Mora Enrique

  • Iran : Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) "très inquiet"

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    Rafael Grossi.jpegLe directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi (photo), s'est déclaré, mardi 10 mai 2022, "très inquiet" de la situation en Iran, dénonçant un manque de coopération, en pleine impasse des négociations pour sauver l'accord de 2015.

    L'AIEA, dont le siège se trouve à Vienne, "essaie de clarifier un certain nombre de questions en suspens", a-t-il expliqué devant un comité du Parlement européen.

    "Je me réfère au fait qu'au cours des derniers mois, nous avons pu identifier des traces d'uranium enrichi dans des lieux jamais déclarés par l'Iran comme ayant abrité une quelconque activité nucléaire", a-t-il souligné. "Nous sommes extrêmement inquiets (...). La situation ne paraît pas très favorable. Pour l'instant, l'Iran ne s'est pas montré disposé à fournir les informations dont nous avons besoin", a déploré le chef de l'instance onusienne de contrôle.

    Plusieurs sites font l'objet d'interrogations de longue date de l'AIEA. Début mars, M. Grossi s'était rendu en Iran à ce sujet, alors que la République islamique demandait la clôture du dossier. Finalement, il avait été convenu que les deux parties échangent des documents pour une résolution avant juin.

    Ces déclarations interviennent alors que le négociateur de l'Union européenne chargé de coordonner les pourparlers sur le nucléaire iranien, Enrique Mora, est attendu mardi à Téhéran pour tenter de relancer le processus. "Comme vous le savez, les négociations sont dans une sorte de pause (...), certains parleraient d'impasse, d'autres de gel", a souligné le haut responsable de l'AIEA, tout en disant "espérer un accord dans un délai raisonnable". "Même si nous devons admettre que la fenêtre de tir pourrait se fermer à tout moment", a-t-il averti.

    L'Iran et les États-Unis sont engagés depuis plus d'un an dans des négociations indirectes à Vienne pour ressusciter l'accord de 2015, censé empêcher la République islamique de fabriquer la bombe atomique -- dont elle nie vouloir se doter. Les autres parties au texte (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie) y participent également. Les diplomates ont cependant quitté Vienne le 11 mars pour une "pause" et depuis, Téhéran et Washington se rejettent mutuellement la responsabilité du blocage.