Milice Nawasi (pro GNA)

  • Libye : Affrontements entre groupes armés à Tripoli

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    De violents affrontements entre groupes armés ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi dans la capitale libyenne Tripoli, sur fond de crise politique majeure dans ce pays plongé dans le chaos depuis plus d'une décennie.

    Des échanges de tirs nourris et des déflagrations ont retenti dans plusieurs quartiers de Tripoli, a constaté un journaliste de l'AFP, alors que des images diffusées par la presse locale montraient des civils en panique prises au milieu des tirs dans une zone très fréquentée de la capitale.

    Les affrontements armés ont eu lieu dans le quartier du souq Al-Tulath, fréquenté par de nombreux acheteurs, vendredi, qui est considéré comme un jour férié hebdomadaire en Libye.  Les combats, d'une grande intensité, ont opposé deux influentes milices de l'Ouest libyen, selon des médias locaux. Il s'agit de la milice "Organisation de soutien à la stabilité" d'un côté et la brigade al-Nawasi, de l'autre. Vidéo.

    Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat et on ignore le motif de ces affrontements, qui demeurent symptomatiques du chaos auquel la Libye est en proie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, mais aussi des tensions en cours entre groupes armés de la Tripolitaine.

    Ils surviennent environ trois semaines après la tentative avortée d'un Premier ministre rival, Fathi Bachagha, soutenu par le Parlement libyen et par l'homme fort de l'Est Khalifa Haftar, de s'emparer du pouvoir à Tripoli, siège du gouvernement intérimaire dirigé par Abdelhamid Dbeibah. Ce coup de force manqué avait déjà été accompagné de plusieurs heures de combats en plein cœur de la capitale. M. Bachagha avait été investi par le Parlement basé dans l'Est en mars mais fait face au refus de l'exécutif en place de céder le pouvoir avant la tenue d'élections.

    Mis sur pied début 2020 sous l'égide de l'ONU, le gouvernement de M. Dbeibah avait pour principale mission d'unifier les institutions divisées dans l'Est et l'Ouest et d'organiser des élections présidentielle et législatives en décembre 2021. Le double scrutin, pourtant crucial pour l'avenir du pays, avait été reporté sine die, sur fond de divergences persistantes sur sa base juridique, et aucun accord ne semble actuellement en vue pour sa tenue, malgré l'insistance de la communauté internationale. Dans ce chaos politico-institutionnel, la situation sécuritaire dans le pays nord-africain demeure très précaire.

  • Libye : Affrontements armés entre milices à Tripoli

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    Des milices armées ont échangé des tirs dans la capitale libyenne, Tripoli, dimanche 16 janvier 2022, alors que le pays souffre d'un blocage de l'horizon politique après la décision de reporter les élections qui auraient dû se tenir le 24 décembre 2021.

    Les affrontements ont éclaté entre la milice de la "Force spéciale de dissuasion", le "Dispositif de dissuasion pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé du Conseil présidentiel" et la milice Nawasi, la "Huitième force" du ministère de l'Intérieur.

    Les médias ont déclaré que les affrontements, au cours duquel des armes légères et moyennes ont été utilisées, se sont produits sur la route de Chatt, près du port de Tripoli, de la Banque centrale, du siège du gouvernement et de l'hôtel Corinthia.

    La zone est sous le contrôle de la milice Al-Nawasi et se trouve à quelques kilomètres du lieu de contrôle de la milice Radaa à l'aéroport de Maitika.

    Selon les sources, une dispute a éclaté entre les deux factions armées au sujet de la distribution d'une cargaison de voitures arrivée au port de Tripoli.

    La milice salafiste Radda est dirigée par Abdel Raouf Kara, tandis que la milice Al-Nawasi est dirigée par Mustafa Kaddour, qui occupe également le poste de directeur adjoint de l'Agence de sécurité extérieure (Mukhabarat).

    Les relations entre les deux groupes armés étaient décrites comme tendues. En avril 2021, des hommes armés au volant d'une voiture sombre avaient tiré sur le chef de la milice Al-Nawasi Mustafa Qaddour sur la route de Shatt, mais il a survécu à la tentative d'assassinat.

    La tentative d'assassinat est intervenue à la suite de la publication par la milice Al-Nawasi d'une vidéo dans laquelle elle révélait des violations commises par la "Force spéciale de dissuasion".

  • Libye : Le ministre de l'intérieur du Gouvernement d'Accord National (GNA) suspendu après les émeutes de Tripoli

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    Bashagha Fathi.jpgLe chef du Gouvernement d'Accord National (GNA) a décidé vendredi de suspendre provisoirement le ministre de l'Intérieur, après les incidents survenus lors de manifestations pacifiques à Tripoli la semaine dernière, où plusieurs manifestants ont été blessés. Il a également été arrêté à titre de "précaution", pour enquête administrative.

    "Le ministre de l'Intérieur, Fathi Bachagha (photo) est suspendu provisoirement" et répondra à une "enquête administrative" sur "ses déclarations concernant les manifestations et les incidents survenus à Tripoli et dans d'autres villes", selon une décision signée par le chef GNA, Fayez-al-Sarraj.

    Selon le communiqué, "Le sous-secrétaire du ministère de l'Intérieur, le brigadier Khaled Ahmed Al-Tijani, a été chargé de diriger les fonctions du ministère, et il a le droit d'exercer tous les pouvoirs et compétences souverains et ministériels assignés au ministre".

    Dans un autre communiqué, le gouvernement libyen a décidé "d'affecter la force conjointe affiliée à la salle des opérations de la région occidentale pour contrôler la sécurité dans la capitale, Tripoli, en coordination avec le ministère de l'Intérieur, les zones militaires et d'autres agences de sécurité".

    Des centaines de Libyens ont manifesté cette semaine pendant plusieurs jours à Tripoli contre la corruption et la détérioration de leurs conditions de vie.

    Selon la décision, M. Bachagha sera interrogé sur "les autorisations et les permis délivrés" aux manifestants, les mesures de sécurité que son ministère a fournies pour protéger les manifestants mais aussi "les violations commises".

    Rapidement, le ministre a "pris acte" de la décision de M. Sarraj, se disant prêt à se soumettre à une enquête, selon un communiqué publié sur la page Facebook du ministère de l'Intérieur. M. Bachagha a cependant demandé à ce que son audition soit "publique et retransmise en directe" par les médias pour qu'il puisse "exposer les faits" aux Libyens, par souci de "transparence et des principes démocratiques". Il s'est dit prêt à rendre compte des "positions et des communiqués" sur les incidents pendant les manifestations, mais également sa "contestation des mesures de sécurité mises en place par des groupes armés qui ne dépendent pas du ministère de l'Intérieur" et qui ont porté atteinte à la "dignité" et aux "droits" des Libyens en les "réprimant, terrorisant, et censurant".

    La milice islamiste Nawasi
    Dans un communiqué publié jeudi, M. Bachagha avait accusé des groupes armés d'avoir ouvert le feu sur des "manifestants pacifiques mercredi soir (...), tirant à balles réelles au hasard", d'avoir également enlevé et séquestré des manifestants pacifiques. Il avait enfin menacé de "recourir à la force pour protéger les civils". 

    La démission et l'arrestation de Bachagha va bien au-delà d'une simple condamnation de sa gestion de la crise. Certains, au sein du GNA, accusent Fathi Bachagha d'avoir encouragé les manifestations contre le gouvernement d'Accord National. Les groupes armés contre lesquels Fathi Bachagha promettait de protéger les manifestants sont la milice islamiste Nawasi. Ce son les membres de cette milice qui ont tiré à balles réelles sur les manifestants. Il est possible que le chef du GNA ait craint une confrontation entre le ministre de l'intérieur et la milice Nawasi.

    La milice Nawasi est une des plus importantes milices de Tripoli. Elle s'est ralliée au Gouvernement d'Accord Nationale (GNA) en 2016. Elle est chargée à Tripoli de la protection des bâtiments officiels. La milice est dirigée par la famille Gaddour. En 2018, elle a pris part à la bataille de Tripoli. Elle comptait, en 2019, près de 1 800 membres.

    Regain de popularité pour Bachaga
    La décision du GNA semble avoir 2 conséquences : une augmentation de la popularité du Bachagha auprès des manifestants de Tripoli, mais aussi à  Misrata où des habitants sont descendus dans la rue pour protester contre la décision de Fayez al-Sarraj.

    Privés des services les plus basiques dans leur vie quotidienne, les Libyens sont épuisés par des années de conflits depuis la fin de la dictature de Mouammar Kadhafi en 2011.