Kaboul

  • Afghanistan : Kaboul plongée dans le noir après une explosion contre un pylône électrique

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    Kaboul était plongée dans le noir jeudi soir après une explosion d'origine inconnue qui a détruit un pylône de la ligne à haute tension alimentant la capitale afghane, a annoncé la compagnie nationale d'électricité.

    "Une explosion a détruit un pylône électrique dans le secteur de Qala Murad Beg, dans la région de Kaboul, et coupé une ligne d'électricité importée de 220 kV, par conséquent l'approvisionnement est interrompu à Kaboul et dans certaines régions", a écrit la compagnie dans un communiqué. La coupure s'est produite vers 18h00 locale , lorsqu'il faisait déjà nuit, plongeant la ville dans le noir, sauf pour les rares bâtiments équipés de générateurs.

    L'origine de l'explosion n'était pas connue à ce stade. Mais s'il s'agissait d'une attaque revendiquée par l'organisation Etat islamique, engagée dans une campagne de déstabilisation du régime, il s'agirait d'un signe supplémentaire que les talibans sont bien victimes de leurs anciennes tactiques. Les talibans, lorsqu'ils menaient l'insurrection contre le gouvernement afghan et les forces alliées, ont eux-mêmes à plusieurs reprises utilisé cette méthode, notamment pour réclamer le rétablissement de l'électricité dans les zones qu'ils contrôlaient.

    Pour son approvisionnement en électricité, l'Afghanistan, pays ravagé par la guerre pendant vingt ans, dépend aux trois quarts des pays voisins, essentiellement l'Ouzbékistan et le Tadjikistan. 

    Depuis l'arrivée des talibans au pouvoir à la mi-août, le régime privé des aides internationales doit à ses partenaires entre 60 et 90 millions de dollars, selon les estimations. 

  • Afghanistan : Alerte sécuritaire concernant les grands hôtels de Kaboul

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    Etats-Unis et Grande Bretagne lancent une alerte sécuritaire pour plusieurs grands hôtels de Kaboul
    Le spectre de la menace d'attentats jusque dans la capitale afghane a resurgi dimanche 10 octobre 2021 avec une alerte concernant les hôtels de Kaboul.

    Les diplomaties américaine et britannique ont averti lundi leurs ressortissants contre le risque d'une attaque dans les grands hôtels de Kaboul, notamment le Serena, un hôtel de luxe en plein centre de la capitale. "En raison de menaces sécuritaires, nous recommandons aux citoyens américains d'éviter d'y séjourner et d'éviter la zone", a indiqué sur son site internet le département d'État, à propos de cet hôtel déjà ciblé à plusieurs reprises ces dernières années.
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    L'hôtel Serena avait été attaqué le 20 mars 2014 par un commando armé taliban qui avait abattu neuf personnes, dont un journaliste de l'AFP et sa famille. Un attentat suicide avait eu lieu dans le même hôtel en janvier 2008, alors que le ministre norvégien des Affaires étrangères se trouvait à l'intérieur, faisant six morts, dont un Américain et un journaliste norvégien. Les hôtels de luxe de Kaboul abritent désormais aussi bien des ressortissants étrangers de passage, journalistes ou humanitaires notamment, que de hauts responsables talibans qui y mènent des réunions de travail.

    Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays après vingt ans de guerre leur priorité, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants, revendiquée par l'organisation État islamique. Sa branche locale, l'État islamique-Khorasan (EI-K), a ciblé ces dernières semaines les talibans et la minorité chiite afghane. Ce groupe a revendiqué un attentat vendredi contre une mosquée chiite de Kunduz (nord-est), qui a fait au moins 60 morts. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis le départ des troupes américaines du pays le 30 août.

    Province de Paktia : 5 personnes arrêtées pour collaboration avec l'Etat islamique

  • Afghanistan :Des femmes afghanes ont manifesté, dimanche à Kaboul,  pour revendiquer leurs droits au travail et à l'éducation

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    Des femmes Afghane, ont organisé, dimanche 10 octobre 2021, une manifestation pour revendiquer leurs droits au travail et à l'éducation après les restrictions imposées par le mouvement Taliban depuis sa prise du pouvoir dans le pays.

    Une quinzaine de femmes afghanes ont participé à la manifestation dans le Shahr-e Naw Park, au centre de la capitale, Kaboul.

    Les femmes ont brandi des banderoles indiquant "Le silence du monde est une honte", "Une société sans femmes est vouée à périr", "Le développement de l'Afghanistan réside dans l'égalité entre hommes et femmes", "Pourquoi la communauté internationale est-elle silencieuse, n'entendez-vous pas la voix des femmes afghanes ?" "Protégez les droits des femmes afghanes" ou encore "Les droits des femmes sont des droits humains".

    La manifestation était soutenue par un certain nombre d'hommes et d'enfants dans le parc.

    Dans un discours, Shukria Sadate, l'une des participantes à la manifestation, a confirmé qu'elles n'avaient pas obtenu d'autorisation de manifestation des Taliban, malgré les efforts déployés pour l'avoir.

    Elle a déclaré : "Il est facile d'accéder au pouvoir par la force, mais pour gagner le cœur du peuple, on a besoin de compréhension. Ce que vous (les Taliban) dites aujourd'hui ne reflète pas la pensée du peuple".

    Quant à Rahmieh Nowruz, elle a appelé la communauté internationale à ne pas rester silencieuse sur les violations des droits humains en Afghanistan.

    "Les femmes afghanes ne peuvent pas participer à la politique. Elles n'ont ni travail ni sécurité. Les portes des écoles sont fermées aux étudiantes. La communauté internationale doit briser le silence", a-t-elle déclaré.

    La manifestation a duré environ une heure sans l'intervention des forces des Taliban.

     

  • Afghanistan : Au moins 55 morts dans un attentat suicide contre une mosquée chiite de Kunduz

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    rlvrhx3c.jpegAu moins 55 personnes ont été tuées et au moins 143 autres blessées dans un attentat suicide ayant frappé, lors de la grande prière du vendredi, une mosquée chiite de Kunduz, dans le nord-est de l'Afghanistan, cinq jours après un attentat à Kaboul revendiqué par l'organisation Etat islamique. Selon d'autres sources, l'attentat aurait fait une centaine de victimes et plus de 200 blessés.
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    L'explosion dans une mosquée chiite Grand Sayedabad du quartier de Khan Abad Bandar de Kunduz a été causée par un kamikaze, a annoncé à l'AFP Matiullah Rohani, responsable régional du gouvernement taliban en charge de la Culture et de l'Information. Elle a eu lieu à 13H30 lors de la prière du vendredi.

    A l'hôpital central de Kunduz, un docteur ayant requis l'anonymat a déclaré à l'AFP que "jusqu'ici, nous avons reçu 35 corps et plus de 50 blessés".

    FBMGeI6X0AI1f5y.jpegL'Etat islamique-Khorasan revendique l'attentat
    L'Etat islamique-Khorasan a publié la photo du kamikaze qui a perpétré un attentat contre la mosquée chiite Grand Sayedabad. Selon le communiqué du groupe islamiste, le kamikaze serait un Ouighour (Chinois). Il faut rappeler que les talibans se sont engagés à expulser les islamistes ouighours à la demande de la Chine.

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    En Afghanistan, les chiites sont régulièrement la cible d'attentats, souvent menés par la branche locale du groupe État islamique (Daech). Cette explosion survient cinq jours après un attentat à la bombe contre une mosquée de Kaboul, qui avait fait au moins cinq morts et avait été revendiqué par l'EI.

    Cet attentat avait ciblé la mosquée Id Gah, où se tenait une cérémonie funéraire en hommage à la mère de Zabihullah Mujahid, le porte-parole du gouvernement taliban et figure du mouvement, décédée la semaine passée. Il avait illustré la rivalité et la haine tenace et réciproque qui opposent l'Etat islamique et les talibans, deux groupes sunnites radicaux.

    L'Etat islamique au Khorasan (EI-K) a revendiqué certaines des attaques les plus meurtrières commises ces dernières années en Afghanistan et au Pakistan. Notamment des attentats suicide dans des mosquées, des hôpitaux et dans d'autres lieux publics.

    Le groupe a, en particulier, ciblé des musulmans qu'il considère comme hérétiques, notamment les chiites de la minorité hazara. En août 2019, il a ainsi revendiqué un attentat contre des chiites à un mariage à Kaboul, où 91 personnes avaient été tuées. Il a aussi été fortement soupçonné d'avoir été derrière une attaque en mai 2020 contre une maternité d'un quartier majoritairement chiite de la capitale qui a coûté la vie à 25 personnes, dont 16 mères et des nouveaux-nés.

    La prise de contrôle du pays par les talibans à la mi-août n'a pas mis fin à la menace terroriste, comme l'avait déjà montré l'attentat commis le 26 août aux abords de l'aéroport de Kaboul, qui avait fait plus d'une centaine de morts, dont 13 soldats américains, et a été revendiqué par l'EI-K.

    Des morts et des blessés dans une explosion dans une école religieuse (madrasa)
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    Par ailleurs, on a appris qu'une explosion dans une école religieuse dans la province de Khost, dans l'est de l'Afghanistan, avait fait 7 morts et plus de 15 blessés selon un dernier bilan.

    Selon le ministère de l'Intérieur du gouvernement intérimaire afghan, une grenade à main a explosé mercredi 6 octobre 2021 dans le bâtiment de l'école.
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    la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan a exprimé sa préoccupation face à cette série d'attentats, notant que l'attaque de Kunduz est la troisième attaque meurtrière contre une institution religieuse en Afghanistan depuis le début de la semaine, après un incident devant une mosquée à Kaboul lundi dernier, revendiquée par l'Etat islamique, et une attaque contre une madrasa dans la province de Khost mercredi. 

  • Afghanistan : Les talibans affirment avoir neutralisé une cellule de l'Etat islamique

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    Les talibans ont affirmé, lundi avoir neutralisé à Kaboul une cellule du groupe État islamique (EI), quelques heures après un attentat à la bombe contre une mosquée de la capitale afghane, dans lequel au moins cinq personnes ont été tuées.

    Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a annoncé qu'une cache abritant des éléments de l'Etat islamique avait été détruite. Huit membres de cette cellule ont été tués dimanche soir près de l'ambassade de Russie, à Kaboul. Des témoins et des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions et des échanges de coups de feu au nord du même 7e arrondissement, dans la zone d'Ayub Khan Mena.. Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont aussi montré une grosse explosion suivie d'un incendie. 3 autres membres de l'Etat islamique auraient été capturés lors de l'opération de ratissage. 

    "La nuit dernière, une unité spéciale des moujahidine de l'Émirat islamique a mené une opération contre des insurgés de l'Etat islamique", dans un district de Kaboul, a déclaré M. Mujahid sur son compte Twitter. La cache de l'Etat islamique "a été complètement détruite et tous les membres de l'Etat islamique à l'intérieur ont été tués", a-t-il assuré.

    Un fonctionnaire habitant le quartier, Abdul Rahaman, a indiqué à l'AFP qu'un "grand nombre" de membres des forces spéciales talibanes avaient attaqué au moins trois maisons alentour pendant "plusieurs heures". Les talibans "ont dit qu'ils cherchaient des combattants de Daech dans le coin", a-t-il repris. "Je ne sais pas combien ont été tués ou arrêtés, mais les combats étaient intenses".

    Selon les images partagées par les sources russes, les coups de feu ont repris dans la matinée du 4 octobre, ce qui suppose que des combats étaient toujours en cours.

    Cette opération a eu lieu quelques heures à peine après un attentat à la bombe dimanche contre la mosquée Id Gah de Kaboul, où se tenait une cérémonie funéraire pour la mère de M. Mujahid, décédée la semaine passée. Au moins cinq personnes ont été tuées et 11 blessées, des civils et des talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat. Trois personnes ont été arrêtées en lien avec cette attaque, selon cette même source. La bombe, placée à l'entrée de la mosquée, a été activée au moment où les fidèles quittaient l'édifice après avoir présenté leurs condoléances à M. Mujahid et ses proches, a précisé ce responsable. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Qari Sayed Khosti, a annoncé à l'AFP que l'attaque avait été menée par un kamikaze, qui "a fait détoner ses explosifs au milieu de la foule".

    Lundi, M. Mujahid a déclaré à l'AFP qu'une enquête était toujours en cours, mais que "les premières informations suggèrent que des groupes liés à Daech pourraient avoir mené l'attaque". Sous le nom Etat islamique-Khorasan, le groupe a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan. Même s'il s'agit de deux groupes sunnites radicaux, l'Etat islamique et les talibans sont en concurrence et sont animés par une haine tenace et réciproque.
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  • Afghanistan : Au moins douze morts dans une explosion près d'une mosquée à Kaboul

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    Une explosion, la première depuis plus d'un mois à Kaboul, a fait au moins douze morts et 32 blessés dimanche après-midi près de la mosquée Id Gah, où se tenait une prière en mémoire de la mère d'un haut responsable taliban, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

    "Selon nos premières informations, deux civils (12 selon un dernier bilan) ont été tués et trois (32 selon un dernier bilan) ont été blessés dans l'explosion", a déclaré à l'AFP Qari Sayed Khosti, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

    Ahmadullah, un commerçant dont la boutique est situé à proximité de la mosquée, a indiqué à l'AFP avoir "entendu le bruit d'une explosion suivi de coups de feu". "Juste avant l'explosion, les talibans venaient de barrer la route en prévision d'une prière pour la mère de Zabihullah Mujahid à la mosquée", a ajouté ce témoin. M. Mujahid, porte-parole du gouvernement taliban et figure du mouvement, avait la veille largement relayé sur les réseaux sociaux le lieu et l'heure de la cérémonie.

    La dernière attaque mortelle à Kaboul, remonte au 26 août: 72 personnes avaient été tuées et plus de 150 blessées dans un attentat perpétré à l'aéroport, revendiqué par le groupe Etat islamique (EI). Sous le nom EI-K (Etat islamique-Khorasan), l'Etat islamique a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan et voue une haine tenace et réciproque aux talibans.

    Rallye de victoire
    Plus tôt dans la journée, les talibans avaient organisé un premier grand rallye de la victoire dans la capitale, sur un terrain situé dans un faubourg de Kaboul. A l'extérieur, des dizaines de gardes lourdement armés encadraient le rassemblement, tandis qu'arrivaient en pick-up les combattants talibans, accueillis sur leur passage par des banderoles en hommage au martyr, a constaté un journaliste de l'AFP.

    "L'Amérique vaincue. Impossible. Impossible. Mais possible!", claironnait l'un des chants diffusés pour les accueillir dans une rare manifestation de musique, théoriquement prohibée par le mouvement islamiste.

    Environ 1.500 sympathisants du mouvement, uniquement des hommes ou des garçons, désarmés pour la majorité, avaient pris place pour écouter près de quatre heures de discours. "C'est le jour que nous attendions", a déclaré à la tribune Khalil Haqqani, le nouveau ministre des Réfugiés qui en 2011 avait été placé par les États-Unis sur la liste des terroristes recherchés, avec une prime de 5 millions de dollars. Il est un éminent dirigeant du réseau de combattants taliban dit Haqqani fondé par son frère Jalaluddin. "Nous avons atteint notre objectif, mais cela nécessite une protection", a-t-il déclaré lors de ce rassemblement qui s'est tenu dans la commune de Kohdaman. Son fusil appuyé contre le pupitre, il a assuré un "avenir radieux" pour le pays malgré la réprobation quasi unanime de la communauté internationale. "Mon conseil au monde est qu'ils laissent l'Afghanistan à l'Afghanistan", a-t-il conclu.

    'Avenir de l'Afghanistan'
    Sept semaines après la prise de pouvoir éclair des combattants islamistes, "l'Emirat islamique", le nouveau régime décrété par les talibans, lutte pour asseoir sa légitimité auprès de la population, comme du reste des nations.

    En face de ces démonstrations de force orchestrées par les talibans, l'opposition civile aux talibans est devenue impossible en Afghanistan où les manifestations sont interdites et celles de femmes, violemment réprimées.

    Aucun pays n'a pour le moment reconnu le nouveau régime, même si le Pakistan, la Chine ou encore le Qatar ont pu montrer quelques signes d'ouverture. Alors que les évacuations se font désormais au compte-goutte, un cinquième vol affrété par le Qatar, avec à son bord 235 personnes a ainsi pu quitter Kaboul dimanche, a annoncé le gouvernement qatari dans un communiqué. Doha, qui a joué un rôle diplomatique de premier plan dans les affaires afghanes ces dernières années s'est aussi dit "entièrement engagé pour l'avenir de l'Afghanistan et les efforts pour une amélioration significative de la situation dans le pays".

  • Afghanistan : Les talibans interrompent de force une manifestation de femmes à Kaboul

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    Six jeunes Afghanes ont brièvement tenté jeudi matin à Kaboul de manifester pour revendiquer leur droit à l'éducation, avant d'en être violemment empêchées par des talibans qui ont tiré en l'air, ont constaté des journalistes de l'AFP.

    Vers 08H00 locales, trois jeunes femmes voilées et portant des masques médicaux ont déplié devant le lycée pour filles Rabia Balkhi, dans l'Est de la capitale afghane, une banderole qui proclamait, en anglais et en dari: "Ne politisez pas l'éducation!".

    "Ne brisez pas nos stylos, ne brûlez pas nos livres, ne fermez pas nos écoles", ajoutait la banderole, illustrée d'une photo de jeunes filles voilées dans une salle de classe.

    A peine avaient-elles été rejointes par trois autres manifestantes, dont l'une portant une pancarte sur laquelle elle avait écrit "L'éducation est l'identité humaine", qu'une dizaine de talibans en armes sont intervenus. Ils ont violemment repoussé les jeunes filles vers le portail d'entrée, fermé, du lycée. L'un d'eux s'est emparé de leur banderole qu'il a repliée en boule, alors que les autres s'en prenaient aux journalistes étrangers et tentaient de les empêcher de filmer. Un taliban a alors tiré en l'air une brève rafale avec son pistolet-mitrailleur.

    Les manifestantes se sont réfugiées à l'intérieur de l'établissement et les talibans ont fait la chasse aux cameramen et photographes, tentant de s'emparer de leurs caméras. L'un d'eux a donné un coup de crosse à un cameraman étranger. Ils étaient commandés par un jeune homme sans armes, équipé d'un walkie-talkie, qui s'est présenté comme Mawlawi Nasratullah, chef des Forces spéciales talibanes pour Kaboul et sa région.

    Il a demandé à ses hommes de rassembler la dizaine de journalistes, tous de la presse internationale, et s'est adressé à eux.

    "Je respecte les journalistes, mais cette manifestation n'avait pas été autorisée", a-t-il dit. "Les autorités de l'Émirat (islamique) d'Afghanistan n'avaient pas été informées. C'est pour cela qu'aucun journaliste afghan n'est présent". "Si elles avaient demandé l'autorisation de manifester, elles l'auraient eue", a-t-il assuré. "Je respecte les droits des femmes, sans cela vous ne seriez pas ici", a-t-il ajouté, entouré d'une garde armée aux regards farouches. "Vous avez tenté de couvrir une manifestation illégale. Je vous rappelle que dans des pays modernes, la France ou les États-Unis, la police frappe les manifestants".

    L'appel à la manifestation avait été lancé sur internet par un groupe intitulé "Mouvement spontané des femmes activistes d'Afghanistan".

    Début septembre, des talibans armés avaient dispersé des manifestations dans plusieurs villes, dont Kaboul, Faizabad et Hérat, où deux personnes avaient été tuées. Toutes les manifestations ont été interdites par le nouveau pouvoir dans le pays depuis le 8 septembre, et les contrevenants menacés de "sévères actions légales".