Minusma

  • Mali : Les autorités maliennes refusent le survol d'un avion militaire allemand

    Imprimer

    Le Mali a refusé, dans la soirée du mercredi 19 janvier 2022, le survol d'un avion de transport de la Bundeswehr avec 75 soldats à destination de Niamey. Le contingent allemand devait ensuite rejoindre la base de Gao. 

    L'avion A400M (reg.54+12) en provenance d'Istres a dû faire demi-tour et être détourné vers Grande Canarie. A noter que, selon des rapports initiaux, le vol avait été approuvé à l'avance par les autorités locales. 

    Comme le note le journaliste Wassim Nasr, les pourparlers avec la MINSUMA n'ayant pas abouti, tous les vols onusiens sont cloués au sol depuis vendredi. Hors transferts médicaux.

    Comme le note Sethim, l'avion militaire allemand pouvait bien survoler le territoire malien et atterrir au Mali. Seulement il n’avait pas le droit de traverser la frontière aérienne/terrestre Mali-Niger à cause de l’embargo imposé au Mali par la CEDEAO et Soutenue par l’Union Européenne donc l’Allemagne.

    Par ailleurs,  le meilleur itinéraire pour cet avion se rendant au Niger était de passer par l’Algerie. L’Algérie a-t-elle refusé elle aussi le survol de l'avion militaire allemand ? Dans la négative, le fait de vouloir survoler le Mali pourrait être considéré comme de la provocation vis-à-vis du Mali.

    On sait que l'Allemagne, la Suède et l'Union Européenne s'interrogent sur la poursuite de leur engagement militaire au Mali, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamique.

    Cela fera bientôt neuf ans que l'Allemagne est engagée sur le terrain malien. Le 27 juin 2013, c'est-à-dire au début de la MINUSMA, le Bundestag avait approuvé la participation de l'armée allemande. . Les députés allemands ont renouvelé le mandat de leur armée chaque année. Le mandat actuel s’achève le 31 mai 2022. 

    Les Allemands n'envisagent pas encore un retrait total mais plutôt un déploiement moins important. Le contingent de 1 100 soldats allemands, pour la plupart basés à Gao au Mali, pourrait être revu à la baisse. Sa mission essentielle de formation des militaires maliens fait encore sens, selon Paris, qui veut essayer de convaincre son partenaire allemand qu’il est encore pertinent de rester.

    De son côté, le gouvernement suédois a annoncé le 14 janvier 2022 sa volonté de mettre fin à sa participation à la force antiterroriste Takuba en action au Mali.  La Suède a envoyé en février 2020 une force de 150 hommes, avec des hélicoptères. Une centaine de militaires danois viennent d’arriver au Mali, pour les remplacer.

    La Suède avait la possibilité d’envoyer 100 hommes supplémentaires, option qui n’a pas été utilisée. Et surtout, elle a décidé de ne pas renouveler ce mandat. C’est un coup dur car Stockholm était de loin le plus grand contributeur de la force Takuba derrière la France.

    Pourquoi ce départ suédois ? La Suède renonce à soutenir la junte militaire au pouvoir à Bamako, qui repousse sans cesse les élections. Mais dans la presse suédoise on a surtout l’impression que c’est la présence des mercenaires russes du groupe Wagner qui a emportée la décision. La Suède est en ce moment dans une phase de tension avec la Russie, qui ne veut pas que le royaume nordique rejoigne l’Otan. Alors un accrochage entre Russes et Suédois, au Mali, ce serait le scénario-catastrophe pour Stockholm. D’ailleurs le désengagement suédois pourrait ne pas s’arrêter là. Le pays s’interroge aussi sur sa participation à la MINUSMA, où il compte 220 autres soldats.

  • Le Mali demande la révision des accords de défense avec la France

    Imprimer

    Le Mali a officiellement demandé à la France la révision des accords de défense qui lient les deux pays, a annoncé, dimanche 16 janvier, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à la chaîne d'information France 24.

    Cette demande effectuée fin décembre 2021, qui n’a jusqu’ici pas suscité de réaction officielle côté français, s’inscrit dans un contexte de tensions militaires et politiques accrues entre Bamako et Paris, précise le média français.

    En effet, depuis plusieurs jours, le survol du Mali par des appareils militaires entrant ou sortant de son espace aérien (en provenance des États ouest-africains ou s'y rendant) est remis en question par le gouvernement malien, notamment les vols de la Minusma (Mission onusienne au Mali) et de la France, souligne la même source.

    Ce lundi, les vols réguliers des aéronefs de l'ONU au Mali ont été "suspendus temporairement" dans l'attente de résultats de discussions avec les autorités maliennes sur de nouvelles procédures, note le média français.

    Revenant sur les accords de défense liant la France et le Mali, le média précise que ces derniers "ont été signés à la suite du déclenchement de l’opération militaire française Serval, le 11 janvier 2013. Alors que des groupes terroristes venus du nord descendaient vers la capitale Bamako, le gouvernement malien avait fait appel à la France, qui a déployé en urgence quelque 4 000 soldats".

    "Le partenariat sécuritaire entre la France et le Mali était jusqu’alors défini par un accord de coopération technique, signé en 1985, qui prévoyait la possibilité d’envoyer des soldats français pour des missions de formation ou dans le cadre d'opérations, encadrées par le commandement de l’armée malienne", rappelle France 24 ajoutant que le nouveau pacte sécuritaire, signé par échange de lettres en mars 2013, confère un statut juridique aux forces françaises pour faciliter leur intervention sur le sol malien.

    L’accord de 2013 prévoit de "concourir à une paix et une sécurité durables (…), notamment par la sécurisation des espaces frontaliers et la lutte contre le terrorisme". Il permet également l’accès au territoire malien, "y compris ses eaux territoriales et son espace aérien", avec le consentement préalable de l’État, précise la même source.

    Prévu pour une durée de cinq ans, ce traité est reconduit de manière tacite. Il est néanmoins précisé que "les Parties peuvent, à tout moment et d’un commun accord, amender par écrit le présent traité", comme le demande aujourd’hui le gouvernement malien, précise la chaîne française.

    Dans un entretien diffusé dimanche 16 janvier à la télévision malienne, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a ouvertement critiqué ce traité : "Nous voulons relire les accords déséquilibrés qui font de nous un État qui ne peut même pas survoler son territoire sans l’accord de la France."

    Depuis plusieurs mois, les autorités maliennes accusent Paris d’ingérence dans les affaires du pays, alors qu’à Bamako, des dizaines de milliers de Maliens ont répondu vendredi à l’appel de la junte à dénoncer les sanctions drastiques de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), rappelle le média.

    Le 12 janvier, Bamako avait dénoncé une "violation" de son espace aérien par un avion militaire français ayant effectué la liaison entre Abidjan et Bamako, fustigeant une "manœuvre frauduleuse". L’armée française a pour sa part affirmé n’avoir reçu aucune information quant à d'éventuelles restrictions de vols et fait valoir les accords de défense liant les deux pays.

  • Mali : Déploiement de 1000 soldats tchadiens supplémentaires dans le cadre de la mission onusienne, Minusma

    Imprimer

    Le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a annoncé avoir donné son accord pour le déploiement de 1 000 soldats tchadiens supplémentaires pour le renforcement du contingent du Tchad, dans le Nord du Mali, a rapporté l'agence malienne de presse (AMAP), samedi 18 décembre 2021.

    Selon la même source, dans un communiqué, le département en charge des Affaires étrangères précise que ce "déploiement entre dans un cadre bilatéral et à la demande du Gouvernement de la République du Tchad".

    Selon les autorités maliennes, l'accord intervient dans un contexte de reconfiguration de la Force Barkhane, en vue de faire face aux menaces et protéger ses troupes déployées dans la zone.

    Le communiqué souligne que ce déploiement de troupes tchadiennes, qui a été notifié aux Nations Unies, intervient "dans l’esprit des excellentes relations entre nos deux pays, au regard des sacrifices consentis par ce pays frère pour le Mali, et dans le cadre de la recherche de solutions aux défis sécuritaires" du Mali.

    Depuis 2012, la situation sécuritaire du Mali est marquée par la récurrence des attaques attribuées aux groupes armés terroristes.

    Une situation qui est consécutive à une insurrection sécessionniste au nord du pays et le coup d’Etat qui lui succéda dans la même année.

    Malgré la signature de deux accords de paix entre les différents protagonistes, à Ouagadougou en juin 2013 et à Alger en juin 2015 et la présence de troupes étrangères notamment françaises, la situation reste préoccupante, selon les observateurs.

    En juin dernier, la France a décidé de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit) et en prévoyant de réduire ses effectifs dans la région, d'ici à 2023, à 2 500 - 3 000 hommes, contre plus de 5 000 aujourd'hui.

  • Mali : Les États-Unis "alarmés" par un probable déploiement du groupe russe Wagner au Mali

    Imprimer

    Les États-Unis d'Amérique se disent ''alarmés'' par un déploiement potentiel des forces du groupe de sécurité russe Wagner soutenues par la Russie au Mali, dans un communiqué publié, mercredi 15 décembre 2021, par le département d’État américain.

    « Nous sommes alarmés par un déploiement potentiel des forces du groupe Wagner soutenues par la Russie au Mali », indique le communiqué. Et d'ajouter : « Nous comprenons que l’accord annoncé qui coûte 10 millions de dollars par mois détourne de l’argent qui pourrait être utilisé pour soutenir les forces armées maliennes et les services publics pour payer le déploiement des forces du groupe Wagner d’Evgueni Prigojine​​​​​​​ au Mali ».

    Le document explique, en outre, que « les forces de Wagner qui sont connues pour leurs activités déstabilisatrices et leurs violations des droits humains n’apporteront pas la paix au Mali, mais déstabiliseront davantage le pays ».

    « Evgueni Prigojine est sanctionné par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne dans le cadre de ses relations avec le ministère de la Défense de la Fédération de Russie et de ses efforts pour renverser les processus démocratiques américains » note, encore, le département d'Etat.

    Et de souligner que le groupe Wagner, sanctionné par les États-Unis, a été impliqué dans des abus et des actions qui menacent la paix, la sécurité, la stabilité, la souveraineté et l'intégrité territoriale de la République Centrafricaine (RCA).

    La même source rapporte qu'« en République centrafricaine, des éléments de Wagner ont procédé à des exécutions extrajudiciaires de membres de communautés peules à majorité musulmane » avant d'ajouter que '' les pays qui connaissent des déploiements du groupe Wagner à l'intérieur de leurs frontières se retrouvent bientôt plus pauvres, plus faibles et moins sûrs en donnant comme exemple la Libye, la RCA, l'Ukraine et la Syrie''.

    « Dans ces endroits, les forces de Wagner ont attisé les conflits et accru l'insécurité et l'instabilité, causant la mort de soldats et de civils locaux et sapant la souveraineté nationale tout en épuisant le trésor national et en détournant des ressources essentielles qui auraient pu être utilisées pour renforcer les capacités des forces armées », affirme-t-on.

    « Nous exhortons le gouvernement de transition au Mali à ne pas détourner les maigres ressources budgétaires de la lutte des Forces armées maliennes contre le terrorisme. La richesse du pays, y compris les concessions minières, devrait profiter au peuple malien et ne pas être hypothéquée par des forces étrangères irresponsables qui abusent des populations locales et sapent le contrôle des pays hôtes sur leur propre territoire », note le communiqué.

    Par ailleurs, les États-Unis déplorent que le gouvernement de transition malien ait refusé d'accepter plus de 2 000 soldats et policiers supplémentaires de la MINUSMA, et retardé les efforts des partenaires internationaux pour déployer des troupes et des entraîneurs supplémentaires et pour renforcer les opérations de sécurité.
    ''Nous appelons le gouvernement de transition à prendre des mesures pour faciliter les efforts d'assistance à la sécurité visant à protéger et à autonomiser le peuple malien'', conclut le communiqué.

  • Mali : 7 Casques bleus togolais tués dans une nouvelle explosion dans le centre

    Imprimer

    Au moins 7 Casques Bleus togolais ont trouvé la mort et 3 autres ont été blessés, mercredi 8 décembre 2021, dans l'explosion ayant visé un convoi logistique de la force de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) allant de Douentza, à Sévaré, au centre du pays, a indiqué la mission onusienne dans un tweet.
    « Ce mercredi 8 décembre dans la matinée, un convoi logistique de la Force MINUSMA allant de Douentza à Sévaré a heurté un engin explosif improvisé (IED) sur la RN16 dans la région de Bandiagara», a annoncé la MINUSMA sur sa page officielle.

    FGHrnqUWUAAVRQK.jpeg

    FGHroUuXEAQMKk-.jpeg

    FGHrml2WUAgh4LS.jpeg

    « Un premier bilan fait état de 7 Casques bleus décédés et 3 grièvement blessés », explique la même source.

    Le secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a précisé par la suite, dans un tweet, qu'il s'agissait de 7 Casques Bleus togolais.
    FGHleNiXIAg9bdw.jpeg

    Mardi, la mission onusienne a annoncé la mort d'un Casque bleu de la MINUSMA des suites de ses blessures, lundi 6 décembre, à Dakar, au Sénégal.

    Selon le document le soldat avait été grièvement blessé le 22 novembre dernier après que le véhicule dans lequel il se trouvait, dans le cadre d'un convoi logistique se rendant de Tessalit à Kidal. Le véhicule à bord duquel il se trouvait avait heurté un engin explosif improvisé, à environ 11 km du camp de la MINUSMA à Tessalit.

    ''Il avait alors été évacué à Dakar avec deux autres Casques bleus pour y recevoir des soins appropriés'' a indiqué la même source.

    Les embuscades et les attaques aux engins explosifs improvisés sont fréquentes, notamment dans le centre du Mali et la région des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
    FF7SGNQWYAkntA0.png

  • Mali : la Minusma visée par des tirs de roquettes dans plusieurs localités du nord

    Imprimer

    Plusieurs camps de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA), situés à Gao, Ansongo, Menaka et Kidal au nord du Mali, ont été visés par des tirs de roquettes, sans faire des victimes, a annoné la MINUSMA sur les réseaux sociaux.

    Dans un tweet, la mission onusienne a déclaré, lundi 6 décembre 2021, avoir a été victime des tirs indirects de roquettes ou de mortiers à Ménaka au nord du Mali.

    « Ce matin 6 décembre courant vers 6 heures, le camp partagé de la MINUSMA de Ménaka a été la cible de tirs indirects (roquettes ou mortier) sans faire de victime ni de dégâts matériels », a indiqué la MINUSMA.

    En outre, elle a affirmé qu'une attaque aux mortiers a visé, dimanche 5 décembre aux environs de 5H45 GMT, le camp de la MINUSMA à Gao. Il y a eu quatre impacts sur le camp de Gao, occasionnant uniquement des dégâts matériels, selon l'armée française. Les explosions ont fait vibrer les baraquements et poussé les militaires à se réfugier dans des abris pendant deux heures. . Le camp d'Ansongo a aussi été victime des mortiers, sans faire de victimes.

    Cependant, la mission onusienne indique que deux Casques bleus ont été blessés par un engin explosif improvisé samedi à Tassiga dans le cercle d'Ansongo dans la région de Gao.

    Dans la même journée du samedi 4 décembre, le camp des Casques bleus à Kidal a été la cible d'une attaque aux mortiers aux environs de 13 heures, a annoncé la même source.

    Le Chef de la MINUSMA, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, El-Ghassim Wane, a condamné avec la plus grande fermeté ces actions ''lâches'' qui entravent la paix au Mali.

    Il a, en outre, rassuré que la mission onusienne reste déterminée à œuvrer pour la paix aux côtés des Maliens.

    Lien permanent Catégories : Ansongo, Gao, Kidal, Menaka, Minusma 0 commentaire
  • Mali : La Belgique envisage le déploiement de 255 militaires au Mali en 2022

    Imprimer

    La Belgique a décidé de renforcer sa présence militaire au Mali, avec un déploiement de 255 militaires en 2022, a annoncé, jeudi 18 novembre 2021, le commandant Van Belleghem, conseiller militaire de la ministre belge de la Défense.

    Le ministère belge de la Défense envisage l'envoi d'un "Combined Arms Tactical Sub-Group" (CATSG, un sous-groupement tactique interarmes) qui sera déployé de manière graduelle et évolutive a indiqué le conseiller militaire cité par le site « ouest-france».

    Les effectifs évolueront de 165 à 255 militaires en 2022, entre le milieu et la fin de l'année, en fonction de la situation politique et sécuritaire sur place, a-t-il ajouté.

    Selon la même source, ce CATSG, une unité conventionnelle équipée de blindés à roues, s'intègrera au sein de la Task Force Takuba, une opération des forces de l'Union européenne.

    ''L'analyse détaillée de cet engagement opérationnel inédit pour l'armée belge est encore en cours au sein de l'état-major de la Défense'' a-t-il ajouté.

    Van Belleghem a en outre précisé, que l'armée maintiendra sa participation à des niveaux différents dans plusieurs pays de la région du Sahel et alentours notamment au Mali, au sein des missions de l'ONU (la MINUSMA, avec sans doute un des nouveaux avions de transport Airbus A400M pour trois mois) et au sein de la mission de l'Union européenne chargée de la formation des Forces armées maliennes (l'EUTM-Mali).