Madani

  • Soudan : Des manifestants bloquent des routes à Khartoum et dans plusieurs villes soudanaises

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    Mardi 25 janvier 2022, les rues de la capitale soudanaise, Khartoum, et de plusieurs villes ont été témoins de blocage de routes avec des pneus enflammés et des pierres par des manifestants protestant contre la répression des manifestations par les forces de sécurité, tandis que Washington a mis en garde ses citoyens contre des actes de désobéissance civile dans ce pays.

    Les manifestants ont bloqué les rues principales de certains quartiers de Khartoum et des villes de Bahri, Omdurman et Madani, avec des barrières en ciment et des pneus enflammés.

    Les manifestants protestaient contre la répression par les forces de sécurité des manifestations appelant à un « régime civil ». La veille,  3 personnes ont été tuées et 169 autres blessées par les forces de sécurité.

    Le comité "Sudan Doctors" a déclaré, mardi 25 janvier, que 3 personnes avaient été tuées et 169 autres blessées, dont 32 balles réelles, lors de la répression des manifestations du lundi 24 janvier dans la capitale, Khartoum, et la ville de Wad Madani.

    Mardi, l'ambassade des États-Unis au Soudan a appelé ses citoyens à éviter les foules à Khartoum et dans d'autres villes.

    "Des actes de désobéissance civile devraient se produire aujourd'hui, 25 janvier, à Khartoum et peut-être dans d'autres États", a déclaré l'ambassade dans un message sur Facebook, ajoutant que cela pourrait inclure "des manifestations centralisées ou décentralisées, des barrages routiers par des manifestants et des fermetures d'entreprises". 

    Et elle a ajouté : "Les forces de sécurité pourraient fermer les ponts. Les protestations et les actes de désobéissance civile pourraient se poursuivre dans les semaines à venir".

    Depuis le 25 octobre 2021, le Soudan a connu des manifestations en réponse aux mesures exceptionnelles prises par le chef de l'armée, Abdel Fattah Al-Burhan, notamment l'imposition de l'état d'urgence et la dissolution des Conseils de souveraineté et des ministres de la transition. Les forces politiques considèrent ces décisions d'al-Burhan comme un "coup d'État militaire"

    Les manifestations ont fait 76 morts et des centaines de blessés depuis le 25 octobre, selon le Comité des médecins soudanais.

     

     

  • Soudan : manifestation monstre anti-putsch

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    Sous le slogan "les militaires à la caserne", des milliers de Soudanais ont manifesté contre le pouvoir militaire, samedi 25 décembre 2021, à Khartoum et dans ses banlieues, mais aussi dans d'autres villes, tandis que les autorités ont coupé internet et le téléphone. Les manifestants rejettent l'accord politique entre le Premier ministre Abdalla Hamdok et le commandant de l'armée Abdel Fattah Al-Burhan.

    Les manifestants, qui sont descendus dans les rues à l'invitation des « Forces de la liberté et du changement et de la Coordination des comités de résistance », tentent de contourner les barrières de sécurité pour atteindre les grilles du Palais républicain, scandant des slogans appelant pour l'État civil et la dissolution du partenariat avec les militaires.

    En dépit d'un quadrillage sécuritaire de la capitale inédit depuis des semaines, deux mois jour pour jour après le coup d'Etat du général Abdel Fattah al-Burhane, les cortèges ont convergé vers le palais présidentiel à Khartoum, siège des autorités de transition chapeautées par le général Burhane, ou à Madani, à 150 kilomètres au sud de Khartoum.

    Les forces de sécurité soudanaises ont tenté de dispersé la foule des manifestants en tirant des grenades lacrymogènes, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel de Khartoum où siègent les autorités de transition.

     

  • Soudan : Affrontements entre la sécurité soudanaise et les manifestants devant le palais présidentiel

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    Frustrés par l'absence de changement dans leur vie quotidienne, des milliers de manifestants réclamant "Justice" ont défilé samedi 19 décembre dans plusieurs villes du pays, au deuxième anniversaire du début de la révolte contre l'autocrate Omar al-Bachir.

    Après après avoir brûlé des pneus provoquant des volutes de fumée noire à El Sahafa, un quartier du sud de la capitale Khartoum, des manifestants se sont dirigés vers le palais présidentiel en scandant "Justice, Justice", et "Taskout Bass" ("La chute, point final"), alors que d'autres arboraient le drapeau soudanais ou des photos de "martyrs" tués durant les manifestations de 2019. Ils reprenaient les mots d'ordre de la révolution et certains scandaient "le peuple veut la chute du régime", un cri présent dans toutes les manifestations durant le Printemps arabe. 

    Le 19 décembre 2018, des centaines de Soudanais avaient commencé à manifester dans plusieurs villes du pays après la décision gouvernementale de tripler le prix du pain en pleine crise économique. Ce mouvement s'est transformé en une révolte qui a abouti le 11 avril 2019 à la destitution par l'armée du président Omar el-Bachir, après 30 ans de pouvoir sans partage. 

    Depuis la conclusion en août dernier d'un accord entre les militaires qui avaient succédé à M. Bachir et les dirigeants de la contestation, le pays est dirigé par un gouvernement de transition, avec un Premier ministre civil et un Conseil souverain composé de civils et de militaires.

    Samedi près de l'aéroport, des manifestants tenaient une affiche du Premier ministre, Abdalah Hamdok, barrée d'une croix avec le mot "Erhal", (Dégage !). "Nous sommes descendus dans la rue aujourd'hui car le gouvernement transitoire ne satisfait pas nos demandes ni dans le domaine économique ni en matière de justice", a affirmé à l'AFP  un manifestant.

    "Message très clair" 
    En dépit de l'annonce récente par les Etats-Unis du retrait officiel du Soudan de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme, la crise socio-économique persiste, accentuée par l'épidémie du coronavirus, une inflation galopante et une dette colossale, équivalente à 201% du Produit intérieur brut (PIB). Autre motif d'insatisfaction des manifestants, les responsables de la répression durant la révolution n'ont toujours pas été traduits en justice.

    Le procureur général a interdit aux forces de sécurité de tirer et d'utiliser des grenades lacrymogènes durant les manifestations. Après avoir défilé en ville, les manifestants se sont arrêtés à 10 mètres du Palais présidentiel en criant "Liberté, Liberté", "Retour des déplacés", mais aucun incident n'a été déploré jusqu'ici avec les forces de sécurité.

    Pour une manifestante, "c'est un message très clair adressé aujourd'hui au gouvernement civil et militaire. Nous possédons le pouvoir de la rue, c'est notre arme et nous l'utiliserons si nos demandes ne sont pas satisfaites", a-t-elle dit à l'AFP.

    Outre Khartoum, des manifestations ont également eu lieu à Madani, dans la province de Jazira, à Port Soudan, le principal port du pays, Atbara, dans le nord-est et à Kassala, dans l'est du pays, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés éthiopiens, selon des correspondants de l'AFP.

    Les relations entre militaires et civils dont des représentants forment un gouvernement de transition se sont dégradées au fil des mois, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale et des experts. Le Premier ministre a renouvelé ses critiques acerbes envers l'armée et les services de sécurité, jugeant "inacceptable" leur poids dans l'économie - ils contrôlent environ 250 sociétés dans des secteurs vitaux.

    Pour l'ONU, "le Soudan est à un moment critique". "Il peut avancer de manière décisive dans sa transition, mais ces progrès peuvent encore dérailler face aux nombreux défis", a expliqué le 8 décembre Resemary DiCarlo, le secrétaire générale adjoint de l'ONU.