Jeux olympiques de Munich

  • Israël : Il y a 49 ans, les jeux olympiques de Munich

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    Il y a 49 ans, le 5 septembre 1972, des terroristes palestiniens ont assassiné 11 athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich. 
    Pour la première fois aux Jeux Olympiques, une cérémonie officielle a eu lieu à Tokyo pour honorer les victimes.

    JEUX OLYMPIQUES DE MUNICH : 5 SEPTEMBRE 1972
    (Extrait de "Beyrouth, l'enfer des espions)
    Un évènement dramatique, se déroulant à 4000 kilomètres du Liban,  allait plonger le monde entier dans l’horreur. Les XX1e jeux Olympiques de Munich viennent à peine de commencer. Les télévisions, les athlètes du monde entier sont réunies pour ce qui doit être la grand messe du sport. Mais le spectacle tourne au cauchemar le 5 septembre 1972.
    Un certain nombre de Palestiniens sont bien décidés à venger leurs morts. Ils veulent répondre coup pour coup aux assassinats des kidons du Mossad. Ils cherchent encore et encore un moyen d’obtenir la libération des centaines des leurs incarcérés dans les prisons israéliennes et jordaniennes. Les responsables de « Septembre noir » imaginent pouvoir profiter des jeux Olympiques et de leur énorme concentration de médias pour attirer l’attention sur le problème palestinien. Ils veulent du même coup forcer le régime hachémite à céder à leurs exigences et libérer les prisonniers palestiniens. Ils confient la direction de l’opération terroriste à deux jeunes Fedayin, vétérans des combats de Jordanie. Le premier s’appelle Moussalha. Il est âgé de 27 ans. Sa famille est originaire de Haïfa. Ses parents, des paysans, ont fui leur ville natale pour se réfugier en Cisjordanie. Agrégé en géologie, il occupe au sein de la Résistance les fonctions de commissaire politique. Moussalha parle l’allemand. L’autre commandant du groupe s’appelle Che. Che est rompu à toutes les techniques de combat, malgré ses 25 ans. Il a fait des études de droit à Paris. L’organisation entraînera pendant plusieurs mois une cinquantaine de jeunes Fedayin âgés de 17 à 20 ans. Ils en sélectionnent 6, outre Moussalha et Che. 
    Moussalha se rend à Munich  avant les jeux pour se familiariser avec les lieux. Il se fait engager comme serveur au buffet du village olympique. Il communique toutes les informations nécessaires à Che qui se trouve dans une autre ville d’Europe. Un faux couple, muni de faux passeports, achemine les armes par avion dans de grosses valises qu’ils réussissent à passer à travers les douanes allemandes. Les armes débarquent le 25 août 1972 et sont entreposées dans des consignes de la gare de Munich. 
    Dix jours plus tard, Moussalha et Che entrent au village olympique grâce à des billets que leur a procurés une jeune Asiatique avec laquelle Moussalha a noué des relations. Les six autres escaladent le grillage de l’enceinte du village olympique. Le pavillon israélien est situé à cinquante mètres de la clôture. Le commando se précipite mais est intercepté par deux entraîneurs de la délégation israélienne. Les deux hommes sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. Le commando capture 9 membres de la délégation israélienne olympique. La plupart sont des nouveaux migrants originaires des Etats-Unis, d’URSS, de Pologne, de Roumanie et de Libye. 
    Les autorités allemandes accourent sur place et entament les négociations. Les terroristes exigent la libération de 200 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes. Ils donnent une liste de noms aux négociateurs allemands. Golda Meir refuse de négocier. Les heures passent. Les terroristes repoussent leur ultimatum et réduisent leurs exigences. Il n’est plus question de 200 mais de 50 prisonniers palestiniens en échange des otages. La situation s’enlise. Les négociateurs allemands imaginent pouvoir trouver une solution à la crise en offrant aux Palestiniens une somme d’argent. Moussalha refuse. Une ambassade arabe fait alors parvenir à Moussalha une proposition selon laquelle les otages seraient remplacés par des volontaires allemands. Ils partiraient avec ces volontaires vers un pays arabe. Israël s’engagerait, quelques mois plus tard, à libérer une cinquantaine de prisonniers. Plusieurs pays seraient prêts à garantir cet engagement par l’Etat hébreu. La proposition est intéressante, mais Moussalha veut obtenir l’avis de ses supérieurs. Il était prévu, dans le cas où une négociation s’ouvrirait, qu’il contacte un certain Talal. Talal était un nom de guerre. Celui qui le portait devait arriver à Tunis et résider chez l’ex-ambassadeur jordanien, Farhan Chebeilat. Celui-ci avait dû s’exiler en raison de ses sympathies pour la Résistance palestinienne. Mais Talal a des problèmes à l’aéroport. Les autorités tunisiennes le retiennent car il n’a pas de visa. C’est le fils de l’ex-ambassadeur qui répond au téléphone. Le hasard a voulu qu’il s’appelle Talal aussi. La confusion s’installe. Talal ne comprend rien à ce que lui raconte Moussalha de l’autre côté du fil. Moussalha sait que la conversation téléphonique est écoutée. Il raccroche. Il y aura un second appel, tout aussi infructueux. Moussalha ne veut pas prendre seul la décision. Il informe les négociateurs qu’il refuse la proposition. Il exige un avion pour aller au Caire avec les otages. Willy Brandt, le chancelier allemand, appelle Aziz Sedki, le président du Conseil égyptien et lui demande d’obtenir la libération des otages et de faire arrêter les terroristes une fois que ceux-ci seront arrivés sur le sol égyptien. Sedki ne se montre pas très coopératif. Les autorités égyptiennes n’ont aucune envie de se charger d’un tel fardeau. Willy Brandt a compris qu’il ne peut compter sur les Egyptiens.
    Les autorités allemandes sont soumises à une terrible pression. Elles veulent tout faire pour libérer les otages. Elles font transporter en hélicoptère les terroristes et leurs otages vers l’aéroport. Moussalha et Che montent dans l’avion qui leur est destiné pour l’inspecter. Lorsqu’ils redescendent de l’avion, ils sont atteints par les balles des tireurs d’élite de la police allemande embusqués sur le toit. Un troisième Fedayin est atteint alors qu’il se trouvait près de l’hélicoptère. Deux membres du commando se trouvaient dans l’hélicoptère avec les otages. Ils dégoupillent leurs grenades et se font sauter. La police allemande réussira à capturer les trois derniers terroristes. 
    Le monde entier assistera à la mort en direct sur les écrans de télévision des 9 otages israéliens, de 5 des 8 Fedayin et d’un policier allemand. Le drame est fini…pour ce qui concerne Munich. Israël porte le deuil de 11 membres de son équipe olympique : les deux entraîneurs tués au moment de l’irruption des terroristes et les 9 athlètes tués dans l’hélicoptère. L’émotion est immense.