Massawa

  • Erithrée : Les forces du Tigray tirent six missiles sur la capitale Asmara

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    Six missiles ont frappé la capitale de l'Erythrée, Asmara. L'aéroport et le ministère de l'information ont été touchés. Les frappes font suite aux menaces proférées contre l'Erythrée par les autorités du Tigray, une région d'Ethiopie entrée en rébellion contre le pouvoir fédéral. 

    Après l'attaque de missiles sur la ville d'Asmara, une autre série d'attaques de missiles à frappé Massaoua, port érythréen sur la mer Rouge, provoquant une panne d'électricité dans la ville. 

    Le Commandement des forces du Tigray avait accusé l'Erythrée de prêter main-forte à l'armée fédérale éthiopienne en laissant son aviation décoller du territoire érythréen, mais aussi en intervenant militairement dans les combats au Tigray à la demande d'Addis Abeba.

    Ennemi juré 
    Ce n'est pas la première fois que les dirigeants du Tigray accusent l'Erythrée d'être impliquée dans le conflit en cours. L'Erythrée est l'ennemi juré du TPLF, parti qui représente la minorité tigréenne et a contrôlé durant presque 30 ans l'appareil politique et sécuritaire en Ethiopie. 

    Un conflit qui pourrait déstabiliser toute la Corne de l'Afrique
    Les tirs sur Asmara constituent une escalade majeure dans le conflit au Tigré. Et de nombreux observateurs craignent qu'il entraîne l'Ethiopie - deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec 100 millions d'habitants et mosaïque de peuples - dans une guerre communautaire incontrôlable, mais aussi déstabilise toute la région de la Corne de l'Afrique, l'Erythrée pouvant notamment être tentée de régler de vieux comptes avec le TPLF.

    Ethiopie et Erythrée se sont affrontées dans une guerre meurtrière entre 1998 et 2000, à l'époque où le TPLF était tout puissant à Addis Abeba. Les deux pays sont restés à couteaux tirés jusqu'à ce que Abiy Ahmed devienne Premier ministre en 2018 et fasse la paix avec Asmara, ce qui lui a valu le prix Nobel en 2019. Devenu Premier ministre à la faveur d'un fort mouvement de contestation populaire né dans les régions oromo et amhara, les deux principales ethnies du pays, M. Abiy a progressivement écarté le TPLF du pouvoir et les tensions entre eux n'ont cessé de croître. Jusqu'à l'intervention militaire qu'il a lancée le 4 novembre au Tigré, pour dit-il, y rétablir des "institutions légitimes".

    Avec ces tirs de "missiles" jusqu'en région amhara et en Erythrée, le TPLF a montré sa capacité à porter le conflit loin de son fief. Ce, alors que le général Berhanu Jula, chef d'état-major de l'armée fédérale, assurait le 5 novembre que "la guerre ne gagnerait pas le centre du pays" et "se terminerait" au Tigré. Même si le TPLF assure que "le conflit ne concerne pas les civils amhara", de vieux différends territoriaux opposent les Amharas et les Tigréens (6% de la population du pays).

    Les tensions sont récurrentes entre les deux communautés qui se sont violemment affrontées par le passé. Des milliers de miliciens amhara ont déjà rejoint le Tigré pour prêter main-forte à l'armée fédérale éthiopienne contre le TPLF, selon les autorités régionales amhara.

    Jeudi, Amnesty International a dénoncé un "massacre" de civils au Tigré, citant des témoins qui affirment que les victimes étaient amhara et ont été tuées par des forces du TPLF, ce que le président du Tigré Debretsion Gebremichael a démenti.

  • Éthiopie : Les dirigeants du Tigray revendiquent des attaques à la roquette contre des aéroports et menacent l'Érythrée

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    Samedi 14 novembre, les dirigeants de la région du Tigray, au nord de l'Éthiopie, ont affirmé que des attaques à la roquette avaient été lancées contre deux aéroports d'une région voisine et ont menacé de frapper l'Érythrée voisine, faisant craindre que l'escalade du conflit ne s'étende.

    Les attaques - et les menaces d'autres attaques à venir - ont alimenté la crainte qu'un conflit que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a promis de maîtriser rapidement ne fasse boule de neige et ne déstabilise la région de la Corne de l'Afrique au sens large.

    Abiy a annoncé la semaine dernière qu'il avait ordonné des opérations militaires au Tigray, déclarant que cette décision faisait suite aux attaques contre des camps militaires fédéraux par le parti au pouvoir dans la région, le Front populaire de libération du Tigray (Tigray People's Liberation Front, TPLF).

    Des centaines de personnes auraient été tuées depuis le début du conflit, certaines au cours d'un massacre documenté par Amnesty International.

    Des milliers de personnes ont fui les combats et les frappes aériennes au Tigray, dont les dirigeants, selon Abiy, cherchent à déstabiliser le pays.

    Vendredi soir, au moins 21 000 Éthiopiens ont fui vers le Soudan, selon l'agence pour les réfugiés du Soudan.

    Les frappes contre les aéroports ont eu lieu vendredi soir dans deux villes de la région voisine d'Amhara, Bahir Dar et Gondar.

    Le gouvernement fédéral a reconnu que "les zones aéroportuaires avaient subi des dommages", tandis qu'un médecin de Gondar a déclaré que deux soldats avaient été tués et 15 autres blessés.

    "Hier soir, nous avons infligé de lourds dommages aux composantes militaires des aéroports de Gondar et de Bahir Dar", a déclaré samedi Getachew Reda, un membre haut placé du Front populaire de libération du Tigray (TPLF), dans un communiqué.

    Il a réitéré les affirmations du TPLF selon lesquelles les soldats érythréens sont impliqués dans les combats, ce que l'Ethiopie dément.

    Sévère avertissement à l'Erythrée
    Getachew Reda a réitéré les affirmations du TPLF selon lesquelles les soldats érythréens étaient impliqués dans les combats, ce que l'Ethiopie dément.

    Le TPLF n'hésitera pas à frapper des cibles à l'intérieur de l'Erythrée - l'ennemi traditionnel de l'Ethiopie - y compris sa capitale, Asmara.

    "Qu'ils se lèvent d'Asmara ou de Bahir Dar pour attaquer le Tigray... Nous prendrons des mesures de rétorsion. Nous lancerons des attaques de missiles sur des cibles choisies en plus des aéroports", a-t-il déclaré.

    "Nous mènerons des attaques de missiles pour déjouer les mouvements militaires à Massawa et Asmara", a-t-il ajouté.

    Un black-out des communications dans la région a rendu difficile l'évaluation des revendications concurrentes sur la façon dont les combats se déroulent.

    Le TPLF a dominé la politique éthiopienne pendant près de trois décennies avant qu'Abiy n'entre en fonction en 2018, après plusieurs années de protestations anti-gouvernementales.

    Depuis lors, le TPLF s'est plaint d'être mis sur la touche et d'être le bouc émissaire des malheurs du pays.

    La querelle s'est intensifiée après que le Tigray a organisé ses propres élections en septembre - défiant l'interdiction gouvernementale sous le prétexte de la pandémie de coronavirus.