Kankara (village de l'Etat de Katsina)

  • Nigeria : De nombreux élèves kidnappés dans une école privée musulmane

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    La série noire des enlèvements de masse d'écoliers continue au Nigeria, où un grand nombre d'enfants ont encore été enlevés dimanche par des dizaines d'hommes armés dans une école privée musulmane dans le centre-nord du pays.

    Le nombre exact d'enfants enlevés était encore incertain lundi matin, mais environ 200 se trouvaient dans l'école Salihu Tanko, située dans l'Etat du Niger, au moment de l'attaque qui s'est déroulée dimanche après-midi. Plusieurs ont réussi à s'enfuir, mais les ravisseurs ont "pris plus de cents élèves, avant de laisser ceux qu'ils considéraient comme trop petits, ceux entre 4 et 12 ans", a confié à l'AFP un responsable de l'école, sous couvert d'anonymat.

    Les autorités locales ont confirmé dimanche soir l'enlèvement sur Twitter, précisant que le nombre d'enfants kidnappés était "encore incertain". Les ravisseurs ont "relâché onze enfants, qui étaient trop petits pour marcher", ont précisé les autorités, qui dénoncent cet événement "malencontreux" et la hausse des kidnappings contre rançon à travers le centre et le nord du Nigeria.

    Le gouverneur local, Sani Bello, a ordonné aux "agences chargées de la sécurité de ramener les enfants au plus vite". Un porte-parole de la police, Wasiu Abiodun, a déclaré que les assaillants sont arrivés en moto et qu'ils ont commencé à tirer avant de tuer un habitant et d'en blesser un autre et d'enlever les enfants.

    Les enlèvements d'écoliers
    Ce nouveau kidnapping survient au lendemain de la libération de 14 étudiants dans l'Etat de Kaduna (nord), après 40 jours de détention. Cinq étudiants avaient été exécutés par leurs ravisseurs dans les jours qui ont suivi leur kidnapping pour faire pression sur les familles et contraindre le gouvernement à payer une rançon.

    Des familles, citées par la presse locale, ont déclaré qu'elles avaient payé 180 millions de naira (357.000 euros) au total pour retrouver leurs enfants. Ces bandes armées, dont les membres sont communément appelés "bandits", terrorisent les populations dans le centre-ouest et le nord-ouest du Nigeria, pillant des villages, volant le bétail et menant des enlèvements de masse contre rançon.

    Depuis plusieurs mois, ces bandits se livrent essentiellement à des kidnappings de masse visant les établissements scolaires: 730 enfants et adolescents ont déjà été enlevés depuis décembre 2020.

    Plusieurs de ces enlèvements avaient fait la Une des journaux internationaux et provoqué une émotion mondiale, notamment fin février, lorsque 279 adolescentes, âgées entre 12 et 16 ans, avaient été kidnappées, et libérées cinq jours jours plus tard, dans l'Etat de Zamfara dans le nord-ouest du Nigeria. Cette série noire avait commencé en décembre dernier, avec l'enlèvement de 344 garçons de leur pensionnat à Kankara, dans le nord du Nigeria. Ils avaient été relâchés au bout d'une semaine, après des négociations.

    Risque de déscolarisation
    La multiplication de ces kidnappings fait craindre une aggravation de la déscolarisation, particulièrement des filles, dans ces régions pauvres et rurales qui comptent déjà le plus fort taux d'enfants n'allant pas à l'école du pays. Face aux enlèvements, de nombreux Etat ont pris la décision de fermer temporairement les pensionnats.

    Depuis des décennies, le Nigeria est proie aux kidnappings, les criminels ciblant surtout des hommes riches et influents. Mais ces dernières années, ils visent même les plus pauvres, et des bandes armés lancent leurs attaques sur des grands axes routiers notamment, où des voyageurs sont régulièrement enlevés.

    Début mai, des centaines de personnes ont bloqué une autoroute à la sortie d'Abuja, pour protester contre la hausse importante des kidnappings contre rançon dans la périphérie de la capitale fédérale.

    Les gangs criminels mènent des attaques depuis leurs camps dans la forêt de Rugu, située aux confins des Etats de Zamfara, Katsina, Kaduna et du Niger.

    Les assaillants sont d'abord motivés par l'appât du gain, même si certains bandits ont prêté allégeance à des groupes jihadistes présents dans le nord-est du Nigeria, à des centaines de kilomètres.

  • Nigeria : Des centaines d'élèves enlevés par des hommes armés en liens avec le groupe jihadiste Boko Haram

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    Des hommes armés ont envahi mardi soir le Government Science College, un pensionnat situé dans l'Etat du Niger, dans le centre-ouest du Nigeria, où ils ont enlevé "des centaines d'élèves" et plusieurs professeurs, ont affirmé à l'AFP un responsable local et une source sécuritaire.

    Ce rapt massif intervient deux mois après l'enlèvement de 344 adolescents dans un pensionnat de l'Etat voisin de Katsina par des groupes criminels. Après négociations avec les autorités, les élèves avaient été libérés une semaine plus tard.

    Mardi soir, "des bandits sont entrés dans le collège gouvernemental de Kagara et ont enlevé des centaines d'élèves et leurs professeurs", a déclaré un responsable local de la zone, qui a demandé à rester anonyme. Ces "très nombreux" hommes armés, vêtus d'uniformes militaires, ont ensuite emmené les élèves dans la forêt, selon cette source. "Un des membres du personnel et certains élèves ont réussi à s'échapper. Le personnel a confirmé qu'un étudiant avait été abattu" lors de l'attaque, a ajouté cet officiel.

    Cet établissement d'enseignement secondaire compte environ 1.000 élèves, mais on ne connait pas pour l'heure le nombre exact d'adolescents enlevés. "Un décompte est en cours pour établir le nombre exact d'élèves kidnappés. Nous espérons que tous ceux qui ont fui l'école reviendront pour le décompte", a déclaré une source sécuritaire. Des militaires avec un soutien aérien étaient à la recherche des ravisseurs et des otages, en vue d'une éventuelle opération de sauvetage, a précisé cette source.

    Depuis près de dix ans, le nord-ouest et le centre du Nigeria sont en proie aux violences de groupes criminels qualifiés localement de "bandits", qui multiplient les enlèvements contre rançon et les vols de bétail. Ces bandes criminelles sont motivées par l'appât du gain, mais certaines ont tissé des liens forts avec les groupes jihadistes présents dans le nord-est. Notamment celles qui avaient kidnappé en décembre dernier 344 élèves dans un pensionnat de la ville de Kankara, dans l'Etat de Katsina. Ces groupes armés avaient agi pour le compte du groupe jihadiste Boko Haram, qui avait revendiqué le rapt dans une vidéo, mais dont le bastion se trouve à des centaines de kilomètres, dans le nord-est du Nigeria. Ce rapt avait provoqué un émoi mondial, et ravivé le souvenir de l'enlèvement par Boko Haram de plus de 200 jeunes filles à Chibok, dans le nord-est, en 2014. Les adolescents de Kankara avaient été libérés après une semaine de captivité à la suite de négociations entre ces gangs et les gouvernements de Katsina et Zamfara. Le 9 février, le responsable de ce rapt, un chef de groupe armé appelé Awwalun Daudawa, s'est rendu aux autorités en échange d'un accord d'amnistie.

  • Nigeria : 48 heures après la libération des écoliers de Kankara, un groupe armé tente d'enlever des enfants à Katsina

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    Samedi soir 19 décembre, des hommes armés ont intercepté des écoliers d'une école coranique revenant d'une fête Maulud Nabiyyi (anniversaire du prophète Mahomet) à Unguwar Al-Kasim et en ont tenté de kidnapper un nombre non révélé d'enfants dans le quartier de Mahuta B. Le groupe d'autodéfense est aussitôt iintervenu et a intercepté le groupe (de bandits) et a sauvé un grand nombre d'enfants.

    Ce quartier est situé dans la zone gouvernementale locale de Dandume, dans l'État de Katsina, au nord-ouest du Nigeria. Des sources de la communauté ont déclaré qu'on ignore si des enfants ont été enlevés et combien lors de l'incident qui a débuté vers 23h30 dans le village de Baure. 

    Hamisu Ya'u, un résident de Mahuta a révélé que "personne ne vous dira le nombre exact d'enfants enlevés car cela s'est passé de nuit et le lieu où l'enlèvement a eu lieu était très sombre". 

    Confirmant l'incident, l'un des enseignants de l'école coranique qui était avec les enfants au moment de l'attaque et qui a demandé à ne pas être nommé, a déclaré à qu'"ils nous ont attaqués sur le chemin du retour à Mahuta".

    "Les agences de sécurité et les groupes d'autodéfense les ont suivis et ont sauvé un certain nombre d'enfants mais que d'autres sont encore entre les mains des bandits ou ont réussi à leur échapper et à se cacher dans la brousse.

    Le groupe avait précédemment investi plusieurs villages et enlevé des personnes avant d'attaquer les enfants au village de Baure.

    Il  y a eu un échange de tirs entre les agences de sécurité et le groupe. Un membre du groupe d'autodéfense a été gravement blessé par balle et est actuellement soigné à l'hôpital.  

    Cet incident s'est produit environ huit jours après que des bandits aient enlevé plus de 300 étudiants de l'école secondaire scientifique publique de Kankara, dans la région administrative locale de Kankara, dans l'État de Katsina.

    Les étudiants, après avoir passé six jours en captivité, ont été libérés jeudi après des négociations entre les représentants du gouvernement et leurs ravisseurs.

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  • Nigeria : Au moins 300 élèves enlevés par Boko Haram libérés

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    Au moins 300 élèves dont le rapt avait été revendiqué par le groupe jihadiste Boko Haram ont été relâchés par leurs ravisseurs dans le nord-ouest du Nigeria, ont indiqué jeudi 17 décembre les autorités locales de l'Etat de Katsina.

    "344 d'entre eux sont entre les mains des forces de sécurité et vont être transférés à Katsina cette nuit", a déclaré le gouverneur de l'Etat Aminu Bello Masari. "Ils vont bénéficier de soins avant d'être rendus à leurs familles", a-t-il ajouté.

    Peu auparavant, un conseiller du président avait annoncé la libération des élèves, sans cependant en préciser le nombre exact.

    "C'est un énorme soulagement pour tout le pays et la communauté internationale", a de son côté twitté le président, Muhammadu Buhari.

    Ce sont des centaines de mineurs, collégiens et lycéens, qui avaient été enlevés vendredi soir par des hommes armés, surnommés "bandits" dans cette région du Nigeria. Ils avaient été enlevés au lycée d'Etat pour garçons de Kankara, dans l'Etat de Katsina, dans un rapt ensuite revendiqué par le groupe jihadiste Boko Haram, habituellement actif dans la partie nord-est du pays, à des centaines de kilomètres plus à l'est. "Personne ne peut donner le nombre exact", a commenté à l'AFP une source sécuritaire. Les lycéens libérés sont actuellement regroupés dans la ville de Tsafe, dans l'Etat de Zamfara, et dans la localité voisine de Yankara, dans l'Etat de Katsina. "Nous aurons le chiffre précis quand ils seront arrivés et comptabilisés à Katsina (capitale de l'Etat éponyme)", a ajouté la même source sécuritaire.

    Jeudi, les jihadistes de Boko Haram avaient diffusé une vidéo des lycéens enlevés. Le visage couvert de poussière et griffé, un jeune garçon expliquait faire partie de 520 élèves enlevés par "le gang de Shekau", du nom du chef historique de Boko Haram. Leur nombre exact restait flou, les autorités annonçant tantôt 333 élèves portés disparus, puis 400 jeudi matin. Dans cette video, Boko Haram affirmait, par la voix de ce jeune garçon d'environ 14 ans, qu'ils étaient 520 entre leurs mains, et que certains avaient été tués. Les enfants, pour la plupart très jeunes, apparaissaient à bout de forces.

    Vidéo des enfants 
    La vidéo, diffusée par les canaux traditionnels du groupe, était enregistrée en partie en anglais, puis en langue haoussa, parlée notamment dans le nord du Nigeria. Un homme se présentant comme Abubakar Shekau diffusait ensuite un message vocal dans lequel il affirmait : "Voici mes hommes et ce sont vos enfants."

    Selon des informations de l'AFP, ce rapt de masse a été coordonné par le chef de gang Awwalun Daudawa en collaboration avec deux autres bandits renommés, Idi Minoriti et Dankarami, groupes armés qui terrorisent les populations dans le nord-ouest du Nigeria, et mènent des enlèvements contre rançon et des vols de bétail. Selon plusieurs témoignages de jeunes garçons qui ont réussi à s'échapper, les otages avaient été divisés en plusieurs groupes, le soir même de leur enlèvement.

    Selon une source sécuritaire proche du dossier, les lycéens qui apparaissaient dans cette vidéo étaient ceux détenus par Awwalun Daudawa, qui répond directement aux ordres de Boko Haram, les autres pouvant être libérés à la suite de négociations engagées entre les ravisseurs et le gouvernement local. Cette attaque, qui a ravivé le souvenir de l'enlèvement de plus de 200 jeunes filles à Chibok en 2014, était un camouflet pour le président nigérian Muhammadu Buhari, originaire de l'Etat de Katsina où il célébrait jeudi ses 78 ans.

    La présidence avait publié un communiqué samedi condamnant l'attaque contre des "enfants innocents". Le chef de l'Etat avait aussi promis de renforcer la sécurité dans les écoles, fermées dans plusieurs Etats du nord du pays depuis mercredi à cause de l'insécurité rampante. Mais le président n'avait fait aucune déclaration depuis la revendication de cet enlèvement par les jihadistes mardi, et ses porte-parole renvoyaient les journalistes vers les autorités locales.

    Boko Haram et sa branche dissidente, le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), actifs dans le nord-est du Nigeria, ont fait plus de 36.000 morts en dix ans de conflit et deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

    Vidéo

  • Nigeria : Le groupe terroriste islamiste Boko Haram fait son retour sur le devant de la scène

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    Au cours des dernières semaines, Jama'atu Ahlul Sunnah Lidda'awatu Wal-Jihad (JAS), également connu sous le nom de Boko Haram, a mené une série de raids audacieux, de massacres et d'enlèvements dans le nord du Nigéria et à Diffa en République du Niger.

    L'activisme soudain du groupe semble être une tentative de Boko Haram de reprendre de l'importance et de sortir de l'ombre de la faction dissidente affiliée à l'État islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP).

    Ce regain d’activité se produit à un moment où les groupes terroristes du Nord-Ouest et du Nord-Est du Nigeria commencent à exploiter la saison sèche pour mener des attaques contre les civils et les forces de sécurité. 

    La saison sèche offre un terrain qui facilite la mobilité des groupes armés et provoque une résurgence des affrontements entre éleveurs et.

    Le 11 décembre, un groupe d'hommes armés à motocyclette a enlevé des centaines d'écoliers de l'École des sciences du gouvernement de Kankara, dans l'État de Katsina. 

    HumAngle a appris que le profil des ravisseurs correspondait à celui des groupes armés connus pour pratiquer les enlèvements dans la région. Cependant, quelques jours plus tard, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a revendiqué la responsabilité de l'enlèvement et une source a informé HumAngle qu'un total de 523 écoliers étaient détenus par le groupe terroriste.

    Les autorités de l'État parlent de 333 étudiants portés disparus. La différence entre les deux chiffres s’explique par le fait que, selon des, plusieurs étudiants auraient réussi à s’échapper et erreraient dans les forêts. 

    L'incident de Kankara rappelle celui de Chibok, dans l'État de Borno, en 2014, lorsque Boko Haram avait enlevé 276 écolières du dortoir de l'école. 

    Cent sept des filles ont jusqu'à présent été libérées ou se sont échappées. Plusieurs autres sont toujours portées disparues. L'enlèvement a suscité des condamnations et des critiques internationales. 

    Le 12 décembre, des insurgés appuyés par une quinzaine de camions surmontés de canons ont lancé un raid audacieux sur la ville d'Askira-Uba, près de la  forêt de Sambisa, repaire des jihadistes de Boko Haram.

    Le même jour, le groupe Bakura, une filiale de Boko Haram opérant dans la région du lac Tchad, a attaqué un camp de réfugiés en République du Niger, dans la région de Diffa. Au moins 28 personnes ont été tuées et 800 maisons détruites. L'attaque a ensuite été revendiquée par Boko Haram dans une vidéo.

    Ces séries d'attaques, enregistrées dans les 12 premiers jours de décembre, ont été précédées, le 8 novembre, par l’assassinat par décapitation d'au moins 78 riziculteurs à Zabarmari dans la grande région de Maiduguri. 

    Quelques jours plus tôt, le dimanche 8 novembre, le groupe avait lancé une attaque de nuit contre la ville de garnison de Gwoza, incitant les troupes nigérianes à engager les avions de combat et des forces terrestres pour repousser les insurgés.

    Entre 2014 et 2015, la ville de Gwoza a servi de quartier général de Boko Haram, mais l'armée a repris la ville en mars 2015, permettant aux habitants déplacés de revenir progressivement.

    Le groupe s'est principalement concentré sur des raids sur les villages de la zone d'influence et sur les attaques des agriculteurs, des bûcherons et des voyageurs vulnérables.

    Ces récentes attaques pourraient signaler une résurgence du groupe après de graves hémorragies causées par la scission en 2016 des membres qui se sont ralliés à l’Etat islamique (ISWAP) et l'impact de l'opération militaire « Deep Punch » en 2017.

    Il montre également une expansion de l'activité terroriste au-delà de la zone d'influence traditionnelle de Boko Haram grâce à l’utilisation de bases satellites et de groupes affiliés aux caractéristiques géographiques, ethniques et culturelles diverses.  

    Chidi Nwaonu, un expert en sécurité, affirme que JAS (Boko Haram) tente de se rétablir en tant que groupe prééminent. Il a ajouté que si l’autorité de Boko Haram dans le Nord-Est est toujours contestée, il peut alors se regrouper dans le Nord-Ouest. 

    S'exprimant lors d'une réunion avec les principaux commandants de la police au sujet des attaques dans l'État de Kaduna, le chef de la police du pays, Mohammed Adamu, a déclaré que les autorités étaient au courant de la présence de Boko Haram. 

    Des remarques similaires ont été faites par un représentant du renseignement intérieur à la Umaru Shinkafi Legacy Foundation au sujet de groupes terroristes formant des alliances avec des bandits dans le Nord-Ouest.

    En juillet, HumAngle a rapporté que Boko Haram gagnait du terrain et dans un autre rapport publié en juin, ce journal a révélé que le groupe avait noué des alliances au nord-ouest. 

    Boko Haram n'est pas le seul à étendre ses opérations dans le nord-ouest, l'ISWAP (Etat islamique) et l'affilié d'Al-Qaïda Ansaru sont également présents dans la région et les forces de sécurité nigérianes ont signalé avoir ciblé leurs camps lors de frappes aériennes et d'opérations au sol.

    L'anarchie, les espaces non gouvernés et négligés du Nord-Ouest fournissent à ces groupes un environnement fertile pour recruter et soutenir les opérations. De même, les liens culturels et transfrontaliers permettent un accès facile à d'autres groupes terroristes au Sahel tels que la filiale de l'État islamique au Grand Sahara (ISGS) de l'ISWAP et la filiale d'Al-Qaida Jama'at Nasr al-Islam wal Muslimin.

  • Nigeria : Boko Haram revendique l'enlèvement des lycéens

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    Abubakar Shekau - le leader du groupe terroriste islamiste Boko Haram (le livre est péché)  vient de mettre en ligne un enregistrement audio revendiquant l'enlèvement des lycéens de Kankara (photo), nord-ouest du Nigeria.. Il affirme avoir kidnappé les adolescents pour mettre fin à l'éducation à l'occidentale qui est interdite. Il s'est exprimé en haoussa et en arabe.

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    L'annonce a "dévasté" les parents et pourrait marquer un tournant important dans l'expansion du groupe jihadiste. L'enlèvement a été initialement attribué à des groupes armés appelés «gangs» qui terrorisent les habitants de cette région instable, où les enlèvements contre rançon sont fréquents. S'il s'avère que Boko Haram est dernière cet enlèvement, cela représenterait un changement important dans l'influence des groupes djihadistes dans le nord-ouest du Nigéria.

    Les autorités affirment que 333 adolescents sont toujours portés disparus depuis l'attaque de leur pensionnat à Kankara dans l'Etat de Katsina (nord-ouest), dans la nuit de vendredi à samedi. Dans un message vocal diffusé selon les canaux traditionnels du groupe jihadiste, un homme se présentant comme Abubakar Shekau, chef historique de Boko Haram, a affirmé que ses "frères sont derrière l'enlèvement à Katsina". Le nombre de lycéens actuellement entre leurs mains n'était pas clair, certains d'entre eux ayant réussi à s'échapper lors de l'attaque et pouvant s'être perdus dans la campagne environnante au moment de leur fuite. Mais de nombreuses sources locales assurent qu'ils seraient plus de 500 à être toujours introuvables.

    Mardi, des dizaines de parents s'étaient réunis non loin de l'école publique vide de Kankara, et attendaient à l'ombre d'un grand manguier et sur le pas de la mosquée, d'avoir des informations sur la disparition de leurs enfants. "L'annonce de la revendication de Boko Haram a détruit tous les espoirs que j'avais de revoir mon fils bientôt", a confié à l'AFP un père de famille, se présentant par le seul prénom Ahmed. "Nous pensions qu'ils avaient été enlevés par des bandits qui auraient réclamé une rançon, mais maintenant que c'est Boko Haram, ça change tout", s'est-il désolé. "Nous sommes dévastés".

    Une centaine d'assaillants à moto
    Sur Twitter, le gouverneur de l'Etat de Katsina, Aminu Bello Masari, a assuré que des "discussions" étaient en cours avec les kidnappeurs "pour assurer leur sécurité et leur retour dans leur famille". Plus d'une centaine d'hommes armés à moto ont attaqué cette école publique rurale et alors que certains lycéens ont réussi à s'échapper, d'autres ont été rattrapés, séparés en plusieurs groupes et emmenés par des assaillants, selon des témoins et des survivants contactés par l'AFP.

    Bien que ce kidnapping de masse ait ravivé le spectre de l'enlèvement de Chibok en 2014, lorsque 276 jeunes filles avaient été enlevées en pleine nuit dans leur internat, il avait été d'abord été attribué à des "bandits" agissant à priori sans motivation idéologique ni religieuse. En effet, les kidnappings contre rançon sont monnaie courante dans cette partie du Nigeria, et des groupes armés terrorisent les populations, volent leur bétail et leur village pour des raisons financières.

    "Nous avons vu certains groupes (de bandits) prêter allégeance à Shekau ces derniers mois", note Idayat Hassan, du Centre pour la Démocratie et le Développement (CDD-West Africa), think-tank basé à Abuja.

    Bulama Bukarti, analyste pour l'Afrique subsaharienne à l'Institut Tony Blair, explique en effet que "Shekau n'a pas déployé de combattants, mais a tissés des liens avec les bandits pour s'implanter dans le nord-ouest du pays", à des centaines de kilomètres de leur bastion, sur les pourtours du lac Tchad.

    Jonction avec les groupes sahéliens
    "Le nord-ouest du Nigeria est à la jonction entre le territoire où opère habituellement Boko Haram (nord-est du Nigeria) le Sahel, où d'autres groupes jihadistes étendent leur influence", explique cet expert en sécurité à l'AFP. "Si cette région tombe entre les mains des jihadistes, cela connecterait tout le Sahel au Lac Tchad", s'inquiète-t-il.

    Depuis 2016, le groupe Boko Haram s'est divisé en deux factions: celle d'Abubakar Shekau, le chef historique du groupe, et l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), affilié à l'EI. De leur côté, les groupes jihadistes évoluant au Sahel sont pour certains affiliés à Al-Qaïda, pour d'autres à l'EI. Le président Muhammadu Buhari, lui-même originaire de Katsina et qui était d'ailleurs en visite chez lui le week-end dernier au moment de l'enlèvement, a condamné l'attaque et ordonné le renforcement de la sécurité dans toutes les écoles. Les établissements scolaires ont également été fermés dans la province. La présidence avait affirmé dès samedi que l'armée avait localisé "le repaire des bandits", ajoutant qu'une opération militaire était en cours.

    Spirale de violences
    Contacté par l'AFP mardi, le porte-parole de la présidence Garba Shehu a expliqué que la présidence ne ferait aucun commentaire pour l'instant. La situation sécuritaire s'est largement détériorée dans le nord du Nigeria depuis l'élection de Buhari en 2015, musulman originaire du nord du pays, qui avait pourtant assurer faire de la lutte contre Boko Haram sa priorité.

    Le groupe jihadiste d'Abubakar Shekau a toutefois commis de nombreuses atrocités ces dernières semaines. Il a revendiqué le massacre de dizaines de travailleurs agricoles près de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno, ainsi que l'attaque "barbare" ce weekend sur un village près de Diffa, au Niger voisin, où au moins 28 personnes ont été tuées, la plupart brûlées vives. Le conflit a fait 36.000 morts, essentiellement dans le nord-est du pays, sur les pourtours du lac Tchad, et plus de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer. Il s'est étendu au Tchad, Cameroun et Niger, pays voisins du bassin du Lac Tchad. 

  • Nigeria : un groupe armé kidnappe 400 étudiants

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    Le Nigeria est sous le coup d'une nouvelle attaque visant une école. Un groupe armé arrivé à moto a attaqué un établissement d'enseignement secondaire dans le nord-ouest du Nigeria et a enlevé près de 400 lycéens, selon les médias locaux.

    L'attaque a eu lieu dans le village de Kankara de l'État de Katsina, au nord-ouest du Nigéria, près de la frontière avec le Niger.

    Le président nigérian Muhammadu Buhari a condamné l'attaque et déclaré que les forces de sécurité ont réussi à repérer le groupe armé caché dans les bois et lancé une opération pour traquer les ravisseurs.

    De son côté, le porte-parole de la police de Katsina, Gambo Issa, a fait savoir qu'un membre des forces de sécurité a été blessé pendant cette attaque et que des forces de sécurité supplémentaires seront déployées pour entamer les opérations de recherche.

    Amino Massari, gouverneur de l'État, a par ailleurs, ordonné la fermeture de toutes les écoles à la suite de l'attaque.