Missile Lora (israélien)

  • Azerbaïdjan/Israël : L'Azerbaïdjan utilise des missiles LORA de fabrication israélienne pour pilonner les forces arméniennes du Haut Karabakh

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    Une vidéo partagée de la guerre entre les forces arméniennes et azéries dans la région du Haut-Karabakh montre les forces azerbaïdjanaises utilisant un missile israélien "LORA" pour bombarder un pont en Arménie.

    La vidéo montre un véhicule arménien s'approchant d'un pont du côté arménien de la zone de conflit lorsqu'un missile frappe soudainement et endommage le pont.

    LORA (LOng Range Attack) est un missile quasi-balistique de théâtre fabriqué par les industries aérospatiales israéliennes (IAI). Il peut être lancé à partir d'un navire ou par voie terrestre. Il a une portée opérationnelle de 400 km. (250 miles), il a une précision d'un rayon de dix mètres, et frappe dans les dix minutes suivant le lancement.

    L'Azerbaïdjan est un allié connu d'Israël. Il fournit à Tel'Aviv environ 40% de ses besoins en pétrole. C'est également un client de longue date de nombreuses sociétés de défense israéliennes. Bakou achète des drones, des missiles et d'autres systèmes d'armes avancés.

    En 2016, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a révélé que son pays avait signé des contrats à long terme d'une valeur de 5 milliards de dollars pour acheter des armes et des équipements de sécurité à Israël.

    Plus récemment, l'Arménie a rappelé son ambassadeur d'Israël, en signe de protestation contre la fourniture par Tel'Aviv d'armes à l'Azerbaïdjan, qu'elle utilise ensuite dans son offensive sur le Haut-Karabakh.

    L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a appelé à un cessez-le-feu humanitaire immédiat pour permettre le rapatriement des restes des militaires tombés au combat.

    Les deux parties ont catégoriquement rejeté tout cessez-le-feu, affirmant que la guerre ne se terminera pas tant que l'une des parties ne sera pas vaincue.

  • Nagorny-Karabakh : Stepanakert, la capitale de la région autonome arménienne frappée par des tirs azéris

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    Les combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais pour le Nagorny Karabakh faisaient rage vendredi, avec des frappes azerbaïdjanaises sur la principale ville de la région séparatiste, Bakou répétant sa détermination même si Erevan a entrouvert la porte d'une médiation. Parallèlement, la France a accusé la Turquie d'envenimer la situation en envoyant, selon elle, des "jihadistes" de Syrie combattre avec les Azerbaïdjanais.

    Timide ouverture de l'Arménie
    Dans un communiqué, la diplomatie arménienne a amorcé une timide ouverture, se disant prête à "s'engager avec les pays coprésidant le groupe de Minsk de l'OSCE pour rétablir un cessez-le-feu", en référence au médiateur franco-américano-russe du conflit. Après ce premier geste au sixième jour d'hostilités, Bakou a signifié que le conflit n'a qu'une issue: le retrait arménien du Nagorny Karabakh, région azerbaïdjanaise majoritairement peuplée d'Arméniens et qui a fait sécession à la chute de l'URSS. "Si l'Arménie veut voir la fin de cette escalade de la situation, (...) l'Arménie doit mettre fin à l'occupation", a déclaré à la presse Hikmet Hajiyev, conseiller de la présidence azerbaïdjanaise.

    Ces annonces interviennent au lendemain d'une déclaration commune des présidents Emmanuel Macron, Vladimir Poutine et Donald Trump appelant à la fin des hostilités.

    Stepanakert bombardée
    Vendredi, les affrontements ont continué sans relâche. La principale ville séparatiste, Stepanakert, a notamment été frappée par les forces azerbaïdjanaises, les bombardements faisant "de nombreux blessés parmi la population civile" et des dégâts matériels, selon le ministère de la Défense arménien. Des sirènes d'ambulances résonnaient vers 10H00 GMT dans la ville, où plusieurs explosions ont été entendues lors des dernières heures, selon un correspondant de l'AFP.

    Les tirs de l'artillerie azérie ont repris dans la soirée du vendredi 2 octobre, forçant les habitants à descendre à la hâte dans les sous-sols et les abris anti-bombes, rapporte RIA Novosti.
    Les objectifs pris pour cible n'ont pas été précisés et il n'y a encore aucune information sur les dommages ou des victimes.


    Des deux côtés du front, des habitants se disaient déterminés. "Il n'y a pas de peur, mais de la fierté (...) A la guerre comme à la guerre. Des négociations, c'est de la foutaise, il faut une capitulation" affirme Arkadi, 66 ans, un habitant de Stepanakert, tandis qu'une explosion se fait entendre. Dans le district de Fizouli, côté azerbaïdjanais, les enfants ont été évacués des localités proches du front, selon un photographe de l'AFP. Beaucoup d'hommes se sont portés volontaires pour combattre.

    "Nous n'avons pas peur, on n'a pas beaucoup de blessés", soutient Anvar Aliev, 55 ans, un chauffeur de taxi azerbaïdjanais, appelant à "reprendre nos terres".

    L'armée arménienne a accusé vendredi Bakou d'utiliser des "armes à sous-munitions" interdites, tandis que l'Azerbaïdjan a affirmé que des journalistes avaient essuyé des tirs d'artillerie arméniens dans un village azerbaïdjanais.

    L'armée azerbaïdjanaise a détruit un pont au Nagorno-Karabakh avec un missile de fabrication israélienne
    Le 2 octobre au matin, les militaires azerbaïdjanais ont pris pour cible un pont dans la région du Haut-Karabakh avec un missile de fabrication israélienne.
    Vidéo de la destruction du pont.

    Le pont, qui relie l'Arménie et le Haut-Karabakh près du village d'Asagi Sus, a été frappé avec ce qui semble être un missile quasi-balistique LORA. Cette frappe précise a entraîné la destruction complète du pont.

    Développé par les industries aérospatiales israéliennes, LORA est un missile de 600 mm d'une portée de 400 km. Le missile est guidé par un système de navigation inertielle assisté par GPS avec un viseur optique terminal. Le système de guidage avancé donne à LORA une erreur circulaire probable de 10 mètres seulement.

    En 2018, il a été confirmé que les forces armées azerbaïdjanaises avaient acheté un certain nombre de systèmes de missiles LORA à Israël.

    C'est probablement la première attaque de missiles balistiques depuis le début de la guerre au Nagorno-Karabakh. Le ministère de la défense azerbaïdjanais avait accusé les forces arméniennes d'avoir lancé à plusieurs reprises des missiles balistiques tactiques OTR-21 Tochka. Cependant, Erevan continue de réfuter ces accusations.

    Les forces azéries ont pilonné la centrale hydroélectrique de la capitale du Nagarno-Karabakh
    Vendredi 2 octobre, les forces azerbaïdjanaises ont attaqué une centrale hydroélectrique dans le nord de la région de Kashatagh en Arménie. Vidéo - Autre vidéo

    Ceci constitue une violation des principes du droit international coutumier, qui sont reflétés dans les articles 48 et 52 du Protocole I additionnel aux Conventions de Genève.

    L'Arménie revendique avoir abattu cinq avions azéris vendredi 2 octobre
    Le représentant du ministère arménien de la Défense, Artsrun Hovhannisyan, a déclaré que les forces du Karabakh avaient abattu vendredi cinq autres avions et trois hélicoptères de l'armée de l'air azerbaïdjanaise.

    "Cinq avions ennemis et trois hélicoptères ont été abattus par des frappes précises des unités de l'armée de défense du Karabakh vers 16 heures ", a écrit Hovhannisyan sur Facebook.

    Auparavant, le ministère de la Défense avait fait état de deux avions abattus de l'armée de l'air azerbaïdjanaise


    Vidéo de destructions subies par une positions militaire azérie

    28 combattants syriens pro-Ankara tués en Azerbaïdjan depuis le début des hostilités, selon l'OSDH
    Au moins 28 combattants syriens pro-turcs ont péri dans les combats opposant depuis environ une semaine les séparatistes arméniens à l'armée azerbaïdjanaise, soutenue par Ankara, dans la région de Nagorny Karabakh, a indiqué vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Ces combattants, qui appartiennent à des groupes rebelles fidèles à Ankara, faisaient partie des 850 envoyés par la Turquie pour prêter main fortes aux Azéris depuis la semaine dernière, a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

    Poutine "préoccupé" par les informations sur la présence de combattants étrangers
    Le président russe et le Premier ministre arménien ont exprimé vendredi au téléphone leur "sérieuse préoccupation" sur la présence supposée de combattants pro-turcs du Moyen-Orient au Nagorny Karabakh, théâtre de combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais, selon le Kremlin.

    Vladimir Poutine et Nikol Pachinian "ont exprimé leur sérieuse préoccupation concernant les informations reçues sur l'engagement de groupes armés illégaux du Moyen-Orient" dans le conflit du Nagorny Karabakh, a indiqué le Kremlin dans un communiqué au sixième jour de violents combats dans cette région séparatiste.

    "Ligne rouge" du président français
    Le président français, qui entretient déjà des relations difficiles avec son homologue Recep Tayyip Erdogan, a lui affirmé jeudi que 300 combattants "jihadistes" avaient quitté la Syrie pour rejoindre l'Azerbaïdjan en passant par la Turquie. Une "ligne rouge" selon lui. "C'est de la désinformation", a réagi le conseiller à la présidence azerbaïdjanaise, M. Hajiyev.

    La Russie avait fait état d'informations similaires, sans accuser directement Ankara, avec qui elle a une relation compliquée mais pragmatique. Vendredi, la porte-parole de la diplomatie arménienne a de nouveau affirmé que "l'armée turque combattait aux côtés de celle de l'Azerbaïdjan". Des accusations rejetées par les intéressés.

    Une intervention directe turque constituerait un tournant majeur et une internationalisation de ce conflit dans une région, le Caucase du Sud, où de multiples puissances sont en concurrence: Russie, Turquie, Iran, pays occidentaux...

    Le Nagorny Karabakh, en majorité peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, entraînant une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts. Le front est quasi-gelé depuis, malgré des heurts réguliers, notamment en 2016.

    Revendications contradictoires
    Les deux camps ont largement ignoré les multiples appels depuis dimanche de la communauté internationale à faire taire les armes. Selon Moscou, la Russie et la Turquie sont prêtes à une "coordination étroite pour stabiliser la situation" au Nagorny Karabakh. Ankara ne s'est cependant pas prononcé. La Russie entretient des relations cordiales avec les belligérants, deux anciennes républiques soviétiques, mais elle est plus proche de l'Arménie, qui appartient à une alliance militaire dominée par Moscou.

    Aucun des deux camps ne semble avoir pris l'avantage sur l'autre, chacun revendiquant des succès démentis par l'autre. Vendredi, Erevan a assuré que l'armée azerbaïdjanaise "avait échoué à percer les défenses arméniennes", tandis que Bakou disait avoir pris des positions dans le nord et forcé les Arméniens à la retraite dans le sud.

    Selon les bilans très partiels communiqués depuis dimanche, 190 personnes sont mortes: 158 soldats séparatistes, 13 civils arméniens, et 19 civils azerbaïdjanais. Bakou ne communique pas ses pertes militaires. Mais le bilan pourrait être bien plus lourd, l'Arménie affirmant que 1.280 soldats azerbaïdjanais sont morts, quand Bakou dit avoir tué 2.300 militaires adverses.

    Journalistes français
    Deux journalistes français blessés jeudi au Karabakh sont par ailleurs "en cours d'évacuation", selon la diplomatie française.