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  • Irak : Des centaines d'Irakiens manifestent contre le pouvoir

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    Des centaines d'Irakiens ont manifesté dimanche 1er novembre contre le pouvoir, notamment à Bagdad où les autorités avaient fait place nette samedi en rouvrant à la circulation la place Tahrir et le pont de la République, deux bastions de la révolte fermés à la circulation depuis plus d'un an. 

    A Bassora, à la pointe sud côtière du pays, policiers et soldats ont lancé des grenades lacrymogènes et  tiré en l'air pour disperser un demi-millier de manifestants qui leur jetaient des pierres, sur la place Al-Andalus. Plusieurs manifestants ont été intoxiqués par les gaz. La police anti-émeute a enlevé, tard dans la nuit, les tentes dressées sur la place Bahariya, dans le centre de la ville, et rouvert la route menant au bâtiment du gouvernorat.

    A Kut, autre ville du sud où deux militants anti-pouvoir ont été assassinés ces derniers jours, des dizaines de manifestants sont également sortis pour conspuer le pouvoir et réclamer que soient traduits en justice les meurtriers des près de 600 personnes tuées durant la "révolution d'octobre" lancée il y a un an.

    A al-Hillah, dans la province de Babylone au sud de Bagdad, des centaines d'étudiants ont défilé sous des pancartes réclamant justice pour les manifestants tués ou enlevés il y a des mois et dont ils sont toujours sans nouvelle.

    La "révolution d'octobre" a semblé vivre son baroud d'honneur il y a une semaine avec son premier anniversaire le 25 octobre. Après que des milliers de personnes soient sorties dans différentes villes du pays, le calme était revenu et les autorités avaient rouvert à la circulation différentes places et ponts bloqués depuis un an. Mais le mouvement est loin d'être mort et enterré, riposte un étudiant à al-Hillah. "Nous ne commémorons pas la révolution, nous la continuons", assure-t-il à l'AFP.

    "On ne bouge pas, pour le sang de nos martyrs et pour l'amour de notre pays, c'est notre révolution et nous devons la continuer car aucune de nos revendications n'a été satisfaite", renchérit une autre étudiante.

    A Nasariya, bastion historique des révoltes dans la province de Dhi Qar, les manifestants ont fermé le bâtiment du gouvernorat et exigé la destitution du gouverneur, Nazem Al-Waeli. Les manifestants ont brûlé des pneus en travers d'un important axe routier pour réclamer des services et des emplois dans l'un des pays les plus riches en pétrole du monde où la pauvreté touche 40% des habitants. Il n'y a pas eu d'affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité chargées de protéger le bâtiment du gouvernorat.

    A Bagdad, quelques centaines de jeunes se sont rassemblés sur la place Tahrir --dont le village de tentes et les murs de photos des "martyrs" ont été enlevés manu militari samedi par les troupes du nouveau gouvernement qui veut un "retour à la vie normale".