Massoud Ahmad,

  • Tadjikistan : Les tensions à la frontière entre l'Afghanistan et le Tadjikistan s'aggravent dangereusement 

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    La situation à la frontière entre l'Afghanistan et le Tadjikistan s'aggrave et les possibilités d'un conflit armé augmentent.

    Les deux parties envoient des troupes à la frontière et il semble que ce ne soit qu'une question de temps jusqu'à ce qu'un incident de tir provoque une réaction en chaîne qui mène aux hostilités.

    Les relations entre les deux pays voisins se sont détériorées après l'arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan. Cela est principalement dû à la rhétorique du côté du Tadjikistan, le président Rahmon s'est exprimé en faveur du Front Nationale de Résistance (FNR), et en soutien au chef de l'Alliance du Nord, Ahmad Shah Massoud, qui a pris les armes contre les talibans.

    De plus, les dirigeants tadjiks du Panjshir opèrent à partir de Douchanbé et  s'opposent également à l'idéologie des talibans.

    Le 27 Septembre e , Président Rahmon a organisé un défilé dans Darvaz, exactement à la frontière de l' Afghanistan.

    L'évènement a vu défiler des gardes frontières, ainsi que des troupes au sol, en plus des forces de l'ordre. 

    Au total, 2 000 militaires et 50 unités de matériel militaire ont pris part au défilé. 

    Le district de Darvaz fait partie de la région autonome du Gorno-Badakhchan et est frontalier de l'Afghanistan.

    Avant cela, Rahmon avait fait des déclarations critiques du mouvement taliban.

    Le 23 Septembre 2021, prenant la parole au 76e Assemblée Générale des Nations Unies, il a appelé à des élections indépendantes en Afghanistan et la création d'un gouvernement incluant tous les groupes ethniques, y compris les Tadjiks afghans.

    Le Tadjikistan craint également que les talibans cherchent à infiltrer le pays. Un responsable anonyme du Service frontalier du Tadjikistan, une branche du Comité national de sécurité de l'État, a confirmé que les autorités tadjikes examinent les informations provenant de diverses sources selon lesquelles des militants islamiques préparaient des infiltrations depuis le nord de l'Afghanistan.

    Washington profiterait des tensions dans la région dans sa stratégie contre Pékin
    Le Tadjikistan voit la main des États-Unis derrière ce regain de tension entre l'Afghanistan et le Tadjikistan. Des tensions dans cette région pourraient entraver l'expansion de la Chine dans la région.

    Pékin a un intérêt et beaucoup à gagner si la région se stabilise. La Chine est le principal créancier de l'économie tadjike, ce qui signifie que Pékin a un moyen de pression pour calmer l'ardeur des Tadjiks.

    La Chine créancier majeur du Tadjikistan et mainmise des Chinois sur les ressources minières du Tadjikistan, notamment sur les Terres Rares
    Selon les dernières données, le Tadjikistan doit à la Chine plus de 1,2 milliard de dollars, tandis que la dette extérieure totale selon le ministère des Finances du Tadjikistan au 1er octobre 2020 est d'environ 3,2 milliards de dollars. Pour faire simple, plus d'un tiers de la dette extérieure du Tadjikistan est dû à la Chine. Selon les dernières données, environ 80% des gisements d'or de la république sont déjà exploités par des entreprises chinoises. La même situation prévaut pour les métaux rares, pour lesquels la Chine bénéficie d'une domination totale. Et pour empêcher le Tadjikistan de la concurrencer, Pékin a utilisé ses alliés locaux pour expulser les sociétés étrangères engagées dans l'exploitation des terres rares, notamment les Canadiens, sans apparemment de réactions d'Ottawa. 

  • Afghanistan : Combats dans le Panjshir - l'annonce du gouvernement taliban encore différée

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    Les talibans ont à nouveau différé, samedi 4 septembre 2021,  l'annonce de leur gouvernement dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panjshir.

    Querelles entre leaders talibans
    La situation dans le Panchir, l'un des derniers foyers d'opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi. 

    Mais ce n'est pas la principale raison pour expliquer le retard. Le bruit court qu'il y a eu un affrontement violent entre les éléments du groupe de Khalil Haqqani et Ghani Baradar au sujet de la direction du futur gouvernement.
    Des sources fiables rapportent une forte opposition entre Durrani et Ghilji. Le réseau Haqqani, dirigé par Anas Haqqani et Khalil Haqqani à Kaboul, et les mollah Baradar et Mullah Yaqub à Kandahar, se sont affrontés pour savoir qui dirigera le nouveau gouvernement. Aucun progrès n'a été fait jusqu'à présent.

    Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d'accès, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi  de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

    A Kaboul vendredi soir, des rafales ont été tirées pour célébrer une victoire talibane dans le Panjshir que des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, disaient acquise. Mais les talibans n'ont fait aucune annonce officielle et un habitant du Panchir a affirmé à l'AFP par téléphone que ces annonces étaient fausses.

    "La résistance continue" 
    Réfugié dans la vallée du Panjshir, l'ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une "situation très difficile" dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la "résistance continu(ait et continue(rait". Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans ont "choisi le chemin de la guerre".

    Les affrontements sont particulièrement violents dans les secteurs de khawak et Shutul où les Talibans ont réussi à progresser. A Khawak, les talibans ont répété les erreurs de l'armée nationale afghane qu'ils avaient mise en déroute. Jouant avec leurs nouveaux joujoux, les fabuleux équipements militaires qu'ils ont capturés à l'armée afghane, ils ont voulu les utiliser sans vraiment savoir comment s'y prendre, loin de leurs habitudes de combattants en sandales. A plusieurs occasions, ils se sont enfermés dans leurs Humvee sans sortir, offrant une cible facile à la résistance sur des routes de montagne à peine praticables. Les combattants de la résistance les ont pilonnés, leur ordonnant de se rendre sinon ils allaient mourrir. Les talibans pris au piège ne pouvaient pas compter sur des renforts, eux-mêmes accrochés par les forces de la résistance.

    Au-delà des questions sécuritaires, qu'elles soient liées à la vallée du Panjshir ou à la menace de la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique, l'urgence pour le nouveau régime sera avant tout économique. Ravagée par quatre décennies de conflit, l'économie afghane est en lambeaux, privée d'une aide internationale dont elle dépend et qui a été largement gelée. "L'Afghanistan fait face à une catastrophe humanitaire imminente", a prévenu vendredi l'ONU, qui tiendra le 13 septembre à Genève (Suisse) une réunion entre Etats membres afin d'accroître l'aide humanitaire au pays.

    Le Qatar a annoncé de son côté avoir acheminé samedi en Afghanistan 15 tonnes d'aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre "dans les jours qui viennent". Des "vols internationaux" seront "bientôt opérés", a assuré à la chaîne d'informations Al-Jazeera l'ambassadeur du Qatar en Afghanistan, Saeed bin Mubarak Al-Khayarin. Le radar, la tour de contrôle et le tarmac ont été réparés et la sécurité est assurée dans et autour de l'aéroport de Kaboul, a-t-il ajouté.

  • Afghanistan : Confusion sur l'évolution des combats au Panjshir - Les talibans affirment avoir vaincu toute résistance - Le FNR réfute

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    Les talibans affirment avoir pris le contrôle de la majeure partie du territoire de l'État du Panjshir, ajoutant qu'Ahmad Masoud et Amrullah Saleh auraient fui vers le tadjikistan et que la résistance du Panjshir aurait cessée. 

    Le porte-parole des talibans, Bilal Karimi, a déclaré dans la soirée : "Le Panjshir est désormais sous notre contrôle total."

    Dashti Fahim.jpegL'information a aussitôt été démentie par le Front National de la Résistance. Fahim Dashti (photo ci-contre), porte-parole du Front National de la Résistance a déclaré : 
    "Le Panjshir est sur pied, ne vous laissez pas tromper par la propagande. Des forces auxiliaires ont été envoyées sur toutes les lignes de bataille et de lourdes pertes ont été infligées à l'ennemi."

    Selon Yalda Hakim (BBC), les combats font toujours rage dans le Panjshir et la situation est fluide. Les talibans ont fait des progrès. Je viens de parler à l'un des leaders de la résistance anti-talibans, l'ancien Vice-Président AmrullahSaleh. Celui-ci a confirmé  que les rumeurs selon lesquelles il s'était enfui sont "sans fondement - il reste dans la vallée"
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    Ce qu'on sait, c'est que les talibans ont pris le plus grand district du Panjshir. Il s'agit du district de Paryan. L'offensive aurait été menée par des Tadjiks ethniques dirigés par Qari Fasihuddin Badakhshani. 

    Les talibans revendiquent également la prise du district de Shutul (ou Shattal).

    Le Panjshir compte 512 villages répartis dans 7 districts.

    Par contre, le district de Khawar était toujours sous le contrôle des forces de la résistance il y a trois. heures (16H, heure française).
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  • Afghanistan : Dernières informations (mises à jour au fur et à mesure)

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    Zabiullah Mujahid.jpegZabihullah Mujahid : La défaite américaine en Afghanistan est une grande leçon pour les autres envahisseurs
    Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid (photo ci-contre), a considéré le départ du dernier soldat américain d'Afghanistan après 20 ans de guerre comme une victoire pour tous les Afghans.
    Mujahid a souligné la volonté du mouvement de maintenir de "bonnes relations diplomatiques" avec les États-Unis.
    "Nous félicitons l'Afghanistan (...) C'est une victoire pour nous tous", a déclaré Zabihullah Mujahid sur la piste de l'aéroport de Kaboul dans la capitale afghane. "Nous voulons de bonnes relations avec les Etats-Unis et le monde", a-t-il ajouté.
    Mujahid a affirmé que la défaite des États-Unis constituait « une grande leçon pour les autres envahisseurs et pour notre future génération ».
    "C'est aussi une leçon pour le monde", a déclaré le porte-parole.
    Les talibans ont célébré le départ des dernières troupes américaines de Kaboul, mettant fin aux évacuations dirigées par les États-Unis à l'aéroport et à la guerre menée par les États-Unis en Afghanistan il y a 20 ans.

    Les talibans exécutent 14 personnes dans la province de Daikundi
    Ces trois hommes Hazara faisaient partie des 14 personnes abattues aujourd'hui par les talibans dans la province de Daikundi

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    Les Afghans fuient vers l'Iran
    Un clip vidéo sur les réseaux sociaux montre des centaines de réfugiés afghans tentant d'entrer en Iran à travers des zones accidentées. Ces Afghans ne croient pas au nouveau visage que tentent d'imposer le porte-parole des talibans.
    Les agences iraniennes ont signalé que 1 000 réfugiés afghans sont entrés en Iran par le point de passage d'Herat, et 2 000 autres ont soumis des demandes d'entrée.

    Ahmad Massoud pose ses conditions pour déposer les armes
    Ahmad Massoud s'est déclaré prêt à déposer les armes et à se retirer de la politique si les talibans établissent un gouvernement qui garantit la liberté et l'égalité entre les citoyens, partagent le pouvoir avec tous, établissent la justice et accordant l'égalité et la liberté à tous en Afghanistan. 
    Dans une déclaration à Foreign Policy, Massoud a qualifié "toutes les autres options d'inacceptables pour les représentants de la résistance".

    Le Front National de Résistance (Panjshir) affirme avoir repoussé des attaques des talibans
    La front National de Résistance (FNR) contre les talibans affirme avoir repoussé des attaques lancées par les talibans lundi soir.
    Fahim Dashti, qui s'est identifié comme membre du Second Front de Résistance, a déclaré aux médias que huit combattants talibans avaient été tués.

  • Afghanistan : "Pas question de cesser le combat", affirme Massoud

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    Massoud Ahmad 2.jpegLa résistance aux talibans dans la vallée du Panjshir, au nord est de Kaboul, ne "cessera pas le combat", a affirmé un de ses responsables, Ahmad Massoud, sans exclure pour autant de parler avec les nouveaux maîtres d'Afghanistan.

    "Il n'est pas question de cesser le combat. Notre résistance ici, dans le Panjshir, ne fait que commencer", affirme le fils du commandant Ahmed Shah Massoud, figure iconique de la résistance afghane assassinée en 2001, dans un entretien réalisé le 21 août avec Paris Match. Interrogé sur les rumeurs de reddition de ses combattants face aux talibans qui ont encerclé la vallée du Panjshir, Ahmad Massoud les qualifie de "propagande" et de "désinformation".

    Ce week-end, un porte-parole du Front national de résistance (FNR), dont Ahmad Massoud est l'un des leaders, a indiqué à l'AFP que son mouvement était prêt à résister à toute agression des talibans, mais aussi à négocier avec ces derniers sur la formation d'un gouvernement inclusif.

    "Parler est une chose. On peut parler. Dans toutes les guerres, on parle. Mais se rendre est une autre chose. Et je vous répète qu'il n'est pas question, pour mes commandants et moi, de nous rendre", déclare M. Massoud, qui se décrit en "homme de paix" à Paris Match. "Je n'accepterai jamais une paix imposée dont le seul mérite serait d'apporter la stabilité", répète-t-il. "Je ne peux d'ailleurs pas oublier l'erreur historique de ceux à qui, il y a huit jours encore, à Kaboul, je demandais des armes. Ils me les ont refusées. Et ces armes, cette artillerie, ces hélicoptères, ces tanks de fabrication américaine sont aujourd'hui aux mains des talibans !", déplore-t-il.

    « Notre demande est une grande demande, et elle ne se limite pas au Panjshir. Je ne représente pas le Panjshir seul, et notre travail n'est pas seulement pour le Panjshir. Notre lutte est pour l'ensemble de l'Afghanistan", a encore déclaré Ahmad Massoud.

    Les islamistes qui ont pris Kaboul le 15 août contrôlent quasiment tout le pays, mais une poche de résistance s'est formée dans la vallée du Panchir, autour du Front National de Résistance (FNR) emmené par Ahmad Massoud et d'Amrullah Saleh, vice-président du gouvernement déchu. Les talibans ont affirmé lundi avoir encerclé le Panjshir, mais privilégier la négociation aux combats.

    Pendant les cinq années où les talibans ont tenu l'Afghanistan, entre 1996 et 2001, le Panjshir fut l'un des rares territoires que les "étudiants en religion" ne contrôlèrent jamais.

  • Afghanistan : Derniers développements (mis à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Echange de tirs à l'aéroport de Kaboul : 1 mort
    Un garde afghan a été tué lors d'un échange de tirs tôt lundi matin 23 août 2021 à l'aéroport de Kaboul, entraînant l'intervention des forces allemandes et américaines, a annoncé l'armée allemande.
    "Ce matin à 04H13, il y a eu un échange de coups de feu entre des gardes afghans et des assaillants non identifiés à la porte Nord de l'aéroport de Kaboul. Un garde afghan a été tué et trois autres blessés", a indiqué l'armée allemande sur son compte Twitter.
    Des soldats allemands et américains ont pris part à "des échanges de tirs ultérieurs", a ajouté l'armée allemande en précisant qu'aucun soldat allemand n'avait été blessé.

    Toujours le chaos autour de l'aéroport de Kaboul
    Depuis leur entrée dans Kaboul le 15 août, les islamistes tentent de convaincre la population qu'ils ont changé, affirmant que leur politique sera moins brutale que lorsqu'ils étaient à la tête du pays de 1996 à 2001. Mais cela n'endigue pas le flot de ceux qui ne croient pas en leurs promesses et veulent partir. "L'Amérique, avec toute sa puissance et ses équipements (...), a échoué à ramener l'ordre à l'aéroport. Il y a la paix et le calme dans tout le pays, mais il n'y a que le chaos à l'aéroport de Kaboul (...) Cela doit cesser le plus tôt possible", a déclaré dimanche un haut responsable taliban, Amir Khan Mutaqi.

    Sept Afghans sont morts dans cette gigantesque cohue à l'aéroport, a annoncé dimanche le ministère britannique de la Défense, sans dire s'il parlait d'un seul incident ou de plusieurs, ni quand cela avait eu lieu.

    Un journaliste, faisant partie d'un groupe d'employés de presse et d'universitaires qui a eu la chance d'accéder à l'aéroport dimanche, a décrit des scènes d'Afghans totalement désespérés s'accrochant à leur bus au moment où ils y pénétraient. "Ils nous montraient leurs passeports et criaient: +Emmenez-nous avec vous, s'il vous plaît emmenez-nous avec vous", a raconté ce journaliste à l'AFP.

    Espérant toujours un miracle, des familles demeurent massées entre les barbelés qui entourent le périmètre séparant les talibans des troupes américaines, et l'accès à l'aéroport reste très difficile.

    Face à cette situation, les dirigeants du G7 vont tenir une réunion virtuelle mardi, a annoncé le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont le pays assure actuellement la présidence du groupe. "Il est vital que la communauté internationale travaille ensemble pour assurer des évacuations sûres, prévenir une crise humanitaire et aider le peuple afghan à protéger les progrès (réalisés) les vingt dernières années", a-t-il ajouté.

    Le président américain Joe Biden a déclaré dimanche toujours espérer que les opérations d'évacuations puissent être terminées avant le 31 août, la date fixée par son gouvernement pour le retrait complet des troupes américaines en Afghanistan. "Nous espérons que nous ne devrons pas prolonger", a déclaré le président américain, tout en laissant la porte ouverte à une extension. "Il y aura des discussions, je pense."

    Washington a réquisitionné les avions de plusieurs compagnies aériennes privées afin d'aider à l'évacuation. Ces avions ne décolleront pas de l'aéroport de Kaboul mais aideront à transporter les personnes ayant été évacuées vers des pays tiers, comme le Qatar ou les Emirats arabes unis.

    Washington prévoit d'évacuer entre 10.000 et 15.000 de ses ressortissants, et de 50.000 à 60.000 Afghans et leurs familles, selon l'administration Biden. Mais un nombre considérable d'autres personnes tentent de fuir. "Il veulent évacuer 60.000 personnes d'ici la fin du mois. C'est mathématiquement impossible", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

    Vladimir Poutine tire la sonnette d'alarme sur la présence de combattants déguisés en réfugiés
    Depuis le 14 août, environ 25.100 personnes ont été évacuées d'Afghanistan à bord d'avions militaires américains et de pays alliés, selon la Maison Blanche.

    Dimanche 22 août, le président russe Vladimir Poutine a appelé à empêcher un afflux de réfugiés en provenance d'Afghanistan parmi lesquels pourraient se cacher des "combattants déguisés".

    "Nos partenaires occidentaux demandent avec insistance d'accueillir les réfugiés dans les pays d'Asie centrale jusqu'à ce qu'ils aient un visa pour les Etats-Unis ou pour d'autres pays", a déclaré M. Poutine. "Mais qui peut être (caché) parmi ces réfugiés, comment peut-on le savoir?", a-t-il souligné, en estimant que "des centaines, voire des centaines de milliers ou peut-être des millions" de personnes pourraient vouloir fuir le pays.

    Les talibans annoncent une offensive contre la vallée du Panjshir
    Une poche de résistance s'est formée dans la vallée du Panjshir, au nord-est de Kaboul, longtemps connue comme un bastion anti-talibans. Ce Front national de résistance (FNR) est notamment emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda.

    Après l'échec de négociations, les talibans ont annoncé dimanche 22 août 2021 le lancement d'une offensive d'envergure contre la vallée du Panjshir.
    "Des centaines de moudjahidines de l'Emirat islamique se dirigent vers l'Etat du Panjshir pour le contrôler, après que des responsables locaux aient refusé de le remettre de façon pacifique", ont indiqué les talibans sur leur compte Twitter en arabe. 
    L'offensive des talibans contre la vallée du Panjshir est dirigée par Qari Fasihud Din HafizuAllah. Lundi 23 août, ils ont annoncé avoirencerclé les combattants du Front National de Résistance dans le Panjshir, tout en ajoutant vouloir négocier plutôt que de combattre.E9coAxCXMAAXhvn.jpeg

    L'entrée principale de la vallée du Panjshir est une gorge étroite qui rend son invasion extrêmement difficile par des forces extérieures, à la merci des tirs de combattants positionnés sur les hauteurs alentours.

    Des rapports émanant de plusieurs sources, non confirmés, mais rapportés par la BBC , prétendent qu'une colonne de talibans serait tombée dans une embuscade tendue par les combattants anti-talibans du Jabal al-Siraj, avant d'entrer dans la région du Panjshir. Selon ces rapports,  plus de 300 talibans auraient été tués. En outre, les combattants du Front National de Résistance (anti-talibans) auraient fait sauter le pont Doshakh à Salang nord, coupant la route d'approvisionnement des talibans et piégeant plusieurs centaines de talibans.
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    Les talibans affirment avoir nettoyé les districts de Banu, Pol-e-Hesar et Deh Salah de la province de Baghlan. Parallèlement, des sources locales ont indiqué que de violents combats avaient lieu entre les talibans et les combattants du groupe dans les districts de Deh Salah et Banu. Au cours des combats, le chef taliban du district de Banu a été tué avec 3 autres combattants.
    Les affrontements se poursuivent dans différentes parties d'Andarab.
    Une information en date du 23 août fait état d'une embuscade dans la région de Fajr au cours de laquelle une cinquantaine de talibans ont été tués et 20 autres faits prisonniers. Le Front National de Résistance (FNR) a eu un mort 1 et six blessés.

    Un porte-parole du FNR, Ali Maisam Nazary, a déclaré à l'AFP que le Front se préparait à "un conflit de longue durée" avec les talibans. Selon lui, des milliers d'Afghans ont rejoint la vallée du Panjshir pour combattre le nouveau régime.
    Des photos prises par l'AFP lors d'exercices d'entraînement montrent des véhicules blindés rouler à travers la vallée. "Les talibans ne dureront pas s'ils continuent ainsi. Nous sommes prêts à défendre l'Afghanistan et nous mettons en garde contre un bain de sang", a déclaré dimanche M. Massoud à la chaîne Al-Arabiya. Vidéo de combattants du FNR dans la région du Panjshir.

    Le "Lion du Panjshir"
    En 1997 Ahmed Shah Massoud, légendaire chef de guerre surnommé "Le lion du Panjshir", avait fait sauter le tunnel de Salang, construit lors de l'invasion soviétique de l'Afghanistan (1979-1989), fermant ainsi la porte d'entrée de la vallée par le sud. Malgré de nombreuses tentatives, les talibans n'étaient jamais parvenus à s'emparer du Panjshir.

    Les talibans envisagent de remplacer Kaboul par Kandahar comme capitale d'Afghanistan
    Dans une interview exclusive avec Al-Jazeera, Abdul Qahar Balkhi, membre de la commission culturelle des talibans, a déclaré que "des consultations sont en cours pour former un gouvernement et ce sera certainement un système global". Il a déclaré que le changement de la capitale de Kaboul à Kandahar est également un sujet de discussion.
    L'une des raisons pour lesquelles les talibans envisagent de changer de capitale est que la plupart des Kaboulis parlent une langue appartenant au groupe iranien de la famille des langues indo-européennes. Les Pachtounes sont minoritaires à Kaboul  et ceux de Kaboul sont de langue persane. Alors que Kandahar est une ville pachtoune. 
    La question du transfert de la capitale pourrait également révéler des dissensions entre les pachtounes Kandahari à l'égard des talibans pachtounes de Haqqani qui ont pris le pouvoir à Kaboul. les Haqqanis jouent un rôle dominant à la fois militairement et politiquement à Kaboul. Or, les relations étroites idéologiques, opérationnelles et même familiales des Haqqani avec al-Qaïda sont bien connues.
    Ajoutons que l'ONU a identifié la présence de hauts dirigeants d'al-Qaïda et de centaines de djihadistes armés, notamment dans la région d'Af-Pak.

    L"ambassade du Pakistan à Kaboul investie par les talibans
    Des sources locales confirment que l'ambassade du Pakistan à Kaboul a été investie par les talibans, lundi 23 août 2021. Les talibans ont averti le personnel de ne pas délivrer de visas pour les Afghans essayant de fuir le pays. (Source Suhaib Zuberi)

  • Afghanistan : Les talibans disent avoir envoyé des "centaines" de combattants vers une zone rebelle

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    Les talibans ont annoncé dimanche que des "centaines" de leurs combattants se dirigeaient vers la vallée du Panjshir, au nord-est de Kaboul, une des rares zones de l'Afghanistan échappant encore au contrôle du groupe islamiste.

    Des centaines de moujahidines de l'Emirat islamique ont été envoyés samedi soir 21 août vers l'Etat du Panjshir pour le contrôler, après que des responsables locaux aient refusé de le remettre de façon pacifique, ont indiqué les talibans sur leur compte Twitter en arabe.

    Ces renforts ont pour mission de contrer les attaques des unités d'Ahmad Massoud, le fils du légendaire commandant Ahmed Shah Massoud, et des loyalistes d'Amrullah Saleh, vice-président afghan avant la prise de Kaboul par les talibans. Les forces du Panjshir seraient entrées dans la province de Baghlan et à Charikar.
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    Les renforts talibans compteraient entre 3000 et 6000 combattants. Selon des informations non confirmées, les talibans auraient lancé une offensive tôt dimanche matin sur Bannu dans la vallée d'Andarab dans la province de Baghlan et capturé un certain nombre de forces de résistance. L'offensive leur aurait permis de reprendre toutes les zones brièvement occupées par le Front de la Résistance, y compris Deh Salah. Les milices andarabi auraient battu en retraite vers le Panjshir. Enfin, ajoutons que les talibans ont adressé à Ahmad Massoud un dernier ultimatum lui intimant de se rendre.