Menace islamiste au Benin

  • Al-Qaida : un plan d’expansion vers le Golfe de Guinée

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    Le Bénin et le Togo ont essuyé, à la fin de l'année écoulée, des attaques terroristes depuis leurs frontières communes avec le Burkina Faso, ce qui a constitué la principale menace quant à un éventuel transfert des groupes armés de leurs activités, depuis la région du Sahel, au climat sec, vers les pays du Golfe de Guinée qui ont un climat humide et des forêts denses.

    En effet, deux soldats béninois ont été tués dans une attaque terroriste perpétrée, le 2 décembre 2021, aux frontières avec le Burkina Faso et plusieurs autres ont été blessés.

    Une deuxième attaque a eu lieu dans le département de l’Atacora dans le nord du Bénin. Des éléments armés se sont attaqués à une patrouille militaire à Alibori (Nord), le 1er décembre 2021. Deux éléments armés ont été éliminés selon les médias.

    Ces deux attaques sont les premières du genre lancées contre l’armée du Bénin. Toutefois, des éléments armés avaient en 2019 kidnappé deux touristes français sur le territoire béninois avant de les transférer au Burkina Faso. 

    Le Togo a également annoncé que ses forces armées avaient repoussé, au mois de novembre 2021, une attaque terroriste. Un groupe armé avait tenté de franchir les frontières séparant le Burkina Faso du Bénin.

    C'est la première fois que le Togo annonce un affrontement avec des éléments armés, depuis 2018, lorsque l’armée avait lancé une opération militaire pour interdire l'infiltration d'éléments armés depuis le Burkina Faso vers son territoire.

    Les violents accrochages entre l'armée burkinabè et des groupuscules affiliés à Al-Qaïda ont contraint ces derniers à fuir et à se diriger vers les territoires togolais et béninois.

    Le Golfe de Guinée dans le viseur d’al-Qaida
    Les observateurs qui suivent le développement des activités des groupes terroristes en Afrique constatent que ces groupes ont débuté en Algérie, au cours de la décennie des années 90, mais qu’après après avoir perdu leur bataille face à l'armée algérienne à la fin du siècle dernier, ces groupes ont tenté de s'implanter en Mauritanie et après un deuxième échec, ils ont recouru au Nord du Mali.

    Ces groupes armés ont exploité la faiblesse des armées des Etats de la région du Sahel africain ainsi que les conflits ethniques et tribaux qui ont éclaté dans le nord du Mali, en 2012, pour s’allier au début avec les Touaregs et les Azawad.

    Malgré leur incapacité à maintenir leur domination sur les grandes villes dans le nord du Mali, en raison, entre autres, de l'intervention des forces françaises (Opération Serval) en 2013, il n'en demeure pas moins que les groupes terroristes relevant d'Al-Qaïda sont parvenus à s'étendre au-delà du Fleuve du Niger après leur alliance avec le Front de Libération du Macina (FLM).

    L'alliance de quatre groupes armés au Sahel a abouti à leur extension au Niger, puis vers le Burkina Faso et leurs activités couvre désormais, selon des sources officielles, près de 80% de la superficie du Mali.

    L’émergence du groupe Boko Haram dans le nord du Nigeria, en 2009, et la scission intervenue en 2015 au sein, un groupe ralliant l'Etat islamique, a abouti à l'élargissement des activités des islamistes jusqu’au Lac Tchad, dont les rives sont partagées entre quatre pays, en l’occurrence, le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

    Par la suite, la défaite de l'Etat islamique dans la ville libyenne de Syrte, à la fin de l'année 2016, a généré un renforcement de la présence de cette organisation dans les régions du Sahel et du Lac Tchad, après que les éléments qui étaient déployés en Libye trouvèrent refuge à travers les pays du Sahel et le Lac Tchad.

    Plusieurs personnalités politiques et sécuritaires de premier plan avaient mis en garde sur le fait que les pays du Golfe de Guinée étaient désormais dans le viseur des groupes terroristes pour s'étendre et assurer leur expansion.

    Parmi ces personnalités figure Bernard Emié, patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) française, qui avait déclaré, le 1er février 2021, au cours d'une rare apparition publique, que « l'Organisation d'Al-Qaïda dans la Région du Sahel examine actuellement un projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, en particulier vers la Côte d'Ivoire et le Bénin ».

    Cela explique, partiellement, la création par la France de l'Académie internationale de Lutte contre le terrorisme en Côte d'Ivoire, au mois de juin 2021, ce qui sera de nature à renforcer son influence parmi les pays du Golfe de Guinée, compte tenu de la rude concurrence avec des forces régionales et mondiales dans cette région.

    Le journaliste français Nicolas Beau a écrit dans un article mis en ligne sur le site « Mondafrique » que les groupes terroristes ont affirmé, au cours de l'année écoulée, qu'ils « n'ont pas renoncé à leur plan qui prévoit le transfert de leurs activités du Sahel vers le Golfe de Guinée (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Togo) ».

    Le Bénin et le Togo…Les maillons faibles
    Parmi les principaux pays du Golfe de Guinée, le Bénin et le Togo sont visiblement les maillons faibles.

    En effet, ces deux pays ne disposent pas d'une armée comme celle du Ghana (17éme armée africaine) ou la Côte d'Ivoire (24ème armée africaine). Les armées du Bénin et du Togo ne sont même pas classées dans la liste des 140 armées au monde, qui compte 34 armées africaines, ce qui dénote leur faiblesse.

    A titre d'exemple, l'armée du Bénin compte 11.100 soldats et officiers et dispose seulement de 10 chars chinois et de 47 blindés français, américains et chinois de fabrication ancienne, ainsi qu'un nombre réduit d'avions de transport ou de prospection, dont deux seulement parmi ces appareils sont opérationnels selon des médias français.

    De même, l'armée togolaise compte des effectifs de l’ordre de 11.000 éléments et possède 11 anciens chars soviétiques, dont la majorité sont hors service dans d'autres armés, tels que les T-34, ainsi que 15 engins blindés.

    Par ailleurs, aucun détail n'existe pour savoir si l'armée togolaise dispose d'avions de combat ou pas et quand bien même elle en disposerait, ces appareils sont plutôt destinés au transport et à la prospection et non pas au combat et à l’interception.

    Ainsi, il est possible de décrire les armées béninoise et togolaise comme étant les plus faibles parmi celles des Etats du Golfe de Guinée, ce qui fait d’elles l’un des objectifs faciles à atteindre et éventuellement une cible pour les groupes terroristes.

    Boko Haram…une éventuelle menace
    Si l'organisation d'Al-Qaïda se focalise, dans son projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, sur ses bastions au Burkina Faso pour s'infiltrer vers le Bénin à travers ses frontières nord, l'organisation de Boko Haram s'emploierait à attaquer le Bénin à travers ses frontières de l'est que ce pays partage avec le Nigeria.

    En effet, après avoir perdu la majorité de ses fiefs dans la forêt de Sambisa et au Lac Tchad dans le nord-est du Nigeria, suite à de sanglants affrontements avec l'Etat islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), Boko Haram a déplacé ses activités vers des régions éparpillées, en particulier, dans le centre-nord du Nigeria juxtaposant les frontières avec le Bénin.

    Le Bénin a participé à la Coalition régionale mise sur pied pour combattre Boko Haram dans la région du Lac Tchad, aux côtés du Nigéria, du Tchad, du Niger et du Cameroun et représente le seul pays qui n'est pas riverain du Lac.

    La participation du Bénin à cette Coalition, composée de cinq pays, reflète son inquiétude quant à l'extension des activités des groupes terroristes vers son territoire, d'autant plus que cette menace pèse désormais directement sur le pays.

    De plus, des groupes armés évoluent dans le nord-ouest du Nigeria, près des frontières orientales du Bénin, à l'instar du groupe « Ansaru » proche d'Al-Qaïda et qui s’est allié à des bandes organisées locales dans la région. Ce groupe constitue, à son tour, une menace contre ce petit pays du Golfe de Guinée.

    Quant à l'organisation de l'Etat islamique, elle se déploie davantage dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). L'épicentre de son activité s’oriente davantage vers l'est en direction du Lac Tchad et ne semble pas intéressée, particulièrement, par une expansion vers l'ouest du Nigéria, en direction du Golfe de Guinée.

    La situation dans le Golfe de Guinée laisse entrevoir de multiples dangers, d'autant plus qu'al-Qaïda, l'Etat islamique et Boko Haram ciblent les petites armées et les régions pauvres, tout en maîtrisant le jeu des alliances avec les bandes organisées opérant dans les domaines du trafic en tout genre, du kidnapping et du pillage, voire avec les groupes tribaux marginalisés.

    Cette situation contraint les pays du Golfe de Guinée à se préparer à la prochaine phase, aux niveaux sécuritaire, social et politique et à prendre en considération les expériences des autres pays dans la lutte contre le terrorisme, à l'instar de l'Algérie et de la Mauritanie, pour en tirer les leçons requises, tout en suivant de près les évolutions et autres développements dans les Etats du Sahel et de la Coalition du lac Tchad.

  • Bénin : deux soldats tués dans le nord-ouest

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    « Un véhicule des Forces armées béninoises (FAB) a sauté dans la matinée du jeudi 6 janvier 2022 sur une mine artisanale à Tanguiéta, département de l’Atacora », près de la frontière avec le Burkina Faso, a rapporté le journal local La Nouvelle Tribune.

    « Cette explosion du véhicule militaire a occasionné deux morts du côté béninois », a précisé cette source.

    D’après le journal béninois Daabaaru, « l’incident est survenu après que le véhicule qui transportait les agents de sécurité ait sauté sur la mine » dans « la région Nord Ouest du pays qui est sous menace terroriste ».

    C'est la quatrième explosion en moins de trois mois concernant un véhicule de l’armée béninoise.

    Il faut rappeler que la première attaque contre l’armée béninoise a eu lieu le mercredi 30 novembre 2021 au niveau du pont de Mékrou à l’Ouest de la commune de Banikoara où un policier avait trouvé la mort.

    La seconde attaque s’est produite à Porga dans la commune de Matéri dans la nuit du mercredi 1er décembre 2021. Une position des Forces armées béninoises (FAB) a été attaquée une nouvelle fois par des présumés terroristes près de la frontière avec le Burkina Faso.

    Une autre attaque a été perpétrée dans le nord-ouest du Bénin près de la frontière du Burkina Faso mercredi 22 décembre 2021. C’est une position des forces armées béninoises qui a été attaquée. Il s’agit de la troisième attaque survenue au cours du mois de décembre dans cette région du nord-ouest du Bénin. Il y a eu des victimes des deux côtés.

    Dans son discours sur l’état de la nation le 29 décembre dernier, le président du Bénin Patrice Talon est revenu sur l’insécurité dans le nord du pays.

    Il a annoncé la mise en place d’un dispositif de renforcement des capacités des forces de défense sur le plan humain, logistique et technologique avec l’appui des pays voisins.

    Afin de garantir davantage la sécurité des personnes et des biens, Patrice Talon a également souligné que la coopération avec les pays limitrophes sera renforcée pour mutualiser les moyens de prévention et de lutte contre les terroristes, tout en rappelant que depuis deux ans des investissements importants ont été consentis pour équiper les forces nationales de défense et de sécurité.Pendjori.jpeg

  • Bénin : un militaire tué dans une nouvelle attaque dans le nord

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    Un militaire a été tué dans une nouvelle attaque terroriste dans le nord du Bénin frontalier avec le Burkina, ont rapporté jeudi 23 décembre 2021 des médias locaux.

    Une position de l’armée béninoise a été visée par des terroristes dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le département de l’Atacora situé au nord du pays, selon le journal Banouto.

    « Dans les rangs de l’armée béninoise, on déplore le décès d’un militaire et deux autres blessés », précise la même source ajoutant que le corps d’un terroriste a été trouvé par des soldats lors d’une opération de ratissage menée par l’armée après cette attaque.

    Selon Benin web tv, « un 2ème corps aurait été retrouvé du côté des assaillants lors du ratissage, ce qui porte le nombre de morts à au moins trois ».

    Selon les médias béninois, aucune information officielle n’a été communiqué pour le moment par le gouvernement ni par l’état-major des armées sur cette nouvelle attaque terroriste.

    Il s’agit de la 3e attaque survenue au cours de ce mois de décembre dans cette région du nord-ouest du Bénin. Une position de l’armée béninoise avait été visée par des terroristes dans l’extrême nord du pays dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 décembre. Deux militaires avaient été tués dans cette attaque.

    Le 1er mai 2019, deux touristes français avaient été enlevés et leur guide assassiné dans le parc de la Pendjari, vaste aire animalière protégée béninoise limitrophe du Burkina Faso.

    Ce rapt commandité par la Katiba Macina s’était achevé par l’intervention des forces spéciales française et la mort de deux commandos de marine.

    Depuis, le Bénin a déployé un important dispositif sécuritaire sur sa frontière burkinabé.img_915d01aed9946224f205f8fee3d3c30792102.jpg

  • Benin : Les récentes attaques signalent une menace djihadiste croissante dans le nord du pays

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    La petite nation ouest-africaine du Bénin a été relativement épargnée par les insurrections djihadistes qui font rage au Nigeria, au Burkina Faso et au Niger voisins. Cependant, les développements récents semblent indiquer une menace croissante pour la sécurité au nord du pays.

    Au cours de la semaine du 14 décembre, des détails ont émergé d'une attaque le long de la frontière entre le Bénin et le Burkina Faso. Il s'agissait du deuxième incident de ce type en l'espace de quelques jours seulement. Des militants islamistes avaient mené une opération similaire, le 3 décembre, qui aurait fait deux morts.

    Le chercheur Caleb Weiss de "Long War Journal" attribue la propagation de l'instabilité dans cette région à la montée de la violence au Burkina Faso voisin, probablement provoquée par le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM) lié à Al-Qaïda. Il est significatif qu'Al-Qaida ait revendiqué sa première attaque officielle au Bénin début décembre.

    Les récentes attaques n'étaient pas totalement inattendues, car il y a eu un certain nombre de signes avant-coureurs au cours des mois qui ont précédé les affrontements. En février, des reportages dans les médias français citaient Bernard Emie , le chef du renseignement français, avertissant que le GSIM étendait ses activités vers le sud en direction du golfe de Guinée, et le Bénin était l'un des pays visé par le groupe djihadiste. Des groupes affiliés à l'État islamique opèrent également à proximité.

    Auparavant, les activités de djihadistes et de bandits au Bénin incluaient l'enlèvement en mai 2019 de deux touristes français et le meurtre de leur guide touristique dans le parc national de la Pendjari, une attaque contre la police des frontières en février 2020 et l'arrestation d'un djihadiste en mars 2021.

    Il a également été rapporté que des djihadistes se déplaçaient entre le Burkina Faso et le Nigeria en transitant par le Bénin. Ces groupes djihadistes suivent certaines routes commerciales, y compris celles qui sont connues pour être utilisées dans le trafic des stupéfiants . Les djihadistes utilisent ces routes pour transiter dans toute l'Afrique de l'Ouest, et il semble que le Bénin soit utilisé comme point de transit.

    Face à la menace djihadiste rampante dans le nord, le Bénin est confronté à des problèmes de capacités militaires et policières limitées et doivent également faire face à divers types d'autres problèmes de sécurité. 

    Par rapport à certains de ses voisins, le Bénin a une petite armée par rapport à la taille de sa population et celle-ci est dans un mauvais état de préparation. Un facteur qui pourrait être un obstacle à la réponse aux activités djihadistes est le manque de capacité de frappe de l'armée de l'air béninoise. Elle dispose actuellement de 14 avions de transport et hélicoptères offrant la possibilité de répondre rapidement à une agression interne, mais toute contre-attaque nécessaire pour repousser une incursion devra très probablement être fournie par un tiers.

    Les tensions le long de la frontière avec le Burkina Faso ne sont pas la seule menace sécuritaire potentielle à laquelle le Bénin est confronté. En mars 2016, le Bénin a annoncé envoyer 150 soldats pour rejoindre la force multinationale avec le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun qui combattent le groupe djihadiste Boko Haram et l'Etat islamique de la  Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) dans la région du bassin du lac Tchad. Les groupes djihadistes de la région du Lac Tchad ont été assez actifs et se sont avérés très meurtriers.

    Le Bénin consacre également une partie de ses ressources limitées à la lutte contre la piraterie au large de ses côtes dans le golfe de Guinée, qui est devenu le premier foyer mondial d'activités maritimes illicites. Le dernier rapport Stable Seas note que le Bénin est l'un des pays les plus proches de la majeure partie des opérations de piraterie régionales et a dû augmenter ses dépenses pour acquérir de nouveaux bateaux pour tenter de faire face à la menace.

    À l'heure actuelle, le Bénin ne fait pas face au niveau de la menace djihadiste observé sur de vastes étendues du bassin voisin du lac Tchad, cependant, il y a des indications claires que des opérations djihadistes s'infiltrent dans le nord du pays. Le Bénin fait face au spectre d'attaques majeures, et peut-être d'une insurrection prolongée si les militants continuent de faire pression sur la région frontalière et si les forces gouvernementales sont incapables d'établir efficacement un tampon de sécurité pour briser cette progression.

  • Benin : Deux attaques djihadistes en une semaine

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    Sans surprise, le Benin est désormais soumis à des attaques djihadistes. Deux attaques contre l'armée ont eu lieu en deux jours. Lors de la dernière attaque, 2 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. 2 djihadistes ont également été tués lors de ces deux attaques.

    Une position de l'armée béninoise située à Porga, à la frontière avec le Burkina Faso, a été prise pour cible dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 décembre 2021. Cette attaque fait suite à une autre survenue mardi 30 novembre dans une autre localité, toujours à la frontière avec le Burkina Faso. Le bilan fait état de trois personnes tuées, dont deux membres de l'armée béninoise et plusieurs blessés. 

    Deux attaques en deux jours, un coup dur pour le Bénin. Pour l'état-major de l'armée de terre, touchée par ces attaques, cette nouvelle épreuve montre que le danger est réel sur le terrain. L’information a été confirmée par le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique.

    Alassane Séidou, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, était dans la matinée devant les responsables en charge de la sécurité dans le département de l'Atacora.

    "Dans la commune de Banikoara, l'arrondissement de Suroko, dans un village dénommé Mékrouyinyin, il y a une victime dans leur camp (de l'armée). Hier, ils ont frappé chez nous, nous avons aussi enregistré une victime, il y en a eu aussi dans leur camp. Si on a pu leur infliger cela, c'est parce qu'on s'attendait à ça. C'est parce que beaucoup de choses ont été faites en amont " a précisé le ministre.

    Depuis plusieurs mois en effet, les positions militaires ont été sérieusement renforcées au niveau des localités frontalières avec le Burkina Faso. Et c'est justement l'une des bases avancées de l'armée qui a été investie dans la nuit de mercredi. 

    Selon un habitant de Porga, dont un parent militaire était de l'opération, les éléments armés ont attaqué le campement près de la rivière Pendjari et des tirs nourris ont été échangés entre les deux camps.

    Si l'armée béninoise a réussi à repousser les djihadistes, elle a tout de même enregistré un mort, comme dans l'attaque de la veille dans le lit de la rivière Mékrou, dans le département de l'Alibori.

    Le ministre Alassane Séidou rappelle ainsi que le Bénin n’est désormais plus épargné.

    "Comme nous avons l'habitude de le dire, ça n'arrive pas qu'aux autres et nous sommes en train d'avoir la preuve que ça peut nous arriver aussi. Heureusement que nous avons anticipé " tente t-il toutefois de rassurer.

    Pour le ministre béninois de l'Intérieur, de nouvelles stratégies et surtout une synergie d'action dans la sous-région s'imposent pour faire face aux attaques djihadistes.

    "Ces terroristes, ils ont des ambitions territoriales illimitées, ils ne veulent pas se limiter aux pays du Sahel. Ils ont déjà frappé plusieurs fois la Côte d'ivoire, ce n'est pas aujourd'hui qu'ils tentent de venir vers notre pays. C'est parce que nous avons un certain niveau d'organisation qu'on a tiré jusqu'à ce jour à plusieurs reprises. Nous avons frappé en amont, nous avons anticipé. Ils sont nombreux aujourd'hui dans nos mains mais malgré cela ils ont insisté jusqu'à frapper. Ça veut dire que si on ne fait rien, ils ont l'ambition d'aller très loin " précise t-il.

    La présence des groupes extrémistes dans cette zone entre le Bénin et le Burkina Faso est un autre défi sécuritaire majeur qui nécessite donc un état de veille permanent.
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  • Côte d'Ivoire : L'offensive djihadiste

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    ATT. E.B.
    (David Poteaux)
    Les groupes jihadistes ont l’ambition d’étendre leur influence au-delà des pays sahéliens et de s’implanter dans le nord des pays côtiers. La Côte d’Ivoire est dans leur viseur, mais aussi le Ghana, le Togo et le Bénin, où ils peuvent jouer sur le sentiment d’injustice partagé par de nombreux Peuls pour recruter des combattants.

    Abidjan est en alerte. Ce qui, il y a un an encore, constituait une menace possible, est devenue, aujourd’hui, une évidence : les jihadistes sahéliens ont un projet dans le nord de la Côte d’Ivoire. Ces trois derniers mois, quatre attaques ont été menées contre des positions des forces de sécurité le long de la frontière avec le Burkina Faso, dans les environs de Kafolo. Elles ont coûté la vie à au moins six militaires ivoiriens. Il y a un an, dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, Kafolo avait déjà été le théâtre d’une attaque contre l’armée, au cours de laquelle 14 soldats avaient été tués. Il s’agissait de la première offensive jihadiste menée sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand-Bassam, en mars 2016 (22 morts, dont 15 civils). Dans un rapport publié le 15 juin, l’Institut d’études de sécurité (ISS) estime que « ces incidents témoignent de l’expansion du spectre de l’extrémisme violent qui plane sur le pays ».
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    Pour les autorités ivoiriennes, cela ne fait en effet aucun doute : ces attaques sont l’oeuvre d’un groupe de combattants jihadistes liés à la katiba Macina, active au centre du Mali et affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). « Plusieurs renseignements recueillis sur place et après l’arrestation de certains assaillants convergent vers cette thèse », indique un responsable des services de renseignement ivoiriens.

    Après la première attaque de Kafolo en 2020, les forces de sécurité ont arrêté plusieurs dizaines de combattants et de complices présumés, parmi lesquels un des « cerveaux » de l’opération, Ali Sidibé, un Peul, également appelé « Sofiane ». Certains d’entre eux ont donné des informations. Ils ont notamment permis d’identifier le chef de la katiba en formation à la frontière entre le Burkina et la Côte d’Ivoire – il s’agit d’un certain Abdramani Sidibé (photo ci-dessous), un Peul lui aussi – et de confirmer ses liens avec la katiba Macina dirigée par Hamadoun Kouffa. Ils ont également alerté les autorités sur le risque de voir une partie des habitants de cette zone verser dans le jihadisme, dont des Peuls.
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    « C’est une grosse crainte. Cette communauté est déjà infiltrée par les jihadistes. Les chefs de cette katiba sont des Peuls. Nous craignons de voir le même schéma que ceux observés au centre du Mali ou au nord du Burkina se reproduire », poursuit notre source. Les services de sécurité ont en effet découvert que les assaillants avaient bénéficié de la complicité de certains habitants, dont une grande partie sont issus de la communauté peule. « Dans cette zone, il y a toujours beaucoup de mouvements, surtout chez les Peuls, qui passent d’une frontière à l’autre avec leurs troupeaux. Il est très difficile de contrôler ce qu’il s’y passe, d’autant que les Peuls se sont toujours méfiés des autorités », continue notre source.

    Cibles privilégiées des recruteurs jihadites
    Dans un rapport confidentiel consacré à l’expansion de la menace jihadiste au sud du Burkina Faso, une ONG française généralement bien informée dans la zone, l’ISS alerte : « Les groupes extrémistes exploitent les vulnérabilités telles que les conflits locaux, les déficits de gouvernance, les défaillances des systèmes de sécurité et les activités illicites, au bénéfice de leurs stratégies d’implantation, de recrutement et de financement. […] Le nord de la Côte d’Ivoire n’est pas exempt de ces vulnérabilités ». L’ISS évoque notamment « les conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs autour de l’accès aux pâturages et à l’eau ». Il existe également d’autres groupes vulnérables : orpailleurs, anciens combattants, bandits de grands chemins – tous très nombreux dans le nord ivoirien.

    Il est vrai que les éleveurs issus de la communauté peule, ici comme dans de nombreux autres pays, sont souvent victimes de clichés racistes. Ils sont considérés comme des « étrangers » – y compris lorsqu’ils y vivent depuis plusieurs générations, ainsi que nous l’ont raconté de nombreux Peuls vivant dans la région de Korhogo – et comme sources de problèmes lors de la saison des récoltes. Ils constituent donc une cible privilégiée pour les groupes armés. Un grand nombre de pistes de transhumances sont aujourd’hui occupées par les agriculteurs, ce qui suscite des tensions, et parfois des conflits meurtriers, que les djihadistes savent instrumentaliser pour recruter. Depuis une bonne dizaine d’années, les griefs se sont multipliés. En mars 2016, au moins 33 personnes avaient été tuées lors d’affrontements inter-communautaires entre Lobi et Peuls à Bouna, au nord-est de la Côte d’Ivoire, suite à un litige dû à la divagation de bœufs.

    Un élu local rappelle que des relations familiales existent entre les éleveurs peuls du nord de la Côte d’Ivoire et ceux vivant au Burkina et au Mali, dans les zones aujourd’hui en partie contrôlées par les groupes jihadistes : de nombreux éleveurs peuls du nord du Burkina et du centre du Mali ont en effet été poussés à migrer vers le sud, notamment dans la zone frontalière avec la Côte d’Ivoire, après les sécheresses des années 1970 et 1980 – et ils n’ont jamais rompu les liens avec leur région d’origine.

    Victimes de l’insécurité et de l’injustice
    « Le risque de voir une partie de cette communauté rejoindre les jihadistes est grand », reconnaît un notable peul du nord de la Côte d’Ivoire, même s’il refuse la stigmatisation dont sont déjà victimes les membres de son ethnie, rappelant que « les actes de quelques-uns ne doivent pas être attribués à l’ensemble d’une communauté ». Les raisons sont évidentes selon lui : routes de transhumance obstruées par l’avancée du front agricole, racket des forces de sécurité, vols de bétail… « Comme ailleurs, les éleveurs sont de plus en plus confrontés à l’insécurité, ils doivent se défendre et pour cela, ils pourraient être tentés de rejoindre les groupes armés existants », déplore-t-il.

    Ce risque ne s’arrête pas aux frontières de la Côte d’Ivoire. Il menace l’ensemble des pays côtiers : le Ghana, le Togo, le Bénin… Dans le nord de ces pays, comme en Côte d’Ivoire, on a vu arriver de nombreux éleveurs ces dernières décennies. Certains, chassés de chez eux pour de multiples raisons, sont venues pour s’y installer. D’autres en ont fait une terre de transhumance. Dans un contexte de concurrence de plus en plus accrue pour l’accès aux ressources naturelles et de pression foncière galopante, cet afflux a généré des tensions entre sédentaires et nomades ou semi-nomades, et, par conséquent, des ressentiments. De nombreux Peuls se disent victimes d’un rejet dont ils ne comprennent pas les ressorts, et ne cachent pas leur désarroi, voire, pour certains, leur colère et leur volonté d’en découdre.
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    Déjà, dans le sud du Burkina, d’ouest en est, nombre de cellules jihadistes en formation ont recruté parmi ces éleveurs. Pour ce faire, elles recyclent les mêmes discours que ceux développés au Mali ou au nord du Burkina ces dernières années, en rappelant aux bergers les injustices dont ils sont victimes, et en leur promettant d’y remédier. Ils peuvent pour cela citer l’exemple de l’est du Burkina.

    Les jihadistes – dont certains sont liés au GSIM, d’autres à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) – se sont implantés dans cette zone à partir de début 2018. Ils ont mené une série d’attaques contre les forces de sécurité et les agents des Eaux et forêts, qui leur ont permis de « libérer » l’espace – ces derniers préférant se réfugier dans les villes plutôt que de se faire tuer dans une embuscade ou de sauter sur une mine -, et d’en prendre le contrôle. Aujourd’hui, ils sont notamment les maîtres des parcs naturels et des forêts classées, très nombreux dans cette région. Or qu’ont-ils fait lorsqu’ils en ont chassé les forces de sécurité ? Ils ont fait savoir aux populations locales, qui en étaient jusqu’alors interdites, qu’elles avaient le droit d’y retourner et d’y exploiter les ressources. Désormais, il est possible d’y chasser, d’y pêcher, d’y faire paître son bétail, d’y cultiver, et même d’y chercher de l’or. Autant d’activités qui étaient interdites par les autorités étatiques au nom de la préservation de l’environnement.

    L’est du Burkina hors de contrôle
    Depuis deux ans, la plupart des forêts de l’est du Burkina sont ainsi occupées par des orpailleurs, des braconniers, des coupeurs de bois, des cultivateurs et surtout des éleveurs qui sont venus avec leurs troupeaux. « C’est impossible à chiffrer, mais l’on sait qu’on y trouve des milliers de têtes de bétail qui viennent de partout : du Niger, du Mali, du Ghana, même du Nigeria », indique un responsable régional du service des Eaux et forêts. Selon un élu local qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité (il a été contraint de quitter sa commune et de se réfugier dans une grande ville pour échapper aux jihadistes), « les bergers savent qu’avec les jihadistes, ils pourront profiter de la forêt et qu’ils n’exigeront d’eux qu’une taxe, la zakat, dont ils estiment que c’est le prix à payer ». Selon lui, toutes ces personnes qui profitent de la présence des jihadistes sont autant de recrues potentielles. Et ces derniers le savent : « Quand ils sont arrivés, ils ont fait passer le message suivant : ‘Cette terre n’appartient qu’à Dieu, vous pouvez l’exploiter’. Ce discours plaît, car les populations locales n’ont jamais compris pourquoi on leur interdisait de faire ce que leurs aïeux faisaient. De leur point de vue, ils se sont fait confisquer leur terre. C’est comme ça que les jihadistes ont gagné des partisans ».

    Les associations d’éleveurs basées dans l’est du Burkina ont d’ailleurs constaté que de nombreux jeunes bergers étaient partis dans les forêts contrôlées par les jihadistes, parfois sans avertir leur famille. Elles rappellent que depuis plusieurs années, il était devenu de plus en plus difficile de se déplacer avec le bétail, et que les périodes de transhumance occasionnaient de plus en plus de conflits. Dans un rapport publié en 2009, le Réseau de communication sur le pastoralisme (Recopa) évoquait ces difficultés : « Les couloirs de transhumance ainsi que les couloirs d’accès sont obstrués soudainement par l’agriculteur d’une saison agricole à l’autre sans que le pasteur venant d’un pays ou d’une autre localité qui se retrouve brusquement dans une sorte de « voie sans issue » n’en soit tenu informé. (…) Ainsi le pasteur dans l’impossibilité de contourner cet espace et qui voit ses animaux y commettre un dégât est d’office fautif. Il doit par conséquent payer des dommages et intérêts. En cas de résistance à cette obligation, il est soit agressé physiquement soit dépouillé de son bétail ». Or depuis que les jihadistes sont arrivés dans la zone, plusieurs responsables peuls constatent que les bergers se déplacent plus facilement. Mais cette nouvelle donne a un revers : désormais, les bergers sont considérés, tant par les forces de sécurité que par leurs supplétifs civils, les Volontaires de la défense de la patrie (VDP), comme des complices, voire des jihadistes en puissance. De nombreux Peuls ont ainsi été tués ou arbitrairement arrêtés et emprisonnés alors qu’ils n’avaient rien à voir avec les jihadistes.

    Lien rompu
    Ce qu’il se passe dans l’est du Burkina inquiète les autorités des pays du Golfe de Guinée, bien conscientes des frustrations au sein de la communauté peule. Pour l’heure, le Bénin n’a jamais été attaqué – pas plus que le Ghana ou le Togo. Les jihadistes n’y disposent d’aucune base pérenne. Mais de nombreux mouvements suspects y ont été observés ces deux dernières années. En mai 2019, deux touristes français avaient été enlevés et leur guide béninois tué dans le parc de la Pendjari, à la frontière avec le Burkina – les deux Français avaient été libérés quelques jours plus tard à l’issue d’une intervention de l’armée française dans le nord du Burkina. En juin 2020, des jihadistes venus du Burkina et souhaitant se rendre au Nigeria ont été suivis à la trace par les autorités, avant d’être interceptés par l’armée nigériane. Une source au sein des services de sécurité béninois estime que les jihadistes disposent déjà de cellules dormantes dans les environs de Malanville, une ville située à la frontière avec le Niger.

    « On craint la contagion », souligne un responsable des services de renseignements béninois. En effet, les éleveurs du nord du Bénin dressent le même constat que ceux de l’est du Burkina : pistes obstruées, couloirs de transhumance non respectés par les agriculteurs, racket des autorités, impossibilité de faire paître leurs animaux dans les parcs de la Pendjari et du W, qui occupent d’immenses espaces… Au fil des ans, les Peuls du Bénin ont eux aussi développé un sentiment d’injustice. Nombre d’entre eux jugent qu’ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone, voire comme des étrangers. Certains parlent de « nettoyage ethnique » en cours. « C’est vrai que beaucoup de Peuls sont tombés dans la criminalité, mais ce n’est pas une raison pour en faire une généralité », dénonce un dirigeant d’une association peule active au nord du Bénin. « Le lien est rompu entre l’État et cette communauté », estime un élu (issu de la communauté peule) du département de l’Alibori.

    C’est d’autant plus inquiétant, vu de Cotonou, que les transhumants qui arrivent dans le nord du Bénin viennent pour la plupart de pays en proie aux insurrections jihadistes (Nigeria, Niger, Burkina, Mali) et que des combattantes pourraient en profiter pour venir, sous couvert de transhumance, monter des cellules. Ce n’est pas pour cette raison que le Bénin a interdit la transhumance transfrontalière en 2020 (les raisons avancées étaient liées à l’insécurité et aux conflits que la transhumance engendrerait), mais c’est un scenario qui a été pris en compte lors de la prise de décision. Or cette interdiction a été mal comprise par une partie de la communauté peule, qui y voit une nouvelle preuve de la répression dont nombre de ses membres se disent victimes.

    Un représentant des éleveurs de la ville de Tanguieta, située près de la frontière avec le Burkina et le Togo, a en tête l’histoire d’un éleveur burkinabé qu’il avait reçu chez lui. Cet homme avait été pris avec son bétail dans le parc de la Pendjari. Il avait été envoyé en prison – car il n’avait pas le droit de s’y trouver – et son bétail avait été vendu. « Quand il est rentré chez lui, au Burkina, il n’avait plus rien. Que pensez-vous qu’il a fait ? Si j’avais été lui, peut-être que j’aurais rejoint les jihadistes pour me venger ».

     

  • Côte d’Ivoire : trois soldats tués dans deux attaques armées dans le nord

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    Au moins trois soldats ivoiriens ont été tués et cinq blessés dans deux attaques survenues à Kafolo (nord) et Tehini (nord-ouest) dans la nuit de dimanche à lundi, a fait savoir l’état-major des armées dans un communiqué, lundi.

    « Dans la nuit du 28 au 29 mars 2021, deux positions des forces armées de Côte d’Ivoire ont subi des attaques armées », précise le communiqué.

    La première attaque a été menée à Kafolo (nord) par « une soixantaine de terroristes lourdement armés venant du Burkina Faso », indique le communiqué, affirmant que « les forces armées de Côte d’Ivoire ont repoussé les assaillants au terme d’une heure de combat intense ».

    « Deux soldats tués et quatre blessés côté ami », indique la même source concernant le bilan de cette première attaque, alors que « trois terroristes ont été tués, quatre interpellés et du matériel logistique saisi », côté ennemi.

    En ce qui concerne la deuxième attaque, l’état-major général des armées ivoiriennes a précisé qu’elle avait eu lieu à Kolobougou (60 km au nord-ouest du département Tehini faisant frontière avec le Burkina Faso), « où un poste de la gendarmerie a été la cible d’individus non identifiés ».

    Le bilan de cette deuxième attaque fait état d’un gendarme tué et un autre blessé, alors qu’aucune victime n’a été identifiée, côté ennemi.

    La même source a fait savoir que l’armée a entamé une opération de ratissage pour traquer les présumés terroristes.

    Pour rappel, la localité de Kafolo, frontalière avec le Burkina Faso avait été la cible d’une attaque le 10 juin 2020, faisant 14 morts et six blessés parmi les forces ivoiriennes. Suite à cette attaque, soixante (60) personnes ont été arrêtées, dont le chef du commando ayant mené l’opération.

    Une autre attaque a eu lieu le 13 mars 2016 à Grand-Bassam (sud), faisant 19 morts, dont trois soldats des forces ivoiriennes et 33 blessés.

    Cette attaque, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique, avait ciblé des terrasses d’hôtels dans la ville.

    Al-Qaïda au Maghreb Islamique veut s'étendre vers le Golfe de Guinée
    Par rapport à ses voisins sahéliens, la Côte d’Ivoire était relativement à l’abri des attaques terroristes qui secouent la région ouest-africaine.

    Cependant, début février dernier, les renseignements français avaient averti, sur la base de renseignements, de l’intention des groupes terroristes d’étendre leur champ de bataille vers le sud, en l’occurrence en Côte d’Ivoire et au Bénin.

    Le chef du renseignement extérieur français, Bernard Émié, avait évoqué la tenue d’une réunion secrète au Mali, dont le but était d’étendre les attaques vers les pays du Golfe de Guinée.

    « C’est là que les chefs d’Al-Qaïda au Sahel ont conçu leur projet d’expansion vers les pays du golfe de Guinée. Ces pays sont désormais des cibles eux aussi. Pour desserrer l’étau dans lequel ils sont pris et pour s’étendre vers le sud, les terroristes financent déjà des hommes qui se disséminent en Côte d’Ivoire ou au Bénin», avait affirmé, Bernard Émié.