agit d'un partenariat unique entre un constructeur de véhicules électriques et un producteur du minéral clé des batteries lithium-ion. La valeur de l'accord n'a pas été divulguée.

    Tesla achètera le matériau à l'usine de traitement de la société à Vidalia, en Louisiane, qui s'approvisionne en graphite dans sa mine de Balama, au Mozambique. Le constructeur automobile basé à Austin, au Texas, prévoit d'acheter 80% de ce que l'usine produit, soit l'équivalent de 8 000 tonnes de graphite par an, à partir de 2025, selon l'accord. Syrah Resources, pour sa part, devra prouver que le matériel respecte les standards de Tesla.

    L'accord fait partie du plan de Tesla visant à augmenter la capacité de production de ses propres batteries, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, qui domine les marchés mondiaux du graphite, a expliqué l'entrepreneur britannique Simon Moores, fondateur et PDG de Benchmark Mineral Intelligence, une société britannique fournissant des renseignements et des données sur les matériaux utilisés dans les batteries électriques. « Cela commence par le haut avec la géopolitique », a déclaré Moores, rapportant que les États-Unis veulent avoir une capacité suffisante à l'échelle nationale pour pouvoir construire eux-mêmes des batteries lithium-ion.

    Moores a déclaré que la fabrication de batteries aux États-Unis réduirait certaines des rumeurs sur des problèmes environnementaux dans certaines mines chinoises fournissant Tesla. Les fournisseurs chinois sont également accusés de travail forcé et d'autres violations des droits de l'homme contre les minorités ethniques musulmanes.

    Environ 70 % de tout le graphite naturel est extrait en Chine et près de 100 % est traité localement. Les autres pays connus qui possèdent des gisements de graphite sont le Brésil et le Mozambique. Actuellement, il y a une augmentation exponentielle de la demande de graphite naturel pour les véhicules électriques qui dépasse même la demande croissante de lithium et d'autres éléments tels que le nickel et le cobalt. Cette augmentation est due à la ruée des principaux constructeurs automobiles mondiaux pour produire des véhicules électriques plus respectueux des objectifs environnementaux.

    Le graphite est un composant important pour les batteries électriques car il stocke le lithium à l'intérieur d'une batterie jusqu'à ce qu'il soit nécessaire pour générer de l'électricité en se décomposant en ions et électrons chargés.

    Depuis environ quatre ans, un groupe de militants jihadistes est actif dans la province nord-mozambicaine de Cabo Delgado, particulièrement riche en gaz. Depuis fin novembre 2021, les extrémistes ont déplacé leurs attaques vers l'ouest vers Niassa. Le premier raid des islamistes a eu lieu dans le district de Mecula, dans la province de Niassa. Depuis lors, ils ont mené des attaques sporadiques contre plusieurs villages, tuant plus de 24 personnes. La dernière attaque remonte au 15 décembre 2021, lorsque des membres de l'État islamique ont décapité un pasteur évangélique à Cabo Delgado. 

    Pour aider les forces mozambicaines, depuis juillet 2021, plus de 3 000 soldats ont été déployés dans les zones touchées. Les troupes appartiennent au Rwanda et à 15 autres pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe. Leur mission est d'aider l'armée mozambicaine à arrêter des combattants islamistes. 

    Le 17 janvier, la SADC a décidé de prolonger de trois mois son mandat au Mozambique pour continuer à fournir un soutien militaire dans la lutte contre les islamistes à Cabo Delgado. Cette décision a été prise quelques jours après la signature d'un accord entre le Rwanda et le Mozambique pour élargir la coopération militaire, qui a débuté en juillet 2021. Les troupes rwandaises mènent des opérations antiterroristes avec l'armée mozambicaine dans la péninsule d'Afungi à Cabo Delgado, enregistrant d'importantes victoires contre les extrémistes. Une force de 1 000 hommes a été initialement déployée par le président rwandais, Paul Kagame, avec pour mandat de protéger une usine de traitement de gaz naturel liquide dans la région et d'assurer un couloir de transport entre le nord et le sud du pays.

  • Mozambique : Forces spéciales françaises du 2ème RPIMA au Mozambique

    Imprimer

     
    Les militaires du 2e RPIMA (Régiment Parachutiste de l'Infanterie de Marine) réalisent une mission de reconnaissance au Mozambique afin de participer à la coopération européenne avec les forces armées mozambicaines. L'objectif de leur mission est de renforcer la protection de la population et le maintien de la sécurité.

  • Mozambique : Rencontre entre les chefs de la défense mozambicaine et rwandaise pour lutter contre la menace jihadiste dans la région de Cabo Delgado

    Imprimer

    Les chefs de la défense et de la sécurité du Rwanda et du Mozambique ont convenu de créer des équipes conjointes , chargées de concevoir de nouvelles stratégies pour améliorer le processus de stabilisation et de réforme du secteur de la sécurité dans la province mozambicaine de Cabo Delgado.

    La décision a été prise lors d'une réunion tenue le 9 janvier 2022 au siège de la Police nationale rwandaise (RNP) à Kigali, visant à formuler une feuille de route pour la gestion des opérations antiterroristes en cours à Cabo Delgado. Des responsables ont déclaré que cette décision était prise à un stade critique dans cette  zone du Mozambique en proie aux attaques des jihadistes de l'Etat islamique.

    La réunion s'est déroulée en présence du chef d'état-major des Forces armées du Rwanda (FDR), le général Jean-Bosco Kazura, du chef d'état-major général (CGS) des Forces armées du Mozambique (FADM), l'amiral Joacquim Rivas Mangrasse, l'inspecteur général de la RNP Dan Munyuza, et son homologue en visite, le commandant général Bernardino Rafael.

    Les djihadistes de l'Etat islamique sont actifs depuis quatre ans dans la province septentrionale de Cabo Delgado, riche en gaz. Et depuis fin novembre 2021, ils ont déplacé leurs attaques vers l'ouest, à Niassa. La dernière attaque remonte au 15 décembre 2021, lorsque  des membres de l'État islamique ont  décapité un pasteur évangélique à Cabo Delgado. Les terroristes auraient remis la tête coupée à l'épouse de la victime, qui l'a mise dans un sac et l'a apportée au siège de la police du district de Cabo Delgado, sous les intimidations des assassins. 

    Depuis juillet dernier, plus de 3 000 soldats sont stationnés dans les zones touchées. Ils appartiennent aux forces armées du Rwanda et de 15 pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe, pour aider l'armée mozambicaine à lutter contre les djihadistes. Après un premier raid dans le district de Mecula, dans la province de Niassa, fin novembre 2021, les djihadistes ont mené des attaques sporadiques sur plusieurs villages, tuant environ 24 personnes.

    Gaz liquéfié
    Pendant ce temps, le 6 janvier 2022, le navire de gaz naturel liquéfié flottant (FLNG) Coral-Sul est arrivé dans la zone 4 du bassin de Rovuma, au large des côtes du Mozambique. Le bassin de Royuma est exploité par le Mozambique Rovuma Venture (MRV). Le projet représente le premier du genre dans le pays, ainsi que le premier FLNG en eau ultra-profonde au monde, opérant à une profondeur de 2 000 mètres.

    Avec une capacité de 3,4 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an, le navire Coral-Sul FLNG produira le premier gaz du champ offshore de Coral, qui contient environ 16 000 milliards de pieds cubes de gaz. Il devrait commencer la production à partir du second semestre 2022. La compagnie pétrolière italienne Eni, qui a découvert le champ offshore de Coral, dirigera le projet qui, au cours des 25 prochaines années, devrait permettre de générer 19,3 milliards de dollars de revenus pour l'État mozambicain, satisfaisant également la demande de gaz domestique du Mozambique.

    En plus de la création de revenus, le projet jouera un rôle déterminant dans la mise en œuvre d'autres projets à travers le Mozambique, tout en augmentant les avantages socio-économiques tels que la création d'emplois.