Khalilzad Zalmay

  • Afghanistan : les talibans s'emparent de Ghazni puis de Herat, la troisième ville du pays

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    Ghazni tombe entre les mains des talibans
    Les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent dangereusement de la capitale de l'Afghanistan après s'être emparés en quelques jours de l'essentiel de la moitié nord du pays.

    Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. "L'ennemi a pris le contrôle de Ghazni (...) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité)", a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. M. Stanikzai a ensuite annoncé que le gouverneur de la province avait été arrêté par les forces de sécurité, après qu'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité n'a pu être immédiatement vérifiée, l'a montré quittant Ghazni avec la bénédiction des talibans.

    Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés depuis qu'ils ont lancé leur offensive en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères, qui doit être achevé d'ici la fin août. 

    Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu'ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

    Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l'axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l'armée vers le sud, et va encore accentuer la pression sur l'armée de l'Air afghane. 

    Prise de Herat, la troisième ville du pays
    Après Ghazni, les talibans se sont emparés jeudi 12 août 2021, de Hérat, la troisième ville d'Afghanistan, dans l'Ouest du pays, une étape majeure de leur offensive. Vidéo de la prise de Herat. Autre vidéo. Autre vidéo. Vidéo des talibans dans le QG de la police de Herat.

    Les insurgés "ont tout pris", a indiqué à l'AFP un haut responsable des forces de sécurité sur place, précisant que les forces afghanes avaient battu en retraite "pour empêcher plus de dommages dans la ville" et se retiraient vers une base militaire située à Guzara, un district voisin. Les talibans ont hissé leur drapeau au-dessus du siège de la police de Hérat en fin de journée, a rapporté un correspondant de l'AFP, précisant que les rebelles n'avaient rencontré aucune résistance.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a indiqué sur Twitter que "l'ennemi a fui... Des dizaines de véhicules militaires, armes et munitions sont tombés dans les mains" des talibans.

    Selon des informations locales, des combats seraient toujours en cours entre des combattants fidèles au chef de guerre Ismail Khan et des talibans dans le district de Gozra, à environ 20 km de la ville d'Herat. Vidéo.

    Hérat, située à 150 km de la frontière iranienne et capitale de la province du même nom, était déjà assiégée, avec de violents combats à ses abords. Les insurgés ont pris le contrôle ces dernières semaines de la quasi-totalité du reste de la province, dont Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran, le plus important d'Afghanistan.

    Kandahar et Lashkar Gah encerclées
    Kandahar, capitale de la province du même nom, et Lashkar Gah, capitale du Helmand voisin, sont assiégées depuis des mois par les talibans, dont ce sont deux fiefs traditionnels. De violents combats les y opposent aux forces de sécurité depuis plusieurs jours.

    Mercredi, les talibans ont annoncé sur Twitter avoir pris la prison de Kandahar, située dans la banlieue, pour en libérer "des centaines de prisonniers". A Lashkar Gah, le quartier général de la police a été fortement endommagé par l'explosion d'un véhicule piégé mercredi soir, contraignant les forces de police à se replier vers les bureaux du gouverneur, pendant que 40 policiers se rendaient aux talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental sur place.

    Le gouvernement afghan recherche une issue de secours
    Face à la dégradation de la situation militaire, Kaboul a proposé "aux talibans de partager le pouvoir en échange d'un arrêt de la violence dans le pays", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un négociateur du gouvernement aux pourparlers de paix à Doha.

    Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu'ici les appels à la formation d'un gouvernement intérimaire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'être bien tardif, les insurgés n'ayant montré aucun signe, depuis l'ouverture des négociations de paix en septembre 2020, qu'ils étaient prêts à un compromis. Ils y seront sans doute encore moins enclins après avoir avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président Ghani s'est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l'armée et les milices favorables au pouvoir.

     

  • Afghanistan : Les talibans resserrent l'étau sur Mazar-i-Sharif, les civils fuient

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    E8ZqSZwXEAIoWOu.jpegLes talibans commençaient mardi à resserrer l'étau sur Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord de l'Afghanistan, provoquant une fuite massive des civils. Le célèbre commandant de brigade de l'Armée afghane, Muneeb Amiri (photo ci-contre), a été grièvement blessé lors d'affrontements avec les talibans lundi 9 août.

    Si Mazar-i-Sharif, cité historique et carrefour commercial, venait à tomber à son tour, le gouvernement n'aurait plus aucun contrôle sur le nord du pays, une région pourtant traditionnellement férocement opposée aux talibans. C'est là qu'ils avaient rencontré l'opposition la plus acharnée lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990. L'Alliance du Nord avait trouvé refuge dans le Nord-est pour mener la résistance lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001.

    Les talibans, qui avancent à un rythme effréné, contrôlent désormais cinq des neuf capitales provinciales du Nord - six sur 34 au total dans tout le pays - et des combats sont en cours dans les quatre autres. Après avoir conquis dimanche en quelques heures Kunduz, la grande ville du Nord-est, ainsi que Taloqan et Sar-i-Pul, les talibans ont ajouté lundi Aibak, capitale de la province de Samangan, à cette liste.

    Ils s'étaient emparés samedi de Sheberghan, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostom, et vendredi de Zaranj, capitale de la lointaine province de Nimroz (sud-ouest), à la frontière avec l'Iran. Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 août 2021, ils ont attaqué la périphérie de Mazar-i-Sharif, Pul-e-khomri et Faizabad, trois capitales provinciales du Nord, mais ont été repoussés, a indiqué le ministère de la Défense. Ils ont aussi été refoulés à Farah (ouest), selon la police locale.

    Renforts des forces gouvernementales à Mazar-i-Sharif
    Le Ministère de la Défense afghan a publié une vidéo montrant des renforts se dirigeant vers Mazar-i-Sharif, Balkh avec les combattants fidèles au chef de guerre ouzbèk Abdurrashid Dostum.
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    Pour l'administration Biden, c'est aux Afghans de se défendre
    Alors que les combats font rage dans le Nord, mais aussi dans le Sud autour de Kandahar et dans Lashkar Gah, une nouvelle réunion de négociations entre les talibans et le gouvernement devait avoir lieu mardi et mercredi à Doha. Le processus de paix s'est ouvert en septembre 2020 au Qatar, dans le cadre de l'accord de paix conclu en février 2020 entre les talibans et Washington prévoyant le départ total des troupes étrangères d'Afghanistan. Ce retrait doit être achevé d'ici le 31 août.

    Mais les discussions sont au point mort et les talibans ont lancé une offensive en mai 2021, quand a débuté le retrait américain. Après s'être emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer beaucoup de résistance, ils se sont tournés depuis début août vers les centres urbains.

    Même si les espoirs sont minces de voir les pourparlers déboucher sur un résultat concret, les États-Unis ont décidé d'envoyer à Doha leur émissaire, Zalmay Khalilzad, pour "exhorter les talibans à cesser leur offensive militaire et à négocier un accord politique, seule voie menant à la stabilité et au développement en Afghanistan". Mais l'administration du président Joe Biden n'a aucunement l'intention de changer de ligne. Elle maintiendra son soutien à Kaboul, mais c'est aux Afghans de prendre leur destin en mains. "C'est leur pays qu'il s'agit de défendre. C'est leur combat", a dit lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

    Les violences ont poussé des dizaines de milliers de civils à fuir leur foyer dans tout le pays ces dernières semaines, les talibans étant accusés de nombreuses atrocités dans les endroits tout juste passés sous leur coupe. "Ils frappent et pillent", a déclaré Rahima, une femme qui campe maintenant avec des centaines de personnes dans un parc de Kaboul après avoir fui la province de Sheberghan.
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    "S'il y a une jeune fille ou une veuve dans une famille, ils les prennent de force. Nous avons fui pour protéger notre honneur", a-t-elle ajouté. 

    Lorsqu'ils étaient au pouvoir, les talibans avaient imposé leur version très stricte de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées à mort.

    Mardi, le calme était revenu dans le centre de Kunduz, selon des habitants interrogés par l'AFP. Les talibans ne patrouillaient plus les rues, où les commerces et restaurants avaient rouvert. Les affrontements se poursuivaient toutefois aux abords de l'aéroport resté aux mains des forces gouvernementales. "Les gens ouvrent leur magasin et leur commerce. Mais vous pouvez encore voir la peur dans leurs yeux. La situation est très incertaine, les combats peuvent réapparaître en ville à tout moment", a déclaré Habibullah, un commerçant.

    A Kandahar et Lashkar Gah, deux fiefs historiques des insurgés qu'ils tentent de reprendre, les civils restaient pris au piège des combats. Trois ont été tués et 20 blessés, dont des femmes et des enfants, ces dernières 24 heures, a indiqué l'hôpital Mirwais de Kandahar. A Lashkar Gah, les hôpitaux des ONG Médecins sans frontières (MSF) et Emergency ont été touchés par un bombardement, sans qu'il y ait de victimes, a indiqué MSF lundi soir sur Twitter.

    Province de Baghlan
    Une vidéo  circulant sur Telegram montre d'intenses combats dans et autour de PD-2 à Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan. Aux dernières nouvelles, la majeure partie de la ville de Pul-e-Khumri est tombée, cet après-midi (mardi), aux mains des talibans. Les responsables de l'administration locale et les forces pro-gouvernementales (restantes) se sont retirées. Des sources locales disent qu'un accord a été conclu entre les talibans et les autorités locales/forces pro-gouvernementales grâce à la médiation des anciens locaux. Vidéo des talibans à l'intérieur de Pul-e-Khumri.

    Province de Ghazni : Les talibans exécutent deux policières enlevées à Ghazni
    Les talibans ont exécuté deux policières qui avaient été enlevées dimanche 8 août 2021 dans la ville de Ghazni, a confirmé une source sécuritaire.  Les talibans ont ensuite jeté leurs cadavres dans le quartier Kashk de la ville. Les talibans avaient enlevé les deux policières dans la zone de Sai Ganj du PD1 à Ghazni. Les policières, qui s'appelaient Uzra et Maryam, servaient au PD3 de la ville de Ghazni.

    Située dans le sud du pays, Ghazni est une province volatile où les talibans contrôlent des pans de territoires, y compris des parties de la capitale provinciale.

    Le poste frontière de Spin-Boldak, aux mains des talibans, rouvert au trafic vers le Pakistan
    Des sources pro-talibans semblent confirmer que le passage frontalier Chaman-Spin Boldak sera rouvert. Apparemment, un accord a été conclu entre les talibans et les responsables pakistanais sur la question de la gestion des frontières.
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    Aux dernières nouvelles, les talibans ont commencé à débloquer la frontière Chaman-Spin Boldak ce mardi soir 10 août 2021. Des sources pro-talibans et semi-officielles ont affirmé que les autorités pakistanaises avaient accepté les demandes des talibans.
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    7hLQVitS.jpegProvince de Farah : La ville de Farah aux mains des talibans (Breaking news)
    La ville de Farah (carte ci-contre et photo ci-dessous) serait tombée aux mains des talibans, devenant la 7ème capitale provinciale à être capturée par les talibans en une semaine. Le chaos total règne dans la ville en ce moment, selon un témoin. Vidéo des talibans dans la ville de Farah.

    "Cet après-midi (mardi), les talibans sont entrés dans la ville de Farah après avoir brièvement combattu les forces de sécurité. Ils ont pris le bureau du gouverneur et le quartier général de la police. Les forces de sécurité se sont retirées vers une base de l'armée", a annoncé à l'AFP Shahla Abubar, une conseillère provinciale.

    Outre le QG du gouverneur, la prison de la ville de Farah a également été occupée par les talibans qui se sont empressés de libérer les prisonniers, selon leur habitude. Actuellement, seul le QG du service de renseignement afghan NDS continue de résister. 
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    L'Etat islamique-Khorasan critique les relations entre talibans et la Chine
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    L'État islamique-Khorasan a critiqué les relations des talibans avec la Chine, les États-Unis et la Russie, présentant le mouvement taliban comme un allié et un mandataire des ennemis de la "grande puissance de l'Islam".

    L'État islamique en Irak et en Syrie développer leurs messages sur la question dès 2014 ( numéro 6 du magazine Dabiq par exemple), et l'EI a depuis perpétué cette tendance. Cependant, ces récits se sont progressivement propagés à l'Est – du noyau traditionnel du pouvoir de commandement et de contrôle de l'EI à ses branches régionales en Asie – au fur et à mesure qu'il construisait son réseau mondial de groupes militants.

    L'État-islamique-Khorasan a été fondée en 2015 et opère principalement en Afghanistan, mais pas exclusivement. 

    L'Etat-Islamique-Khorasan accuse les talibans d'obéir aux ordres de Pékin en acceptant d'empêcher les jihadistes de mener des opérations contre la Chine depuis le sol afghan. Il présente également les talibans comme une force par procuration pour la Chine qui cible les combattants de l'État islamique à l'intérieur de l'Afghanistan à la demande de Pékin.

    Une vidéo récente publiée par Khalid Media, un média local de l'Etat_islamique-Khorasan, comprenait plusieurs clips de responsables talibans socialisant et serrant la main de diplomates chinois tout en montrant des images de Ouïghours détenus et maltraités par les forces de sécurité au Xinjiang. Leur intention est de mettre en évidence l'hypocrisie de l'émirat islamique autoproclamé d'Afghanistan. De même, une déclaration publiée par Khurasan Wilayah News a critiqué les représentants des talibans pour leurs visites luxueuses à Pékin, Moscou et Doha en plus d'autres fautes à leurs yeux.

    La stratégie de l'Etat_Islamique_Khorasan est de "délégitimer" les talibans en tant que mouvement islamiste » et de présenter le groupe comme redevable aux puissances étrangères, notant également que l'État islamique a lancé une campagne de hashtag sur les réseaux sociaux accusant les talibans d'être un « Blackwater en blanc. "

  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    Province de Badghis : Les talibans s'emparent d'une ancienne base de la coalition dans le district de Badghis
    Les talibans ont repris une importante base des forces de sécurité afghanes dans la province de Badghis.

    L'occupation de la base a été précédée de violents combats entre les talibans et la garnison de la base de Bala Murghab dans le nord de l'Afghanistan.

    Les positions des troupes régulières ont été pilonnées au mortier. Les tirs ont provoqué de violents incendies à l'intérieur de la base.

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    Retour des négociations de paix dans une optique différente
    Par ailleurs, les États-Unis ont déclaré que leur envoyé chargé des négociations de paix en afghanistan se rendrait à Kaboul et à Doha (Qatar) pour reprendre les pourparlers avec les dirigeants afghans, les responsables gouvernementaux et les représentants des talibans.

    Dans un communiqué , le département d'État américain a déclaré que Zalmay Khalilzad rencontrerait les dirigeants afghans et les délégués des talibans à Kaboul et à Doha et tiendrait des «discussions sur la voie à suivre».

    Il se rendra également dans d'autres capitales régionales «dont les intérêts sont mieux servis par la réalisation d'un règlement politique juste et durable», ainsi que d'un «cessez-le-feu permanent et complet», en Afghanistan, a-t-il indiqué.

    Les talibans exhortent les États-Unis à retirer leurs troupes du pays, comme ils l'ont convenu en février 2020.

    La nouvelle administration du président américain Joe Biden est en train de revoir l'accord de février 2020, mais son secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a déclaré que le retrait des troupes américaines dépendait des progrès des pourparlers de paix intra-afghans et d'une réduction des attaques des talibans.

    Les Etats-Unis "n'entreprendront pas un retrait précipité ou désordonné d'Afghanistan" qui met en danger les forces de l'OTAN, a déclaré Austin aux journalistes lors de sa première conférence de presse en tant que chef du Pentagone, ajoutant qu'"aucune décision concernant notre future position de force n'a été prise".

    Un retrait complet des troupes américaines sans un accord de paix durable permettrait aux groupes armés de reconstruire progressivement leurs capacités «de manière à pouvoir attaquer l'Amérique» dans un délai de 18 mois à trois ans, a déclaré le Groupe d'étude afghan.

    Les États-Unis «ne devraient pas ... tout simplement donner la victoire aux talibans», a-t-il déclaré, ajoutant: «Un retour du conflit dans le désastre du processus politique laisserait les États-Unis dans une position difficile... revenant à faire face, avec beaucoup moins de ressources sur le terrain qu'auparavant, à une insurrection enhardie », a-t-il ajouté.

    Il convient de rappeler que les États-Unis ont mis en garde contre une progression de l'Etat islamique en Afghanistan, e la même manière que l'Etat islamique revient en force en Syrie et en Irak.

  • Afghanistan : Sept morts, 23 blessés dans une attaque contre la police

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    Un attentat à la voiture piégée contre une base de la police, suivi d'une fusillade en cours, a fait au moins sept morts et 23 blessés dans l'est de l'Afghanistan, frontalier du Pakistan, a annoncé mardi le ministère de l'Intérieur.

    "Ce matin à 5H50 du matin (1H20 GMT), des terroristes ont fait sauter une voiture chargée d'explosifs près d'un complexe des forces spéciales de la police de la ville de Khost", a déclaré Tariq Arian, un porte-parole de ce ministère. "Quelques assaillants ont voulu pénétrer dans le complexe mais ils ont été arrêtés", a poursuivi M. Arian, qui a fait état de sept tués et de 23 blessés, parmi lesquels plusieurs civils. Quatre combattants ennemis ont été tués et deux sont encore en train de se battre, a-t-il poursuivi.

    Des tirs sporadiques étaient toujours audibles à Khost, selon un correspondant de l'AFP. D'après Gul Mohammad, un cadre des services de santé, des femmes et des enfants font partie des blessés.

    Aucun groupe n'a pour l'instant revendiqué l'attaque. Khost est le bastion du réseau Haqqani, la branche des talibans créditée des attaques les plus sanglantes et complexes, notamment d'un attentat au camion piégé contre la zone verte de Kaboul en mai 2017 qui avait fait plus de 150 morts.

    L'Afghanistan connaît une montée de la violence, alors que les talibans et le gouvernement de Kaboul ont entamé en septembre des pourparlers à Doha visant à mettre fin à des décennies de guerre, pour l'instant sans grandes avancées.

    Mi-octobre, l'émissaire américain pour l'Afghanistan, Zalmay Khalilzad, avait déclaré que les Etats-Unis étaient parvenus à une entente avec les talibans pour arriver à "une baisse significative" du nombre de morts dus à la violence persistante malgré le processus de paix. "Les attaques ont augmenté ces dernières semaines, menaçant le processus de paix", avait tweeté le diplomate, appelant "toutes les parties" à tenir leurs engagements.

    Kaboul demande depuis des années un cessez-le-feu aux talibans, que ceux-ci refusent d'envisager, craignant de perdre l'un de leurs leviers les plus importants dans le cadre de négociations.

    Vidéo de l'attaque de Khost

    Nouvelle explosion à Kaboul
    Il y a quelques instants, une explosion s'est produite près de l'aéroport de Kaboul et de la ville d'Aria. Les détails de cet incident ne sont toujours pas clairs.

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  • Afghanistan : Neuf civils tués dans l'explosion d'une bombe au passage d'un car

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    Neuf personnes ont été tuées samedi par l'explosion d'une bombe au passage d'un car dans l'est de l'Afghanistan, ont annoncé des responsables locaux, qui accusent les talibans de ces attaques régulières.

    La bombe a explosé en matinée alors que le car se dirigeait de Kaboul vers Ghazni (est), a indiqué à l'AFP Waheedullah Jumazada, porte-parole du gouverneur de Ghazni. "Neuf civils, dont trois femmes, ont été tués dans l'explosion", a-t-il précisé. Quatre policiers ont également été blessés, selon le porte-parole de la police de Ghazni, Adam Khan Seerat, qui a accusé les talibans d'être responsables de l'attaque.

    La violence est montée d'un cran au cours des dernières semaines malgré des négociations de paix entre les talibans et le gouvernement afghan qui se déroulent au Qatar pour mettre fin à la violence dans le pays. L'émissaire américain pour l'Afghanistan, Zalmay Khalilzad, avait estimé cette semaine que les violences menaçaient le processus de paix.

    Vendredi, Amnesty International a indiqué qu'au moins 50 personnes avaient été tuées dans des attaques durant la semaine précédente, accusant les parties en conflit de ne pas protéger les civils. "Le monde doit réagir (..) Les civils afghans sont massacrés quotidiennement", a affirmé Omar Waraich, responsable d'Amnesty international en Asie du Sud. "La communauté internationale doit faire de la protection des civils une demande essentielle pour son soutien au processus de paix".

    Les autorités afghanes ont déjà été critiquées cette semaine après la mort de onze mineurs dans une frappe aérienne des forces gouvernementales contre une mosquée dans le nord-est du pays. Les autorités affirment que les tués étaient des combattants talibans.

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  • Afghanistan: attaques des talibans dans les provinces de Helmand et Kunduz

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    Au moins 11 membres des forces de sécurité ont été tués dans la soirée du 8 octobre lors d'attaques séparées menées par les Taliban dans les provinces de Kunduz et de Helmand.

    Les talibans ont attaqué des avant-postes de sécurité dans le district d'Ali Abad dans la province nord de Kunduz dans la soirée du 8 octobre, a indiqué une source de sécurité, ajoutant que 8 membres des forces de sécurité, dont 4 policiers et 4 soldats de l'armée ont été tués. La source a également annoncé que 5 soldats de l'armée et 2 policiers avaient été blessés lors de l'attaque. 4 autres officiers ont été capturés. Les talibans ont revendiqué l'attaque et publié des photos des otages.

    Le même soir, le groupe a attaqué deux zones dans la province de Helmand: une zone proche de l'autoroute et le quartier de Nahri Saraj. Au moins 3 membres des forces de sécurité ont été tués et trois autres blessés. Cependant, une source de sécurité a rapporté qu'environ 10 soldats ont été tués dans les attaques. Les Taliban ont également attaqué un avant-poste des forces afghanes situé près de l'autoroute Mazar-Shibirghan, dans la région d'Alamkhil, dans la province de Balkh. Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur a déclaré dans un communiqué que 23 membres des Taliban avaient été tués et 13 autres blessés lors d'un affrontement avec les forces de sécurité dans le district de Qaisar, dans la province de Faryab.

    L'escalade de la violence survient alors que les efforts de paix et les négociations du gouvernement afghan sont en cours à Doha, au Qatar. Le représentant spécial des États-Unis pour la réconciliation en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, et le général américain, Scott Miller, commandant des forces américaines et de l'OTAN en Afghanistan, se sont rendus à Islamabad, au Pakistan, où ils ont rencontré le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le général Qamar Javed Bajwa. Khalilzad, Miller et Bajwa ont réitéré la nécessité d'une réduction significative de la violence en Afghanistan alors que les négociations de paix entre les deux parties progressent, selon un communiqué de l'ambassade américaine à Islamabad.

    Le pays souffre encore des graves divisions résultant de son histoire troublée
    Après la fin de l'occupation de l'Union soviétique en Afghanistan, qui a duré de 1979 à 1989, le pays a connu de grandes divisions. En 1996, les talibans avaient le contrôle d'une grande partie du pays, obtenu à la suite d'une guerre civile sanglante menée contre les différentes factions locales. En 2001, à la suite des incidents du 11 septembre, les États-Unis ont envahi l'Afghanistan, car c'est de là qu'Al-Qaïda avait planifié les attaques contre les États-Unis et c'est là que se cachait le chef de l'organisation. Oussama ben Laden, sous la protection des talibans.

    L'ouverture d'un dialogue intra-afghan a été rendue possible par un accord de paix entre les États-Unis et les talibans, signé le 29 février dernier, également à Doha. En vertu de cet accord, Washington s'est engagé à réduire ses troupes en Afghanistan de 13 000 à 8 600 dans les 135 premiers jours suivant la signature de l'accord et à achever leur retrait total dans les 14 mois suivant la même date. De plus, à la même occasion, les États-Unis ont également négocié avec les talibans la libération de 5 000 prisonniers talibans prisons afghanes, condition préalable à la participation du groupe aux pourparlers de paix avec le gouvernement de Kaboul. Jusqu'à cet accord, les talibans n'avaient pas accepté de participer à des pourparlers directs avec l'exécutif de Kaboul, soutenu par les pays occidentaux, car ils ne le considèrent pas comme un gouvernement légitime.

  • Afghanistan : Les négociations intra-afghanes de Doha sont au point mort et les violences se poursuivent

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    Alors que les affrontements entre le gouvernement et les talibans se poursuivent en Afghanistan, les équipes de négociation engagées dans les pourparlers préliminaires, nécessaires pour entamer les négociations de paix intra-afghanes, ne parviennent pas à s'entendre sur deux points fondamentaux.

    Abdul Zahir, chef de la police du district de Kohistan dans la province de Badakhshan, au nord de l'Afghanistan, a été tué lors d'une attaque des talibans le 30 septembre, selon la police locale. Sanaullah, un porte-parole de la police du Badakhshan, a rapporté que les talibans avaient attaqué le quartier et que l'affrontement avait duré de 9 heures à midi, heure locale, et que le chef de la police du district et 2 autres policiers étaient morts. 4 Taliban ont également été tués, 5 ont été blessés et le groupe militant a été contraint de se retirer, ont indiqué les autorités. Trois autres policiers ont été blessés lors de l'affrontement, selon Sanaullah. Les talibans n'ont pas encore commenté l'attaque.

    Pendant ce temps, l'envoyé des États-Unis pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, est en route pour Doha, au Qatar, où les équipes de négociation des talibans et du gouvernement de Kaboul se réunissent depuis le 12 septembre pour définir les règles de base pour entamer une série de discussions et définir une voie vers la paix dans le pays. Khalilzad a déclaré que la communauté internationale et le peuple afghan regardaient les réunions et s'attendaient à ce que les équipes progressent. "Le peuple afghan et la communauté internationale surveillent de près et s'attendent à ce que les négociations progressent vers la production d'une feuille de route pour l'avenir politique de l'Afghanistan et d'un cessez-le-feu mondial permanent", a écrit Khalilzad sur Twitter. .

    Cependant, certains critiques ont suggéré qu'un médiateur pourrait être nécessaire dans les négociations, car les groupes de contact des deux côtés semblent incapables de parvenir à un accord. Les règles de procédure pour les négociations sont composées de plus de 20 articles et les parties se sont entendues sur 18 d'entre eux, mais elles sont bloquées sur deux règles spécifiques: la jurisprudence religieuse sous-tendant les pourparlers et la reconnaissance de l'accord américano-taliban en tant que point de départ des négociations de paix. La dernière fois que les groupes de contact des deux parties se sont rencontrés, c'était le soir du 29 septembre. La réunion a duré quelques heures mais il n'a pas été possible de parvenir à un accord.

    Les négociations de Doha ont été rendues possibles par un accord de paix entre les États-Unis et les Taliban, signé au Qatar le 29 février. Sur la base de cet accord, la Maison Blanche s'est engagée à réduire ses troupes en Afghanistan et à achever le retrait total dans les 14 mois suivant la signature de l'accord. De plus, à la même occasion, les États-Unis ont également négocié avec les talibans la libération de 5 000 prisonniers affiliés à eux des prisons afghanes, comme condition préalable à la participation du groupe aux pourparlers de paix avec le gouvernement de Kaboul. Si ces derniers s'avéraient efficaces, ils représenteraient une conquête diplomatique décisive de l'administration du président américain Donald Trump, notamment en vue des élections présidentielles américaines du 3 novembre.

    Jusque-là, les talibans n'avaient pas accepté de participer à des pourparlers directs avec l'exécutif de Kaboul, soutenu par les pays occidentaux, car ils ne le considèrent pas comme un gouvernement légitime. Cependant, le pays souffre encore des graves divisions résultant de son histoire troublée. Après la fin du règne de l'Union soviétique en Afghanistan, qui a duré de 1979 à 1989, le pays a connu de grandes divisions. En 1996, les talibans avaient le contrôle d'une grande partie du pays, obtenu à la suite d'une guerre civile sanglante menée contre les différentes factions locales. En 2001, à la suite des attentats du 11 septembre, les États-Unis ont envahi l'Afghanistan, car c'est de là qu'Al-Qaïda avait planifié les attaques contre les États-Unis et c'est là que se cachait le chef de l'organisation. Oussama ben Laden, sous la protection des talibans.