Kirby John

  • Afghanistan : Des milliers de personnes toujours à l'aéroport de Kaboul, qui fait face à des "menaces précises"

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    Environ 5.400 personnes réfugiées dans l'enceinte de l'aéroport de Kaboul attendent toujours d'être évacuées d'Afghanistan, a affirmé vendredi un général américain.

    "Nous avons la capacité d'inclure des évacués sur des vols militaires américains qui quittent l'Afghanistan jusqu'au dernier moment", a également indiqué le général Hank Taylor lors d'un point presse du Pentagone, à l'approche de la date butoir du 31 août pour le retrait des soldats étrangers d'Afghanistan. La mission d'évacuation fait toujours face à des "menaces précises et crédibles", a assuré lors du même point presse le porte-parole du ministère de la Défense John Kirby, au lendemain d'un attentat-suicide ayant tué 13 soldats américains et des dizaines d'Afghans. "Nous estimons qu'il y a toujours (...) des menaces précises, et crédibles", a-t-il dit.

    De leur côté, les talibans ont bloqué les routes conduisant à l'aéroport à l'aide de véhicules Humwees capturés. 

    L'Etat islamique avait mené une attaque test avant l'attaque du jeudi 26 août
    Des membres de l'Etat islamique-Khorasan se seraient mêlés au réfugiés afghans pour filmer les entrées et examiner les défenses mises en place par l'armée américaine.

    Les experts en sécurité pensent qu'un incident survenu lundi 23 août au cours duquel un soldat afghan a été abattu par un attaquant non identifié pourrait avoir été un test des protocoles de réponse de l'aéroport en vue de la planification d'une attaque plus importante.

    Des milliers de membres de l'Etat islamique se sont enfuis des prisons afghanes au moment de l'arrivée des talibans
    Le porte-parole du Pentagone John Kirby a confirmé que des milliers de prisonniers membres de l'Etat islamique-Khorasan, se sont enfuis des prisons afghanes au moment de la débandade des forces de sécurité afghanes devant la progression des talibans. Un certain nombre de prisonniers de l'Etat islamique ont été liquidés dans les prisons à l'arrivée des talibans mais de nombreux autres ont réussi à prendre la fuite dans le laps de temps qui s'est écoulé entre la fuite des gardiens et l'arrivée des talibans.Une journaliste à John Kirby : "Combien de prisonniers de l'Etat islamique-Khorasan ont été laissés à Bagram et auraient été libérés de la prison là-bas et pourquoi n'ont-ils pas été évacués avant que les États-Unis ne se retirent dans un endroit comme Guantanamo ?"
    John Kirby : "Eh bien, je ne connais pas le nombre exact. Clairement, il se compte par milliers" (Vidéo)

    Les talibans demandent aux femmes médecins de reprendre le travail
    Le ministère de la Santé publique, contrôlé par les talibans, a appelé toutes les femmes médecins à reprendre le travail. 

    Des membres de l'Etat islamique pourraient s'être mêlés aux évacués afghans
    Les services de sécurité occidentaux craignent également que des membres de l'Etat islamique-Khorasan se soient fondus dans le flot des évacués quittant Kaboul pour les États-Unis et l'Europe. Selon le Pentagone, sur les  100 000 personnes évacuées de Kaboul, seuls 7 000 étaient titulaires d'un visa d'immigrant spécial afghan (SIV). Environ 5 000 des évacués étaient des Américains. 

    Dans la vallée du Panjshir, on attend le résultat des négociations entre Front National de Résistance et talibans
    En attendant, la région du Panjshir est sur le pied de guerre. Il faut savoir que chaque village de la vallée du Panjahir a son propre groupe local pour participer aux actions de la Résistance.

    Des victimes britanniques dans l'attentat de jeudi à l'aéroport de Kaboul
    Deux ressortissants britanniques et l'enfant d'un autre ressortissant britannique font partie des personnes décédées dans l'attaque de l'aéroport de Kaboul.

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires (mise à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Les talibans prennent Mazar-i-Sharif, grande ville du nord.
    Les talibans se sont emparés, samedi soir 14 août, de Mazar-i-Sharif, dernière grande ville du nord de l'Afghanistan encore contrôlée par le gouvernement, accroissant encore leur emprise sur le pays.

    Les talibans "paradent sur leurs véhicules et leurs motos, tirant en l'air pour célébrer" la prise de la ville, a raconté samedi soir à l'AFP un habitant de Mazar-i-Sharif, Atiqullah Ghayor, qui vit près de la célèbre mosquée bleue. Il a précisé que les talibans étaient entrés "sans vraiment rencontrer de résistance" dans la quatrième ville la plus peuplée du pays (500.000 habitants), après le retrait des forces afghanes. D'autres habitants ont fait des récits similaires et les talibans ont revendiqué la prise de la ville, capitale de la province de Balkh et carrefour commercial, dont les faubourgs étaient encore le théâtre d'intenses combats samedi matin. "Les combattants (talibans) se sont emparés de Mazar-i-Sharif. Tous les bâtiments officiels (...) sont sous leur contrôle", ont affirmé les talibans dans un communiqué.

    Le maréchal Abdul Rashid Dostom, ancien vice-président afghan, et Atta Mohammad Noor, ex-gouverneur de Balkh, qui avaient pris la tête de forces locales de résistance aux talibans à Mazar-i-Sharif, ont trouvé refuge en Ouzbékistan voisin, selon un proche du second, précisant que leurs forces s'étaient elles retirées à une soixantaine de km de la ville.

    Le célèbre seigneur de guerre Qaisari a été capturé par les talibans à Mazar-i-Sharif.
    On ignore quel sera son sort. Qaisari est accusé de graves violations des droits humains non seulement par les talibans, mais aussi par des organisations locales et internationales. Vidéo.

    La ville de Khost également tombée aux mains des talibans
    Le porte-parole des talibans  a officiellement revendiqué la capture de la ville de Khost.
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    Plus tôt, le président afghan Ashraf Ghani avait promis de poursuivre le combat contre les insurgés qui continuent à se rapprocher de la capitale Kaboul, presque encerclée et où les habitants ne cachent pas leur angoisse de l'avenir.
    "La re-mobilisation de nos forces de sécurité et de défense est notre priorité numéro un et d'importantes mesures sont prises à cet effet", avait assuré à la mi-journée, le président Ghani dans une adresse télévisée. Il n'a fait aucune allusion à une possible démission, réclamée par certains, mais a précisé avoir entamé des "consultations" au sein du gouvernement, avec des responsables politiques et les partenaires internationaux, pour trouver "une solution politique dans laquelle la paix et la stabilité" seront préservées.
    "Ces consultations avancent rapidement et nous ferons part de leur résultat à nos compatriotes très vite", a-t-il ajouté. Dans la soirée, le palais présidentiel a précisé qu'"une délégation sera prochainement constituée par le gouvernement et prête à négocier".

    6 provinces tombées aux mains des talibans en une seule journée, samedi 14 août 2021 :
    1: Paktika
    2: Paktia
    3: Kunar
    4: Faryab
    5: Balkh
    6: Laghman 
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    "Inquiet pour l'avenir"
    La situation militaire est critique pour le pouvoir en place. En à peine plus d'une semaine, les talibans ont pris le contrôle de presque tout le nord, l'ouest et le sud de l'Afghanistan et sont arrivés aux portes de Kaboul. Ils ne sont plus qu'à 50 km de la capitale et ne montrent aucun signe de vouloir ralentir leur marche. Samedi, ils avaient déjà pris la province de Kunar, dans l'Est, et pourraient bientôt approcher de Kaboul par le nord, le sud et l'est.

    E8fulV8WYAA-YyM.jpegLe général Saadat nouveau promu responsable de la sécurité pour Kaboul
    Le général Seyed Sami Saadat (photo ci-contre) nommé responsable de la sécurité publique dans la ville et la province de Kaboul.
    La présidence afghane a tweeté hier soir que le général Saadat avait été nommé par le président Ashraf Ghani.
    Le général Saadat était à la tête de l'armée afghane lors des récentes batailles de Kandahar et de Laskargah, qui sont toutes deux tombées en 24 heures.
    Le poste était devenu vacant car le général Hebatullah Alizai, ancien commandant du 209e corps Shaheen et récemment nommé à la tête de l'armée afghane, s'était rendu aux talibans samedi 14 août dans la province de Balkh. Il semble qu'il ait conspiré avec les talibans et abandonné les lignes de défense, ordonnant à ses troupes de se rendre.

    Jalalabad
    Les talibans viennent d'annoncer (dimanche matin 15 août) leur arrivée à Jalalabad, la capitale de la province de Nangarhar. La ville est tombée sans aucune résistance selon des sources locales. Vidéo des talibans à Jalalabad. Autre vidéo. Ci-dessous, photo prise ce dimanche 15 août). 
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    La peur s'empare de Kaboul
    Au sein des habitants de Kaboul et les dizaines de milliers de personnes qui ont fui leur foyer ces dernières semaines pour se réfugier dans la capitale, la peur prédomine. "Je pleure jour et nuit quand je vois que les talibans forcent des jeunes filles à épouser leurs combattants", a confié à l'AFP Muzhda, 35 ans, une femme célibataire arrivée avec ses deux soeurs, de la province de Parwan, un peu plus au nord. "J'ai refusé des propositions de mariage par le passé (...) Si les talibans viennent et me forcent à les épouser, je me suiciderai", prévient-elle.
    Dawood Hotak, 28 ans, un commerçant de Kaboul, est aussi "inquiet pour l'avenir" de ses jeunes soeurs et ne sait pas "ce qui va leur arriver". 

    Les rues de la capitale étaient normalement animées samedi, mais de longues queues étaient observées à la sortie des banques, et certains hommes ont indiqué à l'AFP avoir commencé à se laisser pousser la barbe, en prévision d'une arrivée prochaine des talibans.
    Beaucoup d'Afghans - les femmes en particulier -, habitués à la liberté acquises ces 20 dernières années, craignent un retour au pouvoir des talibans.

    Lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001, avant d'être chassés il y a 20 ans par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les talibans avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées.

    Dans le même ordre d'idées, le réseau des églises en Afghanistan rapporte que ses dirigeants ont reçu samedi soir 14 août des lettres des talibans les avertissant qu'ils savent où ils se trouvent et ce qu'ils font. Il semble que les talibans aient l'intention de mettre fin à la liberté religieuse dans le pays. 

    Kaboul : Dernières nouvelles : Violents combats dans un quartier de la capitale afghane
    De violents affrontements ont été signalés, dimanche 15 août, dans le district de Paghman à Kaboul et autour de la périphérie de la ville de Kaboul. Des sources pro-talibanes prétendant que les moudjahidines ont capturé plusieurs positions des forces de sécurité à Paghman. Selon des sources locales, les talibans auraient lancé l'assaut final sur Kaboul. Nous attendons d'autres rapports sur la situation.
    forward_2.gifLe ministère afghan de l'intérieur vient de confirmer que les talibans ont commencé à entrer à Kaboul de toutes parts. Vidéo de l'entrée des talibans à Kaboul ce dimanche 15 août.
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    Des négociations sont en cours à Kaboul entre les talibans, le gouvernement afghan et les États-Unis. Le gouvernement afghan, la démission d'Ashraf Ghani et la mise en place d'un gouvernement de transition ont été proposés aux talibans. On ne sait pas si ceux-ci accepteront la proposition. Le résultat des négociations déterminera ce qui va se passer à Kaboul dans les prochaines heures.
    forward_2.gifLe président Ghani va céder le pouvoir à Ali Ahmad Jalali dans les prochaines heures. Jalali est l'une des figures de proue de la résistance contre les Soviétiques. Jalali formera le gouvernement de transition avec le représentant des talibans, le mollah Biradar.
    Mollah Baradar (photo ci-dessous), le chef des talibans, est arrivé à Kaboul avec Jalali pour former le gouvernement intérimaire.
    Un responsable afghan a déclaré que les troupes avaient livré la base aérienne de Bagram aux talibans. La base abrite une prison abritant 5 000 détenus. 
    forward_2.gifLe président Ghani a quitté l'Afghanistan, selon l'ancien vice-président Abdullah Abdullah
    Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l'Afghanistan, où les talibans sont sur le point de prendre le pouvoir, a annoncé dimanche l'ancien vice-président Abdullah Abdullah. "L'ancien président afghane a quitté la nation", a déclaré M. Abdullah, qui est aussi le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.
    Ashraf Ghani a d'abord gagné Douchanbé, au Tadjikistan avant de se réfugier à Oman.
    On a appris que le ministre de la défense, Bismillah Mohammadi, avait également pris la fuite et s'était réfugié aux Emirats Arabes Unis.
    forward_2.gifAux dernières nouvelles, les talibans sont entrés dans le Palais présidentiel et affirment à présent qu'il n'y aura pas de gouvernement de transition. Ils ont pris le pouvoir. Les talibans devraient bientôt déclarer l'Émirat islamique d'Afghanistan depuis le palais présidentiel. C'était le nom du pays sous le gouvernement taliban renversé par les forces dirigées par les États-Unis en 2001. 
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    Humayoon Humayoon, l'ancien vice-président et ancien allié d'Ashraf Ghani, a déclaré qu'il avait été nommé chef de la police de Kaboul par les talibans pour l'émirat islamique d'Afghanistan. On assiste à un vaste changement de bord de nombreux responsables politiques et sécuritaires, sans doute préparé de longue date et à l'insu des services américains. Vidéo.

    Pendant ce temps, les talibans continuent d'investir Kaboul :
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    Instruction des talibans aux étrangers
    Les étrangers à Kaboul pourront partir s'ils le souhaitent ou enregistrer leur présence dans les prochains jours auprès des fonctionnaires talibans qui seront établis prochainement.

    Marines américains
    Un ballet d'hélicoptères a survolé samedi Kaboul, entre l'aéroport et le l'ambassade américaine, gigantesque complexe situé dans la "zone verte" ultrafortifiée, au centre de la capitale. Un premier contingent de Marines est arrivé pour sécuriser les évacuations du personnel diplomatique, ainsi que d'Afghans ayant travaillé pour les Etats-Unis et craignant des représailles des talibans. Les Etats-Unis entendent évacuer des "milliers de personnes par jour" et pour cela le Pentagone va déployer avant la fin du week-end 3.000 soldats à l'aéroport de Kaboul, a précisé vendredi son porte-parole, John Kirby. L'ambassade américaine a ordonné à son personnel de détruire les documents sensibles et symboles américains qui pourraient être utilisés par les talibans "à des fins de propagande". Cliquer sur la photo ci-dessous pour voir la vidéo d'al-Jazeera :

    Londres évacue son ambassadeur dès dimanche 15 août
    Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir.
    Plusieurs pays - Pays-Bas, Finlande, Suède, Italie et Espagne - ont annoncé vendredi réduire au strict minimum leur présence, ainsi que des programmes de rapatriement de leurs employés afghans. L'Allemagne va aussi réduire son personnel diplomatique "au minimum absolu". D'autres, dont la Norvège et le Danemark, ont fermé provisoirement leur ambassade.
    Aux dernières nouvelles, la Grande Bretagne a décidé d'évacuer son ambassadeur par avion dès dimanche soir car on craint que les Talibans s'emparent de façon imminente de Kabul et de l'aéroport qui reste le seul moyen de s'échapper.
    L'ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Afghanistan (@NicolasK111) a déclaré de son côté qu'il "baissait la tête de honte" en suivant les évènements d'Afghanistan.

    Chaos à l'aéroport de Kaboul
    Tous les vols commerciaux suspendus depuis l'aéroport de Kaboul et seuls les avions militaires sont autorisés à opérer, a déclaré un responsable de l'OTAN.
    La France va déployer un A400M pour évacuer ses ressortissants encore présents à Kaboul. Il partira lundi 16 août à 8h00 d'Orléans en direction de la base militaire française d'Abu Dhabi d'où plusieurs rotations sont programmées avec Kaboul afin d'exfiltrer environ 200 ressortissants.

    L'administration Biden toujours satisfaite de sa décision de retrait
    Les talibans ont lancé leur offensive en mai, quand le président américain Joe Biden a confirmé le retrait des dernières troupes étrangères du pays, censé être achevé d'ici le 31 août. Joe Biden a depuis affirmé ne pas regretter sa décision, même si la rapidité avec laquelle l'armée afghane s'est désintégrée a surpris et déçu les Américains, qui ont dépensé plus de 1.000 milliards de dollars pour la former et l'équiper.
    forward_2.gifVendredi 13 août, l'administration Biden affirmait encore que Kaboul ne faisait pas face à une "menace imminente" et que la prise du pouvoir par les talibans n'était pas à leurs yeux une issue inéluctable.

    L'armée de l'air américaine intervient contre des positions talibanes
    Une source de sécurité afghane affirme qu'environ 35 militants talibans ont été tués lors de frappes aériennes par les forces américaines dans 3 provinces afghanes.

    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques
    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques en Afghanistan. Il reste le contingent turc chargé de sécuriser l'aéroport de Kaboul. Les talibans ont exigé de la Turquie qu'elle retire également ses troupes avant la fin août et menace : "pas un ne sortira vivant" si Ankara ne les retire pas."

    forward_2.gifL'immense arsenal d'armes modernes capturé par les talibans : un grave problème pour l'avenir
    Les talibans se sont emparés d'un immense arsenal mis à disposition de l'armée afghane, notamment par les Etats-Unis, au cours de leur prise de contrôle de nombreuses bases militaires. Les Etats-Unis ont dépensé 88 milliards$ pour équiper une armée afghane supposée être forte de 350.000 hommes alors qu'il s'est avéré qu'elle n'en comptait pas plus de 60.000, selon des estimations récentes. Une grosse erreur de la CIA pourtant omniprésente dans le pays. Parmi ces armes, se trouvent des avions de guerre, des hélicoptères de combat, des drones (notamment au moins 15 drones ScanEagle qui coûtent 4.000.000 $ chacun -  photos ci-dessous), des missiles, des véhicules blindés et Humvees par milliers, et toutes sortes d'armes individuelles.
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    Les avions tombés entre les mains des talibans sont des avions de combat A-29 Super Tucano COIN (contre-insurrection) livrés par les États-Unis à l'armée de l'air afghane. 
    Les avions de combat ont été saisis par les talibans dans la section militaire de l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis avaient acheté un total de 26 avions de combat A-29 pour l'Armée de l'air afghane au cours des cinq dernières années. Seulement 19 ont été livrés à cette date.
    L'A-29 est facile à piloter et à entretenir, et il est considéré comme l'un des avions de combat les moins chers à exploiter. Une heure de vol dessus ne coûte que 1 000 $.
    Les Super Tucano fournis à l'AAF étaient équipés de systèmes électro-optiques d'observation et de ciblage AN/AAQ-22 Star SAFIRE II. Les avions de combat étaient également armés de bombes à guidage laser GBU-58 Paveway II et de roquettes à guidage laser APKWS.
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    Les talibans ont également capturé au moins un hélicoptère d'attaque léger MD 530F Cayuse Warrior sur l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis ont fourni plus de 60 hélicoptères MD 530F à l'AAF. L'hélicoptère peut être armé de nacelles FN HMP400 avec mitrailleuse lourde FN M3P .50 BMG ou de nacelles M260 avec 7 roquettes Hydra 70 non guidées.
    Au cours des derniers jours, les talibans ont capturé plus d'une douzaine d'hélicoptères, dont des Mi-8/17, des UH-60 Black Hawk et des MD 530F. Les talibans n'ont pu faire décoller jusqu'ici que deux Mi-8/17 laissés par les forces gouvernementales afghanes en état opérationnel à Herat.
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    Mais les talibans n'auront pas l'utilisation de ces armes qui ne manqueront pas de faire l'objet d'une intense activité de marché noir. Le trafic  se déroulera en premier lieu au travers de l'Iran (sans compter le matériel militaire amené par l'armée afghane ayant fuit en Iran / Vidéo). Il touchera également les pays d'Asie centrale, soit directement par les frontières montagneuses de l'Afghanistan avec ses pays voisins, soit par le Pakistan. On devrait voir très rapidement les conséquences de ce trafic d'armes, tout d'abord au Cachemire indien, dans les régions troublées du Pakistan comme le Balouchistan, et plus loin ans les régions "chaudes" du Moyen Orient (Irak, Syrie, Yémen).

    N'oublions pas, enfin, qu'al-Qaïda va profiter de la victoire des talibans pour reconstituer ses bases en Afghanistan et puiser sa part du butin d'armements capturé par les talibans avec toutes les conséquences que cela pourrait représenter dans un avenir proche pour tous les pays dans le collimateur de l'organisation islamiste radicale.

    Ne pas oublier que talibans et al-Qaïda poursuivent le même but : Imposer l'islam et la charia au monde entier comme le rappelle ce commandant des talibans à CNN : « Nous sommes convaincus qu'un jour les moudjahidines remporteront la victoire et que la loi islamique ne s'appliquera pas seulement à l'Afghanistan, mais partout dans le monde. Nous ne sommes pas pressés. Nous pensons que cela viendra un jour. pas jusqu'au dernier jour." Vidéo de la déclaration de ce commandant taliban à CNN.

  • Afghanistan : Vers la fin de toute résistance à l'avancée des talibans - Pire que la chute de Saïgon en 1975 (mise à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Les talibans aux portes de Kaboul
    Les talibans sont presque arrivés aux portes de Kaboul vendredi 13 août 2021, continuant leur implacable progression en Afghanistan, d'où les États-Unis et le Royaume-Uni vont évacuer en catastrophe leurs ressortissants et diplomates. Ce vendredi 13 août, seules trois grandes villes sont encore sous l'autorité du gouvernement : la capitale, Kaboul, Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, et Jalalabad (est).
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    Province de l'Uruzgan
    Mohammad Omar Shirzad.jpegMohammad Omar Shirzad (photo), le gouverneur de la province d'Uruzgan, affirme que la crise actuelle dans la province est en train d'être résolue grâce à la médiation des sages tribaux.
    "Nous négocions toujours activement avec les talibans", a déclaré Sherzad. Nous parlons et nous verrons ce qui se passe. "
    A Tirinkot, la capitale de la province, les tallibans sont en train de récupérer les armes des soldats.
    Cela faisait des mois que des combats avaient lieu entre les forces de sécurité et de défense afghanes et les talibans autour de la ville de Tirinkot.

    Province de Farah
    Cinq hauts responsables de Farah se sont réfugiés en Iran avec des centaines de membres des forces de sécurité.
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    Province de Faryab
    Les talibans ont lancé l'assaut sur la ville de Maymana, capitale de la province de Faryab, ce vendredi soir 13 août. Les talibans ont offert un accord de reddition aux responsables de Faryab, qui l'ont refusé et déclaré qu'ils allaient se battre jusqu'au bout. Les combats font actuellement rage dans la ville.
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    Province de Ghor
    Les talibans ont capturé Firozkoh, la capitale provinciale. Les autorités locales afghanes ont confirmé que la ville, qui compte environ 130 000 habitants, est tombée sans aucune résistance, les forces de sécurité et les représentants du gouvernement s'étant retirés de la ville. La députée Fatima Kohistani a accusé le gouverneur de la province de Ghor d'avoir cédé la ville aux talibans.

    Province de Helmand
    La ville de Leshkar Gah dans la province du Helmand, qui compte une population de 200 000 habitants, est passée sous le contrôle des talibans islamistes radicaux.
    Les affrontements ont duré des semaines autour de la ville, que les talibans tentaient de prendre depuis longtemps. Mais la ville a finalement été prise par les talibans malgré l'envoi d'une unité militaire spéciale et un appui aérien des armées de l'air afghanes et américaines. La situation a tourné à l'avantage des talibans vendredi matin 13 août après de violents combats. Abdulmacid Akhundsada, membre du Conseil provincial, a déclaré que Sami Sadate, l'un des commandants de l'armée afghane dans la région, et le gouverneur avaient quitté la ville ce vendredi matin. Les forces de sécurité de la ville se sont également retirées. 
    La grande base militaire de Lashkargah est également tombée aux mains des talibans.

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    Province de Herat : le chef de guerre Ismaïl Khan s'est rendu aux talibans
    Les talibans ont capturé le guerre afghan Ismaïl Khan après la chute d'Herat. L'ancien chef moudjahidin et membre dirigeant du parti Jamaat-e-Islami s'est rendu. Vidéo.

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    Une source bien informée de la province d'Herat a déclaré qu'environ 800 membres des forces afghanes ont évacué l'aéroport de Shindand avant l'arrivée des talibans.
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    Province de Kandahar
    Informations encore confuses à Kandahar. Les talibans ont capturé les districts de Takhta Pul et Daman à Kandahar. Ils auraient été aperçus dans le centre ville de Kandahar, mais le ministère de la défense affirme que la ville n'est pas tombée et que l'armée résiste toujours.
    E8pt2UYXIAMX0vd.jpegUne source locale semble avoir confirmé cette revendication, affirmant que les forces gouvernementales se seraient retirées en masse vers une installation militaire à l'extérieur de la ville.

    Province de Logar
    Abdul Qayoum Rahimi, gouverneur de la province de Logar s'est rendu aux Talibans avec plus de 100 combattants. Rappelons que la province de Logar est la province d'origine du président afghan Ashraf Ghani.
    Le bureau du gouverneur, le siège de la police et d'autres installations sont tombés aux mains des talibans tandis que les combats autour du siège de services de sécurité (NDS) et de  la base de Khider se poursuivent.
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    Au moment de la prise de Pul-e-alam par les talibans, certains soldats afghans ont refusé de se rendre et ont tenté de s'échapper. Leur convoi a été pris en embuscade et décimé par les talibans. Certains ont été tués et blessés tandis que les autres ont été capturés vivants. Vidéo.

    Province de Takhar
    Les talibans ont lancé un assaut sur le district de Warsaj dans la province de Takhar. Le district était un refuge pour les troupes de l'ANDSF en retraite. Il y a des rapports de violents combats et des victimes. Certaines sources pro-talibans affirmant que l'ANDSF a commencé à battre en retraite. Cette dernière 'information n'est pas encore confirmée. Ci-dessous photo de talibans à Warsaj :
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    Atmosphère de panique à l'ambassade américaine de Kaboul
    Une atmosphère de panique règne à l'ambassade des États-Unis à Kaboul. Il n'y a plus de courier. Presque tous les employés font leurs valises et un très petit nombre acceptera de se rendre à un autre endroit. Le personnel se prépare à détruire les papiers sensibles, les ordinateurs, les téléphones.

    Les États-Unis et la Grande-Bretagne envoient des troupes en Afghanistan pour évacuer le personnel de leurs ambassades
    Des responsables américains ont confirmé l'envoi de 8 000 soldats en Afghanistan pour sécuriser l'ambassade américaine à Kaboul et pour faciliter le retrait du personnel militaire américain encore présent dans le pays. La Grande-Bretagne a également annoncé qu'elle enverrait environ 600 soldats en Afghanistan.

    Le porte-parole du Pentagone, John F. Kirby, a déclaré jeudi que les talibans progressaient à travers l'Afghanistan et que les troupes américaines auront pour mission d'assurer la sécurité du personnel de l'ambassade américaine et faciliter le départ des traducteurs afghans vers Kaboul et d'autres bases militaires américaines.

    Kirby a noté que le premier vol aurait lieu dans trois jours et transporterait la première partie des 8 000 soldats, dont trois forces terrestres, deux unités navales et une unité militaire, à l'aéroport de Kaboul.

    Selon Kirby, un total de 8.000 soldats américains seront envoyés en Afghanistan et seront commandés par Pete Wazley, le commandant de la marine américaine.

    Le Pentagone a ajouté que ces forces seront autorisées à se défendre en cas d'attaque.

    Selon le département américain de la Défense, la prochaine phase du programme de transfert de troupes américaines en Afghanistan comprendra environ 1 000 fonctionnaires pour faciliter le processus des demandeurs de visa américains. Selon un porte-parole du Pentagone, le personnel sera stationné en Afghanistan ou dans d'autres régions, dont le Qatar, dans quelques jours.

    La troisième phase du programme prévoit l'envoi d'une équipe d'infanterie de l'armée américaine de Caroline du Nord au Koweït et, si nécessaire, constituera une force de réaction rapide pour la sécurité de Kaboul.

    Kirby a déclaré que les troupes seraient stationnées au Koweït la semaine prochaine.

    Pendant ce temps, le secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, a déclaré que la Grande-Bretagne envoyait des centaines de soldats en Afghanistan pour aider les citoyens britanniques et les traducteurs locaux.

    Selon Wallace, le nombre de ces soldats, y compris les équipes médicales, atteindront 600 personnels.

    Par ailleurs, le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a averti vendredi que son pays pourrait retourner en Afghanistan s'il commençait à abriter al-Qaïda d'une manière qui menace l'Occident.

  • Somalie : Première frappe américaine depuis l'arrivée au pouvoir de Biden

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    L'armée américaine a lancé un raid aérien contre le mouvement islamiste somalien Al-Shabab.

    Il s'agit de la première frappe du genre depuis l'entrée en fonction du président Joe Biden fin janvier 2021.

    La porte-parole du Pentagone, Cindy King, a indiqué que le commandement militaire pour l'Afrique (AFRICOM) avait mené mercredi 21 juillet une frappe aérienne dans la périphérie de Galkayo, à 700 km au nord-est de Mogadiscio.

    La porte-parole a déclaré que la frappe visait le groupe islamiste Al-Shabaab et que les résultats de l'opération sont actuellement en cours d'évaluation. Alors que les combats se poursuivent sur le terrain entre les djihadistes et les forces gouvernementales, les premières conclusions des dirigeants indiquant qu'aucun civil n'a été tué ou blessé. dans cette frappe américaine. 

    À son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden avait limité l'utilisation des drones contre les groupes djihadistes en dehors des zones de guerre dans lesquelles les États-Unis sont officiellement impliqués, contrairement à la politique de son prédécesseur, Donald Trump, qui avait donné carte blanche aux militaires. dans des pays comme la Somalie et la Libye.

    En mars, le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a déclaré que la Maison Blanche devrait désormais donner son feu vert à toute frappe prévue contre des groupes djihadistes en dehors de l'Afghanistan, de la Syrie et de l'Irak, avant qu'elle ne soit menée.

     

  • Afghanistan : Derniers évènements

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    Un porte-avions et deux bombardiers américains pour protéger le retrait des troupes U.S.
    Le chef du Pentagone Lloyd Austin a envoyé deux bombardiers B-52 supplémentaires dans le Golfe et prolongé la mission dans la région du porte-avions USS Eisenhower pour protéger le retrait annoncé des forces de la coalition internationale d'Afghanistan, a indiqué vendredi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

    Le ministre américain de la Défense "a approuvé quelques mesures additionnelles aujourd'hui", a déclaré M. Kirby au cours d'un point de presse. L'USS Eisenhower restera dans la région "pendant un certain temps", tandis que les deux B-52 y "sont arrivés", a-t-il ajouté.

    Les bombardiers lourds dits "Stratofortress", qui peuvent transporter des armes nucléaires, sont habituellement basés au Qatar, où l'armée américaine dispose d'une importante base.

    Le porte-parole n'a pas exclu que d'autres renforts puissent être envoyés pour participer à l'énorme opération logistique que représente le retrait de quelque 2.500 soldats américains, ainsi que de plus de 16.000 sous-traitants civils et leur équipement.

    S'y ajoutent quelque 7.000 soldats de l'Otan, qui dépendent largement de l'armée américaine pour les transports de troupes et de matériel.

    "Il est raisonnable de penser qu'il pourrait y avoir des mesures supplémentaires temporaires de protection des forces", a-t-il ajouté, notant que si les véhicules blindés les plus sophistiqués seront évacués par voie aérienne, d'autres seront donnés à l'armée afghane.

    Kaboul : 
    4 membres de la police afghane et un professeur d'université ont été tués par des hommes armés non identifiés dans la capitale, Kaboul, a déclaré une source de sécurité.

    La source a expliqué: "Ce matin, Rafi Othmani, professeur dans une université privée, dans le quatrième arrondissement de Kaboul, a été criblé de balles par des hommes armés non identifiés", ajoutant: "Ces hommes armés non identifiés ont également visé quatre agents de sécurité dans le district de Paghman de la capitale, Kaboul.

    Province de Ghazni : 4 morts lors de l'explosion d'un engin explosif en bord de route
    Samedi 24 avril, 4 civils ont été tués et 2 autres blessés, lorsqu'un engin explosif posé sur le bord d'une route a explosé dans la province de Ghazni, dans l'est de l'Afghanistan.

    L'Un engin explosif a explosé dans le district de Shaliz dans la province de Ghazni, tuant 4 civils et en blessant 2 autres."

    Province de Kandahar : les insurgés tuent l'ancien chef de district
    Des insurgés armés ont tué un ancien chef de district dans le sud de la province de Kandahar, a déclaré samedi 24 avril un responsable.

    Le corps de Haji Abdul Ghani Muslimyar a été retrouvé vendredi soir entre les districts de Daman à Kandahar et de Shahr-i-Safa à Zabul.

    Muslimyar a d'abord été kidnappé dans le district de Daman, où il se rendait à son jardin. Plus tard, l'ancien chef de district a été exécuté par ses ravisseurs. Muslimyar était accompagné de deux gardes du corps, portés disparus depuis.

    Muslimyar a été chef administratif des districts de Spin Boldak, Arghistan, Shah Walikot et Maroof.

    Il y a trois mois, il a été démis de ses fonctions car le nouveau gouverneur de Kandahar a nommé de nouveaux chefs pour les 17 districts de la province.

    Aucun groupe n'a encore revendiqué la responsabilité du meurtre.

    Maksoud Ahmed.jpegCinq personnes éliminées par une frappe américaine dans la province de Kandahar
    Par ailleurs, toujours dans la province de Kandahar, 5 personnes (dont 3 seraient des ressortissants pakistanais du Baloutchistan) ont été tuées par une frappe aérienne américaine. La frappe a pris pour cible leur véhicule qui a pris feu près de Panjwai, à 35km de Kandahar, près de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan. Trois des personnes décédées ont été identifiées comme étant Maqsood Ahmed (photo) Muhammad Hassani R / o Chaghi, Jaffar et Muzamil R / o Nushki de la province pakistanaise du Balouchistan. Les deux autres n'ont pas été identifiées. Elles pourraient être affiliées à un groupe militant (peut-être des talibans afghans)

  • Turquie : L'administration Biden maintient l'exigence qu'Ankara renonce aux missiles russes

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    L'administration de Joe Biden veut que la Turquie renonce aux missiles russes S-400, maintenant ainsi la position de l'administration Trump qui avait exclu Ankara du juteux programme de fabrication de l'avion furtif F-35.

    "Notre position n'a pas changé", a déclaré vendredi le porte-parole du Pentagone, John Kirby. "Nous appelons la Turquie à renoncer au système S-400". 

    En réaction à la livraison en 2019 à la Turquie de la première batterie du système de défense antiaérienne russe S-400, les Etats-Unis ont exclu Ankara du programme de fabrication de l'avion furtif F-35, faisant valoir que les missiles russes pourraient en percer les secrets technologiques et étaient incompatibles avec les dispositifs de l'OTAN.

    "La Turquie est un allié de longue date et un membre estimé de l'OTAN, mais sa décision d'acheter des S-400 est incompatible avec ses engagements d'allié des Etats-Unis et de l'OTAN", a ajouté le porte-parole au cours d'un point presse.

    "La Turquie a eu de multiples occasions ces dix dernières années d'acheter le système de défense Patriot aux Etats-unis, mais elle a préféré acheter les S-400, qui donnent à la Russie revenus, accès et influence", a-t-il noté.

    Outre l'exclusion de la Turquie du programme F-35, Washington a interdit en décembre l'attribution de tout permis d'exportation d'armes au SSB, l'agence gouvernementale turque en charge des achats militaires, pour punir Ankara de l'acquisition des missiles russes.

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a émis en janvier l'espoir de parvenir avec l'administration de Joe Biden à un compromis permettant la réintégration d'Ankara au programme de l'avion de combat F-35, mais les contacts entre la nouvelle administration américaine et la Turquie ont été limités.

    Si Ankara a fait savoir mardi que le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin et le conseiller à la sécurité nationale américain Jake Sullivan avaient exprimé lors d'un entretien téléphonique "la volonté d'établir des relations fortes, durables et constructives entre les deux pays dans la période qui s'ouvre", M. Biden n'avait pas encore eu vendredi d'échange téléphonique avec M. Erdogan.

  • Afghanistan : Les talibans accusent Washington de violer l'accord de Doha

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    Les talibans ont accusé vendredi les États-Unis de violer l'accord signé en février 2020 à Doha en "bombardant des civils", peu après que Washington leur a reproché de ne pas respecter leurs engagements prévus dans le cadre de cet accord.

    Les talibans sont déterminés à respecter l'accord de Doha, qui prévoit le retrait total des troupes américaines d'Afghanistan d'ici mai, et ne l'ont "pas du tout violé", a déclaré à l'AFP Mohammad Naeem, un porte-parole des insurgés. A contrario, les Américains le "violent presque chaque jour" en "bombardant des civils, maisons et villages", a-t-il affirmé, y voyant non seulement une "violation d'un accord mais une violation des droits de l'homme". 

    L'armée américaine a mené ces derniers mois plusieurs frappes aériennes contre les talibans, en soutien aux forces gouvernementales afghanes. Cette réplique survient après que le porte-parole du ministère américain de la Défense, John Kirby, a reproché jeudi aux insurgés de contrevenir aux termes de cet accord. "Tant qu'ils ne respectent pas leur engagement à renoncer au terrorisme et à mettre un terme aux attaques violentes contre l'armée afghane (...), il est très difficile de voir comment parvenir à un règlement négocié", a-t-il déclaré.

    C'est la première fois que l'administration du nouveau président Joe Biden, qui avait déjà annoncé vouloir "évaluer" le respect par les talibans de leurs engagements, porte un jugement aussi clair sur leur attitude. L'accord, conclu par l'administration de Donald Trump, prévoyait le retrait total des forces américaines d'ici mai contre l'engagement des insurgés à ne pas laisser des groupes terroristes agir depuis les zones qu'ils contrôlent, et à ne plus attaquer les troupes américaines.

    Il a permis l'ouverture de premières négociations de paix directes entre les talibans et les autorités de Kaboul, qui ont débuté en septembre à Doha mais n'ont jusqu'ici  abouti à aucun résultat concret.

    Ces pourparlers de paix n'ont pas empêché une recrudescence des violences depuis quelques mois à Kaboul et dans plusieurs provinces afghanes, où les assassinats ciblés de journalistes, personnalités politiques et défenseurs des droits sont de plus en plus fréquents.