Khartoum

  • Soudan : Des milliers de manifestants devant le palais présidentiel pour “récupérer la révolution“

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    Des milliers de manifestants se sont rassemblés, samedi, 16 octobre 2021, devant le palais présidentiel à Khartoum, pour réclamer "la récupération de la révolution et l'amélioration des conditions de vie".

    Les manifestants ont scandé des slogans appelant à “renverser le gouvernement de transition“, “récupérer la révolution“ et “améliorer les conditions de vie“.

    Les manifestants ont également porté des drapeaux nationaux et brandi des banderoles portant des slogans, dont notamment "Le peuple patient est affamé", "Un peuple, une armée".

    Le mouvement “Charte nationale“ des Forces de la Déclaration de la liberté et du changement (la coalition au pouvoir au Soudan) a appelé, dans la journée du jeudi, à organiser des rassemblements de protestation pour exiger « la récupération de la révolution“.

    Le mouvement avait déclaré dans le communiqué à l'époque : "nous vous retrouverons (les Soudanais) dans les rues samedi, dans des cortèges pour récupérer la révolution, pour réanimer la vie politique au Soudan".

    Depuis quelques jours, la tension s'est intensifiée entre les composantes militaire et civile de l'autorité de transition au Soudan, en raison des critiques formulées par les chefs militaires à l’encontre des forces politiques, sur fond d'une tentative de coup d'État, déjouée le 21 septembre dernier.

  • Soudan : Des morts et des arrestations dans des affrontements entre forces de sécurité et éléments armés

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    Un élément de sécurité soudanais a été tué lors d'un affrontement armé avec une "cellule terroriste" dans la ville de Jabra, au sud de Khartoum. Selon des informations, les forces de sécurité, appuyées par des chars du Corps blindé, ont tué quatre membres de l'Etat islamique et arrêté 7 personnes. 

    L'affrontement intervient quelques jours après un raid mené par les forces de sécurité contre une cellule liée à l'Etat islamique dans la même région.

    Arrestations de membres de l'Etat islamique
    Mardi 28 septembre, cinq membres des forces de sécurité avaient été tués et un sixième blessé lors d'un affrontement avec une cellule de l'Etat islamique à Khartoum. Selon le renseignement général soudanais, les forces ont réussi à arrêter 11 suspects. de nationalités différentes.

    Quatre étrangers de ce groupe islamique ont réussi à s'échapper. Les forces de sécurité sont depuis à leur poursuite, notamment dans la localité de Jabra et dans d'autres quartiers de la capitale.

    De tels incidents impliquant des islamistes armés sont relativement rares au Soudan, même si le pays était autrefois un refuge pour les groupes djihadistes.

  • Soudan : Tentative de coup d'Etat - la situation est encore confuse

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    Les médias officiels soudanais ont annoncé mardi 21 septembre 2021 une tentative de coup d'État « ratée » contre le gouvernement de transition au pouvoir, appelant le peuple soudanais à y faire face. L'armée a annoncé que cette tentative avait été déjouée et affirmé que les choses étaient actuellement sous contrôle.

    La télévision d'État a interrompu ses émissions annonçant la tentative de coup d'État.

    La radio Omdurman a également interrompu ses émissions, annonçant la survenue d'une tentative de coup d'État au Soudan, et a appelé les masses à y faire face.

    Dans une brève annonce, la télévision soudanaise a cité Abu Haja, le conseiller médiatique du commandant en chef des forces armées, affirmant que "la tentative de coup d'État pour s'emparer du pouvoir a été déjouée".

    40 officiers ont été arrêtés pour leur implication dans la tentative de coup d'Etat manquée.

    Des sources de sécurité soudanaises ont indiqué que les putschistes prévoyaient d'arrêter des membres du Conseil de souveraineté et du Conseil militaire. Une source gouvernementale de haut rang a confirmé que les auteurs de l'opération avaient tenté de s'emparer du siège des médias officiels, mais ils ont "échoué". 

    Les putschistes ont tenté de prendre le contrôle de la radio Omdurman, qui est située sur l'autre rive du Nil en face de la capitale, Khartoum.

    Des unités de chars sont actuellement présentes dans un certain nombre de quartiers de la capitale. Elles bloquent notamment la route menant au pont Omdurman, près du siège du parlement.  Des forces militaires sont déployées massivement dans la capitale soudanaise, sans savoir si ces forces  militaires appartiennent au groupe putschiste ou aux forces fidèles au gouvernement.

    Selon un correspondant au sein de la sécurité soudanaise, la situation dans le pays est trouble. Le sort du coup d'État est encore ambigu. La seule chose que l'on sait est que la télévision officielle est toujours sous le contrôle des autorités soudanaises.

    Muhammad Al-Faki Suleiman, membre du Conseil de souveraineté soudanais et porte-parole officiel du Conseil, a appelé tous les Soudanais à défendre le pays. Dans un commentaire sur son compte Facebook, il a déclaré : "Courez pour défendre votre pays et protéger la transition".

    Il a ajouté un nouveau commentaire peu après pour affirmer que  "les choses étaient sous contrôle et la révolution victorieuse."

    Il a indiqué que l'interrogatoire des suspects de la tentative de coup d'État commencerait sous peu, ajoutant qu'une déclaration serait publiée prochainement par l'armée.

    Khartoum attribue la tentative de coup d'Etat à des partisans de l'ex-président islamiste Bachir
    "Une tentative de coup d'Etat manqué, menée par un groupe d'officiers des forces armées et de civils issus de l'ancien régime (...), a été maîtrisée à l'aube (mardi)", a déclaré à la télévision d'Etat le ministre de l'Information, Hamza Baloul. 

    Une transition difficile
    Cette tentative de coup d'Etat n'est pas la première à viser le gouvernement de transition soudanais formé après l'éviction en avril 2019 d'Omar el-Bachir, renversé après 30 ans de règne sans partage. Le Soudan a connu plusieurs coups d'Etat au XXe siècle, dont le dernier en date -- un coup d'Etat militaire avec le soutien des islamistes -- avait porté M. Bachir au pouvoir en 1989. Emprisonné à Khartoum depuis sa destitution, ce dernier est actuellement jugé pour sa participation à ce même coup.

    Mardi, le puissant chef paramilitaire et membre du Conseil de souveraineté, Mohamed Hamdan Daglo surnommé "Hemeti", a déclaré dans un discours à ses combattants: "Nous ne permettrons pas un coup d'Etat". "Nous voulons une véritable transition démocratique avec des élections libres et justes", a-t-il ajouté, rapporte l'agence officielle Suna.

    En place depuis plus de deux ans, le cabinet civilo-militaire, né d'un accord avec les factions politiques qui ont mené la mobilisation populaire contre M. Bachir, était censé emmener le Soudan vers un pouvoir entièrement civil en trois ans. Mais son mandat a été réinitialisé lors de la signature en octobre 2020 d'un accord de paix historique avec une coalition de groupes rebelles, lui laissant jusqu'en 2023 pour mener à bien sa mission.

    La transition est grevée par de graves difficultés économiques et des divisions politiques profondes. Le pays ne s'est pas encore doté d'assemblée législative, symbole de ces dissensions. Dirigé par le Premier ministre Abdalla Hamdok, le gouvernement a entrepris une série de réformes économiques difficiles pour pouvoir bénéficier d'un programme d'allègement de la dette du Fonds monétaire international (FMI). Ces mesures, portant notamment sur la réduction des subventions et l'instauration d'un flottement contrôlé de la monnaie locale, ont été jugées trop sévères par de nombreux Soudanais. Des manifestations sporadiques ont récemment eu lieu à travers le pays pour protester contre ces réformes et l'augmentation du coût de la vie.

     

     

  • Soudan : La Russie veut établir une base militaire dans le pays

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    La Russie a l'intention de créer un centre logistique au Soudan dans le but d'assurer la sécurité des activités maritimes russes en mer Rouge, ce qui devrait permettre à Moscou de participer avec ses navires aux opérations militaires et humanitaires, en particulier au maintien de la paix menées par la communauté internationale.
     
    Le vice-ministre russe de la Défense a déclaré que le centre de logistique maritime ne sera dirigé contre aucun pays.
     
    Cette décision mettrait à rude épreuve les relations américano-soudanaises, qui viennent de s'améliorer après que l'Amérique ait retiré le Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme, ce qui lui permettrait de payer ses dettes à la Banque mondiale.
     
    Le président russe Vladimir Poutine a accepté à la mi-novembre de créer un centre logistique pour la marine russe au Soudan, qui pourrait accueillir des navires à propulsion nucléaire.
     
    Cette décision a été considérée par les observateurs comme la première étape ouvrant la voie à Moscou pour établir un pied militaire majeur en Afrique depuis la chute de l'Union soviétique.
     
    Andrei Antikov, écrivain et chercheur politique, a déclaré que la Russie recourrait au centre logistique du Soudan pour atteindre ses objectifs sur le continent africain et consolider les relations militaires, commerciales et économiques entre Moscou et les pays africains.
     
    L'écrivain et chercheur politique a ajouté que la période récente a été témoin d'un état d'approfondissement des relations russo-africaines.
     
    Il a expliqué que l'établissement d'une base militaire russe à Khartoum nécessitait des pourparlers avec la partie soudanaise.
     
    Antikov a confirmé que l'accord comprendra une clause indiquant que le centre logistique ne sera pas utilisé pour cibler certains pays.

  • Soudan : Affrontements entre la sécurité soudanaise et les manifestants devant le palais présidentiel

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    Frustrés par l'absence de changement dans leur vie quotidienne, des milliers de manifestants réclamant "Justice" ont défilé samedi 19 décembre dans plusieurs villes du pays, au deuxième anniversaire du début de la révolte contre l'autocrate Omar al-Bachir.

    Après après avoir brûlé des pneus provoquant des volutes de fumée noire à El Sahafa, un quartier du sud de la capitale Khartoum, des manifestants se sont dirigés vers le palais présidentiel en scandant "Justice, Justice", et "Taskout Bass" ("La chute, point final"), alors que d'autres arboraient le drapeau soudanais ou des photos de "martyrs" tués durant les manifestations de 2019. Ils reprenaient les mots d'ordre de la révolution et certains scandaient "le peuple veut la chute du régime", un cri présent dans toutes les manifestations durant le Printemps arabe. 

    Le 19 décembre 2018, des centaines de Soudanais avaient commencé à manifester dans plusieurs villes du pays après la décision gouvernementale de tripler le prix du pain en pleine crise économique. Ce mouvement s'est transformé en une révolte qui a abouti le 11 avril 2019 à la destitution par l'armée du président Omar el-Bachir, après 30 ans de pouvoir sans partage. 

    Depuis la conclusion en août dernier d'un accord entre les militaires qui avaient succédé à M. Bachir et les dirigeants de la contestation, le pays est dirigé par un gouvernement de transition, avec un Premier ministre civil et un Conseil souverain composé de civils et de militaires.

    Samedi près de l'aéroport, des manifestants tenaient une affiche du Premier ministre, Abdalah Hamdok, barrée d'une croix avec le mot "Erhal", (Dégage !). "Nous sommes descendus dans la rue aujourd'hui car le gouvernement transitoire ne satisfait pas nos demandes ni dans le domaine économique ni en matière de justice", a affirmé à l'AFP  un manifestant.

    "Message très clair" 
    En dépit de l'annonce récente par les Etats-Unis du retrait officiel du Soudan de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme, la crise socio-économique persiste, accentuée par l'épidémie du coronavirus, une inflation galopante et une dette colossale, équivalente à 201% du Produit intérieur brut (PIB). Autre motif d'insatisfaction des manifestants, les responsables de la répression durant la révolution n'ont toujours pas été traduits en justice.

    Le procureur général a interdit aux forces de sécurité de tirer et d'utiliser des grenades lacrymogènes durant les manifestations. Après avoir défilé en ville, les manifestants se sont arrêtés à 10 mètres du Palais présidentiel en criant "Liberté, Liberté", "Retour des déplacés", mais aucun incident n'a été déploré jusqu'ici avec les forces de sécurité.

    Pour une manifestante, "c'est un message très clair adressé aujourd'hui au gouvernement civil et militaire. Nous possédons le pouvoir de la rue, c'est notre arme et nous l'utiliserons si nos demandes ne sont pas satisfaites", a-t-elle dit à l'AFP.

    Outre Khartoum, des manifestations ont également eu lieu à Madani, dans la province de Jazira, à Port Soudan, le principal port du pays, Atbara, dans le nord-est et à Kassala, dans l'est du pays, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés éthiopiens, selon des correspondants de l'AFP.

    Les relations entre militaires et civils dont des représentants forment un gouvernement de transition se sont dégradées au fil des mois, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale et des experts. Le Premier ministre a renouvelé ses critiques acerbes envers l'armée et les services de sécurité, jugeant "inacceptable" leur poids dans l'économie - ils contrôlent environ 250 sociétés dans des secteurs vitaux.

    Pour l'ONU, "le Soudan est à un moment critique". "Il peut avancer de manière décisive dans sa transition, mais ces progrès peuvent encore dérailler face aux nombreux défis", a expliqué le 8 décembre Resemary DiCarlo, le secrétaire générale adjoint de l'ONU.