Kabulov Zamir (envoyé de la présidence russe pour

  • Afghanistan : L'Etat islamique revendique des tirs de roquettes près du palais présidentiel

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    L'Etat islamique (Daech) a revendiqué mardi 20 juillet 2021 le tir de trois roquettes qui ont atterri près du palais présidentiel à Kaboul, où de nombreux responsables étaient réunis autour du président Ashraf Ghani à l'occasion de l'Adha, la fête musulmane du Sacrifice.

    Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Mirwais Stanikzai, les roquettes, tirées depuis un pick-up, ont atterri dans trois zones situées dans un rayon d'environ un kilomètre autour du palais présidentiel, déjà visé à plusieurs reprises dans le passé, la dernière fois en décembre 2020.

    Seules deux des trois roquettes ont explosé, sans faire de victime, a-t-il ajouté.

    En fin de journée, l'Etat islamique, qui a déjà revendiqué plusieurs attaques à la roquette contre la capitale, ainsi que des attentats sanglants, a affirmé dans un communiqué que ses "soldats" avaient "visé le palais présidentiel du tyran afghan et la +zone verte+ à Kaboul avec sept roquettes Katioucha".

    Vers 08H00, des journalistes de l'AFP ont entendu le bruit, suivi d'explosions, d'au moins deux roquettes survolant la "zone verte" ultra-fortifiée qui abrite également plusieurs ambassades, dont la mission de l'ONU.

    Dans une vidéo filmée par la télévision nationale, on entend le sifflement suivi de l'explosion d'au moins deux roquettes pendant que M. Ghani et plusieurs hauts responsables font la prière d'eiduladha dans le jardin du palais.

    Le chef de l'Etat et la plupart des hommes présents restent impassibles et continuent de prier. Vidéo.

    Aucun progrès dans les négociations inter-afghanes
    En mars 2020, une attaque à la roquette, déjà revendiquée par l'Etat islamique, avait visé la cérémonie d'investiture de M. Ghani pour son second mandat.

    "Mon impression est que l'importance de ces attaques s'évalue moins aux dégâts qu'elles causent qu'à l'impact psychologique qu'elles ont en sapant la confiance dans le gouvernement", a indiqué à l'AFP Ibraheem Bahiss, consultant de l'International Crisis Group (ICG). Mais "le fait que (les roquettes) aient atterri si près du palais présidentiel montre que ces attaques peuvent potentiellement devenir mortelles".

    Le gouvernement afghan attribue régulièrement aux talibans des attaques revendiquées par l'Etat islamique, soutenant que l'organisation djihadiste a été largement anéantie en 2019 dans la province de Nangarhar (Est), son bastion de l'époque.

    "Les talibans ont montré qu'ils n'avaient ni la volonté ni l'intention de faire la paix", malgré leurs affirmations, a accusé mardi le président Ghani dans son discours de l'Adha, dans lequel il n'a fait aucune référence à l'attaque.

    "Jusqu'à maintenant, les talibans n'ont pas montré" le moindre intérêt "pour des pourparlers significatifs et sérieux", a-t-il ajouté, à l'issue d'un nouveau weekend stérile de discussions entre gouvernement et insurgés à Doha.

    Les deux délégations se sont séparées dimanche en indiquant simplement s'être accordées sur le besoin de trouver une "solution juste" et de se rencontrer à nouveau "la semaine prochaine".

    Mardi, l'émissaire du Kremlin pour l'Afghanistan, Zamir Kaboulov, a cependant soutenu lors d'une conférence d'experts en ligne que les talibans étaient "prêts à un compromis politique, mais (que) de leur point de vue, ce compromis politique doit être présenté avec dignité".

    Selon lui, une grande partie des dirigeants talibans "en a assez de la guerre" et comprend qu'après 20 ans de conflit, "il faut chercher des issues politiques pour sortir de l'impasse actuelle", même si une génération plus jeune de combattants, aux vues plus radicales, est moins disposée à cesser les combats.

    Les pourparlers de Doha, entamés en septembre, n'ont connu depuis aucune avancée et les talibans ont lancé début mai une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, à la faveur du commencement du retrait définitif des forces internationales d'Afghanistan, prévu pour s'achever fin août.

    Privées du crucial soutien américain, les forces afghanes n'ont opposé qu'une faible résistance et ne contrôlent plus pour l'essentiel que les capitales provinciales et les axes majeurs.

    Les talibans n'ont pas annoncé de cessez-le-feu à l'occasion de l'Adha, comme ils l'avaient précédemment fait ces dernières années lors de fêtes musulmanes.

    Selon Ibrahim Bahiss, ils ne l'ont pas fait car ils veulent "tirer parti d'avoir repris l'initiative militaire au gouvernement", mais aussi pour ne pas donner prise aux affirmations selon lesquelles "ils enregistrent d'importantes pertes et veulent une pause militaire".

    "Cela va décevoir beaucoup de gens dans le pays, pour qui les cessez-le-feu de l'Adha figuraient parmi les rares et précieux moments permettant de rendre visite aux amis et à la famille", a-t-il souligné.

  • Russie : Lavrov discute de la menace terroriste croissante en Afghanistan

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    Le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, a annoncé vendredi 2 juin que, dans le contexte du retrait progressif des troupes américaines, l'organisation terroriste de l'État islamique (Daech) se développait activement en Afghanistan. Pour cette raison, la Russie et le Tadjikistan ont déclaré leur intention d'intensifier leur coopération militaire.

    Lavrov, lors d'une conférence de presse, a souligné combien il est important de surveiller l'évolution de la situation dans la région. "Les militants de l'Etat islamique avancent vers de nouveaux territoires", notamment dans le nord du pays, à la frontière avec des Etats alliés à la Russie, comme le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, a réitéré le ministre russe. Si Moscou avait déclaré la veille qu'elle n'était pas préoccupée par l'avancée des talibans vers le nord de l'Afghanistan, la Russie a néanmoins indiqué qu'elle entendait fournir une assistance militaire au Tadjikistan en cas d'augmentation de la menace terroriste des talibans sur la frontière avec les pays voisins.

    Le 1er juillet, Douchanbé a accueilli le sommet de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire défensive créée en 1992 pour sauvegarder les territoires de l'ex-Union soviétique. Au cours du sommet, le chef de la Chambre haute du Parlement tadjik, Rustami Emomali, et le président de la Douma d'État de la Fédération, Viacheslav Volodin, ont discuté de la situation en Afghanistan, convenant de renforcer la coopération russo-tadjike dans le domaine de la défense et de la sécurité.conformément aux obligations établies par l'OTSC. Dans la note finale, publiée à l'issue du sommet, il est indiqué que les parties se sont engagées à poursuivre le dialogue sur l'Afghanistan en raison de l'instabilité et de l'incertitude croissantes de la situation. En plus de cela, la Russie et le Tadjikistan ont convenu d'intensifier la formation de leurs forces armées, ainsi que la coopération technico-militaire.

    Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, et le ministère de la Défense du pays étaient du même avis. Ces derniers ont déclaré vouloir activer les fonds nécessaires pour renforcer la 201e division militaire russe au Tadjikistan. C'est une base militaire terrestre située à Douchanbé depuis l'époque de l'Union soviétique. En 2001, la division a été déployée à la frontière avec l'Afghanistan après que les talibans aient tenté de la franchir. En octobre 2012, un accord a été signé prolongeant la période de stationnement de la base militaire russe au Tadjikistan jusqu'en 2042.

    Les derniers développements diplomatiques entre l'Afghanistan et la Fédération de Russie concernent diverses consultations, qui ont été lancées pour discuter de l'escalade des tensions dans le nord du pays d'Asie centrale. Plus précisément, le 1er juillet, le conseiller afghan à la sécurité nationale, Hamdullah Mohib, s'est rendu en Russie pour s'entretenir avec le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolai Patrushev. Le sommet s'est tenu en présence de l'envoyé de la présidence russe pour l'Afghanistan, Zamir Kabulov, et a porté sur le retrait des troupes de l'Alliance atlantique et des États-Unis du pays . Les représentants ont également discuté du dialogue de paix intra-afghane, ainsi que de l'intensification de la coopération bilatérale entre Moscou et Kaboul,

    Cette visite intervient deux jours après les déclarations de l'ambassadeur de Moscou à Kaboul , Dmitry Zhirnov. Ce dernier, le 29 juin, a déclaré que les talibans ne représentaient pas une menace directe pour la Russie car les militants afghans ne seraient pas assez forts pour prendre le contrôle de la capitale et d'autres grandes villes du pays. Malgré cela, Zhirnov a reconnu que les tensions à Kaboul s'intensifiaient en raison de la menace terroriste accrue.  

    Le dernier épisode de violence mettant en danger l'Ouzbékistan, qui partage 144 kilomètres de frontière avec l'Afghanistan, remonte au 23 juin. À cette date, les troupes gouvernementales afghanes sont entrées en  Ouzbékistan  pour fuir une attaque des talibans. Le Tadjikistan, qui borde l'Afghanistan sur 1 357 kilomètres, a également été le théâtre de troubles dus au conflit entre le gouvernement afghan et les militants. Le 22 juin, le Comité d'État sur la sécurité nationale (GKNB) du  Tadjikistan, qui s'occupe également des services de sécurité aux frontières, a déclaré que 134 soldats du gouvernement afghan avaient été contraints de se retirer sur le territoire du Tadjikistan parce qu'ils n'étaient pas en mesure de contenir l'offensive des talibans. Ce dernier a donc pris le contrôle du principal poste frontière de l'Afghanistan avec le Tadjikistan, près de la ville de Shir Khan Bandar, située à une cinquantaine de kilomètres de Kunduz. À ce jour, les talibans ont pris le contrôle de la plupart des avant-postes afghans près de la frontière avec le Tadjikistan.

    Pendant des décennies, l'Afghanistan a été caractérisé par une profonde instabilité politique. Le groupe taliban, d'origine islamique fondamentaliste, s'est d'abord engagé dans la lutte antisoviétique en Afghanistan. L'intervention des États-Unis en 2001, et le soutien ultérieur offert par l'OTAN avec la mission de la Force internationale de sécurité et d'assistance (FIAS) en août 2003, ont renversé le régime théocratique qui avait été imposé au pays entre 1995 et 1996. Cependant, le groupe a poursuivi ses activités militaires contre les troupes de la coalition internationale de l'Alliance atlantique déployées en Afghanistan, ainsi que contre les forces gouvernementales à Kaboul. Au fil des ans, les talibans ont cycliquement perdu et regagné du terrain. Ce qui est également le cas de  l'État islamique (EI). Les pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans ont débuté le 12 septembre 2020 dans la capitale du Qatar mais n'ont jusqu'ici donné aucun résultat.