Javad Zarif

  • Iran : De nouvelles centrifugeuses à Natanz pour enrichir l'uranium

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    L'Iran dispose désormais de deux "cascades" de centrifugeuses perfectionnées d'une capacité d'enrichissement d'uranium quasiment quatre fois supérieure à celles initialement installées sur le site de Natanz, a déclaré mardi le représentant de la République islamique auprès de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA).

    "Grâce à nos méticuleux experts nucléaires, deux cascades de 348 centrifugeuses IR-2m de quasiment quatre fois la capacité des IR-1 fonctionnent désormais (...) avec succès à Natanz", a écrit Kazem Gharibabadi sur Twitter. "L'installation de deux cascades de centrifugeuses IR-6 a aussi commencé à Fordo."

    Dans un rapport daté de lundi et dont Reuters a eu connaissance ce mardi, l'AIEA confirme que l'Iran a commencé à enrichir de l'uranium sur son site souterrain de Natanz à l'aide d'une deuxième cascade de centrifugeuses IR-2m, en plus de celle qui fonctionnait déjà.

    Ce deuxième ensemble de centrifugeuses IR-2m fait partie des trois que l'Iran a dit, en décembre, vouloir installer à Natanz en plus du premier. Sur ces trois cascades supplémentaires, une autre est quasiment achevée et l'installation de la dernière a commencé, dit l'AIEA.

    Dans le cadre de l'accord de 2015 sur son programme nucléaire, dont l'Iran s'est progressivement affranchi après le retrait américain décidé par Donald Trump en 2018, les installations souterraines de Natanz ne doivent accueillir que des centrifugeuses IR-1 de première génération, moins efficaces. Téhéran n'est en outre autorisé à utiliser que ce type de centrifugeuses IR-1 pour enrichir l'uranium.

    En fonction de son degré d'enrichissement, l'uranium peut avoir des utilisations civiles, comme la production d'électricité, ou militaires, pour le développement d'armements nucléaires.

    Avec l'arrivée de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis, l'Iran a évoqué lundi par le biais de son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif l'hypothèse d'un retour "synchronisé" des deux pays au sein de l'accord de 2015 via une médiation de l'Union européenne.

  • Iran : "L'Azerbaïdjan est à nous": les Iraniens offensés par le rappel par Erdogan d'une "paix honteuse" avec la Russie

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    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a suscité l'indignation en Iran après avoir lu un poème sur l'unité du peuple azerbaïdjanais lors de sa visite à Bakou. À Téhéran, la déclaration du dirigeant turc a été perçue comme une tentative de saper l'unité nationale et l'intégrité territoriale du pays.

    Erdogan est arrivé dans la capitale de l'Azerbaïdjan pour participer aux célébrations en l'honneur de sa victoire dans la guerre du Karabakh. Le poème qu'il a cité affirme que la rivière Araks ne pourra pas diviser les Azerbaïdjanais, qui ont été privés de force de leur patrie unie.

    La frontière de l'Azerbaïdjan et de l'Iran longe l'Araks. Selon diverses estimations, 12 à 18 millions d'Azerbaïdjanais vivent sur le territoire iranien. C'est une partie importante de la population de la République islamique. Les autorités iraniennes ont entendu dans les paroles d'Erdogan un appel à la restauration d'un Azerbaïdjan uni sous l'hégémonie turque.

    «Le président Erdogan n'a pas été informé que les territoires au nord des Araks ont été arrachés de force à la patrie iranienne. Ne comprend-il pas qu'il porte atteinte à la souveraineté de l'Azerbaïdjan ? PERSONNE n'a le droit de parler de NOTRE précieux Azerbaïdjan», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères sur Twitter. Mohammad Javad Zarif.

    L'ambassadeur de Turquie à Téhéran a reçu une note de protestation. Le ministre a également appelé son homologue turc Mevlut Cavusoglu, qui a déclaré que le chef de l'Etat n'était pas au courant des sentiments que le poème évoque en Iran. Les responsables turcs disent qu'ils pensaient que les poèmes déploraient «l'occupation arménienne» des terres azerbaïdjanaises.

    La frontière le long de la rivière Araks a été établie conformément au traité de paix turkmène de 1828 signé par la Perse et l'Empire russe. L'accord est toujours perçu en Iran comme une honte nationale, une défaite stratégique, dont l'Iran ne s'est pas remis à ce jour.

  • Iran : Critique de Téhéran après qu'Erdogan ait récité un poème panturkiste

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    Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a critiqué vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan pour un poème "mal récité" qui sous-entendrait que les provinces du nord-ouest de l'Iran faisaient partie de la république d'Azerbaïdjan.

    L'Iran compte une importante population azérie, principalement dans les provinces bordant le fleuve Araks et voisines de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie.

    "Le président Erdogan n'a pas été informé que ce qu'il a mal récité à Bakou se réfère à la séparation forcée des zones au nord d'Aras de la métropole iranienne", a écrit M. Zarif sur Twitter. 

    M. Erdogan s'est exprimé jeudi lors d'une visite en Azerbaïdjan pour célébrer la récente victoire de ce pays turcophone du Caucase contre le Nagorny Karabakh, face à l'Arménie qui a dû céder d'importants territoires de cette enclave en territoire azerbaïdjanais disputée depuis des décennies. "N'a-t-il pas compris qu'il portait atteinte à la souveraineté de la République d'Azerbaïdjan?", a ajouté M. Zarif. "PERSONNE ne peut parler de NOTRE Azerbaïdjan bien-aimé."

    "Ils ont séparé le territoire
     Gumunan Doyurdular
     Je ne vous laisserai pas
     Ils ont été séparés par l'oppression".

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    Selon l'agence iranienne Isna, le poème récité fait référence à la région de Tabriz, à majorité turque, jusqu'à la rivière Aras, au nord. Il est "l'un des symboles séparatistes du panturkisme". Le texte parle d'Aras et "se plaint de la distance séparant les personnes de langue azérie des deux côtés du fleuve", ajoute Isna. Le ministère des Affaires étrangères iranien a dit avoir convoqué l'ambassadeur de Turquie au sujet des "remarques interventionnistes et inacceptables" du président Erdogan, et exigé "une explication immédiate". Il a signifié à l'ambassadeur que "l'ère des revendications territoriales et des empires bellicistes et expansionnistes était révolue", selon un communiqué officiel. L'Iran "ne permet à personne de s'immiscer dans son intégrité territoriale", affirme le texte.

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  • Iran : Un scientifique du nucléaire assassiné, Israël pointé du doigt

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    Vendredi 27 novembre, l'IRNA a annoncé la mort de Mohsen Fakhrizadeh, physicien nucléaire et chef de l'organisation de recherche et d'innovation du ministère iranien de la Défense.

    Selon le ministère iranien de la Défense, le scientifique a été victime d'un attentat terroriste à Absard, une banlieue de Téhéran.

    Détails de l'attaque
    Le chef de l'organisation pour la recherche et l'innovation du ministère iranien de la Défense , le physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, voyageait dans une voiture blindée de la ville de Rostamkol dans la province de Mazandaran vers Absard, accompagné de trois véhicules de son service de sécurité.

    Il y a eu une explosions, provoquée par un véhicule piégé. Selon la télévision d'État iranienne, il s'agissait de l'explosion d'un pick-up de marque Nissan transportant une énorme quantité d'explosifs cachés sous une cargaison de bois. La voiture du cortège qui précédait la voiture de Fakhrizadeh s'est éloignée pour vérifier la situation. C'est alors qu'un 4x4 avec des personnes armées à bord a commencé à tirer sur la voiture de Fakhrizadeh depuis l'autre côté de la rue. L'attention de Fakhrizadeh a été attirée par les bruits de balles frappant la voiture. Il semble avoir pris ces détonations pour une collision avec un obstacle routier ou un problème de moteur. Il est sorti de sa Nissan blindée. C'est alors qu'il a été touché par les tirs d'un fusil automatique. Deux balles ont touché le côté et le dos, et également le cerveau. Le garde du corps a lui-même été blessé par quatre balles alors qu'il couvrait le scientifique. Fakhrizadeh lui-même a été transporté à l'hôpital par hélicoptère, mais il n'a pas été possible de le sauver.

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    L.e chef de la diplomatie iranienne a accusé Israël d'avoir joué un "rôle" dans cet "acte terroriste". "Des terroristes ont assassiné aujourd'hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté --avec des indications sérieuses du rôle d'Israël-- montre le bellicisme désespéré de ses auteurs", a tweeté Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie a également appelé la communauté internationale à "mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste".

    La chaîne d'information arabe Al-Alam , diffusant depuis l'Iran et appartenant à la société de presse publique Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), affirme que le meurtre de Mohsen Fakhrizadeh, décrit par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comme le "père de la bombe iranienne", "est le Mossad, les services secrets israéliens. Le Mossad avait déjà tenté de tuer Fakhrizadeh."

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    Rappelons que Mohsen Fakhrizadeh occupait un poste élevé au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique et dirigeait les travaux de création d'ogives nucléaires. En 2006, il a accusé les autorités d'arrêter le financement de ses laboratoires et a quitté le projet, mais est retourné au travail en 2012.

    Son assassinat intervient deux jours avant le 10e anniversaire de l'assassinat d'un autre scientifique iranien, Majid Shahriari, le 29 novembre 2010.

    Le Corps des gardiens de la révolution islamique a tweeté un message indiquant que le CGRI était prêt à se venger d'Israël pour le meurtre de Fahrizadeh.

    Le chef de l'état-major iranien, le général Mohammad Bakri, a déclaré que la réaction à l'assassinat de Fakhrizadeh "sera dure".

    Nouveau message circulant sur Telegram après l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh :

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    L'ancien ministre de la Défense de la République islamique d'Iran Hossein Dehkan, qui occupe le poste de conseiller militaire du guide suprême Ali Khamenei, a tweeté que "les sionistes utilisent les derniers jours de la vie politique de leur partenaire, le président américain Donald Trump, pour accroître la pression sur l'Iran et provoquer guerre à grande échelle. "

    Programme nucléaire
    Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l'arrivée à la Maison Blanche du démocrate Joe Biden, président élu à l'élection du 3 novembre aux Etats-Unis. M. Biden entend changer de posture vis-à-vis de l'Iran après les quatre années de présidence du républicain Donald Trump, qui s'est retiré en 2018 de l'accord avec les grandes puissances signé à Vienne trois ans plus tôt portant sur le programme nucléaire de Téhéran. Les Etats-Unis ont ensuite rétabli puis renforcé les sanctions à l'encontre de l'Iran.

    M. Trump estime que cet accord n'offre pas de garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. L'Iran a toujours nié vouloir un tel armement. Le président américain a re-tweeté vendredi des informations sur l'assassinat du scientifique iranien, mais sans y adjoindre de commentaire personnel.

    Plusieurs autres scientifiques spécialisés dans le domaine nucléaire en Iran ont été assassinés ces dernières années, la République islamique en attribuant systématiquement la responsabilité à Israël. Et le quotidien américain New York Times a rapporté mi-novembre qu'Abdullah Ahmed Abdullah, alias Abou Mohammed al-Masri et numéro deux d'Al-Qaïda, avait été abattu à Téhéran par des agents israéliens, lors d'une mission secrète commanditée par Washington. L'Iran a démenti.

  • Iran : Le ministre des Affaires étrangères iranien accuse la France "d'alimenter l'extrémisme"

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    Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a accusé lundi la France "d'alimenter l'extrémisme", après les récents propos du président Emmanuel Macron sur le "séparatisme islamiste" et sur la liberté d'expression permettant de caricaturer le prophète Mahomet.

    "Insulter 1,9 milliard de musulmans --et leurs éléments sacrés-- à cause des crimes horribles de tels extrémistes est un abus opportuniste de la liberté d'expression", a tweeté lundi le chef de la diplomatie iranienne. "Cela ne fait qu'alimenter l'extrémisme." Selon lui, "les musulmans sont les premières victimes du +culte de la haine+ --cautionné par les régimes colonialistes et diffusé par leurs affiliés".

    M. Macron s'est exprimé mercredi lors de la cérémonie d'hommage à Samuel Paty, professeur décapité dans un attentat islamiste pour avoir montré ces dessins en classe. Il a promis alors que la France continuerait de défendre la publication de ces caricatures, et l'a répété. "Nous continuerons. Nous respectons toutes les différences dans un esprit de paix. Nous n'acceptons jamais les discours de haine et défendons le débat raisonnable", a tweeté dimanche soir le chef de l'Etat français, y compris en arabe et en anglais.

    En Iran, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Ali Shamkhani a considéré sur Twitter que les déclarations d'Emmanuel Macron montraient "son manque d'expérience en politique, autrement il n'aurait pas osé insulter l'islam dans le cadre de sa quête d'une position de leader en Europe". Il a conseillé au président français de "s'intéresser davantage à l'histoire" et de ne pas compter sur le "soutien d'une Amérique en déclin ou (d'un Israël) en décrépitude".

    Le président du Parlement Mohammad-Bagher Ghalibaf a déploré "l'animosité insensée" de la France envers le prophète, estimant que ses paroles et sa "lumière ne peuvent pas être effacés par des actes aussi aveugles, futiles et inhumains".

    Conseiller du guide suprême iranien pour les affaires de politique extérieure, Ali Akbar Vélayati a indiqué dans un communiqué que les caricatures n'auraient pas dû pouvoir être republiées après "la condamnation mondiale" du magazine satyrique français Charlie Hebdo. "Appliquer un double standard a aussi entraîné la manifestation dans le système éducatif (français) de cette pensée hérétique et anti-religieuse", a-t-il poursuivi.

  • Irak : Des militants pro-iraniens tirent sur l'ambassade américaine à Bagdad

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    Dimanche 19 juillet, des militants pro-iraniens ont tiré trois missiles Katyusha vers l'ambassade américaine à Bagdad, a rapporté Sky News Arabia, basée au Royaume-Uni.
    Il n'y a aucune information des blessés ou d'éventuels dommages.
    Le rapport note que les tirs ont eu lieu alors que le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, se trouvait à Bagdad.

  • Iran : Menaces de l'AIEA à Téhéran: le sauvetage des accords nucléaires n'est pas une priorité

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    Rafael Grossi.jpegRafael Grossi (photo), directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a déclaré dans une interview au Wall Street Journal que si les autorités iraniennes ne permettaient pas aux inspecteurs de l'AIEA d'avoir accès aux installations nucléaires fermées aux inspections, "les choses allaient mal tourner pour l'Iran".
    "J'insiste pour que ce problème soit résolu le plus rapidement possible. Vous devez laisser entrer nos inspecteurs", a-t-il exigé, ajoutant que la lutte contre la non-prolifération nucléaire est une priorité plus élevée pour l'AIEA que le sauvetage des accords de Vienne sur le sort du programme nucléaire iranien. .
    L’un des leviers d’influence possibles sur l’Iran pourrait être le soutien de l’agence aux efforts américains pour prolonger l’embargo sur les armes imposé en 2015 à l'Iran. L'embargo expire en octobre 2020, mais l'administration de Donald Trump tente de le faire reconduire par le Conseil de sécurité de l'ONU.
    Rappelons qu'en mars 2020, Grossi a appelé la République islamique d'Iran à fournir un accès complet à toutes ses installations nucléaires, comme l'exige l'accord de 2015 sur le sort du programme nucléaire iranien.
    "Nous avons identifié trois sites dont l'existence était cachée par l'Iran. Nous cherchons à accéder à deux de ces sites. L'Iran refuse d'autoriser leur accès et évite de discuter de ces questions", a-t-il déclaré.
    En juin, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a adopté à la majorité des voix un projet de résolution de l'Eurotroïka (France, Allemagne, Grande-Bretagne) sur l'accès des inspecteurs à ces installations.
    Avant son adoption, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif s'était dit convaincu qu'une solution acceptable serait trouvée, ajoutant que Téhéran n'avait rien à cacher. Cependant, depuis cinq mois maintenant, les inspecteurs des agences n'ont pas pu accéder aux installations secrètes.