Lashkar Gah (capitale du Helmand)

  • Afghanistan : Vers la fin de toute résistance à l'avancée des talibans - Pire que la chute de Saïgon en 1975 (mise à jour au fur et à mesure des évènements)

    Imprimer

    Les talibans aux portes de Kaboul
    Les talibans sont presque arrivés aux portes de Kaboul vendredi 13 août 2021, continuant leur implacable progression en Afghanistan, d'où les États-Unis et le Royaume-Uni vont évacuer en catastrophe leurs ressortissants et diplomates. Ce vendredi 13 août, seules trois grandes villes sont encore sous l'autorité du gouvernement : la capitale, Kaboul, Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, et Jalalabad (est).
    Aout 2021.jpeg

    Province de l'Uruzgan
    Mohammad Omar Shirzad.jpegMohammad Omar Shirzad (photo), le gouverneur de la province d'Uruzgan, affirme que la crise actuelle dans la province est en train d'être résolue grâce à la médiation des sages tribaux.
    "Nous négocions toujours activement avec les talibans", a déclaré Sherzad. Nous parlons et nous verrons ce qui se passe. "
    A Tirinkot, la capitale de la province, les tallibans sont en train de récupérer les armes des soldats.
    Cela faisait des mois que des combats avaient lieu entre les forces de sécurité et de défense afghanes et les talibans autour de la ville de Tirinkot.

    Province de Farah
    Cinq hauts responsables de Farah se sont réfugiés en Iran avec des centaines de membres des forces de sécurité.
    E8rHCIXUYAUcdbv.png

    Province de Faryab
    Les talibans ont lancé l'assaut sur la ville de Maymana, capitale de la province de Faryab, ce vendredi soir 13 août. Les talibans ont offert un accord de reddition aux responsables de Faryab, qui l'ont refusé et déclaré qu'ils allaient se battre jusqu'au bout. Les combats font actuellement rage dans la ville.
    E8r744AXMAIYdSp.jpeg

    E8r74fIX0AI2UZu.jpeg

    Province de Ghor
    Les talibans ont capturé Firozkoh, la capitale provinciale. Les autorités locales afghanes ont confirmé que la ville, qui compte environ 130 000 habitants, est tombée sans aucune résistance, les forces de sécurité et les représentants du gouvernement s'étant retirés de la ville. La députée Fatima Kohistani a accusé le gouverneur de la province de Ghor d'avoir cédé la ville aux talibans.

    Province de Helmand
    La ville de Leshkar Gah dans la province du Helmand, qui compte une population de 200 000 habitants, est passée sous le contrôle des talibans islamistes radicaux.
    Les affrontements ont duré des semaines autour de la ville, que les talibans tentaient de prendre depuis longtemps. Mais la ville a finalement été prise par les talibans malgré l'envoi d'une unité militaire spéciale et un appui aérien des armées de l'air afghanes et américaines. La situation a tourné à l'avantage des talibans vendredi matin 13 août après de violents combats. Abdulmacid Akhundsada, membre du Conseil provincial, a déclaré que Sami Sadate, l'un des commandants de l'armée afghane dans la région, et le gouverneur avaient quitté la ville ce vendredi matin. Les forces de sécurité de la ville se sont également retirées. 
    La grande base militaire de Lashkargah est également tombée aux mains des talibans.

    Lashkargah.jpeg

    Province de Herat : le chef de guerre Ismaïl Khan s'est rendu aux talibans
    Les talibans ont capturé le guerre afghan Ismaïl Khan après la chute d'Herat. L'ancien chef moudjahidin et membre dirigeant du parti Jamaat-e-Islami s'est rendu. Vidéo.

    Ismaïl Khan.jpeg

    Ismaïl Khan (2).jpeg

    Une source bien informée de la province d'Herat a déclaré qu'environ 800 membres des forces afghanes ont évacué l'aéroport de Shindand avant l'arrivée des talibans.
    EKvdquww.jpeg

    Province de Kandahar
    Informations encore confuses à Kandahar. Les talibans ont capturé les districts de Takhta Pul et Daman à Kandahar. Ils auraient été aperçus dans le centre ville de Kandahar, mais le ministère de la défense affirme que la ville n'est pas tombée et que l'armée résiste toujours.
    E8pt2UYXIAMX0vd.jpegUne source locale semble avoir confirmé cette revendication, affirmant que les forces gouvernementales se seraient retirées en masse vers une installation militaire à l'extérieur de la ville.

    Province de Logar
    Abdul Qayoum Rahimi, gouverneur de la province de Logar s'est rendu aux Talibans avec plus de 100 combattants. Rappelons que la province de Logar est la province d'origine du président afghan Ashraf Ghani.
    Le bureau du gouverneur, le siège de la police et d'autres installations sont tombés aux mains des talibans tandis que les combats autour du siège de services de sécurité (NDS) et de  la base de Khider se poursuivent.
    E8qZ_lpWUAEhnxH.jpeg

    Au moment de la prise de Pul-e-alam par les talibans, certains soldats afghans ont refusé de se rendre et ont tenté de s'échapper. Leur convoi a été pris en embuscade et décimé par les talibans. Certains ont été tués et blessés tandis que les autres ont été capturés vivants. Vidéo.

    Province de Takhar
    Les talibans ont lancé un assaut sur le district de Warsaj dans la province de Takhar. Le district était un refuge pour les troupes de l'ANDSF en retraite. Il y a des rapports de violents combats et des victimes. Certaines sources pro-talibans affirmant que l'ANDSF a commencé à battre en retraite. Cette dernière 'information n'est pas encore confirmée. Ci-dessous photo de talibans à Warsaj :
    E8rtDZJXsAIlsB1.jpeg

    Atmosphère de panique à l'ambassade américaine de Kaboul
    Une atmosphère de panique règne à l'ambassade des États-Unis à Kaboul. Il n'y a plus de courier. Presque tous les employés font leurs valises et un très petit nombre acceptera de se rendre à un autre endroit. Le personnel se prépare à détruire les papiers sensibles, les ordinateurs, les téléphones.

    Les États-Unis et la Grande-Bretagne envoient des troupes en Afghanistan pour évacuer le personnel de leurs ambassades
    Des responsables américains ont confirmé l'envoi de 8 000 soldats en Afghanistan pour sécuriser l'ambassade américaine à Kaboul et pour faciliter le retrait du personnel militaire américain encore présent dans le pays. La Grande-Bretagne a également annoncé qu'elle enverrait environ 600 soldats en Afghanistan.

    Le porte-parole du Pentagone, John F. Kirby, a déclaré jeudi que les talibans progressaient à travers l'Afghanistan et que les troupes américaines auront pour mission d'assurer la sécurité du personnel de l'ambassade américaine et faciliter le départ des traducteurs afghans vers Kaboul et d'autres bases militaires américaines.

    Kirby a noté que le premier vol aurait lieu dans trois jours et transporterait la première partie des 8 000 soldats, dont trois forces terrestres, deux unités navales et une unité militaire, à l'aéroport de Kaboul.

    Selon Kirby, un total de 8.000 soldats américains seront envoyés en Afghanistan et seront commandés par Pete Wazley, le commandant de la marine américaine.

    Le Pentagone a ajouté que ces forces seront autorisées à se défendre en cas d'attaque.

    Selon le département américain de la Défense, la prochaine phase du programme de transfert de troupes américaines en Afghanistan comprendra environ 1 000 fonctionnaires pour faciliter le processus des demandeurs de visa américains. Selon un porte-parole du Pentagone, le personnel sera stationné en Afghanistan ou dans d'autres régions, dont le Qatar, dans quelques jours.

    La troisième phase du programme prévoit l'envoi d'une équipe d'infanterie de l'armée américaine de Caroline du Nord au Koweït et, si nécessaire, constituera une force de réaction rapide pour la sécurité de Kaboul.

    Kirby a déclaré que les troupes seraient stationnées au Koweït la semaine prochaine.

    Pendant ce temps, le secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, a déclaré que la Grande-Bretagne envoyait des centaines de soldats en Afghanistan pour aider les citoyens britanniques et les traducteurs locaux.

    Selon Wallace, le nombre de ces soldats, y compris les équipes médicales, atteindront 600 personnels.

    Par ailleurs, le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a averti vendredi que son pays pourrait retourner en Afghanistan s'il commençait à abriter al-Qaïda d'une manière qui menace l'Occident.

  • Afghanistan : les talibans s'emparent de Ghazni puis de Herat, la troisième ville du pays

    Imprimer

    Ghazni tombe entre les mains des talibans
    Les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent dangereusement de la capitale de l'Afghanistan après s'être emparés en quelques jours de l'essentiel de la moitié nord du pays.

    Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. "L'ennemi a pris le contrôle de Ghazni (...) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité)", a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. M. Stanikzai a ensuite annoncé que le gouverneur de la province avait été arrêté par les forces de sécurité, après qu'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité n'a pu être immédiatement vérifiée, l'a montré quittant Ghazni avec la bénédiction des talibans.

    Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés depuis qu'ils ont lancé leur offensive en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères, qui doit être achevé d'ici la fin août. 

    Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu'ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

    Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l'axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l'armée vers le sud, et va encore accentuer la pression sur l'armée de l'Air afghane. 

    Prise de Herat, la troisième ville du pays
    Après Ghazni, les talibans se sont emparés jeudi 12 août 2021, de Hérat, la troisième ville d'Afghanistan, dans l'Ouest du pays, une étape majeure de leur offensive. Vidéo de la prise de Herat. Autre vidéo. Autre vidéo. Vidéo des talibans dans le QG de la police de Herat.

    Les insurgés "ont tout pris", a indiqué à l'AFP un haut responsable des forces de sécurité sur place, précisant que les forces afghanes avaient battu en retraite "pour empêcher plus de dommages dans la ville" et se retiraient vers une base militaire située à Guzara, un district voisin. Les talibans ont hissé leur drapeau au-dessus du siège de la police de Hérat en fin de journée, a rapporté un correspondant de l'AFP, précisant que les rebelles n'avaient rencontré aucune résistance.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a indiqué sur Twitter que "l'ennemi a fui... Des dizaines de véhicules militaires, armes et munitions sont tombés dans les mains" des talibans.

    Selon des informations locales, des combats seraient toujours en cours entre des combattants fidèles au chef de guerre Ismail Khan et des talibans dans le district de Gozra, à environ 20 km de la ville d'Herat. Vidéo.

    Hérat, située à 150 km de la frontière iranienne et capitale de la province du même nom, était déjà assiégée, avec de violents combats à ses abords. Les insurgés ont pris le contrôle ces dernières semaines de la quasi-totalité du reste de la province, dont Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran, le plus important d'Afghanistan.

    Kandahar et Lashkar Gah encerclées
    Kandahar, capitale de la province du même nom, et Lashkar Gah, capitale du Helmand voisin, sont assiégées depuis des mois par les talibans, dont ce sont deux fiefs traditionnels. De violents combats les y opposent aux forces de sécurité depuis plusieurs jours.

    Mercredi, les talibans ont annoncé sur Twitter avoir pris la prison de Kandahar, située dans la banlieue, pour en libérer "des centaines de prisonniers". A Lashkar Gah, le quartier général de la police a été fortement endommagé par l'explosion d'un véhicule piégé mercredi soir, contraignant les forces de police à se replier vers les bureaux du gouverneur, pendant que 40 policiers se rendaient aux talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental sur place.

    Le gouvernement afghan recherche une issue de secours
    Face à la dégradation de la situation militaire, Kaboul a proposé "aux talibans de partager le pouvoir en échange d'un arrêt de la violence dans le pays", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un négociateur du gouvernement aux pourparlers de paix à Doha.

    Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu'ici les appels à la formation d'un gouvernement intérimaire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'être bien tardif, les insurgés n'ayant montré aucun signe, depuis l'ouverture des négociations de paix en septembre 2020, qu'ils étaient prêts à un compromis. Ils y seront sans doute encore moins enclins après avoir avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président Ghani s'est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l'armée et les milices favorables au pouvoir.

     

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires (mise à jour au fil des évènements)

    Imprimer

    Kaboul va tomber aux mains des Talibans, affirme l'armée américaine dans un délai maximum de 90 jours
    Des sources militaires bien informées ont suggéré, mercredi 11 août, que la capitale afghane, Kaboul, tomberait aux mains de militants talibans dans un délai maximum de 3 mois.

    Après le retrait américain d'Afghanistan, les talibans ont réussi à contrôler de vastes zones du pays, dont plus de 150 zones, ainsi que certains postes frontaliers, à l'issue de violents combats avec les forces afghanes. Le mouvement islamiste afghan semble devoir progresser inexorablement jusqu'à la conquête totale du pays.

    Le journal "Washington Post", citant des sources militaires, rapporte que les forces américaines évoquent le scénario de la chute de la capitale afghane dans les 90 jours, alors que d'autres sources parlent d'un délai d'un mois.

    La situation dans le pays s'est considérablement aggravée depuis juin, date à laquelle, selon les prévisions, on pensait qu'après le retrait de l'armée américaine, les talibans pourraient s'emparer du pays dans un délai de six mois.

    Province de Badakhshan
    Faizabad, la capitale de la province du Badakhshan (à la frontière avec la Chine), est tombée aux mains des talibans mardi 10 août 2021.
    Des talibans ont été aperçus dans la ville. Des sources locales affirment que le gouverneur a rendu la ville sans combattre. C'est la troisième capitale provinciale à être tombée aux mains des talibans dans la seule journée du mardi 10 août.

    En moins d'une semaine, les capitales provinciales suivantes sont tombées aux mains des talibans :
    1. Nimruz
    2. Jawzhan
    3. Takhar
    4. Kunduz
    5. Sar-i-Pul
    6. Samangan
    7. Farah
    8. Baghlan
    9. Badakhshan (Faizabad)

    Province de Baghlan : Confirmation de la chute de Pul-e-Khumri
    Une source sécuritaire et un membre du Conseil provincial de Baghlan ont confirmé la chute de Pul-e-Khumri.
    Selon ces sources, les forces afghanes se sont retirées de Pul-e-Khumri et les talibans sont entrés dans la ville mardi soir 10 août.
    MSjbgzfy.jpeg

    Province de Faryab : Bataille de Maimana
    Mardi soir 10 août, les forces de sécurité afghanes ont lancé une opération dans la ville de Maimana, la capitale de la province de Faryab. Quatre talibans ont été tués et 12 autres blessés, dont Khairullah, un chef taliban connu sous le nom d'"agile". 
    E7tPe86VIAoVjyj.jpeg

    Province de Ghor
    Les talibans ont capturé mardi soir 10 août le centre du district de Dawlat Yar dans la province de Ghor après de violents combats.
    E8ccEdDWYAM3vUU.jpeg

    Province de Helmand
    La police de la province d'Helmand a repéré et neutralisé un véhicule rempli d'explosifs appartenant aux talibans cet après-mid. La bombe à bord du véhicule a été désamorcée avant d'exploser dans le quartier de Zaraat de la ville de Lashkar Gah.

    Province de Kandahar
    Les talibans ont affirmé que de violents affrontements étaient en cours à Kandahar et que ses combattants étaient entrés dans plusieurs quartiers de la ville.

    De son côté, le ministère afghan de la défense affirme que les forces de sécurité ont tué 47 talibans et blessé 25 autres dans la province. L'armée a mené l'opération sécuritaire avec le soutien de l'armée de l'air afghane  dans les districts de Dand, Zharai, Takhta Pul et dans le centre de la province de Kandahar. Vidéo.
    Le ministère de la Défense afghan ajoute que deux installations secrètes et des armes ont été détruites.

    Province de Kunduz : Des "centaines" de membres des forces de sécurité se rendent aux talibans
    Près de mille membres des forces de sécurité (217e Corps Pamir), qui s'étaient retirés près de l'aéroport de Kunduz, après la chute ce weekend de la ville, située dans le nord-est de l'Afghanistan, se sont rendus, mercredi 11 août 2021, aux talibans, a indiqué à l'AFP un conseiller provincial.
    "Ce matin, des centaines de soldats, policiers et membres des forces de résistance (miliciens) qui étaient postés à l'aéroport se sont rendus aux talibans avec tout leur équipement", a déclaré Amruddin Wali, conseiller de la province de Kunduz.
    Vidéo des talibans à l'aéroport de Kunduz.
    Toutefois, certains membres du 217e Corps Pamir ne se sont pas rendus et auraient réussi à quitter la base. 
    La capture de l'aéroport a permis aux talbans de s'emparer du premier hélicoptère Mi-35 de fabrication russe. Vidéo.
    E8gDP-hWUAM-A0g.jpeg

    Cette base aérienne est l'ancien Camp Pamir de l'OTAN. Le contingent de la Bundeswehr et les contingents d'autres membres de l'OTAN étaient basés dans ce camp.

    Province de Kaboul : 
    Quatre talibans ont été mis hors de combat, et trois autres arrêtés au cours d'une opération de l'armée afghane dans le district de Shakardara de la province de Kaboul. 
    E8eovNzXIAcSu79.jpeg

    Un pick-up appartenant au gouvernement a été détruit par l'explosion d'un IED/MIED ce matin dans la région de Kart-e-Naw dans le district PD-8, à Kaboul.
    E8gFpkxXEAITk3n.jpeg

    Province de Laghman
    Le ministère afghan de la défense annonce : Sept talibans tués et quatre autres blessés lors d'une opération de déminage conjointe menée par l'Armée afghane dans le district d'Alisheng.
    Laghman.jpeg

    Remaniement au sommet de l'armée afghane
    Commandant.jpegUntitled-19.jpgLe général Wali Mohammad Ahmadzai, chef d'état-major de l'armée, a été démis de ses fonctions.
    Sami Sadate (photo de gauche) a été nommé commandant du Corps des opérations spéciales. Il était auparavant le commandant du 215th Maiwand Corps.
    Hibatullah Alizai (photo de droite), l'ancien commandant du Corps des opérations spéciales, a été nommé chef d'état-major.

     
  • Afghanistan : Les talibans resserrent l'étau sur Mazar-i-Sharif, les civils fuient

    Imprimer

    E8ZqSZwXEAIoWOu.jpegLes talibans commençaient mardi à resserrer l'étau sur Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord de l'Afghanistan, provoquant une fuite massive des civils. Le célèbre commandant de brigade de l'Armée afghane, Muneeb Amiri (photo ci-contre), a été grièvement blessé lors d'affrontements avec les talibans lundi 9 août.

    Si Mazar-i-Sharif, cité historique et carrefour commercial, venait à tomber à son tour, le gouvernement n'aurait plus aucun contrôle sur le nord du pays, une région pourtant traditionnellement férocement opposée aux talibans. C'est là qu'ils avaient rencontré l'opposition la plus acharnée lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990. L'Alliance du Nord avait trouvé refuge dans le Nord-est pour mener la résistance lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001.

    Les talibans, qui avancent à un rythme effréné, contrôlent désormais cinq des neuf capitales provinciales du Nord - six sur 34 au total dans tout le pays - et des combats sont en cours dans les quatre autres. Après avoir conquis dimanche en quelques heures Kunduz, la grande ville du Nord-est, ainsi que Taloqan et Sar-i-Pul, les talibans ont ajouté lundi Aibak, capitale de la province de Samangan, à cette liste.

    Ils s'étaient emparés samedi de Sheberghan, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostom, et vendredi de Zaranj, capitale de la lointaine province de Nimroz (sud-ouest), à la frontière avec l'Iran. Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 août 2021, ils ont attaqué la périphérie de Mazar-i-Sharif, Pul-e-khomri et Faizabad, trois capitales provinciales du Nord, mais ont été repoussés, a indiqué le ministère de la Défense. Ils ont aussi été refoulés à Farah (ouest), selon la police locale.

    Renforts des forces gouvernementales à Mazar-i-Sharif
    Le Ministère de la Défense afghan a publié une vidéo montrant des renforts se dirigeant vers Mazar-i-Sharif, Balkh avec les combattants fidèles au chef de guerre ouzbèk Abdurrashid Dostum.
    E8clGjfWUAYXBuD.jpeg

    Pour l'administration Biden, c'est aux Afghans de se défendre
    Alors que les combats font rage dans le Nord, mais aussi dans le Sud autour de Kandahar et dans Lashkar Gah, une nouvelle réunion de négociations entre les talibans et le gouvernement devait avoir lieu mardi et mercredi à Doha. Le processus de paix s'est ouvert en septembre 2020 au Qatar, dans le cadre de l'accord de paix conclu en février 2020 entre les talibans et Washington prévoyant le départ total des troupes étrangères d'Afghanistan. Ce retrait doit être achevé d'ici le 31 août.

    Mais les discussions sont au point mort et les talibans ont lancé une offensive en mai 2021, quand a débuté le retrait américain. Après s'être emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer beaucoup de résistance, ils se sont tournés depuis début août vers les centres urbains.

    Même si les espoirs sont minces de voir les pourparlers déboucher sur un résultat concret, les États-Unis ont décidé d'envoyer à Doha leur émissaire, Zalmay Khalilzad, pour "exhorter les talibans à cesser leur offensive militaire et à négocier un accord politique, seule voie menant à la stabilité et au développement en Afghanistan". Mais l'administration du président Joe Biden n'a aucunement l'intention de changer de ligne. Elle maintiendra son soutien à Kaboul, mais c'est aux Afghans de prendre leur destin en mains. "C'est leur pays qu'il s'agit de défendre. C'est leur combat", a dit lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

    Les violences ont poussé des dizaines de milliers de civils à fuir leur foyer dans tout le pays ces dernières semaines, les talibans étant accusés de nombreuses atrocités dans les endroits tout juste passés sous leur coupe. "Ils frappent et pillent", a déclaré Rahima, une femme qui campe maintenant avec des centaines de personnes dans un parc de Kaboul après avoir fui la province de Sheberghan.
    E8almG0WYA0wxVL.jpeg

    "S'il y a une jeune fille ou une veuve dans une famille, ils les prennent de force. Nous avons fui pour protéger notre honneur", a-t-elle ajouté. 

    Lorsqu'ils étaient au pouvoir, les talibans avaient imposé leur version très stricte de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées à mort.

    Mardi, le calme était revenu dans le centre de Kunduz, selon des habitants interrogés par l'AFP. Les talibans ne patrouillaient plus les rues, où les commerces et restaurants avaient rouvert. Les affrontements se poursuivaient toutefois aux abords de l'aéroport resté aux mains des forces gouvernementales. "Les gens ouvrent leur magasin et leur commerce. Mais vous pouvez encore voir la peur dans leurs yeux. La situation est très incertaine, les combats peuvent réapparaître en ville à tout moment", a déclaré Habibullah, un commerçant.

    A Kandahar et Lashkar Gah, deux fiefs historiques des insurgés qu'ils tentent de reprendre, les civils restaient pris au piège des combats. Trois ont été tués et 20 blessés, dont des femmes et des enfants, ces dernières 24 heures, a indiqué l'hôpital Mirwais de Kandahar. A Lashkar Gah, les hôpitaux des ONG Médecins sans frontières (MSF) et Emergency ont été touchés par un bombardement, sans qu'il y ait de victimes, a indiqué MSF lundi soir sur Twitter.

    Province de Baghlan
    Une vidéo  circulant sur Telegram montre d'intenses combats dans et autour de PD-2 à Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan. Aux dernières nouvelles, la majeure partie de la ville de Pul-e-Khumri est tombée, cet après-midi (mardi), aux mains des talibans. Les responsables de l'administration locale et les forces pro-gouvernementales (restantes) se sont retirées. Des sources locales disent qu'un accord a été conclu entre les talibans et les autorités locales/forces pro-gouvernementales grâce à la médiation des anciens locaux. Vidéo des talibans à l'intérieur de Pul-e-Khumri.

    Province de Ghazni : Les talibans exécutent deux policières enlevées à Ghazni
    Les talibans ont exécuté deux policières qui avaient été enlevées dimanche 8 août 2021 dans la ville de Ghazni, a confirmé une source sécuritaire.  Les talibans ont ensuite jeté leurs cadavres dans le quartier Kashk de la ville. Les talibans avaient enlevé les deux policières dans la zone de Sai Ganj du PD1 à Ghazni. Les policières, qui s'appelaient Uzra et Maryam, servaient au PD3 de la ville de Ghazni.

    Située dans le sud du pays, Ghazni est une province volatile où les talibans contrôlent des pans de territoires, y compris des parties de la capitale provinciale.

    Le poste frontière de Spin-Boldak, aux mains des talibans, rouvert au trafic vers le Pakistan
    Des sources pro-talibans semblent confirmer que le passage frontalier Chaman-Spin Boldak sera rouvert. Apparemment, un accord a été conclu entre les talibans et les responsables pakistanais sur la question de la gestion des frontières.
    E8bYIIcXICMKT88.jpeg

    Aux dernières nouvelles, les talibans ont commencé à débloquer la frontière Chaman-Spin Boldak ce mardi soir 10 août 2021. Des sources pro-talibans et semi-officielles ont affirmé que les autorités pakistanaises avaient accepté les demandes des talibans.
    E8cjK8kXEAIp_KE.jpeg

    7hLQVitS.jpegProvince de Farah : La ville de Farah aux mains des talibans (Breaking news)
    La ville de Farah (carte ci-contre et photo ci-dessous) serait tombée aux mains des talibans, devenant la 7ème capitale provinciale à être capturée par les talibans en une semaine. Le chaos total règne dans la ville en ce moment, selon un témoin. Vidéo des talibans dans la ville de Farah.

    "Cet après-midi (mardi), les talibans sont entrés dans la ville de Farah après avoir brièvement combattu les forces de sécurité. Ils ont pris le bureau du gouverneur et le quartier général de la police. Les forces de sécurité se sont retirées vers une base de l'armée", a annoncé à l'AFP Shahla Abubar, une conseillère provinciale.

    Outre le QG du gouverneur, la prison de la ville de Farah a également été occupée par les talibans qui se sont empressés de libérer les prisonniers, selon leur habitude. Actuellement, seul le QG du service de renseignement afghan NDS continue de résister. 
    E8bojFlWEAc_KOh.jpeg

    L'Etat islamique-Khorasan critique les relations entre talibans et la Chine
    https___bucketeer-e05bbc84-baa3-437e-9518-adb32be77984.s3.amazonaws.com_public_images_24b25c1f-1b22-4f86-9fed-8ed42f90cd61_1280x720.jpeg

    L'État islamique-Khorasan a critiqué les relations des talibans avec la Chine, les États-Unis et la Russie, présentant le mouvement taliban comme un allié et un mandataire des ennemis de la "grande puissance de l'Islam".

    L'État islamique en Irak et en Syrie développer leurs messages sur la question dès 2014 ( numéro 6 du magazine Dabiq par exemple), et l'EI a depuis perpétué cette tendance. Cependant, ces récits se sont progressivement propagés à l'Est – du noyau traditionnel du pouvoir de commandement et de contrôle de l'EI à ses branches régionales en Asie – au fur et à mesure qu'il construisait son réseau mondial de groupes militants.

    L'État-islamique-Khorasan a été fondée en 2015 et opère principalement en Afghanistan, mais pas exclusivement. 

    L'Etat-Islamique-Khorasan accuse les talibans d'obéir aux ordres de Pékin en acceptant d'empêcher les jihadistes de mener des opérations contre la Chine depuis le sol afghan. Il présente également les talibans comme une force par procuration pour la Chine qui cible les combattants de l'État islamique à l'intérieur de l'Afghanistan à la demande de Pékin.

    Une vidéo récente publiée par Khalid Media, un média local de l'Etat_islamique-Khorasan, comprenait plusieurs clips de responsables talibans socialisant et serrant la main de diplomates chinois tout en montrant des images de Ouïghours détenus et maltraités par les forces de sécurité au Xinjiang. Leur intention est de mettre en évidence l'hypocrisie de l'émirat islamique autoproclamé d'Afghanistan. De même, une déclaration publiée par Khurasan Wilayah News a critiqué les représentants des talibans pour leurs visites luxueuses à Pékin, Moscou et Doha en plus d'autres fautes à leurs yeux.

    La stratégie de l'Etat_Islamique_Khorasan est de "délégitimer" les talibans en tant que mouvement islamiste » et de présenter le groupe comme redevable aux puissances étrangères, notant également que l'État islamique a lancé une campagne de hashtag sur les réseaux sociaux accusant les talibans d'être un « Blackwater en blanc. "

  • Afghanistan : Une sixième province tombe aux mains des talibans

    Imprimer

    Les talibans ont pris le contrôle d'une nouvelle ville dans le nord de l'Afghanistan, et le mouvement islamiste a annoncé qu'Aybak, la capitale de la province de Samangan, était devenue « hors du contrôle de l'ennemi ».

    Samangan est devenue la sixième province afghane à tomber aux mains des talibans, après le départ des forces étrangères du pays. 

    Le porte-parole du mouvement, Zabihullah Mujahid, a déclaré, via son compte Twitter, que la ville d'Aybak, la capitale de la province de Samangan, est devenue "hors du contrôle de l'ennemi", en référence aux forces de sécurité afghanes à l'issue de combats entre talibans et forces de sécurité. Il a également ajouté que selon les dernières informations, les quartiers généraux de la police et du renseignement étaient désormais vides des forces afghanes et sous le contrôle des combattants talibans.

    Les talibans resserrent leur emprise dans le nord, tandis que le régime conserve ses bastions dans le sud
    Depuis plusieurs semaines, les talibans tentent de prendre le contrôle des capitales des provinces méridionales de Kandahar et d'Helmand ainsi que d'Herat, dans l'ouest, mais sans succès jusqu'à ce jour. Par contre, le groupe islamiste a pris le contrôle de nombreuses villes du nord de l'Afghanistan.

    Les forces de sécurité nationales afghanes ont revendiqué des opérations de contre-offensive dans les principales villes alors que les talibans ont pris pied à la périphérie, tandis que les civils fuient les zones.

    Les gens souffrent non seulement des affrontements, mais aussi des frappes aériennes régulières sur des cibles situées à l'intérieur des villes, car les talibans se barricadent dans les quartiers d'habitation pour se protéger. Le 8 août, un membre du conseil provincial de Helmand a déclaré que les attaques aériennes du gouvernement avaient endommagé un dispensaire et un lycée à Lashkar Gah.

    Au moment même où les forces gouvernementales se concentrent principalement sur la protection des grandes villes du sud, les talibans prennent le contrôle des autres capitales provinciales une à une.

    La première capitale provinciale est passée sous le contrôle des talibans le 6 août. Il s'agit de la ville de Zaranj, dans la province de Nimruz à l'ouest de l'Afghanistan, à la frontière avec l'Iran et le Pakistan. La ville est tombée presque sans combat. Les talibans sont entrés dans la ville à bord de véhicules Humvee américains pris aux forces afghanes. On les voit désormais patrouiller dans les rues de Zaranj.

    Le lendemain, la ville de Sheberghan, dans le nord de la province de Jawzhan, est devenue la deuxième capitale provinciale à être prise par les talibans. Selon le vice-gouverneur, les forces gouvernementales et les responsables s'étaient repliés vers l'aéroport à la périphérie de la ville, où ils avaient l'intention de se défendre.

    Le 7 août, les talibans ont lancé une offensive dans la ville de Kunduz, dans le nord-est de l'Afghanistan. Selon des informations locales, les forces de sécurité afghanes se sont retirées dans la zone de l'aéroport, se préparant à une contre-offensive.

    Même le soutien aérien des États-Unis n'a pas réussi à empêcher la perte de la ville. Les B-52 américains bombardent des cibles à Kunduz, déclenchant des incendies majeurs. Au cours de la journée des combats, quelque 50 à 70 civils auraient été tués.

    Le 8 août, la ville de Sar-e-Pol dans le nord de l'Afghanistan est également tombée sous le contrôle des talibans. Les représentants du gouvernement et les forces restantes s'étaient repliés dans les casernes de l'armée à environ 3 km de la ville.

    La ville de Taloqan, la capitale de la province de Takhar a été reprise par les talibans le 8 dimanche août.

    La dernière mais non la moindre sur la liste des conquêtes des talibans est la ville d'Aibak, la capitale de Samangan dans le nord de l'Afghanistan. Elle est tombée aux premières heures du lundi 9 août. Les talibans ont affirmé qu'un commandant et ancien membre du parlement Mohammad Asif Nabi Jan avait rejoint les moudjahidines avec huit hommes armés.

    La capitale provinciale de la province de Balkh, Mazar-e Sharif, et la ville de Gardez, au centre de la province de Paktia, dans le nord de l'Afghanistan, sont susceptibles de tomber prochainement aux mains des talibans, alors que de violents affrontements ont éclaté à la périphérie de ces deux villes.

    En raison de l'avancée rapide des talibans, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont exhorté leurs citoyens à quitter immédiatement l'Afghanistan en utilisant les options de vols commerciaux disponibles. 

    Les Nations Unies ont affirmé que l'Afghanistan s'enfonçait dans une situation de catastrophe si grave qu'elle pourrait n'avoir que peu ou pas d'équivalents au cours de ce siècle.

     

  • Afghanistan : Trois nouvelles capitales provinciales du Nord aux mains des talibans

    Imprimer

    Les talibans ont renforcé dimanche 8 août 2021 leur contrôle sur le nord de l'Afghanistan, en s'emparant de trois capitales provinciales supplémentaires, dont la grande ville de Kunduz, dans une large offensive que l'armée semble incapable d'enrayer.

    A quelques heures d'intervalle, les insurgés ont, après de violents combats, pris possession de Kunduz, qu'ils encerclaient depuis quelques semaines. Ils ont ensuite pris Sar-e-Pul, puis Taleqan en fin de journée, les capitales des provinces situées au sud et à l'est de Kunduz. Ils contrôlent maintenant cinq des 34 capitales provinciales afghanes.

    Les affrontements ont débuté dans la matinée et les talibans ont fini par prendre la ville "sans beaucoup de combats" alors que les responsables et forces sécuritaires ont fui la ville. "Les talibans sont partout dans la ville avec leurs drapeaux blancs sur des pickups et Humvees. Certains tirent en l'air pour célébrer (leur victoire)" a raconté un habitant. "Nous avons peur et nous n'osons pas encore sortir de nos maisons".

    Un responsable sécuritaire a confirmé la fuite des forces afghanes et responsables locaux vers un district voisin. "Le gouvernement a échoué à nous envoyer de l'aide et nous nous sommes retirés de la ville cet après-midi", a-t-il indiqué.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole taliban, a confirmé la prise de Taleqan assurant que "la sécurité y a été restaurée" ainsi que celle de Kunduz et Sar-e-pul, tombées dans la matinée. "Les talibans ont pris le contrôle de tous les bâtiments clefs de la ville", a affirmé un correspondant de l'AFP à Kunduz.

    La ville d'environ 300.000 habitants, déjà tombée deux fois ces dernières années aux mains des insurgés, en 2015 et 2016, est un carrefour stratégique du nord de l'Afghanistan, entre Kaboul et le Tadjikistan. La prise de Kunduz constitue le principal succès militaire des talibans depuis le début de leur offensive en mai 2021, lancée à la faveur du retrait des forces internationales, qui doit être complètement achevé d'ici le 31 août.

    Après s'être emparés de vastes territoires ruraux, ils concentrent leurs efforts depuis le début août sur les centres urbains, encerclant plusieurs capitales provinciales. "C'est le chaos total", a affirmé Abdul Aziz, un résident du centre de Kunduz, joint au téléphone par l'AFP.

    Toujours des combats à Kunduz
    Fin juin, les talibans avaient conquis le poste-frontière de Shir Khan Bandar à Kunduz, frontalier du Tadjikistan, un axe névralgique pour les relations économiques avec l'Asie centrale.
    Des sources locales ont rapporté que la prison, les QG de la police et du renseignement (NDS) étaient tombés aux mains des talibans tandis que les forces pro-gouvernementales restantes se seraient retirées à l'aéroport de Kunduz. Vidéo des talibans à Kunduz.
    G6HsTgHs.jpeg

    Le ministère de la Défense a affirmé de son côté que les troupes gouvernementales tentaient de reprendre des zones clés de Kunduz. "Les forces commandos ont lancé une opération de nettoyage. Certains endroits, dont la radio nationale et les bâtiments de la télévision, ont été dégagés", a-t-il affirmé. "La capture de Kunduz est vraiment importante car elle va libérer un grand nombre de combattants talibans qui pourront ensuite être mobilisés en d'autres endroits du Nord", a souligné pour l'AFP Ibraheem Thurial Bahiss, consultant de l'International Crisis Group (ICG). Les affrontements sont également en cours entre les forces spéciales afghanes et les talibans dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz. Vidéo.
    photo_2021-08-08_11-54-47.jpeg

    Selon le Corps des opérations spéciales (CGRI), les commandos ont repris aux talibans le carrefour du général Abdul Raziq et le siège de la télévision nationale dans le centre de Kunduz.
    E8P4gA3XsAgCBA8.jpeg

    Après Kunduz, Sar-e-Pul est aussi tombée aux mains des talibans. Ceux-ci s'étaient déjà emparés samedi de Sheberghan, plus au nord, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostum.

    Parwina Azimi, une activiste des droits humains, a affirmé à l'AFP par téléphone que les responsables administratifs et le reste des forces armées s'étaient retirés vers des baraquements à environ trois kilomètres de Sar-e-Pul. Mirwais Stanikzai, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a quant à lui indiqué que des renforts, dont des forces spéciales, avaient été envoyés à Sar-e-Pul et Sheberghan. "Les villes que les talibans veulent prendre seront bientôt leurs cimetières", a-t-il ajouté.

    Le ministère afghan de la Défense a déclaré que des avions de chasse américains B-52 ont attaqué des positions talibanes à Sheberghan, la capitale de la province de Jawzhan (carte ci-dessous). Fouad Aman, porte-parole adjoint du ministère, a écrit sur Twitter que l'attaque a eu lieu à 18h30, samedi 7 août, et  fait de lourdes pertes parmi les talibans.
    zZ8ADKe7.jpeg

    De leur côté, les talibans ont affirmé que le chef du conseil provincial de Jawzhan les avait rejoints.
    Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a écrit sur Twitter que Babar Ishchi et 20 de ses hommes avaient rejoint les talibans
    3iaIu7Ag.jpeg

    Province de Herat
    Les talibans du district de Karkh, dans la province d'Herat, ont rassemblé aujourd'hui un certain nombre de veuves sous prétexte d'aide alimentaire, puis ont demandé un mollah du groupe et les ont mariées de force à leurs combattants

    Province de Samangan
    Au moins sept insurgés talibans ont été tués et cinq autres blessés lors d'une opération conjointe de la police nationale afghane, des forces de sécurité nationales afghanes et du soulèvement national afghan dans le district de Hazrat Sultan de la province de Samangan.
    E8PuyL_WEAAdZEa.jpeg

    Rapidité de l'avancée des talibans
    L'incapacité de Kaboul à tenir le nord du pays pourrait s'avérer cruciale pour les chances de survie du gouvernement. Le nord de l'Afghanistan a toujours été considéré comme une place forte anti-talibans, où la résistance à leur encontre avait été la plus forte lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990.

    Les talibans ont dirigé le pays entre 1996 et 2001, en imposant leur version ultra-rigoriste de la loi islamique, avant d'être chassés par une coalition internationale menée par les États-Unis. Vendredi, les insurgés s'étaient aussi emparés de la ville de Zaranj, capitale de la province de Nimruz (sud), à la frontière avec l'Iran.

    Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays, sont aussi soumises à leurs assauts depuis plusieurs jours, tout comme Lashkar Gah (sud), capitale de la province du Helmand, un des bastions des insurgés. La rapidité de l'avancée talibane a pris par surprise les forces de sécurité afghanes, malgré l'aide reçue de l'armée de l'air américaine.

    Les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes, a reconnu le commandant Nicole Ferrara, porte-parole du Commandement central de l'armée américaine, qui a déclaré samedi à l'AFP : "Les forces américaines ont procédé ces derniers jours à plusieurs frappes aériennes pour défendre nos partenaires afghans". Les combats et bombardements ont poussé des centaines de milliers d'Afghans à fuir leurs maisons.

    Samedi, douze passagers d'un bus ont été tués dans l'explosion d'une mine placée en bord de route alors qu'ils tentaient de fuir la ville de Gardez, dans la province de Paktia (sud-est). "J'ai perdu ma mère, mon père, mes deux frères, mes deux belles-soeurs et d'autres membres de la famille", a raconté Noor Jan.

  • Afghanistan : Les talibans s'emparent d'une deuxième capitale provinciale

    Imprimer

    Les talibans se sont emparés, samedi 7 août 2021, de la ville de Shabarghan (nord), deuxième capitale provinciale à tomber aux mains des insurgés en moins de 24 heures et depuis le début du retrait définitif des forces étrangères d'Afghanistan en mai.

    "Les forces (afghanes) et les responsables ont fui vers l'aéroport" a indiqué à l'AFP Qader Malia, vice-gouverneur de la province de Jawzhan, dont Shabarghan est la capitale, alors qu'à Kaboul, les inquiétudes montent déjà après la chute d'une autre capitale provinciale la veille.

    La province de Jawzhan est le bastion du maréchal Abdul Rashid Dostom, puissant dirigeant de milice ouzbek, réputé pour sa loyauté changeante et sa barbarie. Si son bastion de Shabarghan devait rester aux mains des talibans, ce serait un nouveau revers pour le gouvernement qui a récemment fait appel aux anciens chefs de guerre pour tenter d'endiguer l'avancée des insurgés. Les talibans s'étaient déjà rendus maîtres vendredi d'une première capitale provinciale, Zaranj (sud), sans réelle résistance des forces afghanes.

    Selon un journaliste de Shabarghan qui a demandé l'anonymat, les combats ont débuté vers 04H00 du matin avec des "coups de feu et explosions", avant le retrait des forces pro-gouvernementales vers midi. "Maintenant les talibans sont partout, avec leurs drapeaux (...) les rues sont désertes et nous n'osons pas quitter nos maisons", a-t-il raconté. Un conseiller du maréchal Dostom a confirmé la chute de Shabarghan. "Les forces de sécurité et les responsables se sont retirés dans une zone située à environ 20 km de la ville. Ils s'étaient déjà préparés, notamment en y transférant assez de munitions pour se défendre face à une attaque des talibans", a-t-il précisé. Ehsan Niro, un porte-parole de M. Dostom, a cependant assuré que des miliciens continuent de combattre les talibans aux abords de la ville.

    Les talibans se sont emparés ces trois derniers mois de vastes territoires ruraux et dirigent désormais leurs offensives sur les grandes villes, encerclant plusieurs capitales provinciales, dont Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays.

    La peur à Kaboul
    A Kaboul, des résidents interrogés par l'AFP samedi matin ont exprimé leurs inquiétudes suite à la prise de Zaranj. "Si le gouvernement ne prend pas la situation sécuritaire sérieusement (...) toutes les provinces pourraient tomber aux mains des talibans", a déploré Walid Ahmad, 20 ans, qui a fui les combats à Takhar (nord) il y a deux semaines.

    Mohammad Qaim, 35 ans, a quant à lui fui Lashkar Gah, ville du Sud ravagée par les combats. "Les talibans pourront peut-être prendre plus de villes", s'est-il alarmé, martelant que la situation dépendait de l'interférence de pays tiers. "La guerre est imposée aux Afghans, et les Afghans brûlent."

    Povince de Nimruz : Les talibans contrôlent la ville de Zaranj, la capitale provinciale
    Zaranj est une ville relativement reculée, qui compte environ 63 000 habitants. Un porte-parole de la police de Nimruz, qui a préféré garder l'anonymat pour des raisons de sécurité, a déclaré à l' agence de presse Reuters que les talibans avaient réussi à prendre la ville en raison de l'échec du gouvernement de Kaboul à envoyer des renforts. 
    Un commandant taliban a souligné que la ville est d'une importance stratégique car elle est située à la frontière avec l'Iran. "C'est le début et d'autres provinces vont tomber entre nos mains très bientôt", a-t-il ajouté.
    Aux premières heures du 6 août, les talibans avaient annoncé qu'ils avaient libéré les prisonniers de la prison de Zaranj et pris le contrôle du quartier général provincial des renseignements. Le groupe avait ensuite demandé aux autorités locales de se rendre, en envoyant une demande écrite, accompagnée de photos et de vidéos des combattants à proximité des bâtiments du gouvernement. Les photos montraient les combattants talibans stationnés à l'extérieur de l'enceinte du gouverneur provincial.
    Sur les réseaux sociaux, les vidéos diffusées par les talibans suggèrent un accueil plus chaleureux de la part des civils à Zaranj. Ces publications montrent les talibans brandissant leurs drapeaux sur des véhicules militaires alors que des jeunes hommes et garçons les acclament. Il est cependant difficile de savoir si ces réactions suggèrent un réel soutien aux insurgés ou si les civils doivent montrer leur soutien afin d'assurer leur sécurité.
    1280px-Nimruz_in_Afghanistan.svg_-800x450_center_center.png

    Province de Kunduz : Civils pris au piège à Kunduz
    Depuis Kunduz, ville du Nord assiégée par les talibans depuis des semaines, l'activiste Rasikh Marof a raconté à l'AFP par téléphone que les combats ont fait rage la nuit dernière dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz et près du centre-ville, sans que les talibans ne puissent gagner du terrain. Les assauts sont menés par un nombre considérable de talibans. Les forces gouvernementales ont "sérieusement défendu" la ville pour empêcher les talibans d'entrer, a-t-il expliqué, précisant que ces derniers utilisaient "des mortiers et des armes lourdes".

    Les forces afghanes ont eu recours à des frappes aériennes, selon M. Marod et un responsable local. "De nombreux magasins ont fermé et les gens restent chez eux pour se protéger", a continué l'activiste. Selon le Dr Fazli, responsable de la santé pour la province de Kunduz, contacté par l'AFP dans la matinée, 38 blessés et 11 morts civils avaient été emmenés à l'hôpital principal de la ville depuis la reprise des violences la nuit dernière. "Les ambulances ne peuvent pas se déplacer à cause des combats", a-t-il ajouté, précisant que ces chiffres pourraient augmenter dans la journée.
    E8LLWsCWQAMjw-Z.jpeg

    Province de Baghlan
    Huit talibans ont été tués et trois autres blessés après que l'Armée afghane ait repoussé les attaques des talibans dans le district de Khost.
    E8LmktXXoAA1ArS.jpeg

    Les États-Unis envoient des bombardiers en Afghanistan pour combattre les talibans
    Les États-Unis ont envoyé des bombardiers B-52 Stratofortress en Afghanistan pour combattre les militants talibans, écrit le journal Times, citant des sources de la communauté de défense des États-Unis.
    Le nombre d'avions n'a pas été précisé. Le rapport dit que les Américains frappent dans les provinces de Kandahar, Herat, Lashkar Gah et Helmand.