Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul)

  • Libye : Rencontre entre chefs militaires rivaux à Tripoli

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    Des militaires de haut rang de l'est et de l'ouest de la Libye, réunis pour la première fois à Tripoli, ont appelé, mardi 19 juillet 2022, à unifier le commandement des deux armées, une mesure qui pourrait sceller la réunification des forces armées dans ce pays miné par les divisions.

    Le général Abdelrazzak al-Nadhouri, numéro deux de l'armée de l'Est (Armée Nationale Libyenne du maréchal Khalifa Haftar) a effectué une visite lundi 18 et mardi 19 juillet à Tripoli pour rencontrer son homologue de l'Ouest, le général Mohamad Ali al-Haddad. 

    "Il est nécessaire de nommer un chef d'état-major unique pour l'institution militaire et amorcer la réunification de l'armée", ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint à l'issue de leurs entretiens. 

    La Libye est en proie à une crise politique majeure depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, minée par les divisions entre l'Est et l'Ouest et par les ingérences étrangères.

    La rencontre a permis de faire avancer les travaux de la Commission militaire conjointe 5+5, composée de cinq militaires de chaque camp, notamment sur l'épineux dossier de la présence sur le sol libyen de milliers de mercenaires et combattants étrangers. Leur départ était prévu par le cessez-le-feu signé par les membres de cette même commission en octobre 2020. Ils ont également convenu de mener des patrouilles aux frontières, notamment dans le Sud, pour endiguer les flux de migrants, les réseaux de passeurs et trafiquants en tout genre.

    La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) s'est félicitée dans un communiqué de cette réunion et du "dialogue important" entamé, s'engageant à "continuer à soutenir les pourparlers sur le volet sécuritaire de la Commission militaire conjointe 5+5 et la mise en oeuvre complète de l'accord du cessez-le-feu". La conseillère spéciale du secrétaire général de l'ONU pour la Libye, Stephanie Williams, a salué sur Twitter "l'esprit de coopération et de compromis" des deux militaires, "un modèle pour la classe politique".

    Deux gouvernements rivaux se disputent aujourd'hui le pouvoir en Libye, l'un basé dans la capitale Tripoli, l'autre à Syrte (centre). L'Est et une partie du Sud sont contrôlés de facto par le maréchal Haftar, qui avait tenté en vain de conquérir militairement l'ouest libyen en 2019-2020. Un double scrutin présidentiel et législatif, initialement prévu en décembre 2021 pour stabiliser le pays, a été reporté sine die, en raison de divergences sur la base juridique des élections et la présence de candidats controversés.

  • Libye : Déploiement de groupes armés dans une banlieue de Tripoli

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    Des groupes armés se sont déployés, mardi 21 décembre 2021, dans une banlieue de la capitale libyenne Tripoli, forçant des écoles à fermer et suscitant l'inquiétude de l'ONU, au moment où un report de l'élection présidentielle de vendredi est attendu.

    La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) s'est dite dans un communiqué "préoccupée par l'évolution de la situation sécuritaire à Tripoli". "La mobilisation de forces affiliées à différents groupes crée des tensions et augmente le risque d'affrontements qui pourraient dégénérer en conflit", a-t-elle mis en garde.

    "Tout désaccord sur des questions politiques ou militaires devrait être résolu par le dialogue, en particulier dans cette période où le pays traverse un processus électoral difficile et complexe censé conduire à une transition pacifique", a insisté la mission onusienne.

    Plus tôt dans la journée, des images postées sur les réseaux sociaux ont montré des véhicules armés de mitrailleuses ainsi qu'un char sillonnant un quartier proche du campus universitaire et des rues bloquées par des barrages de sable et gardées par des hommes armés.

    L'université de Tripoli avait dû fermer "à cause des tensions sécuritaires autour du campus dans les quartiers d'Aïn Zara et de Fornaj", selon un de ses professeurs.

    D'après des médias locaux, plusieurs écoles et lycées dans ces quartiers en banlieue sud de Tripoli ont aussi décidé, par mesure de précaution, de fermer leurs portes.

    Aucun accrochage ou échange de tirs n'a toutefois été signalé, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

    Et la situation s'est détendue dans l'après-midi avec la réouverture de la plupart des rues à la circulation, et une présence moins importante d'hommes armés, a constaté un correspondant de l'AFP.

    Les autorités n'ont fait aucun commentaire sur cette mobilisation armée qui intervient à trois jours de la date prévue pour la tenue d'une élection présidentielle cruciale, le 24 décembre. Mais le report du scrutin ne fait désormais aucun doute, même si aucune annonce officielle n'a été faite en ce sens.

    Ce déploiement intervient aussi quelques jours après le limogeage d'un haut responsable militaire, qui avait été contesté par plusieurs groupes armés, alimentant les tensions et donnant déjà lieu à des mouvements armés à Tripoli.

    La capitale libyenne est sous le contrôle d'une myriade de groupes armés affiliés aux ministères de la Défense - un portefeuille sans ministre - et de l'Intérieur au sein du gouvernement intérimaire.

    La Libye tente, depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, de s'extraire d'une décennie de chaos, marqué ces dernières années par l'existence de pouvoirs rivaux dans l'est et l'ouest du pays.

    L'élection présidentielle était censée représenter l'aboutissement d'un processus de paix laborieux, parrainé par l'ONU, pour clore ce chapitre de divisions et d'instabilité.

    Malgré la fin des combats en 2020 entre le gouvernement installé à Tripoli et les forces de Khalifa Haftar, homme fort de l'Est, la sécurité reste précaire dans le pays nord-africain avec des affrontements sporadiques entre groupes armés.

  • Libye : nouveaux affrontements violents dans l'ouest du pays

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    La ville de Zawiya, dans le nord-ouest de la Libye, est le théâtre d'affrontements depuis l'aube du vendredi 27 août, définis comme les plus violents de la dernière période. Les adversaires étaient, encore une fois, des milices locales.

    En particulier, les milices fidèles à Muhammad al-Bahrun, surnommée « La souris », liées à la ville d'al-Zawiya, d'une part, et à l'Autorité de soutien à la stabilité d'autre part, dirigée par Abdel Ghani al-Kikli, l'un des combattants les plus connus de Tripoli. Les tensions, selon le journal al-Arabiya, ont éclaté après qu'une force affiliée à al-Bahrun a attaqué certaines positions de l'Autorité de Tripoli, dans le sud de Zawiya. Quelques heures plus tôt, des inconnus armés avaient mené une attaque qui a blessé 4 hommes affiliés à la « souris », des membres de la police judiciaire, et la destruction de plusieurs véhicules. Les combats, rapporte al-Arabiya, ne se sont pas encore complètement apaisés. Des vidéos diffusées en ligne montrent l'utilisation par les deux factions de différents types d'armes, notamment des grenades propulsées par fusée (RPG) et des explosifs.

    La ville de Zawiya, considérée comme l'une des villes de l'Ouest libyen à forte présence de milices, est le théâtre depuis des semaines d'affrontements intermittents entre les différentes formations armées, qui se disputent des zones d'influence et des itinéraires de contrebande, pour tenter de gagner un rôle au sein de l'appareil et des institutions militaires de l'État dans le processus d'unification. Depuis le cessez-le-feu, conclu le 23 octobre 2020, et la formation subséquente du nouvel exécutif intérimaire, les groupes armés qui ont combattu l'Armée nationale libyenne (ANL) contrôlent les rues de la capitale dans toute la région de Tripoli. La population locale, victime d'intimidations, a demandé à plusieurs reprises aux autorités libyennes d'intervenir pour préserver la sécurité et mettre fin à des épisodes similaires à celui du 27 août.

    L'Autorité de soutien à la stabilité elle-même avait été le protagoniste des affrontements en juillet dernier. Elle avait été fondée par le Premier ministre du Gouvernement d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, également ancien chef du Conseil présidentiel, avant la fin de son mandat et le transfert des pouvoirs aux nouvelles autorités intérimaires. Parmi les tâches confiées au nouvel organe figuraient le renforcement des mesures de sécurité dans les « bureaux officiels de l'État », la protection des agents du gouvernement, notamment lors de manifestations publiques, la participation aux opérations de « combat et de poursuite » et le contrôle des mouvements populaires encouragés par des "hors-la-loi". En réalité, selon des sources informées, la décision d'al-Sarraj visait à constituer un groupe capable de le défendre contre les combattants de l'ancien ministre de l'intérieur, Fathi Bashagha, l'un des prétendants au siège de premier ministre.

    Malgré l'interruption des combats sur les différents fronts libyens, la sécurité dans l'Est libyen, toujours contrôlée par des groupes fidèles au général Khalifa Haftar, reste précaire, en raison des « règlements de compte » en cours entre les gangs locaux libyens. . Bien que les autorités de l'est libyen aient affirmé à plusieurs reprises avoir enquêté sur les meurtres « illégaux », les responsables de ces crimes, appelés « tireurs non identifiés », n'ont pas encore été traduits en justice.

    Selon certains, le manque de sécurité tant à l'Est qu'à l'Ouest de la Libye est du à l'absence d'un appareil militaire unifié. Les institutions de sécurité de l'État sont toujours divisées et, par conséquent, incapables de faire face à des situations de chaos. Un premier signe positif en ce sens est survenu le 25 août , lorsque la 166e brigade de Misrata, de l'ouest libyen, et la brigade Tareq bin Ziyad, affiliée à l'armée nationale libyenne, ont formé une force conjointe pour sécuriser la Grande Rivière Artificielle (GMR) , un aqueduc qui puise l'eau douce du Sahara pour l'acheminer vers la côte.

    Comme l'a également souligné la mission de la MANUL, ce qui s'est passé représente un pas important vers la réunification de l'appareil militaire et du pays en général. Le résultat, obtenu en collaboration avec le Comité militaire mixte 5 + 5, « garantira non seulement la sécurité du Grand Fleuve artificiel et des flux continus d'approvisionnement en eau, mais ouvrira la voie à d'autres mesures qui renforceront la confiance entre les belligérants, jusqu'à la pleine mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu et la réunification des institutions de l'État », a déclaré le chef de la Mission, Jan Kubis.

    La Libye a été le théâtre d'une longue guerre civile. Les tensions ont commencé le 15 février 2011, alors que la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi remonte au mois d'octobre de la même année. Depuis cet événement, le pays n'est jamais parvenu à réaliser une transition démocratique et a vu, sur le plan politique, la présence de deux administrations rivales, l'une liée à la Chambre des représentants de Tobrouk, dirigée par Aguila Saleh, et l'autre, celle du GNA, dirigé par Fayez al-Sarraj. Sur le plan militaire, les milices affiliées au GNA ont affronté l'Armée nationale libyenne, dirigée par le général Khalifa Haftar, jusqu'à une première trêve, annoncée le 20 août 2020.

    Le cessez-le-feu du 23 octobre 2020 a également donné un nouvel élan à la voie politique libyenne, conduisant à la formation d'un gouvernement intérimaire unitaire, nommé le  5 février  dernier au sein du Forum de dialogue politique. La mission de l'équipe gouvernementale dirigée par Dbaiba et du Conseil présidentiel, dirigé par Mohamed al-Menfi, est de conduire la Libye vers les élections du 24 décembre, considérées comme une étape importante dans la voie de la transition démocratique de la Libye.

     

  • Libye : Le mécanisme de sélection d'un exécutif adopté, annonce l'ONU

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    Les participants au dialogue politique inter-libyen ont approuvé mardi le mécanisme de sélection de l'autorité exécutive intérimaire convenu à Genève pour assurer la transition d'ici aux élections prévues en décembre 2021, a annoncé l'ONU.
     
    Alors que le pays est divisé entre deux autorités rivales, les participants au Forum du dialogue politique libyen (FDPL) avaient trouvé mi-janvier un accord sur "une proposition de mécanisme de sélection d'une autorité exécutive unifiée", selon la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul). La mission onusienne a indiqué avoir organisé un vote lundi et mardi au cours duquel les membres du FDPL ont été invités à se prononcer sur cette proposition "qui est passée", 73% des 75 participants libyens du FDPL ayant voté en sa faveur.
     
    "Les Libyens ont désormais une réelle opportunité de dépasser leurs divergences et divisions, de choisir un gouvernement provisoire pour réunifier leurs institutions grâce aux élections nationales démocratiques tant attendues", a déclaré l'émissaire par intérim de l'ONU en Libye Stephanie Williams. "La Manul est en train de finaliser la procédure et les formulaires de nomination ainsi que le calendrier du processus de vote", selon la mission onusienne.
     
    Elle n'a pas fourni dans l'immédiat de détails sur la nature des postes de ceux qui seront désignés dans cet exécutif. Mi-novembre à Tunis, Mme Williams avait arraché auprès du FDLP un accord pour l'organisation d'élections "nationales" le 24 décembre 2021, mais pas sur la désignation de l'exécutif pour assurer la transition jusqu'au scrutin et sortir la Libye d'une grave crise politique qui perdure.
     
    La Libye est plongée dans le chaos depuis le soulèvement qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Depuis 2015, deux autorités s'y disputent le pouvoir, sur fond d'implications étrangères: le Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, et une Chambre des Députés (HoR), réfugiée à Tobrouk et soutenue par le général Khalifa Haftar, homme fort de l'Est. Après l'échec de l'offensive lancée par le maréchal Haftar en avril 2019 pour s'emparer de Tripoli, les deux camps ont conclu un cessez-le-feu en octobre et retrouvé le chemin du dialogue, encouragés par l'ONU.

  • Libye: Résultats des pourparlers de Ghadames

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    Les pourparlers du Comité militaire mixte 5 + 5 sont terminés. À la fin du cycle, dans la soirée du 3 novembre, la Mission d’appui des Nations Unies (MANUL) a indiqué que la réunion avait débouché sur une série de «recommandations» à suivre lors des futures séances de dialogue.

    En particulier, il y a 12 «recommandations», annoncése par l'envoyée spéciale intérimaire, Stephanie Williams, lors d'une conférence de presse tenue en marge de la réunion. Il s’agit notamment de la formation d’un sous-comité militaire chargé de surveiller le retour des forces armées dans leurs bases et le retrait des groupes étrangers et des mercenaires sur les «lignes de contact». Cette commission se réunira prochainement à Syrte, en présence de la Mission de la MANUL et des délégations du Comité militaire mixte. Ces derniers, lors des entretiens des 2 et 3 novembre, sont ensuite parvenus à un accord sur des mesures de contrôle, dans le but de garantir le cessez-le-feu signé le 23 octobre, également par la présence d'«observateurs internationaux». L’un des objectifs des prochaines réunions sera également de déterminer les tâches que le sous-comité mixte de sécurité devra accomplir dans des domaines spécifiques.

    Dans le même temps, le Comité militaire 5 + 5 a établi que son quartier général sera l'enceinte d'Uaghadughu dans la ville de Syrte, tandis que le sous-comité de sécurité sera basé à la fois à Hun et à Syrte. Par ailleurs, le 16 novembre, la ville de Brega accueillera une réunion visant à normaliser la "Garde des champs pétrolifères", en présence de représentants de la Mission de l'ONU et de la National Oil Corporation, la compagnie pétrolière d'Etat libyenne.

    Parmi les autres points convenus les 2 et 3 novembre figurent la formation d’équipes d’ingénieurs chargés des opérations de déminage, qui travailleront en collaboration avec l’équipe des Nations Unies et le Service des renseignements généraux, et la reprise des vols périodiques. pour Sebha et Ghadames.

    Le Comité militaire 5 + 5 s'est engagé à œuvrer pour poursuivre et combattre les discours de haine, à travers une équipe composée de spécialistes.

    Enfin, le Conseil de sécurité de l'ONU a été invité à accélérer les procédures de publication d'une «résolution contraignante» visant à mettre en œuvre les dispositions de l'accord de cessez-le-feu signé à Genève le 23 octobre.

    Le Comité militaire mixte 5 + 5 est composé de cinq représentants de l'Armée nationale libyenne (ANL) et d'autant de membres du gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de Gouvernement d'accord national (GNA). C'est l'un des résultats de la conférence de Berlin du 19 janvier au cours de laquelle divers acteurs internationaux ont discuté des moyens possibles de résoudre le conflit et la crise en Libye. L'objectif principal était précisément de parvenir à un cessez-le-feu permanent et de retirer tous les combattants non libyens du pays.

    Comme spécifié par la Mission des Nations Unies, les entretiens ont montré un sens des responsabilités et du patriotisme de la part des acteurs impliqués. Lors de la conférence de presse du 3 novembre , il a été déclaré qu'il appartiendrait désormais à chaque pays d'éliminer les groupes armés et mercenaires précédemment envoyés en Libye, espérant que l'ensemble de la communauté internationale s'engagerait à soutenir les efforts déployés par les Nations Unies et à poursuivre le processus de cette résolution. À cet égard, il a été précisé que l'accord du 23 octobre prévoit un "délai précis" pour le retrait des forces étrangères, c'est-à-dire 90 jours à compter de la signature de l'accord. En outre, Williams a de nouveau déclaré que lors du Forum de dialogue politique, prévu le 9 novembre à Tunis, une date sera également fixée pour les élections anticipées. Il y a 75 délégués qui participeront à cette réunion et qui travailleront, selon l'envoyé spécial, à esquisser une feuille de route sur l'avenir de la Libye. Le but ultime du Forum de Tunis sera de mettre fin à la situation de grave instabilité qui caractérise la Libye depuis le 15 février 2011, date du début de la révolution et de la guerre civile.

  • Libye : Toutes les parties s'accordent sur un "cessez-le-feu permanent" : Mission de l'ONU en Libye

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    Des délégations libyennes rivales, réunies à Genève dans le cadre du Comité militaire mixte 5 + 5, ont officiellement signé un accord de cessez-le-feu permanent dans toute la Libye.

    La Mission d'appui des Nations Unies (MANUL) et son envoyé spécial par intérim, Stephanie Williams, qui a suivi l'ensemble du cycle de pourparlers, qui a débuté le 19 octobre, a donné la nouvelle le vendredi 23 octobre . La mission a défini le résultat comme "historique", ainsi que comme un tournant "décisif et courageux" vers la réalisation de la paix et de la stabilité en Libye. Le Comité militaire mixte est composé de cinq représentants de l'Armée nationale libyenne (ANL) et de cinq membres du gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de Gouvernement d'accord national (GNA). C'est l'un des résultats de la conférence de Berlin du 19 janvier au cours de laquelle divers acteurs internationaux ont discuté des moyens possibles de résoudre le conflit et la crise en Libye. L'objectif principal était précisément de parvenir à un cessez-le-feu permanent et de retirer tous les combattants non libyens du pays d'Afrique du Nord. Le quatrième tour s'est terminé le 23 octobre à Genève. Le précédent round avait eu lieu les 28 et 29 septembre en Egypte.

    Pour Stephanie Williams, l'accord de cessez-le-feu signé le 23 octobre ouvre la voie à une paix globale pour le conflit libyen en cours. En plus de féliciter les deux délégations pour l'important résultat obtenu et pour le professionnalisme dont ils ont fait preuve, l'envoyé des Nations Unies, dans son discours prononcé lors de la cérémonie de clôture, a exhorté les parties concernées à respecter les obligations et engagements pris, soulignant le la nécessité de travailler le plus tôt possible pour alléger les nombreuses souffrances causées par le conflit et pour donner «une lueur d'espoir» à la population libyenne, qui attend un avenir meilleur, plus sûr et plus pacifique. «J'espère que cet accord permettra aux personnes déplacées et aux réfugiés à l'intérieur et à l'extérieur du pays de rentrer chez eux et de vivre dans la paix et la sécurité»,

    La nouvelle de l'accord a également été confirmée par le chef de la délégation du commandement général du Comité militaire mixte, Imhamed al-Amami , qui a déclaré qu'il travaillerait pour que l'accord soit respecté. «Le Comité a été en mesure de répondre aux aspirations de la population libyenne et de répandre un esprit de paix et de sécurité», a déclaré al-Amami, se félicitant de ce qui a été réalisé et remerciant la Mission de la MANUL pour ses efforts. De son côté, le chef de la délégation gouvernementale de Tripoli, Ali Abu Shahma, a appelé les officiers de l'armée libyenne à faire des efforts pour reconstruire les institutions militaires et contrer ceux qui souhaitent déstabiliser la sécurité et la stabilité en Libye. Les forces politiques ont, à leur tour, été invitées à s'unir et à s'engager à assurer la stabilité politique et militaire. "Le peuple libyen attend que le changement se concrétise et que les souffrances dans tous les territoires libyens prennent fin, en particulier dans le sud", a ajouté Shahma.

    Dès le début des entretiens le 19 octobre, Stephanie Williams a souligné l'atmosphère optimiste et productive qui a conduit à l'obtention de résultats remarquables. Parmi les accords convenus lors des réunions, il y a le retrait des forces étrangères et des mercenaires des territoires libyens dans les 90 jours, l'ouverture de voies de communication entre les différentes régions libyennes, telles que les routes Shwayrif-Sabha-Murzuq, Abu Qurayn -Jufra et Misurata-Syrte-Agedabia, la reprise du trafic aérien à Sebha, l'engagement de continuer à favoriser une désescalade sur les fronts de combat, la nécessité de mettre fin aux campagnes médiatiques d'incitation à la haine, également menées à travers les médias sociaux, l'échange de prisonniers et la «restructuration» d'une «garde pétrolière» placée aux commandes des infrastructures et des champs.

    Selon Williams, les pourparlers de Genève pourraient avoir un impact positif significatif sur les "voies" restantes en matière politique, économique et de sécurité. En outre, le cycle entrepris le 19 octobre sera suivi d'un forum politique qui se tiendra vraisemblablement en Tunisie en novembre. Son objectif sera de trouver un accord sur un cadre politique, puis de conduire à des élections nationales.

    Depuis le 21 août, date à laquelle le Premier ministre de Tripoli, Fayez al-Sarraj et le président du Parlement de Tobrouk, Aguila Saleh, ont annoncé un cessez-le-feu sur les fronts de combat, la crise libyenne est au centre d'un large mobilisation diplomatique impliquant les acteurs nationaux, régionaux et internationaux. Le but ultime est de mettre fin à la situation de grave instabilité qui caractérise la Libye depuis le 15 février 2011, date du début de la révolution et de la guerre civile.