Kalbajar

  • Arménie-Azerbaïdjan : les violations du cessez-le-feu se poursuivent

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    Malgré l'accord de paix du 9 novembre 2020, des violations du cessez-le-feu par les autorités arméniennes et azerbaïdjanaises continuent d'être enregistrées, comme cela a été le cas mardi 20 juillet. Les premières ont accusé Bakou d'avoir bombardé ses positions militaires le long de la frontière, causant de graves blessures à un soldat arménien. Ces dernières ont de leur côté annoncé qu'un soldat azerbaïdjanais avait été grièvement blessé à la suite des affrontements provoqués par l'Arménie le long de la ligne de contact. 

    Le ministère de la Défense de l'Arménie a déclaré que, dans la nuit du 19 au 20 juillet, les Forces armées azerbaïdjanaises avaient bombardé les postes arméniens situés dans le village d'Eraskh, à 70 kilomètres d'Erevan, la capitale de l'Arménie. C'est ce qu'a rapporté mardi 20 juillet l' agence de presse russe RIA Novosti . Selon certaines informations, Bakou a ouvert le feu avec des armes légères et n'a pas utilisé de mortier. Entre autres conséquences, les affrontements ont causé de graves blessures au représentant administratif d'Eraskh, Radik Ogikyan, qui tentait d'éteindre l'incendie causé par l'armée azerbaïdjanaise.

    Pendant ce temps, la même agence de presse russe a rapporté les déclarations faites par le département de la défense de l'Azerbaïdjan. Ce dernier a annoncé que, dans la nuit du 19 juillet, les Forces armées arméniennes avaient ouvert le feu sur des positions militaires azerbaïdjanaises dans la région de Sadarak, une région proche de la République autonome de Nakhitchevan, une enclave azerbaïdjanaise à la frontière avec l'Arménie et l'Iran. Le lieutenant Badalli Ramal Bahlul a été grièvement blessé au cours des échanges de tirs. La situation dans la région s'est depuis stabilisée.

    Alors que les autorités de Bakou et d'Erevan tentent de parvenir à un accord pour normaliser le conflit qui dure depuis une décennie, les combats le long des lignes de contact continuent de se multiplier. Il existe de nombreux acteurs internationaux qui jouent le rôle de médiateurs. Parmi eux, les États-Unis, la France, la Russie, la Turquie et l'Iran. Les tentatives de normalisation de la situation ont conduit  au rapatriement d'un total de 30 prisonniers arméniens les 5 juillet  et  12 juin . En retour, Erevan a remis aux autorités azerbaïdjanaises des cartes indiquant l'emplacement de près de 200 000 mines dans le sud-ouest de l'Azerbaïdjan. Dans les deux cas, la médiation des États-Unis et de la Géorgie a joué un rôle clé et permis aux belligérants de trouver un point de rencontre. 

    Le différend territorial historique découle du fait que les deux pays, utilisant des cartes soviétiques différentes, revendiquent la souveraineté des zones frontalières. Les tensions se sont intensifiées depuis le 12 mai, lorsque l'Arménie a accusé l'Azerbaïdjan d'avoir déployé ses troupes le long de la frontière, pénétrant le territoire d'Erevan sur 3,5 km de profondeur. Bakou affirme que l'avancée visait à délimiter les frontières tandis qu'Erevan a accusé l'Azerbaïdjan d'utiliser ce « prétexte » pour avancer. Suite à des violations répétées, l'Arménie a demandé l'intervention de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire pour la sécurité régionale dirigée par la Russie, pour engager des consultations axées sur les zones contestées.

    Par la suite, le 27 mai , l'Azerbaïdjan a emprisonné six soldats arméniens alors qu'ils effectuaient des travaux d'ingénierie dans la région de Gegharkunik, une zone contrôlée par l'armée d'Erevan. Selon l'Arménie, les soldats arrêtés n'avaient pas violé la frontière avec l'Azerbaïdjan. En revanche, le ministère de la Défense de Bakou affirme que les six soldats, membres d'un "groupe de reconnaissance et de sabotage", avaient été arrêtés parce qu'ils tentaient de franchir la frontière azerbaïdjano-arménienne en direction de la colonie de Yukhary Ayrim dans la région de Kelbajar.

    La région autonome du Haut-Karabakh est contestée par l'Arménie et l'Azerbaïdjan depuis des décennies. Les affrontements, qui ont éclaté le 27 septembre 2020, ont atteint leur paroxysme en octobre de la même année. Sur la base du traité de paix du 9 novembre 2020, l'Arménie a cédé le contrôle de la région du Haut-Karabakh et des sept districts frontaliers de l'Azerbaïdjan, qui étaient occupés par les forces arméniennes depuis les années 1990 . En outre, l'accord prévoyait la libération immédiate de tous les prisonniers de guerre des deux côtés. L'Azerbaïdjan n'a pourtant pas libéré les Arméniens du Haut Karabakh capturés après la signature de l'armistice, affirmant que l'obligation de libération prévue par l'armistice ne peut s'appliquer à ces derniers. Cet aspect reste l'un des points critiques encore non résolus entre Bakou et Erevan.

    La République d'Artsakh, ou territoire du Haut-Karabakh, revêt une importance considérable de par sa position stratégique, notamment pour le  contrôle des gazoducs et des oléoducs  qui la traversent et approvisionnent en hydrocarbures le marché russe et turc. Il est également important de se rappeler que la Turquie soutient militairement l'Azerbaïdjan, tandis que la Russie est officiellement un allié de l'Arménie.

  • Nagorny-Karabakh : Maisons en feu - les Arméniens quittent Aghdam

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    Maisons en feu et militaires détruisant leur propre quartier général. Jeudi, à la veille de la rétrocession à l'Azerbaïdjan du district d'Aghdam, les Arméniens partent, s'efforçant de ne rien laisser à l'adversaire victorieux du dernier conflit les ayant opposés.

    Les forces séparatistes arméniennes du Nagorny Karabakh doivent abandonner ce territoire au plus tard vendredi, selon les termes de l'accord de cessation des hostilités signé sous l'égide de la Russie le 9 novembre.

    Ce district, qui faisait partie du glacis de sécurité conquis par les Arméniens dans les années 1990 tout autour de le république séparatiste du Nagorny Karabakh, est le premier de trois qui doivent être rétrocédés à l'Azerbaïdjan avant le 1er décembre.

    Selon les journalistes de l'AFP, les militaires arméniens étaient à pied d'oeuvre pour détruire au bulldozer et incendier des bâtiments de leur quartier général dans la ville d'Aghdam, une cité fantôme abandonnée par ses habitants depuis près de trente ans mais où l'armée arménienne avait installé une base.

    Les habitants des villages de la région chargeaient leurs biens sur des remorques ou des camions pour rejoindre des territoires restant sous contrôle arménien. Certains mettaient aussi le feu à leur maison avant de partir. Les forces de maintien de la paix russes se sont pour leur part déployées sur leurs positions, sur la ligne de contact locale séparant forces arméniennes et azerbaïdjanaises.

    La république autoproclamée du Nagorny Karabakh survit amoindrie et affaiblie à la guerre de six semaines qui l'a opposée à l'Azerbaïdjan qui voulait en reprendre le contrôle. Bakou a ainsi reconquis la deuxième ville de la province, Choucha, mais aussi les sept districts azerbaïdjanais qui constituaient le glacis de sécurité entourant le Nagorny Karabakh. Quatre ont été reprises par les armes et trois doivent être rétrocédés par les Arméniens : Aghdam vendredi, Kalbajar le 25 novembre et Latchin le 1er décembre.

  • Nagorny-Karabakh : Les forces russes arrivent à Stepanakert, la capitale du Karabakh

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    Des soldats russes contrôlaient vendredi matin les abords de Stepanakert, capitale du Nagorny Karabakh, gardant les accès à la ligne de contact toute proche entre forces arméniennes et azerbaïdjanaises, selon un journaliste de l'AFP.

    Des dizaines de militaires et au moins trois engins blindés ont été déployés sur un check-point à la sortie sud-ouest de la ville sous contrôle des forces arméniennes, sur la route menant à la localité voisine de Choucha, à une dizaine de kilomètres de là, conquise la semaine dernière par les forces azerbaïdjanaises. Le drapeau russe flottait sur la position, où des militaires arméniens aidaient au contrôle des véhicules.

    "On contrôle les passeports, on s'assure qu'il n'y a pas d'armes dans les véhicules, on ne bloque pas", a expliqué à l'AFP l'un des militaires russes. Cinq kilomètres plus au sud, sur cette même route, un autre point de contrôle russe, avec engins blindés, était déployé.
    La situation était calme dans tout le secteur, militaires russes et arméniens discutant de façon tout à fait détendue. Certains des occupants des véhicules contrôlés donnaient même des provisions, un pain, des confiseries ou des cigarettes, aux soldats russes, arborant sur leurs uniformes et leurs véhicules blindés des drapeaux frappés de lettre jaune, MC, acronyme de "forces de paix" en russe.

    L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé en début de semaine, sous parrainage russe, un accord de cessez-le-feu mettant fin au conflit débuté fin septembre au Karabakh. Cet accord consacre les gains de territoires importants obtenus par l'Azerbaïdjan, et prévoit la rétrocession à Bakou de territoires supplémentaires.

    En attendant le déploiement complet des forces russes, et la réouverture du corridor de Latchin, cordon ombilical reliant l'Arménie à l'enclave, la seule voie d'accès au Nagorny Karabakh est la route passant par le nord de l'enclave, par le district de Kalbajar, qui doit être rétrocédé dimanche à l'Azerbaïdjan.