Keita Boubakar (président)

  • Mali : Tentative d'assassinat manquée du président de transition lors de la prière de l'Adha

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    Le président de transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, est sorti mardi indemne, quelques heures après avoir été visé par une tentative d'assassinat à l'arme blanche durant la prière musulmane de l'Adha, à la Grande mosquée de Bamako.

    Ancien chef d'un bataillon de forces spéciales, le colonel Goïta, auteur de deux putschs en moins d'un an, dont celui qui a renversé le 18 août 2020 le président Ibrahim Boubacar Keïta, ne se déplace d'ordinaire depuis onze mois jamais sans ses hommes, cagoulés et armés de fusils d'assaut.

    Quelques heures après l'agression, les abords de la mosquée du roi Fayçal étaient paisibles comme le reste de la capitale en ce jour de Tabaski (surnom de la fête en Afrique de l'Ouest) où chacun selon la coutume se recueille en famille, selon des correspondants de l'AFP.

    En milieu de matinée, après la prière, tandis que l'imam se dirigeait vers la sortie de la mosquée pour égorger le mouton sacrificiel, deux hommes se sont levés et ont tenté de poignarder le colonel Goïta, a constaté un journaliste de l'AFP.

    Ils ont échoué. "Je vais très bien, aucun élément n'a été blessé", a déclaré le chef de l'Etat à la télévision nationale au journal de la mi-journée, précisant que cette agression avait été "maîtrisée". "Quand on est leader, il y a toujours des mécontents, il y a des gens qui à tout moment peuvent vouloir tenter des choses pour déstabiliser, tenter des actions isolées", a-t-il détaillé.

    Les deux hommes --dont la répartition des rôles restait encore floue-- ont été interpellés et emmenés dans les locaux de la Sécurité d'Etat (renseignement), selon une source proche de la présidence.

    Ni M. Goïta, ni son Premier ministre Choguel Kokalla Maïga qui s'est également exprimé sur la télévision d'Etat, n'ont mentionné un second agresseur, faisant référence à une seule personne. Interrogé par l'AFP pour savoir s'il s'agissait d'une "tentative d'assassinat", un responsable de la présidence de transition a répondu: "Oui, tout à fait".

    Aucune piste privilégiée
    A Kati, ville-garnison à une quinzaine de km de Bamako, QG des militaires, M. Goïta a reçu plusieurs ministres venus exprimer leur "compassion", selon le communicant de la présidence, le commandant Baba Cissé.

    L'un d'entre eux, Mossa Ag Attaher, ex-rebelle désormais ministre de la Jeunesse, s'est dit sur les réseaux sociaux "choqué et dégouté par la violence, la lâcheté et la barbarie de ceux qui ont tenté d'intenter à l'intégrité du chef de l'Etat".

    Dans la grande mosquée, Assimi Goïta était assis auprès d'autres dignitaires du régime, notamment des militaires putschistes comme Malick Diaw, qui dirige le Conseil national de transition (CNT, faisant office de Parlement). Il était, fait rare depuis son apparition dans la sphère publique, en habit civil de tissu bazin bleu ciel, tenue typique des jours de fête. Un des deux assaillants portait un turban, selon le même constat de l'AFP. Les deux étaient détenteurs d'armes blanches.

    A la mi-journée mardi, aucune piste ne pouvait être privilégiée quant à leurs motivations, dans un pays très instable politiquement et en prise à des violences multiformes depuis 2012. Ces violences, qui ont débuté par des rébellions indépendantiste puis jihadiste dans le Nord, se sont ensuite propagées au centre et au sud du Mali, se mêlant à des conflits intercommunautaires et à des attaques crapuleuses dans des zones où l'influence de l'Etat est très faible.

    Le phénomène s'est depuis plusieurs années étendu aux Burkina Faso et Niger voisins, où opèrent également des groupes affiliés à el-Qaëda ou à l'organisation Etat islamique (EI).

    Bamako, d'habitude relativement épargnée par rapport au reste du pays, a connu depuis 2015 des attentats jihadistes, et a été le théâtre de deux coups d'Etat en moins d'un an.

    Le dernier en date, en mai, a été mené par les mêmes colonels, conduits par le colonel Assimi Goïta, que celui d'août 2020, et a abouti à son investiture comme président de la transition.

    Les militaires ont largement fait main basse sur le pouvoir. Mais le colonel Goïta comme le nouveau gouvernement, nommé par les militaires, ont assuré qu'ils tiendraient l'engagement de rendre les commandes aux civils après des élections prévues le 27 février 2022.

  • Mali : La France suspend ses opérations militaires conjointes avec l'armée malienne

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    Paris a fini par taper du poing sur la table: échaudée par le nouveau coup d'Etat au Mali, la France a annoncé jeudi la suspension de ses opérations militaires conjointes avec Bamako, pour tenter de pousser la junte au pouvoir vers la transition politique exigée par la communauté internationale.

    "Des exigences et des lignes rouges ont été posées par la Cédéao et par l'Union africaine pour clarifier le cadre de la transition politique au Mali", et "dans l'attente de ces garanties, la France (...) a décidé de suspendre, à titre conservatoire et temporaire, les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes ainsi que les missions nationales de conseil à leur profit", souligne le ministère français des Armées dans un communiqué transmis à l'AFP. "Ces décisions seront réévaluées dans les jours à venir au regard des réponses qui seront fournies par les autorités maliennes", conclut le ministère alors que le Mali, secoué par deux coups d'Etat en neuf mois, est un pays clé de la lutte anti-jihadiste au Sahel, dans laquelle la France est très impliquée.

    Par cette décision, Paris manifeste sur le terrain sa condamnation du coup d'Etat, et tente d'appuyer les pressions de la communauté internationale sur les militaires putschistes du Mali pour obtenir un retour du pouvoir aux mains de civils à l'issue d'élections prévues courant 2022.

    La France emboîte le pas aux Etats-Unis, dont le département d'Etat a suspendu dès la fin mai l'assistance aux forces de sécurité et de défense du Mali. La force française Barkhane, forte de 5.100 militaires au Sahel, continuera d'opérer mais pour l'heure en solo, précise-t-on au ministère des Armées.

    En revanche, la force "Takuba" initiée par la France, composée d'unités de forces spéciales européennes et censée former l'armée malienne au combat face aux jihadistes, compte parmi les activités suspendues.

    Désengagement déjà prévu
    Il existe "un risque" que le nouveau coup de force au Mali dissuade des pays européens de rejoindre le front antijihadiste au Sahel, reconnaissait la semaine dernière une source diplomatique.

    La coopération avec les forces maliennes est un des piliers de l'action menée par la France dans ce pays, où elle maintient une présence ininterrompue depuis huit ans.

    Le président français Emmanuel Macron avait averti dimanche que la France retirerait ses troupes si le Mali allait "dans le sens" d'un islamisme radical, en référence à la volonté d'une partie des dirigeants maliens de négocier avec les jihadistes. Mais en réalité, la question de l'avenir de la présence militaire française au Sahel était déjà posée avant le nouveau coup de force du colonel Assimi Goïta. Avant même ce second coup d'Etat, la France comptait d'ores et déjà amorcer à partir de l'été un désengagement progressif de ses troupes engagées dans une opération coûteuse humainement et financièrement, moins d'un an avant l'élection présidentielle française, et à l'heure où les armées mobilisent des moyens grandissants face aux menaces de conflits de haute intensité.

    Après avoir envisagé d'alléger l'empreinte militaire française au Sahel dès le début de l'année, Emmanuel Macron avait finalement renoncé en février à réduire "dans l'immédiat" les effectifs de la force Barkhane, tout en laissant la porte ouverte à une prochaine réduction de voilure, dont les plans devaient être actés en Conseil de défense courant juin.

    "Par-delà la position de principe, on peut se demander si cette décision n'est pas une façon pour la France de mettre en récit le désengagement de Barkhane, dont chacun sait qu'il va se produire. En d'autres termes, le non-respect du processus démocratique n'est-il pas un prétexte pour réduire un dispositif dont les jours étaient comptés de toute façon ?", réagit auprès de l'AFP Elie Tenenbaum, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI).

    Lors du premier coup d'Etat, le 18 août 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta, accusé de corruption et d'impuissance face à l'insécurité, avait été renversé après plusieurs mois de manifestations antigouvernementales. Mais la junte s'était engagée à une transition vers un pouvoir civil dans les 18 mois. En mai, les militaires, mécontents d'une recomposition du gouvernement décidée suite à une contestation grandissante, ont arrêté le président et le Premier ministre.

    La Cour constitutionnelle a ensuite déclaré chef de l'Etat et président de transition le colonel Assimi Goïta, homme clé dans l'actuelle crise politique.

  • Mali: le président et le premier ministre « mis hors de leurs prérogatives » par Assimi Goïta

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    Le Vice-président malien Assimi Goïta (photo) a indiqué mardi avoir déchargé de leurs prérogatives le président Bah N’Daw et son premier ministre Moctar Ouane, coupables selon lui de tentative de "sabotage", dans ce qui s'apparente à un deuxième putsch en neuf mois.

    N'Daw et Ouane avaient été chargés, en septembre dernier, de coordonner une période de transition de 18 mois en vue du retour à un régime civil après le coup d'État militaire qui avait eu lieu environ un mois plus tôt, mais de nombreux membres du gouvernement et de l'opposition s'inquiétaient du contrôle des postes clés par l'armée.

    Le colonel Goïta reprochait au président Bah Ndaw et au Premier ministre Moctar Ouane d'avoir formé un nouveau gouvernement sans le consulter, bien qu'il soit en charge de la défense et de la sécurité, domaines cruciaux dans le pays sahélien en pleine tourmente.

    « Suite à une crise de plusieurs mois au plan national prenant en compte des grèves et manifestations diverses des acteurs sociaux et politiques, le gouvernement dirigé par Monsieur Moctar Ouane, s’est montré incapable de constituer un interlocuteur fiable, susceptible de mobiliser la confiance des partenaires sociaux », tranche le communiqué.

    Assimi Goïta tient néanmoins à rassurer le peuple malien et « invite les populations à vaquer librement à leurs occupations et les rassure de l’engagement indéfectible des Forces armées de défense et de sécurité, à préserver l’intérêt supérieur du Peuple malien, conformément à l’esprit et à la lettre de la Charte de transition ».

    « Au demeurant, le Vice-Président de la Transition tient à préciser que le processus de Transition suit son cours normal et que les élections prévues se tiendront courant 2022 » conclut enfin le Vice-président de la transition malienne.

    Pour rappel, lundi en début de soirée, le président Bah N'Daw, le premier ministre Moctar Ouane et des personnalités civiles et militaires, ont été arrêtées avant d’être conduits à la caserne militaire de Kati située à une quinzaine de kilomètres de la Bamako.

    L'arrestation de ces personnalités est intervenue tout juste après l'annonce d'une nouvelle équipe gouvernementale, selon laquelle le général de brigade Souleymane Dacouré remplace le Colonel Sadio Camara à la tête du ministère de la Défense et le général de division Mamadou Lamine Diallo remplace le Colonel Modibo Koné au ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

    Explication des raisons du coup d'Etat 
    Emmanuel Dupuy, président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) a expliqué qu'« un certain nombre de responsables politiques (3) que les militaires ne voulaient pas voir partir, ont été chassés avec la nomination de ce nouveau gouvernement, notamment le Colonel Modibo Koné, ancien ministre de la Sécurité et de la protection civile, remplacé par le Général Mamadou Lamine Ballo, ainsi que le Colonel Sadio Camara, qui tenait le ministère de la Défense et Anciens combattants, remplacé par le Général Souleymane Doucoure ».

    « Il s'agit d'un coup de semonce des militaires pour essayer de faire plier un pouvoir qui s'était donné des oripeaux de « civilisme » et qui d'une certaine façon illustre le fait que la gangrène de la corruption et l'incapacité d'action des responsables politiques maliens, est absolument abyssale ».

    « Les militaires qui avaient pris le pouvoir le 18 août dernier ont été un peu dilués à travers le processus de démocratisation engagé à la suite du coup d'État du 18 août dernier », observe Emmanuel Dupuy rappelant les étapes de ce processus :

    « Charte de la transition (octobre 2020) ; mise en place du Conseil national de transition (décembre 2020) ; mise en place du Comité local du suivi de la transition, dans le dialogue avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union Africaine (UA) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) en janvier 2021 » sous la Présidence de transition de Bah N'Daw avec Moctar Ouane pour premier ministre, tous deux en poste depuis les 25 et 28 septembre 2020 respectivement, le Président N'Daw succédant à Assimi Goïta, leader de la junte militaire à l'origine du putsch d'août 2020, Vice-président de la Transition de la République du Mali, chargé des Questions de défense et de sécurité après avoir été le chef d'État de facto du Mali du 24 août au 25 septembre 2020.

    Le président de l'IPSE constate une « volonté de celui qui serait à l’origine du coup, le colonel Assimi Goïta de ne pas se laisser « marginaliser » par les personnalités politiques (Moctar Ouane, notamment) qu’il avait été obligé de mettre en avant pour que le putsch engagé par le CMT [Conseil militaire de transition devenu le Comité national pour le salut du peuple (CNSP)] soit accepté par la communauté internationale et acteurs régionaux (notamment la CEDEAO) ».

    « La Garde présidentielle réclame désormais le changement du Premier ministre, ainsi que le retour des Colonels Camara et Koné au gouvernement », rappelle Dupuy.

    « Le Premier ministre de transition, Moctar Ouane et le Président de transition, Bah N'Daw, ont sans doute été trop enclins à entendre les doléances de la communauté internationale, qui inclut la position française, exigeant qu'on démilitarise le pouvoir politique au Mali », estime le Président de l'IPSE.

    La France en partie responsable
    « La France a sans doute, été un peu trop insistante dans sa volonté de calmer les ardeurs militaires, ou de marginaliser les auteurs du coup d’État », estime le président de l'IPSE faisant état d'« un échec de la communauté internationale dont fait partie la France qui avait notamment exigé qu'on s'inscrive dans un processus de transition et qui voit, de nouveau, un mois après le coup d'État au Tchad, un deuxième coup de semonce en 9 mois au Mali, sans que Paris n'ait vu venir quoi que ce soit, comme lors du coup d'État survenu en août dernier », et précisant qu'il s'agit « peut-être du cinquième coup d'État au Mali depuis 1968 ».

    « En moins d’un an, deux premiers ministres (Boubou Cissé et Moctar Ouane) et deux présidents (Ibrahim Boubacar Keïta, et Bah N’Daw) avec lesquels la France négociait, ont été arrêtés, ce qui est un aveu cinglant de notre incapacité à comprendre les dynamiques qui sont en cours, que ce soit au Mali, que ce soit au Tchad, et je crains malheureusement, que le Burkina Faso ne soit dans une situation de fragilité extrême qui pourrait amener à une remise en cause de la légitimité du président Kabore », ajoute le chercheur français.

    « La France semble avoir été incapable, neuf mois après le putsch du 18 août 2020, d’anticiper et de décrypter les mouvements de protestations à Kati, dans l’entourage des colonels, notamment auprès de Sadio Camara, ex-ministre de la Défense et des Anciens combattants, évincé par Moctar Ouane », estime Dupuy ajoutant que « la France ne comprend rien à ce qui se passe dans les zones où ses militaires sont engagés et Paris se rend désormais bien compte que ce sont bien les militaires qui sont au pouvoir à Bamako ».

    marginalisation d'acteurs politiques centraux au Mali

    Parmi les moteurs de la crise politique actuelle au Mali, le président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) cite également l'évidente marginalisation d'acteurs politiques centraux au Mali.

    « L'absence de mouvements politiques structurant du pays, tels que la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l'Imam Dicko (CMAS), ou du Mouvement du 5 Juin (M5-RFP) dans le nouveau gouvernement se trouvent durement pénalisée, puisqu'aucun poste ne leur a été attribué au sein de ce nouveau gouvernement  ; s'ajoutant au fait qu'« un certain nombre de ministres militaires influents ont été chassés », note encore Emmanuel Dupuy ayant rencontré un certain nombre de dirigeants politiques maliens, notamment l'Imam Dicko.

    « La position commune de tous mes interlocuteurs est que le mouvement politique [M5-RFP] qui structure le débat politique dans le pays, ne pouvait pas être marginalisé sans qu'il ne réagisse. La réaction est venue aujourd'hui de l'autre acteur central du pouvoir au Mali », ajoute le président de l'IPSE faisant référence à la junte militaire malienne.

    « Pour résumer, le jeu politique au Mali se tient entre les militaires d'une part et le M5-RFP de l'autre ; les autres forces politiques ne comptent plus », constate encore Emmanuel Dupuy après sa visite récente à Bamako.

    « Ces événements politiques majeurs adviennent en amont de l’anniversaire de la manifestation du 5 juin 2020, démontrant aussi la capacité d’action du M5-.RPF », souligne encore le président de l'IPSE.

    Observant que dans la situation actuelle, la garde présidentielle s'oppose aux autres forces, et rappelant « l'épisode des « bérets verts » contre les « bérets rouges » en avril et mai 2012, Dupuy estime que cette récente crise politique qualifiée de « coup d'État » par une partie de la communauté internationale « confirme que le cycle des coups d’état et alternances corporatistes militaristes se substitue désormais à celui de l’alternance politique vertueuse que des processus électoraux biaisées ne sont plus capables d’assurer ». « Triste retour en arrière ! », estime le chercheur français.

    « Les ambitions personnelles et guerres picrocholines politiciennes à Bamako semblent nettement trancher avec l’agenda - complexe et volontairement ralenti par certains (dont la France), notamment du dialogue inclusif avec les « djihadistes » de Katiba Macina (et de leur chef, le prédicateur peul Hamadou Koufa), dans la région de Ségou, au centre du pays (traversée par le fleuve Niger) et le processus de réconciliation nationale », note encore Dupuy.

    « Cette forme d’« évitement » inconsciente ou provoquée de l’enjeu réel de la réconciliation nationale laisse ainsi une opportunité considérable pour ceux qui souhaitent dialoguer avec les groupes armés. C’est le cas de l’imam Mahmoud Dicko qui devrait se rendre dans quelques semaines dans le centre du pays. Il y constatera l’échec de la mission confiée à l’ancien président par intérim (avril 2012- septembre 2013), Dioncounda Traoré, devenu en juin 2019, le Haut Représentant pour le Centre », conclut Emmanuel Dupuy, président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe.

    Tractations ce mardi 25 mai
    Emmanuel Dupuy a fait état de développements dans les discussions en cours au camp militaire de Kati, le chercheur français citant « les témoignages des différentes délégations qui se sont rendues à Kati pendant la nuit ».

    « Les militaires demandent que le M5-RPF prenne la Primature et Choguel Maiga réfléchit au poste de premier ministre qui lui a été proposé, selon ces témoignages ».

    « Cela constituerait un coup double pour les militaires qui d'une part se débarrasseraient de Moctar Ouane et d'autre part, désamorceraient les doléances de la manifestation prévue par le mouvement pour le 4 juin et qui pourrait constituer un marqueur fort contre les militaires : elle pourrait se transformer en soutien populaire », a estimé le président de l'IPSE rappelant « l’arrivée dans la journée, du médiateur de la CEDEAO, Goodluck Jonathan ».

    « La conclusion logique de cette série de désaccords était la démission du Premier ministre et du Président maliens », estime Emmanuel Dupuy. Il « reste maintenant à remplacer un Président et un premier ministre de transition dans l’esprit de la Charte de la transition publiée le 1er octobre dernier »

    La France condamne ce qu'elle appelle un coup d'Etat
    "Un coup d'Etat inacceptable": les dirigeants européens ont "condamné avec la plus grande fermeté l'arrestation du président du Mali et de son Premier ministre", a déclaré mardi le président français à l'issue d'un sommet européen, la France demandant une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU.

    "Nous sommes prêts, dans les prochaines heures, si la situation n'était pas clarifiée, à prendre des sanctions ciblées" contre les protagonistes, a affirmé Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse.

    "Nous avons condamné avec la plus grande fermeté l'arrestation du président de la transition, de son Premier ministre et de leurs collaborateurs", a rapporté le président français. "Ce qui a été conduit par les militaires putschistes est un coup d'État dans le coup d'Etat inacceptable, qui appelle notre condamnation immédiate", a ajouté le président français.

    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a, quelques minutes avant Emmanuel Macron, indiqué devant l'Assemblée nationale que la France demandait une réunion d'urgence devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Elle "condamne avec la plus grande fermeté ce coup de force", "exige la libération des autorités" et "la reprise immédiate du cours normal de la transition", a déclaré M. Le Drian. Selon lui, "le caractère civil de la transition est une condition sine qua non de la crédibilité du processus de transition et du soutien que les partenaires internationaux peuvent apporter aux autorités maliennes". "Si d'aventure il n'y avait pas un retour à l'ordre de la transition, nous prendrions des mesures immédiates de ciblage contre les responsables militaires et politiques qui entravent la transition", a averti le ministre français.

    La Minusma, l'Union africaine (UA), les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont aussi condamné "fermement la tentative de coup de force". Ils ont rejeté par avance tout fait accompli, y compris une éventuelle démission forcée des dirigeants arrêtés. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé lundi "au calme" au Mali et à la "libération inconditionnelle" de MM. Ndaw et Ouane.

    L'Algérie condamne le coup de force et annonce son soutien aux autorités de transition
    L'Algérie a exprimé, mardi, son soutien aux autorités de transition de son voisin du sud, le Mali, et son refus de les voir écartées par la force, après l'annonce de de l'arrestation du président Bah N'Daw et de son Premier ministre Moctar Ouane par des membres des forces armées.

    Le ministère algérien des Affaires étrangères a déclaré, dans un communiqué consulté par le correspondant de l'Agence Anadolu, qu'il "suit avec une grande préoccupation l'évolution de la situation dans l'État du Mali et affirme son rejet de toute tentative de changement de gouvernement par la force."

    Le communiqué ajoute que l'Algérie "déclare son soutien aux autorités de transition maliennes sous la direction du président Bah N'Daw, auxquelles elle a apporté tout le soutien nécessaire à la réussite de la période de transition en cours."

  • Mali : L'armée française annonce avoir tué Bah ag Moussa Diarra, le chef militaire d'Al Qaïda

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    La Ministre des armées confirme la neutralisation de Bah Ag Moussa du JNIM. Ce dernier a souvent été annoncé dans le secteur de Nampala et comme responsable des différentes attaques sanglantes de la zone.

    Bah Ag Moussa était le "chef militaire" du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et un "cadre historique de la mouvance jihadiste au Sahel"

    Bah Ag Moussa "est considéré comme responsable de plusieurs attaques contre les forces maliennes et internationales. Il était l'un des principaux chefs militaires jihadistes au Mali, notamment chargé de la formation des nouvelles recrues", selon le communiqué du ministère des armées.

    Bah Ag Moussa un chef touareg
    Bah Ag Moussa, alias "Bamoussa", est un ancien officier de l'armée malienne. Il est aussi membre fondateur du groupe jihadiste Ansar Dine. Ce Touareg, considéré comme un "terroriste" par les Nations unies et Washington, a été un acteur majeur des différentes rebellions touareg des années 1990 et 2000. Réintégré dans l'armée en 1996 puis en 2006, il avait fait défection à chaque fois pour reprendre les armes : vers la rébellion la première fois, puis vers le jihadisme à l'aube de son expansion dans la région en 2012. Selon le think-tank Counter-Extremism Project (CEP), "Bamoussa" était devenu en 2017 "le dirigeant opérationnel" du GSIM dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly. Le groupe est devenu depuis l'une des principales forces jihadistes au Sahel avec son ennemi intime, l'Etat islamique au grand Sahara (EIGS). Tous deux, par ailleurs en lutte armée l'un contre l'autre, sont depuis des mois les cibles prioritaires de Barkhane (plus de 5.000 soldats) et de ses alliés régionaux.

    Bah Ag Moussa était considéré comme le responsable d'attaques majeures contre les forces maliennes, dont une en juillet 2016 et l'autre en mars 2019, qui avaient fait plus de 20 morts chacune. Et son nom revenait avec insistance dans plusieurs attaques en 2020. Mais il jouissait aussi d'une immense popularité auprès des Touareg qui dépassait largement ses appartenances au GSIM. "Ba Ag Moussa est moins vu (par les communautés touareg, ) comme jihadiste que comme un leader historique de la contestation touareg", a ainsi expliqué à l'AFP Ferdaous Bouhlel, chercheuse associée à l'université de Tours (France), experte en médiation.

    La France priorise toujours l'option militaire
    Début 2020, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta avait admis vouloir discuter avec les groupes jihadistes et avoir envoyé des émissaires en direction de deux de leurs principaux chefs, Iyad Ag Ghaly et le prédicateur peul Amadou Koufa. Depuis, M. Keïta a été renversé en août par une junte militaire. Lors de la visite à Bamako fin octobre du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, avait défendu "la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes au sein du "dialogue national inclusif", vaste concertation nationale tenue fin 2019. Mais Paris ne bouge pas de sa ligne militaire. "On ne peut pas dialoguer avec les groupes jihadistes qui n'ont pas renoncé au combat terroriste", a récemment déclaré Florence Parly à l'AFP. "C'est de la responsabilité des autorités maliennes, pas la nôtre, mais il est important d'échanger".

    Cette dernière frappe confirme à tout le moins que l'option militaire demeure privilégiée par la France, qui avait annoncé ces derniers jours des opérations distinctes contre le GSIM et l'EIGS, en revendiquant la neutralisation d'une petite centaine de jihadistes.

    "Il est clair que ce coup contre le (GSIM) est une façon de marquer l'opposition de la France à ces éventuelles négociations", estime un analyste malien bon connaisseur du dossier, qui requiert l'anonymat. "Cela retardera d'éventuels pourparlers, parce que leurs responsables ne se mettront plus facilement à découvert".

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  • Mali : Les putschistes maliens installent Assimi Guetta président de la République

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    Les putschistes ont annoncé l'investiture du chef de la junte militaire, Asimi Guetta (photo), à la présidence de la République.

    Cela a été publié au Journal officiel vendredi 28 août et signé par Assimi Guetta, le chef du «Comité national pour le salut du peuple» (CNSP). Le décret comprend 41 articles expliquant «les droits et devoirs fondamentaux».

    L'article 32 du document stipule que le chef du «Comité national pour le salut du peuple» doit assumer le poste de président de la République.

    Les articles seront appliqués en tant qu '"ajout" aux dispositions de la Constitution de 1992, et ils seront abrogés après l'acceptation du règlement sur le processus de transition.

    Jeudi, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a informé le conseil militaire du Mali qu'elle accepterait un gouvernement de transition dirigé par des civils ou des militaires à la retraite, pour une période maximale de 12 mois.

    Après la rébellion militaire du 18 août, le groupe "CEDEAO" a souligné le retour du président Ibrahim Boubacar Keita à son poste.

    Depuis juin, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Bamako, appelant Keita à démissionner, invoquant son "échec à faire face à la détérioration de la situation sécuritaire et à la corruption".

    Keita avait espéré que les concessions qu'il avait faites à l'opposition et les recommandations d'une délégation de médiation de dirigeants régionaux aideraient à endiguer la vague de mécontentement, mais les dirigeants de la contestation avaient rejeté les propositions d'adhérer à un gouvernement de partage du pouvoir.

  • Mali : Les militaires ont renversé le président et promettent des élections

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    Les militaires qui ont renversé mardi le président malien Ibrahim Boubacar Keïta ont promis mercredi une transition politique et des élections générales.

    "Nous, forces patriotiques regroupées au sein du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l'histoire", a déclaré à la télévision publique ORTM le porte-parole des militaires mutinés, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air. "Notre pays le Mali sombre de jour en jour dans le chaos, l'anarchie et l'insécurité par la faute des hommes chargés de sa destinée", a accusé l'officier. Il a assuré que les militaires voulaient assurer "une transition politique civile" qui devrait conduire à des élections générales dans un "délai raisonnable" qu'il n'a pas précisé.

    Auparavant, dans une déclaration télévisée, le président Keïta, arrêté quelques heures plus tôt par des militaires, a annoncé sa démission, la dissolution du gouvernement et celle de l'Assemblée nationale. "Je voudrais à ce moment précis, tout en remerciant le peuple malien de son accompagnement au long de ces longues années et la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions, à partir de ce moment", a dit le M. Keïta dans une allocution diffusée par la télévision nationale ORTM. "Et avec toutes les conséquences de droit : la dissolution de l'Assemblée nationale et celle du gouvernement", a-t-il ajouté.

    "Militaires putschistes"
    L'organisation régionale de l'Afrique de l'Ouest, la Cédéao, a condamné l'action de "militaires putschistes" et a pris une série de mesures d'effet immédiat pour isoler le Mali. L'action des mutins a aussi suscité des protestations de l'ONU, de l'Union européenne et de la France, dont 5.100 militaires sont déployés au Sahel, en particulier au Mali, dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane.

    La mutinerie a éclaté mardi matin dans la garnison militaire de Kati, près de Bamako. Des soldats ont ensuite fraternisé avec des manifestants qui réclament depuis des mois la démission du président. Puis ils ont arrêté à Bamako le président Keïta et son Premier ministre Boubou Cissé. "Nous pouvons vous dire que le président et le Premier ministre sont sous notre contrôle. Nous les avons arrêtés", au domicile du président à Bamako, a déclaré à l'AFP un des chefs de la mutinerie, qui a requis l'anonymat.
    Le directeur de la communication du chef du gouvernement, Boubou Doucouré, l'a confirmé. Le président et le Premier ministre "ont été conduits par les militaires révoltés dans des véhicules blindés à Kati", où se trouve le camp Soundiata Keïta, à une quinzaine de kilomètres de Bamako.

    Mutins acclamés
    Dans Bamako, les mutins ont été acclamés par des manifestants rassemblés pour réclamer le départ du président aux abord de la place de l'Indépendance, épicentre de la contestation qui ébranle le Mali depuis plusieurs mois, avant de se diriger vers la résidence du président Keïta, selon la même source.

    Dans la soirée, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a condamné le putsch.
    L'organisation régionale "condamne avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du gouvernement démocratiquement élu du président Ibrahim Boubacar Keïta", selon un communiqué. La Cédéao "dénie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes et exige le rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel", déclare le communiqué. Elle "exige la libération immédiate" du président malien et "de tous les officiels arrêtés". La Cédéao "suspend" le Mali de tous ses organes de décision "avec effet immédiat".Elle "décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l'arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les (autres) pays membres de la Cédéao et le Mali".

    Calme à Bamako au lendemain du coup d'Etat
    Le calme régnait mercredi à Bamako qui portait encore les stigmates des troubles au lendemain du coup d'Etat contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, un putsch condamné par la communauté internationale inquiète de l'aggravation de la crise au Mali, déjà en proie aux violences jihadistes.

    Des traces des incidents ayant ponctué ce renversement de pouvoir étaient encore visibles mercredi matin à Bamako, notamment au domicile de l'ex-ministre de la Justice Kassim Tapo, attaqué et incendié par des gens en colère, selon des journalistes de l'AFP.

    La présence des soldats n'était pas visible dans les rues qui étaient tranquilles dans le centre de Bamako où des gens vaquaient à leurs occupations. L'administration et les banques étaient fermées, selon des journalistes de l'AFP.

    On était sans nouvelles du chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta, de son Premier ministre Boubou Cissé et d'autres responsables civils et militaires arrêtés mardi lors du coup d'Etat.

    Sanctions
    Enfin, la Cédéao "demande la mise en oeuvre immédiate d'un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leurs partenaires et collaborateurs". Une visioconférence des chefs d'Etat de la Cédéao sur "la situation au Mali" se tiendra jeudi sous la présidence du chef de l'Etat nigérien Mahamadou Issoufou, a annoncé la présidence du Niger, qui préside actuellement la Cédéao.

    Auparavant, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait appelé à la "libération immédiate et sans conditions" du président malien et au "rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel". Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mercredi en urgence au sujet de la crise au Mali, à la demande de la France et du Niger.

    Le président français Emmanuel Macron a exprimé mardi "son plein soutien aux efforts de médiation en cours des Etats d'Afrique de l'Ouest.

    Des mois de crise
    Le Mali est confronté depuis des mois à une grave crise socio-politique qui préoccupe la communauté internationale.
    Une coalition hétéroclite d'opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile a multiplié les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion. Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques du Mali (M5-RFP), qui mène la contestation, avait refusé jeudi dernier une rencontre avec le président Keïta, fixant notamment comme préalable la fin de la "répression" contre ses militants.
    Le week-end du 10 juillet, une manifestation à l'appel du Mouvement du 5 juin avait dégénéré en trois jours de troubles meurtriers.


  • Mali / Tentative de coup d’Etat : l’aéroport et la télévision nationale sécurisés

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    S’il est difficile de se prononcer sur la situation au Mali suite à une mutinerie qui a éclaté à Kati (ville garnison sur les hauteurs de la capitale), avant de s’étendre à Bamako, l’aéroport international «Modibo Kéita» de Sénou et l’Office de radiotélévision du Mali (ORTM) échapperaient pour le moment au contrôle des mutins, ont indiqué plusieurs sources concordantes.

    Le colonel Sadio Camara, le lieutenant-colonel Mama Seku Lelenta, le colonel Diaw, le général de brigade Cheick Fanta Mady Dembele sont les leaders du coup d'État.

    Brigadier General Cheick Fanta Mady Dembele

    Brigadier General Cheick Fanta Mady Dembele.jpgColonel Sadio Camara

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    Colonel Diaw, le véritable chef de la mutinerie

    Colonel Diaw.jpg



    L’ORTM continue à diffuser normalement ses programmes sans interruption. Le journal télévisé de 13h (TU) a été diffusé et le présentateur a fait allusion à la mutinerie en assurant que des équipes sont en train de faire des investigations pour mieux informer l’opinion.

    Selon des sources concordantes, l’aéroport international est bien sécurisé et l’accès est contrôlé par la gendarmerie.

    IBK arrestation.jpegSelon des rumeurs, le président IBK (photo de son arrestation ci-contre) aurait été capturé par les putschistes, ainsi que son fils, Karim Keïta et le premier ministre, Boubou Cissé, bien que l'arrestation de Cissé ait été démentie par son cabinet. 

    On sait aussi que plusieurs ministres et le président de l’Assemblée nationale ont été arrêtés, une information qui n’a pas été démentie. 

    Le ministre de la Défense et des Anciens combattant, le général de division Ibrahima Dahirou Dembélé, serait aussi libre et «dirige la riposte des forces régulières depuis son bureau», ont indiqué des sources dans son département.

    Pour l’instant, indiquent lesdites sources, une grande partie de l’armée reste fidèle au chef de l’Etat et la situation serait actuellement sous contrôle des Forces armées maliennes (FAMa).

    Rappelons que des coups de feu ont été entendus tôt ce matin à Kati, une ville garnison sur les hauteurs de Bamako et à quelques kilomètres du palais présidentiel de Koulouba.

    Quelques heures plus tard, des coups de feu ont été aussi entendus au camp des Gardes de NTominkorobougou (commune III du district de Bamako) semant un vent de panique et créant des bouchons dans la circulation dans la capitale malienne.

    Mais, une centaine de jeunes manifestants se réclamant du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), se sont rassemblés à la Place de l’Indépendance de Bamako pour, disent-ils, soutenir les mutins et exiger la «démission immédiate» du président Ibrahim Boubacar Kéita.

    Notons que le coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012 a commencé aussi par une mutinerie dans ce même camp de Kati.

    Le gouvernement malien demande aux mutins de se ressaisir
    Le gouvernement de la République du Mali a demandé aux éléments de l’armée qui ont déclenché une mutinerie ce mardi matin de se ressaisir, a indiqué un communiqué signé du Premier ministre Boubou Cissé.

    «Les mouvements d'humeur constatés traduisent une certaine frustration qui peut avoir des causes légitimes. Le gouvernement du Mali demande aux auteurs de ces actes de se ressaisir. Il n'y a pas de raisons au dessus de notre cher Mali qui vaillent des actes dont l'issue incertaine peut déboucher sur des actes dommageables pour la nation entière», a souligné le communiqué.

    Le chef du gouvernement a appelé à «l’apaisement» et a affirmé que le gouvernement est «disponible pour engager un dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus».

    La France « exhorte les militaires à regagner sans délai leurs casernes »
    Les développements en cours au Mali sont une menace directe à l'influence française déjà en train de s'effriter dans la région. C'est pourquoi a France a très vite réagi et condamne la « mutinerie. Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué publié mardi sur le site de la diplomatie française, a « exhorté les militaires à regagner sans délai leurs casernes ».

    Paris « condamne avec la plus grande fermeté cet événement » qualifié de « grave », par la diplomatie.

    Le pays « partage pleinement la position exprimée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans le communiqué qu’elle vient de faire paraître et qui appelle au maintien de l’ordre constitutionnel et exhorte les militaires à regagner sans délai leurs casernes ».

    « La France réaffirme avec force son plein attachement à la souveraineté et à la démocratie maliennes » conclut le communiqué de Jean-Yves Le Drian affirmant, par ailleurs, que « les autorités françaises, au plus haut niveau, restent très attentives à l’évolution de la situation au Mali ».

    La CEDEAO condamne la tentative de coup d’Etat, en cours, au Mali
    La Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a condamné, mardi, dans un communiqué, la tentative de coup d’Etat en cours au Mali et appelé les militaires de regagner « sans délai » leurs casernes.

    La CEDEAO « condamne vigoureusement la tentative en cours et prendra toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel, par le rétablissement des institutions démocratiquement élues », peut-on lire dans le communiqué.

    « Aussi, la DEDEAO appelle-t-elle les militaires à regagner sans délai leurs casernes, en demandant à toutes les parties prenantes maliennes de privilégier le dialogue pour résoudre la crise que traverse le pays », poursuit la même source.

    La Communauté ouest-africaine rappelle, enfin, « sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel et appelle les militaires à demeurer dans une posture républicaine».



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