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  • Mali / Tentative de coup d’Etat : l’aéroport et la télévision nationale sécurisés

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    S’il est difficile de se prononcer sur la situation au Mali suite à une mutinerie qui a éclaté à Kati (ville garnison sur les hauteurs de la capitale), avant de s’étendre à Bamako, l’aéroport international «Modibo Kéita» de Sénou et l’Office de radiotélévision du Mali (ORTM) échapperaient pour le moment au contrôle des mutins, ont indiqué plusieurs sources concordantes.

    Le colonel Sadio Camara, le lieutenant-colonel Mama Seku Lelenta, le colonel Diaw, le général de brigade Cheick Fanta Mady Dembele sont les leaders du coup d'État.

    Brigadier General Cheick Fanta Mady Dembele

    Brigadier General Cheick Fanta Mady Dembele.jpgColonel Sadio Camara

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    Colonel Diaw, le véritable chef de la mutinerie

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    L’ORTM continue à diffuser normalement ses programmes sans interruption. Le journal télévisé de 13h (TU) a été diffusé et le présentateur a fait allusion à la mutinerie en assurant que des équipes sont en train de faire des investigations pour mieux informer l’opinion.

    Selon des sources concordantes, l’aéroport international est bien sécurisé et l’accès est contrôlé par la gendarmerie.

    IBK arrestation.jpegSelon des rumeurs, le président IBK (photo de son arrestation ci-contre) aurait été capturé par les putschistes, ainsi que son fils, Karim Keïta et le premier ministre, Boubou Cissé, bien que l'arrestation de Cissé ait été démentie par son cabinet. 

    On sait aussi que plusieurs ministres et le président de l’Assemblée nationale ont été arrêtés, une information qui n’a pas été démentie. 

    Le ministre de la Défense et des Anciens combattant, le général de division Ibrahima Dahirou Dembélé, serait aussi libre et «dirige la riposte des forces régulières depuis son bureau», ont indiqué des sources dans son département.

    Pour l’instant, indiquent lesdites sources, une grande partie de l’armée reste fidèle au chef de l’Etat et la situation serait actuellement sous contrôle des Forces armées maliennes (FAMa).

    Rappelons que des coups de feu ont été entendus tôt ce matin à Kati, une ville garnison sur les hauteurs de Bamako et à quelques kilomètres du palais présidentiel de Koulouba.

    Quelques heures plus tard, des coups de feu ont été aussi entendus au camp des Gardes de NTominkorobougou (commune III du district de Bamako) semant un vent de panique et créant des bouchons dans la circulation dans la capitale malienne.

    Mais, une centaine de jeunes manifestants se réclamant du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), se sont rassemblés à la Place de l’Indépendance de Bamako pour, disent-ils, soutenir les mutins et exiger la «démission immédiate» du président Ibrahim Boubacar Kéita.

    Notons que le coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012 a commencé aussi par une mutinerie dans ce même camp de Kati.

    Le gouvernement malien demande aux mutins de se ressaisir
    Le gouvernement de la République du Mali a demandé aux éléments de l’armée qui ont déclenché une mutinerie ce mardi matin de se ressaisir, a indiqué un communiqué signé du Premier ministre Boubou Cissé.

    «Les mouvements d'humeur constatés traduisent une certaine frustration qui peut avoir des causes légitimes. Le gouvernement du Mali demande aux auteurs de ces actes de se ressaisir. Il n'y a pas de raisons au dessus de notre cher Mali qui vaillent des actes dont l'issue incertaine peut déboucher sur des actes dommageables pour la nation entière», a souligné le communiqué.

    Le chef du gouvernement a appelé à «l’apaisement» et a affirmé que le gouvernement est «disponible pour engager un dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus».

    La France « exhorte les militaires à regagner sans délai leurs casernes »
    Les développements en cours au Mali sont une menace directe à l'influence française déjà en train de s'effriter dans la région. C'est pourquoi a France a très vite réagi et condamne la « mutinerie. Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué publié mardi sur le site de la diplomatie française, a « exhorté les militaires à regagner sans délai leurs casernes ».

    Paris « condamne avec la plus grande fermeté cet événement » qualifié de « grave », par la diplomatie.

    Le pays « partage pleinement la position exprimée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans le communiqué qu’elle vient de faire paraître et qui appelle au maintien de l’ordre constitutionnel et exhorte les militaires à regagner sans délai leurs casernes ».

    « La France réaffirme avec force son plein attachement à la souveraineté et à la démocratie maliennes » conclut le communiqué de Jean-Yves Le Drian affirmant, par ailleurs, que « les autorités françaises, au plus haut niveau, restent très attentives à l’évolution de la situation au Mali ».

    La CEDEAO condamne la tentative de coup d’Etat, en cours, au Mali
    La Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a condamné, mardi, dans un communiqué, la tentative de coup d’Etat en cours au Mali et appelé les militaires de regagner « sans délai » leurs casernes.

    La CEDEAO « condamne vigoureusement la tentative en cours et prendra toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel, par le rétablissement des institutions démocratiquement élues », peut-on lire dans le communiqué.

    « Aussi, la DEDEAO appelle-t-elle les militaires à regagner sans délai leurs casernes, en demandant à toutes les parties prenantes maliennes de privilégier le dialogue pour résoudre la crise que traverse le pays », poursuit la même source.

    La Communauté ouest-africaine rappelle, enfin, « sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel et appelle les militaires à demeurer dans une posture républicaine».



    TV live : 

  • Liban : De hypothèses et des questions après la double explosion du port de Beyrouth

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    La double explosion survenue sur le port de Beyrouth n'a pas manqué de soulever de multiples questions et de remettre à nouveau en cause l'autorité de l'Etat. Le climat de suspicion, de rivalité et de contradictions internes est revenu, cette fois, à un rythme sans précédent. Les citoyens libanais n'ont simplement plus confiance dans leurs dirigeants. Cette désaffection du public envers la classe politique touche tous les politiciens. Car lorsqu'il y a de nombreux morts, les gens ne font plus de distinction religieuse ou politique en ce qui concerne les responsables.

    Les divisions confessionnelles entretenues par la classe politique hors de propos
    Parmi les leçons les plus importantes figurent également celles qui découlent de la large solidarité avec le peuple libanais, aux niveaux régional et international, de telle sorte qu'elles rendent hors de propos les divisions confessionnelles qu'entretient toujours la classe politique libanaise.

    La question de l'attribution des emplois publics
    L'incurie autour de la question du stockage des 2750 tonnes de nitrate d'ammonium a naturellement posé la question de la distribution des emplois publics sur des critères politiques ou confessionnels. Comment les autorités chargées du stockage de matières chimiques aussi dangereuses que le nitrate d'ammonium ont elles pu les conservers pendant plusieurs années dans le quartier n ° 12 du port. On sait que le directeur général des douanes libanaises s'était adressé à la justice pour demander le transfert ou le retour du stock de nitrate d'ammonium. Ré-exportez ces grandes quantités de nitrate d'ammonium ou éliminez-le de n'importe quelle manière, avait-il demandé. La question posée tout naturellement par le directeur des douanes s'est elle perdue dans les méandres procéduraux, toujours est il qu'aujourd'hui l'absence de réponse adéquate suscite les soupçons et les accusations, dans un climat politique particulièrement tourmenté dû à l'absence totale de confiance dans les dirigeants, les sectes et les élites politiques.

    Un contexte particulièrement lourd des relations entre Israël et le Liban qui suscite les suspicions
    A cela s'ajoute une situation particulièrement tendue entre le Hezbollah et Israël, qui a naturellement soulevé la question de l'éventuelle responsabilité de l'Etat hébreu. Ce à quoi, Israël n'a pas tardé à nier son implication dans la double explosion. Mais cela ne suffira pas à écarter les soupçons, notamment en raison des déclarations israéliennes précédentes, du regain de tension récent suite à la mort d'un responsable du Hezbollah près de Damas et les menaces de représailles de la milice chiite libanaise. A cela s'ajoute la multiplication des explosions mystérieuses qui secoue l'Iran et qui serait due, selon de nombreux observateurs, à une cyber-guerre menée par Israël contre l'Iran, grâce à l'utilisation de moyens de haute technologie, capables de détruire à distance les dépôts d'armement du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran, les sites nucléaires et autres installations stratégiques.
    Le climat de tension entre le Liban et le Hezbollah d'un côté, Israël de l'autre entretient , l'état de polarisation politique au sein de l'État libanais et contribue à paralyser la capacité du gouvernement libanais, quel qu'il soit, d'appliquer la loi et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les citoyens et sauvegarder leurs intérêts, quand il faudrait rétablir l'autorité de l'Etat face au Hezbollah et à ses alliés.

    Le Hezbollah
    Laisser 2750 tonnes de nitrate d'ammonium dans un simple hangar sur le port de Beyrouth, était faire prendre un risque énorme pour tout le Liban. Mais c'était également un risque énorme pour le Hezbollah.
    Ce parti a commis une erreur en s'insérant profondément dans les équations gouvernementales et en mélangeant sa légitimité constitutionnelle en tant que parti représentant la communauté chiite libanaise avec la recherche d'une légitimité révolutionnaire, se déclarant champion de la lutte contre Israël, entraînant du même coup le Liban dans une spirale d'affrontements avec l'Etat hébreu.
    Et c'est précisément en justifiant la nécessité de se protéger contre ses ennemis, que le Hezbollah s'est mis à mettre progressivement en place une politique de favoritisme et de corruption à tous les niveaux, éliminant des postes clés tous ceux qui pouvaient éventuellement lui être hostiles.
    Et aujourd'hui, certains se demandent si le Hezbollah n'a pas directement ou indirectement tout fait pour laisser sur place ce stock de nitrate d'ammonium, au risque de laisser des adversaires profiter de l'opportunité pour créer une catastrophe et jeter le discrédit sur le Hezbollah.

    Soutien de la France au peuple libanais - pas à la classe politique
    Pendant sa visite au Liban, Jeudi 6 août, le président français a pris bien soin de faire la différence entre la solidarité de la France avec le peuple libanais et les relations avec les représentants de l'Etat, la présidence et le gouvernement. Il a mis en garde: le Liban continuera de souffrir si les réformes ne sont pas mises en œuvre.
    On sait que c'est la France qui a créé l'entité libanaise au lendemain de la Première Guerre mondiale, en la séparant des terres syriennes pour des raisons connues de tous. La France, un siècle après la création du Liban, se considère toujours comme la «mère gracieuse» du Liban, ou le «pays frère», comme l'a dit le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, après le désastre de la double explosion du port. Mais pourquoi la France s'implique-t-elle autant, sept décennies après avoir quitté le Liban en tant que puissance mandataire ?
    Parce que les Français viennent de découvrir qu'il faut s'attendre à ce que l'Etat libanais va tout faire pour protéger les suspects si l'hypothèse d'un acte criminel derrière la double explosion se trouve confirmée. Paris ne peut accepter qu'on brouille les cartes, ne serait-ce que par amitié pour le peuple libanais. C'est pourquoi il demande un changement de comportement de la classe dirigeante.

    Le Pacte de 1943 en question
    Mais tout changement suppose la remise question du Pacte de 1943, qui a assuré, depuis l'indépendance du Liban de la France, une cohabitation des sectes grâce à une division constitutionnelle des pouvoirs. Mais le Pacte de 1943 a également empêché la classe politique d'évoluer, de se moderniser, les dirigeants au sein de chacune des communautés confessionnelles étant plus enclins à conserver leur prérogatives, leurs clientèles plutôt que de s'intéresser à l'avenir du Liban en tant que nation.

  • Syrie: Des membres de Daech, prisonniers des Kurdes, révèlent le fonctionnement des cellules dormantes

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    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais) arالعربية (Arabe)

    Des membres de l’Etat islamique emprisonnés par les FDS à al-Hasakah ont révélé leurs plans au cas où ils réussiraient à s’échapper lors d’un entretien exclusif avec l’envoyé d’Al-Hadath en Syrie, Rola al-Khatib. Au cours de l’interview, les prisonniers de l’Etat islamique ont également révélé « la manière dont fonctionnent leurs cellules dormantes ».
    Un détenu de l’Etat islamique a déclaré à Al-Hadath qu’il se trouvait dans une autre prison où des jihadistes turcs ont tenté de s’échapper avec des collègues, mais ils n’ont pas réussi.
    « Si je sors de prison, je continuerai à me battre jusqu’à la mort. Je combattrai les milices et les forces américaines et non américaines jusqu’à la mort, qu’il s’agisse d’une victoire ou d’un martyre », a déclaré l’un des membres de l’Etat islamique.
    Un autre prisonnier de l’Etat islamique a révélé à al-Hadath que Daech préparait une attaque contre le camp d’al-Hol où des femmes et des enfants de l’Etat islamique sont détenus, ainsi que des prisons où sont enfermés des hommes de l’Etat islamique. Il a expliqué que l’Etat islamique s’attendait à ce qu’il y en ait assez pour contrôler la prison de quelque manière que ce soit, par exemple en prenant des otages auprès de gardes kurdes ou d’autres manières.
    Lorsqu’on lui a demandé s’il y avait un accord avec des éléments extérieurs à la prison pour l’attaquer et libérer les détenus de l’Etat islamique, un extrémiste a répondu: « La porte de la prison n’est jamais fermée à personne. Le problème de la sortie est simple. .
    Interrogé sur ce que feraient les prisonniers de l’Etat islamique à leur sortie de prison, il a répondu: « Nous rétablirons le califat. Les gens s’imaginent que l’État islamique est terminé. C’est un fantasme. »
    Pour sa part, un prisonnier a confirmé que les cellules dormantes de Daech resteront en activité jusqu’à ce nouvel ordre. Un autre prisonnier a estimé par milliers le nombre de cellules dormantes de Daech en Syrie et par millions dans le monde.
    Un prisonnier a expliqué que les cellules de Daech sont composées de trois à quatre personnes qui communiquent par téléphone mobile et sont gérées par les Wali et Wajna. Il a expliqué que les « gouverneurs » sont toujours présents dans les zones, principalement celles contrôlées par les FSA. Ces « gouverneurs » demandent à une cellule d’agir et lui fournissent l’argent (par le truchement des bureaux de virement de fonds) et tout ce dont la cellule a besoin.
    Le prisonnier a déclaré que si la porte de la prison était ouverte et que les prisonniers réussissaient à en sortir, ils réorganiseraient leurs rangs pour se battre à nouveau.
    Un autre membre de Daesh a averti que si les prisonniers européens de l’Etat islamique seraient libérés et renvoyés dans leur pays, « l’Europe ne se reposera pas et elle paiera chèrement ».
    Pour sa part, un officier des « Forces démocratiques syriennes » a déclaré que la prévention de la fuite des membres de l’Etat islamique n’était plus une priorité pour eux.
    L’officier a confirmé que les troupes avaient été retirées de la protection de la prison pour être emmenées sur le front des combats avec les Turcs, et que la prison de Sekha n’était désormais protégée que par un petit nombre de civils.
    Dans un contexte connexe, la France a mis en garde contre le retour imminent de l’Etat islamique au nord de la Syrie. Le Premier ministre français Edouard Philippe a déclaré mardi que les décisions prises par la Turquie et les États-Unis en Syrie auraient de graves conséquences pour la région et que leurs actions conduiraient inévitablement au retour de l’Etat islamique en Syrie et en Irak.
    En réponse aux questions du parlement français, Philippe a déclaré: « Le retour inévitable de l’Etat islamique dans le nord-est de la Syrie et peut-être aussi dans le nord-ouest de l’Irak est une menace pour notre sécurité. »
    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré qu’il s’entretiendrait prochainement avec les dirigeants irakiens et kurdes pour trouver des moyens de sécuriser des milliers de combattants étrangers de l’Etat islamique détenus dans des camps et des prisons en Syrie.
    « Les combattants jihadistes, j’ai dit tout à l’heure qu’il y en avait 10.000 qui sont aujourd’hui dans des prisons dont il faut assurer absolument la sûreté et la sécurité », a-t-il déclaré à l’Assemblée nationale.
    « Ils peuvent agir rapidement si ces camps ne sont pas correctement gardés. Je rencontrerai très bientôt les dirigeants irakiens, y compris les Kurdes, pour faire face à cette urgence », a déclaré Le Drian aux législateurs français.
    M. Le Drian a souligné que seuls « quelques dizaines de combattants français » étaient détenus dans le nord-est de la Syrie, contre des milliers de jihadistes syriens et irakiens « qui peuvent agir très rapidement si d’aventure ces camps n’étaient pas suffisamment gardés ».https://vid.alarabiya.net/2019/10/15/101519EKW/101519EKW___101519EKW_video.mp4

    Plus d'informations sur le site Frontlive-Chrono
     
  • Esclavage en Libye: Paris demande une "réunion expresse" du Conseil de sécurité de l'ONU

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    Libye 
    Esclavage
    Esclavage en Libye: Paris demande une "réunion expresse" du Conseil de sécurité de l'ONU
    La France demande une réunion "expresse" du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de la vente de migrants africains comme esclaves en Libye, a annoncé mercredi 22 novembre le ministre français des Affaires étrangères.
    "La France a décidé ce matin de demander la réunion expresse du Conseil de sécurité des Nations unies pour aborder cette question. Elle le fait comme membre permanent du Conseil de sécurité, elle a la capacité de le faire et nous le faisons", a-t-il souligné devant l'Assemblée nationale.
    La France qualifie de "crimes contre l'Humanité" les faits d'esclavage en Libye
    Le président français a pour s part qualifié de "crimes contre l'Humanité" les ventes de migrants africains comme esclaves en Libye, exposées par la chaîne américaine CNN.
    "La dénonciation par la France est sans appel" et il faut que "nous puissions aller beaucoup plus loin pour démanteler les réseaux" de trafiquants, a-t-il déclaré après une rencontre avec le président de la Guinée et de l'Union africaine, Alpha Condé.
    "Ce qui s'est passé (en Libye) est scandaleux (...) inacceptable", a jugé ce dernier, qui est aussi président en exercice de l'Union africaine (UA).
    Pour le président français, "ce qui a été révélé" par CNN "relève bien de la traite des êtres humains. C'est un crime contre l'Humanité".
    Ce trafic "nourrit les délinquances les plus graves" et "les réseaux terroristes", "génère 30 milliards d'euros par an, touche malheureusement 2,5 millions de personnes - et 80% des victimes sont des femmes et des enfants", a-t-il ajouté.
    Il a confirmé l'annonce, faite par le chef de la diplomatie française  un peu plus tôt, que la France prenait "l'initiative au Conseil de sécurité" de l'ONU en demandant une réunion sur ce sujet.
    "Je souhaite que nous puissions aller beaucoup plus loin dans la lutte contre les trafiquants qui commettent de tels crimes et coopérer avec tous les pays de la région pour démanteler ces réseaux", a-t-il ajouté, en appelant à l'adoption de "sanctions contre les trafiquants".
    La semaine dernière, un documentaire choc de la chaîne de télévision américaine CNN avait exposé l'existence de ventes d'esclaves près de Tripoli, vivement dénoncé en Afrique et en Europe.
    Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d'une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l'Italie qui se trouve, à 300 kilomètres des côtes libyennes.  

     

  • Rohani à Macron: Non ! L'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient

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    Iran 
    Rohani
    Rohani à Macron: Non! l'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient    
    L'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient, a déclaré mardi 21 novembre le président iranien Hassan Rohani à son homologue français lors d'un entretien téléphonique, selon un communiqué de la présidence iranienne.
    "Notre présence en Irak et en Syrie est à l'invitation des gouvernements de ces pays pour lutter contre le terrorisme (...). L'Iran ne cherche pas à dominer (...) la région", a déclaré M. Rohani à son homologue français, quelques jours après que la France s'est inquiétée des "tentations hégémoniques" de Téhéran au Moyen-Orient.
    "Notre objectif est d'œuvrer pour la paix et la sécurité et d'éviter le démembrement des pays de la région", a assuré le président iranien au cours de cet entretien. "Après Daech, il faut aussi lutter contre les autres groupes terroristes", a-t-il ajouté.
    Le président français avait affirmé vendredi 17 novembre que la France souhaitait que "l'Iran ait une stratégie régionale moins agressive" et que soit clarifiée "sa politique balistique qui apparaît comme non maîtrisée". Le 16 novembre, son ministre des Affaires étrangères, en visite à Riyad, avait critiqué ce qu'il avait qualifié de "tentations hégémoniques" de Téhéran au Moyen-Orient.
    Le président français, qui a annoncé son intention de se rendre en Iran dans le courant de l'année 2018, a dit vendredi sa volonté de "dialoguer" avec Téhéran.
    Rohani à Macron : Le Hezbollah fait partie du peuple libanais
    Le président iranien, Hassan Rohani, a insisté sur l'importance du Hezbollah, le mouvement chiite libanais politique et armé, que soutient Téhéran.
    "Le Hezbollah fait partie du peuple libanais, il est très populaire dans ce pays et son armement est défensif et sert à contrer d'éventuelles attaques contre le Liban", a insisté M. Rohani. Et de poursuivre : "Nous devons maintenant faire en sorte que les mouvements libanais forment un gouvernement en toute sécurité pour le bien de leur pays".
     
    Myard 
    Point de vue de Jacques Myard  sur la politique "iranienne" du gouvernement français
    Le Proche et Moyen-Orient, un chaudron explosif ! 
    Tous les observateurs saluent l'initiative du Président Macron de recevoir à Paris Saad Hariri exfiltré d'Arabie-Saoudite, une opération qui tire une épine du pied de Riyad, mais qui peut provoquer des retours de bâton contre les intérêts français.
    La situation au Proche et Moyen-Orient dépasse très largement la personne de Saad Hariri qui apparaît comme l'otage de multiples forces géostratégiques antagonistes.
    Tout d'abord, il y a l'Arabie Saoudite qui accuse l'Iran de pousser ses pions partout dans la région, au Yemen, en Irak comme en Syrie.
    Cette présence iranienne forte n'est pas inexacte - sauf au Yémen - mais elle est aussi le résultat des erreurs de Riyad et de Washington depuis plus d'une décennie, surtout en Irak et en Syrie.
    Ensuite, face à cette situation, l'Arabie Saoudite semble même envisager une alliance avec Israël contre l'Iran avec le soutien de Trump. Le grand mufti d'Arabie Saoudite Abdelaziz al-Cheïkh a d'ailleurs lancé une fatwa appelant "les musulmans à s'allier avec les Juifs pour combattre le Hamas et le Hezbollah", il est évident que c'est l'Iran qui est visé.
    Dans ces conditions, lorsque Riyad "démissionne" S.Hariri, c'est avant tout le Hezbollah qui est visé, lequel, de plus, est la bête noire des Israéliens. Le risque est majeur pour la stabilité du Liban. Le mouvement chiite libanais dispose d'au moins 60.000 miliciens armés et aguerris, toute attaque contre lui peut provoquer la reprise de la guerre civile au Liban.
    Dès lors, les déclarations du ministre Le Drian à Riyad selon lesquelles la France est « inquiète » de la « tentation hégémonique » de l'Iran au Moyen-Orient est de nature à entraîner Paris dans un conflit où il n'y a que des coups à prendre ; l'Iran est incontournable pour la stabilité de la région et c'est aussi pour nos entreprises un grand marché.
    A ce titre la France devrait aussi s'interroger sur les conséquences pour nos entreprises de la volonté du Prince héritier de lutter contre la corruption, une noble cause...
    Pierre Conesa, très bon connaisseur de l'Arabie Saoudite, souligne à raison les risques de la purge engagée par Ben Salmane Saoud pour les entreprises européennes dont les affaires ont largement prospéré grâce à quelques princes compréhensifs, aujourd'hui en disgrâce...
    Pour toutes ces raisons Paris devrait plus que jamais garder en mémoire la règle d'or en diplomatie de Talleyrand : "Pas de zèle, Messieurs !"
    Jacques MYARD - Maire de Maisons-Laffitte - Membre Honoraire du Parlement
    Président du Cercle Nation et République.