Massoud Ahmad Shah

  • Afghanistan : "Pas question de cesser le combat", affirme Massoud

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    Massoud Ahmad 2.jpegLa résistance aux talibans dans la vallée du Panjshir, au nord est de Kaboul, ne "cessera pas le combat", a affirmé un de ses responsables, Ahmad Massoud, sans exclure pour autant de parler avec les nouveaux maîtres d'Afghanistan.

    "Il n'est pas question de cesser le combat. Notre résistance ici, dans le Panjshir, ne fait que commencer", affirme le fils du commandant Ahmed Shah Massoud, figure iconique de la résistance afghane assassinée en 2001, dans un entretien réalisé le 21 août avec Paris Match. Interrogé sur les rumeurs de reddition de ses combattants face aux talibans qui ont encerclé la vallée du Panjshir, Ahmad Massoud les qualifie de "propagande" et de "désinformation".

    Ce week-end, un porte-parole du Front national de résistance (FNR), dont Ahmad Massoud est l'un des leaders, a indiqué à l'AFP que son mouvement était prêt à résister à toute agression des talibans, mais aussi à négocier avec ces derniers sur la formation d'un gouvernement inclusif.

    "Parler est une chose. On peut parler. Dans toutes les guerres, on parle. Mais se rendre est une autre chose. Et je vous répète qu'il n'est pas question, pour mes commandants et moi, de nous rendre", déclare M. Massoud, qui se décrit en "homme de paix" à Paris Match. "Je n'accepterai jamais une paix imposée dont le seul mérite serait d'apporter la stabilité", répète-t-il. "Je ne peux d'ailleurs pas oublier l'erreur historique de ceux à qui, il y a huit jours encore, à Kaboul, je demandais des armes. Ils me les ont refusées. Et ces armes, cette artillerie, ces hélicoptères, ces tanks de fabrication américaine sont aujourd'hui aux mains des talibans !", déplore-t-il.

    « Notre demande est une grande demande, et elle ne se limite pas au Panjshir. Je ne représente pas le Panjshir seul, et notre travail n'est pas seulement pour le Panjshir. Notre lutte est pour l'ensemble de l'Afghanistan", a encore déclaré Ahmad Massoud.

    Les islamistes qui ont pris Kaboul le 15 août contrôlent quasiment tout le pays, mais une poche de résistance s'est formée dans la vallée du Panchir, autour du Front National de Résistance (FNR) emmené par Ahmad Massoud et d'Amrullah Saleh, vice-président du gouvernement déchu. Les talibans ont affirmé lundi avoir encerclé le Panjshir, mais privilégier la négociation aux combats.

    Pendant les cinq années où les talibans ont tenu l'Afghanistan, entre 1996 et 2001, le Panjshir fut l'un des rares territoires que les "étudiants en religion" ne contrôlèrent jamais.

  • Afghanistan : Derniers développements (mis à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Echange de tirs à l'aéroport de Kaboul : 1 mort
    Un garde afghan a été tué lors d'un échange de tirs tôt lundi matin 23 août 2021 à l'aéroport de Kaboul, entraînant l'intervention des forces allemandes et américaines, a annoncé l'armée allemande.
    "Ce matin à 04H13, il y a eu un échange de coups de feu entre des gardes afghans et des assaillants non identifiés à la porte Nord de l'aéroport de Kaboul. Un garde afghan a été tué et trois autres blessés", a indiqué l'armée allemande sur son compte Twitter.
    Des soldats allemands et américains ont pris part à "des échanges de tirs ultérieurs", a ajouté l'armée allemande en précisant qu'aucun soldat allemand n'avait été blessé.

    Toujours le chaos autour de l'aéroport de Kaboul
    Depuis leur entrée dans Kaboul le 15 août, les islamistes tentent de convaincre la population qu'ils ont changé, affirmant que leur politique sera moins brutale que lorsqu'ils étaient à la tête du pays de 1996 à 2001. Mais cela n'endigue pas le flot de ceux qui ne croient pas en leurs promesses et veulent partir. "L'Amérique, avec toute sa puissance et ses équipements (...), a échoué à ramener l'ordre à l'aéroport. Il y a la paix et le calme dans tout le pays, mais il n'y a que le chaos à l'aéroport de Kaboul (...) Cela doit cesser le plus tôt possible", a déclaré dimanche un haut responsable taliban, Amir Khan Mutaqi.

    Sept Afghans sont morts dans cette gigantesque cohue à l'aéroport, a annoncé dimanche le ministère britannique de la Défense, sans dire s'il parlait d'un seul incident ou de plusieurs, ni quand cela avait eu lieu.

    Un journaliste, faisant partie d'un groupe d'employés de presse et d'universitaires qui a eu la chance d'accéder à l'aéroport dimanche, a décrit des scènes d'Afghans totalement désespérés s'accrochant à leur bus au moment où ils y pénétraient. "Ils nous montraient leurs passeports et criaient: +Emmenez-nous avec vous, s'il vous plaît emmenez-nous avec vous", a raconté ce journaliste à l'AFP.

    Espérant toujours un miracle, des familles demeurent massées entre les barbelés qui entourent le périmètre séparant les talibans des troupes américaines, et l'accès à l'aéroport reste très difficile.

    Face à cette situation, les dirigeants du G7 vont tenir une réunion virtuelle mardi, a annoncé le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont le pays assure actuellement la présidence du groupe. "Il est vital que la communauté internationale travaille ensemble pour assurer des évacuations sûres, prévenir une crise humanitaire et aider le peuple afghan à protéger les progrès (réalisés) les vingt dernières années", a-t-il ajouté.

    Le président américain Joe Biden a déclaré dimanche toujours espérer que les opérations d'évacuations puissent être terminées avant le 31 août, la date fixée par son gouvernement pour le retrait complet des troupes américaines en Afghanistan. "Nous espérons que nous ne devrons pas prolonger", a déclaré le président américain, tout en laissant la porte ouverte à une extension. "Il y aura des discussions, je pense."

    Washington a réquisitionné les avions de plusieurs compagnies aériennes privées afin d'aider à l'évacuation. Ces avions ne décolleront pas de l'aéroport de Kaboul mais aideront à transporter les personnes ayant été évacuées vers des pays tiers, comme le Qatar ou les Emirats arabes unis.

    Washington prévoit d'évacuer entre 10.000 et 15.000 de ses ressortissants, et de 50.000 à 60.000 Afghans et leurs familles, selon l'administration Biden. Mais un nombre considérable d'autres personnes tentent de fuir. "Il veulent évacuer 60.000 personnes d'ici la fin du mois. C'est mathématiquement impossible", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

    Vladimir Poutine tire la sonnette d'alarme sur la présence de combattants déguisés en réfugiés
    Depuis le 14 août, environ 25.100 personnes ont été évacuées d'Afghanistan à bord d'avions militaires américains et de pays alliés, selon la Maison Blanche.

    Dimanche 22 août, le président russe Vladimir Poutine a appelé à empêcher un afflux de réfugiés en provenance d'Afghanistan parmi lesquels pourraient se cacher des "combattants déguisés".

    "Nos partenaires occidentaux demandent avec insistance d'accueillir les réfugiés dans les pays d'Asie centrale jusqu'à ce qu'ils aient un visa pour les Etats-Unis ou pour d'autres pays", a déclaré M. Poutine. "Mais qui peut être (caché) parmi ces réfugiés, comment peut-on le savoir?", a-t-il souligné, en estimant que "des centaines, voire des centaines de milliers ou peut-être des millions" de personnes pourraient vouloir fuir le pays.

    Les talibans annoncent une offensive contre la vallée du Panjshir
    Une poche de résistance s'est formée dans la vallée du Panjshir, au nord-est de Kaboul, longtemps connue comme un bastion anti-talibans. Ce Front national de résistance (FNR) est notamment emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda.

    Après l'échec de négociations, les talibans ont annoncé dimanche 22 août 2021 le lancement d'une offensive d'envergure contre la vallée du Panjshir.
    "Des centaines de moudjahidines de l'Emirat islamique se dirigent vers l'Etat du Panjshir pour le contrôler, après que des responsables locaux aient refusé de le remettre de façon pacifique", ont indiqué les talibans sur leur compte Twitter en arabe. 
    L'offensive des talibans contre la vallée du Panjshir est dirigée par Qari Fasihud Din HafizuAllah. Lundi 23 août, ils ont annoncé avoirencerclé les combattants du Front National de Résistance dans le Panjshir, tout en ajoutant vouloir négocier plutôt que de combattre.E9coAxCXMAAXhvn.jpeg

    L'entrée principale de la vallée du Panjshir est une gorge étroite qui rend son invasion extrêmement difficile par des forces extérieures, à la merci des tirs de combattants positionnés sur les hauteurs alentours.

    Des rapports émanant de plusieurs sources, non confirmés, mais rapportés par la BBC , prétendent qu'une colonne de talibans serait tombée dans une embuscade tendue par les combattants anti-talibans du Jabal al-Siraj, avant d'entrer dans la région du Panjshir. Selon ces rapports,  plus de 300 talibans auraient été tués. En outre, les combattants du Front National de Résistance (anti-talibans) auraient fait sauter le pont Doshakh à Salang nord, coupant la route d'approvisionnement des talibans et piégeant plusieurs centaines de talibans.
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    Les talibans affirment avoir nettoyé les districts de Banu, Pol-e-Hesar et Deh Salah de la province de Baghlan. Parallèlement, des sources locales ont indiqué que de violents combats avaient lieu entre les talibans et les combattants du groupe dans les districts de Deh Salah et Banu. Au cours des combats, le chef taliban du district de Banu a été tué avec 3 autres combattants.
    Les affrontements se poursuivent dans différentes parties d'Andarab.
    Une information en date du 23 août fait état d'une embuscade dans la région de Fajr au cours de laquelle une cinquantaine de talibans ont été tués et 20 autres faits prisonniers. Le Front National de Résistance (FNR) a eu un mort 1 et six blessés.

    Un porte-parole du FNR, Ali Maisam Nazary, a déclaré à l'AFP que le Front se préparait à "un conflit de longue durée" avec les talibans. Selon lui, des milliers d'Afghans ont rejoint la vallée du Panjshir pour combattre le nouveau régime.
    Des photos prises par l'AFP lors d'exercices d'entraînement montrent des véhicules blindés rouler à travers la vallée. "Les talibans ne dureront pas s'ils continuent ainsi. Nous sommes prêts à défendre l'Afghanistan et nous mettons en garde contre un bain de sang", a déclaré dimanche M. Massoud à la chaîne Al-Arabiya. Vidéo de combattants du FNR dans la région du Panjshir.

    Le "Lion du Panjshir"
    En 1997 Ahmed Shah Massoud, légendaire chef de guerre surnommé "Le lion du Panjshir", avait fait sauter le tunnel de Salang, construit lors de l'invasion soviétique de l'Afghanistan (1979-1989), fermant ainsi la porte d'entrée de la vallée par le sud. Malgré de nombreuses tentatives, les talibans n'étaient jamais parvenus à s'emparer du Panjshir.

    Les talibans envisagent de remplacer Kaboul par Kandahar comme capitale d'Afghanistan
    Dans une interview exclusive avec Al-Jazeera, Abdul Qahar Balkhi, membre de la commission culturelle des talibans, a déclaré que "des consultations sont en cours pour former un gouvernement et ce sera certainement un système global". Il a déclaré que le changement de la capitale de Kaboul à Kandahar est également un sujet de discussion.
    L'une des raisons pour lesquelles les talibans envisagent de changer de capitale est que la plupart des Kaboulis parlent une langue appartenant au groupe iranien de la famille des langues indo-européennes. Les Pachtounes sont minoritaires à Kaboul  et ceux de Kaboul sont de langue persane. Alors que Kandahar est une ville pachtoune. 
    La question du transfert de la capitale pourrait également révéler des dissensions entre les pachtounes Kandahari à l'égard des talibans pachtounes de Haqqani qui ont pris le pouvoir à Kaboul. les Haqqanis jouent un rôle dominant à la fois militairement et politiquement à Kaboul. Or, les relations étroites idéologiques, opérationnelles et même familiales des Haqqani avec al-Qaïda sont bien connues.
    Ajoutons que l'ONU a identifié la présence de hauts dirigeants d'al-Qaïda et de centaines de djihadistes armés, notamment dans la région d'Af-Pak.

    L"ambassade du Pakistan à Kaboul investie par les talibans
    Des sources locales confirment que l'ambassade du Pakistan à Kaboul a été investie par les talibans, lundi 23 août 2021. Les talibans ont averti le personnel de ne pas délivrer de visas pour les Afghans essayant de fuir le pays. (Source Suhaib Zuberi)

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires

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    Aéroport de Kaboul : un chaos sans fin
    Six jours après l'entrée des talibans dans Kaboul, des dizaines de milliers d'Afghans cherchent toujours désespérément à fuir, via un pont aérien "difficile" dont le président américain Joe Biden a reconnu ne pouvoir garantir "l'issue".

    Routes paralysées par la foule, avions cargos pris d'assaut, enfants lancés par leurs parents par dessus des barbelés: les images du chaos à l'aéroport de Kaboul ne font que renforcer chaque jour le sentiment d'impréparation de l'opération d'évacuation. Ce pont aérien est "l'un des plus importants et difficiles de l'histoire", a reconnu vendredi, dans sa seconde allocution télévisée en quelques jours, M. Biden lors d'un discours à la Maison Blanche.

    "Je ne peux pas promettre ce qu'en sera l'issue finale" ni qu'il n'y aura pas "de risques de pertes" en vies humaines, a déclaré le président, assurant que les alliés de Washington ne remettaient pas en cause la "crédibilité" américaine de mener à bien cette opération. Il a annoncé que 13.000 personnes avaient été évacuées par l'armée américaine depuis le 14 août. Des milliers d'autres ont embarqué à bord d'avions venus notamment des pays européens et de Grande-Bretagne.

    Des Américains évacués par hélicoptères
    Les Etats-Unis à eux seuls prévoient de faire partir 30.000 personnes. Les évacués sont en majorité des citoyens américains que les talibans laissent entrer. Mais de nombreux Afghans, notamment ceux ayant travaillé pour les Etats-Unis et détenteurs d'un visa d'immigration spéciale (SIV) pour eux et leurs proches, ne peuvent pas accéder à l'enceinte sécurisée par plus de 5.000 militaires américains.

    Vendredi, l'armée américaine a dû déployer trois hélicoptères pour aller chercher dans un hôtel de Kaboul 169 Américains n'ayant pu se rendre à l'aéroport. Et ils sont encore très nombreux, coincés entre les postes de contrôle talibans et les barbelés posés par l'armée américaine, dans l'attente désespérée d'un vol.

    Parmi d'innombrables témoignages poignants, une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre des Afghans faisant passer un bébé en pleurs par-dessus la foule à l'aéroport et le donnant à un soldat américain. Selon le Pentagone, il a été soigné puis rendu à ses parents.

    Face aux critiques et polémiques qui agitent les Etats-Unis depuis la victoire éclair des talibans, l'armée américaine a pris en mains sa communication vendredi en publiant un florilège de photographies montrant ses militaires prenant soin de bébés et de jeunes enfants afghans à l'aéroport. Et le porte-parole du Pentagone John Kirby de mettre en avant la "compassion" des soldats.

    Les évacuations de civils ont été suspendues plusieurs heures vendredi à cause de l'encombrement des bases américaines dans le Golfe, notamment au Qatar, où se trouvent des milliers de réfugiés.

    Les Etats-Unis ont obtenu le feu vert de Berlin pour que certains évacués soient dirigés vers l'Allemagne, où les Etats-Unis disposent de nombreuses bases militaires, notamment la grande base de Ramstein et son important hôpital militaire.

    Les talibans empêchent des fonctionnaires de reprendre le travail
    Les fonctionnaires ont été empêchés de retourner travailler dans les bâtiments publics par les talibans, alors que la semaine de travail reprend le samedi en Afghanistan, ont indiqué plusieurs d'entre eux à l'AFP.

    "Je suis allé à mon bureau ce matin, mais le taliban qui était à l'entrée m'a dit qu'il n'avait pas reçu l'ordre de rouvrir", a indiqué Hamdullah, un fonctionnaire kabouli. "Ils nous ont dit de regarder à la télé ou d'écouter à la radio l'annonce de la reprise du travail", a-t-il ajouté. "Les talibans ont fermé toutes les routes jusqu'au ministère. Ils n'autorisent personne à entrer dans le bâtiment", a de son côté indiqué un employé du ministère des Affaires étrangères afghan. "L'un d'entre eux m'a dit d'attendre jusqu'à la nomination du nouveau ministre et de ses directeurs." "Ils nous ont renvoyés chez nous", a confirmé un fonctionnaire de la mairie de Kaboul. "Je suis venu avec beaucoup d'espoir mais suis reparti déçu."

    Depuis que les talibans ont pris le pouvoir le 15 août, les bâtiments gouvernementaux, les banques, les bureaux des passeports, les écoles et les universités sont restés largement fermés. Seules quelques entreprises privées de télécommunication ont fonctionné ces derniers jours.

    Les talibans n'ont toujours pas formé de gouvernement après avoir conquis le pays à une vitesse folle et s'être emparés de Kaboul sans opposition.

    Depuis l'effondrement du gouvernement, l'une des principales préoccupations des Afghans est de continuer à percevoir un salaire, ce qui semble impossible sans un maintien de l'activité.

    La plupart des routes de la capitale étaient en grande partie désertes samedi, à l'exception des postes de contrôle des talibans, de leurs patrouilles et des axes menant à l'aéroport encombrés par des milliers d'Afghans cherchant à fuir le pays.

    Chasse aux opposants
    Les talibans tentent de convaincre qu'ils ne cherchent pas à se venger de leurs anciens ennemis, promettant de "nombreuses différences" par rapport à leur précédent règne, entre 1996 et 2001, quand ils avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique qui empêchait les femmes de travailler ou étudier et punissait de sanglants châtiments les voleurs et les meurtriers. Mais selon un rapport d'un groupe d'experts travaillant pour l'ONU, les nouveaux maîtres de l'Afghanistan possèdent des "listes prioritaires" d'Afghans recherchés, les plus menacés étant les gradés de l'armée, de la police et du renseignement.

    Le rapport indique que les talibans effectuent des "visites ciblées" chez les personnes recherchées et leurs familles. Leurs points de contrôle filtrent aussi les Afghans dans les grandes villes et ceux souhaitant accéder à l'aéroport de Kaboul.

    La Fédération internationale des journalistes (FIJ) indique avoir reçu "des centaines de demandes d'aide" de professionnels de l'information afghans, majoritairement des femmes, chez qui règnent "la panique et la peur".

    Les talibans affirment que leurs hommes n'étaient pas autorisés à agir ainsi. "Certaines personnes le font encore, peut-être par ignorance (...) Nous avons honte", a tweeté un de leurs hauts responsables, Nazar Mohammad Mutmaeen.

    Peur sur les réseaux sociaux
    Beaucoup d'habitants de
    Kaboul suppriment leurs comptes de médias sociaux et leurs messages sur les téléphones. Beaucoup craignent que leur empreinte numérique ne fasse d'eux des cibles de représailles des talibans. Les talibans infiltrent les groupes WhatsApp et Facebook et confisquent les téléphones au cours des perquisitions porte-à-porte. (Information Frud Bezhan).

    Peur chez les journalistes
    Zabiullah Mujahid, un porte-parole des talibans affirme qu'un  comité de trois membres va être créé pour aborder les problèmes auxquels sont confrontés les médias à Kaboul. Le comité comprendra un membre de la « Commission culturelle » des talibans, un membre des médias et un membre de la police. (
    Natsecjeff)
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    Avenir des relations internationales
    Les talibans ont dit vouloir établir de "bonnes relations diplomatiques" avec tous les pays, mais prévenu qu'ils ne feraient aucun compromis sur leurs principes religieux. La Chine, la Russie, la Turquie et l'Iran ont émis des signaux d'ouverture, les pays occidentaux restant méfiants.

    Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi à empêcher "l'effondrement" de l'Afghanistan, critiquant au passage la politique occidentale "irresponsable" visant à "imposer des valeurs étrangères".

    De son côté, le Tadjikistan menace de fermer toutes les ambassades à Douchanbé des pays qui décideraient de soutenir financièrement ou militairement les talibans. Il a demandé l'ONU de ne pas reconnaître le régime taliban comme gouvernement officiel.

    Vers la fin de la résistance au Panjshir ?
    Si on croit Khalil al-Rahman Haqqani, Ahmad Massoud, le fils du légendaire Ahmad Shah Massoud et commandant des forces de résistance du Panjshir, aurait finalement prêté allégeance aux talibans. Vidéo de la déclaration de Khalil Haqqani. Mais Un conseiller de Massoud réfute l'information et affirme que des négociations, facilitées par les anciens des tribus et des proches des talibans, sont toujours en cours pour un "gouvernement global" avec les talibans et qu'aucun accord ou allégeance n'a été conclu.

    La situation pourrait devenir assez tragique à Andarab, dans la province de Baghlan, dans le cas où aucun accord serait conclu entre les talibans et leurs opposants. Au moins 20 talibans ont déjà perdu la vie au cours de récents affrontements et les talibans promettent d'être impitoyables :  "aucune pitié pour les traîtres", ont-ils promis.
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  • Afghanistan : Quatre jours après la chute de Kaboul

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    Le regard de la communauté internationale est toujours tourné vers l'Afghanistan, attendant de découvrir les futurs mouvements des talibans. De son côté, Washington a annoncé que ses troupes resteraient dans le pays jusqu'à l'évacuation complète des citoyens américains, tandis que l'ancien président, Ashraf Ghani, a déclaré son soutien aux négociations visant à former un nouveau gouvernement.

    Une situation toujours instable autour de l'aéroport - situation inconnue dans le reste du pays
    Comme le rapporte le quotidien al-Arabiya , quatre jours après la chute de Kaboul, que les talibans ont investi le 15 août, la situation est toujours instable. Alors que de nombreux pays continuent d'évacuer leurs citoyens et personnel diplomatique, le chaos règne toujours dans l'aéroport de la capitale. Ici, le 16 août , des milliers de citoyens se sont rassemblés pour tenter de sortir d'Afghanistan, et, selon l'armée américaine, il y a eu au moins 7 morts dans la confusion, dont certains sont tombés de l'avion auquel ils s'étaient accrochés. Le 19 août, les talibans et les responsables de l'OTAN ont annoncé que 12 personnes ont été tuées dans et autour de l'aéroport depuis que le mouvement islamiste radical a pris le contrôle de la capitale. 
    Coincés entre les postes de contrôle tenus par les talibans et la clôture de barbelés posée par l'armée américaine à l'aéroport, la seule porte de sortie de l'Afghanistan, des centaines de civils afghans attendaient toujours, ce 19 juillet, dans l'espoir de trouver un vol pour fuir le pays. 
    Si les talibans laissent bien les citoyens américains accéder à l'aéroport de Kaboul, il semble qu'ils "empêchent les Afghans qui souhaitent quitter leur pays d'atteindre l'aéroport", où les complexes opérations d'évacuation se poursuivent laborieusement, a déploré Mme Wendy Sherman, le numéro deux du département d'État américain. Les Etats-Unis attendent d'eux qu'"ils permettent à tous les citoyens américains, tous les ressortissants de pays tiers et tous les Afghans de partir s'ils le souhaitent, de façon sûre et sans être harcelés", a-t-elle ajouté. 
    Près des ambassades également, de nombreux Afghans supplient d'être évacués. Beaucoup ont déjà des visas pour un pays étranger, mais ils ne peuvent entrer dans les enceintes diplomatiques.
    "J'ai parlé avec mon ami qui est sur place. Il a une lettre des Espagnols assurant qu'il peut partir avec eux, mais quand il essaie de gagner la porte on le menace de lui tirer dessus", raconte à l'AFP un homme qui a demandé à rester anonyme. "Les Espagnols lui ont dit que s'il parvenait à entrer, tout irait bien pour lui, mais il n'y arrive pas", ajoute-t-il.
    Tous se souviennent encore du précédent régime taliban, entre 1996 et 2001, et de son bilan catastrophique en matière de respect des droits humains, et n'ont aucune confiance dans les multiples assurances données ces derniers jours par ces islamistes.
    Mardi pourtant, un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, avait assuré qu'ils avaient appris de leur premier exercice du pouvoir, avant d'en être chassés en 2001 par une coalition menée par les Etats-Unis, et qu'il y aurait de "nombreuses différences" dans leur manière d'administrer leur pays. Ils avaient alors imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, et voleurs et meurtriers encouraient de terribles châtiments.

    Les troupes américaines resteront jusqu'au départ du dernier ressortissant américain, assure Biden
    Parallèlement, Biden a déclaré le 18 août que les troupes américaines, qui comprennent actuellement quelque 4 500 soldats, resteraient en Afghanistan jusqu'à ce que le dernier de ses citoyens soit évacué, quitte à maintenir une présence militaire dans le pays asiatique au-delà de la date limite du 31 août. Le chef de la Maison Blanche a ensuite précisé que les talibans, pour le moment, n'entravaient pas l'évacuation des citoyens américains, mais des difficultés ont été rencontrées dans la fuite des Afghans qui avaient coopéré avec les Etats-Unis. 5 000 personnes ont encore quitté l'aéroport de Kaboul, mercredi 18 août, mais des hommes armés affiliés aux talibans empêchaient, ce même mercredi 18 août les citoyens afghans d'atteindre l'aéroport.
    En réponse aux déclarations de Joe Biden, les talibans exigent que les États-Unis s'en tiennent à la date de sortie du 11 septembre pour évacuer la totalité de leurs soldats d'Afghanistan,  mais 'nous ne les attaquerons pas', ajoutent-ils.

    Les Etats-Unis bloquent les fonds afghans déposés à l'étranger et arrêtent les aides économiques
    Sur le plan économique, l'administration américaine a fait part de son intention de bloquer l'accès des talibans aux fonds déposés à l'étranger, ainsi qu'aux armes américaines sur le sol afghan. 
    À cet égard, le gouverneur de la banque centrale, Ajmal Ahmadi, a révélé le 18 août que l'Afghanistan disposait de réserves à l'étranger d'environ 9 milliards de dollars, dont près de 7 milliards de dollars en obligations, actifs et or de la Réserve fédérale américaine, tandis que les avoirs en dollars de la Banque centrale afghane sont « proches de zéro » car le pays n'a pas reçu les expéditions en espèces prévues pour la semaine passée. Parallèlement, le Fonds monétaire international annoncé avoir suspendu l'aide directe à l'Afghanistan, dont environ 440 millions de dollars de nouvelles réserves en devises, en raison de l'incertitude sur le statut des dirigeants à Kaboul et d'un manque de clarté au sein de la communauté internationale concernant la reconnaissance d'un nouveau gouvernement.

    Consultations politiques 
    Les talibans, dont le cofondateur et numéro deux, le mollah Abdul Ghani Baradar, est rentré mardi en Afghanistan, ont mené des consultations politiques mercredi à Kaboul avec d'éminentes personnalités afghanes. Ils ont diffusé des images montrant l'ancien président afghan Hamid Karzai avec Anas Haqqani. Celui-ci participait aux négociations avec le gouvernement afghan à Doha, qui n'ont jamais débouché sur une issue quelconque. Mais il est surtout le frère cadet de Sirajuddin Haqqani, le chef du réseau éponyme, qualifié de terroriste par Washington, qui a aussi le statut de numéro deux au sein des talibans.

    Ces derniers ont également rencontré l'ancien vice-président Abdullah Abdullah, selon le groupe de surveillance des sites islamistes SITE. Ces négociations ont été bien accueillies par l'ex-président Ashraf Ghani, qui s'est enfui dimanche pour les Émirats arabes unis. "Je souhaite le succès de ce processus", a-t-il déclaré dans un message vidéo posté sur Facebook, affirmant être "en pourparlers pour retourner en Afghanistan". Mais les Etats-Unis ont estimé que M. Ghani, qui avait succédé en 2014 à Hamid Karzai, n'est "plus une personne qui compte en Afghanistan".

    Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dit jeudi espérer que ces négociations puisse déboucher sur un "gouvernement représentatif" en Afghanistan. Il a aussi souligné que les talibans ne contrôlaient pas l'intégralité du territoire afghan, une résistance tentant de s'organiser dans la vallée du Panchir, avec l'ancien vice-président Amrullah Saleh et Ahmad Massoud, le fils du commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné en 2001 par al-Qaïda. Ce dernier a d'ailleurs appelé Washington à le soutenir en lui fournissant armes et munitions, dans une tribune publiée mercredi par le quotidien Washington Post.

    Ashraf Ghani, le président afghan en fuite, soutient les négociations entre les Talibans et l'ancien président afghan, Hamid Karzai
    Le 18 août également, le désormais ancien président de l'Afghanistan, Ashraf Ghani , arrivé aux Émirats arabes unis avec sa famille, s'est adressé à la nation, pour la première fois depuis la chute de Kaboul, via une diffusion en direct sur Facebook. Le chef de l'Etat, se référant aux critiques de ceux qui se sont opposés à son évasion du pays, a déclaré que ces personnes ne devraient pas parler sans connaître les détails, tout en démentant les informations selon lesquelles il aurait quitté le pays avec une valise pleine d'argent. Dans le même temps, Ashraf Ghani a déclaré qu'il soutenait les négociations en cours pour former un nouvel exécutif. Le 18 août, en effet, les talibans ont rencontré l'ancien président Hamid Karzaï et le haut responsable Abdullah Abdullah.

    L'Union européenne toujours préoccupée par le respect des droits de l'homme en Afghanistan
    Malgré les assurances du groupe islamiste radical, qui a promis un gouvernement différent de celui qu'il a dirigé dans la période 1996-2001, et le respect des droits humains, y compris les femmes, l'Union européenne, les États-Unis et 18 autres pays ont publié une déclaration commune dans laquelle ils se sont dits "profondément préoccupés par le sort des femmes et les filles afghanes", exhortant les talibans à garantir leur sécurité.

    Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) tire la sonnette d'alarme
    Par ailleurs, Mary Ellen McGroarty, cheffe de l'agence des Nations Unies "Programme alimentaire mondial" (PAM) en Afghanistan, a déclaré qu'une "crise humanitaire" est en train de se produire dans le pays, avec 14 millions de personnes souffrant de la faim suite à la prise du pouvoir par les talibans. Le conflit, la deuxième vague de sécheresse la plus aiguë du pays au cours des trois dernières années, et l'impact social et économique de la pandémie de COVID-19 ont amené une situation déjà désastreuse vers une situation de  "catastrophe". Comme le précise McGroarty, plus de 40% des récoltes ont été perdues, tandis que des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par la guerre et l'offensive des talibans. Le représentant du PAM a exhorté les donateurs à fournir 200 millions de dollars, nécessaires pour fournir de la nourriture à la population afghane.

    Le départ des troupes américaines à l'origine de la débâcle de l'armée afghane
    Ce qui s'est passé à Kaboul le 15 août est l'aboutissement des tensions qui ont duré des semaines et qui ont permis aux talibans de prendre progressivement le contrôle du pays. En fait, l'offensive massive du groupe islamiste a commencé en avril lorsque le président américain Joe Biden a annoncé que les troupes américaines se retireraient d'Afghanistan après deux décennies de présence sur le terrain. Le retour des soldats américains dans leur patrie avait été convenu par des représentants de Washington et des talibans à l'occasion d'un accord de paix "historique" conclu entre les parties à Doha, au Qatar, le 29 février 2020. L'accord prévoyait également une feuille de route vers la paix en Afghanistan, la fin des relations entre les talibans et al-Qaïda et la fin des offensives contre les grands centres urbains. Cependant, l'accord a été rompu à plusieurs reprises et n'a pas mis fin aux violences, qui se sont intensifiées pendant et après les négociations. 

    Inquiétude devant une possible résurgence du terrorisme islamiste
    Certains analystes s'inquiètent que ce qui se passe en Afghanistan n'inspire les jihadistes du monde entier. De nombreux groupes islamistes, parmi lesquels les branches d'al-Qaïda en Syrie et au Yémen (AQAP) ont félicité les talibans et se sont engagés à poursuivre le jihad.
    "Cette victoire et cette prise de pouvoir nous révèlent que le jihad et le combat représentent le moyen légal et réaliste, sur la base de la charia, de rétablir les droits (et) d'expulser les envahisseurs et les occupants", a déclaré dans un communiqué la branche yéménite d'al-Qaïda.
    Les Etats-Unis considèrent AQPA comme la branche la plus dangereuse du réseau mondial d'al-Qaïda et a ciblé ses combattants au Yémen après les attentats du 11 septembre 2001.
    Lundi 16 août, les combattants d'AQPA ont célébré le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan avec des feux d'artifice et en tirant des coups de feu en l'air dans certaines provinces du Yémen, ont rapporté des habitants à l'AFP.
    Dans leurs récentes négociations avec les Américains, les talibans avaient promis de ne pas protéger les combattants d'al-Qaïda. Les experts estiment toutefois que les deux mouvements conserveront des liens étroits mais plus discrets.
    En Syrie, la branche du groupe djihadiste anti-chinois Turkestan Islamic Party (TIP) a publié une déclaration félicitant les talibans et les Afghans pour l'établissement de « l'émirat islamique » en Afghanistan.
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  • Afghanistan : Evolution sécuritaire - mise à jour au fur et à mesure des évènements

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    Tout ça pour ça !
    En vingt ans de guerre entre les forces internationales et les talibans, les pertes sont les suivantes :
    Militaires américains  : 2 448
    Contractuels américains : 3 846
    Alliés des Etats-Unis : 1 144.
    Travailleurs humanitaires : 444
    Journalistes : 72
    Militaires et policiers afghans : 66 000
    Civils afghans : 47 245
    Talibans et autres insurgés :  51 191
    (Chiffres jusqu'en avril 2021 : projet Brown University Costs of War.)

    Parmi les alliés des Etats-Unis, on compte 90 Français tués, tandis que 400 autres ont été blessés :

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    Le 18 août 2008, il y a presque 13 ans, 10 soldats français tombaient dans l'embuscade d'Uzbeen. Parmi les 10 soldats décédés, se trouvaient 8 soldats du 8è RPIMA. Les deux autres sont un légionnaire et un soldat du Régiment de marche du Tchad (RMT). Ils ont vendu chèrement leur peau, tuant une quarantaine de talibans.
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    Aujourd'hui, nous pensons à leurs familles…

    Chaos à l'aéroport de Kaboul - les vols commerciaux suspendus

    L'aéroport de Kaboul est plongé dans le chaos alors que des milliers de personnes tentent de fuir. La rumeurs s'était propagée selon laquelle les pays occidentaux n'imposaient plus de visas aux réfugiés afghans et beaucoup ont voulu saisir leur chance. Malheureusement, ils  se sont vite rendus compte que ces mêmes pays allaient les abandonner, n'évacuant pratiquement que les ressortissants occidentaux.

    En effet, Les vols civils au départ de l'aéroport de Kaboul ont été suspendus indéfiniment, l'espace aérien au-dessus de l'Afghanistan étant fermé.

    United Airlines, British Airways et Virgin Atlantic ont déclaré qu'elles n'utilisaient plus l'espace aérien du pays.

    Une porte-parole de United a déclaré que le changement affectait plusieurs des vols de la compagnie aérienne entre les États-Unis et l'Inde.

    Le site Web de suivi des vols FlightRadar24 a montré peu de vols commerciaux au-dessus de l'Afghanistan à 03h00 GMT le 16 août, mais de nombreux avions survolaient le Pakistan et l'Iran voisins.

    En juillet, la Federal Aviation Administration des États-Unis a imposé des restrictions de vol au-dessus de l'Afghanistan pour les compagnies aériennes américaines et d'autres opérateurs américains.

    Dès que la nouvelle de la présence des talibans à la périphérie de Kaboul a éclaté, la question de la mise en sécurité du personnel des ambassades étrangères a commencé à se poser. La rapidité avec laquelle Kaboul est tombée a pris tout le monde de court, et notamment les services de renseignement occidentaux. Du coup, les plans d'évacuation n'étaient pas prêts pour une intervention aussi urgente.

    Il a fallu à la va-vite s'organiser pour transférer les diplomates et le personnel des ambassades à l'aéroport international de Kaboul.

    Le personnel des missions diplomatiques américaine, française, allemande, saoudienne et d'autres missions diplomatiques a pu être transféré à l'aéroport et quitter définitivement l'Afghanistan, sans être inquiété par les talibans. Mais de nombreux étrangers n'ont pu atteindre l'aéroport, la plupart de ses accès étant bloqués par les talibans ou des bandits se faisant passer pour des talibans.
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    Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a approuvé  l'envoi de 1 000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan, pour un total de 6 000 soldats américains qui seront bientôt dans le pays. Actuellement, il y a environ 3 000 soldats américains en Afghanistan.

    Leur mission principale est la sécurité de l'aéroport international de Kaboul, qui est le point d'entrée pour les troupes et le point de sortie pour le personnel de l'ambassade américaine et les Afghans qui quittent le pays.

    Selon des sources talibanes, un accord a été conclu avec les États-Unis  selon lequel les forces américaines prendraient en charge la sécurité de l'aéroport de Kaboul tandis que les talibans resteront à l'extérieur de l'aéroport et ce, jusqu'à la date fixée.

    L'armée américaine aura la capacité maximale de déplacer environ 5 000 personnes par jour hors de l'aéroport international de Kaboul, bien qu'elle ne soit pas encore en mesure de déplacer ce nombre, a déclaré le responsable. Ils atteindront cette capacité « en quelques jours ».

    A l'aéroport même, la situation est vite devenue chaotique, des centaines de personnes ont envahi le tarmac de l'unique piste et tentaient de prendre d'assaut les avions, même lorsque ceux-ci faisaient mouvement pour décoller. Pour garantir l'évacuation en toute sécurité de leurs citoyens, les forces américaines ont du tirer en l'air pour repousser la foule. Vidéo. - Autre vidéo.

    Des vidéos ont montré la chute de personnes ayant tenté de s'accrocher à différentes parties d'un avion au moment où celui)ci décollait. 

    "La foule était hors de contrôle", a déclaré le responsable à Reuters par téléphone. "Le tir n'a été fait que pour désamorcer le chaos." Selon l'armée américaine, sept personnes ont trouvé la mort dans le chaos qui régnait à l'aéroport.

    Plusieurs incidents à l'aéroport
    Il y a eu des incidents de sécurité à l'aéroport ou à proximité, a déclaré le responsable. Dans la journée du lundi 16 août, des Marines ont du ouvrir le feu et tuer deux hommes armés à l'aéroport international de Kaboul. Ces hommes armés, au nombre d'au moins deux, s'étaient approchés des troupes américaines de manière menaçante.
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    Les Marines ont également du intervenir pour protéger des femmes afghanes menacées par les Afghans près de l'aéroport.
    Les forces turques sont également sur place et participent aux efforts de sécurisation de l'aéroport. Le responsable n'a pas pu dire si les forces turques avaient été engagées dans des échanges de tirs.
    6D_eRS_K.jpegE86x4guX0AoSxgB.jpegIncident à la frontière ouzbèke : un avion militaire afghan abattu par la défense aérienne ouzbeke
    Un avion militaire afghan a été abattu par la défense- aérienne ouzbeke et s'est écrasé à Surkhandarya après avoir traversé la frontière avec l'Ouzbékistan, a déclaré lundi le ministère ouzbek de la Défense. L'avion abattu est un A-29 "Super Tucano" livré par les Etats-Unis à l'armée afghane. Apparemment, les pilotes tentaient de fuir vers l'Ouzbekistan, mais ils ne se sont pas identifiés correctement. Au moins un des membres de l'équipage a survécu et est soigné par des médecins militaires ouzbeks.
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    Lendemain de la chute de Kaboul
    Les talibans sont partout. On les voit à bord des chars et des HumVees de fabrication américaine et autres véhicules militaires dans les rues de Kaboul relativement désertes. Les  talibans semblent vouloir que la vie revienne à la normale au plus tôt. 
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    Les talibans se dépêchent de mettre en place une nouvelle administration. A Kaboul, le mollah Shirin, un ancien proche collaborateur du mollah Omar, a été nommé gouverneur de Kaboul. Shirin a été chef de la commission militaire des talibans et garde du mollah Omar.

    Les talibans semblent avoir mis en place leur propre service 911 à Kaboul.
    Ils ont publié des numéros de téléphone que les habitants de Kaboul peuvent appeler en cas de menace ou d'urgence.
    E82u5L1WUAYXNM9.jpegDes chefs talibans locaux à Kaboul ont rencontré des sikhs et des hindous afghans dans le district de Gurdwara à Kaboul .
    Les talibans les ont assurés qu'ils seront en sécurité et leur ont demandé de ne pas quitter l'Afghanistan.

    On signale cependant quelques incidents. A Kaboul, les talibans ont envahi les maisons d'au moins deux femmes journalistes, ce lundi 16 août. L'une a réussi à s'échapper, l'autre est inaccessible pour l'instant.
    A Jalalabad, des talibans ont attaqué le bureau du Hizb-e-Islami et dégradé des affiches d'Hekmatyar. Ils ont également pris les armes des gardes du bureau, selon un dirigeant du Hizb-e-Islami. On ne sait pas si ces talibans ont agi sur ordre de leur organisation ou s'ils étaient tout simplement hors de contrôle de leurs dirigeants.
    Malgré les déclarations apaisantes des dirigeants talibans, il faut s'attendre à une répression dans les prochains jours. En effet, les talibans auront bientôt accès aux fichiers du QG des services de renseignement afghans, le NDS, s'ils ne l'ont pas déjà fait. Cela signifie que de nombreux informateurs pourraient être compromis, traqués et exécutés.  Les talibans n'aiment pas les espions.

    Polémique aux Etats-Unis 
    Mis en question, le renseignement américain a déclaré avoir prédit avec précision la prise de contrôle rapide de l'Afghanistan par les talibans, mais regrette que l'administration Biden ait ignoré ses rapports.
    « L'évaluation de la communauté du renseignement a toujours été précise ; ils l'ont simplement ignorée", a déclaré un responsable à ABC News, parlant de l'administration Biden.

    Fils Massoud.jpegLe fils du commandant Massoud appelle à la résistance
    Ahmad Massoud (photo ci-contre), fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par al-Qaïda, a appelé, lundi 16 août 2021, ses compatriotes à le rejoindre pour résister aux talibans qui sont en train de prendre le pouvoir en Afghanistan, tout en pressant les "amis de la liberté" étrangers d'aider son pays.

    Le fils du héros de la résistance anti-soviétique qui lutta ensuite contre les talibans, affirme vouloir faire "sien" le combat de son père pour la liberté, alors que "la tyrannie triomphe en Afghanistan".

    "Mes compagnons d'armes et moi allons donner notre sang, avec tous les Afghans libres qui refusent la servitude et que j'appelle à me rejoindre dans notre bastion du Panjshir, qui est la dernière région libre de notre pays à l'agonie", lance-t-il à l'adresse des Afghans "de toutes régions et de toutes tribus".

    Il estime que "malgré la débâcle totale", "tout n'est pas perdu". "Nous sommes, Afghans, dans la situation de l'Europe en 1940", écrit-il, dans ce texte citant Winston Churchill et le général Charles de Gaulle, pour plaider la cause de la résistance auprès des occidentaux notamment : "Je m'adresse à vous tous, en France, en Europe, en Amérique, dans le monde arabe, ailleurs, qui nous avez tant aidés dans notre combat pour la liberté, contre les Soviétiques jadis, contre les Talibans il y a vingt ans : allez-vous, chers amis de la liberté, nous aider une nouvelle fois comme par le passé ? Notre confiance en vous, malgré la trahison de certains, est grande".

    "Soyez, amis de la liberté, le plus nombreux possible à nos côtés.", déclare-t-il dans cet appel à soutenir la résistance adressé aux Afghans restés dans le pays, comme à ceux de l'étranger et aux occidentaux. 

    Il a été rejoint au Panjshir par Amrullah Saleh, vice-président d'Afghanistan avant la prise de pouvoir des talibans. Sur la photo Ahmad Massoud, Amrullah Saleh et quelques autres commandants discutant des moyens d'organiser la résistance aux talibans.
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    Mulawi Faqir Muhammad.jpegBaitullah Mehsud.jpegDes islamistes pakistanais libérés par les talibans
    780 combattants talibans pakistanais - TTP -, y compris des commandants clés, ont été libérés des prison afghanes par les talibans, en particulier de la prison de Bagram et de celle de Pul-e-Charkhi.
    Des membres du "Tehrek-e-Taliban Pakistan" (TTP) pakistanais et les membres de la tribu Mamund se sont rendus dans la province afghane de Kunar pour acclamer le chef adjoint et fondateur du TTP, Muhammad (photo de gauche), libéré de Kaboul par les talibans afghans avec un autre dirigeant du TTP, Emir Baitullah Mehsud (photo de droite).
    Mulawi Faqir Muhammad est un aîné tribal influent en dehors du fait d'être un haut dirigeant du TTP. Il a affirmé Faqir publiquement avoir des liens étroits avec le chef d'Al-Qaïda Ayman al Zawahiri
    Rappelons que "Tehrek-e-Taliban Pakistan" (TTP ) a annoncé le 7 août 2021 avoir fusionné avec un groupe affilié à al-Qaeda, autrefois dirigé par Ustad Aslam. C'est le neuvième groupe djihadiste à rejoindre le TTP depuis juillet 2020".
    "La fusion du groupe Ustad Aslam avec le TTP a permis à ce dernier de bénéficier des experts les plus qualifiés en matière de terrorisme urbain. Ils sont maintenant sous les ordres du TTP". 

    Les islamistes à travers le monde crient "victoire"
    Les nombreux groupes affiliés ou proches d'al-Qaïda ont crié "victoire" dès qu'a été connue la nouvelle de la chute de Kaboul aux mains des talibans.
    Le provocateur islamiste Idriss Sihamedi a explosé de joie en apprenant la victoire des Talibans.
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    ikx_F3Ct.jpegLe fondateur de l'association BarakaCity (photo ci-contre), dissoute en France,  se réjouit du retour des talibans. 

    A Gaza, le groupe djihadiste Jaysh al-Ummah, pro-al-Qaida, a distribué des bonbons pour célébrer la conquête de Kaboul par les talibans.

    A noter que le Hamas et les talibans entretiennent également des liens étroits.
    Ci-dessous, une photo de la réunion qui a eu lieu en mai 2021 entre le Hamas et les dirigeants talibans.
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    En Syrie, le groupe jihadiste Hayat Tahrir ash-Sham, anciennement affilié à al-Qaïda mais qui s'en était officiellement écarté pour acquérir une respectabilité internationale, a félicité les talibans pour leur victoire en Afghanistan.
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    Le Mufti général du Sultanat d'Oman a également fait une déclaration pour féliciter le peuple frère musulman afghan pour la nette conquête et la chère victoire sur les Américains. 

    Qui reconnaîtra le régime des talibans ?
    La Chine a été le premier pays à faire part de sa décision. Elle s'est dit prête à développer des "relations amicales" avec les talibans afghans

     
  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    Opérations sanglantes des talibans alors que les Américains préparent leur départ
    Au moins 12 policiers afghans ont été tués dimanche 25 avril 2021, dont sept dans une embuscade des talibans au sud de la capitale, Kaboul, alors que les combats se poursuivent dans ce pays déchiré par la guerre alors que les forces américaines commencent à se retirer de ce pays. 

    Les deux attaques menées dans les provinces de Logar et de Kandahar sont survenues avec l'annonce du commandant militaire américain en Afghanistan, le général Scott Miller, de commencer à travailler pour retirer les forces étrangères restantes dans ce pays, en application des ordres du président Joe Biden.

    Dider Lawang, porte-parole du gouverneur de la province de Logar a confirmé que "Sept policiers avaient été tués et trois autres blessés lorsque des talibans ont tendu une embuscade à leurs voitures dans le district de Muhammad Agha." La police d'État, au sud de la capitale, Kaboul, a également confirmé l'attaque.

    Lors d'une autre attaque dimanche, un kamikaze a attaqué un véhicule de police dans le district de Mewand, dans le bastion taliban de la province méridionale de Kandahar, tuant cinq policiers et en blessant quatre.

    Le ministère afghan de l'Intérieur a déclaré dimanche que les talibans avaient mené six attentats suicides et 62 attentats à la bombe au cours des 10 derniers jours, tuant plus de 60 civils et en blessant 180.

    Le retrait des forces américaines commence
    Le général Miller, commandant des forces américaines et de l'OTAN en Afghanistan, a déclaré que les travaux avaient commencé pour remettre les bases restantes aux forces afghanes et retirer les soldats américains et de l'OTAN du pays.

    "Avec le début du retrait de tous les soldats américains, nous allons essentiellement céder les bases au ministère de la Défense et aux autres forces afghanes", a déclaré Miller aux journalistes à Kaboul, sans nommer ces bases.

    "Toutes nos forces se préparent maintenant à battre en retraite. Officiellement, la date de notification sera le premier mai, mais en même temps, nous avons commencé à prendre des mesures locales", a-t-il déclaré.

    L'armée remettra son équipement qui n'a pas besoin d'être retiré, en disant: «Nous cherchons à faire en sorte que les forces de sécurité afghanes disposent des bases et des équipements nécessaires à leur travail».

    Joe Biden avait annoncé plus tôt ce mois-ci que toutes les forces américaines restantes en Afghanistan seraient retirées d'ici le vingtième anniversaire des attaques du 11 septembre, ce qui ferait tomber le rideau sur la plus longue guerre américaine à l'extérieur de ses frontières.

    Le retrait a été retardé de près de cinq mois depuis l'accord entre les talibans et l'ancien président américain Donald Trump de retirer toutes les forces étrangères.

    Il y a environ une décennie, les États-Unis avaient près de 100.000 soldats en Afghanistan, mais ce nombre est tombé à 2500 pendant la présidence de Trump.

    Province de Takhar : Ralliement autour du fils d'Ahmad Shah Massoud
    Un certain nombre d'ex-commandants mudjahidines ont exprimé leur soutien à Ahmad Massoud, le fils de feu Ahmad Shah Massoud, lors d'un rassemblement dans le district de Farkhar dans la province de Takhar.  Ils ont annoncé qu'ils étaient prêts à combattre les Talibans à l'appui des forces de sécurité nationales afghanes.
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