Organes de presse

  • Gaza/Israël : Frappes israéliennes sur Gaza après des tirs de ballons incendiaires

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    L'armée israélienne a indiqué avoir frappé dans la nuit de mardi à mercredi des positions du Hamas dans la bande de Gaza à la suite de lancers de ballons incendiaires depuis l'enclave palestinienne vers le territoire israélien.
    Dans la soirée du 11 août, les pompiers israéliens ont rapporté que 68 incendies provoqués par des "boules de feu" avaient été enregistrés mardi sur le territoire israélien bordant la bande de Gaza. Il s'agit d'un nombre record d'incendies depuis la reprise de la "terreur du feu" depuis Gaza.
    "Des jets de combats, des hélicoptères d'attaque et des tanks ont frappé un certain nombre de cibles du Hamas dans la bande de Gaza", a souligné l'armée israélienne dans un communiqué, disant avoir visé "des infrastructures souterraines et des postes d'observation du Hamas" en "représailles" à la multiplication des tirs de ballons incendiaires vers Israël.
    L'agence Safa , dont le siège est à Gaza, rapporte que l'armée de l'air israélienne a tiré plusieurs roquettes sur le site de Nazarim (Netzarim), à l'ouest de la ville de Gaza, sur une cible près de l'ancien aéroport de Gaza à l'est de Rafah et aux points de contrôle. dans la région d'Al-Nahda à l'est de Rafah et près de la décharge de Juhr ad-Dik à l'est de la ville de Gaza. Le rapport note que des dommages importants ont été causés, mais aucune information sur les victimes n'a été rapportée.
    Ces derniers jours des ballons incendiaires ont été lancés à plusieurs reprises depuis l'enclave palestinienne vers Israël, ce qui a mené à des frappes de représailles israéliennes contre des positions du Hamas, mouvement islamiste au pouvoir à Gaza. Les pompiers israéliens ont fait état d'une soixantaine d'incendies provoqués par ces ballons dans le sud d'Israël au cours de la seule journée de mardi, sans toutefois faire état de victimes.
    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors d'une visite à la base aérienne de Hazor le 11 août, a déclaré qu'Israël prendrait «la terreur de feu» avec tout le sérieux, et qu'ellei aurait des «conséquences désastreuses» pour le Hamas et le Jihad islamique.
    Mardi, les autorités israéliennes ont annoncé la fermeture pour une période indéterminée du point de passage des marchandises entre l'Etat hébreu et la bande de Gaza de Kerem Shalom sauf pour "l'aide humanitaire essentielle et le carburant".
    "Cette décision a été prise en raison des lancers incessants de ballons incendiaires depuis la bande de Gaza vers Israël", a précisé dans un communiqué l'organe israélien chargé des opérations civiles dans les Territoires palestiniens (Cogat), qui accuse le Hamas d'être "responsable" de ces lancers depuis l'enclave de deux millions d'habitants.
    Le Hamas a de son côté dénoncé une mesure "agressive" témoignant de "l'insistance" d'Israël à "assiéger" la population de l'enclave palestinienne et ne pouvant que contribuer à "aggraver" la situation humanitaire.
    Selon des analystes palestiniens, les tirs depuis Gaza visent à faire pression sur l'Etat hébreu pour qu'il donne son feu vert à l'entrée de l'aide financière du Qatar dans l'enclave paupérisée et sous blocus israélien.
    Si le point de passage pour les marchandises de Kerem Shalom a fermé, le poste-frontière de Rafah entre Gaza et l'Egypte, fermé en avril en raison de la pandémie, a, lui, rouvert pour trois jours mardi.
    Le Hamas et Israël se sont livré trois guerres (2008, 2012, 2014). Malgré une trêve l'an dernier, favorisée par l'ONU, l'Egypte et le Qatar, les deux camps s'affrontent sporadiquement avec des tirs de roquettes, de mortiers ou de ballons incendiaires depuis Gaza et des représailles de l'armée israélienne.

  • Iran: Le président Rohani défend la carte diplomatique face aux critiques de l’aile dure du régime

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    Le président Hassan Rohani a défendu lundi l’option du dialogue pour résoudre la crise autour du programme nucléaire iranien, face à des critiques de l’aile dure du régime après la visite surprise du ministère des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif en France.
    « Je pense que nous devons utiliser tous les outils pour (servir) les intérêts nationaux », a affirmé le président Rohani dans un discours retransmis en direct par la TV d’Etat. « Si je sais que je vais à une réunion susceptible de conduire à la prospérité dans mon pays et de régler les problèmes des gens, je n’hésite pas », a-t-il ajouté. « L’essentiel est l’intérêt national », a-t-il insisté sous les applaudissements du public, lors d’un évènement marquant les réalisations du gouvernement dans les zones rurales.
    Le gouvernement iranien fait face à des critiques après la visite surprise de M. Zarif à Biarritz en marge du G7. M. Zarif a rencontré des représentants de trois pays européens – Allemagne, France et Grande-Bretagne- signataires de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Cet accord a été dénoncé par les Etats-Unis, qui ont réimposé des sanctions économiques étouffant l’Iran.
    « Malvenu »
    L’administration du président Donald Trump applique une politique de pression maximale sur Téhéran, qui a répliqué en se libérant progressivement des limitations de son programme nucléaire prévues par l’accord.
    Lundi, le journal ultraconservateur Kayhan a qualifié de « malvenu » le déplacement de M. Zarif en France. Kayhan a jugé que le fait qu’il s’agisse de la deuxième visite de ce responsable en France en quelques jours envoyait « un message de faiblesse et de désespoir ». Ces démarches « sont entreprises dans l’optique imaginaire d’une ouverture mais cela ne donnera aucun autre résultat que davantage d’insolence et de pression » de la part des Etats-Unis, a critiqué le journal.
    Le représentant du guide suprême au sein des Gardiens de la révolution islamique a aussi jugé ces efforts vains. Leur « hostilité envers la Révolution islamique et ce conflit sont sans fin; on ne peut parvenir à une solution ou une réconciliation par (…) le dialogue », a dit Abdollah Haji-Sadeghi. « Nous ne devrions pas nous attendre à quoi que ce soit d’autre que de (…) l’hostilité », a-t-il affirmé selon l’agence semi-officielle Isna.
    « Deux mains »
    En revanche, dans le journal réformiste Etemad, la visite de M. Zarif est jugée comme le « moment le plus prometteur » depuis le retrait unilatéral de Washington de l’accord il y a 15 mois.
    La montée des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, avec des attaques mystérieuses sur des navires dans la région stratégique du Golfe, des drones abattus et des pétroliers saisis, a fait craindre une escalade incontrôlable.
    Tout en défendant le dialogue, le président Rohani s’est dit en faveur d’un usage concomitant de la manière forte. « S’ils saisissent notre navire quelque part (…), nous négocions (…) et nous pouvons aussi saisir leur bateau pour des raisons légales », a-t-il dit. Il faisait référence à un pétrolier iranien saisi au large de Gibraltar et qui a été depuis libéré par les autorités britanniques, et à la saisie par l’Iran le 19 juillet, 15 jours après cet arraisonnement, d’un pétrolier battant pavillon britannique. Ce navire est toujours retenu dans le Golfe. « Nous pouvons travailler avec les deux mains (…), la main de la force et la main de la diplomatie », a-t-il noté. « Nous devons utiliser notre (…)puissance militaire et sécuritaire, notre puissance économique et culturelle et notre puissance politique. Nous devons négocier. Nous devons trouver des solutions ». « Même si les chances de réussite (…) sont de 10%, nous devons nous efforcer et nous lancer », a encore plaidé M. Rohani.

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  • https://www.frontlive-chrono.com du mercredi 28 novembre 2018

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    Afghanistan: forte explosion près de la société privée de sécurité britannique G4S à Kaboul

     

    Algérie : Bouteflika, « manœuvres politiques » en vue des prochaines élections présidentielles

     

    Cameroun : 29 blessés dans un attentat-suicide dans l’extrême-nord

     

    Italie : arrestation d’un Libanais d’origine palestinienne préparant un attentat au nom de l’EI

     

    Syrie: Saoudiens et émiratis auraient déployés des troupes à l’est de l’Euphrate

     

    Syrie: Nouveau round de négociations à Astana (Kazakhstan)

     
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  • Syrie: le retrait des combattants du Hezbollah de Syrie a entraîné une rupture avec le général Suleimani

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    Le site israélien NzivNet rapporte qu’un conflit a éclaté entre le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah et le commandant de l’unité Al-Quds, une unité d’élite, le corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (CGRI), Hassan Suleimani.
    Le site cite un rapport préparé par la communauté du renseignement israélien. Selon le document, le groupe libanais a rapatrié la moitié de ses militants hors de Syrie, soit environ 4 000 hommes. Les autres ont reçu l’ordre de se concentrer dans une zone proche de la frontière libanaise.
    Selon le média, le président russe Vladimir Poutine souhaitait mettre un terme à l’activité des milices pro-iraniennes opérant sur le territoire syrien. Le Hezbollah a dû regagner des positions situées à la frontière avec Israël dans le sud du Liban.
    Le redéploiement a indigné le commandant du CGRI, malgré le fait qu’il est conforme à la décision prise par le haut commandement du Hezbollah le 27 août et qui est de se préparer à un affrontement armé avec Israël. Le secrétaire général du mouvement chiite libanais, Hassan Nasrallah, a fait mention de ce projet à ses plus proches conseillers. La scène de la confrontation devrait être la « Galilée » occidentale.
    Cependant, la décision prise par la direction du mouvement libanais a déplu au général Suleimani. En conséquence, les militants libanais ont commencé à tisser des liens avec les dirigeants iraniens en contournant le commandant de l’unité Al-Quds.
    Le retrait des militants de Syrie n’a pas été coordonné avec Suleimani. Nasrallah a ignoré l’ordre direct du général d’arrêter le redéploiement. Il a également interdit à ses subordonnés de se soumettre aux ordres des militaire iraniens.
    Les autorités iraniennes et syriennes ont tenté d’intervenir dans la résolution du conflit à la veille de l’attaque prévue contre la province d’Idlib. Le Hezbollah a promis de fournir des troupes pour l’offensive, mais cette promesse n’a pas été tenue.
    Les dirigeants du mouvement chiite libanais n’ont pas apprécié l’envoi de miliciens chiites en provenance d’autres États sur le théâtre syrien, en raison du manque de formation militaire de ces militants. Il accuse également Suleimani de considérer les Arabes comme des personnes de deuxième rang.
    NzivNet note que le conflit est connu et que l’administration américaine l’a considéré comme une preuve de l’affaiblissement de l’axe chiite. Le conseiller présidentiel pour la sécurité nationale, John Bolton, en a d’ailleurs discuté avec le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Nikolai Patrushev.

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  • Liban : Le Mossad a-t-il tenté de déstabiliser le Liban pour le compte de l'Arabie saoudite?

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    Liban 
    Mossad
    Le Mossad a-t-il tenté de déstabiliser le Liban pour le compte de l'Arabie saoudite?  
    Un responsable de la sécurité libanaise a déclaré à la chaîne de télévision al-Mayadeen, le 11 novembre, que les forces de sécurité libanaises avaient arrêté un agent du Mossad (service de renseignement et des opérations spéciales) dans la ville libanaise de Saida. 
    Le responsable a révélé que la personne appréhendée était en train de surveiller le convoi de Bahia Hariri, députée libanaise et sœur aînée du Premier ministre démissionnaire,  Saad al-Hariri.
    Rappelons que Saad Hariri a démissionné le 4 novembre, alors qu'il se trouvait à Riyad, en Arabie saoudite, prétextant que le Hezbollah, la milice chiite libanaise, et l'Iran avaient l'intention d'attenter à sa vie. 
    Selon al-Mayadeen TV, l'agent du Mossad, un Libanais âgé de 60 ans, travaillait comme chauffeur de taxi. Le responsable de la sécurité libanaise aurait également expliqué à al-Mayadeen TV que l'agent israélien tentait de recruter des personnes pour établir une cellule du Mossad à Saia afin de mener des "attaques terroristes".
    Le ministère libanais de l'intérieur a démenti les allégations de Mayadeen TV mais... 
    Le ministère libanais de l'Intérieur a démenti les allégations de la chaîne télévisée al-Mayadeen dans une déclaration officielle et mis en garde contre la diffusion de fausses rumeurs. 
    Cependant, le site officiel du ministre libanais de l'Intérieur n'a pas mis en ligne de déclarations officielles réfutant les revendications d'al-Mayadeen.
    Il est possible que seule une version papier de la déclaration du ministère de l'intérieur ait été diffusée aux médias libanais.
    La sécurité libanaise n'a pas démenti les informations d'al-Mayadeen 
    De son côté, la sécurité nationale libanaise, le principal service de renseignement libanais, qui a démantelé un réseau du Mossad il y a un mois, n'a pas démenti les allégations de la chaîne al-Mayadeen ou ne l'a pas encore fait. 
    Si les informations d'al-Mayadeen TV s'avèrent exactes, cela pourrait confirmer les accusations du Hezbollah, à savoir que l'Arabie saoudite tenterait de provoquer des tensions confessionnelles au Liban avec la contribution d'Israël, ou tout au moins du Mossad. Le Hezbollah et l'Iran auraient en effet été accusés d'avoir assassiné la sœur de Saad Hariri, ce qui aurait mis le feu à le rue sunnite, provoqué un conflit qui se serait vite internationalisé avec pour objectif l'élimination de la puissance armée du Hezbollah.

    Jean René Belliard

  • Le financement du terrorisme par Jacques Myard

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    Jihad global
    Grece
    Le financement du terrorisme 
    (Jacques Myard)
    (Jacques Myard est intervenu à l'invitation de l'association de presse européenne pour le monde arabe (A.P.E.M.A), le 25 octobre 2017, à l'occasion du colloque sur le financement du terrorisme à Madrid au siège de la délégation de l'union européenne)
    Le code pénal français définit dans son article 421-1 le terrorisme de la manière suivante :
    «  Constituent des actes de terrorisme, lorsqu'elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public pas l'intimidation ou la terreur, les infractions suivantes :
    1°) Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, l'enlèvement et la séquestration, ainsi que le détournement d'aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport, définis par le livre II du présent code ;
    2°) Les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et détériorations, ainsi que les infractions en matière informatique définis par e livre III du présent code ;
    3°) Les infractions en matière de groupes de combat et de mouvements dissous définies par les articles 431-13 à 431-17 et les infractions définies par les articles 433-6 et 441-2 à 441-5 ;
    4°) Les infractions en matière d'armes, de produits explosifs ou de matières nucléaires définies par le I de l'article L 1333-9 et suivantes du code de la défense ;
    5°) Le recel du produit de l'une des infractions prévues aux 1° et 4° ci-dessus ;
    6°) Les infractions de blanchiment prévues au chapitre IV du titre II du livre III du présent code ;
    7°) Les délits d'initié prévus à l'article L.465-1 du code monétaire et financier.».
    Cette définition de la loi pénale française est la plus objective possible. Elle prend acte de la volonté des terroristes de vouloir renverser l'ordre public existant par la violence.
    Si la définition française du Code pénal part des faits : l'emploi de la force pour renverser l'ordre existant, force est de constater qu'il n'existe aucune définition universelle du terrorisme.
    On en recense plus d'une centaine mais il y a un caractère permanent qui réside dans la guerre asymétrique du faible radicalisé face à l'ordre établi.
    Sans vouloir jouer la provocation, le terroriste n'a qu'un défaut celui d'échouer, s'il réussit il devient alors un mouvement de résistance qui a réussi.
    Nelson Mandela, Menahem Begin, Yasser Arafat ne sont-ils pas d'anciens terroristes qui ont « réussi » ? Même si certaines personnes pensent qu'ils ne l'ont jamais été au nom de la cause défendue.
    On ne peut qu'être d'accord avec François Bernard Huygue : «  le terrorisme en soi n'existe pas : ce n'est pas un système d'idées comme le marxisme ou la capitalisme mais une méthode de combat. C'est une stratégie. »
    Le terrorisme de l'Etat islamique
    Nous faisons face aujourd'hui au terrorisme de l'Etat islamique connu sous l'acronyme arabe de Daech. Mais il n'est pas le seul et al-Qaïda, organisation terroriste concurrente de Daech est toujours active.
    Le 29 juin 2014, à Mossoul, Abou Bakr el-Baghdadi se proclame Calife dans la ligne du prophète et crée ainsi une sorte de proto-Etat.
    Il convient de rappeler que le Califat avait été aboli le 3 juin 1924 avec la fin de l'empire Ottoman.
    Le Califat ou proto-Etat a régné sur plus de 70 000 KM2 de territoire en Syrie et en Irak. Les experts ont estimé son budget à environ 2 milliards d'euros.
    Ses ressources sont celles d'une autorité qui contrôle un territoire, des habitants, des ressources naturelles. L'Etat islamique a mis en place un système fiscal avec une véritable administration pour lever des impôts, taxes, redevances.
    Ses ressources internes sont aussi constituées de la prise de guerre des dépôts de la banque centrale en Irak, à Mossoul de l'ordre de 450 à 500 millions de dollars. Puis l'Etat islamique a commercialisé du pétrole avec un prix de baril défiant toute concurrence à 15-20 dollars le baril, le trafic annuel a été estimé entre 250 à 600 millions de dollars, comme pour le gaz, 350 millions de dollars, ainsi que la vente d'un certain nombre de produits agricoles et notamment céréaliers.
    Mais au-delà de ce trafic des ressources naturelles, l'Etat islamique a aussi utilisé les prises d'otages pour obtenir des rançons et le trafic d'œuvres d'arts, même si dans ce domaine il n'est pas le seul trafiquant du Proche et Moyen-Orient.
    Mais, Daech ne tire pas ses revenus que de ressources internes. On estime en effet qu'il a reçu des aides directes de certaines grandes familles du Proche et du Moyen-Orient, des pays du Golfe et des fonds collectés par des candidats au Jihad. Il a bénéficié de multiples micro-flux de dons obtenus par de nombreux moyens, y compris des envois par Western union et système de l'Hawala, cet ancêtre de la lettre de change des banquiers génois ; des cartes prépayées dont certaines aux Etats Unis peuvent stocker jusqu'à un million de dollars.
    Sur tous ces points on peut lire avec intérêt le rapport d'information de l'Assemblée nationale n° 3964 de J.F Poisson et Kader Arif ( juillet 2016), auquel j'ai participé.
    Le système de financement d'al-Qaïda - en dehors des ressources internes propres au Califat de Daech - est très similaire et a bénéficié de nombreux soutiens et dons de familles des pays du Golfe.
    Le terrorisme de voisinage
    Mais aujourd'hui le financement du terrorisme change de nature avec ce que l'on doit appeler le terrorisme de voisinage qui ne fait plus l'objet d'opérations complexes préparées avec soin à travers de multiples relais.
    On assiste en effet à la naissance d'un nouveau terrorisme animé de la même idéologie bénéficiant de soutiens en réseau - il n'existe pas de loup solitaire - mais agissant avec des moyens « modestes ». C'est la location d'un simple camion ou voiture (Nice, Berlin, Londres, New York), ou l'utilisation d'un simple couteau de cuisine d'un assassin qui frappe au hasard dans la rue comme à Marseille.
    La question du financement ne se pose malheureusement plus à ce niveau de mobilisation de moyens rudimentaires, c'est le terrorisme de la 5ème colonne.
    Dans ce cas, on constate que des individus peuvent se radicaliser et passer à l'acte en l'espace de quelques semaines, et échapper à la vigilance des services spécialisés.
    Comment lutter contre les réseaux de financement
    Le terrorisme organisé, planifié par Daech représente toujours malgré ses revers sur le terrain en Irak et en Syrie un réel danger, tout comme Al-Qaïda. Les Etats occidentaux ont mis en place de nouveaux moyens pour identifier des mouvements de flux financiers suspects.
    Tracfin
    En France notamment, la loi du 3 juin 2016 contre le crime organisé et le terrorisme a renforcé les moyens de Tracfin. Tracfin a été créé par la loi du 12 juillet 1990, à la suite du G7 de juillet 1989.
    Tracfin signifie : Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins. Sa mission est de lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du crime organisé dont le terrorisme.
    Tracfin agissait jusqu'alors sur des signalements des banques qui ont l'obligation d'informer Tracfin des mouvements douteux.
    Désormais, Tracfin peut signaler aux banques de surveiller tel ou tel profil d'individu ou de société.
    Il met ainsi en place une surveillance des personnes à risques.
    Les paiements anonymes
    - la loi a abaissé de 3000 à 1000 euros le paiement en espèce pour les résidents français
    - l'opération de change anonyme a été abaissée de 8000 à 1000 euros
    - tout retrait ou dépôt de plus de 10000 euros par mois est signalé à Tracfin
    - tout dépôt de 50 000 euros doit justifier sa provenance.
    cartes prépayées
    La loi française du 3 juin 2016 a limité la capacité d'une carte prépayée à 250 euros et elle ne peut plus être alimentée en espèces.
    Malheureusement, ces règles rigoureuses ne sont pas toujours adoptées par d'autres Etats, notamment aux Etats-Unis.
    La lutte contre le financement du terrorisme, ressources internes et externes , ne suffit pas.
    Il faut aussi lutter contre la diffusion de l'idéologie qui est une idéologie mortifère, eschatologique, et totalitaire.
    L'Etat islamique a su notamment parfaitement s'adapter aux nouveaux moyens de communication en réseau tel internet, grâce à la diffusion de magazines , en une dizaine de langues, très structurés comme Dabiq, Dar Al Islam, en langue française.
    De la même manière, les réseaux comme Twitter et Facebook ne réagissent pas toujours assez rapidement aux diffusions de vidéos mis en ligne par Daech qui maîtrise leur utilisation pour sa propagande.
    Il a fallu plus de 11 heures à Facebook pour supprimer la vidéo des massacres perpétrés par les terroristes à Paris au Bataclan le 13 novembre 2015.
    De surcroît, les Etats-Unis répugnent à fermer les sites hébergeurs installés chez eux au nom du 1er amendement qui garantit la liberté d'expression.
    Néanmoins, la loi française du 13 novembre 2014 sanctionne lourdement toute apologie du terrorisme sur internet, 7 ans de prison et 100 000 euros d'amendes.
    De surcroît , Daech maîtrise également la communication cryptée et donne des conseils bien précis à ses adeptes et recommande l'utilisation du logiciel «  Telegram » qui semble pour l'instant incassable aux services spécialisés.
    Conclusion
    La question du financement du terrorisme reste une question d'importance pour lutter contre un mouvement criminel qui veut imposer la charia, mais son idéologie franchisée et diffusée par des fanatiques prosélytes dépasse très largement aujourd'hui la question du financement. Il s'agit bien de livrer bataille sur le plan idéologique à ce qui apparaît être une véritable secte islamique.
    Relevons enfin que les programmes de déradicalisation sont loin d'être efficaces en revanche l'action individuelle et personnalisée mais surtout préventive peut permettre d'enrayer la radicalisation elle-même. 

     

  • Newsletter complète du 13 septembre de Jean René Belliard

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