Joumblat Walid

  • Liban : La France passe à l’acte, sans les Européens

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    Au moment où le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil plaidait sa cause à Moscou, la France est passée, jeudi 29 avril 2021,  subitement à la vitesse supérieure, en annonçant qu’elle a commencé à mettre en œuvre des mesures restrictives en matière d’accès au territoire français à l’encontre de personnalités impliquées dans le blocage politique au Liban ou dans la corruption. « Nous avons à titre national commencé à mettre en œuvre des mesures restrictives en matière d’accès au territoire français à l’encontre de personnalités impliquées dans le blocage politique en cours, ou impliquées dans la corruption », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, selon le texte d’une déclaration qu’il a faite lors d’une visite à Malte, et transmis à la presse.

    « Les responsables du blocage doivent comprendre que nous ne resterons pas inactifs », a-t-il prévenu lors d’un point de presse aux côtés de son homologue maltais, Evarist Bartolo, en précisant qu’il n’était pas exclu que la France adopte « des mesures supplémentaires à l’encontre de tous ceux qui entravent la sortie de crise (...) en coordination avec (ses) partenaires internationaux ».

    Aucune précision n’a été fournie par M. Le Drian sur la nature des restrictions qui ont commencé à être adoptées, ni surtout sur l’identité des responsables touchés par ces mesures. À Beyrouth, l’ambassade de France a distribué le texte de la déclaration du chef de la diplomatie, sans plus de précisions non plus. La France s’efforçait depuis quelques semaines d’entraîner ses partenaires de l’Union européenne dans une politique de sanctions à l’égard des responsables libanais jugés coupables de « non-assistance à pays en danger », selon les termes utilisés récemment par M. Le Drian lui-même. Mais le mécanisme de prise de décisions diplomatiques au sein de l’UE, où l’unanimité des 27 membres est nécessaire, rendait l’exercice vain, dans la mesure où certains pays membres traînaient les pieds. En visite au Liban le week-end dernier, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, qui a rencontré M. Bassil, a ainsi déclaré sans ambages que Budapest s’opposerait à tout projet de sanctions européennes visant « le plus grand parti chrétien libanais », en référence au CPL.

    L’action russe
    À Moscou, M. Bassil s’est entretenu d’abord avec Mikhaïl Bogdanov, représentant personnel de Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, puis avec le ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. Des échanges qui ont porté sur un ensemble de sujets qui intéressent les deux parties, principalement sur la question du blocage de la formation du gouvernement. Appuyant la position française, Moscou est en faveur d’un cabinet d’experts où les équilibres politiques sont respectés, aucune partie ne pouvant détenir un veto quelconque. C’est dans ce sens, mais de manière plus nuancée que s’est d’ailleurs prononcé M. Bassil, à l’issue de sa rencontre avec M. Lavrov. Il s’est prononcé en faveur d’un « cabinet de spécialistes soutenu par les principales forces politiques et parlementaires, sans que personne ne puisse contrôler et empêcher ces réformes ».

    Il a aussi indiqué avoir demandé au ministre russe des Affaires étrangères de jouer le rôle nécessaire pour « inciter le Premier ministre désigné à boucler le dossier de la formation du gouvernement », avant de rejeter la balle de la responsabilité du blocage dans le camp haririen.

    « Nous attendons tous que le Premier ministre désigné décide de procéder à la formation du gouvernement et, plus important encore, décide d’engager des réformes », a-t-il dit.

    De source proche de M. Bassil, on apprenait que ce dernier a « clarifié » respectivement à MM. Bogdanov et Lavrov sa position au sujet du blocage et rectifié certaines « perceptions erronées ».

    N’ayant aucune initiative à la clé pour pouvoir dénouer la crise, Moscou a cependant favorablement accueilli ces derniers mois le défilé des personnalités libanaises venues solliciter son aide dans l’espoir de rapprocher les points de vue et créer un climat de confiance entre les protagonistes. Soucieux de ne pas afficher de parti pris et ayant réussi au plan diplomatique à entretenir des relations avec plusieurs parties souvent adverses, les dirigeants russes semblent ne pas vouloir déroger à cette règle avec les protagonistes libanais.

    Après avoir reçu le 15 mars dernier une délégation du Hezbollah, Moscou a accueilli le 14 avril Saad Hariri qui cherchait à obtenir un appui dans le bras de fer qui l’oppose au camp aouniste. De même, la visite de M. Bassil en Russie, qu’il a lui-même sollicitée, est surtout destinée à briser son isolement. Moscou s’apprête à accueillir prochainement le chef des Marada, Sleiman Frangié, le chef du PSP, Walid Joumblatt, ainsi que son adversaire politique, Talal Arslane.

    Échanges parisiens
    Les entretiens de M. Bassil à Moscou avaient été précédés d’une visite de M. Bogdanov à Paris lundi et mardi derniers. Lors de ses échanges avec notamment son homologue français, Patrick Durel, le sujet libanais a figuré en première ligne. De source diplomatique proche de ces entretiens, on apprenait que MM. Bogdanov et Durel sont convenus du fait que la mouture de 24, sans possibilité de blocage, était la plus appropriée pour une sortie de crise.

    La partie française aurait fait part de son étonnement de voir M. Hariri persister dans sa rigidité. D’un autre côté, le responsable russe aurait insisté, devant son interlocuteur, sur la nécessité, pour M. Bassil, de ne pas s’obstiner sur la question de la nomination des deux ministres chrétiens comptés dans la quote-part de Saad Hariri et qu’il devait par conséquent lui laisser cette marge de manœuvre. C’est probablement cette recommandation qu’a dû entendre hier M. Bassil lors de ses entretiens à Moscou.

    La bataille entre le camp aouniste et le Premier ministre désigné s’est poursuivie autour de la question de la nomination des ministres chrétiens que le camp du chef de l’État souhaite monopoliser au nom du droit supposé des chrétiens à placer leurs propres ministres.

    Un argument de façade qui cache en réalité un jeu d’équilibre du pouvoir au sein du futur cabinet. Si le chef de l’État devait nommer tous les ministres chrétiens en plus du ministre druze relevant de la part du député Talal Arslane, le camp du président obtiendrait ainsi dix ministres sur les 24. On reviendrait ainsi à la case de départ et au tiers de blocage auquel les aounistes s’étaient pourtant engagés à renoncer.

  • Liban : Formation du nouveau gouvernement de Saad Hariri - Walid Joumblatt pessimiste

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    Le chef druze libanais Walid Joumblatt (photo) a estimé jeudi que la "fumée blanche" annonciatrice d'un nouveau gouvernement "ne s'élèvera pas de sitôt", malgré une nouvelle réunion hier entre le chef de l'État Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri, chargés de mettre sur pied le cabinet. 

    "Apparemment, la fumée blanche pour le gouvernement ne s'élèvera pas de sitôt, en raison d'une augmentation des tests nécessaires pour choisir le meilleur +vaccin+ à la crise actuelle", a écrit M. Joumblatt sur son compte Twitter. La veille, après la réunion entre MM. Aoun et Hariri, il avait exprimé son optimisme sur le réseau social, affirmant "attendre" cette fumée blanche, avant de supprimer ce message. 

    Mercredi, pour la première fois depuis sa désignation le 22 octobre pour former un gouvernement, Saad Hariri a présenté une mouture de cabinet au chef de l'État. Ce dernier a promis d'étudier le document et lui remis une proposition de répartition des portefeuilles. Plusieurs obstacles continuent à se dresser devant la formation du cabinet, notamment l'attribution du tiers de blocage réclamé par le Courant patriotique libre (aouniste). Après plus de trois semaines de surplace, le processus semble toutefois être relancé, à une dizaine de jours d'une nouvelle visite du président français Emmanuel Macron à Beyrouth.

  • Liban : Consultations reportées sur la nomination du Premier Ministre

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    Le président libanais Michel Aoun a reporté d'une semaine les consultations parlementaires sur la nomination d'un nouveau Premier ministre, qui devaient débuter le 15 octobre. Selon son service de presse, cela a été fait à la demande de certains partis politiques.

    Le principal candidat au poste de Premier ministre est à nouveau Saad al-Hariri qui a dirigé le gouvernement à plusieurs reprises dans le passé. Au cours des consultations, Aoun était censé s’assurer qu’il avait le soutien politique nécessaire.

    Cependant, au cours des dernières 24 heures, deux grands partis chrétiens ont refusé de soutenir sa candidature. Le chef du Courant Patriotique Libre (CPL), Gibran Bassil, a déclaré qu'il s'opposerait à al-Hariri. Le chef des forces libanaises, Samir Geagea, a déclaré qu'il ne soutiendrait personne. Le chef de la communauté druze Walid Joumblatt a également refusé son soutien à al-Hariri.

    Rappelons que le 10 août, après l'explosion dans le port de Beyrouth, le cabinet du Premier ministre Hassan Diyab avait démissionné. Son successeur désigné, Mustafa Adib, a été contraint de démissionner après avoir été incapable de former un gouvernement.

     

  • Liban : Les "Forces libanaises" démentent les propos de leur chef affirmant avoir 15 000 combattants pour affronter le Hezbollah

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    Les «Forces libanaises» dirigées par Samir Geagea (photo) ont démenti les propos attribués à son président sur «la possession de 15 000 combattants et se préparer à affronter le Hezbollah», qui ont été publiés par le journal libanais Al-Akhbar dans son numéro du mardi 13 octobre.

    Le département des médias du parti a déclaré: «Nous nions catégoriquement tout ce qui a été rapporté par le journal Al-Akhbar dans son numéro d’aujourd’hui sous le titre Geagea to Joumblatt: « J’ai 15 000 combattants et je suis prêt à affronter le Hezbollah », indiquant qu’il s'agit d'une tentative malveillante de diaboliser les forces libanaises et de les salir en répandant des rumeurs et en fabriquant De fausses nouvelles sur les armements, les combats, les affrontements et les guerres. "

    Le journal libanais Al-Akhbar a publié un article dans son numéro du mardi 13 octobre, dans lequel il affirme que «Geagea a dit au président du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt lors d'un banquet réuni au domicile de son représentant Nehme Tohme il y a quelques jours, qu'il poursuivra la confrontation contre le Hezbollah jusqu'à la fin, ajoutant: J'ai quinze mille combattants, et nous sommes capables d'affronter le parti (chiite), qui est devenu très faible, en raison de la situation au Liban et dans la région. "

    Le journal a ajouté que "lorsque Joumblatt a averti son interlocuteur de la gravité de ses propos, Geagea aurait répondu en disant: Nous sommes plus forts aujourd'hui que nous ne l'étions à l'époque de Bashir Gemayel (fondateur du Parti des Forces Libanaises et ancien président de la République), et le Hezbollah est plus faible qu'Abu Ammar (Yasser Arafa().

  • Liban : 4 députés démissionnent du Parlement

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    La députée Paula Yacoubian (photo) a annoncé sa démission du Parlement libanais, à la suite de l'explosion dans le port de Beyrouth, qui a fait 158 morts et plus de 6 000 blessés.
    Il s'agit de la deuxième démission d'un député au Parlement libanais après l'attentat de Beyrouth, où le député du bloc «Rencontre démocratique» dirigé par Timur Joumblatt, Marwan Hamadeh, a annoncé sa démission.
    Le leader druze, Walid Joumblatt, a confirmé, lui, que son bloc parlementaire ne démissionnerait pas du parlement, afin de ne pas permettre au Mouvement patriotique libre (le parti du président de la République) et au Hezbollah de dominer le parlement.
    En revanche, des informations ont indiqué au journal libanais "An-Nahar" que les députés des Kataeb s'apprêtaient à annoncer leur démission du Parlement après les obsèques du secrétaire général du parti Kataeb, décédé après l'explosion du port.
    Le bloc Kataeb est composé de 3 députés: Sami Gemayel, chef du Parti Phalange, Nadim Gemayel, fils du défunt président libanais Bashir Gemayel, et Elias Hanakish

  • Iran: l’AIEA confirme le dépassement de la limite autorisée d’uranium enrichi

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    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais) ruРусский (Russe) arالعربية (Arabe)

    L’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), chargée de vérifier l’application par Téhéran de l’accord nucléaire de 2015, a confirmé lundi que l’Iran avait dépassé la limite imposée à ses réserves d’uranium enrichi, selon un porte-parole de l’agence onusienne.
    « L’Agence a vérifié au 1er juillet que le stock total d’uranium enrichi a dépassé les 300 kilos » et le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, en a informé le conseil des gouverneurs, a indiqué ce porte-parole dans une déclaration écrite peu après que Téhéran a annoncé le dépassement du plafond autorisé d’uranium enrichi à 3,67%.

    Liste des articles publiés sur Frontlive-Chrono le lundi 1er juillet 2019

    • Afghanistan : Au moins 6 morts, une cinquantaine d’écoliers blessés à Kaboul dans un attentat taliban – Abonnés
    • Irak : Six combattants de Daech tués dans le nord du pays – Abonnés
    • Iran: l’AIEA confirme le dépassement de la limite autorisée d’uranium enrichi – Article libre
    • Liban: Suite des affrontements interdruzes : des partisans d’Arslane coupent des routes à Aley – Abonnés
    • Libye : les forces de Haftar vont « bombarder massivement » Tripoli, selon un de leurs commandants – Abonnés
    • Syrie : L’attaque de l’armée de l’air israélienne en Syrie a fait 16 morts, dont six civils – Abonnés
    • Syrie : la coalition internationale dit avoir frappé el-Qaëda dans le Nord-Ouest – Abonnés
  • Liban: Deux morts et deux blessés lors de tirs sur le convoi du ministre Gharib dans la caza d’Aley

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    Deux personnes sont décédées et deux autres ont été blessées dimanche en fin de journée dans le caza d’Aley lors d’échanges de tirs visant le convoi du ministre libanais d’État pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib. Les tirs étaient en fait dirigés contre le convoi du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, chef du Courant Patriotique Libre et beau-frère du président Aoun. Les partisans du Parti socialiste progressiste (PSP), de Walid Joumblatt, voulaient empêcher la visite de Gebran Bassil dans la région d’Aley, au Mont-Liban. Des manifestations des partisans druzes du PSP avaient été organisées dans plusieurs villes et villages de la région et de nombreuses routes menant à la ville de Kfarmatta, que Basil était sensé visiter, avaient été barrées et la circulation interrompue. Des échauffourées éclataient entre les habitants druzes du village de Kfarmatta et des militaires, les habitants refusant de laisser passer le convoi de M. Basil dans la localité.
    Lorsque le convoi de M. Gharib , qui appartient au parti démocrate libanais allié de Gebran Basil, a atteint la localité de Qabr Chamoun, « il y a eu des frictions suivies de tirs ». Le véhicule de M. Gharib s’est soudain retrouvé au centre d’une fusillade avec des partisans du PSP. Trois des gardes du corps du ministre, Karim Gharib, Rami Salmane et Samer Abi Faraj, ont été blessés et les deux derniers sont morts de leurs blessures à l’hôpital. Un membre du PSP, Samer Ghosn, a également été blessé par les tirs de riposte en provenance du convoi du ministre.
    Cet incident intervient alors que la tournée du chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, dans le caza de Aley a été marquée par des échauffourées entre les habitants du village de Kfarmatta et des militaires, les habitants refusant de laisser passer le convoi de M. Bassil dans la localité.
    Selon des informations de la chaîne de télévision locale LBCI, M. Gharib avait rejoint Gebran Bassil dans la localité de Chemlane, où il a été décidé d’annuler la visite du chef du CPL à Kfarmatta, en raison des échauffourées avec les habitants. C’est à son départ de cette réunion avec M. Bassil que le convoi de Saleh Gharib a été pris pour cible par des tireurs.
    Selon un source du Parti Démocrate Libanais, du député Talal Arslane, rival du chef du PSP Walid Joumblatt, la fusillade était « un piège armé et une tentative d’assassinat de Gebran Bassil ». « Ceux qui ont ouvert le feu sont des partisans du PSP et et ils ne savaient pas que le convoi qu’ils ont visé était celui du ministre Gharib », a ajouté cette source à la chaîne de télévision locale LBC.
    Une source au sein du PSP a quant à elle affirmé que c’était les gardes du corps de Saleh Gharib qui avaient tiré en premier, alors que des jeunes essayaient de retirer des pneus enflammés placés sur la route.