Lalibela

  • Ethiopie : L'armée fédérale prend deux villes aux forces tigréennes

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    Les forces fédérales éthiopiennes ont repris les villes stratégiques de Dessie et Kombolcha aux forces du Front de libération du Tigray, tandis que ces dernières ont déclaré s'être retirées pour des raisons tactiques.
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    Cela confirme que le gouvernement regagne le terrain qu'il avait récemment perdu, notamment au nord de la capitale, Addis-Abeba. Mercredi 1er décembre 2021, l'Éthiopie a annoncé que les forces pro-gouvernementales avaient repris le contrôle du site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO de Lalibela, tombé en août dernier aux mains des rebelles du Tigray.

    De son côté, le Front de libération du Tigray a confirmé que le retrait de ses forces des localités proches de la capitale avait eu lieu pour des raisons tactiques.

    Debrasion Gabr Mikael, le chef du Front du Tigray, a déclaré à Al-Jazeera TV que la décision de retirer ses forces n'était pas due à des pressions diplomatiques ou à des contacts secrets avec le régime éthiopien.

    Pendant ce temps, l'ambassade des États-Unis en Éthiopie a renouvelé l'avertissement de la détérioration de la situation sécuritaire et a appelé ses citoyens à "partir immédiatement par des vols commerciaux".

    Le département d'État américain a averti ces derniers jours que la gravité de la situation en Éthiopie pourrait encore s'aggraver, ce qui entraînerait une pénurie dans la chaîne d'approvisionnement, une interruption des communications et des perturbations des voyages.

    Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas, l'Australie et le Canada ont publié une déclaration conjointe exprimant leur grave préoccupation face aux récents rapports d'Amnesty International et de la Commission éthiopienne des droits de l'homme selon lesquels le gouvernement éthiopien aurait détenu un grand nombre de citoyens sur la base de leur origine ethnique.

    Ces pays ont déclaré qu'il n'y avait pas de solution militaire à ce conflit, appelant toutes les parties armées à cesser les combats et à négocier un cessez-le-feu permanent sans conditions préalables. Ils ont ajouté qu'ils demanderaient des comptes à tous les responsables de violations et d'abus des droits humains.

    Des milliers de morts et deux millions de déplacés
    Selon les estimations des Nations Unies, la guerre a fait des milliers de morts, déplacé deux millions de personnes et plongé des milliers d'autres dans des conditions proches de la famine depuis que le conflit a éclaté en novembre 2020. Le Premier ministre éthiopien, Abi Ahmed, avait alors envoyé des troupes dans la région du Tigray pour renverser les autorités du Front populaire de libération du Tigray, en réponse, selon lui, aux attaques des rebelles contre les camps de l'armée.

    En juin 2021, les rebelles ont repris le contrôle de la majeure partie du territoire de la région du Tigray, puis ont avancé vers les régions d'Afar et d'Amhara, et ont annoncé début novembre avoir pris les villes de Dessie et de Kombolcha, plaque tournante stratégique sur la route de la capitale.

     

     

     

     

  • Ethiopie : Les rebelles tigréens prennent le contrôle de Lalibela, classé à l'Unesco

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    Les rebelles de la région éthiopienne du Tigray, en proie à un conflit armé, se sont emparés jeudi de Lalibela, site classé au patrimoine mondial de l'Unesco et célèbre pour ses églises taillées dans le roc, dans la région voisine d'Amhara, selon des habitants.
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    "Ils sont arrivés dans l'après-midi, et il n'y a pas eu de combats. Il n'y avait pas de forces de sécurité dans les environs. Les forces du TPLF sont dans la ville maintenant", a déclaré un habitant à l'AFP, en référence au Front de libération du peuple du Tigray. 

    Des combats font rage au Tigray depuis novembre 2020, lorsque le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé des troupes pour renverser le TPLF, le parti régional qui a longtemps dominé la politique nationale avant l'arrivée au pouvoir d'Abiy en 2018.

    Le Premier ministre a justifié cette intervention comme étant une riposte aux attaques répétées du TPLF contre les camps de l'armée. Mais malgré la promesse d'une victoire rapide, la guerre s'est prolongée, prenant un nouveau tournant en juin lorsque les forces pro-TPLF ont repris la capitale du Tigray, Mekele, et obligé l'armée éthiopienne à battre en retraite. Depuis, le TPLF mène des offensives armées dans les régions voisines, à l'est dans l'Afar et au sud dans l'Amhara, où se trouve Lalibela. 

    Soldats et miliciens se sont mobilisés en masse dans certaines parties de l'Amhara pour repousser l'avancée des rebelles, mais selon plusieurs habitants de Lalibela contactés par l'AFP, la ville est tombée jeudi sans opposer de résistance. "Le TPLF est arrivé dans l'après-midi. Ils dansaient et s'amusaient sur la place de la ville", a déclaré un habitant. "La plupart des gens quittent la ville vers des zones reculées", a déclaré un troisième habitant, précisant qu'il se cachait dans sa maison avec sa famille.

    L'incursion du TPLF dans les régions voisines a soulevé de nombreuses critiques à l'étranger. Les Nations unies et les États-Unis ont réitéré cette semaine leurs appels à toutes les parties pour mettre fin aux hostilités.

    Selon Billene Seyoum, porte-parole du Premier ministre, lors d'une conférence de presse jeudi, plus de 300.000 personnes ont été déplacées par les récents combats en Amhara et en Afar.
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