Lutte contre le terrorisme islamiste

  • Tunisie : découverte et démantèlement d'une cellule terroriste

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    Les forces de sécurité tunisiennes ont démantelé une cellule terroriste dans la ville côtière de Sousse qui projetait de mener des attaques dans le pays. C'est ce qu'a fait savoir le ministère de l'Intérieur, le mercredi 22 juillet, en précisant que le groupe était composé de 5 membres. Pour l'instant, les suspects sont tous en détention. Selon les autorités, ils prévoyaient des attaques contre les quartiers généraux de la sécurité et les patrouilles de police.
    Le ministère tunisien a souligné que, selon l'enquête, certains membres de la cellule essayaient de rejoindre les militants retranchés dans les régions montagneuses du pays pour être formés à la fabrication d'explosifs. En avril, les autorités avaient déjà arrêté un groupe terroriste prévoyant de frapper les forces de sécurité du pays et diverses installations vitales et, en mai, un militant tunisien de Daech avait été capturé.
    Le dernier attentat en Tunisie a eu lieu le 6 mars 2020, lorsque deux kamikazes, Mohamed Selim Zenadi et Khoubaieb Laâqa, âgés respectivement de 29 et 27 ans, ont déclenché leur charge d'explosifs, près d'un poste de contrôle de police situé près de l'ambassade des États-Unis à Tunis, dans le quartier des Berges du Lac. Un officier est mort, le lieutenant Tawfik Mohamed Missaoui, et 6 autres personnes ont été blessées, dont 5 policiers et une femme qui était de passage. Selon le porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur, Khaled Hayouni, la cible de l'attaque n'était pas l'ambassade des États-Unis, mais la voiture de patrouille devant le bâtiment. Cet épisode a en tout cas mis en évidence le danger que représentent les terroristes en Tunisie, qui, selon des sources de la sécurité intérieure, ont entamé une phase caractérisée par l'imprévisibilité.
    Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, selon le rapport national sur le terrorisme de 2019, se référant à 2018, la Tunisie reste un pays à haut risque en ce qui concerne le terrorisme.
    La législation antiterroriste actuelle a été adoptée en 2015, dans le but d'améliorer la défense des droits de l'homme et la lutte contre l'extrémisme violent, conformément à la résolution 2178 du Conseil de sécurité des Nations unies et au régime de sanctions contre Al-Qaïda et l'Etat islamique. Le 23 novembre 2018, le Conseil des ministres a annoncé la nécessité de procéder à un nouvel examen des dispositions relatives à la garantie des libertés civiles et au contrôle juridictionnel. En outre, en octobre 2018, le Comité national de lutte contre le terrorisme a publié la Stratégie nationale tunisienne de lutte contre le terrorisme, qui comprend quatre piliers principaux, à savoir la prévention, la protection, les poursuites et la réponse, et contient 59 mesures au total. La Commission travaille avec les ministères de l'éducation, de la culture, de la communication et de la religion, ainsi qu'avec les organisations de la société civile tunisienne et les partenaires internationaux pour mettre en œuvre de vastes campagnes de lutte contre le terrorisme violent et de prévention du recrutement, en mettant l'accent sur les jeunes et les prisonniers. La loi de 2015 sur la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d'argent est toujours en cours de révision. Les amendements discutés en 2018 comprennent la levée de l'immunité de toute personne impliquée dans des enquêtes sur des infractions de terrorisme ou de blanchiment d'argent, l'établissement de cadres juridiques et procéduraux pour mettre en pratique l'interdiction de la prolifération et du financement des armes de destruction massive, la création d'un tribunal pour mineurs, le renforcement des sanctions pour les infractions de blanchiment d'argent et l'élargissement de la définition du crime.