Moqtada Sadr

  • Irak : Manifestations à Bagdad, partisans et opposants de Moqtada Sadr pourraient prendre les armes

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    Des milliers d'habitants de Bagdad ont pris part à une manifestation contre les sadristes, qui restent dans les locaux du parlement irakien. Les manifestants accusent les partisans du théologien chiite Muqtada Sadr de tenter de détruire les institutions démocratiques du pouvoir.

    Aux abords de la "Zone verte", le quartier central de la capitale, où se trouvent les bureaux du gouvernement et les ambassades, les manifestants anti-sadristes ont été accueillis par la police qui a utilisé canons à eau et gaz lacrymogène pour les disperser.

    La plupart des manifestants sont des partisans des mouvements chiites pro-iraniens, tandis que les partisans de Moqtada Sadr, également chiites, sont favorables à la limitation de l'influence iranienne et américaine.

    Derrière les manifestants pro-iraniens se trouvent des militants des Comités de résistance populaire (Hashd al-Chaabi). 

    Moqtada Sadr a surtout été en pointe pour mener la lutte contre l'occupation américaine. 

    La situation actuelle entre sadristes et anti-sadristes présente un danger croissant que la confrontation politique prenne une forme armée, se transformant en guerre civile.

  • Irak : Manifestations rivales à Bagdad sur fond de tensions politiques maximales

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    Illustrant le dangereux bras de fer qui déchire l'Irak, les partisans du "cadre de coordination" pro-iranien en Irak ont ​​annoncé un sit-in près du pont suspendu à l'entrée de la zone verte dans la capitale irakienne, Bagdad, tandis que le sit-in mené par les partisans du religieux chiite Moqtada al- Sadr poursuivait sa troisième journée. 

    Le "cadre de coordination" est une alliance d'un certain nombre de forces politiques chiites fidèles à l'Iran, qui a été formée en mars 2021, et qui était déterminée à empêcher la formation d'un gouvernement après que le mouvement sadriste ait remporté la majorité des parlementaires. Il regroupe notamment le Hachd al-Chaabi, ex-paramilitaires intégrés aux forces régulières, et la formation de l'ex-Premier ministre Nouri al-Maliki, ennemi historique du leader chiite Moqtada Sadr.

    La tension est montée d'un cran après le rejet par le leader chiite Moqtada Sadr du candidat du "cadre de coordination", Muhammad Shiaa al-Sudani, au poste de Premier ministre.

    Et pour montrer qu'il était encore capable de mobiliser les foules pour faire avancer ses pions, des milliers de partisans de Moqtada Sadr. occupent pour le troisième jour consécutif, le siège du parlement. 

    Moqtada al-Sadr a qualifié les manifestations populaires dans la zone verte de Bagdad de "révolution spontanée", évoquant ce qu'il a appelé une "occasion en or" de s'opposer à "la corruption, l'injustice, le terrorisme, l'occupation et la dépendance ».

    Dans un communiqué, Moqtada Sadr a appelé à des amendements "radicaux" à "l'ordre, la constitution et les élections".

    Mais pour les leaders du "cadre de coordination", ces appels  sont considérés comme un "coup" contre la légitimité. ils ont appelé leurs partisans à se mobiliser, lundi 1er août. Peu avant 17H00 (14H00 GMT), plusieurs centaines de manifestants ont envahi une avenue menant à la Zone verte, secteur ultra-sécurisé qui abrite institutions gouvernementales, ambassades occidentales et où se trouve le Parlement. "Le peuple n'autorisera pas un coup d'Etat", pouvait-on lire sur les pancartes des nouveaux manifestants, qui brandissaient également des drapeaux irakiens.

    La police a activé les canons à eau pour éloigner des manifestants qui tentaient d'approcher un pont menant à la Zone verte. 

    Les dirigeants du Cadre de coordination ont dans le même temps multiplié les appels au dialogue pour résoudre la crise. Hadi al-Amiri, chef du bloc Fatah, a renouvelé les appels au mouvement sadriste et au « cadre de coordination » pour « donner la priorité à la logique de la raison, de la sagesse et de la retenue, et faire avancer l'intérêt du pays ». par le dialogue" au motif que les choses "peuvent devenir incontrôlables et conduire à la violence".

    Paralysie politique
    Depuis les législatives d'octobre 2021, la paralysie politique est totale. Des mois de tractations entre les grands partis n'ont pas permis d'élire un nouveau président de la République ou un nouveau chef du gouvernement.

    Le poste de Premier ministre en Irak est traditionnellement attribué à une personnalité chiite choisie par consensus parmi les forces politiques chiites. Mais Moqtada al-Sadr  a voulu changer cette règle après que son courant ait remporté 73 sièges aux élections législatives d'octobre 2021. Ayant remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement, il a voulu que son courant soit celui qui nomme le Premier ministre d'un gouvernement « majoritaire » avec ses alliés kurdes et sunnites. 

    En juin 2022, après des mois de querelles sur le mécanisme de sélection du Premier ministre, les 73 députés sadristes ont présenté leur démission du parlement, ce qui a ouvert la voie au "cadre de coordination" pour saisir la majorité des députés du bloc sadriste démissionnaires en masse.

  • Irak : L'imam Moqtada Sadr dissout la "Brigade du Jour Promis" après son appel aux milices à remettre leurs armes

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    Muqtada-al-Sadr.jpgLe chef du mouvement sadriste en Irak, Moqtada Sadr (photo ci-contre), a annoncé vendredi 19 novembre 2021, la dissolution de la milice « Brigade du Jour Promis », qui a été décrite comme l'unité d'élite de son mouvement « l'Armée du Mahdi », exprimant son espoir que cette étape marquerait le début de la dissolution du reste des milices armées du pays.

    La décision de Moqtada Sadr est intervenue moins de 24 heures après avoir appelé les factions chiites armées fidèles à l'Iran à se dissoudre si elles voulaient rejoindre le prochain gouvernement.

    Le leader chiite, grand vainqueur des dernières élections, a déclaré dans un tweet que la décision de dissoudre la "Brigade du Jour Promis" et de fermer son siège était un "geste de bonne volonté", appelant les militants de la faction à remettre leurs armes dans les 48 heures.

    Moqtada Sadr a exprimé son espoir que cette étape constituerait "le début de la dissolution des factions armées, de la remise de leurs armes et de la fermeture de leur quartier général".

    Sadr avait appelé les factions chiites armées irakiennes fidèles à l'Iran à se dissoudre si elles voulaient rejoindre son prochain gouvernement, et avait également exigé qu'elles remettent leurs armes aux Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Chaabi), qui sont affiliées au gouvernement.

    Moqtada Sadr a demandé aux Forces de mobilisation populaire de "purifier" leurs rangs des "éléments indisciplinés" et de remettre les "individus corrompus" à la justice.

    Il a également réitéré son affirmation de former un "gouvernement politique majoritaire", dans un message clair à ses opposants, dans lequel il les a également appelés à reconnaître leur défaite aux élections.

    L'Alliance Fattah, un puissant allié de Téhéran, n'a remporté qu'une quinzaine de sièges aux élections, selon les résultats préliminaires, après avoir été la deuxième force du parlement précédent avec 48 sièges.

    Les dirigeants de l'Alliance Fattah ont condamné la "fraude" dans le processus électoral, et leurs partisans, qui représentent des factions pro-iraniennes au sein des Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Chaabi), ont organisé un sit-in devant les entrées de la "zone verte".

     

     

  • Irak : Le leader chiite Al-Sadr crie victoire aux élections législatives

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    Sadr Moqtada.jpgLe théologien nationaliste chiite Moqtada al-Sadr (photo ci-contre) a annoncé sa victoire aux élections législatives qui ont eu lieu le 10 octobre, malgré le fait que les résultats officiels du vote n'aient pas encore été publiés.

    Dans une allocution télévisée, al-Sadr a déclaré que le gouvernement qui devrait être formé avec sa participation chercherait le retrait de toutes les troupes étrangères d'Irak. "Nous accueillons toutes les ambassades qui n'interfèrent pas dans les affaires intérieures de l'Irak", a-t-il ajouté, exhortant ses partisans à s'abstenir de tirer lors de la célébration de la victoire.

    Selon des données non officielles, les sadristes ont remporté 73 des 329 sièges du parlement irakien. Par rapport aux élections de 2018, leur représentation a augmenté de 19 mandats. En deuxième position se trouve le mouvement dirigé par l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki. Le bloc pro-iranien "Fattah" arrive en troisième position.

    Le boycott l'emporte
    Seuls 41 % des Irakiens ayant le droit de vote ont participé aux élections législatives en Irak. Le faible taux de participation record était le résultat d'un boycott par de nombreux mouvements politiques.

    Dans la capitale irakienne Bagdad, un peu plus de 30% des électeurs ont participé au vote. La passivité est une manifestation de la méfiance à l'égard de l'ensemble du système politique, la conviction que les élections ne sont pas capables de changer la situation dans un pays en proie à la corruption.

    Les résultats des élections devraient être annoncés dans les prochaines heures. Alors l'une des principales interrogations du scrutin sera résolue : qui deviendra la principale force politique de la rue chiite où les partisans nationalistes de Moqtada Sadr s'opposent au bloc pro-iranien du Fattah.

    Les pro-Iraniens parlent de fraude
    Parallèlement, d'éminents représentants des forces chiites fidèles à l'Iran ont une"manipulation" et des "fraudes" dans les résultats du processus électoral, ce qui augure de négociations difficiles entre les blocs politiques cherchant à dominer un parlement fragmenté.

    Abu Ali al-Askari, porte-parole du Kata'ib Hezbollah, l'une des factions chiites pro-iraniennes les plus influentes, a annoncé lundi dans un communiqué que "ce qui s'est passé lors des élections représente la plus grande fraude et tromperie du peuple irakien dans l'histoire moderne."

    L'alliance al-Fattah a annoncé, mardi soir 12 octobre, qu'elle rejetait les résultats préliminaires annoncés par la Commission électorale.

    Cependant, malgré leur défaite, le courant politique allié à l'Iran reste un acteur incontournable de la scène politique irakienne. Dans un pays où une forte division politique caractérise la scène, le jeu politique ne se limite pas aux couloirs du Parlement, mais la rue a son mot à dire, les grands partis détenant une carte de pression représentée par leurs factions armées.

    La défaite des pro-iraniens n'est pas une surprise
    La baisse de popularité des forces fidèles à l'Iran ne surprend pas les observateurs. La colère contre les forces pro-iraniennes s'était intensifiée, notamment après la répression sanglante des manifestations de "Tishreen" en 2019. Les manifestants ont accusé les "groupes armés" chiites pro-iraniens d'être intervenus pour mater les manifestations. 

  • Irak : Démonstration de force des pro-Iraniens en armes à Bagdad

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    Des dizaines de pick-ups remplis d'hommes cagoulés et armés ont défilé jeudi 25 mars 2021 dans les rues de Bagdad. Il s'agit d'une nouvelle démonstration de force des pro-Iraniens face au Premier ministre Moustafa al-Kazimi qui vient de proposer de reprendre le "dialogue" avec Washington.

    Juchés sur les véhicules kakis, cagoule siglée "Rabaa Allah", la "clique de Dieu" en dialecte irakien, ces hommes brandissaient des portraits de M. Kazimi - qui passe pour plus pro-Américain que son prédécesseur - ou d'autres officiels ornés de marques de semelles les ayant piétinés, en signe d'insulte. Rabaa Allah est le dernier né - et le plus puissant - des groupes pro-Iraniens d'Irak. Il est, selon les experts, le faux-nez des brigades du Hezbollah, une faction préexistante et intégrée à l'Etat, qui lui permet de s'en prendre aux autorités sans toutefois risquer d'être sanctionnée.

    Cette démonstration de force -qui n'est pas rare en Irak, le leader chiite Moqtada Sadr en ayant mené une similaire début février- intervient dans un contexte politique et économique tendu. Mardi, un responsable gouvernemental irakien a annoncé que Bagdad avait officiellement réclamé un nouveau "dialogue stratégique" à l'administration de Joe Biden, comme cela avait été le cas sous celle de Donald Trump. Bagdad et Washington doivent notamment revenir sur la question des 2.500 soldats américains postés en Irak et dont les parlementaires ont voté l'expulsion il y a plus d'un an. Aucune date n'a jusqu'ici été fixée et les négociations seront probablement virtuelles en raison du Covid-19.

    Jeudi, le communiqué lu par un combattant de Rabaa Allah cagoulé expliquait: "nous avons sorti nos hommes et nos fusils pour envoyer un message de menace (...) à l'occupant américain et au gouvernement (irakien) collaborateur". 

    Le groupe armé appelle en outre le Parlement à regonfler la valeur du dinar et à voter le budget au plus vite, alors que les négociations achoppent toujours sur la question des conditions d'attribution au Kurdistan de sa part du budget fédéral. Le Parlement doit voter samedi le budget 2021 et la question du taux de change par rapport au dollar est cruciale pour le pays qui traverse sa pire crise économique et dont le dinar a récemment perdu 25% de sa valeur. Elle l'est plus encore pour les groupes pro-Iraniens car Téhéran, étouffé par les sanctions américaines, voit de longue date son voisin comme un pourvoyeur de devises. Rabaa Allah s'est déjà illustré par d'autres coups de force à Bagdad, comme l'incendie d'une télévision, du siège d'un parti kurde ou par des explosions et raids punitifs contre des vendeurs d'alcool.

  • Irak : Violentes manifestations à Nasiriyah - un policier tué

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    Un policier a été tué dimanche 10 janvier 2021, a indiqué l'armée irakienne alors que les forces de l'ordre tiraient pour disperser des manifestants à Nasiriya, bastion de la contestation anti-pouvoir.
     
    Le policier tué a été "touché par balle à la tête", ont précisé des sources médicales dans la ville située à 300 km au sud de Bagdad et de nouveau en proie aux manifestations et aux heurts depuis trois jours.
     
    L'armée irakienne ajoute que "33 autres policiers ont été blessés dans les événements du jour", sans donner plus de détails.
     
    Les sources médicales font également état de manifestants blessés.
     
    Face à des manifestants dont certains jetaient des pierres, les forces de l'ordre avaient ouvert le feu plus tôt dans la journée pour disperser des protestataires qui avaient réoccupé la place Habboubi, épicentre de la "révolte d'octobre", mouvement social inédit lancé en octobre 2019 à travers l'Irak.
     
    Le camp de tentes installé à l'époque avait été levé dans le chaos fin novembre, lorsque huit personnes avaient été tuées dans des affrontements entre manifestants anti-pouvoir et partisans du leader chiite Moqtada Sadr.
     
    L'occupation de a place Habboubi a repris vendredi, des manifestants réclamant la libération de figures anti-pouvoir arrêtées ces dernières semaines. A plusieurs reprises, les forces de l'ordre ont tiré en l'air ou lancé des grenades sur les manifestants, dont le mouvement a pour la première fois gagné d'autres quartiers de la ville.
     
    Après la mort du policier dimanche, 13 manifestants arrêtés ont été libérés, a indiqué un porte-parole d'un comité de coordination de la contestation à l'AFP. Il a ajouté que d'autres libérations avaient été promises pour le lendemain.
     
    Depuis que la contestation s'est éteinte en 2020 avec la pandémie de Covid-19 et une répression qui a fait près de 600 morts et 30.000 blessés, des enlèvements, assassinats et arrestations de figures du mouvement continuent d'avoir lieu.
     
    Les manifestants réclament, outre la fin de la corruption de la classe politique, des emplois et des services publics, de plus rares alors que l'Irak s'enfonce dans sa pire crise économique.

    Vidéo de la manifestation

  • Irak: Des personnes non identifiées assassinent un dirigeant du mouvement sadriste

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    EqZXXVeXIAcbmyt.jpegUne source de sécurité irakienne a déclaré mardi 29 décembre que des hommes armés non identifiés avaient assassiné un chef d'une faction du mouvement sadriste dans la province de Diwaniyah, dans le sud du pays.
     
    Le capitaine de la police de Diwaniyah, Jamal Al-Din Al-Sudairy, a déclaré que des hommes armés non identifiés avaient tiré sur le chef des Brigades de la paix, Rami Al-Shabani (photo ci-contre).
     
    Il a ajouté: "La fusillade a eu lieu ce matin dans le district d'Al-Daghara à Al-Diwaniyah, ce qui a conduit au meurtre d'Al-Shabani sur place."
     
    Al-Sudairy a ajouté que les autorités compétentes "ont ouvert une enquête sur l'incident pour trouver les auteurs et leurs motivations derrière".
     
    Il n'y a encore eu aucun commentaire officiel de la part des «Brigades de la Paix» ou du mouvement sadriste (chiite) sur l'incident.
     
    Les Brigades de la Paix (Saraya al-Salam) sont une faction chiite influente au sein des Forces de mobilisation populaire (Hashed al-Chaabi) . Elles sont dirigées par l'imam chiite Moqtada al-Sadr.
     
    L'incident survient à la lumière de l'atmosphère tendue en Irak avec l'approche du premier anniversaire de l'assassinat du commandant de la Force iranienne al-Qods, Qassem Soleimani, et du chef adjoint du Hashed al-Chaabi, Abu Mahdi Al-Muhandis, lors d'un bombardement aérien américain près de l'aéroport international de Bagdad le 3 janvier.
     
    On craint que les factions irakiennes proches de l'Iran ne lancent des attaques contre les forces et les intérêts américains, au milieu d'un avertissement de Washington selon lequel il répondra fermement à toute attaque qui ferait des victimes américaine