Missile balistique tactique OTR-21 Tochka

  • Nagorny Karabakh : Bombardements et combats avant une première réunion de médiation

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    Les belligérants arméniens et azerbaïdjanais au Nagorny Karabakh ne donnaient aucun signe jeudi de vouloir faire taire les armes, avant une première réunion à Genève du médiateur international pour ce conflit. Les bombardements azerbaïdjanais se sont poursuivis toute la nuit sur, Stepanakert, capitale du Haut Karabakh, selon des journalistes de l'AFP, et sur des zones habitées en Azerbaïdjan, selon les autorités locales. Les représentants du médiateur historique du conflit, les co-présidents du Groupe de Minsk de l'OSCE (Russie, Etats-Unis, France) rencontrent dans la journée à Genève le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Ceyhun Bayramov.

    Ce médiateur international tente depuis le milieu des années 1990 de trouver une solution négociée au conflit. Une première guerre entre séparatistes arméniens et forces azerbaïdjanaises, à la chute de l'URSS, avait fait 30.000 morts. "Le but de la visite est (...) de présenter la position de l'Azerbaïdjan sur le règlement du conflit", a indiqué la diplomatie azerbaïdjanaise.

    Bakou s'est dit déterminé à reconquérir par les armes le Karabakh, région séparatiste peuplée essentiellement d'Arméniens, et soutient que seul un retrait des forces indépendantistes et arméniennes pouvait mettre fin au conflit.

    Bombardements continus
    Une porte-parole de la diplomatie arménienne a dans ce contexte exclu une rencontre à Genève des ministres azerbaïdjanais et arménien, car "on ne peut pas d'une main négocier et de l'autre mener des opérations militaires", dénonçant une agression de l'Azerbaïdjan contre le Karabakh. L'Arménie ne devrait donc pas être représentée jeudi par l'un de ses hauts responsables. Le chef de la diplomatie arménienne doit par contre être reçu lundi à Moscou par son homologue russe, Sergueï Lavrov.

    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a indiqué espérer que les rencontres de Genève et Moscou puissent "aboutir à l'ouverture de négociations".

    Sur le terrain, aucune accalmie ne se dessinait, au douzième jour de combats et de bombardements dans lesquels sont pris aussi des civils des deux côtés du front. Selon les autorités séparatistes, la moitié des quelques 140.000 habitants du Nagorny Karabakh ont été déplacés par le conflit.

    Stepanakert, la capitale de la république auto-proclamée, a été de nouveau la cible de bombardements azerbaïdjanais dans la nuit de mercredi à jeudi, ont constaté des journalistes de l'AFP. Toute la nuit, les sirènes d'alertes ont résonné à intervalles réguliers, suivies de lourdes explosions faisant trembler le sol, allant généralement par trois ou quatre.

    L'Azerbaïdjan accuse les Arméniens d'avoir bombardé la localité de Barda avec le système de missiles Tochka-U
    Le ministère azerbaïdjanais de la Défense déclare que les forces armées arméniennes ont tiré sur le territoire de Barda à partir du système de missiles tactiques Tochka-U .

    "Les forces armées arméniennes ont lancé une frappe depuis le système de missiles tactiques Tochka-U sur le territoire de la région de Barda", a indiqué le service de presse du département militaire.

    Russie et Turquie
    Le type d'armes utilisées n'est pas connu avec certitude, mais les autorités locales dénoncent des frappes menées en zones urbaines par des "Smertch", meurtrières roquettes de 300 mm. Des engins non-explosés, apparemment de ce type, sont visibles en ville, alors que des habitations ont été entièrement soufflées par ces tirs, avec des cratères allant parfois jusqu'à une dizaine de mètres, signe de la puissance des bombes utilisées. Des drones survolent aussi régulièrement la ville, plutôt de jour, procédant à tirs isolés apparemment plus ciblés.

    Du côté azerbaïdjanais, on accuse également les séparatistes d'avoir "fait feu sur les zones habitées", citant les districts de Bardinsk, Agdjabedine, Goranboy, Terter et Agdam. "Il y a des morts et des blessés", selon le ministère azerbaïdjanais de la Défense.

    L'Azerbaïdjan déclare 31 civils morts au Karabakh depuis le début des hostilités
    Le nombre de civils tués pendant les hostilités au Karabakh est passé à 31, 154 ont été blessés, a rapporté le service de presse du bureau du procureur général azerbaïdjanais .
    "Depuis le 27 septembre 2020 ... 31 civils ont été tués, 154 personnes ont été blessées. De plus, 133 biens civils et 928 maisons privées ont été endommagés", a indiqué le département.

    Une église célèbre frappée dans la ville arménienne de  Chouchi
    Les forces armées azerbaïdjanaises ont frappé le temple principal de la ville de Chouchi-Kazanchetsots au Karabakh, a rapporté le Centre d'information unifié arménien fonctionnant sous le gouvernement arménien .

    "L'ennemi a frappé le symbole de Chouchi - l'église des Ghazanchetsots, qui a été restaurée après la guerre des années 90", indique la page Facebook du centre.

    L'armée azerbaïdjanaise a frappé une seconde fois l'église des Ghazanchetsots alors que des journalistes se trouvaient sur place pour constater les dégâts. Une dizaine de personnes ont été blessées, parmi lesquelles trois Russes, le commandant de l’armée russe Yuri Kotenok, observateur militaire etrédacteur en chef du portail Segodnya.ru, le journaliste Levon Arzanov, et leur accompagnateur russe d'origine arménienne, Grant Baladyan. Yuri Kotenok se trouve dans un état grave.

    La cathédrale arménienne du Christ-Sauveur Ghazanchetsots a été construite à Chouchi au 19ème siècle et restaurée dans les années 90 du 20ème siècle.

    Situation sur le front
    Sur le front lui-même, le ministère de la Défense du Karabakh a jugé la situation "stable mais tendue pendant la nuit". "Des combats ont repris (dans la matinée) dans le Nord et le Sud", poursuit-il.

    Le bilan officiel des hostilités depuis le 27 septembre est de 300 à 400 morts, dont une cinquantaine de civils. Mais il reste très partiel, Bakou n'annonçant pas ses pertes militaires et les deux camps affirmant avoir éliminé chacun des milliers de soldats ennemis.

    A l'étranger, la crainte est de voir ce conflit s'internationaliser dans une région où Russes, Turcs, Iraniens et Occidentaux ont tous leurs intérêts. D'autant qu'Ankara encourage Bakou à l'offensive et que Moscou est lié par un traité militaire à Erevan. La Turquie est déjà accusée de participer avec hommes et matériel au conflit. Vladimir Poutine, arbitre régional, a prévenu que si les hostilités devait s'étendre à l'extérieur du Karabakh en territoire arménien, Moscou tiendra ses "obligations" issues de son alliance avec Erevan.

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    Une unité azérie forcée à fuir sous les obus de mortiers arméniens

    L'artilleur arménien devenu célèbre après être apparu sur cette photo est mort au combat :
     

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    Frappes contre un centre de commandement arménien
    L'armée azérie s'empare du village de Horadiz dans le district de Fizouli :

  • Nagorny-Karabakh - Dernières informations

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    Erevan promet d'employer "tous les moyens" pour protéger le Haut-Karabakh
    L'Arménie emploiera "tous les moyens possibles" pour protéger les habitants du Haut-Karabakh des attaques conduites par l'armée azerbaïdjanaise qui, selon Bakou, progresse sur le terrain.

    Ignorant l'appel à la médiation lancé par Paris, les belligérants ont poursuivi les bombardements, usant de roquettes et de missiles pour le septième jour consécutif.

    Un bilan, dont l'authenticité n'a pu être vérifiée, fait état d'au moins 230 morts depuis la reprise des combats dans cette enclave séparatiste dont la souveraineté est revendiquée depuis les années 1990 par l'Azerbaïdjan.

    Les deux camps affirment avoir détruit des centaines de chars ennemis sans, là encore, que l'exactitude de ces déclarations puisse être établie avec certitude.

    "Aujourd'hui, l'armée azérie a hissé le drapeau de l'Azerbaïdjan à Madagiz", s'est réjoui le président azerbaïdjanais Ilham Aliev sur les réseaux sociaux, évoquant la capture d'un village peuplé par une centaine d'habitants.

    Artsrun Hovhannisian, un représentant du ministère arménien des Affaires étrangères a réagi aux déclarations de Bakou, assurant que la situation changeait fréquemment. "Dans ce genre de guerre, de telles évolutions sont naturelles. Vous prenez une position, vous la quittez une heure plus tard."

    Dans une allocution télévisée, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a déclaré à ses compatriotes que les combats étaient intenses sur l'ensemble de la ligne de front.

    "A l'heure actuelle, nous avons subi des pertes humaines significatives, qu'il s'agisse de militaires ou de civils, de grandes quantités de matériel militaire sont inutilisables, mais l'adversaire n'a pas été capable de surmonter la moindre de ses difficultés stratégiques", a-t-il dit.

    Si les forces armées arméniennes se tiennent pour l'heure à l'écart des combats qui se déroulent dans le Haut-Karabakh, Nikol Pachinian a qualifié le conflit de lutte nationale et l'a comparé à la répression ottomane qui s'est abattue au début du 20e siècle sur les Arméniens.

    Son ministère des Affaires étrangères a déclaré que l'Arménie, qui se porte garante de la sécurité au Haut-Karabakh, prendrait toutes les mesures nécessaires pour que cessent les "atrocités de masse" commises par les forces armées azerbaïdjanaises et par leur allié turc, sans plus de précisions.

    Gelé depuis des années, le conflit entre les forces azerbaïdjanaises et les séparatistes arméniens de cette enclave montagneuse située en territoire azerbaïdjanais mais à la population majoritairement arménienne a repris dimanche dernier, à un niveau d'intensité sans égal depuis la guerre meurtrière qui avait suivi l'effondrement de l'Union soviétique, en 1991.

    Emmanuel Macron s'est entretenu vendredi avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev au sujet de la situation dans la région séparatiste du Haut-Karabakh et il leur a proposé de reprendre les négociations, rapporte l'Elysée.

    L'initiative est restée lettre morte, la Turquie ayant même rejeté une demande "superficielle". Ankara, a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan, se tient du côté des peuples opprimés, de la Syrie à la Libye, de la Méditerranée au Caucase".

    La Syrie dénonce l'ingérence turque au Nagorny-Karabakh
    Dans un communiqué samedi, le ministère syrien des Affaires étrangères a mis en garde contre "la flagrante ingérence turque" dans ce conflit.

    Ankara "a pour objectif d'attiser la situation, une attitude qui est constante chez le régime turc dans plusieurs pays, où il a créé des tensions et alimenté le feu de la sédition", indique le ministère dans un communiqué diffusé par l'agence officielle syrienne Sana.

    De nouvelles frappes visent Stepanakert, capitale du Karabakh
    Des nouvelles frappes, suivies d'explosions ont secoué dimanche la principale ville de la région indépendantiste du Karabakh, en proie à un conflit entre séparatistes arméniens et forces azerbaïdjanaises, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les sirènes d'alertes ont retenti vers 09h30 (05h30 GMT) dans la ville, juste avant que les explosions ne se multiplient. Le ministère des Affaires étrangères de la république auto-proclamée, a indiqué qu'il s'agissait de "tirs de roquettes", selon l'agence russe Interfax.

    Ces derniers jours, la ville a essuyé de nombreux bombardements de ce type, forçant la population à se terrer dans les caves et les abris. Depuis la nuit de samedi à dimanche, Stepanakert est privée d'électricité.

    Selon le ministère locales des Affaires étrangères, les forces azerbaïdjanaises ont "visé le bâtiment du réseau électrique" la nuit passée. Dans le centre-ville, les destructions restaient cependant limitées, a constaté une équipe de l'AFP avant que les frappes ne reprennent dimanche matin.




    Quatre civils ont été tués et 10 autres blessés à lors des bombardements azéris des villes de Stepanakert et Chouchi.

    De son côté, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a affirmé que les "forces arméniennes tirent des roquettes sur les villes de Terter (Tadar) et Horadiz, dans la région de Fizouli depuis Khankendy", le nom azerbaïdjanais de Stepanakert. "L'armée azerbaïdjanaise a pris les mesures de rétorsions adéquate contre l'ennemi", a-t-il indiqué.

    L'Arménie affirme avoir bombardé la base aérienne de Ganja abritant des F-16 turcs

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    Samedi 3 octobre, l'armée arménienne a attaqué la base aérienne militaire azerbaïdjanaise qui accueille des chasseurs F-16 turcs.

    Il s'agit de la plus grande base aérienne azerbaïdjanaise, selon les médias arméniens.

    le ministère de la défense d'Azerbaïdjan a publié des images uniques de la frappe de certains objectifs près de la localité azerbaïdjanaise de Sabirk.

    L'une des plus grandes bases aériennes de l'armée de l'air azerbaïdjanaise, située à quelques kilomètres seulement de la localité de Sabirk, a été touchée. Selon des rapports antérieurs, c'est sur cette base aérienne que se trouvaient les chasseurs F-16 turcs.

    Selon le ministère de la défense de l'Azerbaïdjan, au moins 10 missiles tactiques "Tochka-U" ont été tirés sur le territoire du village de Sabirk, mais il ne confirme pas que la cible était une base militaire.

    La localité de Sabirk ne présente aucun intérêt pour les forces militaires de l'Arménie et de la République du Haut-Karabakh. Par contre, la destruction de la base aérienne peut devenir un problème très sérieux pour Bakou, surtout si des chasseurs F-16 turcs y sont effectivement basés, comme cela a été précédemment signalé.

    L'ennemi bombarde la colonie de Sabirk de la région de Shamkir depuis le territoire de l'Arménie et le village de Guzanli de la région d'Aghdam depuis les territoires occupés (Haut Karabakh), rapporte le ministère de la défense de l'Azerbaïdjan.

    Les forces arméniennes sont très inférieures en puissance à l'armée de l'air azerbaïdjanaise, et l'Arménie pourrait donc réellement essayer de cibler les bases aériennes azéries. Selon des sources, les chasseurs intercepteurs MiG-25 sont situés sur la base aérienne de Dallar.

    Le secrétaire de presse du président de l'Artsakh (Haut Karabakh), Vahram Poghosyan, affirme que l'aéroport de Ganja a été détruit. L'aéroport de Ganja est pourtant différent de la base aérienne de Sabirk

    Ganja est l'aéroport qui dessert la deuxième plus grande ville d'Azerbaïdjan, il est également utilisé par les forces aériennes et de défense aérienne azerbaïdjanaises et était auparavant utilisé par l'armée de l'air soviétique.

    Il est également utilisé par la Silk Way Airlines, qui est bien connue pour ses livraisons d'armes.

    L'aéroport de Ganja est intacte
    L'aéroport de la ville azerbaïdjanaise de Ganja, dont la destruction a été annoncée par les autorités de la République du Haut-Karabakh, n'a pas été endommagé par les bombardements. Le bâtiment de l'aéroport est intact, ainsi que les pistes où sont stationnés des avions civils ne fonctionnent plus en raison de l'épidémie de coronavirus depuis mars de cette année.

    Cela a été rapporté le dimanche 4 octobre par le correspondant du site Web de la chaîne de télévision Dozhd.

    Le directeur de l'aéroport, Bayler Najafov, a déclaré qu'il se trouvait à l'aéroport depuis 7 heures du matin et qu'il avait entendu des explosions dans la ville, mais selon lui, l'aéroport n'a pas été touché. Plusieurs obus ont touché des immeubles résidentiels à Ganja.

    Plus tôt dans la journée, le bureau du procureur général d'Azerbaïdjan a signalé qu'une personne avait été tuée, 32 avaient été blessées à la suite des bombardements de la ville, et l'attaché de presse du président de la république non reconnue, Vahram Poghosyan, a informé le public de la reprise du bombardement de Stepanakert.

    Le président Arayik Harutyunyan a averti que si les bombardements ne s'arrêtaient pas. Les forces arméniennes du Haut Karabakh continueront de tirer sur Ganja, où se trouve la base aérienne militaire. Selon le ministère arménien de la Défense, des chasseurs turcs F-16 ont décollé de cet aérodrome pour des frappes aériennes sur le Haut Karabakh.

    Destructions dans la localité azérie de Ganja :

    Au moins 64 combattants syriens proturcs morts
    Au moins 64 combattants syriens proturcs ont été tués au Nagorny Karabakh depuis le début des affrontements entre Azerbaïdjanais et Arméniens dans ce territoire séparatiste, a indiqué samedi une ONG.

    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 1.200 Syriens qui avaient combattu contre le régime de Bachar el-Assad ont été envoyés par la Turquie se battre aux côtés des forces azerbaïdjanaises contre les séparatistes soutenus par Erevan. L'ONG avait fait état auparavant d'un chiffre de 850 combattants, envoyés depuis une semaine. Au moins 36 de ces rebelles syriens ont péri durant les dernières 48h, a ajouté l'OSDH, portant le bilan à 64 morts.

    Depuis le début des hostilités, l'Arménie accuse la Turquie d'envoyer des "mercenaires" syriens au Nagorny Karabakh. Celle-ci n'a pas commenté officiellement ces allégations.

    En direct du front (côté arménien) :
    Vidéo arménienne des armement récupérés ou laissés sur le terrain par l'armée azerbaïdjanaise:


    L'infanterie azérie sous les tirs arméniens dans les gorges de Mataghis


    Vidéo côté azéri
    Avec l'armée azerbaïdjanaise à l'intérieur du Haut Karabakh

  • Nagorny-Karabakh : Stepanakert, la capitale de la région autonome arménienne frappée par des tirs azéris

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    Les combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais pour le Nagorny Karabakh faisaient rage vendredi, avec des frappes azerbaïdjanaises sur la principale ville de la région séparatiste, Bakou répétant sa détermination même si Erevan a entrouvert la porte d'une médiation. Parallèlement, la France a accusé la Turquie d'envenimer la situation en envoyant, selon elle, des "jihadistes" de Syrie combattre avec les Azerbaïdjanais.

    Timide ouverture de l'Arménie
    Dans un communiqué, la diplomatie arménienne a amorcé une timide ouverture, se disant prête à "s'engager avec les pays coprésidant le groupe de Minsk de l'OSCE pour rétablir un cessez-le-feu", en référence au médiateur franco-américano-russe du conflit. Après ce premier geste au sixième jour d'hostilités, Bakou a signifié que le conflit n'a qu'une issue: le retrait arménien du Nagorny Karabakh, région azerbaïdjanaise majoritairement peuplée d'Arméniens et qui a fait sécession à la chute de l'URSS. "Si l'Arménie veut voir la fin de cette escalade de la situation, (...) l'Arménie doit mettre fin à l'occupation", a déclaré à la presse Hikmet Hajiyev, conseiller de la présidence azerbaïdjanaise.

    Ces annonces interviennent au lendemain d'une déclaration commune des présidents Emmanuel Macron, Vladimir Poutine et Donald Trump appelant à la fin des hostilités.

    Stepanakert bombardée
    Vendredi, les affrontements ont continué sans relâche. La principale ville séparatiste, Stepanakert, a notamment été frappée par les forces azerbaïdjanaises, les bombardements faisant "de nombreux blessés parmi la population civile" et des dégâts matériels, selon le ministère de la Défense arménien. Des sirènes d'ambulances résonnaient vers 10H00 GMT dans la ville, où plusieurs explosions ont été entendues lors des dernières heures, selon un correspondant de l'AFP.

    Les tirs de l'artillerie azérie ont repris dans la soirée du vendredi 2 octobre, forçant les habitants à descendre à la hâte dans les sous-sols et les abris anti-bombes, rapporte RIA Novosti.
    Les objectifs pris pour cible n'ont pas été précisés et il n'y a encore aucune information sur les dommages ou des victimes.


    Des deux côtés du front, des habitants se disaient déterminés. "Il n'y a pas de peur, mais de la fierté (...) A la guerre comme à la guerre. Des négociations, c'est de la foutaise, il faut une capitulation" affirme Arkadi, 66 ans, un habitant de Stepanakert, tandis qu'une explosion se fait entendre. Dans le district de Fizouli, côté azerbaïdjanais, les enfants ont été évacués des localités proches du front, selon un photographe de l'AFP. Beaucoup d'hommes se sont portés volontaires pour combattre.

    "Nous n'avons pas peur, on n'a pas beaucoup de blessés", soutient Anvar Aliev, 55 ans, un chauffeur de taxi azerbaïdjanais, appelant à "reprendre nos terres".

    L'armée arménienne a accusé vendredi Bakou d'utiliser des "armes à sous-munitions" interdites, tandis que l'Azerbaïdjan a affirmé que des journalistes avaient essuyé des tirs d'artillerie arméniens dans un village azerbaïdjanais.

    L'armée azerbaïdjanaise a détruit un pont au Nagorno-Karabakh avec un missile de fabrication israélienne
    Le 2 octobre au matin, les militaires azerbaïdjanais ont pris pour cible un pont dans la région du Haut-Karabakh avec un missile de fabrication israélienne.
    Vidéo de la destruction du pont.

    Le pont, qui relie l'Arménie et le Haut-Karabakh près du village d'Asagi Sus, a été frappé avec ce qui semble être un missile quasi-balistique LORA. Cette frappe précise a entraîné la destruction complète du pont.

    Développé par les industries aérospatiales israéliennes, LORA est un missile de 600 mm d'une portée de 400 km. Le missile est guidé par un système de navigation inertielle assisté par GPS avec un viseur optique terminal. Le système de guidage avancé donne à LORA une erreur circulaire probable de 10 mètres seulement.

    En 2018, il a été confirmé que les forces armées azerbaïdjanaises avaient acheté un certain nombre de systèmes de missiles LORA à Israël.

    C'est probablement la première attaque de missiles balistiques depuis le début de la guerre au Nagorno-Karabakh. Le ministère de la défense azerbaïdjanais avait accusé les forces arméniennes d'avoir lancé à plusieurs reprises des missiles balistiques tactiques OTR-21 Tochka. Cependant, Erevan continue de réfuter ces accusations.

    Les forces azéries ont pilonné la centrale hydroélectrique de la capitale du Nagarno-Karabakh
    Vendredi 2 octobre, les forces azerbaïdjanaises ont attaqué une centrale hydroélectrique dans le nord de la région de Kashatagh en Arménie. Vidéo - Autre vidéo

    Ceci constitue une violation des principes du droit international coutumier, qui sont reflétés dans les articles 48 et 52 du Protocole I additionnel aux Conventions de Genève.

    L'Arménie revendique avoir abattu cinq avions azéris vendredi 2 octobre
    Le représentant du ministère arménien de la Défense, Artsrun Hovhannisyan, a déclaré que les forces du Karabakh avaient abattu vendredi cinq autres avions et trois hélicoptères de l'armée de l'air azerbaïdjanaise.

    "Cinq avions ennemis et trois hélicoptères ont été abattus par des frappes précises des unités de l'armée de défense du Karabakh vers 16 heures ", a écrit Hovhannisyan sur Facebook.

    Auparavant, le ministère de la Défense avait fait état de deux avions abattus de l'armée de l'air azerbaïdjanaise


    Vidéo de destructions subies par une positions militaire azérie

    28 combattants syriens pro-Ankara tués en Azerbaïdjan depuis le début des hostilités, selon l'OSDH
    Au moins 28 combattants syriens pro-turcs ont péri dans les combats opposant depuis environ une semaine les séparatistes arméniens à l'armée azerbaïdjanaise, soutenue par Ankara, dans la région de Nagorny Karabakh, a indiqué vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Ces combattants, qui appartiennent à des groupes rebelles fidèles à Ankara, faisaient partie des 850 envoyés par la Turquie pour prêter main fortes aux Azéris depuis la semaine dernière, a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

    Poutine "préoccupé" par les informations sur la présence de combattants étrangers
    Le président russe et le Premier ministre arménien ont exprimé vendredi au téléphone leur "sérieuse préoccupation" sur la présence supposée de combattants pro-turcs du Moyen-Orient au Nagorny Karabakh, théâtre de combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais, selon le Kremlin.

    Vladimir Poutine et Nikol Pachinian "ont exprimé leur sérieuse préoccupation concernant les informations reçues sur l'engagement de groupes armés illégaux du Moyen-Orient" dans le conflit du Nagorny Karabakh, a indiqué le Kremlin dans un communiqué au sixième jour de violents combats dans cette région séparatiste.

    "Ligne rouge" du président français
    Le président français, qui entretient déjà des relations difficiles avec son homologue Recep Tayyip Erdogan, a lui affirmé jeudi que 300 combattants "jihadistes" avaient quitté la Syrie pour rejoindre l'Azerbaïdjan en passant par la Turquie. Une "ligne rouge" selon lui. "C'est de la désinformation", a réagi le conseiller à la présidence azerbaïdjanaise, M. Hajiyev.

    La Russie avait fait état d'informations similaires, sans accuser directement Ankara, avec qui elle a une relation compliquée mais pragmatique. Vendredi, la porte-parole de la diplomatie arménienne a de nouveau affirmé que "l'armée turque combattait aux côtés de celle de l'Azerbaïdjan". Des accusations rejetées par les intéressés.

    Une intervention directe turque constituerait un tournant majeur et une internationalisation de ce conflit dans une région, le Caucase du Sud, où de multiples puissances sont en concurrence: Russie, Turquie, Iran, pays occidentaux...

    Le Nagorny Karabakh, en majorité peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, entraînant une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts. Le front est quasi-gelé depuis, malgré des heurts réguliers, notamment en 2016.

    Revendications contradictoires
    Les deux camps ont largement ignoré les multiples appels depuis dimanche de la communauté internationale à faire taire les armes. Selon Moscou, la Russie et la Turquie sont prêtes à une "coordination étroite pour stabiliser la situation" au Nagorny Karabakh. Ankara ne s'est cependant pas prononcé. La Russie entretient des relations cordiales avec les belligérants, deux anciennes républiques soviétiques, mais elle est plus proche de l'Arménie, qui appartient à une alliance militaire dominée par Moscou.

    Aucun des deux camps ne semble avoir pris l'avantage sur l'autre, chacun revendiquant des succès démentis par l'autre. Vendredi, Erevan a assuré que l'armée azerbaïdjanaise "avait échoué à percer les défenses arméniennes", tandis que Bakou disait avoir pris des positions dans le nord et forcé les Arméniens à la retraite dans le sud.

    Selon les bilans très partiels communiqués depuis dimanche, 190 personnes sont mortes: 158 soldats séparatistes, 13 civils arméniens, et 19 civils azerbaïdjanais. Bakou ne communique pas ses pertes militaires. Mais le bilan pourrait être bien plus lourd, l'Arménie affirmant que 1.280 soldats azerbaïdjanais sont morts, quand Bakou dit avoir tué 2.300 militaires adverses.

    Journalistes français
    Deux journalistes français blessés jeudi au Karabakh sont par ailleurs "en cours d'évacuation", selon la diplomatie française.