IRAK

  • Irak : L'Etat islamique attaque aux missiles une "raffinerie chinoise" dans le nord du pays

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    Dimanche 29 novembre, l'État islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque de la raffinerie de pétrole d'Al-Sinaiyah dans le nord de l'Irak, selon un communiqué publié par l'organisation sur sa chaîne officielle.

    "Les soldats du califat ont visé la raffinerie de pétrole d'Al-Sinaiyah, avec deux missiles Katyusha et des dégâts ont été confirmés", indique le communiqué.

    La déclaration ne donne pas plus de détails sur les dégâts.

    Deux responsables chinois de la raffinerie de pétrole ont déclaré que les autorités avaient interrompu les opérations de la raffinerie après qu'un réservoir de stockage de carburant ait été touché par deux missiles, provoquant un incendie.

    Les deux responsables ont ajouté que la suspension des opérations de la raffinerie, qui a une capacité de raffinage de 30 000 barils par jour, est intervenue après la propagation de l'incendie à un réseau proche des oléoducs.

    Les responsables de la raffinerie et les responsables locaux ont déclaré que les pompiers tentaient toujours de contenir l'incendie, qui a éclaté après qu'un missile ait frappé un dépôt de stockage de carburant à l'intérieur de la raffinerie d'al-Siniya.

    Aucun décès ni blessé n'a été signalé. La raffinerie est située près de celle de Baiji, la plus grande raffinerie de pétrole d'Iraq et située dans la province de Salah al-Din.

  • Irak : Quatre morts le jour d'une démonstration de force des partisans de l'imam Moqtada Sadr

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    Quatre personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi dans des affrontements entre manifestants rivaux dans le sud de l'Irak, où le leader chiite Moqtada Sadr avait appelé ses partisans à une démonstration de force, à sept mois des législatives. Il y a un an, en octobre 2019, manifestants anti-pouvoir et sadristes descendaient ensemble dans les rues de Bagdad et de toutes les villes du Sud pour la première révolte spontanée du pays, à l'ampleur inégalée.

    Depuis, les deux camps se sont divisés, un nouveau gouvernement a été nommé et le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi, a promis des législatives anticipées en juin, attisant les appétits de tous les politiciens dans l'un des pays les plus corrompus au monde. A l'approche de ce scrutin à l'issue duquel Moqtada Sadr, qui tient déjà le premier bloc au Parlement, a prévenu que sa formation entendait prendre les rênes du gouvernement, les tensions montent de nouveau.

    Quatre morts, neuf blessés par balles
    Pour bien montrer que les temps ont changé, des dizaines de milliers de sadristes ont prié --côte-à-côte malgré la Covid-19-- place Tahrir de Bagdad, là même où il y a quelques semaines encore, les tentes des anti-pouvoir se dressaient. Elles ont depuis été démantelées, et l'unique campement du mouvement de contestation est désormais celui installé sur la place Habboubi, au coeur de Nassiriya (sud), bastion historique des révoltes en Irak depuis l'époque du mandat britannique il y a un siècle. Vendredi, "des sadristes armés de fusils et de pistolets sont venus pour essayer de brûler le campement (photo ci-dessous), nous redoutons plus de violences", a affirmé à l'AFP Mohammed al-Khayyat, l'une des figures de la révolte à Nassiriya.

    Place al-Haboubi.jpeg

    En soirée, les heurts se poursuivaient tandis qu'un journaliste de l'AFPTV a constaté que de nombreuses tentes de manifestants avaient été incendiées et que la cohue régnait à Habboubi. "Les forces de l'ordre n'ont clairement pas fait leur travail, en laissant faire des gangs armés qui voulaient attaquer Habboubi", a de son côté dénoncé sur Twitter Assaad al-Nasseri, ancien leader sadriste qui a fait défection. Ces violences ont fait, selon des sources médicales, quatre morts et 51 blessés, dont neuf par balles. Nassiriya s'était particulièrement illustrée lors de la révolte lancée en octobre 2019, qui réclamait un renouvellement total de la classe politique et a maintenu des dizaines de milliers de manifestants dans les rues pendant des mois.

    Anniversaire d'un massacre
    Il y a un an, la ville avait été le théâtre le 28 novembre 2019 d'une journée sanglante avec plusieurs dizaines de manifestants tués par les forces de l'ordre. Le gouvernement de l'époque, qui a depuis démissionné, avait même dû rappeler dans la journée un haut-gradé dépêché pour mettre fin aux manifestations tant le bain de sang avait suscité l'indignation dans le pays.

    Le gouvernement de M. Kazimi, lui, doit faire face au scepticisme de la classe politique. Experts et responsables assurent unanimes que les législatives n'auront pas lieu en juin car le pays n'aura pas eu le temps de se préparer pour la nouvelle loi électorale, votée dans la foulée de la révolte d'octobre 2019.

    Déjà grand vainqueur des législatives de mai 2018 avec 54 députés sur 329, Moqtada Sadr pourrait profiter de cette réforme. Les nouvelles circonscriptions, plus petites, font la part belle aux notables, dignitaires tribaux et religieux et aux candidats appuyés par de riches partis dans un pays où le clientélisme est roi et la fraude fréquente.

    Sur Twitter cette semaine, Moqtada Sadr a dit s'attendre à une victoire importante et donc à placer un Premier ministre de son parti, une première depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.

    Vendredi, des milliers de ses partisans ont manifesté à Bagdad et dans d'autres villes comme Hilla et Bassora dans le Sud, en réponse à son appel à des rassemblements ce jour. Et le prêcheur dépêché par son mouvement à Tahrir a appelé dans son sermon à "une majorité sadriste au Parlement".

    "Nous manifestons contre les corrompus (...) qui ont mené l'Irak à la faillite", a assuré à l'AFP l'un des manifestants, Talal al-Saadi. "Nous répondons à l'appel de Sadr, nous disons au monde que nous ne voulons pas des criminels et des corrompus", abonde Ahmed Rahim. "C'est nous qui décidons".

  • Irak : morts et blessés lors de combats armés entre tribus chiites et une tribu sunnite dans la province de Diyala

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    Des affrontements armés ont éclaté depuis 13 jours, avec l'utilisation d'armes lourdes, entre des clans chiites et un clan sunnite dans le district d'Abu Saida, du district de Muqdadiya dans la province de Diyala. La situation semble avoir échappé au contrôle des forces de sécurité qui ont imposé un couvre-feu et seuls des véhicules blindés circulent. Mais cela n'a pas suffit à rassurer la population.

    Les forces de sécurité recherchent les personnes à l'origine des affrontements et qui sont accusées de meurtres. Alaa Hamid, membre des Forces de réaction rapide, a déclaré : "Lorsque nous sommes arrivés, cette zone était vide. Nous n'avons vu personne, mais il y avait beaucoup de morts et de blessés."

    Huit clans chiites font face à une tribu sunnite, les rues sont toutes fermées et les dégâts provoqués par les batailles sont clairement visibles. À ce jour, 42 personnes ont été tuées et blessées des deux côtés.

    Khaled Akram, propriétaire d'un magasin, a déclaré: "460 obus de mortier ont été tirés, ce qui a provoqué la fuite des civils. Les enfants avaient peur et les femmes couraient dans les rues. Les groupes armés tuaient des civils, volaient et pillaient".

    Environ 80% de la population du district a fui et les Forces de réaction rapide se sont installées dans le district sur ordre du Premier ministre Mustafa Al-Kazemi. Des mandats d'arrêt ont été émis contre des dizaines d'habitants de la région.

    Pour sa part, le responsable des médias des Forces de réaction rapide a déclaré à Rudaw Media Network: "Neuf personnes recherchées ont été arrêtées, selon les articles 4 et 6 de la loi sur le terrorism. Une quantité d'armes lourdes et moyennes a également été confisquée."

    Les batailles ont commencé par le meurtre de Muhammad al-Kaabi, le chef du clan Bani Ka'b, et de ses quatre fils, le 28 octobre à al-Muqdadiya. Selon certaines rumeurs, l'opération a été menée par l'Etat islamique et les forces irakiennes ont arrêté les assassins, mais ils ne les ont pas remis au clan Bani Kaab. Celui-ci s'est allié avec sept autres clans chiites et a lancé une guerre contre le clan sunnite Rabia.

     

  • Irak : Les Frères musulmans de retour à Mossoul

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    Les Frères musulmans ne ménagent aucun effort pour atteindre leurs objectifs politiques, à savoir de s'implanter à nouveau à Mossoul.
    Pour parvenir à leurs fins, ils ont établi des liens solides avec les milices soutenues par l'Iran. Milices pro-iraniennes et Frères musulmans tentent sans relâche de prendre le contrôle de l'université de Mossoul et il semble qu'ils y parviennent.

    Lien permanent Catégories : FRÈRES MUSULMANS, IRAK, Mossoul 0 commentaire
  • Irak: L'Etat islamique tend une embuscade à Anbar, tue trois militaires

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    La ville d'Al-Rutba, à l'extrême ouest de l'Irak dans la province d'al-Anbar à la frontière avec la Jordanie, a été le théâtre d'un déploiement des forces de sécurité depuis l'aube du lundi, 23 novembre, après le meurtre de 3 membres du personnel de sécurité dans la nuit de dimanche à lundi. Des jihadistes de l'Etat islamique ont tendu une embuscade dans la ville même, moins de 48 heures après une embuscade sanglante dans la province de Salah al-Din dans le nord du pays, tuant et blessant une vingtaine de membres des forces de sécurité irakiennes et de la «mobilisation tribale».

    Imad al-Dulaimi, le commissaire du district de la ville d'al-Rutbah a confirmé que des membres de l'Etat islamique avaient tendu une embuscade, dressant un faux poste de contrôle dans la région d'al-Sakar, à l'est d'al-Rutba. Les jihadistes ont ouvert le feu sur une voiture transportant du personnel de sécurité et un camion, tuant 3 personnes. Les jihadistes ont brûlé les véhicules, notamment la voiture où se trouvaient les corps des membres des forces de sécurité.

    Les forces de sécurité se sont aussitôt déployées des deux côtés de la route et dans les zones voisines à la poursuite des islamistes.

    Cet incident est survenu quelques jours après que des éléments de l'Etat islamique aient enlevé un agent de la circulation dans la ville de Karma, à l'est de la province d'al-Anbar, et l'ont tué. Le commandant des opérations de l'armée à Anbar a annoncé que les quatre auteurs du meurtre de l'agent de la circulation avaient été capturés.

    Les provinces du nord et de l'ouest de l'Irak connaissent un net recul de la sécurité depuis quelque temps et les attaques jihadistes, se multiplient, faisant des morts et des blessés.

    Samedi soir l'Etat islamique a mené une attaque dans le quartier d'Al-Mashak de la ville de Baiji dans le gouvernorat de Salah al-Din, tuant et blessant 20 membres des forces de sécurité et la "mobilisation tribale" (Hashed Achairi).

    A noter que le Commandement des opérations conjointes a adopté une nouvelle phase dans la lutte contre le terrorisme et la poursuite des restes de l'organisation islamiste. Il a expliqué dans un communiqué qu'il s'attaquait à "l'environnement de l'ennemi pour le priver des barrières naturelles et géographiques difficiles".

    "Selon cette nouvelle tactique, et sous la planification et la supervision du Commandement des opérations conjointes, les forces de l'armée du gouvernorat de Salah al-Din ont mené une opération de ratissage dans plusieurs zones, y compris l'île d'Umm Jarish au milieu du fleuve Tigre". Ont participé à cette opération de cinq jours, les forces spéciales, la police fédérale, le génie militaire et l'aviation, ainsi que des éléments du Hashed al-Chaabi, les Forces de mobilisation populaire".

    Le Commandement des opérations conjointes a déclaré que les forces irakiennes ont trouvé t détruit 10 caches de l'organisation islamiste sur l'île.

  • Irak : Arrestation de deux dirigeants de Daech

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    Le contre-terrorisme irakien a annoncé lundi avoir arrêté le "directeur administratif" du groupe jihadiste Etat islamique (EI), un Irakien dont le nom de guerre était "Abou Naba" (photo ci-dessus), à sa descente d'avion à Bagdad.

    L'homme a été appréhendé en octobre alors qu'"il montait dans un taxi après être descendu d'un avion qui venait d'atterrir à Bagdad", rapporte à l'AFP Sabah al-Noamane, porte-parole des unités d'élite du contre-terrorisme. Interrogé par l'AFP, il a refusé de divulguer la véritable identité d'Abou Naba, la provenance de son vol et comment l'homme avait pu voyager alors qu'il était recherché en Irak.

    Abou Naba était "une grosse cible", un homme qui a "débuté son parcours jihadiste en 2003 avec Al-Qaïda avant de rejoindre les différents groupes qui se sont succédé jusqu'à l'EI", qui a un temps tenu près du tiers de l'Irak avant d'en être bouté fin 2017 au terme de trois années de combats sanglants, précise M. Noamane.

    "Il était en contact avec des membres de l'EI en Irak et nous surveillions leurs conversations depuis longtemps", poursuit-t-il, "Abou Naba s'occupait d'affaires financières, envoyait des messages et organisait des rencontres". "Il était le coordinateur général" d'une organisation aujourd'hui moribonde après avoir également perdu en 2019 son "califat" territorial autoproclamé en Syrie.

    L'homme, en détention depuis son arrestation en octobre, doit comparaître au terme d'interrogatoires toujours en cours, sous le coup de la loi anti-terroriste. Il risque la peine de mort pour simple "appartenance" à une organisation "terroriste".

    Des centaines de peines capitales ont été prononcées ces dernières années à l'encontre d'Irakiens ou d'étrangers de l'EI en Irak, et plusieurs ont déjà été appliquées par pendaison. Malgré l'annonce de la victoire en décembre 2017, l'EI mène encore des attaques --de bien moindre ampleur qu'avant-- en Irak. Une embuscade jihadiste a coûté la vie samedi à dix personnes au nord de Bagdad, tandis qu'une dizaine de jours plus tôt, une attaque à la grenade faisait onze morts près de la capitale.

    EngoEE_W4AEYkVG.jpegUn autre chef terroriste arrêté dans le secteur de Suleimani
    Le Service irakien de lutte contre le terrorisme (ICTS) a déclaré lundi (23 novembre) qu'un chef de l'État islamique (photo) avait été arrêté en coordination avec les forces de sécurité locales lors d'un raid dans le gouvernorat de Sulaimani.

    Il a été arrêté sur la base d'informations précises, et une coordination conjointe avec les Asayish (police kurde) du gouvernorat de Sulaimani", a déclaré l'ICTS sur Twitter.

    "Le criminel terroriste (W.F.) occupe une position clé dans les gangs terroristes de l'Etat islamique".

  • Irak : Le déploiement de la police fédérale à Shingal (Sinjar) divise les forces locales

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    Le premier point de l'accord de Shingal (Sinjar) entre les gouvernements d'Irak et la région du Kurdistan a été mis en œuvre samedi 21 novembre.

    Près de 6 000 policiers fédéraux irakiens ont été déployés à l'ouest de Shingal, selon le commandant de la brigade 1 des forces fédérales.

    Trois brigades de la police fédérale irakienne - près de 6.000 hommes au total - ont été envoyées pour garder une section de 80 kilomètres de la frontière entre l'Irak et la Syrie.

    Selon le gouverneur de Ninive, l'accord devrait être pleinement mis en œuvre au début du mois prochain.

    "Ces forces sont venues pour garder la frontière, plus précisément à l'ouest de Shingal, Baaj, la frontière avec la Syrie", a déclaré le gouverneur de Ninive, Najm al-Jibouri.

    Certains des groupes armés de Shingal ne veulent pas partir.

    "Il n'est pas juste que quelqu'un vienne s'imposer à Shingal. Il n'est pas acceptable de demander à ceux qui sont devenus des martyrs, qui ont offert leur sang à cette terre et qui se battent depuis six ans, quittent Shingal aussi facilement", a déclaré Hussain Haji, membre du Parti Yazidi pour la liberté et la démocratie (PADE).

    Il est inacceptable que les forces de police irakiennes viennent nous remplacer et créent le chaos à Shingal". Personne de sensé n'acceptera cela.

    Mais des membres d'autres forces affirment que le déploiement des forces irakiennes à Shingal est une bonne chose.

    "La police fédérale irakienne est venue ici aujourd'hui. Leur but est de prévenir les problèmes à Shingal. Ils protègent également les zones frontalières entre l'Irak et la Syrie. Il y avait des problèmes dans les zones frontalières, donc je considère que c'est une bonne chose", a déclaré le commandant des forces de protection de Yezidkhan, Haider Shasho. "Ils doivent identifier leur territoire avant de commencer les négociations à Shingal."

    Le porte-parole du Commandement des opérations conjointes (JOC) irakien, Tahsin al-Khafaji, a déclaré samedi aux médias d'Etat irakiens que "les forces de police fédérales envoyées dans le district de Sinjar sont chargées de superviser le dossier de sécurité et de mettre en œuvre l'accord de Sinjar".

    "Le travail a commencé avec la mise en œuvre de l'accord de Sinjar, qui prévoit la présence de forces fédérales uniquement dans le district - aucune autre force, ni les Peshmerga ni personne d'autre, et seul le drapeau irakien sera hissé", a-t-il déclaré.

    "La sécurité à l'intérieur du district sera entre les mains des forces fédérales, qu'il s'agisse de la police ou des forces de sécurité nationales. Mais à l'extérieur du district, ce sera la responsabilité de l'armée".