MAURITANIE

  • Algérie/Maroc : Trois Algériens tués dans un bombardement attribué au Maroc

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    Trois algériens ont été tués lundi dans un bombardement attribué au Maroc ayant pris pour cible des camions faisant la liaison entre la Mauritanie et l'Algérie, a affirmé mercredi l'agence officielle APS.
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    L'agence, citant un communiqué de la présidence algérienne, a affirmé que "trois ressortissants algériens ont été lâchement assassinés par un bombardement barbare de leurs camions alors qu'ils faisaient la liaison Nouakchott-Ouargla". Selon elle, "plusieurs facteurs désignent les forces d'occupation marocaines au Sahara occidental comme ayant commis, avec un armement sophistiqué, ce lâche assassinat".

    L'Algérie a promis une réponse dure au Maroc, suite à cet incident à la frontière entre le Sahara occidental et la Mauritanie. La présidence algérienne a déclaré un bref communiqué : "L'assassinat de nos concitoyens ne restera pas impuni, et les autorités compétentes prennent les mesures nécessaires pour enquêter sur leur mort".

    Le communiqué a précisé que l'incident s'était produit le premier jour de novembre alors que les Algériens célébraient le jour de la Révolution.

     

     

     

  • La région du Sahel sur les traces du scénario afghan (Analyse)

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    (Mustapha Dalaa)
    La chute de l’Afghanistan aux mains des Taliban menace d’embraser davantage la région du Sahel, concomitamment avec la recrudescence des attaques armées perpétrées dans la région, en particulier au Mali, dont les Nations Unies avaient mis en garde quant à son éventuel effondrement, dès lors que la situation a franchi le seuil de la gravité.

    En effet, Iyad Ag Ghali, chef du « Groupe de soutien de l’islam et des musulmans » (GSIM), affilié à al-Qaida dans la région du Sahel, avait félicité, dans une vidéo enregistrée, diffusée depuis plusieurs semaines, le Mouvement des Taliban pour ses victoires remportées en Afghanistan.

    Fondateur du Mouvement « Ansar Eddin » - qualifié par nombre d’observateurs de « Taliban des Azawad » - Ag Ghali est l’un des principaux leaders des Touaregs au Mali.

    Ancien consul de l’Etat malien en Arabie Saoudite, Iyad Ag Ghali vise, actuellement, à cloner l’expérience des Taliban, qui ont récupéré le pouvoir en Afghanistan, après le retrait de l’armée américaine.

    Parmi les facteurs qui encouragent le chef touareg à rééditer la même expérience figure la faiblesse du régime malien. En effet, ce pays a été le théâtre de trois putschs depuis 2012, ainsi qu'une récente décision française prévoit de mettre fin à l’opération militaire « Barkhane » au Sahel et le retrait total du nord du Mali, à l’orée de l’année 2022. Il est prévu que les forces françaises se retirent progressivement des villes de Kidal, de Tombouctou et de Tessalit au début de l’année prochaine.

    Ag Ghali indique, que la décision de la France de se retirer du Mali et de mettre un terme à son opération militaire après signifie qu'elle a échoué à atteindre les objectifs qu’elle s’était fixés.

    Le retrait français du Nord du Mali aboutira logiquement à faire assumer la mission sécuritaire, en premier lieu, aux forces onusiennes, au nombre de 15 000, ainsi qu’à l’armée malienne, présente en effectifs moindres dans ces zones. De plus, l’Algérie, pays limitrophe du Mali (nord), sera également concernée, d’autant plus que ce pays avait déjà été l’objet d’une attaque d’envergure lancée par les groupes armés depuis le territoire malien.

    Un Etat menacé de dislocation
    La situation sécuritaire précaire, la recrudescence des attaques terroristes, l’absence d’une autorité élue et stable, la réduction du soutien international, le réchauffement climatique qui génère des retombées en termes de sécheresse et d’inondations inattendues, et les conflits tribaux entre agriculteurs et nomades, sont autant de crises qui ne menacent pas uniquement le régime actuel de chute mais qui pourraient générer l’effondrement, voire la disparition de l’Etat.

    L’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme au Mali, Alioune Tine, a déclaré, le 6 août courant, que « la propagation rapide de la violence au Mali menace la pérennité de l’Etat en soi. La grave et durable détérioration de la situation sécuritaire a dépassé le seuil de la gravité ».

    Au terme d’une visite de 11 jours au Mali, l’expert onusien a souligné que « L’Etat faible et impuissant fait face à une grande difficulté pour assumer le rôle qui est le sien, s’agissant notamment de la protection de la population civile contre le danger que représentent les groupes armés qui prolifèrent partout dans le pays ».

    Le 27 juillet dernier, le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM) avait revendiqué huit opérations armées commises contre les forces onusiennes, l’armée malienne et les unités françaises durant le même mois.

    Le GSIM est une coalition d’organisations terroristes, en l’occurrence, l’organisation d’al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), le régiment des Mourabitoune (qui a fait scission de l’AQMI), le Front de Libération de Macina et le groupe Ansar Eddine.
    De plus, l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) évolue dans la région de Gao, proche des frontières avec le Niger et ses attaques sont plus sanguinaires et plus violentes.

    Une dangereuse spirale de violence
    Le Mali n’est pas le seul pays de la région à souffrir de la grave menace sécuritaire. En effet, le Niger et le Burkina Faso partagent les mêmes risques, en particulier, dans la zone du « Triangle frontalier ».
    Durant le mois d’août, la zone du « Triangle frontalier » s’est transformée en des « marécages de sang », des suites des attaques armées qui ont fait pas moins de 250 morts, dont des femmes et des enfants.

    Le 18 août, une attaque perpétrée par quelque 400 éléments armés non-identifiés, contre un convoi dans le nord du Burkina-Faso, avait fait 120 victimes, dont 65 civils et 55 militaires. 58 assaillants ont péri dans cette attaque, selon des sources locales et médiatiques.

    Au Mali, 51 civils ont été tués dans une opération armée lancée, le 8 août contre trois villages situés dans la région de Gao, à proximité des frontières avec le Niger. Le 19 du même mois, ce sont 15 soldats maliens qui furent victimes d’une opération similaire dans le centre du pays.

    Le Niger aussi a été touché de plein fouet par la folie sanguinaire des groupes armés. En effet, trente-sept civils, dont seize enfants, ont été assassinés lors d’une attaque commise, le 14 août, dans la région de Tillabéri, située dans le fameux « Triangle frontalier ».

    Le 21 août, des éléments armés ont attaqué à nouveau la mène zone, faisant 17 morts, tous des civils.

    Quelques jours auparavant, le 11 août, des assaillants armés ont tué quinze civils près des frontières du Niger avec le Mali.

    Les armées du Mali, du Niger et du Burkina Faso, appuyées par 1200 soldats tchadiens et des soldats mauritaniens, dans le cadre de la Coalition G5 Sahel, en plus de 5100 militaires français et 15000 soldats onusiens, des centaines d’éléments des forces spéciales européennes (Opération Takuba) et des centaines de membres des forces américaines déployés dans les Etats du Sahel, ne sont pas parvenus à stopper le bain de sang qui secoue la région du Triangle frontalier.

    La situation est extrêmement dangereuse et le Mali, théâtre de deux coups d’Etat en 2020 et en 2021, semble le maillon faible parmi les pays du Sahel.

    L’Organisation al-Qaida s’apprête, d’ailleurs, à proclamer un « émirat islamique » dans le nord du Mali, à l’instar de ce qui se passe en Afghanistan, et ce avant même le parachèvement du retrait français de la région, au début de l’année 2022.

    Cette situation a poussé l‘Algérie à faire part de son « inquiétude quant à la reprise et à la recrudescence du rythme des graves attaques terroristes » dans plusieurs Etats du Sahel au cours des semaines écoulées.


    Les Touaregs peuvent entraver le projet d’al-Qaida
    A l’exception de la branche Ag Ghali, les Mouvements armés Touaregs (Amazighs) et arabes (Azawad), déployés dans le nord du Mali, sont en mesure d’avorter le projet d’al-Qaida visant à proclamer un « Emirat islamique » qui pourrait s’étendre jusqu’au Darfour, dans l’ouest du Soudan.

    L’Algérie pourrait envisager d’intervenir pour empêcher la mise en place d’une alliance entre les Mouvements Touaregs et Azawad d’une part et l’organisation d’al-Qaida d’autre part, comme cela s’était passé en 2012, comptant en cela sur sa fine connaissance des tribus de la région, qui constituent une extension humaine, au-delà de ses frontières, en Afrique sub-saharienne.
    Cette réalité est parfaitement saisie par les Nations Unies dans le but d’empêcher la chute du Nord du Mali dans l’escarcelle d’al-Qaida ou dans le giron de Daech, après le retrait de l’armée française de la région.

    Le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le diplomate mauritanien El-Ghassim Wane , a mis l’accent sur l’importance capitale que revêt l'Accord de Paix et de Réconciliation issu du processus d’Alger de 2015, "devenu inéluctable pour garantir une stabilité durable au Mali".

    Le responsable onusien a ajouté que c’est à la faveur de l’application de l'Accord d’Alger que les parties signataires sont convenues, pour la première fois au Mali à « faire taire les armes ».
    Néanmoins, ce que ne dit pas clairement Wane c’est que les atermoiements de Bamako à mettre en œuvre certains points de l'Accord d’Alger pourraient inciter les Touaregs à se rebeller à nouveau et, pourquoi pas, à s’allier avec les groupes djihadistes pour se séparer du Mali.

    Toutefois, ce scénario est peu probable dans la mesure où les groupes djihadistes s’étaient déjà rétractés des accords passés avec les mouvements rebelles, Touaregs et Azawad, après l’expulsion de l’armée malienne des villes du nord, en 2012, pour s’emparer seuls de l’ensemble de la région.

    La réédition du scénario afghan dans la région du Sahel n’est pas exclue, si les pays de la zone et leurs composantes tribales majeures ne s’activent pas à contrer ce projet avec l’aide des pays limitrophes. Toutefois, al-Qaida et Daech diffèrent dans leur philosophie de combat des Taliban qui demeure un groupe local, tandis que les deux autres organisations ne reconnaissent pas les frontières nationales.

  • G5-Sahel : Les ministres de la Défense du G5 Sahel discutent d'une nouvelle approche sécuritaire

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    Les ministres de la Défense des pays du G5 Sahel ont entamé, mardi après-midi 31 août 2021, une réunion extraordinaire à Niamey, en présence des chefs d'état-major des armées de leurs pays.

    "En prenant cette initiative de nous retrouver à Niamey, il s'agira pour nous de définir une approche à adopter pour minimiser les conséquences que peut engendrer cette nouvelle donne sécuritaire", a déclaré le ministre nigérien de la Défense Alkassoum Indatou.

    "Aujourd'hui, tout en saluant les efforts entrepris à divers niveaux, force est de constater que la situation sécuritaire sur l'ensemble de notre espace commun reste imprévisible et volatile", a-t-il ajouté, précisant que cette situation "demeure particulièrement préoccupante dans le fuseau centre de la Force conjointe du G5 Sahel, communément appelé zone des trois frontières ou du Liptako-Gourma, avec la menace persistante et croissante des activités des groupes terroristes".

    Dans son discours d'ouverture de la rencontre, le ministre tchadien de la Défense et président du conseil des ministres de la Défense du G5 Sahel, le général Daoud Yaya Brahim a indiqué que la lutte contre le terrorisme au Sahel nécessite une "mutualisation" des efforts des différents pays de l'espace et l'appui des forces alliées.

    "La question sécuritaire doit être une priorité afin de préserver cet espace du banditisme transfrontalier, du trafic illicite et du terrorisme", a-t-il déclaré.

    "Nous devons mutualiser les ressources pour arriver à cet objectif, celui de sécuriser la bande du Sahel afin de permettre une libre circulation des personnes et des biens", a insisté le ministre Daoud Yaya Brahim.

    La rencontre de Niamey qui s'achève ce mercredi 1er septembre 2021, va déboucher sur des recommandations qui seront soumises aux chefs d'État des pays du G5 Sahel en vue d'une réorientation de la lutte contre le terrorisme au Sahel.

    Le G5 Sahel est un cadre institutionnel de coopération et de suivi de politiques de développement et de sécurité créé lors d'un sommet organisé les 15 et 17 février 2017 par cinq États du Sahel : Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad.

    Il est doté d'un Secrétariat permanent et d'une Force conjointe chargée de lutter contre le terrorisme.

  • Sahara Occidental : Nous avons réglé définitivement la question du passage frontalier de Guerguerat, affirme le Maroc

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    Le Chef du gouvernement marocain, Saâd Eddine El Othmani, a considéré, jeudi, « El Guerguerat » comme étant « un passage frontalier international important », soulignant que son pays a tranché définitivement cette question et que le passage ne sera plus fermé de nouveau.

    El Othmani a déclaré, dans un discours prononcé lors de la réunion du Conseil gouvernemental, que le passage frontalier « n’est plus exclusivement Marocain, et ne concerne pas uniquement les Marocains ou exclusivement la Mauritanie, mais c’est une route qui concerne le commerce international, y compris le commerce entre des pays européens et un certain nombre de pays africains ».

    « Le roi, que Dieu le préserve, a pris la décision au moment opportun pour remédier à la situation, par l’intervention des forces armées royales, sans faire usage des armes et sans friction avec les éléments des milices séparatistes, puis en établissant une ceinture de sécurité, ce qui a permis de régler le problème définitivement », a-t-il expliqué.

    « Après la fermeture du passage durant trois semaines par des éléments séparatistes, cette opération a réglé définitivement la question », a-t-il dit.

    El Othmani a prédit dans ce sens que « les éléments et les milices séparatistes ne reviendront pas une autre fois pour bloquer cette route. »

    « La sécurisation du passage, a permis un changement stratégique, surtout que les séparatistes l’ont toujours exploité contre le Maroc et ses intérêts, pour fomenter des problèmes et interférer dans le dossier marocain, à l’approche des réunions du Conseil de sécurité pour la publication de sa résolution annuelle», a-t-il martelé.

    Le 30 octobre dernier, le Conseil de sécurité, avait décidé de prolonger le mandat de la Mission des Nations Unies pour l´organisation d´un référendum au Sahara occidental (MINURSO), pour une année supplémentaire, jusqu’au 31 octobre 2021.

    « Le Maroc est intervenu dans l’intérêt de la paix, et pour libérer une route internationale dans le but de garantir la liberté de circulation des civils et du commerce, conformément au droit international, aux besoins de la région et à l’accord de cessez-le-feu », a déclaré le chef du gouvernement marocain.

    El Othmani a salué « les pays africains et arabes frères et amis, ainsi que les organisations islamiques et arabes, qui ont fait valoir explicitement la démarche marocaine, et ont déclaré leur soutien à la position du Royaume ».

    Rabat avait annoncé, samedi, la reprise du mouvement de transport avec la Mauritanie au point de passage frontalier de «Guerguerat», après l’intervention de l’armée marocaine, suite à sa fermeture par des membres alliés au Front Polisario, depuis le 21 octobre dernier.

    En réponse à la décision du Maroc, le Front Polisario a déclaré, le même jour, qu’il ne respectera pas l’accord de cessez-le-feu qu’il avait conclu avec le Maroc en 1991 sous l’égide de l’ONU.

    Le conflit opposant le Maroc au Polisario sur la Région du Sahara a commencé en 1975, soit après la fin de l’occupation espagnole dans la région.

    Le conflit s’est transformé en affrontement armé qui s’est poursuivi jusqu’à 1991, année de la signature d’un accord de cessez-le-feu qui considère la zone de Guerguerat comme étant « démilitarisée ».

    Rabat revendique son droit sur la région du Sahara et propose une autonomie élargie sous sa souveraineté, tandis que le Polisario exige un referendum d'autodétermination, une proposition soutenue par l'Algérie, qui abrite des réfugiés de la région.

  • Sahara occidental : Les combats se poursuivent, selon le Polisario

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    (Photo ci-dessus : route de Guerguerat)

    Le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui, a affirmé samedi poursuivre les combats au Sahara occidental alors que plusieurs pays appellent à respecter le cessez-le-feu de 1991, après l'opération militaire lancée vendredi (photo) par le Maroc dans une zone-tampon de ce territoire disputé, à la frontière de la Mauritanie.

    Le regain de tensions dans l'ancienne colonie espagnole que se disputent le Maroc et le Polisario depuis des décennies, a suscité de l'inquiétude à l'ONU, à l'Union africaine (UA) mais aussi en Algérie, en Mauritanie, en France, en Espagne ou même en Russie, pays qui suivent de près ce dossier.

    Le cessez-le-feu signé entre belligérants marocains et sahraouis sous l'égide de l'ONU en 1991 "appartient au passé" et "les combats continuent", a répété avec force samedi le Polisario.

    Ibrahim Ghali, secrétaire général du Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée en 1976 par les indépendantistes, a fait savoir qu'il avait "déclaré l'état de guerre" et décrété "la reprise des actions armées, afin de protéger les droits inaliénables de notre peuple".

    Vendredi, Rabat avait annoncé avoir lancé une opération militaire dans la zone-tampon de Guerguerat, à l'extrême sud du Sahara occidental, afin de rouvrir la route conduisant vers la Mauritanie voisine. Le Maroc accusait "le Polisario et ses milices" de bloquer depuis trois semaines la circulation au niveau du poste-frontière de Guerguerat, sur cet axe routier essentiel pour le trafic commercial vers l'Afrique de l'Ouest.

    "Eviter l'escalade"
    L'état-major général marocain a indiqué vendredi soir que le passage de Guerguerat était "complètement sécurisé via la mise en place d'un cordon de sécurité par les forces armées royales", tandis que les Affaires étrangères répétaient que "le Maroc reste fermement attaché au cessez-le-feu".

    De son côté, le ministre de la Défense de la RASD a affirmé vendredi soir que les forces sahraouies avaient mené des "attaques massives" le long du mur de défense marocain dans les zones de Mahbès, Haouza, Aousserd et Farsia, avec "des dégâts humains et matériels chez l'ennemi". Il n'a pas été possible de vérifier ces informations de source indépendante.

    "C'est faux !", a réagi une source informée jointe par l'AFP à Rabat, en soulignant que ni l'état major marocain ni les casques bleus de la Minurso ne faisaient état d'actions le long du mur de 2700 km qui coupe en deux l'immense territoire désertique au statut non réglé depuis le départ des colons espagnols.

    Vendredi, le chef de l'ONU, Antonio Guterres, a dit "regretter" que ses efforts des derniers jours pour "éviter une escalade" aient échoué. Pour sa part, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, a exprimé sa "profonde préoccupation", en s'inquiétant des "menaces graves de rupture du cessez-le-feu".

    La Mauritanie et l'Algérie, pays voisins impliqués dans des négociations politiques au point mort depuis 2019, ont appelé à la "retenue" et à l'arrêt des actions militaires. Paris a exhorté les deux camps à "tout faire pour éviter l'escalade et revenir au plus vite à une solution politique". Moscou a enjoint les parties à "éviter tout mouvement pour exacerber la situation", tandis que, dans la même veine, Madrid appelait à la "retenue et à la responsabilité" pour préserver "la stabilité dans cette région stratégique située à la charnière de l'Afrique et de l'Europe". De leur côté, la Jordanie, l'Arabie saoudite et les monarchies du Golfe ont apporté leur soutien au Maroc, selon des communiqués relayés par l'agence marocaine MAP.

    La Minurso a déployé sur le terrain "une équipe spéciale composée de civils et de militaires depuis le début de la crise" et des observateurs militaires devaient rester sur place toute la nuit, a précisé vendredi Stéphane Dujarric, le porte-parole du chef de l'ONU, au cours d'un briefing à New York.

    Le Maroc contrôle 80% de l'ancienne colonie espagnole, ses gisements de phosphate et ses eaux poissonneuses dans sa partie ouest, le long de l'océan Atlantique. Il veut une "autonomie sous contrôle" du territoire, où de grands chantiers de développement marocains ont été lancés ces dernières années.

    Le Polisario, qui a proclamé une République sahraouie (RASD) en 1976, milite pour l'indépendance et réclame un référendum d'autodétermination prévu par l'ONU lors de la signature de l'accord de 1991 mais sans cesse repoussé.

  • Maroc : Opération de l'armée marocaine dans une zone-tampon au Sahara occidental

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    Le Maroc a annoncé vendredi 13 novembre avoir lancé une opération militaire dans la zone-tampon de Guerguerat, près de la Mauritanie, en dénonçant "les provocations du Polisario" au Sahara occidental, ancienne colonie espagnole au statut toujours indéfini. Environ 200 routiers sont bloqués depuis environ trois semaines à ce poste-frontière, à l'extrême sud du territoire désertique que se disputent depuis des décennies le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario soutenus par l'Algérie, malgré les efforts de règlements de l'ONU.

    "Le Polisario et ses milices qui se sont introduits dans la zone depuis le 21 octobre ont mené des actes de banditisme, bloqué la circulation et harcelé continuellement les observateurs militaires de la Minurso", la force d'interposition de l'ONU, précise un communiqué du ministère des Affaires étrangères marocaines. Le but de l'opération en cours est de "mettre un terme à la situation de blocage" et "restaurer la libre circulation civile et commerciale" sur la route qui conduit vers la Mauritanie, selon la même source.

    Selon un haut responsable des Affaires étrangères joints par l'AFP, des hommes du génie civil de l'armée marocaine ont été déployés à une dizaine de km du poste-frontière pour "colmater une brèche" dans le mur qui sépare les deux camps dans l'immense territoire désertique, de façon à "rendre impossible l'accès à la zone".

    Depuis environ trois semaines, des milices, comprenant quelque 70 hommes armés "s'attaquent à des camionneurs, interdisent la circulation, procèdent à du racket", selon la même source. Jusque là, "le Maroc a fait preuve de retenue" mais "les appels de la Minurso et du secrétaire général de l'ONU (...) sont malheureusement restés vains", a souligné le haut responsable marocain en affirmant que l'ONU, la Mauritanie et "d'autres pays impliqués dans le dossier" avaient été prévenus de l'opération. La semaine dernière, environ 200 routiers marocains ont lancé un appel au secours aux autorités du Maroc et de la Mauritanie en se disant bloqués par des "milices affiliées à des séparatistes", au poste-frontière de Gerguerat.

    Le Polisario réplique à l'opération de l'armée marocaine
    Les forces du Front Polisario, mouvement indépendantiste soutenu par l'Algérie, répliquent à l'armée marocaine qui a déclenché une opération militaire au Sahara occidental dans la zone-tampon de Guerguerat, près de la Mauritanie, a affirmé vendredi à l'AFP le chef de la diplomatie sahraouie. "C'est une agression. Les troupes sahraouies se retrouvent en situation de légitime défense et répliquent aux troupes marocaines", a déclaré Mohamed Salem Ould Salek, interrogé au téléphone depuis Alger. "La guerre a commencé. Le Maroc a liquidé le cessez-le feu" signé en 1991, a-t-il ajouté.

    La Mauritanie renforce ses positions à la frontière
    Nouakchott a annoncé mercredi que l'armée mauritanienne avait renforcé ses positions à la frontière avec le Sahara occidental "pour parer à toute éventualité".

    Le conflit du Sahara occidental
    Le statut du Sahara occidental, classé "territoire non autonome" par les Nations unies en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario soutenus par l'Algérie. Le Maroc contrôle plus des deux tiers de ce vaste territoire désertique, dans sa partie ouest, le long de l'océan atlantique. Un cessez-le-feu a été signé en septembre 1991 sous l'égide de l'ONU, après 16 ans de guerre. Les négociations menées par l'ONU et impliquant le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la Mauritanie sont suspendues depuis plusieurs mois.

    La région de Guerguerat a déjà été au centre de vives tensions entre le Polisario et le Maroc, notamment début 2017. Les indépendantistes sahraouis dénoncent l'existence de cette route que Rabat considère comme essentielle pour ses échanges avec l'Afrique subsaharienne.

  • Mali : L'attentat de "La Terrasse" à Bamako en 2015 est une "vengeance" pour les caricatures de Charlie Hebdo, selon un accusé

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    Le jihadiste mauritanien Fawaz Ould Ahmed, dit "Ibrahim 10", a reconnu mercredi être l'auteur de l'attentat du bar-restaurant La Terrasse à Bamako qui avait fait cinq morts en mars 2015, se disant "fier" d'avoir agi "par vengeance" après la publication de caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo.

    "C'est nous qui l'avons fait, (le groupe jihadiste) Al-Mourabitoune. On n'a pas honte, on est fiers. Par vengeance du prophète, après ce qu'ils ont fait à Charlie Hebdo. C'est les photos, les caricatures", a-t-il déclaré devant la Cour d'assises de Bamako, qui l'interrogeait au deuxième jour de son procès.

    Dans le même contexte, le chef du JNIM menace la France pour les caricatures du prophète
    Le canal Voice of Al Qaida a publié une déclaration du chef du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM en anglais), le chef touareg malien Iyad Ag Ghali, dans laquelle il affirme: "Il n'y a rien de bon en nous si nous ne vengeons pas pour notre prophète". Il s'agit du premier commentaire officiel des groupes djihadistes sur les dernières caricatures de Charlie Hebdo .