Journalistes en Afghanistan

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires

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    Aéroport de Kaboul : un chaos sans fin
    Six jours après l'entrée des talibans dans Kaboul, des dizaines de milliers d'Afghans cherchent toujours désespérément à fuir, via un pont aérien "difficile" dont le président américain Joe Biden a reconnu ne pouvoir garantir "l'issue".

    Routes paralysées par la foule, avions cargos pris d'assaut, enfants lancés par leurs parents par dessus des barbelés: les images du chaos à l'aéroport de Kaboul ne font que renforcer chaque jour le sentiment d'impréparation de l'opération d'évacuation. Ce pont aérien est "l'un des plus importants et difficiles de l'histoire", a reconnu vendredi, dans sa seconde allocution télévisée en quelques jours, M. Biden lors d'un discours à la Maison Blanche.

    "Je ne peux pas promettre ce qu'en sera l'issue finale" ni qu'il n'y aura pas "de risques de pertes" en vies humaines, a déclaré le président, assurant que les alliés de Washington ne remettaient pas en cause la "crédibilité" américaine de mener à bien cette opération. Il a annoncé que 13.000 personnes avaient été évacuées par l'armée américaine depuis le 14 août. Des milliers d'autres ont embarqué à bord d'avions venus notamment des pays européens et de Grande-Bretagne.

    Des Américains évacués par hélicoptères
    Les Etats-Unis à eux seuls prévoient de faire partir 30.000 personnes. Les évacués sont en majorité des citoyens américains que les talibans laissent entrer. Mais de nombreux Afghans, notamment ceux ayant travaillé pour les Etats-Unis et détenteurs d'un visa d'immigration spéciale (SIV) pour eux et leurs proches, ne peuvent pas accéder à l'enceinte sécurisée par plus de 5.000 militaires américains.

    Vendredi, l'armée américaine a dû déployer trois hélicoptères pour aller chercher dans un hôtel de Kaboul 169 Américains n'ayant pu se rendre à l'aéroport. Et ils sont encore très nombreux, coincés entre les postes de contrôle talibans et les barbelés posés par l'armée américaine, dans l'attente désespérée d'un vol.

    Parmi d'innombrables témoignages poignants, une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre des Afghans faisant passer un bébé en pleurs par-dessus la foule à l'aéroport et le donnant à un soldat américain. Selon le Pentagone, il a été soigné puis rendu à ses parents.

    Face aux critiques et polémiques qui agitent les Etats-Unis depuis la victoire éclair des talibans, l'armée américaine a pris en mains sa communication vendredi en publiant un florilège de photographies montrant ses militaires prenant soin de bébés et de jeunes enfants afghans à l'aéroport. Et le porte-parole du Pentagone John Kirby de mettre en avant la "compassion" des soldats.

    Les évacuations de civils ont été suspendues plusieurs heures vendredi à cause de l'encombrement des bases américaines dans le Golfe, notamment au Qatar, où se trouvent des milliers de réfugiés.

    Les Etats-Unis ont obtenu le feu vert de Berlin pour que certains évacués soient dirigés vers l'Allemagne, où les Etats-Unis disposent de nombreuses bases militaires, notamment la grande base de Ramstein et son important hôpital militaire.

    Les talibans empêchent des fonctionnaires de reprendre le travail
    Les fonctionnaires ont été empêchés de retourner travailler dans les bâtiments publics par les talibans, alors que la semaine de travail reprend le samedi en Afghanistan, ont indiqué plusieurs d'entre eux à l'AFP.

    "Je suis allé à mon bureau ce matin, mais le taliban qui était à l'entrée m'a dit qu'il n'avait pas reçu l'ordre de rouvrir", a indiqué Hamdullah, un fonctionnaire kabouli. "Ils nous ont dit de regarder à la télé ou d'écouter à la radio l'annonce de la reprise du travail", a-t-il ajouté. "Les talibans ont fermé toutes les routes jusqu'au ministère. Ils n'autorisent personne à entrer dans le bâtiment", a de son côté indiqué un employé du ministère des Affaires étrangères afghan. "L'un d'entre eux m'a dit d'attendre jusqu'à la nomination du nouveau ministre et de ses directeurs." "Ils nous ont renvoyés chez nous", a confirmé un fonctionnaire de la mairie de Kaboul. "Je suis venu avec beaucoup d'espoir mais suis reparti déçu."

    Depuis que les talibans ont pris le pouvoir le 15 août, les bâtiments gouvernementaux, les banques, les bureaux des passeports, les écoles et les universités sont restés largement fermés. Seules quelques entreprises privées de télécommunication ont fonctionné ces derniers jours.

    Les talibans n'ont toujours pas formé de gouvernement après avoir conquis le pays à une vitesse folle et s'être emparés de Kaboul sans opposition.

    Depuis l'effondrement du gouvernement, l'une des principales préoccupations des Afghans est de continuer à percevoir un salaire, ce qui semble impossible sans un maintien de l'activité.

    La plupart des routes de la capitale étaient en grande partie désertes samedi, à l'exception des postes de contrôle des talibans, de leurs patrouilles et des axes menant à l'aéroport encombrés par des milliers d'Afghans cherchant à fuir le pays.

    Chasse aux opposants
    Les talibans tentent de convaincre qu'ils ne cherchent pas à se venger de leurs anciens ennemis, promettant de "nombreuses différences" par rapport à leur précédent règne, entre 1996 et 2001, quand ils avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique qui empêchait les femmes de travailler ou étudier et punissait de sanglants châtiments les voleurs et les meurtriers. Mais selon un rapport d'un groupe d'experts travaillant pour l'ONU, les nouveaux maîtres de l'Afghanistan possèdent des "listes prioritaires" d'Afghans recherchés, les plus menacés étant les gradés de l'armée, de la police et du renseignement.

    Le rapport indique que les talibans effectuent des "visites ciblées" chez les personnes recherchées et leurs familles. Leurs points de contrôle filtrent aussi les Afghans dans les grandes villes et ceux souhaitant accéder à l'aéroport de Kaboul.

    La Fédération internationale des journalistes (FIJ) indique avoir reçu "des centaines de demandes d'aide" de professionnels de l'information afghans, majoritairement des femmes, chez qui règnent "la panique et la peur".

    Les talibans affirment que leurs hommes n'étaient pas autorisés à agir ainsi. "Certaines personnes le font encore, peut-être par ignorance (...) Nous avons honte", a tweeté un de leurs hauts responsables, Nazar Mohammad Mutmaeen.

    Peur sur les réseaux sociaux
    Beaucoup d'habitants de
    Kaboul suppriment leurs comptes de médias sociaux et leurs messages sur les téléphones. Beaucoup craignent que leur empreinte numérique ne fasse d'eux des cibles de représailles des talibans. Les talibans infiltrent les groupes WhatsApp et Facebook et confisquent les téléphones au cours des perquisitions porte-à-porte. (Information Frud Bezhan).

    Peur chez les journalistes
    Zabiullah Mujahid, un porte-parole des talibans affirme qu'un  comité de trois membres va être créé pour aborder les problèmes auxquels sont confrontés les médias à Kaboul. Le comité comprendra un membre de la « Commission culturelle » des talibans, un membre des médias et un membre de la police. (
    Natsecjeff)
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    Avenir des relations internationales
    Les talibans ont dit vouloir établir de "bonnes relations diplomatiques" avec tous les pays, mais prévenu qu'ils ne feraient aucun compromis sur leurs principes religieux. La Chine, la Russie, la Turquie et l'Iran ont émis des signaux d'ouverture, les pays occidentaux restant méfiants.

    Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi à empêcher "l'effondrement" de l'Afghanistan, critiquant au passage la politique occidentale "irresponsable" visant à "imposer des valeurs étrangères".

    De son côté, le Tadjikistan menace de fermer toutes les ambassades à Douchanbé des pays qui décideraient de soutenir financièrement ou militairement les talibans. Il a demandé l'ONU de ne pas reconnaître le régime taliban comme gouvernement officiel.

    Vers la fin de la résistance au Panjshir ?
    Si on croit Khalil al-Rahman Haqqani, Ahmad Massoud, le fils du légendaire Ahmad Shah Massoud et commandant des forces de résistance du Panjshir, aurait finalement prêté allégeance aux talibans. Vidéo de la déclaration de Khalil Haqqani. Mais Un conseiller de Massoud réfute l'information et affirme que des négociations, facilitées par les anciens des tribus et des proches des talibans, sont toujours en cours pour un "gouvernement global" avec les talibans et qu'aucun accord ou allégeance n'a été conclu.

    La situation pourrait devenir assez tragique à Andarab, dans la province de Baghlan, dans le cas où aucun accord serait conclu entre les talibans et leurs opposants. Au moins 20 talibans ont déjà perdu la vie au cours de récents affrontements et les talibans promettent d'être impitoyables :  "aucune pitié pour les traîtres", ont-ils promis.
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  • Afghanistan : Derniers développements sécuritaires

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    Les talibans accusés de s'en prendre aux Afghans ayant aidé les forces étrangères
    La crainte grandit vendredi que les promesses des talibans de se montrer cléments et tolérants ne soient sans lendemain, après la publication d'un document confidentiel de l'ONU démontrant qu'ils ont intensifié leur traque des Afghans ayant travaillé avec les forces étrangères.

    Le groupe d'experts d'évaluation des risques pour les Nations unies qui a rédigé le rapport affirme que les talibans possèdent des "listes prioritaires" de personnes qu'ils souhaitent arrêter. Les plus à risque sont ceux qui occupaient des postes à responsabilité au sein des forces armées afghanes, de la police et des unités de renseignement, selon le document.

    Depuis qu'ils ont pris le pouvoir dimanche, après une campagne militaire fulgurante, les talibans ont tenté de convaincre le monde et les Afghans qu'ils ne chercheraient pas à se venger de leurs anciens ennemis. Ils ont promis qu'il y aurait de "nombreuses différences" dans leur manière de gouverner par rapport à leur précédent règne, entre 1996 et 2001, quand ils avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique qui empêchait les femmes de travailler ou étudier et punissait de terribles châtiments les voleurs et les meurtriers. Mais le rapport de l'ONU montre qu'ils effectuent des "visites ciblées porte-à-porte" chez les individus qu'ils veulent arrêter ainsi que chez les membres de leur famille. Ils filtrent aussi les personnes souhaitant accéder à l'aéroport de Kaboul et ont mis en place des points de contrôle dans les plus grandes villes.

    "Nous nous attendons à ce que les individus ayant travaillé pour les forces américaines et de l'Otan et leurs alliés, ainsi que les membres de leurs familles, soient menacés de tortures et d'exécutions", a déclaré à l'AFP Christian Nellemann, le directeur de ce groupe d'experts, le Centre norvégien d'analyses globales.

    "Ils pourchassent activement pour se venger, particulièrement les officiers de sécurité et du renseignement national, c'est ce que j'entends dire", a affirmé l'ex-ministre afghan de l'Intérieur Masoud Andarabi à la radio britannique Times.

    "Ils ont étendu et accentué leurs recherches ces dernières 24 heures", a ajouté M. Andarabi, qui s'exprimait d'un lieu non spécifié. Il a expliqué que son propre domicile avait été fouillé trois fois ces quatre derniers jours.

    Les talibans n'ont cessé de répéter que leurs hommes n'étaient pas autorisés à entrer dans les maisons des gens sans en avoir reçu l'ordre. Un de leurs hauts responsables, Nazar Mohammad Mutmaeen, a assuré que ces consignes restaient d'actualité. "Certaines personnes le font encore, peut-être par ignorance (...) Nous avons honte", a-t-il écrit sur Twitter. Les talibans ont dit vouloir établir de "bonnes relations diplomatiques" avec tous les pays, mais prévenu qu'ils ne feraient aucun compromis sur leurs principes religieux. La Chine, la Russie, la Turquie et l'Iran ont émis des signaux d'ouverture, les pays occidentaux jugeront quant à eux "sur les actes".

    Un proche d'un journaliste de Deutsche Welle tué par les talibans
    Des talibans à la recherche d'un journaliste travaillant pour Deutsche Welle (DW) ont tué par balle un membre de sa famille et en ont blessé gravement un autre en Afghanistan, a indiqué vendredi matin cette radio allemande sur son site internet.

    L'identité du journaliste visé, qui est désormais installé en Allemagne, n'a pas été précisée. Plusieurs autres membres de sa famille ont été en mesure de prendre la fuite in extremis tandis que les talibans faisaient du porte-à-porte pour lui mettre la main dessus.

    "L'assassinat d'un proche de l'un de nos éditeurs par les talibans hier (jeudi) est incroyablement tragique et illustre le vif danger dans lequel tous nos employés et leurs familles en Afghanistan se trouvent", a commenté Peter Limbourg, directeur général de DW, dans un communiqué. "Il est évident que les talibans effectuent d'ores et déjà des opérations organisées à la recherche de journalistes, à la fois à Kaboul et dans les provinces", a-t-il ajouté. "Le temps nous est compté!"

    Selon le site de DW, les talibans ont mené des raids dans les domiciles d'au moins trois de ses journalistes. Il souligne également que Nematullah Hemat, de la chaîne privée de télévision Ghargasht TV, aurait été enlevé par les talibans et, faisant référence à des sources gouvernementales, que le patron de la station de radio Paktia Ghag avait été abattu.

    Amnesty International accuse les talibans de crimes ethniques
    Amnesty International a accusé des militants talibans afghans d'avoir commis des crimes ethniques après avoir tué neuf hommes Hazaras lors de la prise de contrôle de la province de Ghazni, le mois dernier.

    L'organisation a appelé à une enquête internationale sur ces crimes.

    Des témoins oculaires ont fait des récits horribles des meurtres qui ont eu lieu entre le 4 et le 6 juillet dans le village de Mandracht dans le district de Malistan, où des militants talibans ont abattu six des hommes et torturé trois à mort, dont un homme qui a été étranglé avec son écharpe après avoir eu le bras coupé.

    Elle a souligné que « ces meurtres brutaux représentent probablement une petite partie du nombre total de morts causées par les talibans jusqu'à présent, car le mouvement a coupé le service de téléphonie mobile dans de nombreuses zones qu'ils ont récemment capturées et contrôle les images et les vidéos qui sont ensuite mises en ligne à partir de ces zones.

    L'organisation a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à "adopter une résolution d'urgence exigeant que les talibans respectent le droit international des droits humains et assurent la sécurité de tous les Afghans, quelles que soient leur origine ethnique ou leurs croyances religieuses".

    « Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU doit lancer une enquête pour documenter, collecter et conserver les preuves des crimes et des violations des droits humains en cours en Afghanistan », a-t-elle déclaré, notant que « cela est essentiel pour lutter contre l'impunité qui continue d'alimenter les crimes graves dans le pays. ." 

    De nombreux afghans coincés à l'aéroport
    Depuis que les talibans ont pris le contrôle de la capitale afghane dimanche 15 août, plus de 18 000 personnes ont été évacuées de l'aéroport de Kaboul. Le ministre turc de la Défense a précisé, mercredi 18 août, qu'au cours des dernières 48 heures (mercredi 18 et jeudi 19 août), plus de 62 vols avaient été opérés depuis l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul.

    Malgré ce nombre, ils sont encore très nombreux coincés entre les postes de contrôle talibans et les barbelés posés par l'armée américaine, dans l'attente désespérée d'un vol. De nombreux Afghans se trouvent aussi près des ambassades dans l'espoir d'être évacués, mais ils ne peuvent y entrer.

    Le G7 et plusieurs agences de l'ONU ont appelé les talibans à laisser passer en toute sécurité les Afghans et les étrangers voulant partir. Le département d'État américain a relayé le même message, mais le Pentagone a laissé entendre que la situation s'améliorait. Les États-Unis ont déployé 6.000 militaires pour sécuriser l'aéroport de la capitale afghane et exfiltrer quelque 30.000 Américains et Afghans. Ils ont évacué plus de 7.000 personnes depuis samedi, selon le Pentagone. De nombreux autres pays, dont beaucoup d'européens (Espagne, France, Royaume-Uni...), procèdent aussi à des évacuations.

    De leur côté, les talibans ont assuré de tout faire pour faciliter un passage sûr vers l'aéroport, non seulement pour les étrangers, mais aussi pour les Afghans.

    "Nous facilitons le passage sûr non seulement des étrangers, mais aussi des Afghans, a affirmé un responsable taliban. Nous évitons toute forme d'affrontements verbaux violents et de violence à l'aéroport entre Afghans, étrangers et membres des talibans".

    Vidéo prise à la porte nord de l'aéroport de Kaboul, à hkia. La foule essaye d'entrer dans l'enceinte de l'aéroport.

    La résistance aux talibans s'organise mais rien n'est encore joué
    Quelques signes isolés de résistance aux talibans ont commencé à émerger. A Asadabad (est) et dans plusieurs endroits de la capitale, des manifestants ont défilé jeudi dans les rues en brandissant le drapeau national, plutôt que le drapeau blanc des islamistes, le jour du 102e anniversaire de l'indépendance. "Ma demande à la communauté internationale (...), c'est qu'elle tourne son attention vers l'Afghanistan et ne permette pas que ce qui a été accompli ces 20 dernières années l'ait été en vain", a déclaré un manifestant.

    Ahmad Massoud, dont le père, le commandant Ahmed Shah Massoud - assassiné le 9 septembre 2001 par el-Qaëda -, était le plus célèbre adversaire des talibans et des Soviétiques, a appelé avec l'ancien vice-président Amrullah Saleh à la résistance, de la vallée du Panchir au nord-est de Kaboul, la dernière région à ne pas être contrôlée par les talibans.

    Malgré la montée en puissance de l'opposition armée aux talibans dans la province de Panjshir, il n'est pas encore certain qu'on se dirige vers une résistance armée.

    Anas Haqqani a rencontré des érudits religieux du Panjshir et des responsables militaires à Kaboul. Il leur a demandé de livrer pacifiquement le Panjshir aux talibans. Anas Haqqani est le frère cadet de Sirajuddin Haqqani, le chef du réseau éponyme, qualifié de terroriste par Washington, qui a aussi le statut de numéro deux au sein des talibans. L'information a été donnée par le parti Hizb-i-islami, le parti dirigé par Gulbuddin Hekmatyar.

    L'information a été indirectement confirmée lors d'une intéressante Interview de l'oncle de Ahmad Massoud aux médias pakistanais. L'oncle de Ahmad Massoud est actuellement au Pakistan. Il a pris bien soin, au cours de l'interview, de se dissocier d'Amrullah Saleh, l'ancien vice-président afghan qui s'et déclaré "président" depuis le départ d'Ashraf Ghani. Amrullah Saleh a rejoint Ahmad Massoud pour continuer la lutte contre les talibans. Mais, a déclaré l'oncle de Massoud, "Nous attendons de voir ce qui sortira des conversations de Kaboul et si cela nous convient." Vidéo de l'interview.

    Insécurité alimentaire
    L'économie afghane, sinistrée, dépend pour beaucoup de l'aide internationale et les talibans sont contraints d'en tenir compte. "Une personne sur trois" est ainsi en situation d'insécurité alimentaire dans le pays, confronté à un second épisode de sécheresse sévère en trois ans, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). "La situation est désastreuse. Les dernières analyses indiquent que 14 millions de personnes sont déjà confrontées à un risque de faim sévère ou aigüe, c'est une personne sur trois. Et deux millions d'enfants sont confrontés à un risque de malnutrition", s'est alarmée Mary-Ellen McGroarty, la représentante du PAM en Afghanistan, dans un entretien téléphonique, de Kaboul, avec l'AFP vendredi.

    "La démocratie a échoué en Afghanistan. Il faudra attendre de voir si (les talibans) peuvent nourrir les gens et leur amener le calme et la paix. S'ils le font, les gens commenceront à les aimer, sinon ils échoueront eux aussi", a estimé Reza, un habitant de la capitale afghane. Les talibans avaient demandé aux imams de prêcher l'unité et d'appeler les personnes éduquées à ne pas quitter l'Afghanistan dans leur sermon à la prière du vendredi, la première depuis que les islamistes ont accédé au pouvoir. "Ceux dont la foi est faible courent après ou s'accrochent aux avions américains. Ce ne sont pas de bonnes personnes, elles devraient rester et bâtir leur pays", a déclaré un imam dans une mosquée du centre de Kaboul.