Kunduz

  • Afghanistan : Au moins 55 morts dans un attentat suicide contre une mosquée chiite de Kunduz

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    rlvrhx3c.jpegAu moins 55 personnes ont été tuées et au moins 143 autres blessées dans un attentat suicide ayant frappé, lors de la grande prière du vendredi, une mosquée chiite de Kunduz, dans le nord-est de l'Afghanistan, cinq jours après un attentat à Kaboul revendiqué par l'organisation Etat islamique. Selon d'autres sources, l'attentat aurait fait une centaine de victimes et plus de 200 blessés.
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    L'explosion dans une mosquée chiite Grand Sayedabad du quartier de Khan Abad Bandar de Kunduz a été causée par un kamikaze, a annoncé à l'AFP Matiullah Rohani, responsable régional du gouvernement taliban en charge de la Culture et de l'Information. Elle a eu lieu à 13H30 lors de la prière du vendredi.

    A l'hôpital central de Kunduz, un docteur ayant requis l'anonymat a déclaré à l'AFP que "jusqu'ici, nous avons reçu 35 corps et plus de 50 blessés".

    FBMGeI6X0AI1f5y.jpegL'Etat islamique-Khorasan revendique l'attentat
    L'Etat islamique-Khorasan a publié la photo du kamikaze qui a perpétré un attentat contre la mosquée chiite Grand Sayedabad. Selon le communiqué du groupe islamiste, le kamikaze serait un Ouighour (Chinois). Il faut rappeler que les talibans se sont engagés à expulser les islamistes ouighours à la demande de la Chine.

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    En Afghanistan, les chiites sont régulièrement la cible d'attentats, souvent menés par la branche locale du groupe État islamique (Daech). Cette explosion survient cinq jours après un attentat à la bombe contre une mosquée de Kaboul, qui avait fait au moins cinq morts et avait été revendiqué par l'EI.

    Cet attentat avait ciblé la mosquée Id Gah, où se tenait une cérémonie funéraire en hommage à la mère de Zabihullah Mujahid, le porte-parole du gouvernement taliban et figure du mouvement, décédée la semaine passée. Il avait illustré la rivalité et la haine tenace et réciproque qui opposent l'Etat islamique et les talibans, deux groupes sunnites radicaux.

    L'Etat islamique au Khorasan (EI-K) a revendiqué certaines des attaques les plus meurtrières commises ces dernières années en Afghanistan et au Pakistan. Notamment des attentats suicide dans des mosquées, des hôpitaux et dans d'autres lieux publics.

    Le groupe a, en particulier, ciblé des musulmans qu'il considère comme hérétiques, notamment les chiites de la minorité hazara. En août 2019, il a ainsi revendiqué un attentat contre des chiites à un mariage à Kaboul, où 91 personnes avaient été tuées. Il a aussi été fortement soupçonné d'avoir été derrière une attaque en mai 2020 contre une maternité d'un quartier majoritairement chiite de la capitale qui a coûté la vie à 25 personnes, dont 16 mères et des nouveaux-nés.

    La prise de contrôle du pays par les talibans à la mi-août n'a pas mis fin à la menace terroriste, comme l'avait déjà montré l'attentat commis le 26 août aux abords de l'aéroport de Kaboul, qui avait fait plus d'une centaine de morts, dont 13 soldats américains, et a été revendiqué par l'EI-K.

    Des morts et des blessés dans une explosion dans une école religieuse (madrasa)
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    Par ailleurs, on a appris qu'une explosion dans une école religieuse dans la province de Khost, dans l'est de l'Afghanistan, avait fait 7 morts et plus de 15 blessés selon un dernier bilan.

    Selon le ministère de l'Intérieur du gouvernement intérimaire afghan, une grenade à main a explosé mercredi 6 octobre 2021 dans le bâtiment de l'école.
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    la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan a exprimé sa préoccupation face à cette série d'attentats, notant que l'attaque de Kunduz est la troisième attaque meurtrière contre une institution religieuse en Afghanistan depuis le début de la semaine, après un incident devant une mosquée à Kaboul lundi dernier, revendiquée par l'Etat islamique, et une attaque contre une madrasa dans la province de Khost mercredi. 

  • Afghanistan : Les talibans resserrent l'étau sur Mazar-i-Sharif, les civils fuient

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    E8ZqSZwXEAIoWOu.jpegLes talibans commençaient mardi à resserrer l'étau sur Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord de l'Afghanistan, provoquant une fuite massive des civils. Le célèbre commandant de brigade de l'Armée afghane, Muneeb Amiri (photo ci-contre), a été grièvement blessé lors d'affrontements avec les talibans lundi 9 août.

    Si Mazar-i-Sharif, cité historique et carrefour commercial, venait à tomber à son tour, le gouvernement n'aurait plus aucun contrôle sur le nord du pays, une région pourtant traditionnellement férocement opposée aux talibans. C'est là qu'ils avaient rencontré l'opposition la plus acharnée lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990. L'Alliance du Nord avait trouvé refuge dans le Nord-est pour mener la résistance lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001.

    Les talibans, qui avancent à un rythme effréné, contrôlent désormais cinq des neuf capitales provinciales du Nord - six sur 34 au total dans tout le pays - et des combats sont en cours dans les quatre autres. Après avoir conquis dimanche en quelques heures Kunduz, la grande ville du Nord-est, ainsi que Taloqan et Sar-i-Pul, les talibans ont ajouté lundi Aibak, capitale de la province de Samangan, à cette liste.

    Ils s'étaient emparés samedi de Sheberghan, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostom, et vendredi de Zaranj, capitale de la lointaine province de Nimroz (sud-ouest), à la frontière avec l'Iran. Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 août 2021, ils ont attaqué la périphérie de Mazar-i-Sharif, Pul-e-khomri et Faizabad, trois capitales provinciales du Nord, mais ont été repoussés, a indiqué le ministère de la Défense. Ils ont aussi été refoulés à Farah (ouest), selon la police locale.

    Renforts des forces gouvernementales à Mazar-i-Sharif
    Le Ministère de la Défense afghan a publié une vidéo montrant des renforts se dirigeant vers Mazar-i-Sharif, Balkh avec les combattants fidèles au chef de guerre ouzbèk Abdurrashid Dostum.
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    Pour l'administration Biden, c'est aux Afghans de se défendre
    Alors que les combats font rage dans le Nord, mais aussi dans le Sud autour de Kandahar et dans Lashkar Gah, une nouvelle réunion de négociations entre les talibans et le gouvernement devait avoir lieu mardi et mercredi à Doha. Le processus de paix s'est ouvert en septembre 2020 au Qatar, dans le cadre de l'accord de paix conclu en février 2020 entre les talibans et Washington prévoyant le départ total des troupes étrangères d'Afghanistan. Ce retrait doit être achevé d'ici le 31 août.

    Mais les discussions sont au point mort et les talibans ont lancé une offensive en mai 2021, quand a débuté le retrait américain. Après s'être emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer beaucoup de résistance, ils se sont tournés depuis début août vers les centres urbains.

    Même si les espoirs sont minces de voir les pourparlers déboucher sur un résultat concret, les États-Unis ont décidé d'envoyer à Doha leur émissaire, Zalmay Khalilzad, pour "exhorter les talibans à cesser leur offensive militaire et à négocier un accord politique, seule voie menant à la stabilité et au développement en Afghanistan". Mais l'administration du président Joe Biden n'a aucunement l'intention de changer de ligne. Elle maintiendra son soutien à Kaboul, mais c'est aux Afghans de prendre leur destin en mains. "C'est leur pays qu'il s'agit de défendre. C'est leur combat", a dit lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

    Les violences ont poussé des dizaines de milliers de civils à fuir leur foyer dans tout le pays ces dernières semaines, les talibans étant accusés de nombreuses atrocités dans les endroits tout juste passés sous leur coupe. "Ils frappent et pillent", a déclaré Rahima, une femme qui campe maintenant avec des centaines de personnes dans un parc de Kaboul après avoir fui la province de Sheberghan.
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    "S'il y a une jeune fille ou une veuve dans une famille, ils les prennent de force. Nous avons fui pour protéger notre honneur", a-t-elle ajouté. 

    Lorsqu'ils étaient au pouvoir, les talibans avaient imposé leur version très stricte de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées à mort.

    Mardi, le calme était revenu dans le centre de Kunduz, selon des habitants interrogés par l'AFP. Les talibans ne patrouillaient plus les rues, où les commerces et restaurants avaient rouvert. Les affrontements se poursuivaient toutefois aux abords de l'aéroport resté aux mains des forces gouvernementales. "Les gens ouvrent leur magasin et leur commerce. Mais vous pouvez encore voir la peur dans leurs yeux. La situation est très incertaine, les combats peuvent réapparaître en ville à tout moment", a déclaré Habibullah, un commerçant.

    A Kandahar et Lashkar Gah, deux fiefs historiques des insurgés qu'ils tentent de reprendre, les civils restaient pris au piège des combats. Trois ont été tués et 20 blessés, dont des femmes et des enfants, ces dernières 24 heures, a indiqué l'hôpital Mirwais de Kandahar. A Lashkar Gah, les hôpitaux des ONG Médecins sans frontières (MSF) et Emergency ont été touchés par un bombardement, sans qu'il y ait de victimes, a indiqué MSF lundi soir sur Twitter.

    Province de Baghlan
    Une vidéo  circulant sur Telegram montre d'intenses combats dans et autour de PD-2 à Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan. Aux dernières nouvelles, la majeure partie de la ville de Pul-e-Khumri est tombée, cet après-midi (mardi), aux mains des talibans. Les responsables de l'administration locale et les forces pro-gouvernementales (restantes) se sont retirées. Des sources locales disent qu'un accord a été conclu entre les talibans et les autorités locales/forces pro-gouvernementales grâce à la médiation des anciens locaux. Vidéo des talibans à l'intérieur de Pul-e-Khumri.

    Province de Ghazni : Les talibans exécutent deux policières enlevées à Ghazni
    Les talibans ont exécuté deux policières qui avaient été enlevées dimanche 8 août 2021 dans la ville de Ghazni, a confirmé une source sécuritaire.  Les talibans ont ensuite jeté leurs cadavres dans le quartier Kashk de la ville. Les talibans avaient enlevé les deux policières dans la zone de Sai Ganj du PD1 à Ghazni. Les policières, qui s'appelaient Uzra et Maryam, servaient au PD3 de la ville de Ghazni.

    Située dans le sud du pays, Ghazni est une province volatile où les talibans contrôlent des pans de territoires, y compris des parties de la capitale provinciale.

    Le poste frontière de Spin-Boldak, aux mains des talibans, rouvert au trafic vers le Pakistan
    Des sources pro-talibans semblent confirmer que le passage frontalier Chaman-Spin Boldak sera rouvert. Apparemment, un accord a été conclu entre les talibans et les responsables pakistanais sur la question de la gestion des frontières.
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    Aux dernières nouvelles, les talibans ont commencé à débloquer la frontière Chaman-Spin Boldak ce mardi soir 10 août 2021. Des sources pro-talibans et semi-officielles ont affirmé que les autorités pakistanaises avaient accepté les demandes des talibans.
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    7hLQVitS.jpegProvince de Farah : La ville de Farah aux mains des talibans (Breaking news)
    La ville de Farah (carte ci-contre et photo ci-dessous) serait tombée aux mains des talibans, devenant la 7ème capitale provinciale à être capturée par les talibans en une semaine. Le chaos total règne dans la ville en ce moment, selon un témoin. Vidéo des talibans dans la ville de Farah.

    "Cet après-midi (mardi), les talibans sont entrés dans la ville de Farah après avoir brièvement combattu les forces de sécurité. Ils ont pris le bureau du gouverneur et le quartier général de la police. Les forces de sécurité se sont retirées vers une base de l'armée", a annoncé à l'AFP Shahla Abubar, une conseillère provinciale.

    Outre le QG du gouverneur, la prison de la ville de Farah a également été occupée par les talibans qui se sont empressés de libérer les prisonniers, selon leur habitude. Actuellement, seul le QG du service de renseignement afghan NDS continue de résister. 
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    L'Etat islamique-Khorasan critique les relations entre talibans et la Chine
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    L'État islamique-Khorasan a critiqué les relations des talibans avec la Chine, les États-Unis et la Russie, présentant le mouvement taliban comme un allié et un mandataire des ennemis de la "grande puissance de l'Islam".

    L'État islamique en Irak et en Syrie développer leurs messages sur la question dès 2014 ( numéro 6 du magazine Dabiq par exemple), et l'EI a depuis perpétué cette tendance. Cependant, ces récits se sont progressivement propagés à l'Est – du noyau traditionnel du pouvoir de commandement et de contrôle de l'EI à ses branches régionales en Asie – au fur et à mesure qu'il construisait son réseau mondial de groupes militants.

    L'État-islamique-Khorasan a été fondée en 2015 et opère principalement en Afghanistan, mais pas exclusivement. 

    L'Etat-Islamique-Khorasan accuse les talibans d'obéir aux ordres de Pékin en acceptant d'empêcher les jihadistes de mener des opérations contre la Chine depuis le sol afghan. Il présente également les talibans comme une force par procuration pour la Chine qui cible les combattants de l'État islamique à l'intérieur de l'Afghanistan à la demande de Pékin.

    Une vidéo récente publiée par Khalid Media, un média local de l'Etat_islamique-Khorasan, comprenait plusieurs clips de responsables talibans socialisant et serrant la main de diplomates chinois tout en montrant des images de Ouïghours détenus et maltraités par les forces de sécurité au Xinjiang. Leur intention est de mettre en évidence l'hypocrisie de l'émirat islamique autoproclamé d'Afghanistan. De même, une déclaration publiée par Khurasan Wilayah News a critiqué les représentants des talibans pour leurs visites luxueuses à Pékin, Moscou et Doha en plus d'autres fautes à leurs yeux.

    La stratégie de l'Etat_Islamique_Khorasan est de "délégitimer" les talibans en tant que mouvement islamiste » et de présenter le groupe comme redevable aux puissances étrangères, notant également que l'État islamique a lancé une campagne de hashtag sur les réseaux sociaux accusant les talibans d'être un « Blackwater en blanc. "

  • Afghanistan : Trois nouvelles capitales provinciales du Nord aux mains des talibans

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    Les talibans ont renforcé dimanche 8 août 2021 leur contrôle sur le nord de l'Afghanistan, en s'emparant de trois capitales provinciales supplémentaires, dont la grande ville de Kunduz, dans une large offensive que l'armée semble incapable d'enrayer.

    A quelques heures d'intervalle, les insurgés ont, après de violents combats, pris possession de Kunduz, qu'ils encerclaient depuis quelques semaines. Ils ont ensuite pris Sar-e-Pul, puis Taleqan en fin de journée, les capitales des provinces situées au sud et à l'est de Kunduz. Ils contrôlent maintenant cinq des 34 capitales provinciales afghanes.

    Les affrontements ont débuté dans la matinée et les talibans ont fini par prendre la ville "sans beaucoup de combats" alors que les responsables et forces sécuritaires ont fui la ville. "Les talibans sont partout dans la ville avec leurs drapeaux blancs sur des pickups et Humvees. Certains tirent en l'air pour célébrer (leur victoire)" a raconté un habitant. "Nous avons peur et nous n'osons pas encore sortir de nos maisons".

    Un responsable sécuritaire a confirmé la fuite des forces afghanes et responsables locaux vers un district voisin. "Le gouvernement a échoué à nous envoyer de l'aide et nous nous sommes retirés de la ville cet après-midi", a-t-il indiqué.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole taliban, a confirmé la prise de Taleqan assurant que "la sécurité y a été restaurée" ainsi que celle de Kunduz et Sar-e-pul, tombées dans la matinée. "Les talibans ont pris le contrôle de tous les bâtiments clefs de la ville", a affirmé un correspondant de l'AFP à Kunduz.

    La ville d'environ 300.000 habitants, déjà tombée deux fois ces dernières années aux mains des insurgés, en 2015 et 2016, est un carrefour stratégique du nord de l'Afghanistan, entre Kaboul et le Tadjikistan. La prise de Kunduz constitue le principal succès militaire des talibans depuis le début de leur offensive en mai 2021, lancée à la faveur du retrait des forces internationales, qui doit être complètement achevé d'ici le 31 août.

    Après s'être emparés de vastes territoires ruraux, ils concentrent leurs efforts depuis le début août sur les centres urbains, encerclant plusieurs capitales provinciales. "C'est le chaos total", a affirmé Abdul Aziz, un résident du centre de Kunduz, joint au téléphone par l'AFP.

    Toujours des combats à Kunduz
    Fin juin, les talibans avaient conquis le poste-frontière de Shir Khan Bandar à Kunduz, frontalier du Tadjikistan, un axe névralgique pour les relations économiques avec l'Asie centrale.
    Des sources locales ont rapporté que la prison, les QG de la police et du renseignement (NDS) étaient tombés aux mains des talibans tandis que les forces pro-gouvernementales restantes se seraient retirées à l'aéroport de Kunduz. Vidéo des talibans à Kunduz.
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    Le ministère de la Défense a affirmé de son côté que les troupes gouvernementales tentaient de reprendre des zones clés de Kunduz. "Les forces commandos ont lancé une opération de nettoyage. Certains endroits, dont la radio nationale et les bâtiments de la télévision, ont été dégagés", a-t-il affirmé. "La capture de Kunduz est vraiment importante car elle va libérer un grand nombre de combattants talibans qui pourront ensuite être mobilisés en d'autres endroits du Nord", a souligné pour l'AFP Ibraheem Thurial Bahiss, consultant de l'International Crisis Group (ICG). Les affrontements sont également en cours entre les forces spéciales afghanes et les talibans dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz. Vidéo.
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    Selon le Corps des opérations spéciales (CGRI), les commandos ont repris aux talibans le carrefour du général Abdul Raziq et le siège de la télévision nationale dans le centre de Kunduz.
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    Après Kunduz, Sar-e-Pul est aussi tombée aux mains des talibans. Ceux-ci s'étaient déjà emparés samedi de Sheberghan, plus au nord, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostum.

    Parwina Azimi, une activiste des droits humains, a affirmé à l'AFP par téléphone que les responsables administratifs et le reste des forces armées s'étaient retirés vers des baraquements à environ trois kilomètres de Sar-e-Pul. Mirwais Stanikzai, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a quant à lui indiqué que des renforts, dont des forces spéciales, avaient été envoyés à Sar-e-Pul et Sheberghan. "Les villes que les talibans veulent prendre seront bientôt leurs cimetières", a-t-il ajouté.

    Le ministère afghan de la Défense a déclaré que des avions de chasse américains B-52 ont attaqué des positions talibanes à Sheberghan, la capitale de la province de Jawzhan (carte ci-dessous). Fouad Aman, porte-parole adjoint du ministère, a écrit sur Twitter que l'attaque a eu lieu à 18h30, samedi 7 août, et  fait de lourdes pertes parmi les talibans.
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    De leur côté, les talibans ont affirmé que le chef du conseil provincial de Jawzhan les avait rejoints.
    Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a écrit sur Twitter que Babar Ishchi et 20 de ses hommes avaient rejoint les talibans
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    Province de Herat
    Les talibans du district de Karkh, dans la province d'Herat, ont rassemblé aujourd'hui un certain nombre de veuves sous prétexte d'aide alimentaire, puis ont demandé un mollah du groupe et les ont mariées de force à leurs combattants

    Province de Samangan
    Au moins sept insurgés talibans ont été tués et cinq autres blessés lors d'une opération conjointe de la police nationale afghane, des forces de sécurité nationales afghanes et du soulèvement national afghan dans le district de Hazrat Sultan de la province de Samangan.
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    Rapidité de l'avancée des talibans
    L'incapacité de Kaboul à tenir le nord du pays pourrait s'avérer cruciale pour les chances de survie du gouvernement. Le nord de l'Afghanistan a toujours été considéré comme une place forte anti-talibans, où la résistance à leur encontre avait été la plus forte lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990.

    Les talibans ont dirigé le pays entre 1996 et 2001, en imposant leur version ultra-rigoriste de la loi islamique, avant d'être chassés par une coalition internationale menée par les États-Unis. Vendredi, les insurgés s'étaient aussi emparés de la ville de Zaranj, capitale de la province de Nimruz (sud), à la frontière avec l'Iran.

    Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays, sont aussi soumises à leurs assauts depuis plusieurs jours, tout comme Lashkar Gah (sud), capitale de la province du Helmand, un des bastions des insurgés. La rapidité de l'avancée talibane a pris par surprise les forces de sécurité afghanes, malgré l'aide reçue de l'armée de l'air américaine.

    Les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes, a reconnu le commandant Nicole Ferrara, porte-parole du Commandement central de l'armée américaine, qui a déclaré samedi à l'AFP : "Les forces américaines ont procédé ces derniers jours à plusieurs frappes aériennes pour défendre nos partenaires afghans". Les combats et bombardements ont poussé des centaines de milliers d'Afghans à fuir leurs maisons.

    Samedi, douze passagers d'un bus ont été tués dans l'explosion d'une mine placée en bord de route alors qu'ils tentaient de fuir la ville de Gardez, dans la province de Paktia (sud-est). "J'ai perdu ma mère, mon père, mes deux frères, mes deux belles-soeurs et d'autres membres de la famille", a raconté Noor Jan.

  • Afghanistan : Principaux incidents sécuritaires

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    Kaboul
    Une explosion dans le centre-ville de Kaboul a fait au moins cinq morts
    L'explosion a eu lieu à 14H50, rue Maiwand (Chuk) dans le district 1 du centre-ville de Kaboul. Elle a fait cinq morts et cinq blessés mais le bilan pourrait être beaucoup plus élevé.

    Province de Farah
    Il y a peu de temps, le centre du district de Parchman dans la province de Farah était sous le contrôle des forces de sécurité mais tous ses quartiers étaient sous le contrôle des moudjahidines.
    Environ 300 soldats afghans ont cessé de combattre ou ont rejoint les talibans, remettant leurs armes et leurs équipements aux Moudjahidine.

    Province de Ghazni
    Le district de Malistan dans la province de Ghazni, qui était considéré comme l'un des districts les plus sûrs de la province est passé sous le contrôle des combattants talibans lundi soir 12 juillet 2021. Le gouvernement avait laissé des dizaines de membres des forces de locales et un petit nombre de soldats afghans à leur propre sort. Ils avaient réclamé en vain des renforts et des frappes aériennes pendant des jours mais n'ont rien reçu. Ils ont été contraints de se retirer à Jaghori.
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    Province de Ghor
    Un responsable local de la province de Ghor a déclaré que huit membres des forces de sécurité avaient été tuées et six autres blessées au cours d'une attaque des talibans au cours de la nuit du 12 au 13 juillet contre le poste de l'armée de Qarawa à Firozkokh, dans la province de Ghor.

    Par ailleurs, selon une source au sein de la sécurité, s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité de la révélation, les forces de sécurité stationnées dans le district de Charsadda de la province de Ghor étaient liées aux talibans.

    Charsadda est l'un des districts les plus précaires du nord de Ghor, qui partage une frontière avec les provinces de Faryab et Badghis.

    Provinces de Bamyan et Laghman
    Les talibans ont également revendiqué le contrôle total de Sayghan dans la province de Bamyan et d'Alingar dans la province de Laghman.

    De leur côté, les Forces nationales de sécurité et de défense ont mené une série d'opérations sur l'autoroute Kunduz-Khanabad, au cours desquelles quatre  talibans ont été tués et quatre autres blessés. 

    Province de Logar
    Le président du conseil provincial de Khost, Kafil Reihan, a déclaré que Zohreh Jalal, membre du Conseil provincial de Khost, et ses enfants ont été abattus par les talibans dans la province de Logar.
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    Province de Paktia
    Des responsables locaux de la province de Paktia ont déclaré qu'une explosion de mine avait tué au moins sept talibans et blessé 11 autres mardi 13 juillet 2021.

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    17  talibans ont été tués et cinq autres blessés lors d'une frappe aérienne ciblée dans la ville d'Abdal, la capitale de la province de Takhar.
    Il y a des rapports contradictoires sur la mort du gouverneur taliban de Takhar, Mawlawi Noor Uddin (photo ci-contre). Le ministère de la Défense afghan affirme qu'il a été tué lors de la frappe aérienne tandis que les talibans réfutent cette affirmation et disent qu'il est en vie. 

    Frontière Afghanistan-Tadjiistan
    Le flanc des montagnes du côté afghan de la frontière entre le Tadjikistan et l'Afghanistan est parsemé de ces drapeaux blancs à peine visibles, signalant le contrôle des talibans sur la région.E6KjlpVXEAAsyE9.jpeg
    L'armée de l'air américaine se décide à intervenir
    Une frappe aérienne américaine a visé des positions des talibans dans le district de Dand aux portes de la ville de Kandahar. L'US Air Force a également effectué des vols en appui de l'armée afghane dans les provinces de Kandahar, Laghman et Kaboul. 

    22 commandos afghans exécutés par les talibans
    22 membres d'une unité des forces spéciales afghanes ont été exécutés par les talibans, le 16 juin 2021,  dans la ville de Dawlat Abad, dans la province de Faryab, près de la frontière afghane avec le Turkménistan.
    CNN a obtenu et vérifié plusieurs vidéos de l'incident et s'est entretenu avec des témoins.
    Des vidéos montrent les corps des commandos éparpillés sur un marché en plein air. Après une bataille acharnée pour tenir la ville, les commandos étaient à court de munitions et ont été encerclés par les combattants talibans, ont déclaré des témoins.
    Dans une vidéo, d'environ 45 secondes, on peut entendre un passant dire en pashto, la langue locale : "Ne leur tirez pas dessus, ne leur tirez pas dessus, je vous en supplie ne les tirez pas." Le spectateur demande alors : « Comment les Pachtounes tuent-ils des Afghans ? Les Pachtounes sont le principal groupe ethnique d'Afghanistan.
    À la fin de la vidéo, une autre voix hors caméra dit : « Enlevez-leur tout. »
    Dans une autre vidéo, on peut entendre un homme dire : "Ouvrez son gilet pare-balles." Un combattant peut être vu en train de retirer de l'équipement du corps de l'un des commandos.
    La Croix-Rouge a confirmé que les corps de 22 commandos avaient été récupérés.
    Le meurtre des soldats contraste fortement avec les efforts des talibans pour montrer qu'ils acceptent la reddition des soldats et, dans certains cas, les payent pour qu'ils rentrent chez eux alors qu'ils réalisent des gains territoriaux à travers l'Afghanistan.
    Les talibans ont posté une vidéo trois jours après les combats à Dawlat Abad, montrant la saisie de camions militaires et d'armes. La vidéo affirmait que "les gardes de Washington, un commando spécial spécialement formé par la CIA qui poursuivait les talibans à Dawlat Abad, Faryab, ont été capturés vivants par les talibans, désarmés et menottés".
    Les talibans ont déclaré à CNN que les vidéos montrant les commandos abattus étaient fausses et que la propagande gouvernementale encourageait les gens à ne pas se rendre. Un porte-parole des talibans a déclaré qu'ils détenaient toujours 24 commandos qui avaient été capturés dans la province de Faryab mais n'ont fourni aucune preuve.
    Le ministère afghan de la Défense a nié que les talibans détenaient les commandos et a déclaré à CNN qu'ils avaient été tués.


    Provinces de Badakhshan et Takhar : Instructions concernant les filles

    Les talibans ont publié une déclaration dans les provinces du Badakhshan et de Takhar ordonnant aux anciens des tribus et aux mollahs de remettre les filles de plus de 15 ans et les veuves de moins de 45 ans aux talibans pour qu'elles épousent les Moudjahidins :
    E6FAjaJXEAAX6xS.jpegDans la province de Ghor, certains jeunes affirment que les talibans ont imposé des lois strictes après dans les quartiers dont ils ont pris le contrôle. Selon ces jeunes, regarder la télévision, se raser la barbe, envoyer les filles dans des établissements scolaires et laisser les femmes à la maison "sans Muharram" (c'est à dire seule) et sans foulard sont considérés comme des crimes par les talibans.
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    Un chant pour booster le moral des soldats
    L'Institut national afghan de musique a mis en ligne une chanson intitulée  "O Soldier Yareh" en hommage aux forces de sécurité qui défendent le pays.

    Le poème chanté est supposé remonter le moral des soldats engagés dans les combats.

  • Afghanistan : Combats à Qala-i-Naw,  la première grande ville visée par une offensive des talibans

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    Violents combats dans la ville de Qala-i-Naw, capitale de la province de Badghis
    Des combats opposaient jeudi matin 8 juillet 2021  les talibans à l'armée afghane dans la ville de Qala-i-Naw (nord-ouest), première capitale provinciale à subir une offensive de la part des insurgés depuis le début de la dernière phase du retrait des troupes américaines.

    "Les talibans sont toujours dans la ville (...) On peut les voir passer et repasser sur leurs motos", a déclaré à l'AFP Aziz Tawakoli, un habitant de Qala-i-Naw, la capitale de la province de Badghis. "Les magasins sont fermés, il n'y a presque personne dans les rues", a-t-il ajouté, précisant que presque la moitié des résidents ont fui.

    Mercredi, quelques heures seulement après que l'armée américaine ait annoncé avoir achevé "à plus de 90%" son retrait d'Afghanistan, les talibans, qui se sont emparés depuis mai de vastes portions rurales du territoire et rapprochés de plusieurs grandes villes, sont entrés dans Qala-i-Naw, une ville d'environ 75.000 habitants.

    Les forces afghanes ont lancé une contre-offensive pour reprendre la ville. "Personne ne pouvait dormir la nuit dernière à cause des bombardements", a raconté Parisila Herawai, une militante de Qala-i-Naw. "En tant que femmes, nous sommes très inquiètes (...) Si les talibans restent dans la ville, nous ne pourrons plus travailler et nous allons perdre tous les progrès en matière de droits des femmes des 20 dernières années", a-t-elle ajouté.
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    Zia Gul Habibi, un membre du conseil provincial de Badghis, a confirmé que "la situation n'a pas vraiment changé depuis (mercredi)", faisant état de combats "sporadiques" dans la ville. "Certains membres des forces de sécurité qui ont rejoint les talibans les aident et les guident", a-t-il déploré.

    Mercredi, les insurgés ont libéré des centaines de détenus de la prison de la ville, et pris le contrôle du commissariat. Sur Twitter, le porte-parole du ministère de la Défense Fawad Aman, a déclaré que "de nouveaux commandos sont arrivés à Badghis la nuit dernière et vont lancer une opération de grande envergure".

    De son côté, le ministère afghan de la Défense a annoncé que 69 militants talibans avaient été tués et 23 autres blessés, lors des combats entre talibans et l'armée afghane à Qala-i-Naw.
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    Avancée inexorable
    Selon un responsable sécuritaire, l'offensive a également "affecté les provinces voisines" dont celle d'Herat, frontalière de l'Iran, où un district frontalier de Badghis est tombé aux mains des insurgés dans la nuit. "Cela a semé un petit peu la peur partout", a continué cette source sous couvert d'anonymat.  Selon des responsables locaux et les insurgés, deux districts de Herat en tout ont été pris dans la nuit, alors que les talibans se rapprochent du centre de la province.

    Les insurgés avaient déjà brièvement tenté en juin d'attaquer Kunduz, capitale de la province du même nom dans le nord du pays. Ils ont attaqué le quartier Bagh-e-Shirkat de la ville de Kunduz, chassé des habitants et incendié leurs maisons.

    Ross Wilson, le chargé d'affaires américain, a fortement critiqué l'offensive de Badghis, qui selon lui "viole les droits humains" et "rend encore plus difficile la vie de civils afghans qui luttent déjà face à la sécheresse, à la pauvreté et au coronavirus". 

    Selon Human Rights Watch, les talibans ont expulsé des personnes de leurs domiciles, et pillé ou incendié certaines habitations.

    Province de Helmand
    Les forces de sécurité nationale ont mené des opérations contre les talibans à Lashkar Gah, la capitale de la province d'Helmand, ainsi que dans les districts de Marjah, Garmsir et Nahr-e-Saraj. Cinq talibans ont été tués et quatre autres blessés au cours de ces opérations.
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    Province de Laghman
    34 talibans, y compris leurs principaux commandants, ont été tués ou blessés lors d'une frappe aérienne dans la province de Laghman

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    Ahmadullah (photo), un haut commandant taliban, a été tué lors d'un affrontement avec les forces de sécurité et de défense dans le nord de la province de Takhar.
    Ahmadullah était un haut responsable du renseignement taliban à Takhar. Il a été impliqué dans des dizaines d'attaques dans la province de Takhar.

    Province de Zaboul
    Dans la province de Zaboul, les talibans ont pris le contrôle du dernier district de Shahr-e-Safa dans la province de Zaboul. Le district est tombé aux mains des talibans la nuit dernière après de violents combats avec les forces de sécurité.
    Les talibans ont déclaré dans un communiqué qu'ils avaient saisi un certain nombre d'armes et de munitions des forces afghanes dans ce district.
    Désormais, tous les districts de la province de Zaboul sont aux mains des talibans et seule la ville de Qalat à Zaboul est sous le contrôle du gouvernement afghan, mais la ville est encerclée de toute part par les talibans. Vidéo 
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    Le retrait des troupes américaines se poursuit comme si de rien n'était
    Pendant ce temps, le retrait des troupes de Washington continue tambour battant, malgré l'avancée inexorable des talibans à travers le pays et le recul des forces afghanes. Ces dernières sont désormais privées du crucial appui aérien américain.

    Les forces étrangères ont été évacuées de nombreuses bases, y compris la semaine dernière, de la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul. Il s'agissait de la plus importante installation militaire de la coalition en Afghanistan et du centre névralgique de ses opérations sur place depuis l'entrée des troupes américaines dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Le retrait définitif de l'armée américaine sera terminé d'ici la fin août, selon la Maison Blanche. Il mettra un point final à 20 ans d'intervention américaine dans le pays, la plus longue guerre menée par les Etats-Unis dans leur histoire.

  • Afghanistan : Les talibans attaquent une première grande ville

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    Les talibans ont lancé mercredi 7 juillet 2021 leur première offensive contre une capitale provinciale d'Afghanistan, Qala-i-Naw, depuis le début de leur offensive contre les forces afghanes, déclenchée en mai  dès l'annonce du retrait des troupes américaines du pays, désormais quasiment terminé.

    Quelques heures après que l'armée américaine ait annoncé avoir achevé "à plus de 90%" son retrait d'Afghanistan, les talibans, qui se sont emparés depuis mai de vastes portions rurales du territoire et rapprochés de plusieurs grandes villes, sont entrés mercredi matin dans Qala-i-Naw, une ville d'environ 75.000 habitants, capitale de la province de Badghis (nord-ouest).

    "Il faut le reconnaître, la guerre fait rage et nous sommes dans une situation militaire très délicate", a admis peu après le ministre afghan de la Défense, Bismillah Mohammadi. "Mais ce n'est pas la première fois que l'Afghanistan vit des moments difficiles" et "je veux tous vous rassurer, nos forces nationales (...) useront de toute leur puissance et leurs ressources pour défendre notre patrie et notre peuple", a-t-il ajouté.

    Fusil d'assaut sur l'épaule et poitrine bardée de chargeurs, le gouverneur de Badghis, Hessamuddin Shams, a assuré dans une vidéo publiée sur Facebook que "toutes les forces de sécurité (...) défendent la ville" et que "l'ennemi a subi des pertes et est défait", alors que continuaient de résonner derrière lui des tirs nourris.

    En fin d'après-midi, le ministère de la Défense a affirmé que les talibans avaient "subi des pertes dans leur tentative ratée de s'emparer de Qala-i-Naw". Mais des tirs continuaient d'être entendus dans certaines parties de la ville.

    L'armée "a sécurisé la plupart des zones" de Qala-i-Naw et toutes le "seront dans les prochaines heures", a affirmé le porte-parole du ministère, Fawad Aman, sur Twitter.

    Dans la matinée, le gouverneur Shams avait annoncé que "l'ennemi était entré dans la ville, tous les districts alentoursont tombés, les combats ont commencé en ville".

    Le chef du conseil provincial de Badghis, Abdul Aziz Bek, a affirmé mercredi à l'AFP que "la nuit dernière, des responsables des services de sécurité de la province se sont rendus aux talibans et ces derniers étaient en ville ce mercredi matin".

    Membre du conseil provincial, Zia Gul Habibi a indiqué mercredi après-midi à l'AFP que "la ville ne tombait pas" aux mains des talibans. "Mais les talibans sont toujours à l'intérieur de la ville et des avions et des hélicoptères frappent (leurs) positions".

    "Effet psychologique"
    "Tout le monde était terrifié dans la matinée quand les gens ont entendu que les talibans étaient entrés en ville (...) On a rapidement entendu des tirs et des explosions", a raconté à l'AFP un habitant de Qala-i-Naw. "Désormais les explosions sont audibles au loin, des hélicoptères et avions survolent la ville et frappent parfois des endroits de la ville".

    Les talibans avaient brièvement tenté en juin d'attaquer Kunduz, capitale de la province du même nom dans le nord du pays. Mais l'entrée des talibans dans Qala-i-Naw devrait porter un nouveau coup au moral - déjà considérablement affaibli - des forces afghanes, selon les analystes.

    La prise de Qala-i-Naw par les talibans serait "un succès stratégique, car cela aura un effet psychologique sur les forces afghanes qui perdent du terrain rapidement, comme des dominos face à une force inarrêtable", explique Nishank Motwani, chercheur spécialisé sur l'Afghanistan.

    Les talibans se sont récemment rapprochés d'Hérat, capitale de la province du même nom, frontalière de l'Iran.

    Discussions inter-afghanes sous l'égide de l'Iran
    Parallèlement mercredi, des délégations du gouvernement afghan et des talibans se sont rencontrées à Téhéran, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères, après des mois de négociations au point mort au Qatar.

    "Aujourd'hui, le peuple et les dirigeants d'Afghanistan doivent prendre des décisions difficiles pour l'avenir de leur pays", a souligné le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, à l'ouverture des discussions, en saluant le départ américain du territoire de son voisin de l'Est.

    Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a confirmé qu'une "délégation de haut niveau" était en Iran "à l'invitation officielle" de Téhéran pour y rencontrer des "personnalités afghanes" et discuter de "la situation actuelle du pays et trouver des solutions via des pourparlers".

     

     

  • Afghanistan : 1000 soldats en fuite - l'armée afghane prépare une contre-offensive contre les talibans

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    Au cours des dernières 24 heures, onze districts sont tombés aux mains des talibans. Les renseignements afghans accusent des éléments, notamment étrangers, de la brigade Jaish ul-Nasr d'al-Qaïda et du groupe ETIM, sous les ordres de Hajj Furqan,  d'avoir participé aux combats dans la province du Badakhshan aux côtés des talibans. 
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    Hamdullah Mohib, conseiller du président afghan pour la sécurité nationale, a annoncé que les forces gouvernementales afghanes prévoyaient de lancer une contre-offensive dans les zones du nord contrôlées par le mouvement "taliban", tandis que des sources ont indiqué que 1 000 soldats avaient fui après des combats avec le mouvement islamiste. 

    Mohib a déclaré en réponse à une question à l'agence russe "Novosti"  : "Les talibans ont décidé d'exploiter le vide créé par le retrait des forces américaines et étrangères et ont commencé leurs attaques sans avertissement. Les forces de sécurité afghanes ont été surprises parce que, comme je l'ai dit, nous attendions la paix. Pas la guerre."

    Nous sommes prêts à faire entrer les talibans au gouvernement
    Mohib a souligné que "le peuple afghan voulait être libre", et accepteraient de voir les « talibans » entrer au gouvernement, "mais les Afghans ne veulent pas que les talibans gouvernent tout l'Afghanistan et dictent comment le Le peuple afghan doit vivre."

    L'Envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan, Deborah Lyons, avait déclaré plus tôt que le mouvement « Taliban » s'était emparé de 50 des 370 districts afghans depuis début mai. L'offensive des talibans coïncide avec le départ des forces américaines et de l'OTAN du pays.

    L'état d'instabilité en Afghanistan s'aggrave dans le contexte des promesses de l'administration américaine d'achever le retrait de ses forces du territoire afghan en pleine coordination avec les alliés d'ici le 11 septembre.

    Un millier de soldats ont fui vers le Tadjikistan dans la nuit de dimanche à lundi
    Plus d'un millier de soldats afghans ont fui au Tadjikistan, dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 juillet 2021, après des combats avec les talibans, selon le Comité de sécurité nationale tadjik.

    Les services de sécurité au Tadjikistan ont confirmé dans un communiqué diffusé par l'agence de presse officielle "Khovar" que "1037 soldats des forces gouvernementales afghanes avaient fui vers le territoire du Tadjikistan pour sauver leur vie après des affrontements armés avec les talibans".

    "Les combattants talibans ont complètement pris le contrôle" de six provinces de la province nord-est du Badakhshan, qui représente 910 kilomètres de la frontière commune avec le Tadjikistan, selon le communiqué, cité par l'Agence France-Presse.

    Des centaines de soldats afghans avaient déjà franchi la frontière pour échapper à l'attaque des talibans ces dernières semaines, et le Tadjikistan leur a toujours permis de passer sous le « principe de bon voisinage et de respect de la position de non-ingérence dans les affaires intérieures de l'Afghanistan ».

    Depuis fin juin, les talibans contrôlent le plus grand poste frontière avec le Tadjikistan et les autres points de passage menant à ce pays, ainsi que des zones autour de la ville de Kunduz, distante d'une cinquantaine de kilomètres.

    Vers un ralentissement du retrait américain.
    Les forces américaines restantes devraient terminer leur retrait avant la date limite du 11 septembre annoncée par le président Joe Biden pour mettre fin à la plus longue guerre des États-Unis.

    Mais au vu des déboires successifs de l'armée afghane, notamment dans les Etats du nord, le Pentagone a annoncé la possibilité de "ralentir" les opérations, et le commandant suprême des forces américaines en Afghanistan, le général Scott Miller, n'a pas écarté, mardi, de lancer des frappes aériennes contre les talibans.
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