Jihadistes allemands

  • Allemagne : les jihadistes allemands

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    Il y a toujours des islamistes allemands qui se battent en Syrie. Les autorités enquêtent pour savoir s'ils pourraient prépareer des attentats en Europe. L'un de ces djihadistes allemands a été arrêté en Afrique de l'Ouest.

    Marius A. aurait tenté d'entrer avec un faux passeport vietnamien. Les gardes-frontières de l'aéroport du Sénégal n'ont pas été convaincus par le document. En y regardant de plus près, il s'est avéré que le voyageur n'était pas un Vietnamien, mais un Allemand. Il s'agissait en outre d'un homme suspecté de terrorisme qui était recherché dans le monde entier par Interpol.

    Le jihadiste, Marius A., originaire d'une petite ville près de Munich et récemment enregistré à Kleve, en Rhénanie du Nord-Westphalie, est détenu au Sénégal depuis début septembre 2020. En Allemagne le procureur général enquête sur des soupçons de terrorisme. L'Office fédéral de la police criminelle (BKA) dispose de sa propre équipe d'enquête sur son affaire appelée "Sky". Marius A. serait un combattant du djihad. Il a gagné la Syrie via la Turquie en 2013. Là, il aurait rejoint le groupe terroriste "Jabhat al-Nusra" (la branche syrienne d'al-Qaïda) et combattu dans leurs rangs pendant plusieurs années. Puis il a disparu soudainement. Les enquêteurs du BKA ont également été surpris qu'il ait finalement été arrêté en Afrique de l'Ouest.

    De nombreux islamistes allemands en Syrie
    Selon le Bureau de la protection de la Constitution (BKA), plus de 1 070 islamistes ont quitté l'Allemagne pour la Syrie et l'Irak . La plupart d’entre eux ont rejoint l'«État islamique» (Daech), qui est maintenant considérée comme ayant été vaincue militairement et qui a la quasi-totalité de son ancien territoire. Cependant, de nombreux islamistes allemands se battraient toujours en Syrie - aux côtés d'autres groupes terroristes idéologiquement proches du réseau Al-Qaida et ennemis de l'Etat islamique. Il s'agit notamment de "Hayat Tahrir Al-Sham" (HTS), un regroupement de plusieurs groupes de combattants islamistes, qui comprend également "Jabhat al-Nusra", "Junud al-Sham" et "Hurras ad-Din". Ces groupes, qui sont principalement actifs dans les régions autour d'Alep, Edleb et Hama y combattent les militaires du régime d'Assad ainsi que les unités russes. Ils seraient plus de 10 000 combattants de différents pays d'origine. Le nombre de djihadistes allemands censés se trouver dans ces zones est estimé par les autorités locales de sécurité à environ 60 à 100 personnes.

    Propagande sur les réseaux sociaux
    Ce sont principalement des hommes d'origine turque et convertis à l'islam du sud de l'Allemagne qui ont rejoint HTS et les autres milices terroristes ces dernières années. Certains d'entre eux ont diffusé à plusieurs reprises de la propagande via les médias sociaux tels que Telegram, se sont filmés pendant les combats quotidiens, et ont appelé leurs confrères allemands à soutenir la guerre contre le régime d'Assad - apparemment avec un certain succès.

    Début janvier, le procureur général a fait fouiller le domicile de quatorze personnes à Berlin, en Bavière, dans le Bade-Wurtemberg, en Basse-Saxe et en Hesse. Quatre suspects, dont une femme, ont été arrêtés. Ils avaient formé un "réseau international de financement du terrorisme" qui collectait des fonds en Allemagne et les transférait ensuite via la Turquie à des combattants du groupe HTS en Syrie.

    Menace terroriste pour l'Europe?
    Jusqu'à présent, il n'y a eu aucune preuve concrète que ces djihadistes constituaient une menace terroriste pour l'Europe. Les combattants de HTS, de "Junud al-Sham" et des autres groupes ont avant tout un agenda régional et s'efforcent d'établir un état islamiste en Syrie. 

    Le régime d'Assad et ses partisans russes et iraniens, ainsi que les membres de l'Etat islamique, sont tenus pour responsables d'assassinats ciblés. Ils sont considérés comme leurs véritables ennemis. 

    Le groupe «Hurras ad-Din» (HAD), «Gardiens de la foi» en arabe, poursuit  un «agenda djihadiste mondial» et pourrait également planifier des attaques en dehors de la zone de guerre syrienne, peut-être même en Europe, selon lune évaluation des services de sécurité. Il est considéré comme une ramification du réseau Al-Qaïda et ses chefs sont des djihadistes étrangers qui ont acquis une expérience dans les zones de crise en Afghanistan, au Pakistan, en Irak et au Yémen. Plus récemment, ils ont été de plus en plus ciblés par les services secrets américains en particulier. Plusieurs commandants de la HAD, dont des islamistes originaires de Jordanie, d'Égypte et de Tunisie, ont été tués dans des frappes de drones ces derniers mois. Il y a probablement quelques Allemands membres de HAD. On sait peu de choses sur ces membres allemands. Les autorités supposent que seuls quelques extrémistes allemands ont rejoint ce groupe. 

    Les services de sécurité cherchent à savoir où se trouvent les jihadistes allemands - s'ils sont encore en vie. Il y a quelques jours, une photo est apparue sur Internet montrant le cadavre d'un allemand - cet allemand d'origine turque a apparemment été tué au combat. Certains djihadistes allemands auraient quitté la zone de guerre, certains pourraient être en Turquie ou au Liban. Marius A. avait apparemment disparu de Syrie en 2020 et s'était rendu en Afrique. Ce qu'il prévoyait de faire au Sénégal, qu'il veuille rejoindre un autre groupe terroriste en Afrique de l'Ouest, qu'il soit sur le chemin du retour en Europe ou qu'il veuille simplement se cacher, n'est toujours pas clair. L'islamiste emprisonné est actuellement pris en charge par le personnel consulaire de l'ambassade d'Allemagne à Dakar. Un transfert vers la République fédérale devrait avoir lieu si la situation pandémique le permet.

  • Allemagne : Un groupe islamiste radical interdit

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    Les autorités sécuritaires allemandes prennent la menace au sérieux et ont décidé de d'interdire, jeudi 24 février, l'association salafiste  Jama'atu Berlin, également connue sous le nom de Tawhid Berlin. Selon le ministre régional de l'Intérieur Andreas Geisel, l'organisation ciblée est le successeur de l'association des mosquées salafistes «Fussilet 33», qui avait été fermée en 2017 en raison de liens avec Anis Amri, un demandeur d'asile tunisien débouté qui avait détourné un camion et utilisé comme véhicule bélier sur un marché de Noël à Berlin, tuant 12 personnes et en blessant plus de 50 autres en 2016.

    Suite à cette interdiction, des descentes de police ont été menées le même jour dans plusieurs endroits. Plus de 800 policiers ont été utilisés pour fouiller 24 localités à Berlin et deux dans l'état voisin de Brandebourg. 

    Le journal allemand Tagesspiegel a déclaré que le groupe glorifiait  "l'État islamique" sur Internet et appelait à tuer les Juifs, ajoutant que des poursuites pénales étaient en cours contre certains de ses membres.

    Le journal ajoute que le groupe avait également eu des contacts avec Anis Amri.

    Les islamistes radicaux cherchant à appliquer la charia et prônent la violence pour établir des États où serait pratiqué le véritable islam.

    Le nombre d'islamistes radicaux a augmenté en Allemagne pour atteindre un niveau record de 12150 en 2019, ont indiqué les services de renseignements intérieurs allemands dans leur rapport annuel de 2020.

    Ils ont ajouté que le nombre de salafistes avait plus que triplé depuis 2011 et que la scène islamiste radicale en Allemagne traversait une phase de consolidation, précisant que les islamistes faisaient pour l'instant profil bas en public.

  • Allemagne : Une jihadiste allemande accusée de crimes contre l'humanité envers les Yazidis

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    Une Allemande, qui avait rejoint les rangs de l'Etat islamique (EI) en Syrie, a été mise en accusation pour crimes contre l'humanité en lien avec les persécutions infligées à la minorité yazidie, a annoncé mercredi le Parquet fédéral allemand.

    Présentée comme Nurten J., l'Allemande, qui avait rejoint la Syrie avec sa fillette de 3 ans en février 2015, est emprisonnée depuis son retour en Allemagne le 24 juillet 2020 après avoir été expulsée de Turquie, a précisé le parquet dans un communiqué.