MOZAMBIQUE

  • Mozambique: l'Etat islamique tend deux embuscades

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    Selon des informations en provenance de sources locales, les djihadistes de l'Etat islamique en Afrique Centrale (ISCAP) ont tendu 2 embuscades à l'aide d'engins piégés à deux convois conjoints des armées rwandaise et mozambicaine près de Mbau et Diaco le 12 septembre 2021.
     Un camion de l'armée rwandaise a été détruit lors de l'attaque, selon ce qui a été rapporté par les médias locaux.
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  • Mozambique : Les armées du Rwanda et du Mozambique reprennent une ville stratégique

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    Dimanche 8 août 2021, les forces armées rwandaises, envoyées au Mozambique pour soutenir l'armée contre les militants islamistes qui ont pris le contrôle de la province septentrionale de Cabo Delgado, ont annoncé avoir repris la ville portuaire de Mocimboa da Praia. 
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    La nouvelle a été rapportée sur Twitter par les Forces de défense du Rwanda, qui ont écrit : « La ville portuaire de Mocimboa da Praia, l'un des principaux bastions du soulèvement depuis plus de deux ans, a été conquise par les forces de sécurité rwandaises et mozambicaines. ". Le message sur Twitter a souligné que le quartier général des rebelles du district et un aéroport sont également présents dans la ville. Le porte-parole des forces armées, le colonel Ronald Rwivanga, a confirmé la nouvelle , affirmant que la prise de la ville représente la fin de la première phase des opérations de contre-insurrection en cours. 

    Mocimboa da Praia, d'où les premières attaques rebelles ont été organisées en octobre 2017, était devenue le siège, à partir de 2020,  d'un groupe armé rebelle appelé localement al-Shabab. La reprise du contrôle de la zone est d'une importance vitale pour les autorités mozambicaines et constitue le deuxième succès de la coalition africaine engagée dans cette région. Le premier était de reprendre Awasse, un petit village stratégique près de Mocimboa da Praia. 

    Le Rwanda a envoyé environ 1 000 soldats et officiers de la police nationale dans le nord du Mozambique en juillet 2021. Ceux-ci ont fusionné au sein d'une mission connue sous le nom de « Standby Force » de 12 millions de dollars, financée par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), une organisation composée de 16 pays. Les opérations ont débuté le 15 juillet et devraient durer au moins trois mois, avec possibilité de prolongation. À cet égard, le colonel Rwivanga a déclaré : « Nous terminerons notre travail le plus rapidement possible et ce n'est qu'alors que nous déciderons quand nous retirer ». Les experts militaires de la SADC ont souligné la nécessité de déployer au moins 3 000 soldats dotés d'armes, d'hélicoptères, d'avions et de capacités navales au Mozambique, où l'insurrection qui a éclaté dans la province de Cabo Delgado en 2017 continue de s'intensifier.

    Les pays de la SADC - Angola, Botswana, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, RD Congo, Seychelles, Afrique du Sud, Eswatini, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe -  avaient convenu , mercredi 23 juin, de déployer des militaires au Mozambique pour aider le gouvernement contre les militants islamistes. Depuis août 2020, les combattants contrôlaient la ville portuaire de Mocimboa da Praia, tandis qu'à partir de mars de cette année également celle de Palma. Le gouvernement a déployé des milliers de soldats à Cabo Delgado pour combattre les miliciens, mais l'armée mozambicaine est historiquement faible, mal entraînée et sous-équipée.

    La ville de Palma, connue pour être la référence pétrolière du pays, est attaquée depuis le 24 mars. Ce jour-là, des militants liés à l'État islamique ont lancé des attaques coordonnées, pillant et détruisant des bâtiments et tuant des habitants alors que des milliers de personnes tentaient de fuir. Suite aux assauts, le géant pétrolier français Total s'est retiré du site d'exploration gazière situé dans la région. Les attaques ont marqué une intensification de la violence, qui a ensuite repris par intervalles au fil du temps. 

    Al-Shabab du Mozambique - liés à l'Etat islamique
    Les principaux auteurs de la nouvelle insurrection sont les militants du groupe connu sous le nom d'  al-Shabab ou d'Al-Sunna wa Jama'a . Il s'agit d'une organisation islamiste du Mozambique, qui a juré allégeance à l'Etat islamique en 2019 et qui compte au moins 4 500 combattants. Ils opèrent dans la province de Cabo Delgado depuis octobre 2017, date à laquelle ils ont lancé un soulèvement armé contre le gouvernement de Maputo. En mai 2020, une série d'  attaques  ont alors été lancées dans la ville de Mocimboa da Praia et se sont depuis propagées à sept autres quartiers. Les dirigeants de l'organisation ont également des liens avec d'autres groupes terroristes en Afrique de l'Est. 

  • Mozambique : L'UE lance une mission militaire pour former l'armée mozambicaine

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    L'Union européenne a officiellement établi lundi 12 juillet 2021 une mission militaire au Mozambique pour aider à former ses forces armées combattant les djihadistes dans le nord du pays.

    Une insurrection meurtrière de militants liés au groupe État islamique a ravagé la province riche en gaz de Cabo Delgado depuis fin 2017, faisant quelque 3 000 morts et déplaçant 800 000 personnes.

    Le Portugal forme déjà les troupes mozambicaines.

    Les instructeurs militaires de Lisbonne sur le terrain devraient représenter environ la moitié de la nouvelle mission de l'UE, qui sera dirigée par un commandant portugais.

    "L'objectif de la mission est de former et de soutenir les forces armées mozambicaines dans la protection de la population civile et le rétablissement de la sûreté et de la sécurité dans la province de Cabo Delgado", indique un communiqué de l'UE, sans donner de détails sur la taille globale du déploiement.

    « Le mandat de la mission durera initialement deux ans. Pendant cette période, son objectif stratégique sera de soutenir le renforcement des capacités des unités des forces armées mozambicaines qui feront partie d'une future Force de réaction rapide.

    Un haut diplomate européen a déclaré à l' AFP en juin que d'autres pays, dont la France, l'Italie et l'Espagne, devraient également fournir du personnel pour la mission.

    L'approbation de la mission de formation de l'UE intervient alors que les puissances régionales cherchent également à renforcer leur soutien à la lutte du Mozambique pour écraser l'insurrection islamiste.

    Le mois dernier, les 16 pays d'Afrique australe du bloc de la SADC ont approuvé le déploiement de forces alors que le gouvernement mozambicain a déclaré qu'il était ouvert aux forces étrangères sur le terrain pour combattre les djihadistes.

    Le Rwanda a annoncé vendredi qu'il enverrait un millier de soldats .

    L'UE a plusieurs autres missions de formation en Afrique, notamment au Mali, en République centrafricaine et en Somalie.

    Attaque de l'Etat islamique à Mocimboa de Praia
    L'Etat islamique (ISCAP) a mené une attaque contre les forces de police à Mocimboa de Praia, Cabo Delgado.
    Un véhicule blindé  W85 HMG de fabrication chinoise a été capturé par les islamistes.
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  • L'Etat islamique s'étend en Afrique - La guerre entre Islamisme et Occident prend une dimension mondiale

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    L'Etat islamique fait le forcing  sur l'Afrique australe et en particulier sur le Mozambique. Il étend ses activités avec des unités structurées presque militaires,, grâce auxquelles il parvient à prendre le contrôle de zones entières voire de villes.

    Cette progression de l'organisation islamiste radicale échappe encore à l'attention de l'Europe car la partie sud du continent africain est plutôt «déconnectée» de l'espace médiatique européen. 

    Depuis 2016, nous avons souvent écrit sur a propagation du mouvement jihadiste dans les zones d'Afrique et d'Asie où les interventions du monde occidental sont plus rares et où les capacité sécuritaires des pays concernés par la menace islamique plus réduites.

    L'apparition de groupes affiliés ou se revendiquant de l'Etat islamique  a été facilitée en Afrique pour les raisons suivantes:
    - Absence de contrôle et de mesures de sécurité
    - Présence minimale des forces occidentales
    - De multiples possibilités de financement des groupes terroristes grâce aux ressources naturelles et urbaines
    - Géographie favorable (montagnes, jungle, grottes, etc.) par rapport au Moyen-Orient
    - Accès à l'océan Indien et au golfe Persique (Afrique de l'Est et du Sud-Est).
    - Eloignement des forces occidentales conventionnelles
    - Énorme bassin de recrutement pour les seigneurs de guerre et les mercenaires à des coûts minimes

    Ce qui précède, qui ne sont que quelques-uns des paramètres qui ont favorisé le développement de l'Etat islamique, montre que l'Etat islamique a pu trouver un terrain fertile et très peu d'obstacles, pour son développement.

    Ces groupes qui se réfèrent de l'Etat islamique adhèrent ils vraiment à  l'idéologie djihadiste ? 
    De nombreuses informations disponibles suggèrent que les groupes terroristes africains sont constitués de personnes différentes, issues de races, d'idéologies et de croyances religieuses diverses. La plupart sont probablement des mercenaires, qui sont seulement attirés par un bon salaire et la possibilité de butins. Ils cherchent ainsi à échapper à  la pauvreté à laquelle ils étaient confrontés. Le recrutement de ces groupes islamistes est en cela très différent de celui de l'Etat islamique au Moyen-Orient. Par exemple, il n'y a pas de personnage religieux central (Imam), seulement une référence vague à l'idéologie djihadiste, ce qui donne l'impression qu'elle n'est utilisée que comme excuse pour leurs attaques. En outre, ils ne visent pas spécifiquement les chrétiens ou d'autres groupes idéologiques religieux, sauf dans les zones et les centres urbains qui possèdent une richesse suffisante.
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    *Par exemple, la saisie du port de Mocimboa da Praia (Mozambique / Tanzanie) n'est pas considérée comme importante sur le plan symbolique à caractère islamique. Mais c'est une voie extrêmement importante pour la contrebande qui rapporte des bénéfices, ce qui permet de financer leurs organisations. Dans le même temps, aucune tentative n'a été faite pour imposer la charia. La seule conséquence a été la saisie du port  par des moyens militaires. La même chose s'est également produite lors d'affrontements avec l'armée mozambicaine pour le contrôle des ressources en gaz et des mines de rubis dans la province de Cabo Delgado. Pour le moment, ils sont incapables de s'imposer dans la région, mais le contrôle des ressources spécifiques rapportent environ 50 milliards de dollars par an.
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    *La question qui se pose maintenant est de savoir ce qui va se passer à l'avenir, car les terroristes prétendument liés à l'Etat islamique évoluent d'une manière complètement différente de ce que l'Etat islamique nous a habitués jusqu'ici. 
     Par exemple, ces islamistes africains ont tendance à occuper un centre urbain d'un pays, à piller tout ce qu'ils peuvent, puis à changer de zone et de ville. Une tactique classique des seigneurs de guerre et leurs mercenaires. Ils n'ont pas l'intention non plus de convertir la région à l'islam ou de vouloir établir un califat, comme ce fut le cas dans la région du Levant entre la mi-2010 et 2017.

    Dans un avenir proche, il faut s'attendre à :
    - Une propagation immédiate à d'autres pays d'Afrique subsaharienne mais aussi aux pays situés en dessous de l'équateur sur le continent africain.
    - L'absence d'une force capable de placer des points de contrôle contre l'apparition de cellules islamistes. L'idéal serait qu'un pays ou une combinaison de pays africains dispose d'une armée suffisamment forte et entraînée pour avoir la capacité d'agir sur le plan sécuritaire régional.
    - L'arrêt de l'immigration clandestine. On estime que les terroristes gagnent entre 10 et 20 000 dollars par immigrant grâce à cette seule activité.
    - Le contrôle des routes maritimes à proximité de l'Afrique de l'Est.

    Il convient de noter qu'il existe déjà des indices d'une concentration de groupes terroristes se réclamant de l'islamisme dans l'ouest de l'Ouganda, ainsi que des affrontements à la frontière sud-africaine avec le Mozambique. Ces derniers sont extrêmement préoccupants, car une présence terroriste pourrait devenir très vite préoccupante dans une Afrique du Sud déjà en proie à l'instabilité politique et à la criminalité. L'Afrique du Sud est un point de référence pour le continent. Si Daech parvient à s'y implanter, le problème prendrait une dimension mondiale.
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    Création d'une force de sécurité : Seuls le Nigeria et l'Afrique du sud ont des forces suffisamment puissantes
    Des pays comme le Nigéria et l’Afrique du Sud peuvent jouer un rôle majeur dans la création d’une force de sécurité africaine. Mais cela pourrait créer un changement des équilibres géopolitiques qui affecterait de nombreux intérêts, à la fois sur et hors du continent africain. Pourtant il est clair que pour lutter contre la montée en puissance de l’islamisme radical dans cette région, aucune force traditionnelle ne peut intervenir, pas même les forces montantes (comme  la Chine). Le coût serait énorme étant donné la distance et la nécessité de maintenir constamment des forces dans la région. Le seul moyen serait de soutenir une force locale suffisamment puissante.

    Régler le problème de l'immigration illégale pour tarir les sources de financement du terrorisme islamiste
    C'est un problème gigantesque qui doit être maîtrisé malgré les «cris des humanitaires», même  au sein de l'ONU. Et tant qu’on ne résoudra pas ce problème, les comptes bancaires des organisations terroristes à consonance islamiste augmentent de jour. Le moyen pour garder les populations dans leur pays d’origine est de garantir une stabilité politique et économique durable dans ce pays.
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    Routes maritimes menacées
    Les routes maritimes sont une préoccupation majeure pour les gouvernements et les organisations ces dernières années, car la piraterie et la prise d'otages d'équipages rapportent des milliards de dollars de revenus aux pirates. Dans le même temps, il facilite également tous les types de contrebande et, bien entendu, donne les ressources financières nécessaires au développement de groupes terroristes. En théorie, la mise en place d'une force de sécurité dans la région contrecarrerait la tentative des islamistes de domination maritime, mais cela prendra du temps. C'est probablement le problème le plus difficile à résoudre mais il est nécessaire de le régler avant qu’il ne prenne des proportions incontrôlables. Nous avons déjà  eu une expérience des difficultés et de l'énorme quantité de ressources nécessaires pour lutter contre le piratage au début des années 2010 et en 2020.

    De toute évidence, la propagation de l'Etat islamique en tant qu'idéologie (ou excuse) pour certains groupes de terroristes, a révélé les graves problèmes sécuritaires qui commencent à peine à émerger. Le continent africain est éloigné géographiquement des continents d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord, mais cela n'implique pas que les évènements qui s’y déroulent ne vont pas avoir de conséquences sécuritaires graves pour d’autres régions du monde.

    Et pour l'instant, seule la France semble avoir pris la mesure du danger que l'expansion des groupes revendiquant leur affiliation à l'islamisme radical en Afrique représente pour l'Europe.

     

  • Mozambique : Les corps décapités de 12 étrangers blancs découverts à Palma après l'offensive des djihadistes

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    Douze personnes ont été retrouvées décapitées dans la ville de Palma, au nord du Mozambique, à la suite de l'attaque revendiquée par l'Etat islamique, a rapporté Reuters citant des sources de la police locale.

    Le commandant Pedro da Silva a déclaré aux journalistes en visite dans la ville qu'il ne pouvait pas être sûr de la nationalité des 12 personnes, mais il pensait qu'il s'agissait d'étrangers parce qu'ils étaient blancs.

    «Ils ont été ligotés et décapités ici», a-t-il déclaré dans des images diffusées sur TVM, en désignant des zones de terre perturbée où il a dit avoir enterré les corps lui-même (photo ci-dessus).

    Le porte-parole de la police nationale, Orlando Mudumane, a déclaré qu'il avait vu les images de TVM mais qu'il ne pouvait pas en confirmer le contenu, et que la police enquêtait.

    Les images de TVM ont été prises à l'extérieur de l'hôtel Amarula, où un grand groupe, composé d'étrangers et de locaux, était assiégé par les islamistes pendant l'attaque qui a duré plusieurs jours.

    Le gouvernement a déclaré que des dizaines de personnes étaient mortes lors du dernier assaut qui a commencé le 24 mars, et les groupes humanitaires estiment que des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées. Mais l'ampleur des pertes et des déplacements reste incertaine.

    Après plusieurs jours, au cours desquels l'Etat islamique a pris la ville, et elle est devenue presque entièrement désolée, l'armée mozambicaine a réussi à la reprendre et elle serait maintenant en sécurité.

    Les dirigeants régionaux de plusieurs pays, parmi lesquels l' Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Botswana, se sont réunis à Maputo,  la capitale du Mozambique, le 8 Avril, afin d'envisager un moyen de faire face à la situation dans la province de Cabo Delgado.

    La ministre mozambicaine des Affaires étrangères, Veronica Macamo Dlhovo, a déclaré que les dirigeants avaient décidé d'envoyer une mission au Mozambique en avril 2021.

    «La mission viendra évaluer les dimensions de la menace et voir quels moyens employer, pour que ces moyens soient proportionnés», a-t-elle déclaré.

    Un communiqué publié après la réunion faisait référence à un «déploiement technique» au Mozambique et indiquait que de nouvelles réunions du bloc régional SADC seraient convoquées.

    Le déploiement technique à la République du Mozambique, et la convocation d'une réunion extraordinaire du Comité ministériel de l'Organe aura lieu le 28 Avril e 2021.

     

  • Mozambique : La ville de Palma a été reprise aux islamistes

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    L'armée mozambicaine affirme avoir repris le contrôle total de la ville côtière de Palma, plus d'une semaine après avoir été investie par des islamistes.

    Un nombre "significatif" de djihadistes ont été tués lors de la contre-offensive, a déclaré un porte-parole de l'armée.

    La radio d'État a rapporté que les résidents qui avaient fui commençaient à rentrer - certains dans des maisons pillées.

    Des dizaines de civils ont été tués et au moins 11 000 déplacés après que les islamistes aient envahi Palma le 24 mars.

    Un ressortissant sud-africain et un britannique figurent parmi les personnes tuées dans ce qui a été l'une des plus grandes attaques des djihadistes dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique, depuis qu'ils ont lancé une insurrection dans la région en 2017.

    La communication avec la ville, qui compte environ 75 000 habitants, reste coupée.

    Les islamistes, connus localement sous le nom d'al-Shabab, ont prêté allégeance au groupe État islamique (EI).

    Leur assaut contre Palma a contraint le géant de l'énergie Total à suspendre son projet de gaz naturel de plusieurs milliards de dollars à Afungi, non loin de la ville.

  • Mozambique : L'Afrique du Sud déploie des forces après l'attaque des djihadistes contre Palma

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    L'Afrique du Sud a déployé des troupes au Mozambique vendredi 2 avril 2021 à la suite de l'attaque menée par des islamistes dans la ville de Palma à la fin du mois de mars. L'annonce a été faite lors d'une allocution télévisée du président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a souligné la nécessité de protéger les ressortissants sud-africains au Mozambique voisin .

    "Nous restons impliqués dans la sécurisation de notre peuple au Mozambique - à Pemba et à Palma", a déclaré Ramaphosa.

    L'attaque de Palma a contraint des milliers de personnes à fuir la ville et à chercher refuge dans la ville portuaire de Pemba, qui sert de capitale de la province de Cabo Delgado au Mozambique.

    Ramaphosa a déclaré que l'armée sud-africaine avait commencé à secourir des ressortissants bloqués au Mozambique et avait récupéré le corps d'un Sud-Africain tué dans l'attaque.

    Le géant français de l'énergie cesse ses activités dans la région
    De nombreux travailleurs étrangers de la ville riche en gaz étaient employés par le géant français de l'énergie Total, des sources de sécurité ayant déclaré vendredi aux agences de presse que l'entreprise avait cessé ses activités dans la région et retiré tout son personnel.

    Total prévoyait d'investir 20 milliards de dollars (16,9 milliards d'euros) dans une usine de gaz naturel liquéfié située près de Palma, mais a suspendu la construction du site la semaine dernière.

    L'armée mozambicaine a affirmé que l'usine Total était protégée, mais la surveillance par drone aurait montré que les djihadistes encerclaient le site gazier, situé sur la péninsule d'Afungi.

    L'attaque de Palma
    L'attaque a commencé le 24 mars, lorsqu'une centaine de djihadistes ont pris le contrôle de Palma. L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque et annoncé dans un communiqué que le groupe avait tué 55 membres des forces de sécurité mozambicaines lors de l'assaut.

    Des dizaines d'habitants de Palma seraient morts lors du siège, dont au moins deux travailleurs étrangers dans la région.

    L'ONU a déclaré vendredi qu'au moins 9150 personnes avaient fui Palma vers d'autres régions du nord du Mozambique. Des milliers de personnes seraient toujours en train de se cacher dans la brousse autour du district de Palma.

    L'attaque contre Palma est la dernière d'une série d'attaques menées par des djihadistes dans le nord du Mozambique, qui ont commencé en 2017. Jusqu'à présent, plus de 2600 personnes sont mortes des raids au cours des trois dernières années.

    Les djihadistes piratent des navires au large de Palma
    Les djihadistes peuvent désormais pirater des navires en mer. Nous avons des rapports concernant au moins trois navires qui ont été détournés au large des côtes de Palma.